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lundi 28 avril 2008

REVUE DE LA PRESSE DU LUNDI 28 Avril 2004




Ericq Pierre désigné comme nouveau Premier ministre

Le président René Préval a désigné ce dimanche Ericq Pierre, actuellement conseiller pour Haïti auprès de la Banque Interaméricaine de Développement (BID), comme nouveau Premier ministre.

"C'est Ericq Pierre qui a été désigné", a indiqué le président du sénat haïtien Kelly Bastien.

"Le choix a été fait après une nouvelle rencontre dimanche avec le président Préval", a de son côté confirmé le président de la chambre des députés Pierre-Eric Jean-Jacques.

Cette désignation survient à l'issue de deux semaines de consultations entre le chef de l’état et les chefs de file des partis représentés au parlement.
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Haïti : Le président Préval désigne un nouveau Premier ministre
Le président haïtien René Préval a désigné dimanche Ericq Pierre comme Premier ministre, au terme de deux semaines de consultations laborieuses depuis la destitution de Jacques-Edouard Alexis, alors que le pays est confronté à une grave crise alimentaire.
"C'est Ericq Pierre qui a été désigné", a déclaré au téléphone à l'AFP le président du Sénat Kelly Bastien. "Le choix a été fait après une nouvelle rencontre dimanche avec le président Préval", a de son côté indiqué le président de la Chambre des députés Pierre-Eric Jean-Jacques.
Cette désignation doit maintenant être confirmée par un vote des deux chambres du Parlement haïtien.
"Le parti Lavalas de l'ancien président Jean-Bertrand Aristide en exil en Afrique du Sud est prêt à voter la nomination de M. Pierre", a déclaré à l'AFP le sénateur Rudy Hériveaux.
Les autres partis réservaient leurs réactions dimanche après-midi, souhaitant d'abord consulter leurs membres.
"Le président Préval s'est sans doute assuré de l'approbation des forces politiques au Parlement avant de faire connaître son choix", a commenté un diplomate souhaitant garder l'anonymat.
Ericq Pierre est actuellement conseiller pour Haïti auprès de la Banque interaméricaine de développement (BID). Agé de 63 ans, c'est un agronome de formation. Il avait déjà été désigné en 1999 comme Premier ministre mais n'avait reçu l'aval du parlement haïtien.
Si sa nomination est confirmée par les parlementaires, elle va permettre de mettre fin au vide politique dans lequel le pays était plongé depuis le samedi 12 avril et la destitution de l'ex-Premier ministre Jacques-Edouard Alexis par le Sénat.
M. Alexis avait dû quitter le pouvoir après deux semaines d'émeutes causées par la flambée des denrées alimentaires de base et qui ont fait 6 morts, environ 200 blessés et de nombreux dégâts matériels.
C'était la première grave crise politique et sociale du pays depuis l'élection en février 2006 de René Préval à la présidence du plus pauvre pays du continent américain.
La flambée des prix des produits alimentaires, enregistrée dans le monde entier, est très fortement ressentie dans un pays comme Haïti où 70% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour.
Au cours de la première quinzaine d'avril, des manifestations pour protester contre le prix de denrées comme le riz avaient eu lieu dans plusieurs villes haïtiennes et parfois dégénéré en émeutes, comme à Port-à-Prince et aux Cayes.
Un casque bleu nigérian avait été tué et trois Sri-lankais blessés par balles pendant ces émeutes.
Pour tenter de calmer la population, le président René Préval avait annoncé, le même jour que la destitution de son Premier ministre, une baisse de 8 dollars, soit 15%, du prix d'un sac de 50 kilos de riz.
En l'absence d'une majorité présidentielle, M. Préval avait immédiatement lancé des discussions avec des partis représentés au Parlement pour former un nouveau gouvernement.
Alors que la moitié des 8,5 millions d'Haïtiens sont au chômage, la nouvelle équipe au pouvoir va devoir rapidement affronter la crise alimentaire qui pourrait menacer la stabilisation de ce pays secoué par des crises politiques à répétition.
Le secrétaire d'état français à la Coopération, Alain Joyandet, s'est dit au cours d'une visite sur l'île ces derniers jours "personnellement choqué" des conditions dans lesquelles vivaient la plupart des habitants.
En l'absence d'un Etat fort et d'infrastructures et avec une pauvreté qui épargne peu de Haïtiens, la sécurité est aussi un gros problème malgré la présence d'une mission de l'ONU (Minustah) forte de près de 10.000 soldats et policiers.
AFP
lundi 28 avril 2008

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Le processus de ratification du premier ministre pourrait être lancé mardi

Le président du sénat, Kelly C. Bastien, affirme que le chef de l’état doit expédier ce lundi une lettre de confirmation de la désignation de M. Ericq Pierre comme premier ministre, et annonce qu’une commission sera constituée mardi afin d’analyser les dossiers.

Ericq Pierre avait été désigné premier ministre par René Préval en 1997,mais son choix avait été rejeté par le parlement. L’absence de l’acte de naissance de la grand-mère d’ Ericq Pierre avait été évoquée comme cause du rejet de sa candidature.

Le président du sénat croit que cet argument n’était pas le vrai motif, rappelant le conflit entre le président Préval et le parlement (contrôlé par l’OPL) après la démission de Rosny Smarth. " Il n’y a plus de conflit entre le parti majoritaire et l’exécutif", dit-il faisant remarquer que les acteurs politiques ont compris la nécessité de s’entendre sur un programme avant de designer une personnalité.

Le sénateur Kelly Bastien admet que les consultations ne se sont pas déroulées suivant les prescrits constitutionnels mais s’inscrivaient dans le cadre d’une approche politique.

Une rencontre entre le premier ministre désigné et les parlementaires de la Fusion des Sociaux-démocrates est prévue ce lundi autour du programme du prochain gouvernement de coalition.

Selon le porte parole de la Fusion, Micha Gaillard, le sentier est aplani en vue de la ratification du premier ministre parce qu’il y a un programme et la perspective d’un gouvernement de consensus. " C’est la première fois qu’il y a une possibilité de coalition au gouvernement et au parlement pour exécuter un programme", ajoute t-il.




Ericq Pierre, 63 ans, originaire de Jérémie est un agronome qui avait contribué à la fondation de l’Andah.
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Arrivée prochaine d’une mission d’évaluation de Ocha

Une délégation du bureau de coordination pour les affaires humanitaires (Ocha) effectuera une visite en Haïti au cours de cette semaine afin d’évaluer la situation humanitaire. La porte parole de Ocha à Genève, Elisabeth Byrs, révèle que cette visite avait été projetée de longues dates mais coïncide avec les efforts de la communauté internationale en vue de trouver une solution à la crise alimentaire en Haïti.

Elle indique que la mission planifiée depuis l’année dernière doit évaluer l’insécurité alimentaire et ses conséquences. "Cette mission facilitera l’identification du nombre de personnes dans des régions spécifiques ayant des besoins immédiats", dit-elle soulignant que ceci permettra aux agences de l’ONU de cibler leur réponse. " La situation haïtienne comporte deux aspects, le développement sur le moyen et le long terme et une urgence humanitaire caractérisée par les manifestations contre la faim", ajoute t-elle.

Dans une interview accordée, Jean Edouard Rigaud, correspondant de radio Métropole à Genève, la porte parole de Ocha affirme que son organisation entend tout mettre en œuvre pour répondre aux besoins urgents de la population haïtienne.

L’Ocha qui compte une petite cellule de coordination de 5 personnes en Haïti projette de renforcer la coordination dans la perspective d’une réponse humanitaire à la crise. Mme Byrs rappelle que le bureau de coordination pour les affaires humanitaires œuvre en coordination avec les organismes membres du système de l’ONU en Haïti. Elle souligne que la malnutrition est très répandue en Haïti, pays le plus pauvre de l’hémisphère.

Interrogée sur l’action de Ocha en Haïti, Mme Byrs informe que 8 000 tonnes de nourriture sont actuellement distribuées dans le pays. Tout en se réjouissant de l’intensification des interventions des autres agences de l’ONU, elle soutient que des gouvernements étrangers apportent un appui directe sur le plan alimentaire à Haïti.

