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lundi 31 mai 2010

Le sénateur Youri Latortue saisit officiellement l’ULCC au sujet d’un éventuel dossier de corruption au CEP.

Haïti-Corruption


Le sénateur Youri Latortue saisit officiellement l'ULCC au sujet d'un éventuel dossier de corruption au CEP

Un dépassement budgétaire de 75 millions de gourdes non notifié par le CEP au Parlement devrait également faire l'objet d'une investigation

jeudi 27 mai 2010,


Le sénateur de l'Artibonite Youri Latortue a officiellement sollicité de l'Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) une enquête sur des faits qui lui ont été rapportés relatifs à un dossier d'appel d'offres lancé par le Conseil Electoral Provisoire (CEP) et qui aurait été remporté par une entreprise appartenant à un proche parent d'un membre de la direction de l'organisme électoral.

Par lettre en date du 25 mai adressée à l'ULCC, le parlementaire précise qu'une société commerciale, « la Jocco Multi Sports », a, parait-il, gagné un appel d'offres lancé par le CEP pour la fourniture d'une certaine quantité de maillots et de lampes de poche pour une valeur de 14 millions 662 mille 810 gourdes.

« Plusieurs anomalies relevées dans ce dossier soulèvent des interrogations et me semblent suffisamment douteuses pour justifier l'ouverture d'une enquête sérieuse », ajoute-t-il.

« D'aucuns se demandent si cette entreprise existe car elle demeure introuvable à l'adresse mentionnée dans sa patente et les résidents de l'immeuble affirment ne pas la connaitre, car elle n'a jamais été logée à l'adresse indiquée », informe Youri Latortue.

Il demande par ailleurs à l'ULCC de lancer également une investigation sur un dépassement budgétaire de 75 millions de gourdes du budget de l'année en cours de l'organisme électoral. Le parlement n'aurait pas été informé de ce fait, selon Latortue.

Dans un communiqué rendu public en début de semaine, le CEP avait apporté des éclaircissements sur le dossier de la « Jocco MultiSports » précisant que l'affaire n'a pas été conclue sous l'administration de l'actuel président du CEP, M. Gaillot Dorsainvil. [jmd/Radio Kiskeya]

Exclusion du sénateur Judnel Jean du parti « Haïti en action »

Exclusion du sénateur Judnel Jean du parti « Haïti en action »

Le parti du sénateur Youri Latortue ne se porte plus garant des actes, des mouvements et des déclarations de Judnel Jean

lundi 31 mai 2010,

Le directoire du parti « Haïti en action » (sigle créole AAA), a officiellement annoncé lundi la radiation de cette formation politique du sénateur Judnel Jean (Nord-Est).

Dans un communiqué signé de son coordonnateur national, le sénateur Youri Latortue (Artibonite), le directoire du parti AAA indique qu'il ne se porte plus garant des actes, des mouvements et des déclarations de Judnel Jean. La mesure prend effet dès la publication de la note.

Judnel Jean fait partie des sénateurs qui, opposés au départ au projet de loi d'Etat d'urgence de 18 mois, avaient fait défection à la dernière minute pour rejoindre la majorité présidentielle et faciliter le vote de la loi controversée. Il devait par la suite s'allier aux sénateurs qui ont rendu possible le vote de la loi portant prorogation du mandat présidentiel.

Dans le cas du vote de la loi d'Etat d'urgence, le bruit avait circulé sur le fait que Judnel Jean et consorts avaient monnayé leurs votes. Le Réseau National des Droits Humains (RNDDH) avait alors sollicité une enquête de l'Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) sur ces rumeurs.

Visée dans celles-ci, l'ex-sénatrice Céméphise Gilles (Nord) avait annoncé une action en justice contre le RNDDH. Pour sa part, l'ULCC n'a jamais fait savoir publiquement si elle comptait donner suite à la requête de l'organisme de défense des droits humains. [jmd/Radio Kiskeya]

Le secteur privé s'oppose à un renversement du gouvernement Préval.

Le secteur privé s'oppose à un renversement du gouvernement Préval.

Le président de la Chambre de Commerce et d'Industrie d'Haïti (CCIH), Reginald Boulos, n'appuie pas la mobilisation de plusieurs secteurs de l'opposition qui veulent renverser le gouvernement de René Préval.

Dans une interview à radio Métropole, M. Boulos a mis l'accent sur la nécessité d'éviter la formation d'un gouvernement de transition qui ne fera qu'accentuer les problèmes. L'homme d'affaires rappelle que les gouvernements de transition au cours de ces 25 dernières années n'ont pas permis de résoudre les problèmes. Faisant remarquer qu'un gouvernement provisoire contribuera à créer un climat d'instabilité, le président de la CCIH soutient que les acteurs doivent se préparer pour obtenir le décaissement des fonds promis par les donateurs.

Entre autres le coordonnateur du Forum économique estime que la démission de Préval ne fera qu'aggraver la situation des sans abris dans les camps.

A 10 mois de la fin du mandat de René Préval, le président de la CCIH exhorte les acteurs à concentrer leur attention sur la préparation d'élections crédibles. Il invite les acteurs politiques à s'engager dans un dialogue constructif sur la crédibilité de l'organisme électoral. Il croit que le chef de l'Etat devrait prendre l'initiative de ce dialogue indispensable avant le lancement du processus électoral.

LLM / Radio Métropole Haïti

Des leaders politiques condamnent l'attentat contre la résidence du chef de l'Etat.

Des leaders politiques condamnent l'attentat contre la résidence du chef de l'Etat.

Plusieurs leaders de l'opposition haïtienne, dont Luc Mesadieu ( Mochrena) Harry Marsan (OPL), Turneb Delpé ( PNDPH), condamnent l'attaque d'individus armés contre la résidence du président Préval.

Pasteur Mesadieu et Turneb Delpé estiment que les forces de l'ordre doivent renforcer le dispositif sécuritaire à la résidence du chef de l'état. Luc Mesadieu rappelle toutefois que la population a le droit de manifester sa volonté politique.

De son coté, Rosny Desroches de l'Initiative de la Société Civile (ISC) condamne également l'attentat contre la résidence du chef de l'Etat à Laboule 20. Il souhaite que cet incident n'entraîne une phase de violence dans les rapports politiques en Haïti. M. Desrosches et plusieurs autres dirigeants de l'opposition sont dans l'attente des résultats de l'enquête sur ce dossier. M. Desroches n'a pas voulu faire de spéculations et préfère attendre les résultats de l'enquête policière qui doivent être rendu publique.

