jeudi 17 janvier 2008

LE PARLEMENT HAITIEN EN PROCES.

LA REVOLUTION (TRANQUILLE) HAITIENNE (171)

Haiti-Observateur. Semaine du 16/1/08.

Soumis à Réseau Citadelle le Jeudi, 17 Jan 2008 11:43:00 -050031
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Dr Gérard Etienne.

En Haïti,on va à la politique non pas en citoyen libre ( liberté ici au sens d’émancipation et d’indépendance par rapport aux institutions étatiques,)mais en subordonné à un chef de qui l’on attend quelque gratitude.On trouvera toujours des prétextes pour illustrer son attitude,entre autres la certitude de décrocher un emploi magistralement bien rémunéré et surtout celle de franchir le seuil du pouvoir sans lequel on est une blatte qu’on écrase en .lisant GOUVERNEURS DE LA ROSEE de Jacques Roumain dans cette société féodale. Même dans la diaspora où dans des pays à démocraties bourgeoises (la populaire ayant échoué avec l’écroulement du Mur de Berlin) le goût du pouvoir (ou de gouverner) l’emporte face à la compétence, la diplomation et l’expérience.L’être haïtien demeure marqué par toutes les séquelles esclavagistes et par tous les phénomènes de colonisation ou, si l’on préfère, par les commandements des maîtres blancs.

Sauf qu’à la fuite planifiée par les « amis d’Haïti» du dernier monarque J.B.Aristide, nous étions persuadés que les habitants du pays allaient engager un dialogue d’adulte pour montrer au monde qu’ils pouvaient retrouver les moments épiques qui ont marqué leur collaboration avec les autres nations du monde.C’aurait été, après les Duvalier,un dialogue vraiment patriotique qui aurait comblé nos insuffisances du 19e siècle et ceci malgré les grands événements et malgré le discours non démagogique des penseurs pour qui Haïti fut une psychose de grandeur.Nous pensons à la révolution de Goman/Acaau ( révolution anti féodale )aux affrontements aux forces féodales menés avec tact et stratégies par le parti libéral sous la direction du Noir Anténor Firmin et du mulâtre Boyer Bazelais.Même sous le gouvernement de Salomon on notait des actes qui faisaient d’Haïti une terre souveraine. C’est avec cette photographie de notre pays que nous avions à l’esprit l’urgente nécessité d’un dialogue comme moteur de notre entrée dans le 21e siècle.

Mais qui était placé pour représenter, à l’instar de Dumarsais Estimé,le leader incontesté de production,les forces productives, l’Education, l’Economie, la Politique, la Santé,la Diplomatie,etc.)Qui aurait dû demeurer notre guide de salut public?Celui qui a choisi le crime dans une thèse de licence en anthropologie religieuse à la Faculté de théologie ou celui qui, à l’instar de Laraque en 1946 menait sa campagne présidentielle sous l’équation travail-ordre-méthode.Qui pouvait prétendre posséder des qualités qui l’auraient amené à dépasser tous les actes pervers d’une gouvernance qui nous a imposé l’occupation américaine.Non.Ne répondez pas à ces questions avant de poser ce postulat :en Haïti,le pouvoir du haut jusqu’au bas de la pyramide est la formulation de la puissance impartiale aux yeux d’un monde non informé. .Et ceci avec tous les corollaires qu’il engendre : le noirisme, le tribalisme, le fascisme, le totalitarisme, le pouvoir absolu, les problèmes de psychopathie etc.)

Cependant la constitution de 1987 est venue mettre un peu d’ordre dans les désordres, dans les dérapages des gouvernementaux qui assassinaient leurs adversaires et dilapidaient les fonds publics.De Moncton (N.-B.)Canada j’avais reçu une dizaine d’exemplaires de ce document qui, en soi, était un reniement d’une politique articulée autour de la présidentielle monarchique. Quelques mois après l’adoption de la constitution de 1987,un chef féodal en donnait la version machiavélique :« une constitution,disait-il, est un morceaux de papier à déchirer devant le symbolisme du pouvoir».Il n’en fallait pas plus pour que en 1991,l’individu Ben Dupuy ,à la tête d’une troupe de Bossales d’Aristide, se jette sur des parlementaires à coups de bâton,invités à vider les lieux pour ne pas corrompre le peuple avec quelque projet de loi antigouvernementale.Et depuis le Parlement haïtien devient un groupe de citoyens choisis et nommés par un chef féodal qui en fait ses domestiques selon ses bons caprices.La preuve, c’est qu’en 1999,le Chef féodal René Préval aura desrtitué la 45e législature préférant soumettre sa colonie à la guillotine des décrets.

