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lundi 30 juin 2008

Cap-Haïtien : Nette amélioration du climat de sécurité. Des policiers plaident en faveur de l’Inspecteur Camille.



Par Cyrus Sibert

reseaucitadelle@yahoo.fr
www.reseaucitadelle.blogspot.com

La sécurité s’est renforcée dans la cité Capoise. Environ un mois après la vague de kidnapping qui a provoqué peur et stress au niveau de familles, la vie nocturne est relancée. Le nombre des personnes dans les rues est en nette augmentation. Très tard dans la nuit, les jeunes s’amusent comme d’habitude. Il est possible de se rendre dans les différentes communes avoisinantes après le coucher du soleil.


Les multiples interpellations, les arrestations de criminels connus ou suspects restaurent - un peu - la confiance. Pour preuve, les fêtes patronales de Trou du Nord, de Limbé et de Terrier-Rouge respectivement les 24, 29 et 30 Juin sont une réussite. Le Quartier Sainte- Philomène vient de réussir la première édition de son festival culturel. Toute la nuit les jeunes ont dansé sous les yeux d’une patrouille policière. La PNH a passé son test. Des milliers de Pèlerins avaient fait le déplacement : la visite des Hauts Responsables de la PNH dans le Nord n’est pas sans effets positifs.


Des policiers ont été convoqués à Port-au-prince. Ils sont placés en isolement par l’Inspection Générale - la police des policiers. Ils ont été dénoncés par le kidnappeur Jean Reynald Hilaire alias Jean-Jean Cassé-Roche, dès son arrestation. Ces policiers répondent aux prénoms de Guillaume, Danley et Camille. Guillaume s’étant réfugié aux Etats-Unis, deux policiers sont actuellement à la capitale dans le cadre de l’enquête sur le kidnapping.


Si pour le premier les accusations sont de plus en plus sérieuses, pour le deuxième, il y a des pistes intéressantes. Quant au troisième un flou. Ce qui s’explique par le fait que Guillaume, le principal corrompu contre qui un mandat d’amener est décerné, aurait l’habitude de vanter ses contacts avec les responsables du service d’Investigation du Commissariat de la ville du Cap-Haïtien : Ne vous en faites pas, nous maîtrisons Camille, il n’y aura pas de problème. De ces allégations, les bandits déduisent que l’Inspecteur Camille, Chef du Service d’Investigation du Commissariat du Cap-Haïtien est dans le coup.


Les témoignages en faveur de Camille sont nombreux. Les policiers jurent sur son honnêteté et surtout sur sa prudence : Camille est tellement prudent qu’on n’arrive pas à comprendre son implication dans le kidnapping. D’ailleurs, il n’a pas grandes choses. Il mène une vie modeste. Il serait victime de son comportement trop prudent à ne pas s’immiscer dans les dossiers contrôlés par les hommes de la SDPJ. D’où la quiétude d’esprit de Guillaume pour donner des garanties aux bandits qui logiquement en déduisent l’implication de Camille dans le kidnapping.


On se pose des questions sur le mode d’organisation de la PNH. Comment un policier responsable du Service Départemental de la Police Judiciaire (SDPJ) peut-il facilement neutraliser les services d’investigation des commissariats municipaux ? Alors que classiquement, plusieurs enquêtes parallèles et cloisonnées sur un même dossier aident à éclaircir les points d’ombre et à avoir une meilleure analyse de la situation, pourquoi le Haut Commandement de la PNH n’avait-il pas réclamé les rapports d’enquête des Commissariats ? Y a-t-il disfonctionnement au niveau du système, erreurs, faute de suivi, pour ne pas dire implication d’officiers de haut rang dans les kidnappings orchestrés dans le Nord ?


Nous savons que souvent, il y a cette tendance à rançonner les gens du Nord. Au temps d’Aristide, des hommes du Palais National organisaient de fausses opérations anti-drogue avec comme objectif : extorquer de l’argent des mains des commerçants du Nord. Les gens ont été arrêtés, puis libérés contre de fortes sommes d’argent, alors qu’ils continuent de voyager tranquillement au Etats-Unis sans aucun problème avec la police antidrogue américaine DEA.


Les policiers du Commissariat municipal de Cap-Haïtien espèrent que l’enquête aille jusqu’au bout pour mettre un terme aux rumeurs leur qualifiant tous de corrompus impliqués dans le kidnapping. Ils ne souhaitent pas de transfert, car pour ceux qui sont originaires du Nord, tout transfert équivaudrait à une affirmation, une condamnation. Le policier et toute sa famille subiraient la vindicte populaire suivie de sanction sociale. Policiers, ils s’attendent à des transferts, mais pas dans ces circonstances.


Pour le moment le juge Heidi Fortuné fait son travail. Un mandat d’amener a été lancé contre Guillaume Dieuveuil. Tous les indices sont convergés contre lui. D’autres mandats seront décernés. Le kidnappeur Jean-Reynald Hilaire alias Jean-Jean Cassé-Roche a été jugé le mercredi 25 juin 2008 pour son implication dans un autre kidnapping. Il est condamné à perpétuité.


Aux autorités pénitentiaires de bien garder ces criminels, à la Direction Générale de la PNH de tenir ses promesses, pour que le calme régnant soit pérenne.


Cap-Haïtien, Haïti
30 Juin 2008.
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samedi 28 juin 2008

Analyse hébdomadaire du Doyen Gérard Etienne


LA REVOLUTION (TRANQUILLE) HAITIENNE (186)
RENE PREVAL OU LE CLOWN PRIS DANS SON PRPRE PIEGE. (Version finale)

(Semaine du 2 juillet 08)

Dr Gérard Etienne.

Ce que nous, les analystes de l’extérieur avaient prévu s’est produit exactement de la même façon que nous avions anticipé les évènements. Les parlementaires de la chambre basse viennent de rejeter par une majorité confortable le premier ministre désigné par René Préval. Ce geste honorable relève non seulement le prestige des représentants du peuple, mais vient de porter un coup fatal contre le terrorisme qui a failli s’installer pour toujours au Palais national. Car nous avons bien affirmé qu’avec un élément comme Robert Manuel, flanqué de ses lieutenants qui ont connu la prison pour activités criminelles, le peuple entier aurait été exposé à des bandes de terroristes qui auraient employé tous les moyens pour les empêcher de manifester contre la faim qui leur ronge les entrailles, d’une part. D’autre part les parlementaires ont signé l’acte le plus noble auquel on aura assisté ces dix-huit dernières années. Au fond en rejetant la désignation de Robert Manuel, ils ont ainsi rabroué toute une équipe de bourgeois véreux qui s’apprêtaient à dicter au Monarque les mesures à prendre afin de leur garantir le monopole des produits de consommation, quitte à augmenter le prix pour les rendre inaccessibles aux masses. Sans parler de la tribu même de ce premier ministre. Autant celle d’Alexis contrôlait la machine gouvernementale et une bonne partie du parlement, autant l’équipe de Manuel se voyait déjà investie du pouvoir absolu, celui de poursuivre de plus bel le terrorisme à travers le territoire et d’amasser des fortunes colossales pour se payer villas et citadelles en dehors du pays.

