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mardi 18 décembre 2007

Le Maire du Cap-Haïtien sur Radio Vision 2000 : Vérités et mensonges.


Cyrus Sibert, AVEC L’OPINION,
Radio Kontak Inter 94.9 FM
Cap-Haïtien, Haïti

48, Rue 23 -24 B
reseaucitadelle@yahoo.fr, reseaucitadelle@gmail.com
www.reseaucitadelle.blogspot.com


Ce mardi 18 décembre 2007, le maire Michel Saint-Croix intervenait sur Radio Vision 2000 à l’espace Invité du jour. Il répondait aux questions de Valéry Numa, le présentateur vedette de l’Emission. Sous la foi du serment, prenant Dieu en témoin, Michel Saint-Croix a dit des choses pas trop conformes avec la vérité. Donc, nous tenons à faire la lumière sur ces points et permettre à nos lecteurs de comprendre la réalité.

Michel Saint-Croix : En février 2007, Rico, un agent de sécurité de l’APN avait utilisé du gaz lacrymogène contre le Maire Fritz Joseph alias Fito sans raison. Rico un ancien assaillant agissait ainsi contre Fito pour raison politique.

La vérité : Fritz Joseph le troisième membre du cartel de la Mairie, après le résultat officiel de son élection à la tête de la municipalité, décida d’accompagner les manifestants de l’EV22 (Employés Victimes du 22 février 2004 - date de la prise de la ville du Cap-Haïtien par les rebelles de Guy Philippe). Depuis la campagne électorale, le cartel Lavalas avait promis aux membres de EV22 qu’il agira en vu de permettre à tous les Lavalassiens, victimes, de regagner leur poste au port. Donc, Fritz Joseph, étant élu, se croyait pouvoir utiliser son statu de Maire élu pour permettre aux manifestants de pénétrer dans le port. Arrivé à la barrière de sécurité, il fut interpellé par Rico qui était de service ce jour là. Rico demanda au Maire de se conformer au code de sécurité, de présenter une pièce d’identité, de se laisser fouiller par le service de sûreté et d’ordonner aux membres de EV22 qui l’accompagnaient de l’attendre au dehors. Fritz Joseph refusa. Les membres de EV22 qui étaient devant le port incitèrent le maire élu en qualifiant d’humiliation les exigences de Rico. Le maire se rebella et l’agent Rico résista en utilisant sa bombonne de gaz lacrymogène.

Michel Saint-Croix : Rolex et Rico deux agents du port ont tiré sur les manifestants le 17 décembre 2007 provoquant plusieurs blessés.

La Vérité : Le corps de sécurité est le principal problème de ceux qui cherchent à renvoyer Jean-Renet Latortue. Ils n’arrivent pas à infiltrer le corps de sûreté. Techniquement, on peut perdre son temps à manifester dans la cours du port autant qu'on n'arrive pas à prendre possession du bâtiment administratif. Donc, il y a une concentration d’attaques contre les hommes jugés fidèles au directeur. Normalement, dans les anciennes opérations de déchoucage, ceux qui cherchaient à renvoyer l’administration, réussissaient facilement, à l’aide du corps de sécurité, à envahir et à prendre contrôle des installations du port. Cet état de fait met le directeur qu'on cherche à renvoyer dans une situation d’insécurité face à des hommes armés qui lui sont hostiles en partenariat avec les déchouqueurs. Donc, Rico, Rolex et Michel Magny (le chef de sécurité) sont les éléments à stigmatisés, à intimider. Comment le Mairie a-t-il pu savoir que les tirs de sommation venaient de Rolex et de Rico ? De plus, les employés du syndicat qui sont blessés le lundi 17 décembre 2007, ont été victimes d’une bousculade. Car, la sûreté du port qui avait très tôt dans la matinée, soit depuis 4hres am, pris contrôle de la barrière principale pour empêcher aux grévistes de contrôler cette position comme ils le font depuis environ deux semaines, a dû tirer en l’air pour défendre ce point de contrôle et repousser l’offensive des manifestants qui voulaient les déloger. Pris de panique, ces derniers se sont bousculés et ont pris la fuite, ce qui a provoqué blessures et fractures. Quelques minutes plus tard, des unités de la police et de la MINUSTAH sont finalement arrivées sur les lieux en vue de rétablir l’ordre. Aucun impact de balles n’a été diagnostiqué sur les personnes victimes. Alors, citer le nom d’agent de sécurité sur les ondes de Radio Vision 2000, fait montre d’une volonté d’acculer ces employés de la sûreté qui refusent de marcher dans la logique du Maire et de ses hommes contre l’administration du port.