La semaine dernière, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon avait sollicité une aide d’urgence en faveur d’Haïti. Dans une lettre adressée à 12 pays membres de l’ONU, Ban Ki-moon avait rappelé que de grandes manifestations violentes contre la vie chère ont été enregistrées au début du mois.

Par ailleurs, la ministre autrichienne des affaires étrangères avait annoncé le déblocage d’un million d’euros au profit de la Nanibie, Haïti, Bourkina Faso et Etiopie. 250 000 dollars seront attribués au PAM pour aider les enfants, les malades et les jeunes mères en Haïti.


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Le DSNCRP, servira de programme au prochain gouvernement

Avec quelques ajouts en perspectives, le Document de Stratégie Nationale pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (DSNCRP) a été retenu comme programme du prochain gouvernement. La quasi-totalité des chefs de file des partis, ayant pris part aux consultations réalisées par le président Préval, ont apporté leur approbation à ce document qui résulte de la participation de tous les secteurs de la vie nationale.

Le dirigeant de l’Alliance Démocratique, Evans Paul, affirme que les rencontres avec le chef de l’état avaient pour objectif de trouver des solutions en vue de répondre aux attentes de la population. " Je suis pour l’application d’une politique économique nationale et solidaire mais qui ne fonctionne pas en vase clos", fait remarquer M. Paul qui évite le terme néolibéral. Il appui le DSNCRP comme base d’un programme économique mais souhaite qu’on y ajoute d’autres points importants tel la réforme agraire.

En plus de la réforme agraire, Micha Gaillard, porte parole de la Fusion, désire qu’on s’engage sur la réforme de l’état. M. Gaillard est totalement favorable à l’adoption du DSNCRP comme noyau du programme du prochain gouvernement.

La position du chef de file de l’Union, Chavannes Jeune, n’est pas différente de celle de la Fusion et de l’Alliance. Cependant M. Jeune fait état des remarques de certains parlementaires de l’Union en ce qui a trait au programme.

De son coté, le président du sénat, Kelly Bastien, affirme que la prochaine équipe gouvernementale appliquera le DSNCRP auquel on ajoutera d’autres priorités telles la réforme de l’état, la sécurité sociale et la réforme agraire. Il rappelle que le secteur privé doit jouer un rôle important dans la croissance économique et plaide pour l’établissement d’un vrai dialogue entre les secteurs privé et public.

Par ailleurs, Kelly Bastien, regrette le retard dans la ratification des accords internationaux par l’assemblée nationale. Il soutient que ceci est lié à la faiblesse des institutions, tout en soulignant que certains accords sont des outils qui devront être utilisés par le prochain gouvernement. " Il y a eu une certaine négligence et nous devons prendre des mesures pour corriger le fonctionnement des commissions", ajoute t-il.


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Dimanche, 27 avril 2008 17:00

La communauté internationale renouvelle son appui aux autorités haïtiennes

Une délégation internationale présidée par le secrétaire général de l’Organisation des Etats Américains (OEA), Miguel Inzulsa, a bouclé vendredi une visite de 48 heures en Haïti. Les membres de la délégation se sont entretenus avec le chef de l’état, les dirigeants des partis politiques, les représentants de la société civile et les membres des bureaux des deux chambres du parlement et ont exhorté les différents secteurs à œuvrer en vue de trouver une solution à la crise.

M. Inzulsa s’est dit convaincu que la situation s’améliorera dans les prochains jours. " Nous partons avec beaucoup d’espoir que les choses vont être résolues ", dit-il espérant que le premier ministre sera nommé dans le meilleur délai. Le secrétaire général de l’OEA annonce des consultations en vue de déterminer la contribution de la communauté internationale face à la crise alimentaire en Haïti.

Outre le secrétaire général de l’OEA, des représentants de l’ONU, de l’Union Européenne, de l’Argentine, du Brésil, du Chili, de la France, du Canada et du Mexique étaient présents dans le cadre de cette visite. Les membres de la délégation ont exprimé leur solidarité avec le peuple haïtien et renouvelé leur détermination à favoriser la consolidation de la démocratie en HaïtiL’ambassadeur canadien à Port-au-Prince, Claude Boucher, a soutenu que cette visite démontre l’appui de la communauté internationale à Haïti.

Pour le représentant de l’Union Européenne, Francesco Gosseti, l’ensemble de la communauté internationale a montré sa préoccupation à rechercher des solutions au problème.

A l’issue de sa rencontre avec les membres de la délégation internationale, le président du sénat, Kelly Bastien, a annoncé que l’un des aspects abordés lors de la rencontre a été la désignation d’un nouveau premier ministre. " Cette visite est importante, ils ont souhaité que le pays ait un gouvernement dans le meilleur délai et ont réaffirmé leur engagement à œuvrer pour l’amélioration de la situation socioéconomique d’Haïti ", ajoute le sénateur Bastien.

Par ailleurs, le ministre espagnol des affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a mis un terme à une visite officielle de 24 heures à Port-au-Prince.

Le chef de la diplomatie espagnole a indiqué que son pays a débloqué une aide d’urgence de 1,5 millions d’euros en faveur Haïti confronté à une crise alimentaire. Lors de sa rencontre avec le chef de l’état, M. Moratinos affirme avoir abordé le dossier de la relance de la production nationale.

samedi 26 avril 2008

Le courage du quotidien (Pour une citoyenneté responsable).

Par Raoul Peck

''Mwen te wè sa pou li !''

Il est de notoriété publique que j'ai appelé à ne pas voter pour le candidat René Préval. J'ai été l'un de ses plus intransigeants critiques et continue d'appliquer la même vigilance à son présent exercice.


Si je m'exprime aujourd'hui sur la conjoncture actuelle du pays, c'est parce que nous nous trouvons à une période sensible ou il s'agit de faire le bilan de ce qui a été accompli et consolider les acquis pour éviter le retour de l'inacceptable.


« Le fait de partager les ministères, les postes et les avantages qui en découlent aura-t-il suffi à faire taire tout ce monde ?»
D'abord, force est de constater la disparition ou la démission quasi totale de l'ensemble des partis politiques en tant que tels. Eux, qui ont si longtemps dominé l'actualité et le terrain politique, de manière abusive a-t-on envie d'écrire, vu que les élections ont clairement démontré une implantation faible sans commune mesure avec leur tapage préélectoral. Certains ténors, autrefois si vindicatifs dans leurs prises de position, restent muets sur les grands dossiers du moment.


Pire, ils ont réussi à nous faire oublier qu'ils sont aujourd'hui au pouvoir : l'Alyans, l'OPL, la Fusion, Lavalas et l'Union. Donc responsables à part entière de la politique de ce « gouvernement d'ouverture». Le fait de partager les ministères, les postes et les avantages qui en découlent aura-t-il suffi à faire taire tout ce monde ?


La vie politique ne tolère pas le vide. En agissant de la sorte ces politiciens laissent le champ libre à de nouvelles ambitions qui ne s'accommoderont d'aucun scrupule pour imposer un retour à des pratiques du passé.


De même, face au quotidien du pays, la plupart des organisations de la société civile qui ont contribué sans aucun doute à changer le visage de ce pays, semblent avoir pris une distance précautionneuse ou stratégique au mieux. Le retour de la nation aux normes constitutionnelles, avec l'entrée en jeu du Parlement, du Sénat, des mairies et Casecs, est une bonne chose. Mais l'apparente quiétude, qui semble en être la conséquence, est préoccupante.


Face à un gouvernement effacé dans son ensemble, un Premier ministre productif en discours, moins en accomplissement, un gouvernement manquant d'efficacité sur le terrain, dont on peine à déceler ni vision d'ensemble, ni projet de société cohérent, autre que sa propre durée et la satisfaction des bases respectives de certains de ses membres, c'est comme si on assistait à une pacification forcée du terrain, faute de combattants. Les quelques performances, réelles sur certains dossiers économiques, sur les relations bilatérales (domaine privilégié du président) et sur la sécurité, sont paradoxalement le résultat de consensus, de pressions et d'engagement militants de différents acteurs de la société.


