vendredi 8 novembre 2013

Diffamation et Liberté de la presse : Le cas Haiti-Observateur et les leçons à tirer

Par Henriot Jean-Jacques

Aux Etats-Unis où est enregistré le journal en ligne Haiti Observateur, "Nul ne peut porter atteinte à la réputation d'autrui, et porter à son encontre des propos diffamatoires, sans en avoir à en répondre devant les juridictions compétentes."
Le propriétaire du journal Haïti Observateur, Leo Joseph, vient de publier pour matérialiser son engagement dans son journal en ligne une déposition sous serment qui établit qu'il avait diffusé des informations mensongères concernant le Premier ministre Laurent Salvador Lamothe et son ancien partenaire d'affaires, Patrice Baker, en échange d'un abandon des poursuites engagées par ces derniers en 2012 contre lui devant des tribunaux américains. Quant au 20 milles dollars américains évoqués par les témoins à décharge justifiant son lien financier avec la Haitel, il explique dans une réplique qu'il s'agissait d'un montant versé au journal pour publicité.
Citant Michael Charles, fondateur et gérant de Nord Citadel, comme sa source d'information, Haïti Observateur avait "informé" dans des allégations malveillantes que le Premier ministre avait exercé des pressions sur Nord Citadel pour que cette compagnie dépose un acompte substantiel pour l'achat de la Haitel et qu'ils avaient « convenu d'un prix d'achat de $25 millions, même si les actifs de la Haitel valaient environ 80 millions de dollars. Information qu'il est contraint de remettre en question aujourd'hui dans son propre journal.
Il est important de noter combien la Justice américaine sait faire la part dans ce genre de situation. C'est un pays où la liberté d'expression est un droit constitutionnel inaliénable, cependant, l'exercice de cette liberté ne concède en aucune manière à quelqu'un le droit d'user de sa position de directeur d'opinions pour détruire injustement la réputation d'autrui en fabricant des informations mensongères et/ou diffamatoires. Ces genres d'agissements immoraux peuvent ternir l'image d'honnêtes travailleurs de l'information, tant en Haiti qu'ailleurs,  qui s'efforcent nuit et jour à imposer le juste milieu dans un monde ou tout est sensé blanc ou noir quand il s'agit de l'autre.
Ici, nous sommes encore loin de ce jour où l'on pourrait remettre en question des informations mensongères d'un rédacteur ou d'un reporter par devant une juridiction compétente sans provoquer la réaction, voire l'indignation  de tout le corps des média ; pourtant cette occurrence est aussi un élément indissociable de l'Etat de droit prôné par tous. Ici, on ferait mieux de se taire et d'encaisser, car l'accusé est, à quatre-vingt-dix-neuf, pour cent coupable. Que de braves et d'honnêtes hommes sont jetés à la poubelle de l'opinion par des plumes scélérates et inconscientes de la position morale du quatrième pouvoir ? Que de talents et de cerveaux découragés qui auraient pu servir leur pays dignement. Toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne se rapporte à aucun fait est une injure et l'auteur ne devrait pouvoir compter sur la solidarité du corps de métier pour s'en sortir sans que la vérité ne peut-être rétablie. C'est heureusement le cas pour Haiti-Observateur aujourd'hui. Sans être une porte ouverte ni à l'autocensure, ni au blâme de la vaillante presse haïtienne, la victoire morale de Laurent Lamothe et de patrice Baker sur Haiti-Observateur est quand même la victoire de la justice, du droit  et du besoin de moralité dans l'exercice de ce pouvoir  noble et illimité d'informer les autres.
Trop longtemps bâillonnée et objet de tant de convoitises, la presse n'est pas toujours prête à céder l'un des leur aux critiques, même dans les cas de diffamation les plus criantes ou de coups de plume intéressés ou carrément méchants. Ainsi, participe-t-on au cautionnement de graves injustices.
Ce qu'il importe de noter avant, c'était la politisation de toute démarche visant à remettre les pendules à l'heure dans une situation de diffamation où d'informations mensongères. C'était encore plus difficile quand la démarche vient d'un fonctionnaire ou d'un serviteur des pouvoirs publics. L'élan de solidarité mutuelle et absolue facilitait des fois la méchanceté et épuisait la ligne importante qui doit faire la démarcation entre l'exercice imperturbable du droit d'informer et le devoir de responsabilité qui en découle. Comment comprendre qu'un rédacteur se trouve à défaut en face de la source même qu'il a citée pour corroborer des informations aussi graves. Dans la déclaration sous serment, Michael Charles, de Nord Citadel, a nié avoir jamais fait ces déclarations au journal Haïti-Observateur de Léo Joseph simplement parce que l'interview n'a jamais eu lieu. Qui pourrait rétablir les faits,  sinon la justice? La reprise en masse de l'information en ce qui a trait à la décision du tribunal par les différents média haïtiens prouve que la solidarité n'est pas garantie en situation flagrante de diffamation et de non-éthique. Un pas de géant vers l'état de droit !
Lamothe et Baker ont eu le courage de poursuivre le journal en ligne, Haiti-Observateur, suite à un article qui les avait accusés d'utiliser le gouvernement haïtien pour faire pression sur la Haitel, en faillite, pour qu'elle vende ses actifs à North Citadel, en dessous de leur valeur marchande. On parlait déjà de la Haitelgate et la réputation des concernés, construits au prix du travail et de constants efforts était en jeu. Or, il s'est révélé, à la fin, que les sources citées par l'auteur Léo Joseph, les citations mises entre guillemets tout comme les chiffres avancées par ce dernier ont été tous des produits de son imagination et de sa pulsion à nuire à la réputation des concernés.
Heureux du fait que la vérité ait prévalu, l'un des avocats du premier Ministre espère que l'issue de ce dossier pourra "servir de leçon à tous les journalistes qui doivent se soucier de vérifier les faits et de respecter les normes éthiques avant de publier des déclarations malveillantes ."

  HJJ
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RESEAU CITADELLE : LE COURAGE DE COMBATTRE LES DEMAGOGUES DE DROITE ET DE GAUCHE , LE COURAGE DE DIRE LAVERITE!!!

"You can fool some people sometimes, But you can't fool all the people all the time."
 (
Vous pouvez tromper quelques personnes, parfois, 
Mais vous ne pouvez pas tromper tout le monde tout le temps.
) dixit Abraham Lincoln.
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