Ceci étant disons-le crûment : Préval et Alexis souffrent d’une démangeaison en pensant même à l’institution parlementaire. Toute leur stratégie, camouflée ou non consistait è renvoyer des élus du peuple dans leurs circonscription loin d’une capitale où ils pourraient s’adresser au peuple par la voie des médias. D’ailleurs on l’a constaté dès l’instant où le Monarque a fait savoir qu’il a désigné Robert Manuel comme PM. On a assisté à toute une levée de boucliers relativement à la participation active de ce monsieur aux opérations Bagdad 1 (plus d’un millier de morts) et au meurtre du colonel Jean Lamy. Or Préval était bien au courant de la feuille de route de Robert Manuel. Il savait pertinemment que ce monsieur n’était pas un saint, qu’il n’allait pas prendre la tête du gouvernement comme un démocrate convaincu des droits de la personne. Et pourtant il voulait l’imposer comme le Roi devant lequel même les plus grandes forces de la terre doivent se courber, il était convaincu de la vassalisation des. Députés.

A nos compatriotes qui nourrissent encore l’idée que René Préval représente un personnage prêt à respecter le jeu démocratique, disons que le frère jumeau d’Aristide est lui aussi un malade dont la FORCE réside dans le pouvoir absolu. Auquel cas il n’a jamais voulu FESPECTER LE REGIME PARLEMENTAIRE (nous soulignons) Il n’a jamais voulu selon la constitution un pouvoir qui serait presqu’au même niveau de l’exécutif dans la mesure où les mécanismes de l’État relèvent de ses mesures et de ses lois. Qu’on se souvienne de ses coups de massue en 1998. Pourtant il n’a pas organisé d’élections législatives en 1999. Et le même scénario va se répéter en 2009 et encore de façon plus tragique car ce monsieur a une peur bleue des élections indirectes qui risquent de lui flanquer au visage des citoyens qui n’appartiennent pas au club de Bourdon. Voir des seconds Sénateur qui ignorent les magouilles de ceux qui ont refusé de voir clair dans le jeu sinistre du Président proclamé et de ses domestiques. Dns la même optique, grisé par le pouvoir totalitaire, grisé par le pouvoir absolu, Préval s’en fout éperdument et d’un PM indépendant et d’un pouvoir législatif indépendant. L’obsession maladive de l’homme, c’est d’avoir à ses pieds les représentants du peuple qu’il fera tourner en bourrique quand il voudra faire adopter des lois ou des mesures favorisant la vente de la cocaïne ou d’autres combines qui mettent en péril la production nationale des biens et services. Somme toute dans cette conjoncture, vu la mise hors jeu de Préval, on peut se demander quels rôles peuvent encore jouer Erick Pierre ou Alexis en vue de dénouer l’impasse.Ces rôles doivent être relativisés même si nous savons que là où il se trouve l’ancien PM continue à manœuvrer et de main de maître. Préval pensait qu’en le destituant, il allait se débarrasser d’un éventuel candidat à la présidence. Qu’à cela ne tienne! Autant Alexis peut se vanter d’avoir à sa disposition des parlementaires loyaux autant il a sur le terrain des groupes d’hommes prêts à tout pourvu que LUI, chef puisse parvenir au haut de la pyramide. Et la question brûlante peut se poser : qui peut provoquer le départ de Préval?

Disons d’emblée que pas un chef d’État n’est en mesure de maîtriser LES CONTRADICTIONS (nous soulignons) dans lesquelles il se trouve. Ces contradictions sont de tous ordres. Sur le plan intérieur, elles sont significatives en ce sens qu’elles sont groupées sous la dénomination des partis de masses ou, dans certains cas d’organisations populaires. D’obédience aristidienne, ces groupes animés par les discours incendiaires de Sôr Anne et de Gérard Jean Juste croient dur comme fer au retour de JB Aristide. Aussi ne reculeront-ils pas devant aucun acte terroriste, comme ils l’avaient si bien fait de janvier 1991 à septembre 1991, actes terroristes que même l’impérialisme américain avait cautionnés en retournant le prophète encadré de 23000 yankees bien armés. Nul doute que ce groupe d’Aristide est bien représenté dans la fonction publique et prête bien ses services aux fauteurs de troubles. Mais il y a encore d’autres groupes qui font la pluie et le beau temps sur la terre de Dessalines. On connaît bien leur leader : Gabriel Valdès. Cet homme n’est pas étranger à l’installation des médecins cubains sur le terrain et qui ont organisé les élections présidentielles selon l’ordre reçu de la Havane. C’est eux qui ont proclamé les résultats présidentiels. Il faut noter que les votes ont été sabotés dans les circonscriptions et que les relations entre Alexis et Aristide ont favorisé le processus. Où sommes-nous et où allons-nous?

Où allons-nous.

D’abord une mise en garde aux parlementaires. A la suite de l’acte héroïque qu’ils viennent de poser, c’est-à-dire affronter la fureur criminelle d’un terroriste déguisé en homme d’État, ils doivent prendre toutes leurs précautions pour ne pas se faire déchirer par des tigres à la solde des hommes de pouvoir. Ils gagneraient plutôt à se retirer dans leurs circonscriptions où ils auront la certitude d’avoir devant leurs portes des patriotes pour les protéger. Ensuite le jeu paraît très complexe. Autant nous avions prévu avec objectivité l’échec de Préval, et à plus forte raison, celui de son poulain Bob Manuel, car il y tenait comme la prunelle de ses yeux, autant le départ de Préval est pour nous une équation à plusieurs inconnues. Au pays, il n’y a pas UNE FORCE D’OPPOSITION en mesure d’affronter le mouvement lavalasse, mais DES FORCES d’opposition si, elles ne sont pas aristidiennes, sont terroristes sous la baguette magique des Manuels et Cie. Nous prévoyons même un affrontement sanglant entre ces groupes même si objectivement leurs intérêts ne sont pas opposés. Sauf qu’à l’extérieur le problème devient encore plus compliqué. En effet devant un tel désordre Washington aurait longtemps montré son bâton. D’autant plus que les Yankees ont déjà réalisé une bonne partie de leur agenda qui consiste à DIABOLISER (nous soulignons) le Chef. Mais l’oncle Sam se trouve devant l’alternative suivante : Ou, en voulant régler seul, la situation chaotique d’Haïti, il s’aliène l’Amérique du Sud en froissant la subtilité des sud-américains à un moment où la classe dirigeante du Bréail veut devenir le pôle de l’Amérique du Sud face à un Hugo Chavez dont l’ultime ambition est d’avoir le leadership du continent pour la possession de la grande Colombie. Ou encore : quelle sera la politique, dans la crise actuelle, des diplomaties étrangères accréditées à Port-au-Prince? Est-ce possible qu’ils se laisseront berner par la désinformation lavalassienne qui jettera tout le blâme sur des parlementaires qu’il jugera indignes d’occuper un poste aussi prestigieux. Seul le déroulement des événements d’ici les prochains jours fourniront pas mal d’éléments de réponse,

Dr Gérard Etienne

JUSTICE À LA VÉRITÉ


L’année judiciaire qui se termine augure un avenir sombre pour la magistrature qui se trouve à un virage déterminant de son histoire. Sans des interventions urgentes et courageuses, tous les efforts déjà réalisés seront vains et sans lendemain. La sécurité juridique et judiciaire est la pierre angulaire de l’Etat de droit et d’une économie porteuse de perspective réelle de croissance. Elle fait cruellement défaut en Haïti. Pour l’instaurer, il incombe au gouvernement d’appliquer au plus vite, sans complaisance ni tracasserie, les lois de réforme dont l’un des objectifs est d’assurer aux magistrats des conditions de vie et de travail qui garantissent leur liberté de conscience et l’exercice de leur mission en toute indépendance.

