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mardi 30 août 2011

J.B.Aristide: Absent Par Sa Présence (Ainsi Pense jean-Rony Monestime)


Ainsi Pense Jean-Rony Monestime
 
Par A. Jean-Rony Monestime
 
 Jean-Bertrand Aristide : Absent Par Sa Présence
Historié parmi les plus tripotés de la république, J. B. Aristide est chassé deux fois du palais national par des mains similaires mais avec des pieds contraires. Il est reçu deux fois d'exil sous les mêmes ovations mais l'une avec symphonie, l'autre avec cacophonie. Titid est aussi vu par les mêmes yeux dans des rétines antagonistes ; Il est écouté dans une seule langue par des oreilles acharnées.
L'ancien prêtre-président est un homme d'un passé confus, d'un présent inédit et d'un futur incertain qui n'a jamais dit une messe sans une homélie contestée. Il a marqué le paysage politique haïtien à travers des événements nuageux sans faire tomber de pluie; il a brillé aux cotés du soleil d'Haïti sans rayons lumineux ; Il a chassé l'ombre de nos campagnes sans la lune et a même fait écho sans vacarme.
Évidemment, c'est l'allure de son second retour d'exil qui illustre son épithète d' « Homme Insolite ». Dr Aristide est accueilli à l'aéroport de Port-au-Prince ce 18 mars 2001 sous les regards enflammés des grands de la terre. Un appel personnel de Barak Obama a été méprisé ; des menaces peu diplomatiques du Département d'Etat ont été sous-estimées et des démarches impériales de la communauté internationale, en général, ont été infructueuses.
Néanmoins, en moins de 24 heures de son arrivée, il a disparu de la scène politique dans la plus grande discrétion. Le silence de l'idéologue de Fanmi Lavalas peut s'expliquer dans plusieurs paramètres.  D'une part, conscient de sa popularité qui va decrescendo, il peut compter sur un silence réparateur pour changer la barre, à en croire le vieil adage qui stipule que : « celui qui parle beaucoup ne manque pas de pécher ».
En effet, Titid n'accorde aucune entrevue, n'est plus visible, se recueillant sur des jours maussades qui ont marqué son existence. De plus, il laisse planer d'amples doutes sur son actuelle résidence. Aux Cayes pour les athées, Tabarre pour les croyants et chez Henry Céant pour les agnostiques. Aussi, à en crédibiliser certaines rumeurs, la femme du président aurait déménagé à Santo Domingo. Alors qu'un diplomate dominicain, incognito, les a démenties avec  poigne.
D'autre part, pour certains analystes, le profil zéro de l'apôtre du 16 décembre a été une décision forcée par le triangle néocolonialiste (France-Canada-USA), artisan intellectuel du février 2004. C'est fort probable que son retour ait été négocié au prix d'un abandon du firmament  politique.
Entre-temps, c'est l'impact de ce silence qu'il faut enjoliver. Son parti Lavalas est certainement démantelé et Maryse Narcisse est comparable à une reine qui n'a jamais  vécu les honneurs militaires. Cependant, cette fêlure est loin d'être un enrayement de la carte politique. Titid demeure  intrépide ; On le ressent à travers les prises de position de Moises Jean-Charles.  Lavalas est imbattable ; On le constate à travers les refus du groupe des seize.
Autrement dit, l'effet psychologique de la présence de J.B. Aristide dérange plus d'un. C'est en vain qu'on essaie de le sous-estimer.  Il  est muselé mais pas menotté.  On lui a donné des revers,  il en a fait un titre ; On lui a légué des lamentions, il les a changées en prières. On lui a craché deux exils ; il a cravaché deux retours. L'invisibilité d'Aristide, aujourd'hui, traduit l'effet caméléon qui a toujours bruni l'image de la politique haïtienne. Titid ne parle pas, pourtant il inquiet. Il s'absente par sa présence.

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