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mercredi 21 septembre 2011

Les FAD’H, bouc émissaire des élites haïtiennes : un nouveau Pont-rouge. (Cyrus Sibert, 2004-07-29)

The Haitian Army: the Elite's Scapegoat, and Shortly to Be the Object of a Historic Betrayal

http://www.haitipolicy.org/content/2525.htm?PHPSESSID=6321cf5e7fe78

Originally: Les FAD'H, bouc émissaire des élites haïtiennes : un nouveau Pont-rouge
Cyrus Sibert, 2004-07-29

Haiti Democracy Project web page item #2525 (http://www.haitipolicy.org)

Les FAD'H, bouc émissaire des élites haïtiennes : un nouveau Pont-rouge.
 
Par Cyrus Sibert, Emission face à l'Opinion, Cap-Haïtien, Haïti.
 
Haïti, est-elle toujours coupable de ses actes héroïques? Y-a-t-il une différence fondamentale entre la Guerre américaine de Sécession et la rébellion contre la barbarie lavalassienne ?
 
 
Le 6 juillet 2004 nous avons reçu une note de presse des militaires du Nord titrée : ''Revendications des militaires des forces armées Haïti  Elle comportait entre autres points :
           
1-Reconnaissance de notre constitutionalité
2-Dix (10) ans et sept (7) mois d'arriérés de salaires
3-Pension régulière pour les disqualifiés par l'âge
4-Cotisation à la caisse de fonds d'entraide
5-Cotisation à la caisse d'épargne
6-Assurances.
 
N.B. Si les revendications ne sont pas respectées, nous ne laisserons pas notre base et nous préférons mourir. Cependant,  dans un délai plus court, nous attendons la décision des autorités établies.''
 
Déclaration des militaires du nord signée par Michel Dieuseul et scellée Forces Armées Haïti, Quartier Général du Cap-Haïtien… (fin de texte)
 
Entre temps, sur les ondes d'une station de Radio de la Capitale, plusieurs approches entendues. Politiciens, représentants de la société civile, diplomates, journalistes, éditorialistes et présentateurs de Grands dossiers, tous azimuts prônent l'ordre constitutionnel et la légalité, pourtant banalisent les revendications des militaires. Pour garantir l'ordre, il suffit, clament-ils à cor et à cri, de désarmer les groupes armés y compris les militaires haïtiens dont la présence au côté de la Police Nationale et de la MINUSTHA est anormale, illégale et inacceptable.
 
Qu'est ce qui est légale dans ce pays ?
 
A la Faculté de droit nous avons appris que la règle de droit public est d'application stricte. Les questions nationales et étatiques exigent une dimension étatique. C'est d'ailleurs le reproche qu'on faisait à Jean Bertrand Aristide qui au lieu d'être un homme d'État fut un chef de bande. Ceci, signifie-t-il qu'on ne peut approcher la question des FAD'H qu'avec aigreur ?
 
Analysons les revendications des militaires au regard des prescrits de la constitution de 1987.
 
Article 263 de la constitution : « la force publique se compose de deux corps distincts : l'armée et la police. Cela rejoint-il le premier point de leur note de presse : « Reconnaissance de notre constitutionalité »
 
Dix ans et sept mois d'arriérés de salaires, cotisations et assurances : Article 267-5 de la constitution stipule :  « l'État doit accorder aux militaires de tous les grades des prestations garantissant pleinement leur sécurité matérielle.
 
Pension régulière pour les disqualifiés par l'âge - article 267-3 de la constitution - : « le militaire ne peut être l'objet d'aucune révocation,  mise en disponibilité, à la réforme, à retraite anticipée qu'avec son consentement. Au cas où ce consentement ne serait pas accordé peut se pourvoir par-devant un tribunal compétent »
 
Article 267-4 de la Constitution : « Le militaire conserve toute sa vie, le dernier grade obtenu dans les forces armées Haïti Il ne peut en être privé que par décision du tribunal compétent passé en force de chose souverainement jugée''.
 
'' Nous ne laisserons pas notre base et nous préférons mourir.'' :
 
Le Conseil Supérieur de la Police Nationale ne saurait désarmer les Forces Armées Haïti Les leaders politiques qui comptent les militaires haïtiens au nombre des groupes à désarmer, sont en nombre insignifiant.
 