Les préalables à l’amélioration durable d’une bonne distribution de la justice sont loin d’être entièrement remplis. En fait, les fondations ont juste été posées, sur un terrain non encore défriché. L’application des prérogatives et l’installation des structures issues des lois de réforme ne sont pas encore effectives. Six mois sont déjà écoulés depuis leur ratification par le Parlement et leur publication au journal officiel de la République par le Chef de l’Etat. Tout ceci démontre éloquemment que la justice n’est pas une priorité pour les grands décideurs de la nation. Mais, fort heureusement, nous n’allons pas céder au découragement. Les risques et les sacrifices que nous avons consentis se sont révélés bénéfiques. Ils permettent que nous puissions aujourd’hui, plus qu’hier, envisager l’avenir avec assurance, et en nous-même, avoir à nouveau confiance.

Il est temps que la réforme judiciaire cesse d’être un projet pour devenir une réalité. Il est temps que cesse l’ironie du sort qui veut qu’aujourd’hui dans ce pays le criminel, parce que riche ou politiquement bien connecté, attende un verdict favorable que la victime, car démunie, peu connue ou sans possibilité de trafic d’influence. Il est temps que les Doyens et les Commissaires du gouvernement, tentés par l’appât du gain facile, cessent de libérer les narcotrafiquants contre qui les indices de culpabilité sont concluants et les charges plus qu’accablantes. Il est temps que les citoyens soient rassurés que devant le juge, seuls comptent les faits et le droit, et nullement la couleur politique ou la condition sociale. Il est temps que les décisions de justice redeviennent justes. Il est temps que la Direction Générale de la Police Nationale et la Secrétairerie d’Etat à la Sécurité Publique cessent de jeter l’anathème sur la justice pendant que bon nombre de policiers, principalement les responsables d’investigation, sont intimement liés à des poches d’enlèvement ou les dirigent directement en toute quiétude. La police a pour mission de protéger et servir la population et non de s’associer aux kidnappeurs, aux malfaiteurs, aux bandits qui sèment la terreur et le deuil dans les familles haïtiennes.

En dénonçant ces faits, nous faisons justice à la vérité. C’est facile de critiquer les juges quand les dossiers sont délibérément trafiqués ou que les enquêtes policières, d’avance, sont bâclées ou faussées. Nous ne nous faisons pas l’avocat du diable, sachant ce dont il est capable, et sur ce, la ligne de démarcation mérite d’être rapidement tracée. Comme dans tous les corps, on trouve dans la Magistrature haïtienne, de la bonne graine et de la mauvaise ivraie. Il n’est donc pas acceptable que cette dernière ternisse l’image de toute une corporation. En aucune façon, l’impunité, l’immoralité et la corruption ne doivent être tolérées. Ceux-là qui utilisent la justice à des fins mercantiles doivent être sévèrement sanctionnés, et à ce sujet, nous sommes pour la révision de la loi pénale, afin de la rendre plus dissuasive, notamment, par un relèvement des peines quand le justiciable est un préposé de l’Etat. Sans repères moraux clairs, le progrès n’est pas possible.

C’est le moment pour nous de blâmer également l’Exécutif et le Législatif. Le premier, pour ne pas instaurer la paix sociale, et particulièrement, solutionner le problème de la cherté de la vie. Le second, par son improductivité législative, a démontré qu’en Haïti le régime parlementaire n’a aucune valeur. Ces soi-disant élus du peuple n’ont fourni au pays aucun instrument juridique nécessaire à une gouvernance compatible avec les aspirations de leurs mandants. De nombreuses réformes sont cependant nécessaires concernant notre arsenal juridique et le fonctionnement des institutions étatiques dépourvues de lois organiques.

Le jour viendra où l’indépendance de la justice, voulue par le constituant et que nous appelons de tous nos vœux, sera une réalité. Nous savons qu’il y a des sceptiques et des défaitistes qui soutiennent que dans ce pays le changement n’est pas possible. Ils se trompent grandement ! Certains avaient douté qu’il existait un juge honnête en Haïti. Aujourd’hui, l’histoire s’est chargée de démontrer qu’ils avaient tort. Et nous allons continuer de les démontrer qu’ils se trompent encore. La justice n’a ni couleur politique ni appartenance sociale. Elle n’est ni de gauche ni de droite, ni du pouvoir ni de l’opposition. Le combat, pour arriver à sa crédibilité, ne saurait donc s’accommoder de camps ou de clans. Avec l’engagement de chaque magistrat honnête et avec l’aide du Seigneur, lentement mais sûrement, la réalité rattrapera le rêve.


Heidi FORTUNÉ
Magistrat, Juge d’Instruction
Cap-Haïtien, Haïti
Ce 27 juin 2008

vendredi 27 juin 2008

Cap-Haïtien : La police défère le pédophile Américain au Parquet.


Par Cyrus Sibert

Le lundi 16 juin 2008, il est 9hres30 du matin, le téléphone sonne. L’inspecteur Joseph Jean-Myrtil, No.2 de la Brigade de protection des mineurs (BPM) vient d’arriver. Il nous annonce sa présence dans la ville du Cap-Haïtien. De l’aéroport étant, il téléphone pour nous annoncer l’évènement : La BPM, encadrée de la MINUSTAH vient au Cap-Haïtien pour faire le dépôt de son rapport d’enquête sur la pédophilie au centre Pierre Toussaint pour les enfants de rues de Cap-Haïtien. L’enquête policière est convaincante. La BPM souhaite introduire le dossier par devant la justice en le déférant au Parquet : la BPM a assez d’éléments pour demander une enquête judiciaire sur les pratiques de Douglas Perlitz. Ce dernier est indexé par les enfants démunis pour les avoir abusé sexuellement.


Bonne nouvelle ! Car enfin, nous pouvons briser le silence négocié avec la BPM sur le dossier. Car en janvier 2008, lors de sa première visite au Cap-Haïtien, les policiers enquêteurs nous avaient demandé de ne rien écrire pour ne pas influencer l’enquête. Naturellement, nous avions coopéré. De plus, nous avions fourni les renseignements de base.

Bonne nouvelle ! Le prestige de notre investigation sur le Projet Pierre Toussaint est renforcé. Les informations publiées à partir de notre premier texte "Cap-Haiten, le Pédophile et son Centre d'Acceuil pour ''Enfants de rue'' .1, publié le 19 Aout2007, deviennent plus authentique.


Comme annoncé, un dossier de 12 pages a été remis ce 16 juin 2008 au Parquet du Tribunal civil du Cap-Haïtien. Le commissaire Chavanne Etienne a reçu le document des mains du No. 2 de la BPM et de Gilles Savard un policier Canadien spécialisé dans la protection des mineurs, membres de la UNPOL, la police des Nations Unies en Haïti.


Le parquet du Tribunal civil de Cap-Haïtien devra juger de l’opportunité de la poursuite. Normalement, le dossier doit être transféré au bureau du Doyen Alix Fucien qui formellement demandera au juge d’instruction pour enfants de mener une enquête judiciaire. L’enquête de la BPM étant préliminaire.


C’est sûr que le Commissaire Chavanne Etienne, en sa qualité de membre du parquet protecteur des enfants, le pire, des enfants vulnérables de rue, transfèrera le dossier au cabinet d’instruction.