Ce silence donc est préoccupant, alors qu'au même moment, certains préparent, activement et de manière assez agressive (et pas toujours licite), les Élections à venir. Même le feu secteur Lavalas, rescapé de ses cendres, reste persuadé d'un retour en force pour l'après-Préval et se prépare activement pour le prochain renouvellement de la Chambre en attendant les présidentielles.


D'autre part, rester muet également devant les acquis de ce pays (y compris ceux de la période de transition !) revêt de la démission civique la plus totale.


D'abord, il faut rompre avec cette propension des uns et des autres à toujours se plaindre et de ne jamais reconnaître les progrès lorsqu'il y en a. On ne sort décidément pas de cette tendance à tout casser lorsqu'il est déjà trop tard, au lieu de construire par étape et assurer les acquis au fur et à mesure.
Trop souvent, un ministre, un directeur général, un chef de bureau, alors qu'il défend un projet utile, important, urgent pour le pays, se retrouve seul devant les feux de la rampe, sans aucun soutien, même de la part des secteurs concernés. Les badauds sur la berge regardent l'imbécile se noyer.


« AUCUN secteur ne peut donner de leçon à qui que ce soit ! »

Quelque part existe l'illusion que, comme par magie, les hommes et les femmes qui sont actuellement sur le terrain vont disparaître et laisser place à d'autres, nouveaux, purs, sans taches, plus performants, bref des sauveurs. Fatal aveuglement, hélas. Il faut faire avec eux. Je l'ai déjà écrit ailleurs : AUCUN secteur ne peut donner de leçon à qui que ce soit. Ni le secteur privé, ni les politiques, ni les parlementaires, ni la société civile, ni les journalistes, qu'on a appelés à une Époque le 5e pouvoir. Chacun a son propre nettoyage à faire. La société, ni l'État ne changent ainsi par miracle.


Les grands chamboulements (révolutions, déchoukages, évictions) demandent toujours une phase de reconstruction, de renouvellement. Cela a toujours constitué notre grande faiblesse. Il nous faut FORCER ceux qui sont au pouvoir à FAIRE leur travail. Il faut dénoncer les juges qui libèrent des criminels qui les payent (riches ou pauvres), les policiers qui ferment les yeux (gradé ou simple policier), les ministres qui renoncent, faute de courage politique, les directeurs généraux qui gèrent sans vision, les fonctionnaires qui rançonnent le citoyen, l'homme d'affaire qui magouille avec les sénateurs ou députés. Chacun à son humble niveau est concerné.


Mais il faut aussi appuyer publiquement ceux qui résistent, dénoncent, se battent, souvent seuls, face à des pouvoirs plus puissants qu'eux. Les choses ne changent pas (tout le temps) par de grands bonds en avant, mais aussi par les petits pas au quotidien. Et dans cette marche quotidienne difficile le citoyen a un rôle essentiel. Pourquoi attendre l'explosion ?


Sur le dossier de la sécurité par exemple. De nombreux secteurs, tant dans la société civile que du côté des « amis » d'Haïti et de la Minustah, se sont mobilisés pour améliorer la situation, en particulier l'enfer de Cité Soleil, de Martissant et le drame des enlèvements quotidiens.


Il a fallu déployer beaucoup d'efforts pour vaincre la résistance initiale du président et mettre l'International devant ses responsabilités. Ces efforts ont été payants et il faut mettre au crédit du chef de l'état qu'il a contribué à faire bouger les choses.


L'institution policière également, il faut le reconnaître, a fait des pas en avant, malgré ses difficultés de départ et celles qui continuent de la menacer. « Les associations de journalistes, pourtant virulentes sur d'autres dossiers, se taisent»
De même sur les dossiers de corruption, des progrès ont été faits, (déjà sur le précédent gouvernement de transition): La commission Paul Denis, l'Ucref, le jugement sur les coopératives et finalement aujourd'hui, l'épais nuage de fumée que constitue le dossier Socabank.


Il est pour sûr dangereux pour certains de prendre publiquement position sur ce dossier brûlant. Mais il est encore plus suicidaire pour tous de continuer à nous taire face à ce qu'il faut bien décrire comme les tentacules envahissants d'un affairiste mafieux et puissant (il en a les méthodes, la logique et le pouvoir). Après la courageuse résistance montrée par l'équipe de la BRH, seul le président et quelques autres rares citoyens et élus ont publiquement tenu bon face à la bête. Le reste se tait : les politiques, la société civile, les associations du secteur des affaires.


Pire, des élus sont accusés par leur propre collègue, d'avoir reçu de l'argent, aucune enquête n'est diligentée au risque de confirmer cette accusation grave à leur encontre.


Des journalistes critiques ont eu à subir des pressions, des membres de la presse ont reçu des gratifications. Les associations de journalistes, pourtant virulentes sur d'autres dossiers, se taisent.


Troisième exemple, un directeur de la Téléco est confronté quasi seul aux syndicats qui eux défendent les intérêts légitimes de leurs membres, alors que ce conflit touche précisément l'ensemble de la société. Il va certes falloir trouver une solution à ce différend, mais il faudra poser les problèmes de fond sans occulter les responsabilités politiques et criminelles. Ce ne sont sûrement pas les quelques milliers d'employés aujourd'hui menacés de licenciement qui ont le plus profité des largesses de la Téléco. Il faut négocier certes, mais il faut aussi poser le problème du pillage de cette compagnie par une minorité, dont l'ancien Président de la République en personne (voir procès actuel aux USA). Il faut demander des comptes à ceux qui ont construit des stations de radio et de télévision avec les revenus de la Téléco, ceux qui ont utilisé les caisses de cette compagnie comme leur caisse politique personnelle. Cela aussi fait partie du problème si c'en n'est pas la partie essentielle.


Laisser le directeur général de la Téléco affronter seul ce conflit difficile, est irresponsable.

« La démocratie n'est ni une recette, ni un mot magique»
Le président de la République a confirmé son engagement dans la lutte contre la corruption. Mais dans cette lutte, le citoyen de base doit jouer son rôle, comme les partis politiques doivent faire entendre leur voix, et la société civile, qui peut en être le garant moral.

On peut ne pas être d'accord avec la politique générale et les décisions d'un gouvernement, d'un Premier ministre, d'un Parlement, comme je le suis, mais cela ne nous dispense pas de rester citoyen lucide et actif. Il faut sortir de cette fâcheuse habitude de laisser à d'autres, plus braves (ou plus inconscients ?), de se mettre en avant et les regarder périr un à un, en se disant « Mwen te wè sa pou-li »

La démocratie n'est ni une recette, ni un mot magique. Il faut la construire, la façonner, la défendre. Comment ignorer ce qui a été accompli depuis 1986 ? Comment oublier ceux qui sont morts : amis et adversaires pour que ce pays survive ? Les apprentis sorciers, qui continuent à prendre leurs ambitions politiques pour l'avenir du pays, devront toujours se rappeler que certains acquis sont irréversibles.


« Mais le vrai travail de construction reste à faire. »
Etre citoyen signifie également s'exprimer, prendre position, soutenir tout ce qui fait que la société fonctionne et surtout FAIRE. Il ne faut pas attendre le désastre et l'échec pour descendre dans la rue, et tenter, trop tard, de sauver le navire qui coule. Mais à ce stade malheureusement, il ne reste déjà plus que violence et destruction. De part et d'autre.


Etre citoyen, demande le courage du quotidien.

Port-au-Prince, 27 Juin 07

REVUE DE LA PRESSE LOCALE

Les principaux titres du vendredi 25 avril 2008

1- Il faudra attendre le mois de novembre de cette année pour que la Banque Interaméricaine de Développement annule complètement la dette externe de 525 millions de dollars américains qu’Haïti a accumulée envers elle jusqu’en 2004, c’est ce qu’a précisé le représentant de cette institution financière internationale dans le pays.

2- La Police de Pétion-Ville a déjoué dans la matinée d’hier un kidnapping à la Rue Clervaud et procédé à l’arrestation d’un des kidnappeurs. La population a été d’un grand apport aux policiers lors de cette opération, selon le commissaire municipal Francène Morau.

3- Assassinat à coups de machette de Jean Wilner Zamor par des individus non identifiés dans la zone Chatilé, tout près du Parc Saint-Louis à Mirebalais. Les malfrats étaient vraisemblablement attirés par la moto de la victime qui n’avait que 15 ans.