L'article 268-3 de la constitution stipule :  «  Les forces armées ont le monopole de la fabrication, de l'importation, de l'exportation, de l'utilisation et de la détention des armes de guerre et de leurs munitions ainsi que du matériel de guerre''.
 
Á ceux qui diront que la présence des militaires armés constitue un Etat de fait. On leur dira que la démobilisation a été un état de fait.
 
Si en 1995, ils ont été victime d'un rapport de forces désavantageux, en 2004, ils l'ont emporté en provoquant le départ du tyran Aristide. L'équipe au pouvoir est le fruit de ce renversement de situation. Le gouvernement doit avoir le courage de se prononcer légalement sur cette situation en reconnaissant que l'armée était démobilisée de fait et qu'elle est mobilisée de fait. La réalité factuelle est conforme à l'esprit de la Constitution en vigueur. Au lieu de réorganiser administrativement les FAD'H suivant les moyens de l'Etat, Monsieur Latortue déclare sur la Télévision Nationale : « l'armée ne fonctionne pas depuis 1994. Comment est-il arrivé au pouvoir ? Comment l'armée en dysfonctionnement a pu-t-elle faire la guerre contre Aristide ? Monsieur Latortue peut n'être pas bien informé du fonctionnement de l'armée, mais c'est un peu bizarre d'entendre le Premier Ministre dire que l'armée ne fonctionne pas depuis 10 ans.
 
Faut-il légitimer les actes arbitraires d'Aristide ?
 
On ne saurait prétendre respecter la Constitution et conserver un état de fait anticonstitutionnel. Le gouvernement  Alexandre-Latortue compte sur la MINUSTHA pour consolider un acte arbitraire, lavalas, de Jean-Bertrand Aristide. S'il n'y a pas de leaders capables de dire le contraire, nous leur disons qu'ils vont entraîner les Nations Unies dans une opération illégale, illégitime et impopulaire pour laquelle le gouvernement en place n'a pas de moyens politiques.
 
Les stratèges de la CARICOM l'ont vite compris ; on peut tout faire en Haïti, même quand c'est anticonstitutionnel ; ils ont  tenté de demander la libération extra-judiciaire d'Yvon Neptune. Ce gouvernement ne fait pas preuve de rigueur légale et constitutionnelle. L'économisme et l'internationalisme sont leur cadre de référence. Malheur à tout pouvoir politique qui ne tient pas compte des rapports de forces internes !
 
Pourquoi défendre les FAD'H
 
Beaucoup avancent des arguments contre les militaires haïtiens sur la base de leurs ressentiments. Les victimes des FAD'H, des exilés et anciens prisonniers de Fort-Dimanche, des cadres du Gouvernement  Manigat-Célestin, ceux qui ont perdu des privilèges à cause du coup d'Etat de septembre 1991, etc., abordent la question avec légèreté. Sous le label « rétablissement de l'autorité de l'Etat », ils optent pour la vengeance. Leur méthode n'est pas différente de celle de Jean-Bertrand Aristide : traiter les questions nationales de façon très intéressée.
 
 Aujourd'hui la défense des Forces armées Haïti est une question de principe. Nous sommes loin d'être militariste. Toutefois, nous nous efforçons d'aborder les questions nationales de façon raisonnable, rigoureuse et sans passion (ressentiments ou fanatisme.
 
Jean-Yves Calvez, théoricien politique, écrit :
Dans les états modernes, police et armée représentent la permanence de ce pouvoir de fait sur lequel s'élèvent les plus hautes constructions juridiques. Aux périodes de tranquillité, il peut sembler que ces édifices subsistent par eux-mêmes et qu'imposer la peine capitale, ce soit pour l'Etat un abus de pouvoir. Mais, aux époques de crise, il apparaît au contraire à quel point le droit a besoin d'un arrière plan menaçant ; la force armée reprend alors au grand jour sa signification primitive. Qu'est-ce en effet qu'une révolution ou une guerre ? Sinon une lutte à mort entre l'autorité de droit, recourant à ses soutiens essentiels, et un nouveau pouvoir de fait qui tend à se déployer pour faire valoir son ordre propre. Si celui-ci s'avère plus fort, il tâchera à son tour d'élever un nouveau pouvoir de droit.
 
Jean-Yves Calvez, Introduction à la vie politique, Paris, Editions Aubier-Montaigne,
1967, p.52.
 