D’après les déclarations du policier Canadien Gilles Savard, la BPM (Brigade de la Protection des Mineurs de la Police Nationale d’Haïti) a fait un travail professionnel. Les jeunes policiers haïtiens ont fait preuve d’intelligence et de professionnalisme dans le traitement des dossiers. Lors des déplacements à travers le pays – la MINUSTAH offre le service transport à la BPM – on n’a pas eu l’impression de transporter des vacanciers. Les policiers travaillent très tard dans la nuit. Ils arrivent à visiter tout le monde et bien faire leur interview dans un temps record et, si nécessaire, à retourner dans la zone pour approfondir leur enquête.


Le No. 2 de la BPM, l’inspecteur de police Joseph Jean Myrthil nous présente quelques points forts de son enquête :


Nous avons voyagé trois fois dans le Nord : Janvier, Mars et Juin 2008. Nous avons mis environ 5 mois pour questionner toutes les personnes concernées : les enfants victimes, les employés, des Sœurs catholiques qui connaissaient Douglas et l’avaient supporté à son arrivée au pays au début des années 90. Nous avons été à Milot pour interroger une jeune victime. Nous avons rencontré ses parents. Ils nous ont fourni beaucoup de renseignements. Nous avons réussi à mettre les enfants en confiance, à les faire sortir de leur peur. Ils m’appellent chaque jour, surtout la nuit. Nous étions au courant de tout. Et, le pire, même durant l’enquête Douglas continuait à abuser des enfants sexuellement. Nous avons aujourd’hui une infrastructure humaine capable de nous renseigner de tous ses faits et gestes. Nous avons réalisé des interviews avec des enfants isolés des autres, parce qu’ils sont actuellement en prison. Tous ont dénoncé les abus de Douglas Perlitz.


Enfin, l’Inspecteur Myrthil et le Canadien Savard regrettent l’inefficacité de l’IBERS (Institut Bien-être Social) qui normalement devrait suivre le fonctionnement des centres d’accueil pour enfants dans le Nord. Ils souhaitent que les citoyens se montrent vigilants à ce niveau pour que le dossier puisse poursuivre sa route. Car les pressions sont énormes. Douglas utilise beaucoup de moyens en ce sens. Il a en sa faveur notre tendance à banaliser les violences faites sur les enfants.


Selon nos informations, Douglas Perlitz ne fait plus partie de la Fondation Pierre Toussaint donc il ne dirige plus le projet en Haïti. Aujourd’hui, il n’est plus perçu en Haïti, car le conseil d’Administration du Projet (le board) décide de l’écarter du projet. Beaucoup de personnes qui l’ont soutenu aveuglement ont été expulsées de la Fondation qui se trouve aux Etats-Unis. C’est le cas de Father Paul, un ancien prêtre jésuite. Bryan, le Président a donné sa démission pour cause de maladie. Il ne peut pas supporter les pressions qui entourent ce dossier. Il n’arrive pas à sécher ses larmes. Au niveau local, le projet est administré provisoirement par Robenson, un cadre haïtien qui assistait Douglas.


Ce dernier n’entend pas abandonner le combat. Il continue de crier au complot. Il a engagé un cabinet d’avocats aux Etats-Unis pour exiger dédommagements de la Fondation Pierre Toussaint. Il exerce beaucoup de pression, appelle chaque jour certains enfants du Centre.


Son homme de main connu sous le nom de Jha Castel, employé fidèle et sans scrupule, est placé aux Iles Bahamas. Douglas lui a préparé un abri sur au cas où… Libéré de certaines préoccupations, cet homme fait le va et vient entre Cap-Haïtien et les Bahamas. Il est au service de son ami fidèle, le Pédophile.


Comme un feint manipulateur, Douglas organise une pression psychologique continue sur les enfants. Il leur fait des promesses accompagnées de menaces : le projet sera fermé ; Je compte revenir avec un autre projet ; j’en ai les contacts. Douglas cherche à soulever les enfants contre l’administration intérimaire. Il est sur tous les fronts.


Sur l’avenir du Projet Pierre Toussaint, nous saluons le niveau moral de la BPM qui a respecté les clauses négociées jusqu’au bout. Lors de la première visite des enquêteurs de la DCPJ (Direction de la Police Judiciaire) /BPM au Cap-Haïtien, au mois de janvier 2008, nous avions conditionné notre coopération en ces termes : vu que Douglas utilise la fermeture du projet pour faire pression sur les enfants, étant donné que les enfants de rue ont beaucoup de difficultés et que le projet représente pour eux un moyen de survie et une chance de réussite, considérant que nous leur avions promis de défendre l’existence du projet, nous devons respecter notre parole.


La BPM nous avait donné la garantie absolue que le projet sera protégé ; qu’il n’y aura pas de descente des lieux brutale ; qu’elle consultera les instances concernées pour une prise en charge du projet. S’il le faut, elle contactera la Fondation aux Etats-Unis pour leur demander de planifier une transition avant toute chose, si c’est nécessaire.


Ainsi, au mois de mai de l’année en cours, nous avions reçu la visite d’une commission d’enquête privée déléguée par le Conseil d’Administration de la Fondation américaine responsable du Projet Pierre Toussaint. Elle était composée de deux membres, une représentante de CRS (Catholique Relief Service) et d’un enquêteur d’une compagnie de sécurité. Il s’agissait d’aider le ‘‘Board’’ à avoir une autre version des faits, à rassurer les enfants de la continuité du projet.


Les enfants se sont sentis libérer. Ils en ont profité pour témoigner des mauvais traitements subis de la part ce Douglas qui les exploitait sexuellement.


Nous n’avons pas un rapport de l’enquête de la Commission, mais nos renseignements nous disent que les conclusions sont les mêmes. Pour preuve, la Fondation américaine responsable du Projet Pierre Toussaint est aujourd’hui au coté des enfants, donc, face à Douglas Perlitz et c’est à ce niveau que le citoyen haïtien de l’intérieur comme de la diaspora doit agir.


Notre engagement comme journaliste est fondé sur l’approche suivante : si rien ne marche en Haïti c’est la faute des citoyens. En six (6) ans nous avons fait l’expérience d’un journalisme engagé, citoyen et responsable. Sans ressources, nous avons mené des enquêtes, dénoncé plusieurs cas de violation des droits humains, de corruption et aujourd’hui nous travaillons sur le kidnapping au Cap-Haïtien.


Nos petites actions ont permis de démasquer la corruption au sein de la Direction Départementale Nord de l’Agriculture, les violences contre caroline Charles la femme d’un prisonnier qui a été agressée sexuellement par un agent de la prison du Cap-Haïtien, les agressions d’agents de l’Administration pénitentiaire en règlement de compte sur les habitants de Nan Bannan Lafossette, les harcèlements de hauts gradés de la PNH à l’encontre des femmes postulantes, l’emprisonnement injuste de trois (3) jeunes de Carénage dans l’enquête sur l’assassinant d’un policier français au Cap-Haïtien, sans oublier la défense de la population de Trou du Nord dans ses protestations sur la route Cap-Haïtien –Ouanaminthe, pour ne citer que ces cas.


