jeudi 5 février 2015

Acte héroïque d’un policier qui ne sera pas honoré par le Commandement de la PNH.- (Texte de Cyrus Sibert)

Le condamné Fritz Béliard
M. Fritz Béliard, alias Ti Frito, est décédé ce jeudi 4 février 2015 à l'hôpital Justinien du Cap-Haïtien, suite à une fracture de plusieurs paires de côtes et de vertèbres.

Criminel réputé pour ses actes de kidnapping, de viol et d'assassinat, M. Béliard (alias Ti Frito) a été appréhendé dans le département du Nord-Est, le 26 janvier dernier, grâce à l'intervention héroïque d'un policier en civil qui a décidé d'affronter seul, quatre (4) bandits armés et motorisés, qui tentaient de s'échapper à un point de contrôle. Sous le feu nourri des bandits, l'agent de la PNH arme à la main, utilisa son véhicule privé pour poursuivre les 4 hommes à motocyclette jusqu'à provoqué un accident qui lui a permis d'appréhender trois (3) d'entre eux, alors que le quatrième (4ème), blessé par balle et fracturé, a pu malgré tout prendre le maquis.

La population capoise salue l'acte héroïque de ce jeune officier de police qui a su prendre la décision risquée et peu recommandée d'agir seul. Son intervention a permis de neutraliser 4 bandits dangereux, activement recherchés par la police et de mettre un terme aux activités de ce gang qui en 2 mois - soit après l'évasion de Fritz Béliard de la prison du Cap-Haitian, a frappé plusieurs familles de la région. Faudrait-il que ce policier soit décoré pour son service exceptionnel? Rien n'est joué avec ce commandement qui assez souvent fait peu de cas à la motivation des troupes.

Les policiers haïtiens sont moralement déprimés. En un mois, 20 membres de la PNH ont été abattus par des bandits de l'aire métropolitaine. Le week-end dernier, 4 policiers ont trouvé la mort dans des conditions violentes. Face à une telle situation, les officiers de police d'Haïti se plaignent du silence du haut commandement de l'institution qui tarde à adopter des mesures appropriées pouvant remonter leur moral. Il y a sans doute cette revendication visant une réduction du nombre d'heures de travail par jour, de 12 à 8.

Le Directeur Général de l'Institution devra consentir d'avantage d'efforts pour s'acquitter avec plus d'efficacité de sa fonction de Commandant en Chef de l'unique composante fonctionnelle de la force publique.

Car, les seules notes émanant du Haut Commandement viennent de l'Inspection Générale qui continue de brandir des mesures sévères contre les policiers qui seraient impliqués dans des actes de brutalité durant le carnaval. Quoique bien intentionnée, cette note se révèle contre-productive ; elle risque de démotiver les policiers haïtiens appelés à sécuriser les trois (3) jours gras dans un contexte politique de déstabilisation, truffé d'évadés en cavale, de criminels relâchés sous le label négociation politique et de grâce Présidentielle. Plusieurs policiers se disent peu intéressés par les opérations de maintien d'ordre sur le parcours du carnaval national.

Dans certains milieux liés à la Police, il est rapporté qu'un officier qui a abattu deux (2) bandits, d'un gang à Martissant, qui attentaient à sa vie, est actuellement en isolement. Une note qui n'agit pas en faveur du moral collectif et institutionnel.

Pour revenir sur les grâces présidentielles, cette année, ce pouvoir constitutionnel a été un vrai gâchis. A Hinche, un criminel gracié a failli assassiner un agent de l'APENA ; au Cap-Haitian, Dieunel Clervin, lui aussi gracié en décembre, faisait partie des 3 hommes qui accompagnaient Fritz Béliard lors de son arrestation dans le Nord-Est. Dans l'Artibonite, on rapporte que 3 bandits réputés pour des crimes odieux ont été graciés. Qui pis est, parmi les 3 bandits graciés dans l'Artibonite, l'un est un évadé de prison en cavale, alors qu'un un autre a bénéficié d'une grâce avant d'être jugé.

Nous somme convaincus que le Président de la République ne voulait pas utiliser ses prérogatives constitutionnelles pour remettre des criminels en liberté. Toutefois, il est un fait que des criminels sont en liberté et reprennent du service au moyen de la grâce présidentielle. Il faut revoir ce mécanisme de grâce qui avili la Présidence et terni l'image du Chef de l'Etat. Il faut protéger la Présidence, en ce sens.

Alors que classiquement, les extrémistes politiques sèment le deuil un sein de la PNH dans le but d'intimider les policiers, de paralyser l'institution en vue de mener à terme leur mouvement subversif, le devoir des responsables de la Police est de veiller au moral des troupes, celui des responsables de la Justice et l'Exécutif est de s'assurer à ce que les criminels restent dans leur cage.

Cyrus Sibert, Cap-Haitien, Haiti
5 février 2015
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RESEAU CITADELLE : LE COURAGE DE DIRE LAVERITE!!!
"You can fool some people sometimes, 
But you can't fool all the people all the time."
 (
Vous pouvez tromper quelques personnes, parfois, 
Mais vous ne pouvez pas tromper tout le monde tout le temps.
) dixit Abraham Lincoln.
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