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jeudi 24 décembre 2009

La complicité des hôtels dans l’exploitation sexuelle des enfants de rue.

Cyrus Sibert à l\

(Photo de Cyrus Sibert
by Christian Abraham of CONNPOST)

 

Par : Cyrus Sibert, souvenirfm@yahoo.fr

Le Ré.Cit.- Réseau Citadelle, Cap-Haïtien, Haïti.

www.reseaucitadelle.blogspot.com

 

Les recherches sur la situation d'exploitation sexuelle que subissaient les enfants de rue de la ville du Cap-Haitien, mettent à nu l'incroyable. Depuis notre 1er reportage sur la situation au mois d'octobre 2007 sur Radio Kontak Inter, des personnalités de la bourgeoisie capoise nous approchent, pour plaider en faveur du prédateur sexuel. Des interventions continues allant jusqu'à nous proposer de trouver un arrangement avec le Directeur du ''Projet Pierre Toussaint''. Des étrangers très actifs sur le terrain, à partir d'organisations non-gouvernementales (ONG), font pression sur les victimes. Ils supportent ouvertement les complices de Douglas et mettent en place une campagne de dénigrement visant à ternir l'image des victimes et de leurs supporteurs. Les enfants qui ont osé témoigner sont  qualifiés de menteurs.  Selon les amis du pédophile, ils seraient payés par deux adjoints de Douglas qui les manipulent pour prendre la direction du projet. Quant à Cyrus Sibert il est motivé par l'argent, disent-ils. C'est aussi le cas pour l'inspecteur Myrthil, le principale responsable du dossier au sein de la Brigade de Protection des Mineurs de la Police Nationale d'Haïti.

A RESEAU CITADELLE, nous avions qualifié ces personnes de naïves. On ne pouvait jamais imaginer que des êtres humains de la bourgeoise capoise et des acteurs d'Organisations Humanitaires auraient été aussi durs envers les enfants victimes. Nous nous sommes mis au travail avec l'espoir que les preuves et les témoignages aideront ceux qui refusent de croire et de changer de position.

En deux ans, nous avons fait des progrès en ce sens. Ce qui a été un simple reportage de Cyrus Sibert est devenu un dossier important. Après quatre investigations dont plusieurs réalisées par les institutions des Etats-Unis, y compris le Département d'Etat, Douglas Perlitz a été incarcéré. Un Grand Jury a décidé de l'inculper pour abus sexuels sur mineurs et voyage avec intention de se livrer à la pédophilie. A ce niveau, on croyait que les supporteurs de la bourgeoisie capoise et des ONGs américaines allaient changer de position et reconnaitre la force des faits.

Le 14 décembre 2009, notre consternation initiale a atteint un nouveau sommet quand les deux confrères de la presse américaine soit de CONNECTICUT POST nous ont conseillé d'être prudents avec  certains hôtels de la ville, vu que des responsables de ces institutions leur ont clairement dit qu'ils ne nous aiment pas et leur ont conseillé de ne pas nous rencontrer.  Ils n'arrêtaient pas de nous poser la question : Comment une société peut-elle tolérer de tel comportement durant 10 ans sans réagir ? Pourquoi la justice capoise est aussi lente ? Pourquoi les victimes ne sont pas dans un centre dans le cadre d'un programme d'appui psychologique ? Qu'est ce qui explique qu'un tel dossier qui domine l'actualité à Connecticut soit minimisé en Haïti ?

Nous avons pu comprendre que la position des supporteurs de Douglas n'est pas causée par des erreurs de faits. C'est une position cynique qui traduit l'état d'esprit de la bourgeoise haïtienne. C'est un comportement qui mérite une réponse appropriée,  car malheur à ceux qui violent la règle numéro 1 à savoir : Ne jamais sous-estimer notre détermination.

Il existe au Cap-Haitien, et nous sommes surs que c'est le cas dans tout le pays, des hommes d'affaires du secteur Hôtelier qui supportent des touristes sexuels. On nous signale que des étrangers invitent sans problèmes des mineurs, des petites filles et des petits garçons, dans leurs chambres d'Hôtel. Nous ne savons pas encore si ces propriétaires d'Hôtel abusent aussi sexuellement des enfants, mais nous disposons de témoignages pertinents sur leur tolérance complice en faveur des pédophiles. Nous sommes quand même troublés par le mobile de ceux qui supportent malgré les faits Douglas Perlitz.

