jeudi 18 février 2016

#Haiti : Une prolongation du mandat présidentiel en vue (Déjà?) — avant toute tentative d’exécuter l’accord du 5 février 2016.-

La presse de l’opposition en fait la promotion dans toutes les éditions de nouvelles. Le Président Martelly aura finalement raison de ces opposants qu’ils accusaient de refuser d’aller aux Elections parce qu’ils savent pertinemment que le peuple ne votera pas en leur faveur. Dans une conférence de presse donnée ce 17 février 2016, Washington exige la tenue des élections le 24 avril 2016. PÈP LA AP TANN AK KAT ELECTORAL LI !

Le président provisoire Jocelerme Privert, environ 48 heures après son intronisation, a entamé le mardi 16 février les consultations auprès des forces vives du pays en vue de la mise en œuvre de l’accord du 6 février. Au terme des premières discussions, une frange de l’Opposition propose Mirlande Hyppolite Manigat comme Premier ministre. Alors qu’une révision dudit accord incluant une prolongation du mandat présidentiel est envisagée.

Cent vingt jours. Telle est la durée du mandat du président provisoire Jocelerme Privert, ce qui rendait perplexe plus d’un, tant la mission dévolue à ce pouvoir de transition parait colossale. Une remise en question qui part du citoyen ordinaire aux politiques. Et de fait, les politiques, les premiers conviés à la table des consultations, ont jugé opportun de revoir l’accord du 6 février. Telle est la position exprimée par  la plateforme « Jistis » sous le leadership de Me André Michel. Laquelle révision est susceptible, souligne ce dernier, de conduire à une prolongation de l’actuel pouvoir de transition.

Pour étayer sa thèse, l’opposant farouche au régime « Tèt kale » estime que l’accord ayant accouché à la présidence de M. Privert n’est pas représentatif des forces de l’opposition. Puisqu’il émane de l’ex-président Michel Martelly et du Parlement. L’Opposition n’ayant pas pris part, il convient, argumente Me Michel, qu’elle soit partie prenante d’un nouvel accord en vue de redéfinir les missions de ce pouvoir de transition.

Cette position est aussi celle de la plateforme « Pitit Desalin ». Son candidat à la présidence Jean Charles Moise croit que le délai de cent vingt jours est insuffisant. Par conséquent une rallonge peut être envisagée. Alors que l’ex-sénateur du Nord et d’autres opposants farouches au régime de Martelly,  dont Me André Michel, ont jugé non négociable la prolongation du mandat de Michel Martelly au-delà du 7 février dans le cadre d’un accord de sortie de crise.

Mirlande Manigat à la Primature ?

André Michel n’y va pas par quatre chemins. Au cours des consultations auxquelles il a pris part au Palais national, le juriste propose son ex-camarade de lutte du Mopod, Mirlande H. Manigat comme Premier ministre. Un choix qui s’explique, selon le militant politique, sur le fait que la coordonnatrice du RDNP est une figure modérée de l’Opposition, capable de réunir les forces vives de la nation autour d’une même table. L’homme de loi se veut tranchant : le prochain titulaire de la Primature doit nécessairement être issu du secteur de l’Opposition démocratique.

Par ailleurs, Me Michel affirme avoir insisté, lors des discussions avec le chef de l’État, de la nécessité d’épurer le processus électoral. Ce, à travers une commission de vérification électorale. L’avocat croit judicieux que les parlementaires élus de façon irrégulière soient exclus du Parlement. Une tâche qui s’annonce délicate étant donné, d’une part, que certains de ces élus contestés ont participé à l’élection de Jocelerme Privert à la présidence provisoire sur la base d’un compromis politique. Et que d’autre part, ils joueront un rôle décisif dans la ratification du Premier ministre nommé qui tire une partie de sa légitimité au Parlement.

Les consultations se poursuivent. La plateforme « Pitit Desalin » est formellement invitée à prendre part aux discussions au Palais national le mercredi 17 février. Alors que Jean Charles Moïse, la veille, s’est entretenu avec le président Jocelerme Privert. Rappelons que  Jean Charles Moise n’a jamais mis les pieds au Palais national depuis sa déconvenue avec Michel Martelly au début du mandat de celui-ci.

Source :Le National
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