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vendredi 6 juin 2008

La fin du bal

Jean Erich René
6 juin 08
"Ne résistez pas au mal ; mais si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre ;" Matthieu 5:39
La première gifle que le Parlement a infligé à Préval en rejetant le dossier d'Ericq Pierre est certainement due à une méprise du récipiendaire. Mais le refus éventuel de la candidature de Robert Manuel comme deuxième gifle est fatal. Même le fils de Dieu n'a pas posé l'hypothèse de la troisième gifle. Il va sans dire que la victime qui n'a pas 3 joues doit prendre la fuite ou réagir. René Préval qui n'est pas chrétien va se
retrancher certainement derrière son kalachnikov en criant à la guerre comme à la guerre. Une attitude aussi belliqueuse ne cadre pas du tout avec l'état de tension généralisée qui règne actuellement en Haïti. Le soutien de certains Partis Politiques bidon ne suffit pas. La Constitution de 1987 a accordé des pouvoirs extraordinaires au Parlement et particulièrement aux députés qui sont les représentants directs du peuple.

On a tenté de discréditer les membres de la Concertation des Parlementaires Progressistes (CPP) en les trempant dans un trafic d'influence pour la ratification du Premier ministre. En dépit des manœuvres politiciennes de l'Exécutif pour dissoudre le Parlement, l'Assemblée Nationale a la force d'un bélier. Les articles 185, 186,188, 188.1, 189.1 lui accordent le privilège de se constituer en Haute Cour de justice pour destituer le Président de la République pour les fautes graves commises dans l'exercice de sa fonction :
ARTICLE 185: Le Sénat peut s'ériger en Haute Cour de Justice.
ARTICLE 186: La Chambre des Députés, à la majorité des deux tiers (2/3) de ses membres prononce la mise en accusation du Président de la République pour crime de haute trahison ou tout autre crime ou délit commis dans l'exercice de ses fonctions.

Quelles sont les accusations qu'on puisse porter contre le Président René Préval

Depuis le 12 avril 2003 le Chef de l'Etat n'est pas en mesure de nommer un premier ministre. Ce vote décisif des députés à la majorité des 2/3 disqualifie le Président René Préval qui n'a pas la capacité de choisir un locataire solvable pour la Villa d'Accueil. Est-il conscient du risque qu'il encourt dans cette chassée croisée avec la Concertation des Parlementaires Progressistes (CPP)? Compte tenu des configurations politiques au Parlement Préval est un Président symbolique. Il n'est le Chef d'aucun Parti, pas même LESPWA ! Le ralliement des députés de LESPWA au CPP l'affaiblit.

Une lecture objective des retombées politiques de la prise de position sans équivoque de la Concertation des Parlementaires Progressistes (CPP), soudée à Jacques Edouard Alexis nous permet de prévoir que cette partie de poker se terminera sur une note funeste. Si 53 députés sur 99 rejettent le Premier ministre désigné l'échec devient présidentiel. La combinaison parlementariste du pouvoir donne à ce conflit une dimension qui échappe à l'entendement de René Préval qui se comporte comme un Président traditionnel. Cette vendetta politique est dangereuse pour le reste de son mandat.

La majorité parlementaire peut convoquer la Haute Cour de Justice si la chambre Basse dépose un acte d'accusation selon la procédure constitutionnelle prévue à l'article 186 de notre Charte fondamentale en vigueur. Le refus des candidats à la Primature du Président Préval est symptomatique du rejet de l'exercice de son pouvoir qui pendant 2 ans n'a enfanté que misère, kidnapping et vagabondage. Tant sur le plan politique, économique que social LESPWA a failli à sa mission. Lorsqu'on se rappelle que la victoire de René Préval a été obtenue à l'arraché grâce au vote blanc interdit par la Constitution, la légalité de son pouvoir était déjà en discussion. Il a fallu une coalition pour équilibrer le fauteuil présidentiel qui devient bancale avec cette dissidence au Parlement. D'où une perte de légitimité.