Les enquêtes administratives menées ont toutes confirmé nos informations. Par exemples, dans le dossier Caroline Charles, un émail de Nahomie Jean Rilus, Accompagnatrice à Kay Fanm nous dit :


« Kay Fanm a le plaisir de vous informer que le dossier de Caroline Charles a été finalisé au niveau de l'inspection Générale à Port-au-Prince. Les conclusions de l'enquête au niveau de l'IGPNH ont reconnu coupables l’agent Stanley Jean Bart, ainsi que le nommé Wildolphe Philippe, le chez de poste. Ce dernier avait donné de fausses déclarations aux inspecteurs. Les deux ont donc été sanctionnés. Ils seront transférés tous deux dans un autre département. Le dossier doit être cependant cheminé au parquet du Cap pour les suites pénales. »


De plus, une source proche de la Direction Générale de la PNH nous révèle l’arrestation imminente d’un Haut Gradé pour harcèlement sexuel sur des femmes postulantes de la police. Notre article ‘‘Les rapports entre FEMMES POSTULANTES et HAUTS GRADÉS de la Police Nationale d’Haïti’’2 publié le 23 janvier 2007, a attiré l’attention des autorités policières sur certaines pratiques malsaines au sein de l’institution.


N’en déplaise à ceux qui n’aiment pas la PNH et/ou la MINUSTAH, ce sont les institutions les plus sensibles aux dénonciations de la presse. Il y a toujours un suivi quand nous dénonçons une mauvaise pratique au sein de la police ou de la MINUSTAH. Et nous appelons les citoyens à en profiter pour renforcer la PNH. Nous conseillons l’organisation de cellules, pour une INTELLIGENCE CITOYENNE en appui à la PNH. Car, la sécurité est, d’abord, une question citoyenne.


L’engagement citoyen, la recherche de la vérité et le souci d’informer peuvent forcer les autorités à agir et à faire preuve d’engagement pour le respect absolu des droits fondamentaux. Ce sont des armes et moyens redoutables capables de faire bouger les choses dans le sens du bien commun. Il suffit de rester accrocher aux principes et aux valeurs universellement reconnus ; il suffit d’être vigilant comme nos ancêtres. Et pour avoir observé de près les conséquences et les retombées de la manifestation pacifique de 17 novembre 2002 au Cap-Haïtien, nous y croyons.

Comme Pharaon exigeait le retour des juifs en captivité, Douglas cherche à maintenir nos enfants en esclavage sexuel. Comme les colons français avaient exigé indemnités pour les pertes encourues à cause du mouvement anti-esclavagiste, le Pédophile indexé par les enfants de rues dans trois (3) enquêtes exige réparations. Le Conseil d’Administration du projet Pierre Toussaint est aujourd’hui au coté des enfants. Il subit des pressions de toute sorte. Aux citoyens d’Haïti et de la diaspora de faire pression pour que justice soit faite aux enfants victimes du prédateur Douglas Perlitz.


La police Nationale d’Haïti (PNH), la MINUSTAH, le Conseil d’Administration du Projet Pierre Toussaint et votre serviteur Cyrus Sibert ont fait leur devoir. Le Ministère de la justice, l’Ambassade des Etats-Unis, l’IBERS, UNICEF et LE PROTECTEUR DU CITOYEN sont autant d’instances touchées par le dossier. Depuis le 16 juin 2008, la justice capoise est saisie de la question. Le rapport d’enquête policière est aux mains de Me Chavanne Etienne.

Citoyen, vigilance !

Cyrus Sibert
Cap-Haïtien, Haïti
24 Juin 2008


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Cap-Haitien kidnapping : Un mandat d’amener contre un policier.

De sources confidentielles, nous venons d’apprendre qu’un mandat d’amener a été décerné par le Juge Heidi Fortuné à l’encontre du policier Guillaume Dieuveuil, ancien responsable du service d’investigation dans le département du Nord, pour son implication présumée dans des actes d’enlèvement de personnes et d’association de malfaiteurs.

D’autres policiers seraient dans le collimateur du Magistrat Instructeur dont quelques-uns ont été rappelés à l’Inspection Générale à Port-au-Prince.

Nous suivons de près l’évolution de ce dossier.

Nous invitons le lecteur à revoir notre texte « Panique au Cap-Haitien : un kidnappeur accuse des policiers… », en cliquant sur :

http://reseaucitadelle.blogspot.com/2008/06/panique-au-cap-hatien-un-kidnappeur.html

Cyrus Sibert
Cap-Haitien, Haïti
27 Juin 2008

Les rapports entre FEMMES POSTULANTES et HAUTS GRADÉS de la Police Nationale d’Haïti.

Cyrus Sibert, Journaliste,
Cap-Haïtien, Haïti.
reseaucitadelle@yahoo.fr

Des sujets qui culturellement sont banalisés, nous interpellent. Comme disait notre professeur de technique d’expression française à la faculté de droit : quand tu dois écrire un papier tu le sens. Le sujet te tripote, comme un enfant qui doit sortir du ventre de sa mère.


Les cas de dépression observés chez des jeunes femmes qui postulent à la P.N .H. nous sensibilisent et nous portent à rendre publique, une pratique coutumière en Haïti, mais inacceptable dans un pays qui se veut démocratique.

Cette situation de violation des droits de la femme dont nous allons faire état, nous porte aussi à questionner l’utilité des institutions comme le Ministère de la femme et à la condition féminine et des organisations de femmes, comme FANM YO LA, qui se disent préoccuper par les cas de violations de droits de la femme.

En effet, elles sont nombreuses les femmes qui souhaitent intégrer la Police Nationale d’Haïti (P.N.H.). Comme tous les postulants de la P.N .H., elles sont motivées par le désir de servir leur pays et surtout de réussir leur vie et elles voient dans l’institution policière un moyen sûr de promotion sociale. D’autant plus, le récrutement est (supposé) fait sur une base méritoire : un casier judiciaire sein, une bonne condition physique et une capacité intellectuelle fixée par un programme d’admission.

Mais, attention ! Comme nous venons de l’observer lors des élections de l’année 2006, la barbarie est une seconde nature, les vieux démons antidémocratiques refont surface de temps en temps. On est souvent tenté par les vieilles habitudes – et qui sait si elles sont vieilles. Les beaux discours et les résolutions d’organisations de droits humains n’empêchent pas aux sexistes et machos haïtiens de voir dans la profession des armes un espace exclusivement réservé aux hommes.

D’après les témoignages de jeunes diplômés de l’académie de police, la Police Nationale d’Haïti, l’unique institution pour laquelle l’Etat haïtien ne reçoit pas de pressions du Fonds Monétaire International (F.M.I.) pour sa politique d’embauchement, est un milieu sauvage pour les postulants et aspirants de sexe féminin.

Tout d’abord, les jeunes femmes qui postulent et cheminent pour être admises à l’académie de police sont perçues comme des utopistes. On les conseille de trouver un support, une personne contact capable d’influencer positivement leur dossier. Aussi, doivent-elles prendre des mesures pour défendre leur dossier. Car, il peut être falsifié ou déplacé dans le but de mettre ces jeunes femmes, souvent corpulentes, en position de faiblesse et de les porter à accepter la prostitution comme moyen de devenir officier de police. Entre le dispensaire de la Police Nationale d’Haïti, le commissariat central de Port-au-prince « anti-gang » et l’académie, il existe un véritable marché sexuel.

Dans le langage courant sur la cour de l’académie et/ou du commissariat central « anti-gang » de Port-au-prince, on peut entendre le vocable populaire : ‘‘sivil pa bay chèf pwent’’ en français « une policière ne saurait avoir qu’un policier comme partenaire sexuel ». Ce vocable, pour dire aux postulants de sexe féminin de se conformer, de négocier leur chair, en échange de protection sinon le rêve de devenir policier ne deviendra pas une réalité.