4- Le ministre espagnol des affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, est arrivé, comme annoncé, ce jeudi à Port-au-Prince pour une visite de 24 heures au cours de laquelle il aura à s’entretenir avec le président René Préval, les présidents des deux chambres, à savoir Kelly C. Bastien et Pierre Eric Jean Jacques, le premier ministre démissionnaire, Jacques Edouard Alexis.

5- Le Secrétaire général de l’Organisation des Etats américains est également dans nos murs depuis hier après-midi. José Miguel Insulza


6- A Cada, 1ère section de Léogane, la population a lynché jeudi un bandit qui venait à peine de blesser par balle à son domicile un certain Junior Jeudy.

jeudi 24 avril 2008

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Haïti-Justice

Roudolph Henry Boulos intente une action en justice contre Joseph Guyler C. Delva

La citation à comparaître décernée au journaliste le traite de « prévenu non encore détenu »


Le « sénateur en exil Roudolph Henry Boulos » (comme il se désigne lui-même), par l’intermédiaire de ses avocats Samuel Madistin et Jean Gary Rémy, a officiellement introduit vendredi une action en justice contre le journaliste Joseph Guyler C. Delva pour « diffamation, délit de presse, injures publiques et expressions outrageantes » contre sa personne.

Une citation à comparaître transmise à Guyler C. Delva par voie d’huissier l’enjoint, à titre de « prévenu non encore détenu », à se présenter au Tribunal civil de Port-au-Prince dans un délai de 3 jours francs, à partir du 25 avril.

La convocation est assortie d’une requête formelle au Ministère public (le commissaire du gouvernement) pour qu’il condamne M. Delva à 3 ans d’emprisonnement et à 5 gourdes d’amende au profit de l’Etat, conformément aux articles du Code pénal, de la loi du 18 janvier 1929 et du décret du 31 juillet 1986 correspondant aux infractions reprochées au journaliste.

Faisant référence à l’article 9 du Code pénal, les avocats de M. Boulos demandent que M. Delva soit placé pendant 10 ans « sous la surveillance de la haute police de l’Etat ». Ils citent également l’article 28 dudit Code en soutien à leur demande d’interdire Guyler C. Delva d’exercer, pour une durée de cinq (5) années entières et consécutives, ses droits politiques, civils et de famille.

En cas de non-paiement par Delva de l’amende et des frais requis, la requête réclame que soit appliquée contre lui la contrainte par corps (emprisonnement) pour une période supplémentaire d’une année, conformément aux dispositions des articles 36 et 37 du Code pénal.

En plus de ces exigences, Roudolph Henry Boulos et son conseil de défense déclarent se réserver le droit d’exercer ultérieurement une action en dommages et intérêts contre Guyler C. Delva pour les « graves préjudices subis ».

Le délit reproché à Delva par Boulos et ses avocats concernent des déclarations faites dans la presse par ce dernier le 1er avril 2008, dans lesquelles il accuse Roudophe H. Boulos d’avoir menti dans le cadre du dossier de l’Affaire Jean Léopold Dominique/Jean Claude Louissaint, en prétendant avoir répondu à un questionnaire du juge d’instruction. Delva a fait état d’un démenti formel du juge d’instruction Fritzner Fils-Aimé relatif au fait qu’il ait soumis à Boulos un quelconque questionnaire en rapport avec l’affaire Dominique/Louissaint.

Il est également reproché à Delva d’avoir fait état d’une interdiction de départ à l’encontre de Roudolphe Henry Boulos et de n’avoir pas obtempéré à une sommation en date du 2 avril 2008 lui enjoignant de fournir des preuves à l’appui de ses allégations.

Dans les attendus de la citation il est précisé que, « jusqu’aux dénonciations du prévenu Joseph Guyler C. Delva, le requérant (Roudolph H. Boulos) jouissait dans le milieu d’une réputation impeccable ». « Cette réputation lui a valu de bénéficier de la confiance de ses concitoyens du Nord-Est qui l’ont élu 1er sénateur de ce département en 3 tours d’élections ». De ce fait, « seule la justice peut l’aider à recouvrer son honneur, sa dignité et son prestige », indique le document.

Outre Joseph Guyler C. Delva, la citation à comparaître de Roudolph Henry Boulos et de son conseil de défense est adressée au commissaire du gouvernement près le Tribunal de 1ère instance de Port-au-Prince, Me Claudy Gassant, à titre de chef de l’action publique ; au juge d’instruction Fritzner Fils-Aimé, en charge du dossier de l’Affaire Jean Dominique/Jean Claude Louissaint, à titre de témoin ; à Mme Anne Marie Issa, directrice générale de Radio Signal FM et à M. Sony Bastien, directeur général de Radio Kiskeya, les deux à titre informatif sur le fait que les déclarations reprochées à Delva ont bien été diffusées sur les ondes de leurs stations.

La citation ne fait pas référence à d’autres déclarations publiques de Guyler C. Delva contre Boulos, notamment celles relatives à sa citoyenneté américaine. De telles déclarations ont été à l’origine des problèmes rencontrés par Boulos au Sénat qu’il a dû abandonner, tout en se considérant encore comme sénateur du Nord-Est.

Joseph Guyler C. Delva est le principal responsable de l’association « SOS Journalistes » et de la Commission de journalistes chargée d’appuyer les enquêtes sur les cas de journalistes assassinés, créée avec le soutien du gouvernement et de la présidence. Il est également correspondant en Haïti de l’agence de presse britannique Reuters.[jmd/RK]

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Haïti-OEA-Communauté internationale

Visite au parlement de la délégation de haut niveau de l’OEA et de la communauté internationale

Leitmotiv : formation du prochain gouvernement "dans le meilleur délai"


La délégation internationale de haut niveau conduite par le secrétaire général de l’OEA a rencontré vendredi des représentants de divers secteurs de la vie nationale. Au parlement, Jose Miguel Insulza et des ambassadeurs de plusieurs pays amis d’Haïti, ont rencontré les membres des bureaux des 2 chambres.

Il s’agissait d’une visite de solidarité avec le parlement haïtien, a déclaré le diplomate chilien. Il en a profité pour souhaiter la formation du nouveau gouvernement haïtien dans le meilleur délai.

Dégageant à son tour l’importance de la visite au parlement haïtien de la Mission de haut niveau de l’OEA et de la communauté internationale, le président du Sénat, Kelly Bastien, a renouvelé son engagement à œuvrer en faveur de la formation du prochain gouvernement et du renforcement des institutions dans le pays.

Présent également au parlement haïtien, l’ambassadeur du Canada en Haïti, Claude Boucher, a lui aussi appelé les autorités a accélérer le processus de formation du nouveau gouvernement. « La communauté internationale aime toujours travailler avec des gouvernements légitimes », a-t-il ajouté.

Sur la question des prochaines élections, le diplomate canadien a dit attendre l’établissement d’un calendrier afin d’envisager la contribution qu’apportera son pays à leur réalisation.

Outre l’ambassadeur du Canada en Haïti, de nombreux autres diplomates accrédités dans le pays, dont l’ambassadeur des Etats-Unis, Janet Anderson, avaient accompagné les membres de la Mission de Haut niveau lors de cette visite au parlement haïtien. [jmd/RK]

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Haïti-Politique

Poursuite des « consultations » : un premier ministre devrait incessamment être désigné, selon le président du Sénat

Les "acteurs politiques" encore à la recherche d’une " majorité parlementaire "


Les consultations autour du choix du prochain premier ministre se poursuivent entre les acteurs politiques. Le nom de celui ou de celle qui sera désigné(e) à ce poste devrait être connu ce week-end, a annoncé vendredi le sénateur Kelly Bastien, président du Sénat.

Des efforts sont parallèlement déployés en vue de la création d’une majorité parlementaire appelée à soutenir le programme du prochain gouvernement, a ajouté le Dr Bastien. Des accords auraient déjà été trouvés sur ce programme conçu, dit-il, à partir de celui élaboré par le gouvernement sortant, en l’occurrence le Document National de Stratégie pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (DSNCRP).