Nous savons qu'avec les crises sociopolitiques à répétition, les hôtels, les restaurants et d'autres opérateurs du secteur touristique font face à de graves difficultés. Douglas représentait pour les propriétaires d'Hôtel, de Restaurant et de Plage une source de revenu considérable. Car il avait l'habitude d'amener 60 à 70 enfants vivre le confort de ces lieux interdits aux enfants de rue. Il y a aussi les groupes de visiteurs venus de plusieurs communautés des Etats-Unis pour visiter le projet. Pour dépenser 2 millions de dollars US dans une petite ville comme Cap-Haitien, il faut tout un réseau de complices. Des gens sont devenus riches grâce à Douglas Perlitz et son emprisonnement constitue une perte énorme.   

Pour les expatriés engagés dans des projets humanitaires sur le terrain Douglas était un parrain. Il dépannait ses compatriotes, des jeunes universitaires américains qui  cherchent à leur tour à créer leur empire à partir de quelques œuvres humanitaires. On n'a qu'à observer la stratégie d'une américaine très connue sous le nom de Sasha Kramer, celle du prêtre défroqué pédophile Ron Voss, suivie de Douglas Perlitz pour mieux comprendre le processus de mise en place du réseau d'influence et d'exploitation par certains ressortissants nord américains en Haïti.

Sasha Kramer :

1er    Elle arrive en Haïti comme missionnaire ou volontaire dans une petite activité de développement communautaire.

2e    Elle s'appuie sur les contradictions politiques, pour se donner une base sociale.

3e    Elle se montre fanatique du régime en place (Lavalas) pour avoir plus d'influence et dominer l'administration publique. 

4e    Elle supporte tous ses amis expatriés même quand ils se livrent à des activités illégales, immorales et corrompues. Certes, elle développe un projet louable de traitement de déchets, mais son support aveugle à Douglas soulève certaines questions très préoccupantes.

5e    Elle maintient de bon rapport avec la bourgeoisie locale - même anti-Aristide - qui l'aide à influencer les événements en faveur de ses amis expatriés. En effet, sa position politique n'est rien d'autre qu'un moyen de garantir son accès aux quartiers populaires de Shada, de Lafossette…

Le prêtre américain Ron Voss qui a reconnu avoir abusé sexuellement des petits garçons à Indiana a fait la même chose :

1e   Il est arrivé en Haïti comme missionnaire

2e   Il devient responsable de l'encadrement des religieux fraichement arrivés en Haïti

3e   Il se livre à des activités politiques pour s'identifier au mouvement Lavalas et mettre en place ses projets dans les quartiers populaires de Port-au-Prince afin de mieux exploiter les enfants démunis.

4e   Il participe à des manifestations en faveur d'Aristide et des immigrants haïtiens en Floride, cherche des occasions pour se faire photographier avec le Président Aristide.

5e   Il utilise ses relations pour consolider ses bases et se livrer à l'exploitation sexuelle des enfants dans les quartiers populaires.

6e  Dénoncé en 2005 par une organisation américaine de défense des enfants, il fut emprisonné et profita de l'évasion du Pénitencier national pour  se réfugier dans les Iles Bahamas.  

[Lisez : L'Affaire Perlitz risque de mettre à nu un réseau complexe d'activités pédophiles en Haïti. (http://reseaucitadelle.blogspot.com/2009/10/laffaire-perlitz-risque-de-mettre-nu-un_14.html)]

Douglas Perlitz avait cheminé de la même façon :

1er   Missionnaire en Haïti

2e    Décide de monter son ONG avec un projet d'éclat.

3e    Se positionne du coté du pouvoir en place et de la force politique dominante

4e    Exhibe photos et livres d'Aristide pour pouvoir tisser des liens politiques, dominer l'administration publique et consolider son ONG.

5e    Noue des liens avec la bourgeoisie locale - même anti-Aristide

6e    Se livre à l'exploitation sexuelle des enfants de rue avec l'espoir que son influence et ses amis lui garantira l'impunité.

7e   Dénoncé, il se réfugie chez son ami Ron Voss dans les Bahamas. 

En résumé, la stratégie consiste à :

- tirer profit de nos différends politiques,

- exploiter la faiblesse de l'Etat et d'offrir des services à la population,

- utiliser le régime en place (duvalieriste, aristidien ou prévalien), donc l'appareil étatique, pour dominer l'administration publique ou de la paralyser quand c'est nécessaire,

- soudoyer la bourgeoisie locale et les affairistes sans scrupule de la classe moyenne pour construire une sorte d'immunité,

- se livrer à des actes d'abus et d'exploitation de toute sorte et défendre le clan à tout prix.

Par exemple, dans l'affaire Douglas Perlitz inculpé par un grand Jury américain pour abus sexuels sur les enfants de rue, Sasha Kramer mène une campagne qui consiste à :

- dénigrer ceux qui dénoncent l'inacceptable,

- supporter les complices et  encourager d'autres  victimes à mentir à la police et la justice haïtienne ou américaine.