Il est courant et connu de tous qu’en Haïti, c’est difficile pour une jeune femme d’obtenir avec dignité un poste. Et cela, même quand cette dernière a les qualités et le niveau requis par l’employeur. La précarité, la misère et le chômage créent une dure réalité qui oblige les jeunes femmes à négocier : pour travailler, il faut coucher avec le patron.

La majorité des jeunes femmes sont l’objet d’harcèlement de la part des hauts dignitaires de la police. Elles sont obligées de se taire pour ne pas hypothéquer leur carrière au sein de l’institution. Aussi, des policiers de grades inférieurs en profitent-ils. Ils promettent toute sorte de faveur aux femmes sans défense qui ne connaissent pas les rouages de l’institution.

Même quand nos textes nuisent aux salariés de la MINUSTAH , nous sommes obligés de questionner, encore une fois, le rôle de la mission des Nations Unies dans cette situation. Les instructeurs étrangers affectés au recrutement et à la formation de jeunes officiers de police haïtiens sont-ils complices au point de ne pas dénoncer ces cas d’abus et réclamer une correction de la situation ?

Nous prenons l’habitude de responsabiliser la Mission de l’ONU en Haïti conformément aux résolutions qui habilitent ses membres à agir dans le pays afin que cette humiliation que nous connaissons aujourd’hui puisse servir, irréversiblement, au renforcement des institutions nationales et à l’Etat de droit et qu’elle soit la dernière de note histoire de peuple intrépide, victorieux à Vertières et à Savannah.

Dans le cadre de ce dossier, il est clairement stipulé dans la résolution 1702 du Conseil de Sécurité que la MINUSTAH et le gouvernement haïtien doivent s’occuper activement des problèmes liés au sexisme et s’attaquer à la violence contre les femmes et les enfants.

Et nous citons : « Réaffirmant combien il importe, dans les opérations de maintien de la paix et dans les activités de consolidation de la paix au lendemain des conflits, de disposer de compétences spécialisées sur les problèmes liés au sexisme, ainsi qu'il est dit dans la résolution 1325 (2000), rappelant qu'il faut s'attaquer à la violence contre les femmes et les enfants, et engageant la MINUSTAH ainsi que le gouvernement haïtien à s'occuper activement de ces questions, »

Point 15 : « Réaffirme le mandat de la MINUSTAH en matière de Droits de l'Homme, et exhorte les autorités haïtiennes à opérer une réforme d'ensemble touchant tous les aspects de l'Etat de droit et à promouvoir et sauvegarder les Droits de l'Homme et les libertés fondamentales ; »

En nationaux, nos questions vont spécialement sur l’utilité du Ministère de la Femme et de la Condition féminine, le rôle des organisations de femmes qui ne ratent aucune occasion pour scander sur la place publique la résolution de Beijing, Pékin (Chine)* et le travail des organisations de défense des droits humains.

On consomme des fonds, on voyage, on parle tout le temps à la radio et Haïti continue d’être une terre de souffrance et d’humiliation pour ses fils et ses filles. A quand des actions concrètes pour la résolution des problèmes aux noms desquels vous existez ? C’est triste de constater que dans notre pays, Haïti, en toute chose, il y a toujours un rapport de maître à esclave.

Cyrus Sibert
Cap-Haïtien, Haïti
23 janvier 2007.
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1995, PEKIN (CHINE) / 4E CONFERENCE MONDIALE SUR LES FEMMES
__La déclaration de Beijing [Pékin]

La déclaration en bref

La plate-forme d'action de Pékin est issue d'une conférence mondiale sur les femmes qui a eu lieu à Pékin, en septembre 1995, et dont la Déclaration et le Programme d'action ont invité la communauté internationale à s'engager pour la promotion de la femme et l'égalité des sexes. La déclaration, signée par 189 Etats, les exhorte à mettre en œuvre tous les moyens vers une réelle égalité homme/femme, une politique de développement et un engagement vers la paix.

La Déclaration et le Programme d'action de Beijing [Pékin] ont été adoptés par consensus le 15 septembre 1995. La Déclaration reflète l'engagement de la communauté internationale au service de la promotion de la femme et de la mise en œuvre du Programme d'action, en veillant à ce qu'une perspective "sexospécifique" soit appliquée à toutes les politiques et tous les programmes aux niveaux national, régional et international. Le Programme d'action définit des mesures à prendre à l'échelon national et international pour la promotion de la femme au cours des cinq années qui nous séparent de l'an 2000.

S'il est appliqué, le Programme d'action renforcera le pouvoir des femmes aux niveaux social, économique et politique, améliorera leur santé, facilitera leur accès à l'éducation et protégera leurs droits de reproduction. Le plan d'action définit des objectifs à atteindre à des dates spécifiques, engage les nations à appliquer des mesures concrètes dans des domaines tels que la santé, l'éducation, les prises de décisions et les réformes juridiques dans le but ultime d'éliminer toutes les formes de discrimination à l'encontre des femmes tant dans leur vie privée que dans la vie publique. La Conférence, qui a réuni près de 50'000 hommes et femmes, a axé ses travaux sur les problèmes interdépendants d'égalité, de développement et de paix, qu'elle a analysés sous un angle sexospécifique. Elle a mis l'accent sur les rapports cruciaux entre la promotion de la femme et les progrès de la société dans son ensemble. Elle a réaffirmé de façon claire que les problèmes de société doivent être abordés sous un angle sexospécifique de façon à assurer un développement durable.

Les problèmes soulevés dans le Programme d'action sont universels, tel est le message fondamental de la 4e Conférence mondiale sur les femmes. Des attitudes et pratiques profondément enracinées perpétuent l'inégalité et la discrimination à l'égard des femmes, tant dans la vie privée que publique, partout dans le monde. En conséquence, l'exécution du Programme d'action exige des changements de valeurs, d'attitudes, de pratiques et de priorités à tous les niveaux. La Conférence a signalé qu'elle s'engageait résolument en faveur de normes et critères internationaux pour l'égalité entre l'homme et la femme; que les mesures visant à protéger et promouvoir les droits fondamentaux de la femme et de la fillette, qui font partie intégrante des droits universels de la personne, doivent servir de base à toute action; et qu'il faut réorienter les institutions à tous les niveaux pour en accélérer la mise en œuvre. Les gouvernements et les Nations unies sont convenus de promouvoir l'"intégration" d'une perspective sexospécifique dans leurs politiques et leurs programmes. (Source : Nations unies).


LA DECLARATION DE PEKIN

1. Nous, gouvernements participant à la quatrième Conférence mondiale sur les femmes,

2. Réunis à Beijing (Pékin) en septembre 1995, année du cinquantième anniversaire de la fondation de l'Organisation des Nations Unies,

3. Résolus à faire progresser les objectifs d'égalité, de développement et de paix pour toutes les femmes dans le monde entier, dans l'intérêt de l'humanité tout entière,

4. Prenant note de la voix de toutes les femmes dans le monde entier et tenant compte de la diversité des femmes, de leurs rôles et de leurs conditions de vie, rendant hommage aux femmes qui ont ouvert la voie, et inspirés par l'espérance incarnée dans les jeunes du monde entier,

5. Constatons que la condition de la femme s'est améliorée dans certains domaines importants au cours de la dernière décennie mais que les progrès ont été inégaux, que les inégalités entre hommes et femmes persistent et que d'importants obstacles subsistent, ce qui a de graves conséquences pour le bien-être de l'humanité tout entière,

6. Constatons également que cette situation est exacerbée par l'accroissement de la pauvreté qui affecte la vie de la plus grande partie de la population mondiale, en particulier des femmes et des enfants, et dont les origines sont d'ordre tant national qu'international,

7. Nous consacrons sans réserve à l'élimination de ces contraintes et obstacles afin de promouvoir encore le progrès et l'accroissement du pouvoir d'action des femmes dans le monde entier, et convenons que cela exige que des mesures soient prises d'urgence dans un esprit de détermination, d'espoir de coopération et de solidarité qui nous portera dans le siècle prochain.