Sur la question de la formation du prochain gouvernement, les chefs de toutes les délégations internationales qui se sont succédées cette semaine à Port-au-Prince, se sont pratiquement donnés le mot en souhaitant qu cela se fasse dans le meilleur délai. C’st le point de vue des parlementaires haïtiens qui craignent que le chef de l’Etat n’attende, pour se décider, la date du 8 mai, jour de la fin effective du mandat de 8 des 16 sénateurs constituant actuellement la majorité sénatoriale.

A la Chambre basse, une majorité s’est déjà constituée par la formation d’un bloc parlementaire de 53 députés sur les 99 que compte celle-ci. Ce groupe, la Coalition des Parlementaires Progressistes (CPP), conditionne son appui à la déclaration de politique générale du prochain premier ministre désigné à l’absence dans celle-ci de l’option néo-libérale.

D’autres déclarations publiques faites par la suite par des membres de ce bloc parlementaire dévoilent les visées politiques de celui-ci. Ces prises de position laissent tout aussi bien entrevoir la possibilité qu’un choix présidentiel non partagé par la majorité des membres dudit bloc, aboutisse au rejet de la personnalité désigné. Ce qui se solderait par l’aggravation de la crise politique. [jmd/RK]

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Haïti-FMI-Crise alimentaire

"Très préoccupé" face à la crise alimentaire en Haïti, le FMI veut augmenter son aide

Le chef de mission pour Haïti, Andreas Bauer, qui vient de boucler une visite à Port-au-Prince, estime nécessaire de "sauver la stabilité économique et sociale" mise en péril par les derniers événements


Le Fonds monétaire international (FMI) s’est déclaré vendredi "profondément préoccupé" par les conséquences de la crise alimentaire en Haïti et prêt à augmenter le portefeuille de crédit alloué au pays.

"Profondément préoccupé par l’impact social de la hausse des prix des denrées alimentaires, le FMI est déterminé à épauler les efforts que déploie le gouvernement haïtien pour atténuer les souffrances de la population, tout en préservant la stabilité économique", a indiqué dans un communiqué publié à Washington le chef de mission du FMI pour Haïti, Andreas Bauer, qui revient d’une visite cette semaine à Port-au-Prince. Cette envolée des prix a été à l’origine de grandes poussées inflationnistes et a aggravé le déficit commercial du pays, note le haut fonctionnaire.

Il ajouté "qu’à cause de son statut d’importateur net de denrées alimentaires, Haïti a été frappée de plein fouet par la flambée des prix internationaux qui continue d’infliger de grandes souffrances aux populations haïtiennes".

Du 22 au 24 avril, Andreas Bauer a effectué dans la capitale haïtienne une évaluation préliminaire de la situation basée sur le programme dénommé Facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC). Il s’est penché sur l’adaptation du cadrage macroéconomique de ce programme au nouveau contexte né du "choc exogène" des violentes protestations contre la faim et de leurs effets sur le politique économique du gouvernement. La FRPC est un instrument destiné à réduire la pauvreté et à favoriser la croissance.

"Nous travaillons en étroite collaboration avec les bailleurs de fonds et les autorités afin de suivre l’évolution des besoins d’Haïti en assistance financière ", a poursuivi M. Bauer soulignant la volonté du Fonds Monétaire International d’aider à minimiser les conséquences de la crise en vue de "sauvegarder la stabilité économique et le progrès économique et social".

"Une mission du FMI se rendra bientôt en Haïti pour achever ce travail et conduire la troisième revue du programme", a conclu le chef de mission de l’institution financière internationale.

Haïti est confrontée à l’extrême pauvreté et un taux de chômage record qui touche plus de 70% de la population active.

Face à la gravité et l’urgence de la situation, le FMI, la Banque Mondiale, le système des Nations Unies, l’Organisation des Etats américains et de nombreux partenaires bilatéraux du pays, dont les Etats-Unis, la France, le Canada et le Brésil, se sont mobilisés.

Des émeutes de la faim accompagnées de violences caractérisées et ciblées avaient fait début avril six morts, plus de 200 blessés et de sérieux dégâts matériels et économiques à Port-au-Prince et en province. spp/Radio Kiskeya

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Haïti-USA-Black Caucus-Crise

Le Black Caucus réclame de George W. Bush une aide massive en faveur d’Haïti

Les 42 parlementaires noirs de la Chambre des Représentants sollicitent une rencontre spéciale avec le Président américain sur Haïti, qualifiée de pays en situation de "crise humanitaire"


Les 42 membres du Black Caucus du Congrès des Etats-Unis (CBC) ont appelé jeudi le Président George W. Bush à fournir une assistance immédiate plus substantielle à Haïti en situation de crise alimentaire et à entreprendre des actions décisives notamment en faveur de l’effacement de la dette extérieure du pays, rapporte la presse américaine.

A l’initiative d’Alcee Hastings, Représentant de Miramar (Floride), les congressmen ont adressé au locataire de la Maison Blanche une lettre ouverte dans laquelle ils expriment leurs préoccupations face à l’instabilité économique et politique dont souffre Haïti. Ils en ont profité pour solliciter une rencontre avec le Président qui sera consacrée à ce dossier brûlant.

Les pétionnaires ont également souhaité l’intervention de Bush en faveur de l’annulation immédiate de la dette du pays et de l’extension du statut temporaire protégé (TPS) au bénéfice des ressortissants haïtiens vivant en situation irrégulière aux Etats-Unis et menacés de déportation.

"Haïti souffre d’une extrême pauvreté, de la destruction de son environnement, de l’ínstabilité politique et maintenant d’une crise alimentaire en raison des prix élevés des produits provoquant des protestations civiles", écrivent les parlementaires noirs américains en s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles Haïti n’a pas bénéficié de la compassion et de la générosité des Etats-Unis au moment où elle est confrontée à une crise humanitaire.

La semaine dernière, la Chambre des Représentants (Députés) avait approuvé à l’unanimité une résolution demandant à l’administration Bush d’effacer les 48,7 millions de dette d’Haïti envers les Etats-Unis et de s’impliquer totalement dans la recherche de l’annulation de la dette globale du pays estimée à environ 1,5 milliard de dollars. spp/Radio Kiskeya

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Les dirigeants partis contraints de discipliner leurs élus pour former une majorité parlementaire


Le président de la Fusion des Sociaux-démocrates, Victor Benoît, annonce que les consultations réalisées depuis deux semaines par le chef de l’état aboutiront à la désignation d’un nouveau premier ministre à la fin de cette semaine.

Victor Benoît a soutenu qu’au cours des séances de discussions au palais national, le chef de l’état n’avait pas citer de nom d’une personnalité politique pressentie pour occuper le poste de chef du gouvernement. Outre les élus de Lespwa une cinquantaine de parlementaires sont prêts à appuyer la politique du prochain premier ministre révèle M. Benoît rapportant les déclarations des chefs de file des partis représentés au Parlement. " 15 députés et 5 sénateurs de la Fusion appuient les directives du partis", ajoute t-il.

Ce score est le résultat de l’offensive de la direction de la Fusion qui a remis de l’ordre au sein du bloc parlementaire à la chambre basse.

Cependant certains élus de la Fusion tiennent mordicus au groupe Concertation des Parlementaires Progressistes (CPP). Les députés Lamy Jean Pressoir et Ronald Lareche affirment que le bloc de la Fusion a été dissous. " Je n’abandonne pas le parti, mais je suis membre du groupe CPP", lance Ronald Lareche qui critique les exigences des dirigeants de la Fusion.

Victor Benoît qui déplore l’indiscipline de certains élus, reconnaît que la Fusion est en train de faire " l’apprentissage de la démocratie ", Il veut s’armer de patience et investir dans la formation des cadres qui un jour pourront se présenter lors des joutes.

Alors que la Fusion a fixé sa position face à la Concertation des Parlementaires Progressistes (CPP), de fortes interrogations persistent sur le comportement des élus des autres partis membres du gouvernement dont l’OPL, l’Union, Fanmi Lavalas et même Lespwa.

Preuve de la complexité de la situation, le député Enel Apollon ( Lespwa) critique ouvertement le comportement des dirigeants de son parti les qualifiant d’opportunistes.

