jeudi 21 décembre 2017

L’incident Claudy Gassant ou l’épidémie de l’arrogance en #Haiti.-

L’incident Claudy Gassant ou l’épidémie de l’arrogance en #Haiti.- #LeRecit

L’incident qui a opposé Me Claudy Gassant à un juge de la zone métropolitaine qui voulait fouiller sa voiture met en évidence une tendance de notre société à s’enliser vers l’absence de courtoisie et de sagesse. Nos élites se comportent de plus en plus comme de vrais sauvages, au nom du droit, de l’exercice de l’autorité, de la connaissance ou des ambitions politiques.

Tout d’abord, la bande sonore qui circule sur les réseaux sociaux, est regrettable pour l’image de Me Gassant que des jeunes de ma génération avaient admiré pour son courage dans l’Affaire Jean Dominique. Car, il est clair qu’en cette fin d’année, traditionnellement, l’insécurité fait rage. Des policiers sont régulièrement pris pour cible par des bandits. Ils n’ont pas les équipements adéquats. De plus, le récent spectacle lors des funérailles de l’agent UDMO tué à Grande-Ravine donne une idée du niveau organisationnel de l’institution et du moral des policiers. En ce sens, il est dans l’intérêt du citoyen de les encourager dans l’exercice de leur fonction; surtout quand ils sont accompagnés d’un juge.

Maitre Gassant pouvait toujours revendiquer le respect de ses droits, mais rien ne l'empêchait de le faire avec sagesse; encore plus, pour un ancien Commissaire de gouvernement, un ancien juge d’instruction.


L’intervention du Juge impoli :

Un juge qui a identifié Me Claudy Gassant, un ancien fonctionnaire de la justice, un avocat du Barreau de Port-au-Prince, un personnage public, avait intérêt de se montrer courtois. On peut toujours appliquer la loi, tout en se montrant calme et courtois.

Il n’y a pas eu de flagrance, pas d’avis de recherche contre Me Gassant. De plus, en sa qualité d’avocat, Me Gassant est un auxiliaire de la Justice. Le juge pouvait toujours lui donner le bénéfice du doute. Rien ne justifie qu’il soit traité comme un vulgaire citoyen.


Manque d’humanisme de part et d’autre :

Les gens sont devenus fous en Haiti. La folie du pouvoir, de la richesse et/ou de la connaissance nous empêche de nous mettre à la place des autres quand nous traitons un dossier. Or, il est toujours mieux de considérer son semblable comme un humain, avec tous les caractères de l'espèce…forces et faiblesses.

Si Me Glaudy Gassant s’était comporté de la sorte, il aurait compris que les policiers en service n’aiment pas perdre la face. Lors même qu’ils auraient commis un abus, il est préférable de le signaler avec calme et sagesse; ou d’exercer des recours, s’ils refusent d’obtempérer.

Aussi, comme ancien Commissaire de Gouvernement et ancien Juge, Me Gassant devrait-il comprendre qu’un Juge n’accepterait pas de perdre la face dans ce genre d’échanges publics.

Parfois, il est mieux d’offrir à son adversaire une porte de sortie ou une sortie honorable. (Sun Zu, L’Art de la Guerre) Car, dans cet incident, le juge et les policiers sont en position d’autorité. Ils n’accepteront pas de perdre la face; surtout, s’ils s’étaient montrés sévères avec d’autres.

Vice-versa, chaque personne, chaque citoyen est doué de sentiments d’honneur et de dignité. Les policiers, les magistrats, les fonctionnaires, les représentants de l’Etat doivent toujours tenir compte de ce facteur humain et ne pas s’amuser à humilier les gens. Car, on peut-être ferme, tout en étant sage, calme et courtois.

En conclusion, nous invitons nos concitoyens à se ressaisir. L’exercice du pouvoir ou la défense des droits peut se faire dans le clame, la courtoisie et le respect. Parfois, il est dans l’intérêt de tous que les choses se règlent ainsi. C’est très mauvais, cette tendance à vouloir humilier les gens, comme on le voit dans le traitement de tous les dossiers, que ce soit au Parlement (#Petrocaribe), dans la Justice (Enquête judiciaire avec intention de nuire), dans l’Administration publique (péripéties injustifiées), dans les Collectivités… L’arrogance devient une épidémie nationale. Or, en toute chose, il faut toujours considérer le caractère légitime ou juste des interventions. Légitimité au sens strict (légal) et au sens large (morale publique, opinion publique).


Cyrus Sibert, Cap-Haitien, Haiti
21 décembre 2017
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