samedi 15 juillet 2017

#Haiti : Justice pour #Klaus! Pour un audit général! — Ce texte n’engage que moi!

#Haiti : Justice pour #Klaus! Pour un audit général! — Ce texte n’engage que moi! (Cyrus Sibert)

Ne partageant pas la stratégie naïve consistant à fournir des preuves et des documents à ces Sénateurs-candidats pour qu’ils reconnaissent les faits et la vérité, ReseauCitadelle rejoint la position radicale de Madame Marie Carmelle Jean-Marie. Car, la lutte contre la corruption en Haiti, ne peut pas se baser sur cette stratégie boucs émissaires de certains hommes de l’ombre. Il serait trop facile de laisser ces gens utiliser le terme “anti-corruption” pour charmer l’opinion publique, épater les électeurs, tout en renforçant leur emprise sur le pays.

En effet Madame Jean-Marie doute de la légalité du travail de la Commission Sénatoriale d’enquête sélective sur PetroCaribe; elle réclame un audit général de l’administration publique. Elle a d’ailleurs adressé une lettre au Président du Sénat, en ce sens. Sa position est fondée sur l’article 233 de la Constitution et exige un audit général de l’Etat en vue de déterminer les responsabilités.

Dans une courte interview accordée à ReseauCitadelle, l’ex-Ministre des finances confirme sa décision de se renfermer dans les dispositifs constitutionnels du pays. Elle n’entend pas faire le jeu de ceux qui se cachent derrière cette Commission d’enquête qui lui parait être plus une entreprise politique politicienne qu’administrative.

Cet entretien nous a permis de tirer quelques contradictions dans le travail des Sénateurs :

1- Comment peut-on prétendre enquêter sur la gestion des fonds Petrocaribe sans convoquer les Directeurs Généraux du Trésor et du Budget? Ce sont eux qui traitent les opérations, pas les ministres. Les ministres ne font que transférer les ordres de paiement à la BRH.

2- Qui en Haiti, ne connait pas la réalité qui consiste pour la Présidence de doubler les ministres par des directeurs généraux qui exécutent des ordres directs venus du Palais National et des Conseillers du Président, souvent à l’insu du ministre responsable? Le Sénateur Latortue qui a passé une grande partie de sa vie « derrière les rideaux blancs », doit bien connaitre cette façon d’influencer les choses dans l’administration publique.

3- Dans le cas de Klaus Eberwein, Madame Jean-Marie estime précipité, les déclarations du Sénateur Youri Latortue disant qu’il pouvait témoigner à la place de l’ex-Directeur Général du FAES.

Qui ne connait pas que Klaus était secondé par deux (2) personnes au sein de son administration? En effet, il y a Monsieur Paul Moise Gabriel, l’adjoint de Klaus qui coordonnait le Programme ABA Grangou et Madame Esther Antoine. Ces gens avaient beaucoup de pouvoir au sein de FAES; ils doivent être en mesure de témoigner à la place de Klaus.

C’est prendre les citoyens pour des imbéciles, quand le Sénateur Latortue, qui était, durant tout le mandat du Président Michel Martelly, Conseiller au Palais National, se dit être en mesure de témoigner à la place de Klaus ?

Si Madame Jean-Marie réclame un audit général, c’est parce qu’elle est convaincue que certains Conseillers qui agissaient dans l’ombre et contre qui des mesures drastiques ont été prises en vue de stopper leurs manigances dans l’administration publique, tirent les ficelles de cette Commission dans le but de faire passer les ministres les plus honnêtes pour des corrompus. Au parlement, des Sénateurs candidats à la Présidence en profitent pour écarter tous ceux qui ont eu une meilleure performance au timon des affaires de l’Etat.

Selon elle, un projet comme KATYE PAM POZE devrait pouvoir être audité. Le peuple haïtien doit savoir comment les 2% collectés sur les impôts et sur les revenus, ont été utilisés par les Ministres Thierry Mayard-Paul et Ronsard St Cyr. Des fonds qui auraient servi à financer les manifestations du Député Arnel Belizaire contre Laurent Lamothe de 2011 à mai 2012. Madame Jean-Marie a eu le courage de signaler la situation au Premier Ministre Lamothe tout en bloquant les décaissements de ces recettes publiques. Contre toute attente, c’est ce même Député Arnel Bélizaire qui a été choisi en 2016 par le Sénateur Latortue comme responsable de l’enquête technique de la Commission Sénatoriale anti-corruption. Étrangement, l’ex-ministre Mayard-Paul est placé au dessus de la mêlée.

A bien suivre la position de Madame Jean-Marie, on peut déduire que des ex-conseillers de la présidence se liguent contre des ministres de caractère qui avaient décidé contre eux. Aujourd’hui, ils manigancent à partir du Sénat haïtien, une opération de vengeance politique en abusant du mot louable “anti-corruption”. Ces gens s’arrangent pour ne pas interpeler des personnalités qui leur sont proches. Entre Sénateurs et eux, il y a un consensus sur : qui interpeller, qui épargner, qui faire porter le chapeau. Des hommes comme Patrick Noramé (ancien Directeur du BMPAD) ou Yves Bastien (ancien ministre des finances/inventeurs des “cadeaux anonymes”) sont épargnés. Quant au Sénateur Youri Latortue son audace pousse jusqu’à vouloir témoigner en lieu et à la place des adjoints de Klaus. En ce sens, les irrégularités récurantes de l’administration publiques, souvent causées par ces manipulateurs de l’ombre qui exercent des pressions énormes sur les fonctionnaires, sont interprétées comme corruption, dans l’unique objectif de sacrifier les éléments gênants et de prendre le contrôle total de l’Etat, de l’administration publique et du trésor public.

