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mercredi 7 octobre 2009

De Cyrus Sibert (C.S.) à Dore Guichard (D.G.). : le momentum de Bill Clinton.


D.G. : Il n'y aura rien. Je te demande de comprendre les choses. Depuis 2006 on a cette loi. Que fait l'équipe au pouvoir pour exploiter cet avantage qu'on donne à Haïti. Rien. On ne développe pas un pays avec des coups de slogan.


CS : Je suis d'accord qu'on ne développe pas un pays à coup de slogan.

D.G. : Le développement est une science, ça s'apprend. On nous oui, il va avoir le développement du tourisme. On a préparé un plan qui n'en était pas un d'ailleurs. Qu'est ce qu'on a fait de ce document. Rien.

CS : Je pense que vous devriez argumenter plus contre le plan du tourisme et prouver qu'il n'en est pas un. C'est trop facile de rejeter un document de cette façon.

DG : Clinton est venu, il semble qu'il est animé de bonnes intentions. Qu'est qu'on lui a présenté comme document technique sur les sites ciblés et les filières à exploiter. Rien.

CS : Clinton était accompagné de Groupes d'investisseurs étrangers. Ce qui suppose une technicité dans le domaine des investissements à travers le monde. Vous devriez accepter, qu'aucun Groupe d'investisseurs étrangers n'injectera son argent dans l'économie haïtienne sans des dossiers solides. D'ailleurs des études cela ne manquent pas en Haïti. Il y en a beaucoup de rapports d'études. Ce qui manque, c'est l'application des résultats des recherches. De plus, des firmes américaines de renoms réalisent des études approfondies sur la compétitivité en Haïti et la relance des investissements. Ils ont accumule des données diverses sur notre réalité. J'ai participé à une présentation des experts de l'OTC, une firme américaine, leurs enquêtes sur les entreprises, les mentalités, l'environnement des entreprises et les marchés dans lesquels Haïti pourrait profiter des avantages concurrentiels, les filaires faciles à développer, les stratégie de renforcement et d'intégration des petits producteurs dans les circuits d'exportation…

DG : Ma génération dit non à la démagogie. Oui à la dignité, oui à la patrie.

CS : Comme toi, je dis non à la démagogie. Mais, il faut éviter de passer de la ''démagogie gouvernementale'' à la ''démagogie anti-gouvernementale''. Je ne vais pas m'acharner contre l'initiative de Bill Clinton, en promouvant des idées pessimistes, parce je suis contre René Préval. Préval n'est qu'un ''woulibè''.

DG : Jeune étudiant en développement, je m'étais rendu compte que si le pays est pauvre c'est parce que les gens ne communient pas dans un idéal patriotique. J'ai pris mon temps pour lire des milliers de pages de rapports rédigées sur Haïti depuis 1950 (en économie, organisation sociale, système politique etc.). Je crois que le progrès du pays passe par l'émergence d'une conscience citoyenne et du sens de responsabilité fondés sur des valeurs patriotiques.

CS : Je suis aussi d'accord sur le besoin de promouvoir la conscience citoyenne et le sens de responsabilité fondé sur des valeurs patriotiques. Mais, en attendant, vous ne pouvez pas arrêter le temps, ni mettre l'estomac du peuple au repos : ''8 millions de bouches doivent manger chaque jours'' Donc, cela nous ramène à un débat aussi vieux que le monde : entre esprit et la matière par où commencer.

Expérience vécue après 2004, je propose de commencer par la matière. J'ai assez vu dans ce pays pour ne plus croire aux beaux discours et aux bonnes intentions. Les marxistes croient dans une approche matérialiste dialectique, moi je crois dans le développement d'un marché libéré de monopoles. Je propose de tirer Haïti de son état misérable en utilisant les leviers économiques, les forces de production. Les investissements et la compétition sont des catalyseurs capables de changer le cycle des évènements. Il en résultera des impacts socio-économico-politiques et culturels. Je crois en cette démarche, elle est fondamentale. On n'aura pas à supplier un ''bon papa''. C'est pourquoi, je supporte l'initiative de Bill Clinton tout en étant critique.

Je vous conseille d'adopter l'attitude de Lesly PEAN. Il a publié un texte positif qui propose des mesures pour le développement durable, tout en dénonçant les mauvaises pratiques politiques, administratives, judiciaires et culturelles capables de faire échec aux résultats escomptés. Il ne s'est pas contenter de dire : cela ne marchera pas.
http://reseaucitadelle.blogspot.com/2009/10/les-investisseurs-de-bill-clinton-pour.html

Il y a du concret en Haïti :
Le développement du marché de la communication, c'est concret.
L'investissement de 50 millions de dollars dans le site touristique de Labadie, c'est concret.