Michel Saint-Croix : Le directeur refuse de collaborer avec la Mairie.

La vérité : Dans le Nord, le port est considéré comme une vache à lait au service des hommes au pouvoir. C’est une tradition qui remonte depuis Jean-Claude Duvalier. Les miliciens et les tontons macoutes y agissaient comme ils voulaient au mépris de l’administration. Dans les émissions sur l’APN/Nord on répète : le port à été construit pour supporter la clientèle des pouvoirs en place. Donc, collaborer est synonyme de laisser-faire ce qu’on veut avec l’argent du port. Permettre aux partisans de bénéficier de l’argent du port est l’une des promesses électorales faites par le cartel en place. Pour preuve, la seule réalisation que le maire ait été capable de citer est l’augmentation du personnel de la Mairie. De plus, le cartel en place avait fait campagne en citant nommément le nom de Jean-Renet Latortue comme un ennemi, une personne à expulser de la ville. Il avait utilisé des diapositifs pour indexer en public des entreprises privées -Hôtel Mont-Joli, Lakay Restaurant et tant d’autres - comme des bourgeois à détruire : les ennemis du peuple. Lors de l’investiture du cartel, un homme d’affaire contre qui on avait prêché la haine et qui, malgré tout, acceptait de prendre part à la cérémonie en signe d’ouverture, fut insulté par des hommes du maire dans l’enceinte même de la Maire, en brandissant des menaces fiscales : Boujoi yo pral konnen. On peut comprendre que Michel Saint-Croix n’inspire pas confiance à tout le monde.

En conclusion le Maire Michel Saint-Croix a le mérite de ne pas cacher son implication dans la violence qui perturbe les activités du port de la ville. Il a même traité Jean-Renet Latortue d’ancien directeur de l’APN/Nord. Comme nous l’avons mentionné dans nos différents textes sur le siège du port de la ville du Cap-Haïtien, il prend fait et cause, allant jusqu’à poser les conditions pour une reprise des activités.

Michel Saint-Croix : Il y a une petite possibilité de sortie de crise, si Jean-Renet Latortue accepte de collaborer. Mais cela doit se faire à la Télévision pour que publiquement, il puisse prendre l’engagement de respecter le cartel à la tête de la Mairie et de collaborer.

La vérité : Le Maire a ainsi confirmé la thèse de manipulation politique du syndicat. Seul, il pose les conditions pour une reprise des activités sans se référer au syndicat qui mène le mouvement à l’intérieur. Le Sénateur Kelly Bastien est sûrement mécontent. Car, il avait insinué que la presse locale, à travers ses reportages, induit le président Préval en erreur : Il n’y a rien de politique dans tout cela ! A bien suivre le Maire Michel Saint-Croix à l’Emission de Valérie Numa, on peut aisément déduire que les causes du conflit sont personnelles. Depuis son investiture à la mairie du Cap-Haïtien, Saint-Croix a eu un conflit avec le Délégué Georgemain Prophète - un petit problème personnel, a-t-il répété après Valérie Numa. Le maire Michel Saint-Croix est aussi en conflit avec le Directeur Départemental des Travaux publics. Ce dernier avait appelé ses supérieurs pour annoncer sa démission au cas ou le Maire continuerait de l’injurier sur les ondes des médias de la ville. Le policier responsable du Service circulation au niveau du Commissariat municipal fut agressé publiquement par le Maire Fritz Joseph parce qu’il avait, lors d’une conférence conjointe, émis des réserves sur les provisions légales qui habilitent le Cartel à diriger la circulation des véhicules et surtout, à imposer aux pauvres propriétaires de motocyclette des amandes allant jusqu’à 2,500 gourdes. La juge Emania Fatal a été sommée de quitter le local de la Mairie et de ne pas exécuter un mandat d’emmener contre un agent de sécurité de la Mairie. Sans compter les nombreux cas de violations des droits humains, d’arrestations illégales, de bastonnades des petits marchands, de séquestration, de détournement de fonds collectés en secret à l’étranger au nom et pour la Mairie du Cap-Haïtien, la violation des locaux de Radio Kontak Inter, les conflits ouverts avec des représentants de la presse locale dans l’exercice de leur travail, on peut en conclure que Michel Saint-Croix est un agent catalyseur de conflits.

