mardi 30 décembre 2014

Haïti - FLASH : Le mandats des Députés et Sénateurs prolongés sous conditions.-

30/12/2014 

Lundi, un accord signé par les trois pouvoir de l'État (Exécutif, Législatif et Judiciaire) : pour le Pouvoir Exécutif par le Président Michel Martelly ; Pour le Pouvoir Législatif par le Sénateur Simon Dieuseul Desras (Président du Sénat), et Jacques Stevenson Thimoléon (Président de la Chambre des députés), et pour le Pouvoir Judiciaire par Me Anel Alexis Joseph (Président du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire - CSPJ), prévoit entre autres : qu'après le 12 janvier 2015 les députés resteront en poste jusqu'au 24 avril afin de terminer leur mandat de 4 ans (temps objectif) et les sénateurs leur mandat de 6 ans jusqu'au 9 septembre 2015 (temps objectif).

Dans cet accord, tous les points d'engagement devront avoir été respecté le 12 janvier au plus tard, dans le cas d'un seul manquement, cet accord devient nul et l'article 7 de cet accord, donne le pouvoir au Président Martelly d'agir en conséquence Article 7 : « Le non-respect de l'une des clauses contenues dans le présent accord entraine son invalidité avec toutes les conséquences de droit. Le Président de la République, Chef de l'Etat, veillera à la stabilité des institutions, assurera le fonctionnement des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'Etat, conformément à la Constitution. », comme se fut le cas dans l'accord El Rancho avec l'article 12, qui n'a jamais été appliqué par le Chef de l'État en raison des menaces de l'opposition et de violation de la Constitution...

Texte de l'accord tripartite du 29 décembre 2014 :
« 1. MICHEL JOSEPH MARTELLY, AGISSANT TANT EN SA QUALITÉ DE CHEF DE L'ÉTAT QUE COMME CHEF DU POUVOIR EXÉCUTIF, REPRÉSENTANT LE POUVOIR EXÉCUTIF;

2. SIMON DIEUSEUL DESRAS ET JACQUES STEVENSON THIMOLÉON, RESPECTIVEMENT PRÉSIDENT DU SÉNAT ET PRÉSIDENT DE LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS, REPRÉSENTANTS LE POUVOIR LÉGISLATIF;

3. ANEL ALEXIS JOSEPH, AGISSANT TANT EN SA QUALITÉ DE PRÉSIDENT DE LA COUR DE CASSATION QUE COMME PRÉSIDENT DU CONSEIL SUPÉRIEUR DU POUVOIR JUDICIAIRE, REPRÉSENTANT LE POUVOIR JUDICIAIRE;

Animés par la volonté de tout mettre en œuvre pour garantir la confiance dans les institutions en assurant leur bon fonctionnement, dans l'ordre et la discipline et dans le respect de la Constitution et des lois de la République;

Conscients que la situation politique actuelle a provoqué des retards successifs dans l'organisation des élections pour le renouvellement des mandats arrivés à terme des élus des collectivités territoriales, de la Chambre des Députés et du Sénat de la République, suivant le vœu des articles 63, 66, 68, 90.1, 92, 92.1, 92.3, 94.2, 95, 95.3 de la Constitution ; 

Considérant que les acteurs politiques peuvent recourir à des accords ou conclure des pactes pour sortir le pays de toute éventuelle crise conjoncturelle ;

Prenant acte de la démission du Premier ministre et des membres du Gouvernement ;

ONT DE BONNE FOI ARRÊTÉ ET CONVENU CE QUI SUIT:

1. Le Chef de l'Etat nomme le Premier ministre après consultation avec le Président du Sénat et celui de la Chambre des députés. Un gouvernement de consensus sera formé avec la participation des secteurs politiques de l'opposition, de personnalités haïtiennes connues pour leur patriotisme, leur sens civique, leur droiture et leur intégrité, capables d'inspirer confiance à tous les acteurs politiques en général et à ceux participant au processus électoral en particulier;

2. Le Chef de l'Etat, conformément aux articles 101 et 105 de la Constitution, convoque le Corps Législatif à l'extraordinaire aux fins de : 

2.1.Voter les amendements à la loi électorale avant le 12 janvier 2015 ; 

2.2. Ratifier la déclaration de politique générale du Gouvernement de consensus issu des négociations avant le 12 janvier 2015; 

2.3. Voter tout budget rectificatif ;

2.4. Ratifier les instruments et accords internationaux et voter tous projets de loi mentionnés dans le menu de la convocation, notamment le projet de loi créant et organisant le fonds national de l'éducation;

2.5. Analyser et vérifier les rapports de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA) de tous Grands Commis de l'Etat ayant sollicité décharge de leur gestion auprès du Parlement ;

2.6. Exprimer et déclarer la nécessité de concourir à un amendement constitutionnel.

3. Le Chef de l'Etat reconstitue le Conseil Electoral Provisoire en s'inspirant de l'esprit de l'article 289 de la Constitution en vue d'organiser les prochaines élections législatives et locales.