Cependant après la fuite de son jumeau Jean Bertrand Aristide, Beaucoup d’entre nous vivaient avec l’espoir de voir un parlement exercer un pouvoir parallèle à celui de l’exécutif. C’était mal évaluer les forces intellectuelles de nos parlementaires puisque rien n’a changé dans leur comportement ni dans le fonctionnement d’un régime parlementaire de type occidental. En effet ils continuent à payer le prix de parlementaires domestiques selon la politique traditionnelle haïtienne qui préfère la puissance d’un petit nombre au salut du peuple. La 48e législature projette l’image non pas de représentants élus du peuple pour en défendre les intérêts, mais de sujets nommés du Monarque président pour en recueillir des récompenses. Car ça fait longtemps que les actes pervers de l’exécutif auraient dû alerter une législature dont le rôle consiste à sanctionner la moindre erreur ayant une influence sur la sociologie populaire. Sur ce point le gouvernement Préval/Alexis franchit le seuil de l’inacceptable même dans une colonie qui a perdu son statut de République. Car graisser la patte aux Don Costes,Joseph Jean avec des millions qui auraient pu nourrir des milliers d’enfants,nommer à la tête de la Commission de désarmement un terroriste du type de Boukman,déclarer dans un discours primaire qu’un Chef D’Etat proclamé ne peut faire des miracles pour donner à manger à son peuple,dilapider les fonds publics en vue de récompenser les organisateurs des voyages officiels,les réceptions et les propagateurs de mensonges,c’est comme si l’on crachait sur le visage du peuple et que ses représentants à la chambre basse et à la chambre haute applaudissaient au geste des grands chefs. On pourrait, sous cet angla-là insérer la question des élections On se rappelle l’impertinence du Premier Ministre Alexis qui pendant de longs mois a gardé secret le résultat des Territoriales pour se donner un prétexte d’éviter la formation du CEP permanent.Il reviendra, ces jours-ci, avec la même maudite stratégie, la mise en boîte des élections indirectes toujours pour la noyade d’un CEP permanent. Mais attention!Les lavalassiens sont les maîtres incontestés du mensonge et de la désinformation. Au parlement qui se garde de protester contre les jeux hypocrites d’un exécutif, on fera cadeau d’un tiers du Sénat pourvu que les amis du régime soient élus ou que des Sénateurs vassaux de l’exécutif reviennent à la chambre haute à la suite d’une élection manipulée par le pouvoir.

ALORS QUE FAIRE?

Savoir d’abord que les parlementaires représentent un pouvoir dont l’essence rappelle dans le fonds et dans les formes, celui du Palais national.Savoir aussi qu’on symbolise une action politique dont les résultats contribuent à l’épanouissement ou au coma du peuple. A partir de ce moment on vise une liberté qui consiste à inviter au Parlement des Chefs afin qu’ils répondent à toutes les questions qui entravent le développement du peuple sur tous les plans. Un Parlement averti n’aurait jamais dû accepter la nomination d’un Boukman à la tête d’une commission d’Etat ni celle d’un repris de justice dans un organisme d’Etat. Sans parler de toutes les magouilles mentionnées plus haut au sujet des élections.

Non seulement ces élections dénotent l’incapacité de la 48e d’y jouer un rôle proportionnel au pouvoir conféré par le peuple, mais à défaut d’une cohésion indispensable aux Parlementaires.on ne sait ni sur quel pied danser, ni comment se situer par rapport à un gouvernement qui veut exercer ses pouvoirs sur des subordonnés/domestiques.Invité à commenter la situation,le Sénateur du Sud-est Joseph Lambert se la ferme sous peine de recevoir en plein cœur les flèches de l’exécutif.Rudy Hérivaux,lui,nage sous les nappes d’un marécage.» les dix Sénateurs ,dit-il,doivent continuer à siéger dans la mesure où leur mandat n’est pas encore arrivé à terme.Ils ne peuvent pas être victimes d’une situation dont ils ne sont pas responsables a-t-il mentionné relatant ainsi les retards du CEP en ce qui concerne l’organisation des élections en vue de renouveler le tiers du Sénat.Quant aux Sénateurs concernés( c’est-à-dire qui devraient partir le deuxième lundi du mois de janvier 2008 )le soleil ne se lève ni à l’Est ni à l’Ouest :« Mon mandat,déclare le Sénateur François F.Bergromme prendra fin le 9 mai 2008,je suis dans l’attente d’une décision de l’assemblée des Sénateurs.» Mais du même souffle il laisse tomber : « il est logique que les Sénateurs restent en poste jusqu’à l’organisation de nouvelles élections »

Avec l’absence d’un siège dû au décès du Sénateur Noël Emmanuel Limage le Parlement aura droit à 11 postes de Sénateurs à la Chambre haute au cas où dix Sénateurs partiraient.Donc on prévoit le dysfonctionnement du Sénat s’il est amputé de 11 membres.Seulement faute d’une position CLAIRE sur la question depuis des mois,la chambre haute recevra des coups assez durs de l’exécutif qui imposera ses exigences vu que les élections pour le renouvellement du Tiers du Sénat se tiendront en retard.On ira même plus loin en affirmant qu’une politique de corruption et de décrets bidon pourra combler l’absence d’un tiers du Sénat..

CONCLUSION.

Nous interpellons nos parlementaires en leur donnant cet avertissement : si jamais ils continuent à se mouvoir dans leur panier de crabes au point d’être les domestiques zombi fiés d’un pouvoir qui perd le sens des pôles, alors ils porteront le poids de l’apocalypse qui s’abat sur le pays et qui nous fait perdre notre souveraineté de peuple.

Dr Gérard Etienne.

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