L'ordre démocratique a besoin de forces menaçantes capables de faire face au désordre public (la police) ou à l'insécurité nationale (les Forces Armées). La sécurité des investissements en dépend. Des unités spécialisées de la Police Nationale Haïti (PNH) ne peuvent pas faire face à une grande campagne militaire. La campagne militaire anti-Aristide dans le Nord et les actes de pillages à Port-au-prince en sont une preuve. D'ailleurs, les multiples unités spécialisées et la possibilité d'en créer d'autres de façon illimitée constitue une perversion et une carte blanche pour la création de milices à l'instar de la 14e promotion de la PNH. Ce qui est contraire à l'esprit de la constitution.
 
Un journaliste sur une situation de la capitale trouve anormal la présence de  militaires haïtiens dans le nord ! Ces extrêmement grave quand des confrères de la presse légitiment les agissements illégaux de Jean-Bertrand Aristide. Beaucoup le font par erreur d'autres par ressentiments. Traiter une question nationale à partir de ses passions est dangereux. En 1995, les ressentiments de Jean-Bertrand Aristide contre les Forces armées Haïti, FAD'H, ne lui a pas permis de respecter le point 9 alinéa (b) de la Résolution 940 des Nations Unies à savoir : ''Professionnaliser les Forces armées haïtiennes et créer une force de police séparée'' (Voir un article de Cyrus Sibert titré Suivant l'esprit de la résolution 940 des Nations Unies, l'ONU doit agir en Haïti. Ce qui a déstabilisé le système de sécurité du pays laissant ainsi l'intérieur Haïti sans sécurité avec des zones de non-droit.
 
En rédigeant ce texte nous avons appris que des jeunes filles haïtiennes ont été violées le samedi 24 juillet 2004 à «Carrefour La mort » en présence de jeunes filles françaises qui rentraient en Haïti à partir de Ouanaminthe. Des femmes sont couramment violées à Pont-Blanc sur la Route de Milot, à Morne anglais non loin de l'Acul du nord, à Morne Casse dans le Nord-est, à Gros Morne Saint-Marc, etc. Des zones de non-droit que la classe politique ignore. Nous avons aussi appris que des gangs armés au Cap-Haïtien et ailleurs utilisent des policiers comme armuriers. Ils logent chez ces derniers des armes à feu recherchées par l'institution policière. La complicité Police-Chimères lavalas est telle que l'opinion publique dans le nord refuse de voir désarmer les militaires en comptant sur une quelconque sécurité de la PNH qui n'a même pas eu la décence de mener des enquêtes sur l'implication des policiers dans des actes de pillage, de mise à feu en février 2004 lors de la commission de crimes célèbres de chimères qui avaient imposé le couvre-feu et opéré en plein jour.
 
Cesser le pseudo Etat providence (paternaliste), sécuriser les acteurs économiques.
 
L'économie rurale souffre. Le paysan haïtien ne peut pas cultiver, ni élever sans risque de voir ses récoltes et son bétail volés par des hommes armés. La contre-bande le long de la frontière et les trafics d'armes sont légion. Des gangs qui opèrent au Cap-Haïtien utilisent la République dominicaine comme base arrière. Les transporteurs de produits agricoles vers la capitale font l'objet de tueries, de viols - des vendeuses, « Madan Sara », détournements de convois, etc. Un grossiste capois nous a confié que ses détaillants de l'Artibonite ne veulent plus commander à cause de l'insécurité. Telle est la situation sur le terrain, ignorée par Jean-Bertrand Aristide, pour satisfaire son ego, et actuellement par des analystes de la République de Port-au-prince ou de la diaspora.
 
Une telle situation est insupportable. Les blancs de la MINUSTHA n'ont pas une connaissance du terrain. S'ils ont un rôle dissuasif, ils n'arriveront pas à détruire les gangs. Sur une station de la capitale nous avons entendu que les militaires haïtiens non plus n'ont pas une connaissance du terrain. Pourtant, ils ont servi et servent encore, à sécuriser des personnalités et entreprises privées à partir de compagnies de sécurité privée. On ne comprend plus rien.
 