Pour sa part le chef de file du KID, Evans Paul, dit craindre qu'il s'agisse d'une manipulation des proches du pouvoir. Il signale que cet attentat est survenu alors que la mobilisation contre Préval commence à s'intensifier. Evans Paul se dit précautionneux et réclame plus de transparence sur ce dossier.

Le porte parole de l'OPL, Harry Marsan, partage les préoccupations de M. Paul. Faisant remarquer que l'attentat n'a rien a voir avec la mobilisation de l'opposition, l'ex-député Marsan réclame une investigation afin de capturer les bandits.

Je condamne énergiquement de telles agressions martèle M. Delpé pour qui il peut s'agir de manœuvre de diversion visant a freiner la mobilisation antigouvernementale.

LLM / Radio Métropole Haïti

Calvaire d’une étudiante en quête d’un passeport.

Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés - GARR

69, Rue Christ-roi

Port-au-Prince, Haïti

Téléphone (509) 39 00 57 03                                                  e-mail: garrhaiti@yahoo. com ,  site : www.garr-haiti.org

        

Haïti /Système Etat Civil/Témoignages d'une victime

 

Le calvaire d'une étudiante en quête d'un passeport

31 mai 2010

 

Agée d'une vingtaine d'années, Yonie Pierre, une jeune étudiante originaire de Jean-Rabel (Nord-Est) est l'une des nombreuses personnes à payer les frais du dysfonctionnement du système d'Etat civil haïtien. Victime à différents niveaux et en maintes occasions, elle raconte son calvaire.

 

« Mes péripéties ont commencé quand je devais entamer les procédures pour l'obtention d'un passeport car je compte poursuivre mes études à l'étranger ; je me suis rendue au bureau des Archives Nationales à Port-au-Prince pour un extrait des Archives. J'ai été étonnée d'apprendre que l'acte de naissance que j'utilisais pendant des années de scolarité, n'a jamais été enregistré, et par conséquent, je ne pouvais pas avoir un extrait de cet acte ».

 

Et l'étudiante de poursuivre : « Consternés, mes parents ont engagé un avocat pour un jugement et lui ont versé 10 000 gourdes. Peu de jours après, il nous a remis un extrait où le nom de ma mère avait changé. Mes parents ont dû encore débourser 10 000 gourdes pour un jugement rectificatif ».

 

Le calvaire de Yonie Pierre ne s'est pas arrêté là. Il lui restait à franchir la dernière étape, celle du passeport. En décembre 2009, elle a effectué le dépôt de ses pièces au Service de l'Immigration  et de l'Emigration.  Après plusieurs rendez-vous, elle a pu enfin obtenir fin mars 2010 son passeport qui comportait, hélàs, une erreur significative : le lieu de naissance indiqué n'était pas Jean-Rabel mais plutôt la ville de Jérémie dans la Grande-Anse.

 

Dans ses tentatives de faire corriger le passeport, l'étudiante s'est dirigée vers un responsable du Service de l'Immigration et de l'Emigration qui lui a proposé tout bonnement de recommencer la procédure en achetant à nouveau, un timbre de 1600 gourdes et formuler une seconde demande de passeport si elle souhaite obtenir le document dans peu de jours. A ce sujet, l'étudiante confie : « un racketteur m'a laissé entendre qu'il est prêt à faire corriger mon passeport dans 48 heures moyennant le paiement de 7500 gourdes ».

 

Depuis de longues années en Haïti, disposer d'un document d'Etat civil ou d'identification valide prend l'allure d'une course d'obstacles. Des organismes dont le GARR continuent d'alerter les responsables sur les injustices et violations de droits humains générées par l'actuel système d'Etat civil.

 

Il importe de rappeler qu'un grand nombre d'établissements d'enseignement supérieur ont été effondrés après le séisme et de jeunes Haïtiens/Haïtiennes se retrouvent devant l'urgente nécessité d'obtenir à temps un document de voyage permettant leur départ pour des études à l'étranger.

 

Les autorités en place doivent s'atteler à combattre les dysfonctionnements du système d'Etat civil et d'identification car ils fragilisent à la fois les droits à l'identité et à l'éducation des fils et filles du pays.

 

Lisane André
Responsable de la Section

Communication & Plaidoyer

GARR


dimanche 30 mai 2010

Bulletin météo du Dimanche 30 mai 2010.


Valable jusqu'au  01 juin 2010

Situation synoptique dans la Caraïbe et  sur l'Atlantique
Un faible creux en surface est  localisé sur la République Dominicaine. Il se déplace en direction du canal de la Mona avec des averses largement isolées. L'amélioration  dans les conditions du temps continue graduellement sur Haïti.

Prévisions pour Haïti
- Temps  ensoleillé ce matin ;
- Quelques Périodes nuageuses en après-midi et en début
de soirée ;
- Températures clémentes en  soirée ;
- Chance de pluie isolée faible en soirée . 

Prévisions  pour Port-au-Prince et environs  
* Partiellement  nuageux  ce matin.
* Quelques passages nuageux cet après-midi et en début
de  soirée ;
* Tº. max. : 35 ºC ; Tº min: 22ºC ;
* Chance de pluie isolée en soirée. 

Avis
Tenant compte de l'amélioration graduelle  dans les conditions  du temps,  le Centre National de Météorologie (CNM) de concert avec le SPGRD et la DPC met un terme ce dimanche 30  mai 2010  à la série de bulletins spéciaux  lancés  depuis plus de huit
(8) jours sur Haïti, mais  demande encore une fois à la population des zones à risques d'écouter tous les bulletins météo et  d'être toujours sur sa garde en cas de pluie.

Lever & coucher du soleil pour Port-au-Prince
Aujourd'hui 30  Mai.    
Lever : 05h 12mn
Coucher : 06h 22 mn

Lundi 31  Mai. 
Lever : 05h 12 mn
Coucher : 06h 22 mn

Mardi 01 Juin.    
Lever : 05h 12 mn
Coucher : 06h 22 mn

Esterlin Marcelin , Prévisionniste au CNM


Bulletin météo marine du dimanche 30 mai 2010

Valable jusqu'au 31 mai 2010

Prévisions maritimes:
Zone côtière nord :

Dimanche et lundi
* Vent du secteur nord-est : 10-15 nœuds ;     
* Hauteur des vagues: 4 à 6  pieds
* Mer  peu agitée ;

Golfe de la Gonâve :
Dimanche et lundi
* Vent du secteur sud-ouest à ouest: 10 nœuds ;  
* Hauteur des vagues : 2 à 3 pieds ;
* Mer  peu  agitée ;

Zone côtière sud:
Dimanche et lundi
* Vent du secteur sud-ouest à ouest: 10 nœuds ;   
* Hauteur des vagues : 2 à 3  pieds ;
* Mer peu agitée

Esterlin Marcelin, Prévisionniste au CNM 

Un haïtien, héros du football américain à la mondiale de 1950, tué à Fort Dimanche : Un exemple de plus de notre barbarie.


