mardi 5 janvier 2016

L’Union européenne sur la même logueur d’onde que la Commission d’évaluation.-


Nouvelliste, Publié le 04 janvier 2016

La mission d’observation de l’Union européenne défend bec et ongles le rapport de la Commission d’évaluation électorale indépendante. Selon le chef observateur adjoint de l’UE, Jose Antonio De Gabriel, le rapport de la Commission d'évaluation conforte la position de l’UE sur le déroulement du processus électoral. L’Union européenne n’entend pas se dédire, il y a bien certaines irrégularités le 25 octobre qui ne sont pas de nature à changer les résultats rendus publics par le CEP.

Réagissant sur le rapport de la Commission d’évaluation qui fait mention de nombreuses irrégularités, l’observateur européen a dit que « dans l’immense majorité, comme nous l’avons prouvé lors de notre vérification, ce sont des erreurs facilement interprétables à la lumière des procès-verbaux eux-mêmes et qui parlent parfois de fatigue, de manque de motivation ou de manque de formation des personnes qui devaient remplir quatre procès-verbaux le 25 octobre, à la fin de la journée ils sont fatigués ». 

Les propos de Jose Antonio de Gabriel ne diffèrent pas trop de ceux de Rosny Desroches en ce qui a trait aux irrégularités. Lui non plus ne voit pas de fraude. Toutes les irrégularités enregistrées dans les dernières élections ne sont que des erreurs qui méritent le pardon de tous, à en croire l’étranger. Avant la Commission d’évaluation, l’Union européenne avait été au Centre de tabulation. La mission a pu travailler à l’occasion sur les 78 procès-verbaux utilisés comme échantillon dans le cadre du jugement du BCEN. « Nous disons que conformément à nos propres observations, les véritables écarts qui peuvent indiquer une intention de frauder, de changer les résultats en faveur d’un candidat déterminé ont été minimes », a déclaré monsieur De Gabriel, qui a accordé une entrevue au Nouvelliste lundi. 

« Effectivement, dans certains procès-verbaux il manquait le CIN d’une, de deux ou de trois personnes. On ne va pas annuler un procès-verbal parce qu’il manque la signature d’une ou de deux personnes », explique l’observateur, qui minimise les conséquences qu’une multiplicité de ces cas peuvent avoir sur les résultats. « Il est possible qu’il y ait un manque d’attention d’un membre du bureau de vote. On ne peut pas prétendre tout annuler parce qu’un nombre minime de signatures ou CIN manque sur un procès-verbal », a-t-il martelé.

Pour le chef adjoint de la mission d’observation de l’UE, les ratures sur les procès-verbaux sont souvent facilement compréhensibles avec un peu de volonté et du bon sens. « Quand on prend ces erreurs complètement humaines et compréhensibles, faites par des gens fatigués qui n’avaient aucune autre copie du document, dire que ça implique des fraudes massives en faveur de tel ou tel candidat exige beaucoup plus d’éléments de jugement », a-t-il dit. Les résultats publiés par le CEP ne pouvaient être autrement, selon De Gabriel.

« On le voit, nous l’avons vérifiés tout comme d’autres organisations l’ont fait, la projection des résultats reflète exactement les résultats qui  ont été publiés par le Conseil électoral provisoire pour le premier tour de la présidentielle », a fait savoir l’observateur européen. Des résultats qui confirment que Jovenel Moïse et Jude Célestin sont qualifiés pour le deuxième tour. 

L’Union européenne salue la recommandation de la commission qui encourage une plus grande qualification des membres des bureaux de vote. « C’est le vrai problème, qui est à l’origine des soupçons », a reconnu l’observateur européen. Il affirme que c’est une nécessité d’améliorer la formation technique des membres de bureaux de vote afin que le remplissage des procès-verbaux soit fait de manière plus correcte. « Ça pour nous est un élément important parce que beaucoup des erreurs proviennent du remplissage des procès-verbaux. Ce sont ces petites erreurs qui ouvrent la voie à des interprétations dans un sens ou un autre ». Il encourage du coup le Conseil électoral provisoire à procéder à une limitation du nombre de mandataires de partis politiques à l’intérieur des bureaux de vote. D’ordonner la présence de ces derniers  dans les bureaux.

http://lenouvelliste.com/lenouvelliste/article/154145/LUnion-europeenne-sur-la-meme-logueur-donde-que-la-Commission-devaluation
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