Face à toute cette confusion, elle refuse le sable mouvant de l’enquête politique du Sénat; elle fonde sa position sur l’article 233 de la Constitution et exige un audit général de l’Etat en vue de déterminer les responsabilités.

Sur ce point, ReseauCitadelle est totalement d’accord et supporte la position de Madame Marie Carmelle Jean-Marie. On ne doit pas se laisser intimider par des gens limités, trop satisfaits des opérations de façade pour aller au fond de la réalité. La société civile devrait saisir cette opportunité pour exiger un audit général de l’Etat. Car, selon les informations rapportées par des sources autorisées dans la capitale haïtienne, l’administration du président Jocelerme Privert a battu le record de corruption contre la montre. En un an seulement, le fiscaliste aurait utilisé sa science pour détourner des fonds considérables. Certains de ces collaborateurs auraient même imité la signature du Premier Ministre Enex Jean-Charles (falsification de signature) pour décaisser 700 millions de gourdes. La situation est grave en Haiti. Il faut que ça cesse! Un audit général est indispensable.

Car, ce ne sont pas les ex-ministres qui construisent les buildings à Petion-ville, ce ne sont pas eux qui achètent des maisons au comptant (Cash) à l’étranger (aux États-Unis, au Canada, en République Dominicaine et même en Europe). Il s’agit de corruption et de blanchi d’argent inacceptables dans un pays aussi pauvre que Haiti.

Comme Jean Jacques Dessalines, le lieutenant de Toussaint Louverture, il faut parfois qu’un radical rentre en scène avec ses méthodes non-conformistes, pour bouleverser les formalités diplomatiques, l’hypocrisie, l’immobilisme rétrograde et changer l’histoire.


Cyrus Sibert, Cap-Haitien, Haiti
15 juillet 2017 (Jour des funérailles de Klaus Eberwein)
@reseaucitadelle
WhatsApp: 509-3686-9669
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Lettre de Madame Marie Carmelle Jean-Marie (MCJM) au Président du Sénat de la République.-

Honorable Youri Latortue, Président du Sénat de la République

J’accuse réception de votre correspondance livrée par Madame Géralde MEDIGO à mon bureau ce jeudi 13 juillet 2017 à 10 heures 40 minutes, m’invitant à répondre le jour même à des questions déjà élucidées lors de l’enquête conduite initialement par la Commission Ethique et Anticorruption du Sénat sur la gestion des fonds Petro-Caribe. Je suis donc navrée de ne pas pouvoir donner une suite positive à votre invitation.

J’avais accepté de me soumettre à cet exercice le 28 avril 2016, en raison du profond respect que je nourris pour les Institutions de mon Pays et de l’obligation de rendre compte comme tout gestionnaire public. J’avais eu à l’occasion, l’opportunité de répondre à vos questions ainsi qu’à celles des sénateurs de ladite commission et d’apporter les clarifications jugées utiles. Je m’y suis d’autant plus prêtée volontiers, que lors de mes 2 passages à la tête du Ministère de l’Economie et des Finances j’avais mené une lutte sans merci contre la corruption endémique qui gangrène toutes les institutions de notre pays. A cette occasion, j’avais également insisté sur l’urgente nécessité d’un audit général de l’ensemble des comptes de la République, incluant les fonds Petro-Caribe, les ressources du Trésor Public et les autres fonds reçus en don.

Aujourd’hui, participer une nouvelle fois à une audience, pour le même rapport et sans élément nouveau, me parait excessif, d’autant plus que vous disposez des audits de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratifs (CSCCA) relatifs à ma gestion.

Monsieur le Président, il est incontestable que le pouvoir législatif est investi par la Constitution de 1987 amendée du pouvoir de contrôler le Gouvernement, notamment en matière de Finances Publiques, selon les formes qu’elle prescrit. En effet, la Constitution prévoit en son article 233, la formation d’une Commission Bicamérale chargée de rapporter sur la gestion des Ministres pour permettre aux deux Assemblées de leur donner décharge.

A ce sujet précis, je suis disposée à fournir aux deux Assemblées de la prestigieuse Institution qu’est le Parlement des explications supplémentaires quant à la régularité de ma gestion lorsqu’elles auront à se pencher sur son jugement aux fins de m’en donner décharge, conformément au vœu de la constitution.

Dans l’attente des conclusions de vos travaux et de cet audit général que j’appelle de tous mes vœux, je vous renouvelle, Monsieur le Président, l’assurance de ma considération.

Marie Carmelle Jean-Marie
13 juillet 2017

Lisez aussi : Hommage à Klaus Eberwein : “on ne frappe pas un homme à terre”.-http://reseaucitadelle.blogspot.com/2017/07/haiti-hommage-klaus-eberwein-on-ne.html
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