4. Les délais relatifs aux formalités diverses seront exceptionnellement réduits dans les dispositions transitoires de la loi électorale en vue de permettre la réalisations des élections législatives de l'année 2015 dans les meilleurs délais; le Conseil Electoral Provisoire devant s'engager à organiser ces élections dans un délai ne dépassant pas cent vingt jours (120) à compter de leur date d'installation prévue pour janvier 2015.

5. Au deuxième Lundi de janvier deux mille quinze (2015), les parlementaires dont les mandats arrivent à terme pourront continuer à exercer leurs fonctions jusqu'à terminer quatre (4) années pour les députés, soit le vingt-quatre (24) avril deux mille quinze (2015) et six (6) années révolues pour les sénateurs soit jusqu'au neuf (9) septembre 2015, moyennant que cette clause soit enterinée dans la loi électorale avant le 12 janvier 2015. Dans le cas où les élections pour leurs remplaçants se tiendraient avant les dates correspondantes, leur mandat prend fin à l'entrée en fonction des nouveaux élus.

6. Une fois les amendements votés et transmis, le Chef de l'Etat s'assurera de leur publication conformément à la Constitution, ce, au plus tard le 12 janvier 2015.

7. Le non-respect de l'une des clauses contenues dans le présent accord entraine son invalidité avec toutes les conséquences de droit. Le Président de la République, Chef de l'Etat, veillera à la stabilité des institutions, assurera le fonctionnement des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'Etat, conformément à la Constitution.

Le présent Accord sera signé, scellé par les partis et publié dans un numéro spécial du Journal Officiel de la République Le Moniteur pour être exécuté par les signataires, chacun en ce qui le concerne.

Fait à Port-au-Prince, le vingt-neuf (29) décembre deux mille quatorze (2014), An deux cent onzième (211ème) de l'Indépendance. »

SUIVENT LES SIGNATURES :

Pour le Pouvoir Exécutif :
Michel Joseph MARTELLY

Pour le Pouvoir Législatif :
Simon Dieuseul DESRAS 
Jacques Stevenson THIMOLÉON

Pour le Pouvoir Judiciaire :
Anel Alexis JOSEPH

Source: Haiti Libre 
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Ce lundi 28 décembre 2014, la Présidence d'Haïti vient d'annoncer un nouvel accord avec les 3 pouvoirs de l'Etat. 

Un accord de plus !

On ne peut que souhaiter son application par toutes les parties. Car, c'est connu : Depuis 3 ans, l'Exécutif est le seul à respecter ses engagements.

Le parlement, l'opposition et les intermédiaires n'ont jamais fait de suivi des accords conclus. 

Il n'est que d'attendre. 

Et la communauté internationale est en train de perdre patience.

Dans ce dernier accord, nous ne voyons aucune garantie pour l'Exécutif. Si encore une fois, il se fait berner par ce parlement improductif et intransigeant, il risque de perdre ce qui lui reste de crédibilité en terme de leadership. Les trois (3) pouvoirs d'Etat risqueraient d'être emporté par un soulèvement populaire qui pourrait les accuser de prendre en otage le processus démocratique. 

De la légitimité, il n'en reste pas beaucoup. Le président est en fin de mandat ; des parlementaires qui s'amusent à exiger une prorogation de leur mandat ; un Président du Pouvoir Judiciaire indexé comme élément de blocage. Les stratèges doivent agir avec prudence pour éviter une mise à feu.  

Ce nième accord, ne peut que représenter la dernière chance pour le prestige des leaders haïtiens. Car, son échec constituera un prétexte pour une intervention directe des forces internationales dans le but de mettre fin à ce qui ressemblerait à un jeu de partage interminable entre gouvernants au mépris du droit inaliénable des peuples de choisir leurs dirigeants par la voie des urnes. Le Washington Post a déjà annoncé les couleurs : Without international help, Haiti faces a political meltdown - The Washington Post.- http://www.washingtonpost.com/opinions/without-international-help-haiti-faces-a-political-meltdown/2014/12/27/71f90ea8-87bb-11e4-9534-f79a23c40e6c_story.html

A bon entendeur salut ! Les trois (3) pouvoirs de l'Etat sont sur le point de devenir complices aux yeux du peuple haïtien et de la communauté internationale.

Cyrus Sibert, RéseauCitadelle 
Cap-Haitien, Haïti
28 décembre 2014
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RESEAU CITADELLE : LE COURAGE DE COMBATTRE LES DEMAGOGUES DE DROITE ET DE GAUCHE , LE COURAGE DE DIRE LAVERITE!!!
"You can fool some people sometimes, 
But you can't fool all the people all the time."
 (
Vous pouvez tromper quelques personnes, parfois, 
Mais vous ne pouvez pas tromper tout le monde tout le temps.
) dixit Abraham Lincoln.

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