Un haïtien, héros du football américain

à la mondiale de 1950, tué à Fort Dimanche :

Un exemple de plus de notre barbarie.

Courtoisie : RÉSEAU CITADELLE.

_________________________________


Joe Gaetjens, a Haitian immigrant,

scored the greatest goal in American

soccer history. He should have been a hero.

Instead, Gaetjens was abducted and died

in a Haitian prison.

"Outside the Lines" sheds light on his story.


Your friend has sent you an ESPN video!


OTL: A Goal, A Ghost
Check out this video!

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samedi 29 mai 2010

Flash ! Flash ! Violence au Cap-Haitien.

Flash ! Flash ! Violence au Cap-Haitien.

 

Par : Cyrus Sibert, souvenirfm@yahoo.fr
Le Ré.Cit.- Réseau Citadelle, Cap-Haïtien, Haïti.

www.reseaucitadelle.blogspot.com

 

Une situation de tension règne au Cap-Haitien, actuellement (Samedi 29 mai 2010, 19 heures 45). Il y a des jets de pierres et de tessons de bouteilles à partir de la rue 2 L jusqu'à Sainte-Philomène sur la route nationale #1.  Une situation de violence qui fait suite à l'incident de ce vendredi 28 mai 2010.

 

La veille, des policiers du corps UDMO avaient réprimé dans le sang une protestation pour le courant électrique à Cité Lescot. Les protestataires s'étaient dits mécontents au point de récidiver pour prouver qu'ils n'ont pas peur et du fait qu'ils sont déterminés à aller jusqu'au bout.

 

Avec l'arrivée de la coupe de monde de football, des jeunes des quartiers de Cité Lescot réclamaient l'électricité. 4 personnes ont été blessées par balles ce vendredi 28. Une situation de tension qui avait paralysé les activités dans la 2e ville toute la journée. La MINUSTAH était à pied d'œuvre pour rétablir l'ordre. Une opération  qui était vraiment difficile.

 

Ce samedi, les jeunes de Cité Lescot reprennent leur mobilisation. Ils se disent prêts à affronter les forces de sécurité, à paralyser la ville jusqu'à ce que leur revendication soit prise en compte par les responsables de l'EDH.

 

Le fait que la violence soit étendue jusqu'à  Sainte Philomène est une preuve que les protestataires de Cité Lescot ont rallié d'autres quartiers populaires à leur mouvement.

 

RÉSEAU CITADELLE (Ré.Cit.), le 29 Mai 2010, 19 hres 50.


Compte-rendu du Débat sur le PSSN à l'Université Paris VIII

Compte-rendu du Débat sur

Le Plan Stratégique de Sauvetage National (PSSN) à l'Université Paris VIII.

Le Conseiller Technique du Plan Stratégique de Sauvetage National, Guichard Doré, a été l'invité, ce vendredi 28 mai 2010, du Groupe de Réflexion sur Haïti de l'Université Paris VIII afin de présenter et d'animer un débat sur le Plan Stratégique de Sauvetage National (PSSN) avec les chercheurs et spécialistes travaillant sur Haïti et l'Amérique Latine. L'Intervenant dans un exposé de 45 minutes a présenté les points saillants des axes stratégiques de la première partie du PSSN : « Réformer l'Etat et mettre en place le processus de la décentralisation ». Dans un brillant exposé de facture technique remarquable bourrée de concepts de management public et d'ingénierie organisationnelle, Monsieur Doré a attiré l'attention des chercheurs et spécialistes présents sur l'impérieuse nécessité de moderniser et de renforcer les capacités organisationnelles de l'Etat haïtien et sur l'urgence de l'institutionnalisati on de la démocratie en Haïti. Il a mis l'accent sur la déconcentration, la décentralisation et la promotion des valeurs républicaines en Haïti. Le conférencier croit que « la mauvaise gouvernance et les assauts antidémocratiques constituent une menace sérieuse pour la stabilité républicaine et la coexistence pacifique en Haïti ». L'invité s'est prononcé « pour l'émergence d'une élite républicaine qui doit prendre en charge la dynamique historique de la nation et conduire le changement programmatique de la société ».


L'invité s'est prononcé contre l'occupation du pays et réclame la création d'une force armée de type militaire pour assurer la sécurité interne et externe de l'Etat haïtien. Doré affirme qu'il y a toujours « une commande publique de type militaire en Haïti depuis 1994. Il y a toujours des militaires en Haïti sauf qu'ils ne sont pas des Haïtiens. » Il croit que l'État ne peut pas se désengager des missions de souveraineté nationale. « La Nation doit se doter des moyens pour faire face aux différentes menaces et atteintes possibles à sa sécurité, qu'elles proviennent d'actions hostiles ou de catastrophes naturelles. La sécurisation des frontières et de l'espace territorial national est primordiale » Dénonçant que la sécurité extérieure de l'Ile d'Hispaniola est assurée depuis la dissolution de la FADH par l'armée dominicaine, il pense que « la dissolution de la FADH n'a fait que casser la colonne vertébrale de la société haïtienne. » L'armée dit-il fait partie de la formation sociale haïtienne. Il croit ce qu'il fallait faire en 1994 c'était la réforme de l'institution militaire et non sa dissolution. Pour lui, la sécurité nationale est totale « elle embrasse la sécurité intérieure et la sécurité extérieure d'Haïti. Elle mobilise les moyens militaires, les moyens civils, économiques et diplomatiques ». Pour lui, il n'y aura pas d'investissements importants en Haïti sans une force armée nationale pour assurer la sécurité intérieure et extérieure de l'Etat. Pour Doré, l'armée dominicaine est une garantie pour les investissements privés en RD. Croyant dans les valeurs républicaines, il s'est prononcé pour le respect de la Constitution de 1987 qui reconnaît deux forces armées en Haïti.


Doré s'est dit pour la professionnalisation de la police nationale, de la fonction publique d'Etat et de la fonction publique des Collectivités Territoriales. Il opte pour une meilleure gouvernance stratégique du pays. « Les élites caribéenne sont en compétition, les Haïtiens doivent comprendre cette réalité ». A ses yeux, « le PSSN doit être la voie intellectuelle à suivre pour construire un pays sociologiquement réconcilié avec le progrès afin de forger un destin humainement acceptable pour le peuple Haïtien ». Il s'est positionné pour la double nationalité et dit qu'il faut « utiliser la diaspora comme un instrument de politique de puissance et mettre la diplomatie haïtienne au service du développement économique du pays ».


