mercredi 17 juin 2009

Mise au point de Cyrus Sibert : Débat autour de Dr Guy Théodore.


Par Cyrus Sibert
Radio Souvenir FM, 106.1 :
souvenirfm@yahoo.fr

Le Ré.Cit. (Réseau Citadelle) : www.reseaucitadelle.blogspot.com


Cap-Haïtien, le 17 Juin 2009


J’ai pris du temps pour répondre à John Danies et aux amis du Mouvement 5 R. J’ai reçu plusieurs mails de lecteurs qui me conseillent de ne pas polémiquer. Je comprends par là que même quand nous aurions des candidats différents, ils ne seront pas des ennemis, mais des membres de la même famille démocratique. Mais, je m’en voudrais de ne pas donner une explication aux lecteurs qui questionnent ma position et que je considère comme pourvoyeurs de légitimité même pour un travailleur de la presse qui n’est un poste électif. Car, quand je parle, je veux être certain que mon auditoire ou lectorat ne met pas ma crédibilité en question, qu’il a la ferme assurance que ce que je dis n’a pas été dicté par une tierce personne, mais la synthèse de mes observations ou de suggestions.


En effet, j’ai reçu plusieurs emails d’amis qui questionnent ma position en faveur de Dr Guy Théodore. Extraits de quelques emails: John Danies [We are ashamed of Cyrus Sibert and other bathers who did not even check the temperature of the water before jumping. DO I HEAR OPPORTUNISM HUM???], M. Polycarpe [Je suis vraiment déçu de te voir entrer la tête baissée dans une partisannerie qui certainement pourra coûter chère et même très chère au pays… Une neutralité, avec ta si belle plume, servira mieux qu'un quelconque alignement aveugle.], Mvt 5R [le public qui respecte votre travail a du mal a comprendre votre saut precipite dans le wagon du Docteur Guy Theodore.]

A toutes ses personnes que je respecte parce qu’elles ont eu le courage de questionner ouvertement ma position au lieu de sombrer dans la médisance, je réponds :


Cyrus Sibert est un journaliste engagé qui a toujours une position. Mon tempérament intrépide, hyper actif, mon esprit de sacrifice et mon amour pour Haïti ne me permettent pas d’être un simple raconteur de faits au service d’un patron de média affairiste, souvent sans conscience patriotique.


Dans mes archives personnelles, j’ai fait des recherches pour vous prouver que j’ai toujours eu une position connue. Mes analyses sont souvent suivies d’une prise de position.


· Face aux gangs qui terrorisaient le peuple, j’ai plaidé en faveur de la reconstitution des FADH. J’ai eu beaucoup d’adversaires, ils y en ont qui ne publient plus mes textes, d’autres me détestent. J’ai toujours une position.

· A l’arrivée des élections de 2005, j’ai plaidé pour un candidat unique dans le camp démocratique : « Haïti : Deux blocs politiques pour un vote discipliné ! (Par Cyrus Sibert, Radio Maxima, Cap-Haïtien, Haïti,
opinionmaxima@yahoo.com , 21 juillet 2005) ». J’ai toujours une position.

· Aux élections de 2005, j’étais du coté de Charles Henri Baker, parce que comme lui, j’étais très critique à l’endroit de Gérard Latortue et de tous les autres membres de la classe politique et de la société civile qui ont préféré ramper pour de l’argent aux lieux d’exiger de véritable réforme. Je ne m’étais pas laissé intimider par les critiques qui voyaient en Charlito un bourgeois ou un mulâtre indigne d’être élu à la tête de l’Etat. Car je savais et je sais que ceux qui utilisaient ces vocables pour discréditer un adversaire de poids étaient plus bourgeois et plus mulâtres dans leur âme.. S’ils n’ont pas d’argent, ils rêvent à en avoir et son prêt à tout. Ils cherchent la compagnie des mulâtres qu’ils se disent détester. Ils cherchent à avoir une mulâtresse comme maîtresse pour venger la race. Bref, je ne leur laisse pas la chance de m’interrompre dans la recherche continue de solution pour mon peuple et mon pays. J’ai toujours une position.

· Lors de la visite de Gérard Latortue au Cap-Haïtien, avec le Dr Daniel Albert de la FEKOKAP (Federasyon Komite Katye Okap), j’ai organisé un sit-in devant la cathédrale du Cap-Haïtien pour dénoncer la mauvaise gouvernance durant la transition. J’ai toujours une position.