Au centre-ville de Cap-Haitien, un appartement est loué pour loger un ''Groupe de 6 jeunes'' anciens victimes mais qui acceptent de défendre le prédateur.  Alors que la majorité des enfants victimes dorment sur les trottoirs de la ville ou à la belle étoile, les 6 victimes qui acceptent de cacher la vérité sont récompensées. Ils constituent le fer de lance de la campagne d'intimidation et exercent des pressions sur d'autres enfants victimes allant même jusqu'à proférer des menaces contre les employés qui  acceptent de coopérer avec la police et la justice.

Toutefois, depuis l'arrestation du Prédateur sexuel et son incarcération à Connecticut le 14 juillet 2009, ils reçoivent moins de fonds. Sasha s'organise pour leur assurer le minimum. Aussi, sont-ils bien perçus aux yeux des éléments de la bourgeoisie locale qui cherchent désespérément à étouffer l'affaire. Les  avantages promis par Perlitz sont ainsi dans l'impasse et ces jeunes deviennent plus menaçants.

La lenteur de la justice haïtienne dans ce dossier leur facilite la tache, car impunément, ils peuvent accuser n'importe qui d'avoir empoché de l'argent, pour détruire Douglas. Les excès de zèle des jeunes qui sont pris en charge par Sasha leur pousse à menacer d'autres enfants de rue sans abri qui refusent d'adopter leur position.

[Lisez : Une firme d'intelligence travaille à manipuler les victimes du Projet Pierre Toussaint au Cap-Haitien. (http://reseaucitadelle.blogspot.com/2009/11/une-firme-dintelligence-travaille.html)]

Pourtant, il est facile de revivre l'intrépidité et la dignité de nos ancêtres quand ces victimes déclarent à qui veut l'entendre : « Nous avons été victimes, nous n'avons pas peur de le dire. Douglas n'est pas le Bon Dieu, même quand nous souffrons dans la rue nous n'allons pas accepter ces conditions. Nous dénonçons ses abus,  nous sommes prêts à aller jusqu'au bout, nous n'avons pas peur de mourir. » Ils criaient ainsi quand nous leur avons demandé de ne pas parler à haute voix, de peur que les passants n'apprennent leur situation. Nous étions satisfaits de cette réaction faite en présence des journalistes du Connecticut Post. Au moins, les visiteurs sauront que tous les haïtiens ne sont pas des invertébrés. De plus, la souffrance ne justifiant pas l'immoralité, même des enfants de rue démunis peuvent faire preuve de dignité et dire non.

Le silence du Maire de la ville du Cap-Haitien dans le dossier Douglas Perlitz traduit fidèlement la situation d'influence de ce réseau mafieux sur l'administration publique. Sasha Kramer a supporté la campagne électorale du Cartel en place qui dirige la ville du Cap-Haitien. Comme nous l'avions signalé, elle dispose des liens solides au sein de la bourgeoisie. Donc, le Dossier Douglas Perlitz n'avancera pas. Même avec son comportement envahissant, Michel Saint-Croix continue d'éviter le sujet. Le maire n'a rien fait pour encadrer les victimes. N'était-ce l'intervention des Nations Unies et de l'Ambassade des Etats-Unis, Perlitz serait encore en Haïti. Du coté haïtien, seule la Police Nationale d'Haïti (PNH) a fait un travail digne de respect.

Comme nous l'avons dit plus haut, des affairistes de la bourgeoisie locale, liés au secteur hôtelier, cherchent à maintenir les enfants de rue dans l'exploitation sexuelle. Dans le cadre de leur complicité, ils acceptent que des étrangers, des touristes sexuels séjournent dans leurs hôtels avec des mineurs (petits garçons et petites filles). Les autorités locales, spécialement la Mairie, ne prennent aucune mesure pour réprimer de tel comportement.  Une situation qui nous porte à nous demander si la défense de l'Enfant haïtien ne nécessite pas une approche de ''lutte de classes sociales''. Car, la bourgeoisie haïtienne et les arrivistes soumis de la classe moyenne, devenus Maires, parlementaires ou leaders de la société civile, continuent de regarder les enfants démunis avec mépris. On dirait qu'un enfant n'est digne de respect et de protection que s'il est issu d'une des familles de la classe dominante. Pour ces haïtiens, les enfants du peuple (les paysans et les pauvres des bidonvilles) peuvent continuer à subir tous les abus et exploitations imaginables, pourvu que cela ne leur empêche pas de s'enrichir. Toutefois, il y a encore des gens honnêtes et sérieux dans notre société en déclin, car une pension de la ville a expulsé un citoyen canadien parce qu'il avait pris l'habitude de  faire monter des fillettes dans sa chambre.

Joyeux Noël!

RESEAU CITADELLE (Ré.Cit.), le 23 décembre 2009, 22 hres 27.


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