Comment demander à des militaires qui, il y a 4 mois, combattaient tout l'appareil répressif lavalassien - la Police politisée et chimères – de désarmer et de remettre leur sécurité entre les mains de policiers contre qui ils guerroyaient, sans une institution capable de protéger leurs vies et biens ; au cas où ces policiers – ennemis d'hier – associés à des chimères en cavale, décideraient de venger leurs camarades tombés aux combats. Alors que sur la route de Bahon non loin de Grande-Rivière du nord, deux militaires haïtiens ont été attaqués par un groupe de chimères. L'un d'eux a été tué à coups de machettes.
 

Plan sécuritaire port-au-princien sur fond de nouveau contrat social, de petits arguments pleuvent.
 
Le bilan des 100 cent jours du gouvernement à mis l'accent sur la sécurité à la capitale, le nettoyage de la capitale, l'électricité à la capitale…. Qu'en est-il de la sécurité à l'extérieur de la République de Port-au-prince – dans les villes de province ? Toutefois, la classe politique s'est montrée satisfaite du bilan, peut-être parce que nombre d'entre eux n'ont pas de membres en dehors de Port-au-prince. Comme pour la réparation des victimes d'actes de pillages, les port-au-princiens sont satisfaits, il n'y a plus rien d'autre à faire.
 
Dans le Nord nous reconnaissons que l'absence de l'armée, avec ses mythes et tabous, a déstabilisé le système de sécurité nationale.
 
En fonction du dogme économisme, beaucoup analysent la question sur la base des coûts.
 
Ils disent :
 
 1- Haïti n'a pas les moyens de créer une force armée.
 
Une nation ne saurait négliger sa défense sous prétexte d'absence de moyen. L'économie n'est pas le seul mobile de défensive, ni de la guerre. Souvenez-vous des agressions de César contre Cléopâtre ; la haine d'Hitler contre les juifs ; l'aventure de Saddam au Koweït sous la base d'interprétation historique. Entre Haïti et la République Dominicaine il y a des intérêts qui nécessitent une force de défense. Ses effectifs et équipements dépendront sûrement de nos moyens. Mais l'existence de la force dépend de la constitution et c'est acquis. Déjà dans la zone franche à Ouanaminthe on rapporte les exactions des militaires dominicains sur le sol haïtien. Le port-au-princien en est mal informé. Seuls des irresponsables négligent la sécurité nationale.
 
2- Les Nations Unies et les USA ne supporteront l'occupation d'Haïti par une puissance régionale ou intercontinentale.
 
L'ONU travaille au Libéria à la formation d'une force de police civile et d'une force armée nationale. La communauté internationale fait le même travail en Irak et en Côte d'Ivoire. Elle respecte les rebelles qui d'ailleurs contrôlent une partie du territoire. Avec Laurent Gbagbo au pouvoir, ces derniers représentent un interlocuteur pour la communauté internationale et avaient des représentants au gouvernement. En Haïti, dans un esprit de mépris et d'ingratitude, des idéologues de Port-au-prince et membres du pouvoir de transition, malgré la victoire des militaires et le départ de Jean-Bertrand Aristide, croient pouvoir refaire le Pont-Rouge (lieu d'assassinat de Dessalines, père de l'indépendance Haïti. Ils osent traiter les militaires haïtiens comme des voyous alors qu'ils jouissent du fruit de leur combat. Ils comptent s'appuyer sur la MINUSTHA pour les fusiller comme des bandits. Si en 1994 les soldats américains s'étaient laissés manipuler par les lavalassiens du Nord pour fusiller au Cap-Haïtien des soldats des FAD'H qui jouaient au domino, en 2004 nous souhaitons que la MINUSTHA ne tombe pas dans ce piège. Nos dirigeants tremblent devant le blanc au lieu de se prononcer légalement sur le dossier des militaires démobilisés. Ils ne font que relayer la haine anti-militaire de Jean-Bertrand Aristide.
 
3- Les Etats-Unis nous protègeront
 
L'existence d'une nation ne peut pas dépendre de l'équilibre mondial d'un temps. Souvenez-vous de la position des Etats-Unis dans la guerre des Malouines entre l'Angleterre et l'Argentine.
 
Où sont passées des grandes puissances comme l'Autriche et l'Empire turque ? Les péripéties des palestiniens est la conséquence de la disparition de l'Empire turque. De protectorat international, la Palestine est devenue colonie israélienne.
 