· Après les élections, voyant que Jacques Edouard Alexis entretenait les gangs, les criminels et les kidnappeurs de l’Opération Bagdad, les extrémistes du parti Lavalas pour avoir la main mise dans les quartiers populeux et garantir son élection à la présidence, j’ai proposé Paul Denis comme premier Ministre : « Et si on proposait Paul Denis pour remplacer Jacques Édouard Alexis?, Cyrus Sibert, Journaliste, Cap-Haïtien, Haïti.,
reseaucitadelle@yahoo.fr, Cyrus Sibert, Cap-Haïtien, Haïti, 29 décembre 2006 ». Car, pour avoir combattu au coté des militants de l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL), sachant que Paul Denis est un homme courageux qui a prouvé en 1999, lors de l’assaut des hordes Lavalas d’Aristide contre le local de l’OPL à Pont Morin, qu’il n’avait pas peur des chimères ni de leur Chef; ce jour là, il a du quitter sa résidence, traverser Port-au-Prince, pour se rendre au local, alors assiégé, en vue de sauver la vie des militants du parti qui se trouvaient à l’intérieur, ayant vécu ses actions lors de la bataille finale, j’étais sur qu’il pouvait rompre avec les gangs et limiter les dégâts. J’ai toujours une position...

· J’ai milité en faveur de Roudy Boulos, depuis 2004, comme candidat au Sénateur dans le Nord-Est. J’ai fait campagne. Aujourd’hui son passage a laissé des souvenirs positifs. Mieux que tous les profiteurs du régime en place qui cherchent à le détruire. Car, avant lui, le Département du Nord n’était qu’un prolongement du Département du Nord. Un lieu où l’on va pour se faire élire et jouir des privilèges du pouvoir à la capitale. Je ne m’étais pas laissé dérouter par les critiques qui disaient que Cyrus fait la promotion d’un bourgeois. Car je savais qu’il y a des gens sincères dans toutes les couches sociales. Ceux qui ne voulaient pas entendre parler de Boulos n’avaient rien comme projet. Aujourd’hui encore, ils sont sans projet. J’ai préféré suivre un homme pratique qui avait une vision pour le Nord-Est. Un homme d’affaire certes, mais il voulait que la ville de Fort-Liberté soit devenue une destination touristique adoptée par les tours opérateurs dominicains, de la ville de Trou du Nord comme ville zone de développement d’agro-industrie. A partir de cette ville proche du Nord on pouvait avoir le courant du Nord et promouvoir des industries de transformation. De Ouanaminthe, une ville commerciale avec des zones franches haïtiano-dominicaines. Même après a destitution, Rudy Boulos continue d’octroyer des bourses d’études aux jeunes du Nord-est, tandis que ses éternels adversaires se contentent eux d’empocher les fonds recueillis du Palais National. J’ai toujours une position.

· Je milite en faveur de la décentralisation. J’avais publié le texte : « POUR UN NATIONALISME PROVINCIAL EN HAITI, Par Cyrus Sibert, Radio Maxima,
opinionmaxima@yahoo.com, Cap-Haïtien, Haïti, Cyrus Sibert, Cap-Haïtien, 25 mai 2005 ». Suite à ce papier, j’ai fondé le Front Provincial Nord (FPN).


Le 17 novembre de la même année, pour l’anniversaire de la marche de Vertières dans le Nord, la marche qui a fragilisé le leadership d’Aristide et lancé la mobilisation contre sa dictature, nous avions organisé un colloque à l’Université Roi Henri Christophe. Vite après, je me suis dit : il nous faut construire un nouveau leadership dans le Nord. Rien ne marchera avec ces trois (3) parlementaires de LESPWA, il faut un homme crédible pour ce leadership. Dans les discussions sur la décentralisation sur le Groupe Haitianpolitics, Dr Gérard Etienne - de regrettée mémoire et Ray H. Killick, ont longtemps mis l’accent sur la « culture d’exécution ». M. Ray H. Killick que je ne vois plus sur les forums de discussions pensait qu’il fallait éviter de sombrer dans la balkanisation. Un pouvoir central qui dirige scientifiquement l’Etat avec des principes administratifs universels peut changer les choses, car la « culture d’exécution » fait appel à des résultats.

