mardi 27 juin 2017

#Haiti, sa Mafia du Droit, une menace pour la sécurité régionale de la Caraībe.- (Texte de Cyrus Sibert)

#Haiti, sa Mafia du Droit, une menace pour la sécurité régionale de la Caraībe.- (Texte de Cyrus Sibert)

L’assassinat de l’étudiante Miguelita Sheelove Thomas, en République Dominicaine, par un bandit plusieurs fois arrêté puis relâché par la justice haïtienne dans des conditions que nous connaissons, est une preuve que la corruption au niveau de la justice haïtienne menace la sécurité de la région.

Les Magistrats haïtiens, assis comme debout, semblent ne pas être à la hauteur de leur mission. Quand au ministère de la Justice, avec l’arrivée de Me Heidi Fortuné au poste de Ministre, on s’attendait et on s’attend encore à une lutte systématique contre LA MAFIA du Droit (*), ce réseau formé de :

1- huissiers corrompus qui manipulent le processus de communication des invitations ou des citations à comparaître et des pièces soumis dans les dossiers pour empêcher des procès contradictoires, équilibrés et justes;

2- greffiers corrompus qui falsifient les déclarations des témoins ou font disparaitre des documents de preuves en vue d’induire les juges en erreur;

3- les juges et les commissaires du Parquet corrompus qui s’entendent sur des décisions à adopter en échange de pots de vin, sans tenir compte de la sécurité publique ou du rôle de la justice pour la stabilité sociale et la paix publique.

Le pourcentage des jugements par défaut devrait être un indice suffisant pour l’ouverture d’enquêtes administratives.

Williamson Hilaire (Moreno), l’assassin de l’étudiante Miguelita Sheelove Thomas, arrêté au début de la semaine, en République Dominicaine en possession d’une arme à feu, est un repris de justice. Ce dernier a été arrêté plusieurs fois par la police haïtienne pour viol, escroquerie, faux, usage de faux, association de malfaiteurs. A chaque arrestation, la justice haïtienne a toujours ordonné sa libération expéditive, sans tenir compte des victimes.

Les autorités judiciaires d’Haiti doivent comprendre que leur système donne des signes de dysfonctionnement. La corruption qui y règne prend une proportion inacceptable et menace la sécurité régionale. Les bandits libérés par la justice haïtienne commettent des crimes dans d’autres États de la caraïbe. En association avec des criminels dominicains, ils forment un syndicat du crime organisé transfrontalier.

Vu que les autorités haïtiennes refusent de traiter ce problème avec un sérieux digne de pays souverain, considérant que la majorité des citoyens victimes de l’insécurité en Haiti l’ont été à cause de la corruption garantissant l’impunité des bandits arrêtés par la police, tenant compte du fait que les dirigeants haïtiens sont plus sensibles aux pressions internationales qu’aux cris de leurs concitoyens, nous pensons que cette problématique doit-être traitée au niveau international.

Nous devons profiter de la transformation de la MINUSTAH en MINUJUST (Mission des Nations unies pour l’appui à la justice), pour sonner l’alarme et réclamer que le Conseil de sécurité des Nations Unies tienne compte de ce problème et exerce à travers des résolutions, des pressions pour que les responsables haïtiens puissent réformer le système judiciaire de leur pays. Car, en plus de l’aspect sécuritaire, c’est tout le développement d’Haiti — les investissements directs, le retour des ressources humaines de sa diaspora, qui est affecté par ce problème.

Le constat est décevant. Il existe un statu quo, une solidarité tacite, une confrérie entre professionnels du droit qui facilite les transactions mafieuses en faveur des criminels et pour violer les droits les plus élémentaires du citoyen comme le droit de propriété ou la liberté d’aller et de venir. Ils sont nombreux les personnes condamnées à leur insu, après qu’un juge, un commissaire du gouvernement, un greffier et un huissier eurent décidé de monter un tribunal fantôme pour prendre possession de leurs biens, de salir leur casier judiciaire en vue de les empêcher de briguer des postes électifs ou de les empêcher de témoigner dans un procès de grande envergure. C’est une MAFIA DU DROIT, une association criminelle de malfaiteurs, au même titre que la Cosa Nostra ou la Ndrangheta (la mafia calabraise). De plus, n’est-ce pas étrange que les juges haïtiens ne soient pas inquiétés, alors que les policiers représentent la cible privilégiée des bandits au point d’avoir peur de circuler en uniforme quand ils se rendent au travail ?

Sans des pressions internationales, la justice haïtienne ne procédera pas au vetting des juges, des commissaires du gouvernement, des huissiers, des greffiers, etc;
sans la pression internationale, l’inspection judiciaire ne sera qu’une chimère;
sans la pression internationale, il y aura toujours plus que 80% de personnes détenues sans jugement;
car, la détention préventive prolongée est une forme de “KIDNAPPING LEGAL” ou "SEQUESTRATION LEGALE” permettant à la MAFIA DU DROIT (avocats, huissiers, greffiers et juges corrompus) d’avoir à leur disposition des “fonds à recevoir”, des parents de détenus à rançonner.

Peut-on continuer à accepter que dans notre pays, où tant d’innocents sont victimes de détention préventive prolongée, des criminels contre qui des preuves solides pèsent puissent être libérés de façon célère et sommaire? Il est temps de considérer cette pratique comme une menace pour la sécurité régionale de la caraïbe et des pays frontaliers, une mafia à combattre.


Cyrus Sibert, Cap-Haitien, Haiti
27 juin 2017
reseaucitadelle@yahoo.fr
@reseaucitadelle
WhatsApp: 509-3686-9669

Lisez : #Haiti : Cap-Haïtien et sa ‘’mafia du droit’’ (Texte de Cyrus Sibert, publié le 4 mai 2006)
http://reseaucitadelle.blogspot.com/2011/09/cap-haitien-et-sa-mafia-du-droit-texte.html
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