Nous réaffirmons notre engagement de :

8. Réaliser l'égalité des droits et la dignité intrinsèque des hommes et des femmes et atteindre les autres objectifs et adhérer aux principes consacrés dans la Charte des Nations Unies, la Déclaration universelle des droits de l'homme et les autres instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme, en particulier la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes et la Convention relative aux droits de l'enfant ainsi que la Déclaration sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes et la Déclaration sur le droit au développement;

9. Garantir la pleine réalisation des droits fondamentaux des femmes et des petites filles, en tant que partie inaliénable, intégrante et indivisible de tous les droits de la personne humaine et de toutes les libertés fondamentales;

10. Faire fond sur le consensus et les progrès réalisés lors des conférences et sommets précédents des Nations unies consacrés aux femmes (Nairobi, 1985), aux enfants (New York, 1990), à l'environnement et au développement (Rio de Janeiro, 1992), aux droits de l'homme (Vienne, 1993), à la population et au développement (Le Caire, 1994) et au développement social (Copenhague, 1995), en vue d'assurer l'égalité, le développement et la paix;

11. Appliquer pleinement et efficacement les Stratégies prospectives d'action de Nairobi pour la promotion de la femme;

12. Assurer le renforcement du pouvoir d'action des femmes et leur promotion, y compris le droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion et de conviction, contribuant ainsi à répondre aux besoins moraux, éthiques, spirituels et intellectuels des hommes et des femmes, et aux niveaux individuel et collectif, leur garantissant ainsi la possibilité de réaliser pleinement leur potentiel au sein de la société et de régler leur vie selon leurs aspirations.

Nous sommes convaincus que :

13. Le renforcement du pouvoir d'action des femmes et leur pleine participation sur un pied d'égalité à tous les domaines de la vie sociale, y compris aux prises de décisions et leur accès au pouvoir, sont des conditions essentielles à l'égalité, au développement et à la paix;

14. Les droits des femmes sont des droits fondamentaux de la personne;

15. L'égalité des droits, des chances et de l'accès aux ressources, le partage égal des responsabilités familiales et un partenariat harmonieux entre les femmes et les hommes sont essentiels à leur bien-être et à celui de leurs familles ainsi qu'à l'affermissement de la démocratie;

16. La participation des femmes au développement économique et social, l'égalité des chances et la pleine participation, sur un pied d'égalité, des femmes et des hommes, en tant qu'agents et bénéficiaires d'un développement durable au service de l'individu sont des conditions essentielles à l'élimination de la pauvreté au moyen d'une croissance économique soutenue, du développement social, de la protection de l'environnement et de la justice sociale;

17. La reconnaissance et la réaffirmation expresses du droit de toutes les femmes à la maîtrise de tous les aspects de leur santé, en particulier leur fécondité, sont un élément essentiel du renforcement de leur pouvoir d'action;

18. L'instauration de la paix, aux niveaux local, national, régional et mondial, est possible et elle est indissociable de la promotion des femmes, car celles-ci sont un moteur essentiel des initiatives, du règlement des conflits et de la promotion d'une paix durable à tous les niveaux;

19. Il est essentiel d'élaborer, de mettre en œuvre et de surveiller, à tous les niveaux, avec la pleine participation des femmes, des politiques et programmes, y compris des politiques et des programmes de développement, qui soient égalitaires, efficaces, efficients et synergiques et qui puissent favoriser le renforcement du pouvoir d'action des femmes et leurs promotion;

20. La participation et la contribution de tous les protagonistes de la société civile, en particulier les groupes et réseaux de femmes et les autres organisations non gouvernementales et organisations communautaires, dans le strict respect de leur autonomie, en coopération avec les gouvernements, revêtent une grande importance pour l'application et le suivi effectifs du Programme d'action;

21. La mise en œuvre du Programme d'action exige l'engagement des gouvernements et de la communauté internationale. En prenant des engagements, aux niveaux national et international, y compris lors de la Conférence, les gouvernements et la communauté internationale reconnaissent la nécessité d'agir immédiatement pour donner plus de pouvoir aux femmes et assurer leur promotion.

Nous sommes résolus à :

22. Redoubler d'efforts et multiplier les actions visant à atteindre d'ici la fin du siècle les objectifs des Stratégies prospectives d'action de Nairobi pour la promotion de la femme;


23. Veiller à ce que les femmes et les petites filles jouissent pleinement de tous les droits de la personne humaine et de toutes les libertés fondamentales, et prendre des mesures efficaces contre les violations de ces droits et libertés;

24. Prendre toutes les mesures voulues pour éliminer toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes et des petites filles ainsi que les obstacles à l'égalité des sexes et à la promotion des femmes et du renforcement de leur pouvoir d'action;

25. Encourager les hommes à participer pleinement à toute action favorisant l'égalité;

26. Promouvoir l'indépendance économique des femmes, notamment par l'emploi, et éliminer le fardeau de plus en plus lourd que la pauvreté continue de faire peser sur les femmes, en s'attaquant aux causes structurelles de la pauvreté par des changements de structures économiques assurant à toutes les femmes, notamment aux rurales, l'égalité d'accès, en tant qu'agents essentiels du développement, aux ressources productives, aux possibilités de promotion et aux services publics;

27. Promouvoir un développement durable au service de l'individu, notamment une croissance économique soutenue, en développant l'éducation de base, l'éducation permanente, l'alphabétisation et la formation ainsi que les soins de santé primaires à l'intention des femmes et des petites filles;

28. Prendre des mesures concrètes en faveur de la paix pour la promotion de la femme et, tenant compte du rôle de premier plan des femmes dans le mouvement pacifiste, œuvrer activement à la réalisation d'un désarmement général et complet, sous un contrôle international rigoureux et efficace, et appuyer les négociations en vue de la conclusion immédiate d'un traité universel et effectivement vérifiable au plan multilatéral d'interdiction complète des essais nucléaires qui favorisera le désarmement nucléaire et la prévention de la prolifération des armes nucléaires sous tous ses aspects;

29. Prévenir et éliminer toutes les formes de violence à l'égard des femmes et des filles;

30. Assurer l'égalité d'accès à l'éducation et aux soins de santé, ainsi qu'un traitement égal des femmes et des hommes, et améliorer la santé en matière de sexualité et de procréation ainsi que l'éducation des femmes;

31. Promouvoir et protéger tous les droits fondamentaux des femmes et des filles;

32. Redoubler d'efforts pour que toutes les femmes et les filles que de multiples obstacles, tenant à des facteurs tels que race, âge, langue, origine ethnique, culture, religion, incapacités ou appartenance à une population autochtone, privent de tout pouvoir et de toute possibilité de progrès puissent jouir à égalité de tous les droits de la personne humaine et de toutes les libertés fondamentales;

33. Faire respecter le droit international, notamment le droit humanitaire, afin de protéger les femmes et les petites filles en particulier;

34. Créer les conditions qui permettent aux petites filles et aux femmes de tous âges de réaliser tout leur potentiel, veiller à ce qu'elles participent pleinement et à égalité à l'édification d'un monde meilleur pour tous et leur confier un rôle accru dans le processus de développement.