Hors, avec les erreurs de la transition, le leadership démocratique dans le Nord était affaibli. C’est ce qui nous donne, aujourd’hui, la prétention de Moise Jean-Charles de devenir Sénateur, à partir du Nord. J’ai réfléchi avec des amis du FPN et nous nous sommes posés les questions : Qui peut symboliser un leadership crédible, nouveau, un rassembleur détenteur de la culture d’exécution, une personne laïc qui sait se fixer des objectifs et obtenir des résultats concrets ? Qui peut symboliser l’idéale christophien ? Nous avons regardé autour de nous dans le Nord et notre choix s’était porté sur Dr Guy D. Théodore. J’ai commencé par attirer l’attention de mes auditeurs sur ce qui se fait à Pignon : « Si rien ne marche en Haïti, Pignon est une exception. Nous devons valoriser ces modèles. Il y en a plusieurs dans le pays. Ces hommes doivent sortir de leur silence et de leur nid pour se porter comme alternative. »

Dr Guy a appris notre campagne grâce à des ressortissants de Pignon résidant au Cap-Haïtien. Un ancien candidat à la députation pour la circonscription Ranquitte Pignon nous a passé son numéro de téléphone pour le contacter au besoin. Un matin, j’ai décidé de l’appeler pour l’inviter à participer à mon émission :

- Bonjour Docteur ! C’est Cyrus Sibert de Radio Kontak Inter. Je souhaite vous inviter à mon émission.

- Mon cher, je suis au courant de votre travail, j’apprécie ton invitation, mais je n’aime pas cette pratique traditionnelle qui consiste à intervenir tout le temps dans la presse, même quand on a rien de nouveau à déclarer. Je suis un homme d’action, je parle quand j’ai une chose importante à dire. Pour mon travail, l’Hôpital est là. Si tu veux, on peut planifier une visite. Mais moi, je développe un programme de prise en charge totale des femmes enceintes qui présentent des complications et celles qui viennent de très loin. Nous venons de lancer la construction du dortoir qui accueillera à partir de 6 mois de grossesses ces femmes à risques, quand ce sera prêt, je prendrai part à ton émission.

- Mais Docteur, nous pensons que des hommes comme vous ne doivent pas rester dans leur coin. Il faut étendre cette façon de faire à tout le pays, du moins, à tout le nord.

- Il faut rester dans son nid pour ne pas se faire dévorer par les prédateurs. En Haïti, les gens ne respectent pas leur parole. Ils ont tendance à donner des coups dans le dos. Je ne dis pas jamais, mais je ne peux pas m’aventurer n’importe comment. S’il s’agit d’une action structurée, je m’engagerai.

- Nous pensons que vous pourriez jouer un rôle important dans notre organisation FPN (Front Provincial Nord).

- Il y a le Professeur François Latortue qui pense la même chose pour son parti. Il pense que je suis l’homme capable de revivifier MODELH-PRDH.

- Alors, faisons quelque chose ensemble. Je vais contacter des amis et alliés pour voir qu’est ce qu’on peut faire ensemble. Ce n’est pas possible de laisser ce vide. La nature a horreur du vide. Nous devons opposer un leadership crédible d’exécution aux nihilistes.

Vous connaissez la suite j’ai mené ma petite enquête. MODELH-PRDH n’a rien de passif politique. Il était en hibernation et faible, mais on ne peut dire que ce mouvement était impliqué dans des actions répressives, antidémocratiques et liberticides. Ces papiers étant en règles, j’ai encouragé des militants de confiance à travailler sur le terrain et de faire de ce petit parti un véhicule pour les militants crédibles qui veulent se positionner en alternative politique. Personnellement, ils peuvent devenir membre de MODELH-PRDH ; le FPN continuera à militer pour l’intégration des villes de province, et Cyrus Sibert jouera le rôle d’encadreur, facilitateur et conseiller externe du mouvement. L’enquête sur Dr Guy D. Théodore a révélé que sa personnalité, sa force de caractère, sa crédibilité, ses réalisations, son rayonnement, sa culture d’administration et organisationnelle au niveau du Corps médical de l’US AIR FORCE, de l’Hôpital Bienfaisance de Pignon et du Rotary Club fait de lui un atout pour MODELH-PRDH. Même ces adversaires le reconnaissent. Je veux bien parler des adversaires honnêtes, pas ceux qui veulent manipuler les gens en cachant leur petite guerre pour des contentieux personnels au point de faire la leçon des journalistes, les invitant à rejeter les résultats d’enquêtes menées sur l’Hôpital Bienfaisance de Pignon par des institutions de renom comme le Collège des Chirurgiens Américains.

Depuis lors, nous continuons de construire dans le Nord, un leadership crédible. Le FPN est sur la bonne voie. Nous sommes sur le point d’avoir un leadership collectif capable de faire de notre région un nouveau pole économique. Nous avons tenté des rapprochements avec d’autres leaders régionaux comme le Sénateur Youri Latortue (Artibonite), le Sénateur Luc Fleurinord (Nord-Ouest), le Sénateur Rudy Boulos (Nord-Est), le Dr Osni Eugene (Nord-Ouest)… Des rencontres ont été réalisées pour poser les problèmes du Grand Nord et définir un espace d’échange. A 200 ans de l’anniversaire de la création du royaume du Nord, nous devons agir.