N.B. : A partir de novembre le plus gros bateau de croisière du monde visitera ce port avec 6,350 touristes. Ce qui permettra au département du nord d'accueillir un million de touristes en 2010, à partir de cette station balnéaire, soit une augmentation de 600,000 touristes par an.
http://reseaucitadelle.blogspot..com/2009/10/clinton-milot-et-labadie-avec-une_03.html

La construction de la route Cap-Ouanaminthe, c'est concret.
Les travaux sur les routes du Sud, du Centre, Port-au-Prince-Saint-marc, c'est concret.
Les centrales électriques à travers les grandes villes du pays, c'est concret.
La zone franche de Ouanaminthe, c'est concret.
L'accord Petrocaribe, c'est concret.
Les tracteurs distribués aux producteurs agricoles dans le cadre de la coopération haïtiano-vénézuélienne, c'est concret.
Les hôpitaux construits dans le cadre de la coopération cubaine, c'est concret.
La réouverture de l'Ecole de la magistrature, c'est concret.
La construction de l'aéroport du Cap-Haitien, doit-être une réalité.
Le niveau professionnel de la PNH, c'est une réalité.
La construction annoncée hier (6 octobre 2009) d'une nouvelle zone industrielle et commerciale à Cite Soleil par le WIN group et SOROS Economic Development fund pour un montant de 45 millions – conséquence des initiatives de Bill Clinton –, doit-être une réalité.

N.B.: The industrial park, called the West Indies Free Zone, will include more than 1.2 million square feet of turn-key rentable space. It will target local and international manufacturers as well as warehousing businesses and offer tax, customs and processing advantages to tenants.
The project is located near Cité Soleil, one of the poorest communities in Haiti, and expects to create 25,000 jobs and improve the standard of living for the 300,000 residents.

http://reseaucitadelle.blogspot.com/2009/10/45-million-for-new-commercial-zone-in.html

La réforme judiciaire doit-être une réalité.
L'organisation de bonnes élections doit être une réalité.
De la bonne gouvernance, doit-être une réalité.
Une armée professionnelle pour Haïti, doit-être une réalité.
En conclusion, le départ de la MINUSTAH sera une réalité.

Cette stratégie qui consiste à ne pas supporter les avancées milite en faveur de René Préval. Il risque de recueillir tous les retombés politiques de ces résultats concrets bien visibles aux yeux du peuple. Votre stratégie est favorable au régime en place. Car, s'il y a aujourd'hui une mobilisation internationale en faveur Haïti, c'est parce que nous avions débarrassé le pays de Jean Bertrand Aristide en affrontant ses gangs à travers tout le territoire et en avilissant ses lobbyistes dans les forums. En ces temps de lutte, René Préval, par peur du Tigre de Tabarre, se soûlait quotidiennement dans sa ville natale, à Marmelade. En rejetant le régime mafieux imposé en 1994 par les 24,000 soldats américains et supporté par le Black Caucus et des chefs d'Etat corrompus de la CARICOM, nous avions mis à nu l'échec de la communauté internationale en Haïti.

Aujourd'hui, si les Nations Unies, USA /Bill Clinton et d'autres pays de la communauté internationale s'activent à refaire leur image, à se donner bonne conscience, nous ne devons pas les abandonner sur la scène avec les collaborateurs d'Aristide, ceux qui avec lui terrorisaient le pays (Témoignages d'Amaral Duclona). C'est une mauvaise stratégie.

Si aujourd'hui on parle d'investissement, c'est parce que nous avions mis en échec la stratégie qui consistait à prôner une stabilité au travers d'un Leader charismatique, Maitre de la rue et Chef des gangs. La communauté internationale est obligée d'adopter une stratégie de paix durable qui passe par la réforme de l'Etat, la relance de l'économie et la création d'emplois, conditions sine qua non pour la réussite de la MINUSTAH.

Alors, ce n'est pas logique de demander aux combattants de la liberté de boycotter les initiatives abandonnant la scène aux terroristes. Toujours dans cet ordre d'idée, je ne suis pas contre les intellectuels qui participent. Je suis contre ceux qui participent en rejetant leur esprit critique, ceux qui acceptent l'inacceptable.

Le fait d'écrire des textes pessimistes n'empêchera pas à ceux qui habitent le territoire de constater les changements. En juillet 2009, une ancienne coopérante française, de retour dans le pays, m'a dit : Dès mon arrivée a l'aéroport, j'ai vu le changement. C'est mieux qu'en 2003. Je l'ai rapporté dans mon texte : « Haïti une bouffée d'oxygène, malgré tout. »
Vous risquez de renforcer un président irresponsable, en lui permettant d'occuper seul le podium, jouissant d'une visibilité que tout le monde pourrait en profiter.

Je fais partir d'une génération sacrifiée qui aujourd'hui adopte un comportement critique, mais positif. La génération de Balaguer en République Dominicaine a posé des actes de changement. Des hommes de cette génération ont eu le temps de vivre ce changement. Je souhaite poser des actes et en vivre, même au soir de ma vie, les résultats.

Créons un peu d'opportunité pour les générations à venir, pour ceux qui n'ont pas la chance de jouir de la modernité des pays occidentaux.

Cyrus Sibert,
Palm Bay, Florida.
07/10/09

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