Monsieur Doré qui conduit actuellement des recherches en économie de l'éducation et du développement, affirme qu'il faut : « assurer la diversification sociale du marché des élites en Haïti en donnant des bourses d'études d'excellence aux étudiants issus des familles socialement et économiquement défavorisées ayant des capitaux cognitifs supérieurs à la moyenne de leur groupe d'âge ». Il croit qu'il faut conduire une véritable politique d'éducation et de formation mais, a-t-il soutenu « la trappe à pauvreté conduit à une trappe éducative (….) la pression démographique induit une pression pour la scolarisation universelle » Affirmant qu'avant le séisme, il y avait 500.000 enfants d'âge scolarisables qui étaient exclus du système éducatifs, le conférencier croit que le déséquilibre entre la démographie et la croissance économique agit négativement sur le système éducatif haïtien. Il prône le développement des capacités d'adaptation du système éducatif et la pertinence des disciplines enseignées au regard des besoins présents et futurs de l'économie et du développement global de la société. Il a évalué à $100 millions par an la somme d'argent que les étudiants haïtiens paient pour leur formation en République Dominicaine.


Après l'exposé riche et éclairant qu'il a présenté avec conviction, les chercheurs, qui composaient l'assistance, étaient invités à établir un dialogue contradictoire avec le conseiller technique du PSSN. Dans un débat argumenté, intéressant et d'intérêt public, divers points et interrogations relatifs aux enjeux de la modernisation politique en Haïti ont été soulevés : les paramètres de la sécurité et la question militaire, la gouvernance administrative et politique, le rôle de la diaspora, la diplomatie haïtienne, la réforme de la justice, les enjeux de la décentralisation dans le contexte d'un Etat faible, la coopération internationale, le capital humain ect. Satisfait de cette première rencontre, l'auditoire a remercié Monsieur Doré pour son exposé et lui a demandé de présenter ses mots d'encouragement aux initiateurs du PSSN.


Le président du Groupe de Réflexion sur Haïti a chaleureusement remercié Monsieur Doré et l'a invité à venir présenter la deuxième partie du PSSN « libérer la croissance et promouvoir le développement socioéconomique. » au Groupe de Réflexion sur Haïti de l'Université Paris VIII le vendredi 2 juin 2010. Ce débat sera ouvert à d'autres groupes de spécialistes.


Par ailleurs pour permettre à l'ensemble de la communauté de bénéficier, de discuter et de partager avec les porteurs de ce projet de société remarquable pour Haïti, plusieurs organisations ont décidé d'inviter au mois de septembre 2010 les membres du Comité de Pilotage du PSSN et les acteurs européens du développement qui agissent sur le terrain en Haïti avant et après le séisme du 12 janvier dans un grand rassemblement à Paris autour du PSSN.

Paris le 29 mai 2010

Jean Emmanuel


Membre du Groupe de Réflexion sur Haïti de l'Université Paris VIII

Bulletin spécial # 9 du Samedi 29 mai 2010.

Bulletin spécial # 9 

du samedi 29 mai 2010

 

Phase d'Alerte au niveau de Vigilance orange  aux fortes pluies du Plan National de Gestion des Risques et des Désastres(PNGRD)

 

                     L'axe d'un creux en surface est entrain de traverser la portion est de l'île d'Haïti ce matin. Toutefois, les cellules convectives qui se trouvent à l'arrière de ce creux pourraient encore générer des averses de pluies importantes sur certains de nos départements aujourd'hui.

 

              Face aux cumuls de pluies déjà enregistrés sur notre région, le Secrétariat Permanent pour la Gestion des Risques et des Désastres (SPGRD)  maintient une fois de plus ce samedi 29 mai 2010  à 10 h am à  la phase d'alerte au niveau de vigilance orange (i.e. risque d'impact d'intensité modérée à sévère ) aux fortes pluies et annonce l'activation du Plan National de Gestion des Risques et des Désastres(PNGRD) face aux menaces de fortes pluies avec risques de crues de rivière, d'éboulements, de glissement de terrain, d'effondrement et d'inondations pour les départements du nord-ouest, du Sud, des Nippes et du Sud-est et de vigilance jaune  pour les autres départements ( Grande-anse, Ouest,  Nord, Nord-est, Artibonite, Centre).

 

           Une amélioration du temps est prévue à partir de ce Dimanche. Par conséquent, le Centre National de Météorologie (CNM) de concert avec le SPGRD et la DPC pourrait mettre un terme demain à la série de bulletin spécial lancée depuis plus de huit (8) jours sur Haïti, mais réitère une fois de plus sa demande auprès de la population des zones à risques d'éboulements, de glissement de terrain et d'inondations, de rester vigilante et d'appliquer scrupuleusement toutes les consignes pratiques de sécurité émises par les autorités locales.

 

Consignes

 

·        Evitez de circuler et de rester dans des endroits exposés aux éboulements et de glissement de terrain.

·        Surveillez la montée des eaux. Si votre habitation est menacée par des inondations, d'éboulements et de glissement de terrain, préparez vous à évacuer.

·        Ne pas traverser les rivières en crues sous aucun prétexte.

 

Prochain bulletin : Dimanche 30 mai à 10h am   

 

 

Jacquet Jackson, Prévisionniste au CNM  

 

 

 

Bulletin météo marine du samedi 29 mai 2010

 

Valable jusqu'au 30 mai 2010

 

PrÉvisions maritImes:

Zone côtière nord :

Samedi & dimanche

v  Vent du secteur nord nord-est : 10-15 nœuds, devenant nord-est à est dimanche ;      

v  Hauteur des vagues: 3 à 4  pieds aujourd'hui, mais augmentant de : 4 à 6 pieds demain;

v  Chance de  pluie et d'orages isolés aujourd'hui;

v  Mer  plus ou moins agitée ;

v  Les voiliers doivent prendre des précautions en mer.

 

Golfe de la Gonâve :

Samedi & dimanche

v  Vent du secteur sud-ouest à ouest: 10-15 nœuds ;   

v  Hauteur des vagues : 3 à 5 pieds ;

v  Pluie et orages encore attendus aujourd'hui ;

v  Mer  plus ou moins agitée ;

v  Les voiliers doivent prendre des précautions en mer. 

 

Zone côtière sud:

Samedi & dimanche

v  Vent du secteur sud-ouest à ouest: 10-15 nœuds ;    

v  Hauteur des vagues : 3 à 5 pieds ;

v  Averses orageuses encore prévues aujourd'hui ;

v  Mer agitée lors des orages. Donc, il est toujours conseillé aux voiliers de ne pas s'aventurer en haute mer lors de ses averses.