Et quand un ami très connu de la diaspora m’a appelé pour me mettre en garde contre ce qu’il avait appelé l’ ‘‘Utopie parlementariste de Rudy Boulos’’, car selon lui on ne peut rien changer dans un pays sous-développé à partir du parlement, il faut viser le pouvoir exécutif, Préval finira par broyer notre ami Rudy, il ne le laissera pas continuer ses projets de développement du Nord-est qui finalement constitueront un avilissement pour son gouvernement, nous avons pensé à faire une meilleure utilisation de cette pièce maîtresse. Nous avons envisagé d’aller jusqu’au Palais national. Il n’y a aucun doute que Dr Guy aimerait bien être élu Président d’Haïti pour mieux agir. Il a un rayonnement national et international important, il a son propre équipe, des bénéficiaires, des sympathisants, en Haïti et à l’étranger. Donc, si on associe tous ces éléments, on peut faire mieux.


Voyant le résultat d’un travail de terrain en peu de temps et avec des ressources très limitées, Dr Guy a, à son tour, décidé d’activer ses contacts à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Aujourd’hui, vous pouvez voir le résultat. S’il mène campagne en ce sens, il ne mérite pas la mort. Il a le doit de se porter candidat. Ceux qui pensent le contraire n’ont qu’à prouver que ce n’est pas l’homme du moment, qu’un leader plus crédible et plus compétent en termes de réalisation sur le terrain est préférable. Mais nous autres nous croyons qu’il faut un homme d’action, un homme de terrain, pas un Gérard Latortue sorti de la Bouche d’un rat avec arrogance et le mépris de la réalité et de fausses promesses, pour y retourner par la petite porte ; mais quelqu’un qui a fait preuve de sa capacité de vaincre les forces féodales et d’imposer la modernité. J’attends qu’on me prouve le contraire. J’attends des arguments solides, pas de histoires comme : C’est l’homme des américains, c’est l’homme de Bill Clinton, car je sais pertinemment que tous les hommes politiques d’Haïti sont des hommes des américains. Il suffit de menacer d’annuler leur visa et tout le monde s’aligne. Ceux qui disent plus haut qu’ils sont anti-américains rampent dans les ambassades. Déjà, on attend une invitation de Bill Clinton pour s’assurer qu’on ne sera pas exclu, que ses marnes ne passeront pas trop loin. Ma génération a vécu le Charlemagne-péraltement et le Thank-you-mister-president-Clinton d’Aristide. Au contraire ‘‘ … better know where he stands’’.

La politique est une science d’opportunités mais non d’opportunistes. Il n’y a aucun mal à être alerte aux opportunités qui font avancer les causes nobles. C’est la finalité qui compte. Des opportunités pour le progrès de mon pays, pas pour mes intérêts personnels. René Préval offre assez d’espace pour ceux qui souhaitent vendre leur conscience. J’ai refusé des offres en 2003 quand j’étais à Radio Maxima. Un camarade de classe que Jean-Baptiste Rubens Luc connait très bien m’avait promis : argent, voiture, visa et Job pour abandonner la lutte et trahir Jean-Robert Lalane. En 2008, j’ai refusé une invitation au Palais national, récemment le ticket envoyé par la présidence traînait encore au comptoir de Tortug’Air au Cap-Haïtien. En 2009, nous n’avons pas accepté une subvention pour Radio Souvenir FM et des facilités administratives.

Rien n’est plus révoltant que de voir des gens insinuer ma position à une histoire d’argent ou d’opportunité personnelle. Oui l’argent est le nerf de la guerre. Il faut financer les outils de lutte, c’est un moyen, pas une fin.


Je fais partie de ceux qui croient que le changement est possible. Je souhaite vivre les premiers ouvrages de développement national. Je ne resterai pas dans le ‘‘Rablabla- Pale-fransè’’ sans tenter de faire bouger les choses. Même quand je ne suis pas formellement membre de MODELH-PRH, comme les Grands Média américains ont pris part à la satisfaction de bon nombre d’haïtiens de la diaspora et d’Haïti dont ceux qui sont très critiques aujourd’hui, je soutiens son action, je l’encadrerai jusqu’à preuve du contraire. Et ce contraire, à vous de le démontrer.


RESEAU CITADELLE (Le Ré.Cit), le 17 Juin 2009, 15 heures 55.

1 commentaire:

Rosa a dit…

Cyrus: Je suis un peu nostalgique de ne plus vous entendre a travers la radio,car pour cause d'etude je suis oblige de me rendre en Rep Dom. merci pour vos textes aussi coherents qu'ils sont. Faites un effort pour pour relier la radio sur Internet.