Les Koweïtiens ont attendu des mois et souffert avant une résolution internationale et la mobilisation d'une coalition pour les libérer.
 
C'est irresponsable de compter sur l'étranger, avec tous les préjugés et intérêts  qui traversent les relations internationales, pour la défense de son territoire.
 
4. Les forces armées Haïti étaient une institution de putschistes et de tortionnaires.
 
Toutes les armées de l'Amérique latine ont été des institutions de tortionnaires et de putschistes. Celles qui sont en Haïti, les armées argentine, chilienne de Pinochet, brésilienne, paraguayenne, etc. ont été toutes des forces criminelles au service d'une politique géostratégique et d'une bourgeoisie nationale obsolète. Aujourd'hui, au terme de la guerre froide, elles sont en Haïti pour stabiliser la démocratie et des réformes institutionnelles.
 
À l'instar de ces forces armées, les Forces Armées Haïti (FAD'H) étaient, elles aussi, au service de la bourgeoisie nationale et des intérêts nord-américains.
 
Aujourd'hui cette institution ne servira pas de « bouc émissaire. S'il y a réforme du secteur privé, de la société civile et des partis politiques suivant une nouvelle politique des Etats-Unis, les FAD'H doivent-être partie prenante.
 
Plus d'un pense que la façon d'approcher le dossier des FAD'H a une coloration de classe. Les militaires qu'on veut humilier ou tuer sont des fils du peuple et de paysans. Après dix (10) ans de souffrance, sans solde, le nouveau contrat social n'est pas pour eux. Comme tout haïtien, ils n'ont pas droit à la justice. Leur tenue modeste les rend indigne à participer aux réformes démocratiques. Ces toujours le mépris de l'homme par l'homme, même quand on se dit démocrates, constitutionnalistes, etc. Autour de ces militaires, des familles souffrent, des enfants ne peuvent plus aller à l'école, des foyers sont détruits. Aujourd'hui vous vous réjouissez d'avoir obtenu 1.4 milliards de promesses. Comme en 1804, après la guerre tout le monde n'a pas droit au butin. Réfléchissez, et dites-vous si le traitement du dossier des militaires démobilisés n'est pas un nouveau pont-rouge ? Le pire est contrairement à Gérin, on n'a pas attendu deux (2) ans pour éliminer un compagnon de lutte.
 
M. Yvon Neptune, ex-premier ministre haïtien, écrivait : « Durant mes 12 derniers jours à  la tête du Gouvernement et jusqu'à  maintenant, des menaces d'arrestation et de mort n'ont cessé d'être manigancées et proférées contre  ma personne par les chefs du soi-disant Front armé de libération (anciens militaires, anciens membres du FRAPH et autres associations criminelles), des membres du pouvoir, des dirigeants du Groupe des 184, de la Convergence et autres partis politiques affiliés anti-Lavalas.''[1]  
 
Si M Yvon Neptune, dans sa lettre ouverte en Mai 2004, a établi une différence claire et nette entre anciens Militaires, anciens membres FRAPH et associations criminelles, pourquoi les élites haïtiennes continuent-elles de créer à tort la confusion entre rebelles et  soldat  victimes d'Aristide les faisant ainsi passer pour des hors la loi au yeux de la presse internationale ?
 
Lors même qu'ils seraient des rebelles, Haïti est-elle toujours coupable de ses actes héroïques? Y-a-t-il une différence fondamentale entre la Guerre américaine de Sécession et la rébellion contre la barbarie lavalassienne

Pas de Pont-rouge dans le nord d'Haïti
 
Dans le Nord nous avons la Citadelle Laferrière, le Palais Sans-souci, mais pas de Pont-Rouge. Nous ne sommes pas ni traites ni amnésiques. Alors qui peut croire en un Nouveau contrat social quand sur n'importe quel dossier on oublie les principes et fait jouer ses sentiments personnels ou de classe. Comme dit l'autre : plus ça change, plus c'est la même chose.
 
Comment  concilier le sérieux et l'incapacité de respecter un texte constitutionnel ?
 
Article 267-2 :  '' La carrière militaire est une profession. Elle est hiérarchisée. Les conditions d'engagement, les grades, promotions, révocations, mises à la retraite sont déterminées par les règlements des Forces Armées Haïti
 
A ceux qui parlent de rétablissement de l'autorité de l'Etat nous disons qu'il serait mieux de rétablir la légitimité et la légalité constitutionnelles de l'Etat.
 