 

Jacquet Jackson, Prévisionniste au CNM  


Thèmes de l'Emission de la semaine : C'est quoi le PSSN?

Thèmes de l'Emission de la semaine 

Orlando le 28 mai, 2010

Actualités Politiques : Grandes Lignes

Bonsoir chers auditeurs. Vous écoutez sur les ondes de Radio Classique Inter, l'émission Actualités Politiques, Grandes lignes, animée par Robert Bénodin.

 

Nous avons avec nous, sur les ondes de Radio Classique inter, Le Dr. Georges Michel, opinant sur la présentation du PSSN à New York, le 16 mai 2010.

 

Georges Michel, nous vous souhaitons la bienvenue sur les ondes de Radio Classique Inter.

 

1-0000000

RB : Vous avez participé à la présentation du Plan Stratégique de Sauvetage National à New York.

Pouvez-vous nous donner une définition du PSSN ?

 

GM : C'est un Plan Stratégique de Sauvetage National cohérent qui prépare une sortie de crise, adressant l'ensemble des problèmes du pays, la faim l'analphabétisme, l'énergie, l'infrastructure, la santé, l'éducation, le transport, la reforestation, etc. C'est un plan qui n'a pas de couleur politique. Peut importe la tendance de l'équipe qui accède au pouvoir, les problèmes ne changent pas. Ils demeurent les mêmes. Particulièrement après le 12 janvier, il faut forcément l'apport de tous. En fait, le PSSN a été conçu avant le 12 janvier. Présenté sous forme de livre, c'est un document de travail sérieux, un bon programme de gouvernement, pour n'importe quelle équipe qui accéderait au pouvoir. Le PSSN montre des pistes et des directions.

 

2-0000000

RB : Quelle est la différence entre le PSSN et le Plan de l'ONU présenté le 31 mars 2010 ?

 

GM : Le PSSN est un plan préparé pour les Haïtiens, par des Haïtiens. Ce que nous avons en Haïti, ceux sont des fonctionnaires de l'ONU, qui vont et viennent et n'ont aucun attache, aucun intérêt, aucun état d'âme. On n'a pas confiance dans ces fonctionnaires. Un grand homme de France, Barnave avait dit que, « On ne demande pas justice à ceux qui sont injuste. » L'ONU s'était arrangée avec Clinton pour détruire le pays pendant l'embargo. Ils ont voté une résolution contre nous en avril 1994. Il y avait dans le conseil de sécurité, le Rouanda qui opérait, à ce moment là, un génocide chez-lui, a voté contre nous et aussi le Nigéria qui était gouverné par le général putschiste, dictateur Sani Abacha. Pire ceux sont deux pays noirs de l'Afrique qui nous ont causé ce tort. Je n'attends rien de l'ONU. Pour que je puisse appuyer l'ONU dans quoi que ce soit, ce ne sera qu'après analyse.

Le PSSN n'est pas l'œuvre d'un homme. C'est un plan qui a été conçu par une équipe d'Haïtiens. C'est le fruit d'une réflexion haïtienne. C'est un plan de valeur.

 

3-0000000

RB : Est-ce que la différence ne vient pas du fait que le PSSN est un plan de gouvernance, mais celui de l'ONU n'est qu'un plan de reconstruction ?

 

GM : Oui ! C'est un plan qui est antérieur au 12 janvier. Il exprime ce que des Haïtiens veulent pour leur pays, comment l'organiser. Mais aussi il y a des points communs entre ces deux plans.

 

4-0000000

RB : A la présentation du PSSN faite à New York, ce qui avait retenu l'attention de l'audience, c'est le fait que vous avez introduit le PSSN comme fils de la constitution de 1987.

Pouvez-vous élaborer sur cette notion ?

 

GM : Je vais essayer de la résumer très rapidement. Ma présentation a deux parties. La première, c'est l'explication de ce qu'est la constitution de 1987 et le contexte dans lequel elle a été élaborée. Et le deuxième volet ceux sont les liens qui montrent que le PSSN soit sorti de la matrice de la constitution de 1987, dont il est un produit.

En substance, j'ai dit qu'à partir du 14 juin 1957, le général Kébraud prend le pouvoir dans le sang. Donne le pouvoir à Duvalier dans une mascarade électorale. Et entre le pays sous une dictature de 30 ans. C'est Antonio Kébreaud qui est le vrai père de cette dictature ! Dès la prise de pouvoir par Kébreaud les libertés publiques sont foulées au pied. Pendant 29 ans tant en Haïti qu'en Diaspora, des intellectuels réfléchissaient sur la solution constitutionnelle légale à apporter au pays. Lorsque l'assemblée constituante de 1987 s'est réunie, les idées étaient déjà là. Ce qui a permis que la constitution n'a pas pris de temps pour être rédigée. La constitution de 1987, c'est le fruit de 29 ans de maturation et de réflexion. Ce n'est pas lors de la première réunion de l'assemblée que les réflexions ont commencé.

Il y a deux axes dans cette constitution :

-La limitation du pouvoir personnel

-La garantie des libertés fondamentales et des libertés publiques.

On a aussi aboli les visas d'entrée et de sortie, pour mettre fin à l'exil. Ce que le gouvernement de Duvalier exploitait pour maintenir des citoyens en exil. La protection pour le journaliste contre la révélation de ses sources d'information. Les libertés d'association, d'opinion, de réunion, de manifestation pacifique, sont garanties par la constitution. Il y a un autre pilier qu'offre cette constitution contre un problème qu'Haïti a souffert depuis 1918, l'instabilité constitutionnelle. La constitution de 1889 est restée jusqu'à l'arrivée des Américains en 1915, qui l'a remplacée. Ils nous ont introduits dans un autre cycle d'instabilité constitutionnelle, qui a pris fin avec la constitution de 1987, malgré les manœuvres que le pouvoir en place et ses associés sont en train d'entreprendre pour remplacer la constitution de 1987. C'est la 3e constitution qui a duré le plus longtemps dans l'histoire du pays depuis 1804, après celle du président Hyppolite en 1889 et celle du président Pétion en 1816. C'est la constitution qui a duré le plus longtemps au XXe siècle. C'est la seule que nous ayons au XXIe siècle qui a survécu déjà 10 ans.

Le PSSN sort du projet de société que la constitution de 1987 a apporté. L'un des aspects nouveaux apportés comme innovation par la constitution après les 29 ans de Duvalier, c'est la décentralisation administrative et économique en Haïti. Le gouvernement actuel dit qu'il l'appuie officiellement. Mais il est en réalité en train de bloquer la décentralisation effective. On doit profiter de la reconstruction après le tremblement de terre, pour entreprendre la décentralisation en vérité. Le PSSN est d'accord avec les limitations du pouvoir personnel, avec les principes démocratiques, avec le respect des libertés publiques, avec la liberté des élections et le respect de leurs résultats. Le PSSN est pour la stabilité constitutionnelle.