Tout en renouvelant son attachement au CPP, le député Apollon indique que les dirigeants des partis veulent avoir l’adhésion de leurs élus afin d’obtenir des postes ministériels. " Il n’y a jamais eu de rencontre entre les élus et les dirigeants de Lespwa", martèle t-il fustigeant le comportement des chefs de file des partis.

vendredi 25 avril 2008

Stanley Lucas réclame des discussions entre le chef de l’état et les parlementaires avant la désignation du premier ministre

Stanley Lucas réclame des discussions entre le chef de l’état et les parlementaires avant la désignation du premier ministre

Le directeur exécutif de Washington Democracy Project (WDP), Stanley Lucas, très critique envers le gouvernement de Jacques Edouard Alexis dénonce l’inorganisation et l’inefficience de l’équipe gouvernementale aujourd’hui démissionnaire.

Interrogé sur le choix d’un nouveau premier ministre, M. Lucas croit que les consultations constituent une manifestation de la faiblesse du président. Tout en dénonçant l’opacité du processus de sélection du nouveau premier ministre, M. Lucas estime qu’il faut mettre en place un cadre de dialogue entre le parlement et la présidence.

Les parlementaires ne seraient pas prêts à ratifier un premier ministre proche du chef de l’état selon M. Lucas, pour qui les techniciens tels, Eric Pierre, Philippe Rouzier ou Jacky Lumarck n’ont pas plus de chance. " Il faut de vrais consultations sans coup bas", dit-il s’étonnant de l’absence de consultations entre les chefs de partis politiques.

Tout en craignant de nouvelles manifestations contre la vie chère au début du mois de mai, le directeur de Washington Democracy Project rappelle que le premier ministre aura pour mission de négocier avec les institutions financières internationales. " Les parlementaires veulent défendre les intérêts de la population et analyseront minutieusement la proposition du chef de l’état", déclare M. Lucas rappelant que " la rue" a rejeté l’ancienne méthode de gouvernance.

Intervenant à la rubrique " Invité du jour" de radio Métropole, M. Lucas a dit espérer qu’une personnalité indépendante ayant des capacités technique et politique sera choisie par consensus pour occuper le poste de chef de gouvernement.

En ce qui a trait à l’aspect économique de la crise, Stanley Lucas dénonce la formule du monopole sur l’importation des produits alimentaires qui selon lui est une des causes de la crise. Dans le même temps il salue l’action de la Chambre de commerce qui encourage la libre concurrence. " La vallée de l’artibonite peut produire 300 000 tonnes métriques de riz au lieu de 60 000 si le gouvernement accorde 247 millions de gourdes au lieu de 30 millions aux producteurs", ajoute t-il.

De plus, Stanley Lucas critique l’inaction des hommes politiques qui n’ont pas pu résoudre les problèmes de la société ce qui a entraîné de grandes manifestations de rues.

Il déplore également l’attitude des autorités qui refusent de mettre en place une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur les attaques contre les entreprises. " Ces attaques étaient très sélectives ", lance t-il craignant une répétition de telles exactions.

NOTE DE PRESSE DU BLOC PARLEMENTAIRE DU SENAT DE LA REPUBLIQUE

Le Bloc Parlementaire au Sénat de la République présente ses félicitations au peuple haïtien pour la réponse positive qu'il a donnée à sa demande de trêve formulée la semaine dernière à l'occasion des manifestations, malheureusement ponctuées de violences, organisées en vue de protester conte la passivité du gouvernement Alexis et la misère qui en découle. Cette trêve a permis au bloc majoritaire, composé de 16 Sénateurs d'horizons divers, de renvoyer le Premier Ministre Alexis et son Gouvernement en vue de faire place à une nouvelle équipe gouvernementale avec une vision et une politique calquées sur les revendications les plus urgentes du peuple haïtien.

L'heure est a l'urgence. Le peuple ne peut plus attendre. Le Président de la République, le parlement et les autres acteurs politiques se doivent de se mettre au travail en toute célérité en vue de doter le Pays de ce nouveau gouvernement dont la mission consistera en la mise en application d'une nouvelle qui puisse, à la limite de nos ressources, satisfaire les desideratas légitimes. Ces revendications s'articulent autour de la lutte contre la misère et la faim, la baisse du coût de la vie, la lutte contre le chômage et la corruption, la relance de la production nationale etc.

Le Bloc majoritaire au Sénat de la République se tient à la disposition du Président de la République en vue de contribuer à doter le Pays rapidement d'un nouveau gouvernement. Les 16 Sénateurs Membres du Bloc sont prêts à accomplir leur mission constitutionnelle tel que stipulée par les articles 157 et 158 de la Constitution de 1987 traitant de la ratification d'un Premier Ministre et de l'approbation de sa politique générale.

Par ailleurs, les 16 Sénateurs en appelant à la vigilance du Président de la République et des autres institutions de contrôle de l'Etat pour que les mesures administratives et financières prises pendant la période de « Liquidation des affaires courantes » soient conformes aux lois en vigueur sur la comptabilité publique.

Pour le bien du Pays, il est impératif que cette période de liquidation des affaires courantes par le gouvernement, n'aille pas au-delà de cette semaine. Le Bloc majoritaire est prêt à jouer sa partition pour parvenir à cette fin. Nous ne faisons qu'attendre le signal du Président de la République.

Port-au-Prince, le 21 avril 2008

Suivent les signatures :

NOMS ET PRÉNOMS

Sénateur Rudy HERIVEAUX
Sénateur Youri LATORTUE
Sénateur Evallière BEAUPLAN
Sénateur Fritz Carlos LEBON
Sénateur Edmonde Supplice BEAUZILE
Sénateur Evelyne B. CHERON
Sénateur Ricard PIERRE
Sénateur Mélius HYPPOLITE
Sénateur Jean Joseph PIERRE LOUIS
Sénateur Judnel JEAN
Sénateur Jean Gabriel FORTUNE
Sénateur Michel CLERIE
Sénateur Andris RICHE
Sénateur Eddy BASTIEN
Sénateur François Fouchard BERGROME

jeudi 24 avril 2008

Résume de la situation politique du 24 Avril: Hier, aujourd'hui, demain

Stanley Lucas: centurionlucas@ gmail.com

Quelques amis m'ont demande de résumer pour eux la situation politique et de dégager un peu ce qui peut se passer dans l'avenir immédiat. Quatre points peuvent être développés, chacun de ces quatre points peut faire l'objet d'un texte, ce que je ne ferai pas aujourd'hui

  1. Leçons des derniers événements
    • Les élus (Parlement, Président) ne s'entendent pas sur les besoins du peuple a satisfaire: le peuple est dans les rues;
    • Les décideurs, les décision makers ne sont pas a la hauteur de la tache: la rue décide (en apparence)
    • Les instances préposées aux renseignements sont inopérantes sinon inexistantes: de nombreux dérapages sont enregistrés
    • L'enquête demandée surtout par le secteur prive n'est pas envisage par les autorités compétentes qui se contentent de demander aux victimes de porter plainte;
    • La vie chère en Haïti se résume a une question de riz. Tant mieux!
    • Les agressions ont été sélectives surtout à Delmas et à Pétion ville
    • La responsabilité dans cette affaire n'incombe a personne. Ponce pilatisme!
    • Les règles d'engagement de la MINUSTAH: ses relations avec le gouvernement haïtien?
    • Il n'y a aucune raison que ces événements ne se reproduisent pas dans un futur proche
  2. L'expérience du gouvernement Alexis
    • Des le départ le Président et le PM ne sont pas sur la même longueur d'onde. Déclarations et pratiques contradictoires
    • Relations difficiles entre ces deux grands acteurs
    • Méconnaissance des rôles
    • Equipe gouvernementale hétérogène
    • Absence d'agenda de la présidence et de la primature
    • Inorganisation et inefficacité du bureau du premier Ministre
    • Conseil des ministres: une comédie
    • Résultat mitige du CSPN sous la houlette du PM Alexis
    • Relations avec le parlement: scandale et corruption

Conclusion: Jacques Edouard Alexis a choisi de sortir par la petite porte arrière du Parlement

  1. Le choix du nouveau premier Ministre
    • Faiblesse du président qui perd la grande latitude dont il a bénéficié lors du choix de JEA ;
    • Faiblesse des partis politiques qui ont participé et échoué avec le gouvernement de JEA
    • Tension sinon rupture entre l'état major des partis politiques et les élus de ces paris au parlement qui demandent de négocier directement avec le président la formation du nouveau gouvernement
    • Après une accalmie, le palais national redevient le lieu de discussions informelles sur la formation du gouvernement après l'avoir été pour les élections, la constitution, les collectivités territoriales, l'éducation, la double nationalité, la corruption, la contrebande, la vie chère, etc.
  1. L'avenir
    • Le désespoir après LESPWA
    • Le triomphe de l'ignorance, la stupidité, l'entêtement sur le courage politique de provoquer des ruptures salutaires
    • L'accumulation continue de capital par le groupe au pouvoir, accumulation masquée par la lutte contre la corruption
    • Amendement ou changement (tentative de coup d'état, augolpe, par Préval) de la constitution vs. maintien du statu quo
    • La réélection de Préval ou l'apparition d'une nouvelle force politique sur le terrain politique
    • Le pouvoir a Aristide (a son groupe) ou respect des règles du jeu politique
    • Le cote positif des événements inévitables, nécessaires même, porteurs d'un changement ou d'un développement politique.