L'ambiance glaciale qui règne entre les députés de la CPP et le Président peut conduire à la destitution de ce dernier en tenant compte des griefs relatifs aux violations de la Constitution. En effet, la dernière version de la loi électorale cumulant les élections des 3e, 2e sénateurs, des députés et des mairies est un cas spécifique. René Préval peut être traduit devant la Haute Cour de Justice pour crime de Haute Trahison. « Les propos du président Préval pour qui les bandits, les dealers de drogue et ceux qui agitent les problèmes de couleur sont ceux qui s'opposent au choix de Robert Manuel rapportés par le président du sénat Kelly Bastien », tiennent lieu de menaces et de pression politiques.

(http://metropolehai ti.com/metropole /archive. php ; Mercredi, 4 juin 2008 10:02)


En s'exprimant de la sorte René Préval vient de rédiger une séquence d'actions graves qui tendent vers la violation de la conscience de nos Parlementaires qui doivent agir en toute liberté. Il a tenté d'interférer dans les décisions de la Chambre Basse qui a le droit de renoncer à la désignation d'un candidat qui ne réunit pas les conditions légales.

L'Assemblée est souveraine. En l'espèce, Préval a déclenché un conflit juridique de nature constitutionnelle et commet un délit passible d'une procédure pénale. Une telle responsabilité juridiquement incombe à une
branche constitutionnelle issue du suffrage universel c'est-à-dire le Parlement. En conséquence, le chantage des élections à tous les niveaux contrairement aux prescrits de la loi, la tentative de contrôle du Parlement, l'interventionnisme présidentiel dans la nomination du Premier ministre sont des chefs d'accusation qui peuvent êtres retenus comme handicaps majeurs à l'indépendance des 3 pouvoirs reconnus par la Constitution de 1987.

L'Exécutif est bicéphale. Cette dualité du pouvoir accorde au Parlement un coup d'œil sur le choix du PM, sa déclaration de politique générale et l'exercice de sa fonction aussi bien que de ses ministres. Cette combinatoire a été montée comme garde-fou par le législateur pour éviter le retour à la dictature. Par ailleurs le laxisme du Président par rapport à la problématique de la faim va causer une nouvelle éruption sociale et constitue un manquement flagrant et incompatible avec son mandat. Le Directeur de la PNH, Mario Andrésol impute la recrudescence de l'insécurité à la corruption de la Justice haïtienne et par ricochet à la mauvaise gestion de l'Exécutif dont René Préval est le Chef. En effet, l'accélération du kidnapping résulte de son incompétence et de sa mauvaise foi.

Par ces motifs, (article 186) sur la proposition de la Chambre des députés à la majorité de 50%+1 (CPP) la mise en accusation sera dressée en bonne et due forme et remise au Sénat (article 185) érigé en Haute cour de Justice laquelle (article 188) se chargera de créer une Commission d'Instruction pour :

- évaluer si le Président René Préval a effectivement agi en violation de la Constitution de 1987, relativement à la loi électorale et à la pression exercée sur les membres du CPP dans le cadre de la ratification de Robert Manuel.
- dresser l'inventaire des mesures prises par l'Exécutif depuis les émeutes de la faim pour corriger la situation.
- constater sa négligence par rapport aux mesures adoptées contre l'insécurité.

ARTICLE 188:
La Haute Cour de Justice, au scrutin secret et à la majorité absolue, désigne parmi ses membres une Commission chargée de l'Instruction.
Le Sénat sera officiellement informé des faits qui sont imputés au
Président René Préval en vue de mettre en action la Haute Cour de Justice
qui décidera de sa destitution conformément aux articles 188.1 et 189.1 de
la constitution de 1987.

ARTICLE 188.1:
La décision, sous forme de décret est rendue sur le rapport de la Commission d'Instruction et à la majorité des deux tiers (2/3) des membres de la Haute Cour de Justice

ARTICLE 189.1:
Elle ne peut prononcer d'autre peine que la destitution, la déchéance et la
privation du droit d'exercer toutes fonctions publiques durant cinq (5) ans
au moins et quinze (15) au plus.

« A l'issue de sa rencontre avec plus de 40 membres du bloc parlementaire (CPP), Robert Manuel, qui a paru détendu, a affirmé qu'il est interpellé par l'histoire et le peuple haïtien. », mais non par Préval. Va-t-en, c'est la fin du bal!

(http://metropolehai ti.com/metropole /archive. php ;

Mercredi, 4 juin 2008 10:02 )

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