Comment le maire d’une ville peut-il bloquer les activités d’un port régional au mépris des centaines de milliers de citoyens et cela, pour des raison personnelles? A-t-il consulté les autres maires de la région avant de lancer sa petite guerre? Y a-t-il un principe démocratique dans cet agissement? Peut on tolérer de tel comportement au nom de l’autonomie administrative de la municipalité?

La vérité sur nos préoccupations.

Ceux qui ont vécu en Haïti de 2001 à Février 2004 connaissent le rôle de l’administration publique et spécifiquement de l’APN dans la répression. Les ports constituaient la plaque tournante des gangs liés au pouvoir d’Aristide. Au Cap-Haïtien, les agents de sécurité du port étaient à l’oeuvre à chaque manifestation contre le régime d’Aristide, utilisant l’armement du port pour attaquer les citoyens qui sortaient des rassemblements. Les attaques contre les stations de radio ont été menées par les hommes du port. Ces derniers organisaient au niveau de leur quartier un gang qu’ils appelaient armée, pour réprimer les opposants du régime. Au Cap-Haïtien, on a connu l’armée Ti barbe de Richard Estimable. Les hommes de ce dernier ont incendié des maisons, des entreprises, assassiné des opposants, etc. L’attaque contre Radio Hispaniola au Trou du Nord et l’attentat contre le journaliste Pierre Elie Sem, correspondant de Radio Métropole, fut l’oeuvre de ces hommes qui ont été appuyés par l’Unité BS (Brigade Spéciale) de la police municipale dans leur crimes.

Aujourd’hui, le port de la ville du Cap-Haïtien ne représente plus une menace pour personne. Il est un espace administratif neutre. On ne peut dire que l’APN agit, aujourd’hui, contre un groupe politique. Nous souhaitons qu’il reste ainsi. Tout problème au niveau de cette institution doit être résolu administrativement. En cas de scandale, on doit procéder administrativement. C’est-à-dire, des enquêtes initiées par des organes de l’Etat préposés à cette tâche suivies de remplacement du cadre fautif par un autre cadre de l’Autorité portuaire. Pour nous, le mieux serait de privatiser les ports ou de les mettre dans le budget national. Des entreprises d’Etat comme l’APN (Autorité Portuaire Nationale), l’ONA (Office d’Assurance Vieillesse) et l’OAVCT (Office d’Assurance des Véhicules Contre Tiers) doivent être repensées. Comme la compagnie d’Etat de téléphones Téléco, elles sont improductives ; et pire, elles alimentent le clientélisme, encaissent mal l’argent du citoyen, pour ne rien donner en terme de service. Les changements - obligés - qu’on observe dans les ports du pays, sont une conséquence des exigences internationales. On ne devrait pas attendre une injonction de la communauté internationale pour réformer les autres institutions et les adapter à une logique d’efficacité et d’efficience.

Cyrus Sibert,
Cap-Haïtien, Haïti
18 Décembre 2007

1 commentaire:

Tony Saint Festin a dit…

Le maire du Cap-Haitien a un droit
exceptionnel de choisir ses administrateurs.L'ancien regime ne peut pas rester.Vive l'autonomie de
toutes les villes.La republique de
Port-au-Prince a une grande fatigue.
Il doit mourir.On n'a pas besoin d'aller a` Port-au-Prince pour un papier.Le maire a le pouvoir d'agir
selon sa volonte'.Le Cap ne dispose pas d'un bon aeroport pour faire venir les touristes.On ne peut pas compter sur port-au-prince.la decentralisation est un bon chemin
pour le Cap-Haitien.Travaillons ensemble,nous sommes des haitiens.Pas de sectarisme .Allons
les genres du nord.Nous sommes en
retard mais,il n'est pas trop tard.