vendredi 14 février 2014

#Haïti : Comment les actions en diffamation contribuent au renforcement de la presse.--

L'attitude du Premier Ministre Laurent Lamothe de recourir à la justice pour diffamation, quand il est attaqué dans un média, fait progresser la presse haïtienne en termes de responsabilité et de professionnalisme. Ses actions les plus récentes sont celles contre Haiti-Observateurs et Tout-Haiti.

Pour avoir collaboré avec plusieurs médias étrangers comme Connecticut Post, CNN (Anderson Cooper), France 24, Associated Press, Miami Herald et La presse (Canada), nous pouvons certifier que les médias sérieux, prennent beaucoup de précautions sur la véracité des faits avant de publier un papier. Des vérifications et contre-vérification, « Cross examination », des preuves audio/photo/vidéo, des extraits d'archives, etc.

Dans une démocratie, la presse doit avoir le souci de se professionnaliser. Pour un gouvernement Moderne comme celui de Martelly-Lamothe qui rejette les pratiques archaïques d'intimidation et de terreur contre la presse, il n'y a d'autre alternative que celui de recourir à des actions judiciaires pour forcer les médias à rejeter les orientations passionnelles de clan, à s'adapter au climat démocratique qui veut que chaque droit ou liberté soit lié à un devoir, la notion de  « responsabilité ».

Faut-il signaler que cette approche moderne du pouvoir en place, depuis 2011, face à la presse, a donné comme résultat le classement d'Haïti à la 47e place sur 170 pays, selon le dernier rapport de l'organisation RSF (Reporter Sans Frontières) publié en 2014. Haïti se retrouve juste derrière les Etats-Unis 46e :
Liberté de la presse : Haïti progresse dans le classement 2014 de Reporters sans frontières. (http://lenouvelliste.com/lenouvelliste/article/127487/Haiti-progresse-dans-le-classement-2014-de-Reporters-sans-frontieres.html)

En ce sens, le pouvoir en place contribue grandement au professionnalisme des médias haïtiens.

On ne peut pas oublier ce rapport de recherche de l'Université de Connecticut :
La représentation médiatique d'Haïti est problématique, selon un chercheur de l'UConn.
(http://reseaucitadelle.blogspot.com/2013/01/la-representation-mediatique-dhaiti-est.html)

En conséquence, les médias haïtiens de l'intérieur comme ceux de l'extérieur doivent respecter les règles du jeu démocratique. Ils doivent renforcer leur capacité professionnelle, se faire couvrir des polices d'assurance (umbrella ) et renforcer leur staff juridicolégal, pour, au besoin, s'assurer que leurs publications sont conformes aux règles de droit universel établissant la ligne de démarcation entre liberté d'expression et la diffamation.

Cyrus Sibert, RéseauCitadelle,
Cap-Haitien, Haïti
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