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dimanche 2 août 2009

Haïti : extrémisme politique et relance de l’économie – et/ou du tourisme.

Par Cyrus Sibert
Radio Souvenir FM, 106.1 :
souvenirfm@yahoo.fr
Le Ré.Cit. : www.reseaucitadelle.blogspot.com/

Cap-Haitien, le 2 Aout 2009
L’été 2009 est marqué par une augmentation des visiteurs de la diaspora en Haïti. Le climat d’apaisement observé en Haïti a porté ses fruits, cela fait longtemps qu’on n’a pas remarqué autant de ressortissants haïtiens à travers les rues de la ville du Cap-Haitien. Ils sont perçus dans les bals, les activités culturelles, dans les cybercafés, les restaurants... Attablés dans des points réputés de la ville, ils racontent leur histoire au Cap-Haitien, leurs péripéties avec les miliciens de Duvalier, les bagarres de jeunesse au ‘‘Club des mélomanes’’, leur exile forcé suite à des accusations gratuites d’être membre du mouvement communiste.
Un chauffeur de taxi de New York se confesse : Il est âgé de 70 ans. Il était très turbulent, car en son temps, les jeunes de la ville du Cap-Haitien n’acceptaient pas l’injustice. Il a passé 42 ans en dehors du pays. Il est content d’y revenir. Malgré l’état piteux de la ville, il se sent chez lui et revit les bons moments de son enfance. Il est capois, il le restera. A New York, il s’identifie comme tel : haïtien, mais avant tout Capois.
Les résidents de la ville sont- on ne peut plus - satisfaits. C’est un bon début. On n’a qu’à travailler les infrastructures pour attirer les visiteurs de la diaspora, les noirs américains et d’autres touristes. La construction annoncée de l’aéroport de la 2e ville du pays sera déterminante pour révolutionner la situation et renouer avec la croissance.
C’est dans cet esprit positif que le Chef de l’Etat René Préval et ses amis au pouvoir décident de provoquer une crise politique. En bon irresponsable, Préval rejette l’esprit consensuel qui le guidait, pour publier, dans une logique de coup de force, les résultats contestés des élections sénatoriales. Il semble avoir obtenu le soutien de la communauté internationale représentée sur le terrain par la MINUSTAH pour enfoncer le pays dans la crise et détruire les avancées positives en ce qui concerne l’image d’Haïti.

Les déclarations du Ministre Chargé des Relations avec le parlement Joseph J. Jasmin tendant à minimiser la situation restent sans effet. L’article du professeur Micha Gaillard titré : ‘‘Bras de fer ou dialogue pour un pacte de transition démocratique’’ annonce les couleurs. L’expulsion de Paul Denis de l’OPL est une preuve de plus que les vieux démons refont surface, ils sont à l’œuvre. Le réflexe traditionnel de l’exécutif à garder le pouvoir et le comportement extrémiste de l’opposition - tous deux des parasites à l’abri de conséquences de la crise économique qui affecte les travailleurs et les ménages - constituent la pierre d’achoppement qui nous empêche d’avancer. Ils n’ont aucun intérêt dans la relance de l’économie. Ils se sentent mieux avec un peuple paupérisé et manipulable, avec des jeunes aux abois qu’ils pourront utiliser comme miliciens, macoutes ou chimères, pour garder le pouvoir, empocher nos taxes et vivre comme des princes.
Tandis que l’OEA, l’UNESCO et la MINUSTAH, des institutions du coupe OEA/ONU, se concentrent à organiser des séminaires pour les travailleurs de la presse haïtienne sur la résolution de conflit, la gestion de risques, le journalisme sensible au conflit, l’éthique, la déontologie et le tourisme, pour limiter les dérives et protéger l’image d’Haïti, pour la mobilisation communautaire en faveur d’un climat d’apaisement et la relance de l’économie, l’international autorise le pouvoir en place à provoquer les partis politiques et le peuple par des fraudes électorales, l’obsession de changer la Constitution en vigueur, de contrôler le Conseil Electoral d’Etat et de permettre aux monopoles corrompus proches du régime de continuer leur politique d’exclusion.
Haïti est un pays spécial. L’ONU doit prendre des précautions pour ne pas se retrouver au centre d’un conflit généralisé. Car, si des élections frauduleuses arrivent à provoquer des émeutes capables d’ébranler le régime fermé d’Iran, il n’est pas impossible de voir le peuple spécial d’Haïti se révolter et prendre pour cible les missions des nations en Haïti.
Jean-Bertrand Aristide n’a pas pu garder le pouvoir avec ses lobbyistes de Washington, ses supporters du black caucus et ses Chefs d’Etat complices de la Caraïbe. La MINUSTAH n’est pas de taille, si le peuple spécial d’Haïti décide de ne plus accepter cet état de fait. Le succès des répressions contre les émeutiers de la fin en 2008 et récemment contre les étudiants de l’Université d’Etat ne peut servir à prévoir l’issu du combat en situation de révolte généralisée.
Tout en blâmant les partis politiques aujourd’hui contestataires pour le fait qu’ils avaient servi de ‘‘marche pied’’ au service du régime en place, en complotant avec Préval des élections /sélections, pour la continuité des actions visant à encourager la relance de l’économie – l’intérêt général, nous appelons les BLANCS de René Préval i.e., ceux qui lui avaient permis d’accéder illégalement au pouvoir en 2006, de le rappeler à l’ordre. Car, il n’y a aucun avenir dans l’extrémisme.
Parlant du Président Lyndon Baines Johnson, William S. White écrit dans le livre ‘‘ Lyndon Baines Johnson, le professionnel’’ : " Ce n’est pas uniquement parce que ses vues étaient « justes » que, lorsqu’il dirigeait la majorité au Sénat, il est arrivé si souvent à concilier le Lion conservateur et l’Agneau libéral. C’est surtout grâce à son pouvoir de persuasion, basé sur une compréhension instinctive et innée des sentiments, émotions, idée ou réticences de la personne qu’il a en face de lui." (Page 33)
"Cette incapacité de ressentir la haine- c’est par instinct que le Président sait arrêter une discussion politique avant qu’elle ne s’envenime – voilà la grande et l’unique qualité qui est au cœur de la véritable tradition politique anglaise et américaine. Nulle part ailleurs n’existe autant cet instinct de tolérance grâce auquel une attaque politique ne dépasse jamais la mesure de la décence, et cela, indépendamment du nombre de votes que les adversaires ont, ou n’ont pas. Ce sens profond a fait de l’Angleterre le premier pays où a existé la tradition de la liberté dans l’ordre, et des Etats-Unis, la plus vieille démocratie du monde. Un politicien possède ou ne possède pas ce sens profond. C’est tout." (Page 143)
Il est temps de mettre un terme à ces pratiques politiques qui consistent à humilier ses adversaires, à user de sa force pour garder le pouvoir au détriment de l’intérêt général.

RESEAU CITADELLE (Le Ré.Cit), le 2 Aout 2009, 17 heures 55.

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