 

5-0000000

RB : Parmi les points qui suscitent le plus de controverse, c'est la double-nationalité, particulièrement l'article 15 de la constitution de 1987. Le PSSN se positionne-t- il par rapporte à cette controverse ?

 

GM : Le PSSN veut récupérer la Diaspora. Mais la double-nationalité suscite beaucoup de débats en Haïti. Ce n'est pas certain que l'on puisse obtenir la double-nationalité . Et je ne crois pas que la Diaspora ait besoin de la double-nationalité . En revanche la constitution n'empêche pas le cumul de nationalité. La diaspora peut très bien fonctionner avec le cumul de nationalité. 

Quel est la différence qui existe entre la double-nationalité et le cumul de nationalité ? C'est une différence très simple. Dans le cas de la double-nationalité , l'État reconnaît l'autre citoyenneté. Dans le cas de cumul de nationalité, on peut avoir 50 citoyennetés, l'État ne s'en soucie pas. L'État les ignore. Dans le cas du cumul de nationalité, l'État haïtien vous reconnaît comme Haïtien sur son territoire, peu importe le nombre de citoyennetés que vous auriez pu accumuler. Ce que vous faites en dehors des frontières d'Haïti, ça n'intéresse pas l'État haïtien. Comme nos lois s'inspirent du droit français, la France ne reconnaît pas la double-nationalité . En revanche le droit français reconnaît le cumul de nationalité. La Diaspora peut obtenir le cumul de nationalité rapidement. Parce que la constitution n'a jamais interdit le cumul de nationalité.

 

6-0000000

RB : Comment faire pour obtenir le cumul de nationalité ?

 

GM : Le gouvernement haïtien doit passer des instructions à ses consuls et à ses bureaux d'immigration pour délivrer des passeports haïtiens à tous ceux qui en feraient la demande.

Il y a un article de la constitution qui dit qu'en obtenant une autre citoyenneté, vous perdez la citoyenneté haïtienne, c'est vrai. Pour tempérer la rigueur de cette loi, il faudrait d'une autre loi qui dit qu'il faut en faire la déclaration officielle à un greffe avec pièce à l'appui. Tant que vous n'en aurez pas fait la déclaration officielle, l'État l'ignore. Ce serait une façon de contourner l'article sans le violer. On l'assortit d'une formalité qui empêche sa violation. On trouvera des gens qui ne veulent plus de la citoyenneté haïtienne. Ils n'auront qu'à en faire la déclaration. On a des cas d'enfants nés de parents haïtiens qui prennent naissance à l'étranger, parce que les parents ont décidé d'avoir les accouchements à Miami par exemple. Pour les États-Unis l'enfant est un Américain. Mais pour Haïti, c'est un Haïtien qui a pris naissance à Miami. L'enfant n'a rien d'un Américain. Voilà quelqu'un qui se trouve en situation de cumul de nationalité. C'est le cas du sénateur Rudolph Boulos, né de père et de mère haïtiens. La loi américaine est le jus soli. L'article 13 du code civil haïtien dit que :

Est Haïtien tout individu né en Haïti ou ailleurs d'un père haïtien ou d'une mère haïtienne.

Le lieu de naissance n'intéresse pas l'État haïtien. Si Haïti ne reconnaît pas cet enfant comme Haïtien, cela veut dire qu'Haïti accepte que la loi haïtienne soit inférieure à la loi américaine. La loi haïtienne est égale à la loi américaine. C'est le principe de l'égalité juridique des États, en droit international. Un autre exemple, un Haïtien qui épouse une Suissesse. Pour la Suisse quiconque épouse un Suisse ou une Suissesse, devient Suisse automatiquement. Un autre cas extrême, le Monseigneur Joseph Lafontant par exemple l'archevêque A.I. de Port-au-Prince, le Pape le nommerait secrétaire d'état ou assistant-secré taire d'état au Vatican. Monseigneur Lafontant devient un citoyen du Vatican. Perd-il sa nationalité haïtienne ? Le cumul de nationalité est une situation de fait que l'on constate. L'État en question n'a aucune emprise sur le cumul de nationalité. On peut se trouver en situation de cumul de nationalité sans le vouloir. Une simple décision administrative peut accorder le cumul de nationalité. Si vous voulez lire à propos du cumul de nationalité, lisez le livre par Pierre Maillard et Vincent Heuzé. Je n'invente rien. Voyez la loi française sur la nationalité sur l'Internet à www.diplomatie. gouv.fr . On peut laisser l'article 15 de la constitution tel quel. La constitution n'a jamais interdit le cumul de nationalité. On a deux lois qui admettent implicitement le cumul de nationalité. C'est la loi Voltaire 2003. Et la loi du 6 novembre 1984 qui a été abrogée. Le cas de perte de nationalité a été abrogé. Mais l'esprit du texte et la démarche judiciaire de cette loi n'a pas été abrogée. La Diaspora doit se mobiliser plutôt pour obtenir le cumul de nationalité en lieu et place de la double-nationalité. Il faut organiser le cumul de nationalité avec une nouvelle loi, mais pas un amendement de la constitution.

Ce qui est terrible, c'est qu'il y a des gens de l'équipe en place qui savent ce qu'est le cumul de nationalité, mais qui ne veulent pas en parler. Ils veulent se servir de la Diaspora comme moyen de pression pour amender la constitution pour abroger l'article 15, mais en associant à la pression de la Diaspora d'autres amendements qui servent leurs intérêts. S'il y a à Port-au-Prince une volonté politique en faveur du cumul de nationalité, ça ne prendre pas plus d'une semaine pour l'avoir.

 

7-0000000

RB : Ne faudrait-il pas aussi tenir compte de l'attitude xénophobe en Haïti ?

 

GM : Cela nous amènera à une discussion technique, ou à une polémique. On ne peut pas traiter de la même façon quelqu'un qui volontairement adopte une citoyenneté et un autre qui est saisi par une autre loi nationale involontairement. Un enfant né dans ces circonstances, ne peut pas être tenu responsable des conditions de sa naissance. Les articles 11 et 13 de la constitution demandent seulement que l'on ait au moins un auteur né Haïtien, le père ou la mère, pour avoir la nationalité haïtienne. Voilà ce que la loi exige pour que l'on puisse jouir des droits civils et politiques en Haïti. Un enfant né dans ces circonstances est très clairement dans un cas de cumul de nationalité. Avec cette condition de cumul de nationalité, il faut aussi créer une procédure de renonciation. On ne peut pas créer une procédure de renonciation à la nationalité étrangère, parce qu'elle n'engage pas un État étranger. La renonciation à la nationalité américaine par exemple, par devant un juge haïtien, n'a aucune valeur pour les États-Unis. Je viens de lire sur l'Internet que la loi française dit que les autres nationalités sont sans effet sur la nationalité française. Je vais faire des recherches supplémentaires. Parce que nous suivons les lois de ce pays, qui est notre ancienne métropole, souvent nous copions ses textes. Haïti peut dire aussi que les autres nationalités sont sans effets sur la nationalité haïtienne, quand ces autres nationalités sont de droit.

