mercredi 8 juillet 2015

Le CEP sous le feu croisé des belligérants Fanmi Lavalas/Pitit Dessalines...-


Les membres du Conseil Électoral Provisoire (CEP) ont erré en choisissant d’influencer le résultat des élections en amont i.e. en établissant une liste de candidats admis à briguer des postes électifs selon des critères infondés. Ils se placent ainsi dans la ligne de mire des conflits politiques. Quand le peuple n’est pas habilité à déterminer ses dirigeants par le biais d’élections libres et inclusives, les criminels sont confortés. Au lieu de parcourir le pays pour solliciter le vote populaire, ils auront tendance à intimider les neuf (9) membres du CEP pour avoir gain de cause. Ce mécanisme de prise de pouvoir est moins coûteux en termes de ressources diverses y compris les coûts financiers, la logistique, et le temps à mettre pour parcourir la république afin de convaincre une population de plusieurs millions d’électeurs.

Le CEP de Monsieur Pierre-Louis Opont s’est ainsi piégé. Les Conseillers se sont retrouvés pris sous le feu croisé des belligérants Lavalas/Pitit Dessalines, VERITE/Lavalas, Ex-Convergence/Lavalas, Ex-Convergence/VERITE, trafiquants-kidnappeurs-Criminels/Pression internationale… La prise du pouvoir ne dépend plus des électeurs mais d’une décision autoritaire/arbitraire. Ils deviennent ainsi vulnérables à des pressions de tout acabit.

Quand on exclut le peuple du processus électoral, il ne reste que les intérêts de groupes et à ce stade tous les coups semblent être permis [ voir texte: “Haïti : Fin de la Démocratie” : Le Ré.Cit. - Réseau Citadelle: Haïti-Elections: Fin de la démocratie.-



Alors que Monsieur Néhémie Joseph, dans ses spectacles médiatiques habituels, accuse des candidats exclus du processus électoral de tramer un complot visant la personne des conseillers, les observateurs avisés savent qui, dans ce pays, utilisent les manières fortes pour éliminer les témoins gênants, les candidats embarrassants, et dégager la route pour une prompte reprise du pouvoir.

L’assassinat de Jean Dominique est un exemple parfait de crime d’Etat décidé dans un contexte électoral. Les assassinats d’Oriel Jean, de Jean Renel Joseph et Samba Boukman rentrent dans un schéma des crimes odieux pour faire frémir ceux n’ayant pas la pratique de la violence politique en Haïti. Ils portent tous une empreinte professionnelle : Des criminels de sang-froid tuent au grand jour puis se dissimulent au sein de la population sans en subir de réelles conséquences.

L’observateur averti ne se laissera pas manipuler par des déclarations malintentionnées visant à intimider des candidats victimes des excès de zèle du CEP qui n’utilisent que la dialectique pour faire entendre un CEP sourd et aveugle. Les partisans zélés avant-gardistes des intérêts claniques au niveau du CEP doivent se ressaisir pour ne pas dévoyer davantage ce processus électoral. Démasqués, ils risquent de devenir la cible des clans adverses qui utilisent la violence comme moyen politique.


Il est peu concevable que Fanmi Lavalas participe aux élections dépouillé de ses cellules de base égarées au sein de cette mouvance fantaisiste qu’est Pitit Dessalines. Le parti de Monsieur Aristide fera tout pour résister aux assauts de l’ancien Président René Préval. Du bras de fer entre les deux hommes forts de la mouvance Lavalas (Aristide-Préval), l’ex-président Jean Bertrand Aristide, présent sur le terrain, obstiné et antagonique, utilisera ses procédés traditionnels pour s’assurer que le futur pouvoir soit LAVALAS. Avec tous les procès criminels en perspective dont il est l'objet, LAVALAS doit impérativement accéder au pouvoir le plus rapide que possible et ce n'est pas les pédants du CEP qui décideront le contraire. Il mise d’ailleurs sur le projet d’Alternance forcée concocté par l’Ambassade des Etats-Unis et de la MINUSTAH. En surface, son parti présente à Madame Pamela White et à Madame Sandra Honoré une femme, qui serait la première femme élue grâce à 11 ans de tutelle internationale, un couronnement ou une belle image de succès. Solidarité entre femmes oblige.


La récente déclaration de Monsieur Pierre-Louis Opont accusant l’équipe Clinton - Hillary Clinton et Cheryll Mills de manipulation électorale en 2010 semble s’inscrire dans la ligne de chantage du Président Aristide contre son ancien ami et son Némésis de la Maison Blanche. Monsieur Opont semble avoir choisi son gilet de sauvetage à l’insu de ses camarades du CEP, abandonnant Monsieur Jaccéus Joseph, membre fondateur du MRA, initiateur de Pitit Dessalines, connu pour ses liens avec Monsieur Moise Jean-Charles à une réalité macabre trop souvent répétée en Haïti. De plus, en révélant des informations comptables sur l'implication effective de Moise Jean-Charles dans une affaire de détournement de 50 millions de gourdes dans un arrêt de débet contre Michel Saint-Croix - l'ancien maire de la ville du Cap-Haitian, la Cour des Comptes s'est rachetée devant le Baron de Tabarre en créant les conditions objectives pour l'exclusion du Candidat à la Présidence de la Plate-forme Pitit Dessalines. Cette même Cour des comptes n'a t-elle pas décerné un Certificat de décharge à monsieur Moise sans enquête et de façon expéditive pour ses 12 ans de gestion à la Mairie de Milot? 

Il y a un imbroglio général dans l’atmosphère électorale ou le paysage politique haïtien. Pour avoir commis l’erreur d’écarter le peuple et de se positionner en pourvoyeur de pouvoir politique, le Conseil Electoral de Monsieur Pierre-Louis Opont doit tirer sa révérence. Il est trop tiraillé par des intérêts de clans et pour faire valoir une position neutre, impartiale, favorable à des élections libres, honnêtes, démocratiques et inclusives.


On se questionne de la nature des conseils prodigués au Chef de l’Etat le faisant croire qu’il peut rester indifférent aux problèmes électoraux alors qu’en cas d’échec du processus le reste de son mandat sera mis dans le paquet. Monsieur le président, la Représentante du Président Obama en Haiti, Madame White avertit déjà qu’un gouvernement de transition ne sert pas à grand-chose alors que le cap est mis sur les élections et aucun diplomate n’a parlé de transition politique. Le fait par l'Ambassadrice des Etats-Unis, dans un langage diplomatique, de questionner l’utilité d’une transition prouve que cette possibilité est sur la table.

Cyrus Sibert, Cap-Haïtien, Haiti
8 juillet 2015
@reseaucitadelle
reseaucitadelle@yahoo.fr
 
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RESEAU CITADELLE : LE COURAGE DE DIRE LAVERITE!!!
"You can fool some people sometimes, 
But you can't fool all the people all the time."
 (
Vous pouvez tromper quelques personnes, parfois, 
Mais vous ne pouvez pas tromper tout le monde tout le temps.
) dixit Abraham Lincoln.
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