Nous sommes résolus à :

35. Assurer l'accès des femmes, dans des conditions d'égalité, aux ressources économiques, notamment à la terre, au crédit, à la science et à la technique, à la formation professionnelle, à l'information, à la communication et aux marchés, en tant que moyen de favoriser la promotion des femmes et des filles et le renforcement de leur pouvoir d'action, y compris en leur donnant les moyens de tirer parti de ces ressources, notamment grâce à la coopération internationale;

36. Assurer le succès du Programme d'action, ce qui exigera une volonté résolue des gouvernements, des organisations internationales et des institutions à tous les niveaux. Nous sommes profondément convaincus que le développement économique, le développement social et la protection de l'environnement sont des éléments interdépendants et synergiques du développement durable, dans lequel s'inscrivent nos efforts visant à améliorer la qualité de vie pour tous. Un développement social équitable, qui permette aux pauvres, en particulier aux femmes vivant dans la pauvreté, d'utiliser de manière viable les ressources naturelles, est une assise nécessaire pour le développement durable. Nous reconnaissons également qu'une croissance économique large et soutenue, dans le contexte du développement durable, est nécessaire pour étayer le développement social et la justice sociale. La réussite du Programme d'action exigera également la mobilisation de ressources suffisantes, aux échelons national et international, ainsi que l'affectation aux pays en développement par tous les mécanismes de financement existants, tant multilatéraux que bilatéraux et privés, de ressources nouvelles et additionnelles pour la promotion de la femme; des financements pour renforcer la capacité des institutions nationales, sous-régionales, régionales et internationales; un engagement en faveur de l'égalité des droits, de l'égalité des responsabilités, de l'égalité des chances et de la participation égale des femmes et des hommes à tous les organismes et à tous les processus de prise de décisions nationaux, régionaux et internationaux; la création ou le renforcement, à tous les niveaux, de mécanismes de vigilance responsables devant toutes les femmes dans le monde entier;

37. Assurer également le succès du Programme d'action dans les pays en transition; à cet effet, la coopération et l'assistance internationales resteront nécessaires;

38
. En tant que gouvernements, nous adoptons le Programme d'action énoncé ci-après et nous nous engageons à le traduire dans les faits, en veillant à ce que le souci d'équité entre les sexes imprègne toutes nos politiques et tous nos programmes. Nous demandons instamment aux organismes des Nations unies, aux institutions financières régionales et internationales, aux autres institutions régionales et internationales compétentes et à tous les hommes et toutes les femmes, ainsi qu'aux organisations non gouvernementales, dans le strict respect de leur autonomie, et à tous les secteurs de la société civile, de souscrire résolument et sans restriction au Programme d'action et de participer à sa réalisation en coopération avec les gouvernements.

jeudi 26 juin 2008

Cap-Haïtien, le Pédophile et son Centre d’Accueil pour ‘‘Enfants de rue’’.


Cyrus Sibert,AVEC L’OPINION,
Cap-Haïtien, Haïti19 Août 2007

La défense de la liberté exige l’intolérance du citoyen face à l’injustice. Même quand les victimes refusent que leur noms soient cités dans la presse, même quand au lieu d’enquêter sur les faits on préfère nous demander plus de preuves et de porter plaintes, on ne saurait passer sous silence cette situation d’injustice à laquelle font face les enfants ‘‘de rue’’ et/ou ‘‘dans la rue’’ du Cap-Haïtien.

Il existe au Cap-Haïtien, un centre d’accueil qui aussi, constitue un centre d’abus pour les enfants de rue. Dirigé par un américain très connu dans le milieu, ce centre dispose d’un programme bien adapté et offre aux jeunes démunis des rues des possibilités d’épanouissement. On n’a qu’à observer l’évolution de ces jeunes exclus qui fréquentent le centre pour se faire une idée de son utilité. Ils y sont bien encadrés. Les programmes de formation technique et d’encadrement psychologique sont d’une contribution énorme. De jeunes enfants pauvres arrivent à produire et à créer un revenu au point tel de devenir leader économique de leur famille.

On peut facilement apercevoir ces jeunes gens à la plage, dans les lieux de loisir accompagnés de travailleurs sociaux professionnels. Le centre fait tout pour les aider à réussir leur vie. Dans un pays où l’Etat néglige les plus faibles (pauvres, handicapés, enfants et vieillards), dans une société où il n’existe pas de programmes structurés de prise en charge des enfants sans abris, on ne peut qu’apprécier l’effort de ce centre dont nous nous gardons de citer le nom, pour le moment.

Cependant, faute de contrôle de ces initiatives privées par les services de l’Etat, ces genres de centres représentent souvent un espace privilégié pour des détraqués, des pédophiles ou homosexuels. A leurs yeux, les enfants de rue représentent une mine de chair fraîche à exploiter. Les plus petits sont entraînés par ignorance ou manque d’expérience. Il suffit de dire à un enfant : monte dans ma chambre, je vais t’apprendre quelque chose qui te fera du bien. Si tu le fais bien et sans problème et si tu gardes notre secret, je serai ton ami et....

Pour les plus vieux, les adolescents en âge de comprendre, on conclut un marché : Pas de chair, pas de support. Si tu n’acceptes pas de passer la nuit dans mon lit, tu seras obligé de quitter le programme. Le jeune qui refuse n’a d’autre choix que de retourner dans la rue sans encadrement et de voir le programme de financement de ses activités musicales ou sportives suspendu.

Mais on peut toutefois renouer les liens. Il suffit de passer chez le Boss et se laisser abuser toute une nuit. Une nuit de plaisir et de douleur. Du plaisir pour le Boss qui utilise toute sorte de produits aphrodisiaques pour augmenter sa performance et de la douleur pour ce jeune de 15 ans qui explique, avec des larmes aux yeux, sa souffrance : Toute une nuit Cyrus ! Toute une nuit, pour le plaisir de cet homme blanc qui ne veut pas en finir ! Un triste témoignage qui ne pouvait nous laisser indifférent. Voir pleuré un jeune adolescent pris aux pièges d’un pédophile homosexuel à cause de la misère est émouvant.

Quant au Centre, les jeunes victimes le voient comme un acquis. Grâce à son travail, des démunis sont devenus musiciens, artisans, footballeurs, etc. Même quand ils nous racontent ces abus, ils ne veulent pas que ce programme soit suspendu. Le pédophile responsable semble avoir mis dans leur tête l’idée que s’ils rendent public ces faits il n’y aura plus de Centre. Il fallait voir avec quelle insistance on nous demande de ne pas mentionner les noms du Centre, de son responsable et même pas celui des victimes. Toutefois, l’un d’entre eux promet de témoigner s’il y a une enquête sérieuse sur cette affaire.

Alors ce qui est révoltant dans tout cela : Où est l’Etat qui empoche nos taxes ? Pourquoi les responsables haïtiens refusent-ils de contrôler ces centres privés ? Pourquoi on n’y affecte pas des travailleurs sociaux, des étudiants stagiaires, comme on le fait pour les centres de santé ? Pourquoi les responsables méprisent-ils les démunis de ce pays au point de livrer nos enfants aux bouchers de la pédophilie et de l’homosexualité ?
Cyrus SibertCap-Haïtien, Haïti
19 Août 2007