Un exemple frappant, c'est le cas de Siméus candidat à la présidence, qui est volontairement dans un état de cumul de nationalité. Son cas est différent de quelqu'un qui se trouve dans un état de cumul de nationalité involontaire, parce qu'il est né sur une terre étrangère de père et de mère haïtiens. Les gouvernements grec, français, italien, etc. acceptent le cumul de nationalité. Les pays qui reconnaissent la double-nationalité , sont très peu, les pays du Commonwealth par exemple. La majorité des Etats acceptent le cumul de nationalité. Le cumul de nationalité n'est pas interdit par la constitution de 1987.

 

8-0000000

RB : A quoi doit-on s'attendre comme opposition en Haïti, à la demande d'acceptation du cumul de nationalité ? Quelle sera l'argument contre ?

 

GM : On peut trouver une opposition politique et de mauvaise foi contre la double-nationalité . Tandis que le cumul de nationalité qui n'est pas interdit par la loi, ne peut pas provoquer de problème. Même s'il y aurait des opposants, la Diaspora a la constitution sur laquelle elle peut s'appuyer, parce qu'elle n'interdit pas le cumul de nationalité. C'est à la Diaspora d'exiger le cumul de nationalité. Tout refus de l'accorder sera une preuve de mauvaise foi contre la Diaspora. 

 

9-0000000

RB : Ne peut-on pas présenter l'argument que la constitution est muette sur le cumul de nationalité ?

 

GM : Tout ce qui n'est pas interdit est permis. Pour empêcher l'acceptation du cumul de nationalité, il faudrait d'une loi le prohibant. Ce serait une loi immorale qui diviserait les Haïtiens, alors que l'on essaie de les unir. Tous les enfants haïtiens nés à l'étranger, dont leurs parents ont pris la décision d'avoir des accouchements en terre étrangère, sont exclus, si le cumul de nationalité est rejeté. Ils sont innombrables ! La loi haïtienne n'est pas liée par la loi américaine du jus soli. La loi haïtienne du jus sanguinis est égale à la loi américaine du jus soli. Voilà l'argument, le point de loi que je défends ! Il n'y a pas que les Haïtiens vivant en Diaspora à avoir intérêt dans le cumul de la nationalité. Bon nombre d'enfants haïtiens de toutes les classes et de plusieurs générations sont nés en terre étrangère. Ces enfants sont la relève d'Haïti !

 

10-0000000

RB : Vous venez de démontrer que le cumul de nationalité soit possible. Avec le cumul de nationalité quels sont les droits récupérables par la Diaspora ?

 

GM : Elle a touts les droits. En cas de cumul de nationalité, Haïti ne reconnaît qu'une seule nationalité, la nationalité haïtienne. On ne peut pas non plus exiger aucune renonciation de nationalité étrangère. L'autre citoyenneté n'existe pas interdite par l'article 15 de la constitution. Le cumul de nationalité est une situation de fait, qui se constate, qui ne dépend pas de l'État qui l'octroi. Ce qui se fait en dehors des frontières d'Haïti ne concerne pas Haïti.

 

11-0000000

RB : A supposer que le cumul de nationalité soit un fait accompli. Vivant en Diaspora, l'Haïtien peut-il voter aux élections haïtiennes ?

 

GM : Il y a un danger dans le vote fait en Diaspora. Il serait mieux qu'on entre en Haïti pour voter. Le danger existe dans les possibilités de vol du vote de la Diaspora. Un consul peut aisément augmenter les résultats du vote en faveur de tel ou tel candidat. On n'a aucune garantie sur le niveau de sérieux de l'opération électoral en Diaspora. Ils peuvent aisément fausser les résultats. C'est un risque additionnel pour les élections qu'il faudrait éviter. Ce n'est pas que je veuille pénaliser la Diaspora. Je crois qu'il serait mieux qu'elle entre en Haïti pour voter. C'est un problème d'honnêteté. C'est un problème d'intégrité. C'est un problème d'homme. On n'est pas encore à ce niveau là. C'est une nouvelle opportunité qui s'offre pour la confiscation des élections. En fait le combat politique pour l'année 2010, c'est précisément d'empêcher que l'on vole à nouveau les résultats des élections ! La récupération du droit de vote de la Diaspora, pour qu'elle compte, devra se faire en Haïti, pour éviter le pire ! On ne peut pas se fier aux consuls !

 

12-0000000

RB : Quelle est la procédure à laquelle la Diaspora doit s'engager pour récupérer ses droits civils et politique à travers le cumul de nationalité ?

 

GM : Que la Diaspora demande aux autorités haïtiennes de prendre une position claire sur le cumul de nationalité. Qu'elles passent des ordres de délivrer des passeports haïtiens à ceux qui en font la demande. Arrivé aux ports d'entrée en Haïti, quel que soit le passeport que vous présentez ont mettra le sceau dessus, etc.  L'essentiel, il faut qu'on se mette d'accord que la constitution n'interdit pas le cumul de nationalité. Le cumul de nationalité n'engage pas Haïti.

  

13-0000000

RB : Que voyez-vous comme plan compétiteur au PSSN ?

 

GM : Le gouvernement a un plan provisoire qui m'a été remis sous enveloppe. Je ne l'ai pas encore lu. Tous les problèmes sont posés. Quelque soit le plan, il devra adresser les mêmes problèmes. Je sais que le PSSN s'appuie sur les valeurs et les principes de la constitution de 1987.

 

14-0000000

RB : Quel a été l'effet de la présentation du PSSN à New York ?

 

GM : L'effet à New York a été extrêmement important et positif. On avait une audience choisie. C'étaient les leaders de la société haïtiano-américaine de New York et des environs qui ont participé. Je souhaite que l'on fasse une présentation à Miami, à Chicago ou à Boston. C'est une affaire importante que la présentation ait eu lieu.

 

15-0000000

RB : Quelles sont les topiques développées au cours de la présentation ?

 

GM : Il y a eu 5 intervenants :

-Rony Desroches ; Vue globale du PSSN.