L'Etat haïtien est illégitime à cause de la centralisation, la République de Port-au-prince tue la République Haïti
 
L'Etat haïtien est illégitime parce que ses représentants ignorent le reste du pays. Les difficultés auxquelles font face les 9 autres départements comptent peu.
 
L'Etat haïtien est illégitime à cause de l'absence de services publics – un ciment républicain.
 
L'Etat haïtien est illégitime parce qu'il dirige pour la communauté internationale et non pour les Haïtiens du pays.
 
C'est ce qui a déclenché dans le Nord le mouvement anti-aristide.
 
Si après le départ de Jean-Bertrand Aristide, certains pensent qu'ils pourront continuer à ignorer la réalité et l'opinion des villes de province, c'est qu'ils n'ont rien appris de 17 novembre 2002.
 
En plus d'un mouvement contre l'anarchie lavalassienne, 17 novembre 2004 a  voulu lancer un message à l'Etat central : Nous sommes prêts à défier votre arrogance et irréalisme. La colonisation intérieure doit finir. Gardez pour vous, vos incompétents. Cessez d'opiner sur nos problèmes sans nous consulter. Ayez la décence de respecter les lois de la république. N'utilisez surtout pas la force pour imposer ce qui illégal et illégitime. Achetez des leaders dans le Nord ne règlera pas le problème. En persistant dans ces erreurs vous tuer la République.
 
Que faire ?
 
Des officiers supérieurs du dernier Etat-major des Forces Armées Haïti doivent prendre leur responsabilité. Il leur faut un mandat signé de militaires intéressés en vue d'ester en justice le gouvernement haïtien. Ils pourront saisir la Cour supérieure des comptes pour les salaires impayés et trouver un mécanisme donnant saisine à la Cour de cassation  qui statuerait sur la constitutionnalité des agissements de Jean-Bertrand Aristide.
 
N'ayez pas peur, si la communauté internationale parle d'indépendance de la justice, nous pouvons lui contraindre à se courber devant une décision de justice de la Cour suprême Haïti La Cour suprême des Etats-Unis a tranché souverainement lors des élections américaines de 2000. La cour suprême israélienne avait stoppé les décisions de l'armée de l'Etat hébreu. Malgré l'acharnement contre Pinochet, la Cour suprême du Chili s'est prononcée souverainement sur la légalité des mandats et l'état de santé du général accusé. Nous pouvons gagner sur ce point. L'appel est suspensif on peut forcer le gouvernement à suspendre ses agissements contre les FAD'H
 
 Aristide ne nous fera subir la loi de ses actes arbitraires et anticonstitutionnels. Souhaitons qu'il y ait encore en Haïti  des officiers, des avocats et des juges dignes d'une telle mission en l'an 2004, bicentenaire de notre indépendance.
 
Des intellectuels haïtiens ne cessent de venter les bienfaits de la guerre de Sécession aux Etats-Unis, qui n'est autre qu'un divorce brutal d'avec des pratiques socio-politiques et économiques rétrogrades mais, ont peur de parler de cette guerre que nous venons de mener contre la barbarie lavalassienne, de peur qu'ils subissent des châtiments de la part de la communauté internationale. Le Premier ministre Latortue regrette d'avoir qualifié les rebelles de ''combattants de la liberté''. Des journalistes haïtiens parlent d'erreur du gouvernement. Nous nous demandons est-ce Haïti sera toujours blâmée pour ses actes héroïques ? Qui ventera nos valeurs, nos actions?
 
Cyrus Sibert,
Cap-Haïtien,
24 juillet 2004.
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"La vraie reconstruction d'Haïti passe par des réformes en profondeur des structures de l'État pour restaurer la confiance, encourager les investisseurs et mettre le peuple au travail. Il faut finir avec cette approche d'un État paternaliste qui tout en refusant de créer le cadre approprié pour le développement des entreprises mendie des millions sur la scène internationale en exhibant la misère du peuple." Cyrus Sibert
Reconstruction d'Haïti : A quand les Réformes structurelles?
Haïti : La continuité du système colonial d'exploitation  prend la forme de monopole au 21e Siècle.
WITHOUT REFORM, NO RETURN ON INVESTMENT IN HAITI (U.S. Senate report.)

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