Jean-Bertrand Aristide choisit Yves Crystalin pour représenter Fanmi Lavalas aux négociations.....

Jean-Bertrand Aristide choisit Yves Crystalin pour représenter Fanmi Lavalas aux négociations pour la désignation d’un nouveau Premier Ministre

L’ancien président Jean-Bertrand Aristide aurait désigné Yves Crystalin pour représenter Fanmi Lavalas aux pourparlers pour le choix d’ un successeur à Jacques Edouard Alexis, renvoyé le 12 Avril dernier par un groupe de 16 sénateurs, c’est ce qu’a révélé un haut cadre de Fanmi Lavalas.

Cette même source qui a requis l’anonymat a par ailleurs précisé que M. Aristide a passé des instructions afin de recoller les morceaux du parti, divisé depuis son départ pour l’exil en février 2004. Le représentant National de Fanmi Lavalas a en ce sens appelé à la formation d’un comité d’urgence qui aura notamment pour mission de « gérer la crise au sein de cette formation politique ».

Cette structure ad hoc dont la présentation officielle aura lieu sous peu, sera composée des dirigeants des cellules de base, des représentants régionaux et des cadres du parti tels : Yvon Neptune, Yves Crystalin, Annette Auguste et René Civil.

Pour donner une assise légale à cette équipe, un nouveau congrès national aura lieu très bientôt, a ajouté le dirigeanta même source.

La source a indiqué qu’une réunion a eu lieu avec les députés élus sous la bannière du parti mardi toujours dans la perspective de restructurer le parti et de mettre ces derniers au courant des nouvelles décisions arrêtées. Cette source a d’un autre côté déclaré que Rudy Hériveaux n’était pas le représentant national a.i du parti, comme il le prétend, soulignant que ce titre ne peut s’obtenir qu’au terme d’un congrès national, réunion qui n’a pas eu lieu.

Néanmoins cette source s’est déclarée reconnaissante envers le sénateur de l’Ouest en particulier «pour les sacrifices consentis afin de raffermir le parti ». Voilà pour quoi « les portes du comité lui seront grand-ouvertes ainsi qu’aux autres membres du parti », a renchéri ce responsable de Fanmi Lavalas.

Il est à noter que Yves Crystalin avait une fois de plus représenté le Fanmi Lavalas à la réunion qui s’est tenue hier soir (mercredi) au Palais National dans le cadre des consultations pour le choix d’un nouveau chef de gouvernement.

Jacklin Jean Paul
Jpjacklin2004@yahoo.fr
jjpprods@yahoo.fr
mercredi 23 avril 2008

Miguel Angel Moratinos arrive à Port-au-Prince jeudi

Rencontre bilatérale avec le Président René Préval et attribution de distinctions aux membres du contingent espagnol de la MINUSTAH au menu de cette visite historique du chef de la diplomatie espagnole

mercredi
23 avril 2008,

Radio Kiskeya

Le ministre espagnol des affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, est attendu jeudi à Port-au-Prince où il aura des entretiens sur des questions bilatérales avec les autorités haïtiennes, dont le Président René Préval, et décernera des distinctions au contingent espagnol de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH).

Selon des sources diplomatiques espagnoles citées par l’agence EFE, Moratinos, qui entreprend un périple en Amérique latine, sera le premier chef de la diplomatie de son pays à visiter Haïti qui fut longtemps colonisée par le Royaume d’Espagne avec l’arrivée de l’expédition de Christophe Colomb en ...1492.

Outre le chef de l’Etat haïtien, le dirigeant espagnol rencontrera le Premier ministre démissionnaire Jacques-Edouard Alexis, les présidents du Sénat, Kelly Bastien et de la Chambre des Députés, Pierre Eric Jean-Jacques de même que le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU, Hédi Annabi.

Il est aussi prévu un tête-à-tête avec le Secrétaire général de l’OEA, José Miguel Insulza, également en visite à Port-au-Prince.

Dans un entretien téléphonique à EFE, l’ambassadeur espagnol en Haïti, Juan Fernàndez Trigo, a indiqué qu’en dépit des graves troubles sociaux que des protestations contre la faim ont récemment provoqués dans le pays, Miguel Angel Moratinos a décidé de "maintenir sa visite à Port-au-Prince avec encore plus de motivation". Le diplomate souligne l’intérêt du chancelier à "démontrer l’appui de l’Espagne à Haïti".

Dans la foulée, il a précisé que les fonds destinés à des projets de la coopération espagnole en Haïti se chiffrent à environ 25 millions de dollars et se sont multipliés par 30 depuis 2003. Pour M. Trigo, cela prouve "la volonté de Madrid de faire profiter Haïti de la coopération comme le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental". 40% de l’aide est consacrée à des projets éducatifs en raison de leurs effets multiplicateurs.
"Il y a une volonté d’être aux côtés du peuple haïtien dans ces moments difficiles", a expliqué Juan Fernàndez Trigo qui a ajouté que le ministre Moratinos profitera de son passage à Port-au-Prince pour renouveler son soutien au contingent espagnol de la Police des Nations Unies (UNPOL), l’une des composantes de la MINUSTAH. Ainsi, plusieurs des 50 policiers et agents de la garde civile déployés sur le terrain seront décorés parce qu’au cours de leur mission ils ont "mis en danger leur sécurité et leur intégrité".


Après Haïti, le chancelier espagnol poursuivra sa tournée régionale en se rendant successivement au Pérou, en Argentine et au Brésil. spp/Radio Kiskeya

Le Secrétaire général de l’OEA conduit jeudi une mission internationale en Haïti

José Miguel Insulza et des représentants notamment des Etats-Unis, de l’ONU et de l’UE entendent réaffirmer l’appui de la communauté internationale aux autorités haïtiennes confrontées à une grave crise alimentaire

mercredi 23 avril 2008,
Radio Kiskeya

Le Secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), José Miguel Insulza, arrive jeudi à Port-au-Prince à la tête d’une mission de haut niveau en vue d’exprimer au gouvernement haïtien le soutien des institutions internationales et des pays du Groupe des amis d’Haïti devant la grave crise alimentaire qui avait plongé le pays dans une impasse politique.

Selon un communiqué de l’OEA rendu public à Washington, la délégation comprendra d’importants représentants des Etats-Unis, du Canada, du Mexique, de l’Argentine, du Brésil, de l’Union européenne et un envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.

Des discussions avec le Président René Préval et son Premier ministre démissionnaire Jacques-Edouard Alexis sont notamment annoncées José Miguel Insulza a estimé que l’Exécutif haïtien présidé par René Préval "contrôle pleinement la situation et réalise des consultations avec les forces politiques en vue de la désignation à brève échéance d’un nouveau Premier ministre" suite à la décision, le 12 avril, du Sénat de destituer Jacques-Edouard Alexis au milieu d’une violente tempête sociale contre l’escalade des prix.