-Georges Michel : Contexte constitutionnel et ses liens avec le PSSN.

-Marie Carmelle Paul Austin : Exposé technique sur l'éducation.

-Jean Hervé Charles : Le rôle et l'implication de la Diaspora dans le     développement d'Haïti.

-Sauveur Pierre Etienne : L'aspect politique du PSSN.

 

16-0000000

RB : Quel a été l'impact des présentations ?

 

GM : L'audience a été très satisfaite. Sauver Pierre Etienne qui est intervenu en dernier a fait une présentation spectaculaire, très applaudie. Les autres intervenants ont été aussi très appréciés et applaudis.

 

17-0000000

RB : On est passé de l'acte politique de protestation dans les médias à l'action politique sur le béton. Il y a des prises de positions éparses. Il y en a qui ne veulent pas d'élection avec Préval. D'autres qui veulent un autre CEP. Vers où allons-nous ?

 

GM : Essayons de disséquer le problème. Lorsque Préval a voulu obtenir du parlement son mandat de 5 ans en plein, la prolongation des 96 jours. Il y a deux aspects, un aspect technique et légal et un aspect politique. L'aspect technique, 96 jours ce n'est pas la fin du monde. Il y a des députés et des magistrats qui ont pris leurs mandats en plein. La pratique constitutionnelle le permet lorsqu'il y a un vide. Mais il y a un problème politique là dedans qui le rend inacceptable. Préval a répété constamment qu'il laisserait le pouvoir le 7 février 2011. Et à la fin du mandat des députés, il a demandé cette prolongation. Cette demande est inquiétante d'autant plus que ce soit l'Exécutif qui l'a exigé lui-même. Il aurait dû attendre que ce soit un député qui le demande. L'effet de la demande est sans aucun doute détestable. Mais il y a aussi une question encore plus grave, celle de la confiance. Pourra-t-il faire des élections ? Ou fera-t-il des sélections. Se nommera-t-il un successeur. On a des doutes sérieux sur la capacité de Préval de faire des élections crédibles. Il a ruiné, par sa faute, la confiance que l'on aurait pu avoir en lui. Il a un déficit de crédibilité qui lui empêche de faire des élections crédibles, peu importe la bonne foi dont il en serait animé.

Il y a aussi une inquiétude valable. Si arrivé le 14 mai 2011, on ne peut pas faire des élections, ayant les pleins pouvoirs, est-ce qu'il ne prendra pas un décret pour rester au pouvoir pendant les 18 mois de l'état d'urgence ? S'il reste au pouvoir, il passera 8 mois de misère, harcelé chaque jour par des manifestations constantes. Il se peut aussi qu'il y ait une mobilisation qui le force à quitter le pouvoir avant le 7 février 2011. De toute façon, il va se trouver dans une situation intenable. Il n'est plus digne de confiance. Il n'a pas le respect de la parole donnée.

On va rester dans la généralité. Ce dont le pays a besoin, ceux sont de bonnes élections. Si l'équipe qui est au pouvoir ne peut pas faire de bonnes élections, il faut s'en remettre à une autre équipe pour faire de bonnes élections. On ne peut pas accepter des élections telles que celles qui ont fait de John Joël Joseph un sénateur. Un gouvernement installé dans de telles circonstances, sera contesté dès le 8 février 2011 et contribuera à la déstabilisation du pays. On n'a pas besoin d'aller au-devant de cette crise. Si l'équipe de Préval ne peut pas faire des élections, il est préférable qu'il termine sont mandat jusqu'au 7 février 2011. On aura un gouvernement provisoire avec Georges Moïse comme président provisoire désigné par l'article 149 de la constitution et un premier ministre intérimaire. Mais pas un onusien comme Gérard Latortue. On choisira un personnage indépendant crédible, neutre qui n'appartient à aucune mouvance politique. Qui viendra diriger le pays pendant 6 mois ou un an. Quant Préval s'en ira, il le fera avec toute son équipe. Il faudra une équipe neutre pour organiser de bonnes élections.

 

18-0000000

RB : Que pensez-vous du choix des conseillers du CEP utilisant l'article 289 de la constitution ?

 

GM : Il y a une perversion de la constitution de 1987. Lorsque Prosper Avril avait établit un conseil électoral permanent, Pierre Labissière un ministre de madame Trujillo s'était empressé de l'abolir, bien qu'il aurait pu remplacer les membres, pour retourner au conseil provisoire. Je crois qu'il faut que l'on retourne à l'article 289 de la constitution. Mais essentiellement, pour qu'il y ait des gens crédibles comme conseillers au CEP, il faudrait d'une concertation. C'est la société civile qui devrait nommer le CEP, des gens qui ne sont pas impliqués dans la politique. Il faut des critères. Il faut aussi des droits de récusation. Pour ne pas tomber dans le cas de scandale récent du délégué de l'église catholique.

 

19-0000000

RB : Est-ce que ce que vous venez de proposer est acceptable en Haïti ?

 

GM : Dans le milieu haïtien de gens sérieux, on est convaincu du besoin d'avoir de bonnes élections, pour qu'il n'y ait pas de contestation le 7 février 2011. Pour que le gouvernement qui sera installé à cette date, ait une légitimité réelle. Si non, on entre dans une crise plus aigue que celles de 2001 et de 2004.

 

20-0000000

RB : En guise de conclusion.

 

GM : J'aimerais que le bon sens et la modération prévalent. J'aimerais que le PSSN serve de plan directeur à l'équipe qui accède au pouvoir. Je souhait que l'on ne touche pas à la constitution de 1987. Parce qu'on ne l'amendait pas pour l'améliorer, mais pour la détruire. Je souhaite que le pays ait de bonnes élections. L'équipe qui est là ne pouvant pas faire d'élections crédibles, il faut remettre le pouvoir à une équipe neutre. Je ne crois pas qu'il y ait d'élection possible avant novembre 2011. Matériellement, les 6 mois qui restent pour organiser de bonnes élections sont insuffisants.

 

RB : Je suis d'accord. Des élections en 2011 correspondent au plan de reconstruction de la Banque mondiale et au transfère d'autorité du CIRH à l'ADH venant du nouveau gouvernement.

 

GM : On a besoin de deux entités immédiatement. Un comité de citoyens pouvant donner des idées, un comité de réflexion, des gens de la société civile. Un autre comité ayant des comptables des financiers, des banquiers, pour contrôler l'argent. Il n'y a pas seulement des Haïtiens à être des voleurs. Les étrangers sont aussi des voleurs. Il faut un contrôle sérieux des fonds de reconstruction.

 

RB : Je vous remercie pour votre participation à l'émission et à bientôt.

 

GM : A bientôt.