samedi 14 juillet 2018

La démocratie haïtienne continuellement déstabilisée par des oligarques et des extrémistes, sous l’oeil complice de la Communauté internationale.-

En moins de 4 ans, des groupes politiques violents décident de renverser pour une deuxième fois, le gouvernement élu d’Haiti. Ils ne cachent pas leur intention, le disent ouvertement; leur méthode est connue : attaquer la population civile, piller des magasins et des bâtiments publics, tuer, incendier pour interrompre le processus démocratique et faire main-basse sur le pouvoir d’Etat à partir de la mise en place d’un gouvernement de facto.

Les représentants de la Communauté Internationale en Haiti, ne peuvent prétendre ne pas être informés de ce comportement déstabilisateur, anti-démocratique, proche du terrorisme, en violation de la Charte démocratique de l’OEA.

Les gens expérimentés savent que les différentes ambassades ont leur service de renseignement. C’est aussi le cas pour les missions de l’ONU : La MINUSTAH avait le JMAC comme structure de renseignement; la MINUJUSTH, aussi.

Récemment, le Venezuela vient d’être expulsé de l’OEA pour violation de la Charte Démocratique des Amériques. On reprochait aux dirigeants vénézuéliens leurs comportements autoritaires et répressifs. Toutes les grandes démocraties de ce monde ont adopté des sanctions contre le régime dit “autocratique” du Président Nicolas Maduro, instauré par le feu Hugo Chavez.

Ils sont nombreux, les groupes violents sanctionnés par la communauté internationale et ses structures déconcentrées, pour leurs pratiques politiques violentes, leur comportement anti-démocratique, l’utilisation des enfants dans des conflits ou le terroriste… C’est le cas pour le Hezbollah, le FARC, les sentiers lumineux au Pérou, le Hamas, l’IRA, le BOKO HARAM, des sanctions ciblées comme le gel d’avoirs et des interdictions de voyager de citoyens de la Cote d’Ivoire ayant pris part à la violence politique, l’ex-président Laurent Gbagbo est toujours emprisonné par le Tribunal Pénal International,.…la liste est longue.

Après toute cette violence en Haiti, seuls les États-Unis ont adopté des sanctions contre quelques acteurs politiques André Michel et Moise Jean-Charles; mais plutôt, pour des raisons liées à des intérêts directs du grand voisin. Aucune mise en garde de la part de cette communauté internationale, aucune sanction ni menace de sanction contre ce consortium OLIGARQUES/POLITICIENS EXTREMISTES qui menace, planifie ouvertement et met à exécution des actes de violence politique en Haiti.

C’est de hypocrite de laisser à un secteur politique ou économique le champ libre pour déstabiliser un pays dans lequel vous avez une Mission Internationale de l’ONU, au point de mettre en danger la vie des missionnaires, des ressortissants américains, européens, des touristes en général.

Pourtant, c’est cette même communauté internationale qui a imposé à l’actuel gouvernement haïtien, ce plan de redressement des finances publiques, ce fameux accord du Fonds Monétaire International (FMI).

Dans une note publiée sur les réseaux sociaux, nous avions mis en garde le président Jovenel contre cette décision d’adopter ces mesures impopulaires qui ressemblent à un piège pour le déstabiliser. Car, on ne doit pas être assez naïf pour oublier que ce gouvernement a
- adopté des mesures disciplinaires contre des ONGs,
- expulsé la représentante du Secrétaire générale de l’ONU Madame Susan D. Page, 
sanctionné une puissante compagnie pétrolière française, 
sans oublier la récente abstention lors du vote de l’OEA sur la situation politique au Venezuela… 

Il fallait s’attendre à ce piège, capable d’offrir à ces étrangers pro-consuls, une opportunité d’affaiblir le pouvoir en place.

Le Tweet de l’Ambassade d’Allemagne, dit tout : “L’Allemagne reste à côté d’Haiti et condamne toute la violence contre le pouvoir légitime et le peuple haïtien.” 

Il s’agit d’une attaque contre le président élu Jovenel Moise et contre le peuple haïtien. Alors, pourquoi, les autres diplomates stationnés à Port-au-Prince ne l’ont pas dit? Pourquoi passer sous silence une manoeuvre anti-démocratique visant à renverser un president légitime? …une attaque contre la fameuse Charte démocratique qu’on aime tant brandir pour blamer et condamner les dérives au Vénézuela.


On se souvient comment les sanctions contre des membres du secteur privé haïtien qui avait supporté les pustchistes, lors du dernier coup d’État militaire, avaient porté fruits. En 2010, il a fallu encore des sanctions contre ces oligarques pour forcer le gouvernement d’alors à respecter les résultats du vote populaire. En 2016, cette élite refit surface, finance le saccage des entreprises de Port-au-Prince, de Petion-ville et de Delmas, en vue d’interrompre le processus electoral. Ils avaient obtenu gain de cause en instaurant le Sénateur Jocelerme Privert comme Président De Facto.

Aujourd’hui encore, ce secteur refuse le jeu démocratique. Il est remobilisé pour renverser le président légitime en exercice. Il lui reproche sa décision de dénoncer le contrat injuste sur l’électricité et de libérer le marché de l’énergie.

Le silence complice de cette Communauté internationale face aux agissements de ce secteur qui agit au vu et su de tous peut être interprété comme une collusion, un feu-vert. Car, plus Haiti est déstabilisée, plus cela fera l’affaire des ONGs et des Missions de l’ONU qui hypocritement parlent de stabilisation, de démocratie ou d’Etat de Droit.

Ce 13 juillet 2018, il est rapporté que le Représentant du Secrétaire Général de l’ONU en Haiti a félicité le Directeur Général de la Police Nationale pour son inaction lors des actes de violence du week-end du 6 au 8 juillet 2018. Toujours, selon ce reportage : le Chef de la MINUJUTSH qualifie ce comportement irresponsable de ne pas déployer les forces anti-émeutes de “sang-froid et (son) professionnalisme”.

Un remarque à laquelle nous répondons:

@ReseauCitadelle : S’ils ont qualifié ce comportement du #DGPNH de sang-froid et de professionnel, il faut dire qu’il avait reçu l’ordre de la @MINUJUSTH de ne pas agir. Ce n’est pas surprenant quand nous savons que ces pro-consuls digèrent mal l’échec diplomatique de Madame Page en #Haiti #LeReCit

@ReseauCitadelle : La mission de l’@ONU, @MINUJUSTH doit nous dire comment elle avait qualifié les mesures extrêmes de sécurité (ex: couvre-feu) adoptées par ce même #DGPNH Michel Ange Gédéon quand son patron #Lavalas #Privert devait quitter le pouvoir (en avril 2016) mais est resté président de facto. #LeReCit

Ces actes de violence ont des conséquences graves pour l’économie haïtienne, la plus pauvre de l’Amérique. Des dizaines de millions sont partis en fumés. Le secteur touristique et hotelier est considérablement endommagé. Des centaines de travailleurs de ces entreprises incendiées, pillées, ou menacées, se retrouvent dans le chômage.

Cyrus Sibert, Cap-Haitien, Haiti
reseaucitadelle@yahoo.fr
#LeReCit : www.rezositadel.com
WhatsApp : +509-3686-9669
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