Toutefois, le numéro un de l’organisation hémisphérique insiste sur la nécessité pour la communauté internationale de rendre sa coopération avec le peuple haïtien effective dans un court délai. "La solidarité doit s’exprimer rapidement et l’envoi d’aliments est urgent pour que le gouvernement puisse faire face à ce problème", a estimé M. Insulza qui avait dirigé une réunion du Groupe des amis d’Haïti peu après les événements dramatiques qui avaient secoué Port-au-Prince et plusieurs autres villes les 8 et 9 avril derniers. Le diplomate chilien avait alors regretté l’effet dévastateur des prix du pétrole et des aliments sur les "avancées importantes" qu’Haïti avait, selon lui, réalisées dans la lutte contre la violence, en faveur du développement et du renforcement institutionnel.

L’OEA rappelle que son objectif est d’aider le peuple et le gouvernement d’Haïti afain d’éviter que la crise ne s’amplifie. Le Secrétaire général adjoint de l’organisation, Albert Ramdin, a enfin affirmé qu’il existait en Haïti "une situation d’urgence et non une crise politique".

Très présente dans la succession de crises qu’a connues le pays ces dernières années, l’Organisation des Etats américains avait joué un rôle de premier plan dans le processus électoral de 2006 qui allait porter René Préval au pouvoir pour un second mandat. spp/Radio Kiskeya

La MINUSTAH le dindon de la farce?


Stanley Lucas

Dans les pays en crise lorsque la communaute internationale intervient sur demande des autorites locales, elle se doit de respecter neuf principes pour reussir.

1. Les autorites locales doivent voir le developpement comme leur affaire, leur responsabilite. Les initiatives de developpement locales doivent repondre aux besoins des citoyens du pays. Ce que veulent les citoyens Haitiens, c'est ce qui est important puisque cela a rapport a leur propre developpement, leur propre avenir et non celui de la communaute internationale. Cette communaute internationale ne peut qu'accompagner les Haitiens. La MINUSTAH a viole ce principe, particullierement les employes de la MINUSTAH qui sont les anciens membres de la MICIVIH qui pensent pouvoir remplacer les Haitiens.

2. Renforcer la capacite locale par le transfert des connaissances et la promotion de politiques appropriees. Le renforcement des capacites passe par le renforcement des connaissances individuelles et des institutions qui developperont les moyens de preparer et d'executer des politiques et delivrer les services a la population. C'est la seule facon de garantir la bonne gouvernance, de recevoir et d'absorber l'aide internationale et d'attirer les investissements. La communaute internationale a totalement neglige cet aspect et la encore vu le profil des acteurs internationaux les plus actifs en Haiti, ils se prennent pour les autorites et les investisseurs locaux. Cemme cette employee internationale en Haiti qui a la fois travaille pour une institution internationale et investit dans le biodiesel. Conflit d'interet?

3. Developpement Durable: preparer les programmes et projets d'une facon qui garantit que leurs impacts dureront au dela des dates d'achevement. Le developpement durable doit toujours assurrer une balance entre le developpement economique, le developpement social, la democracie et la bonne gouvernance. Ils doivent aussi condiderer si la technologie, institutions ou services qu'ils introduisent dans la societe auront un effet durable. Au regard des projets executes la communaute a rate ce train en Haiti. Je vous invite a lire mon article sur la debacle de l'aide internationale en Haiti en cliquant sur:
http://solutionshai ti.blogspot. com/2007/ 01/international -aid-debacle- how-to-get. html

4. Selectivite: L'investissement des ressources disponibles de la communaute internationale est en general base sur trois notions: aide humanitaire, les interets de politique etrangere, et l'engagement et la promesse des autorites du pays pour conduire les reformes necessaires. En general les ressources de la communaute internationale sont utilisees dans des interventions qui auront un impact, actuellement ce n'est pas le cas. Preval comme populiste s'oppose aux reformes et a l'institutionalisatio n de la democratie. Les slogans ont remplace les politiques, lutte contre la corruption, modernisation de l'etat, lutte contre la drogue, production nationale...

5. L'evaluation: L'une des taches les plus importantes avant de preparer un programme d'assistance a un pays est de faire une evaluation serieuse de la realite locale. Pliusieurs facteurs doivent etre consideres: Est-ce que le plan de reconstruction rejoint les realites de terrain? Quelles sont les meilleures pratiques existantes pour chaque intervention? Quelle est la capacite de cette societe pour recevoir des montants volumineux d'assistance? En 2007 la BID avait mis US$475 millions a la disposition du ministere des travaux publics, apres huit mois de l'annee fiscale le ministere avait depense seulement 8% de son propre budget. Pathetique dans un pays qui a autant de besoins.

6. Les resultats: Des ressources doivent tres disponibles pour atteindre des objectifs definis, mesurables et strategiques. Avant meme de rentrer dans un pays la communaute internationale doit determiner les objectifs strategiques que le pays a et considerer le meilleur moyen d'atteindre l'impact desire. Quel type de programme et de ressources permettront d'atteindre ces resultats? Determiner les indicateurs permettant de mesurer si ces programmes sont en train d'avoir l'impact desire. En ce sens le gouvernment Haitien a un role central qu'il refuse de jouer, certains acteurs internationaux en profite pour faire ce qu'ils veulent. Resultat? Rien n'est vraiment delivre a la population le pouvoir et ses amis traditionels du secteur prive, le secteur des monopoles, sont les seuls beneficiaires

7 Partnership: La collaboration entre le gouvernement, les donateurs internationaux, le secteur prive, les ONG est vitale. Ce partnership est un element central pour la reussite. En Haiti ce partenariat n'existe pas, ce qui est en place est plutot virtuel. Un petit groupe du secteur prive proche du president definit le partnership. Seulement les membres du club sont acceptes, la politique du mounpaisme est strictement appliquee.

8. La flexibilite: qui doit s'adapter aux conditions changeantes, pour prendre avantage des opportunites et garantir l'efficacite n'existe pas

9. Responsabilier, rendre des comptes: Mettre en place un systeme pour responsabiliser ceux qui sont aux commandes permet de construire un systeme de controle et de verification pour prevenir la corruption. Personne n'est responsable en Haiti, c'est la politique du se pa fot mwen

Tout ceci pour dire que l'assistance internationale en Haiti n'est pas efficace. Le gouvernement Haitien depuis 1994 est en train de rater des opportunites d'assistance qui seront rares dans le futur. Lavalas/Lespwa qui ont sollicite l'assistance massive militaire et economique de la communaute internationale en Haiti l'utilisent adroitement pour proteger leur projet impopulaire qui n'est pas national qui garantira leur perennite au pouvoir. Le maintien au pouvoir de Lespwa/lavalas pour cinquante ans semble est le plan national de developpement de Preval et d'Aristide. La communaute internationale donne l'impression d'accompagner ce projet au detriment du peuple Haitien. Ce qui rend frustre une grande majorite des secteurs de la societe Haitienne. La derniere note de presse de l'OEA annoncant la visite d'Insulza confirme cette perception. Pourlire la note cliquez sur:
http://groups. google.com/ group/haitipolit ics/web/secretar y-general- leads-high- level-oas- delegation- to-haiti- on-thursday? hl=fr

Preval, dans sa vision, sait que la communaute internationale n'a qu'une option supporter TOUT ce qu'il fait puisque c'est lui qui a sollicite sa presence. Malgre l'urgence de la situation il fait durer le plaisir. La vie chere continue d'augmenter, vingt Haitiens a la recherche de meilleures conditions economiques sont morts en mer, les Haitiens s'appretent a reprendre les manifestations de rue le 1 mai, jour du travail, Preval sait que les troupes de la MINUSTAH sont la pour sa protection, le 15 mai est sa date limite. Le pays pourra-t-il attendre jusqu'au 15 Mai? Les manifestations qui s'annoncent depasseront l'ampleur du 7 Fevrier 1986 et annonce le chaos si un premier ministre de consensus, et non un valet de Preval, n'est pas nomme avant.

Entre un gouvernement qui a sollicite sa presence sur le sol Haitien, la mauvaise gestion de l'aide, la communaute internationale se trouve entre l'enclume et le marteau en Haiti. Elle se trouve entre un gouvernement impopulaire qu'elle supporte aveuglement et une polulation aux abois qui l'associe aux interets de ce gouvernement qu'elle deteste. Ca va etre le moment des choix. La MINUSTAH sera-t-elle le dindon de la farce?