lundi 12 octobre 2026

POUR UN EMBARGO INTERNATIONAL SUR LES ARMES EN RÉPUBLIQUE DOMINICAINE

POUR UN EMBARGO INTERNATIONAL SUR LES ARMES EN RÉPUBLIQUE DOMINICAINE

Texte de Cyrus Sibert

Le dernier rapport des Nations Unies accusant l'Armée et la Police de République Dominicaine vient démasquer Luis Abinader dans sa mise en scène de protecteur d'Haïti et sa folie de présider l'île entière. Cette distribution massive d'armes et de munitions à des groupes terroristes en Haïti soulève des questions graves sur la circulation des armes létales sur une île où deux États cohabitent pacifiquement.

Si l'embargo sur les armes imposé à Haïti n'a pas empêché les gangs terroristes de s'armer grâce à la complicité de l'État dominicain, ne faut-il pas l'élargir à l'île entière ? N'est-il pas venu le temps d'étendre le contrôle des armes à toute l'île ?

Deux faits sont établis :

1. La planification et la fuite des assassins du Président Jovenel Moïse ont transité par le territoire dominicain ;

2. Selon les rapports 2024-2026 du Groupe d'experts des Nations Unies, les armes, munitions et drones qui alimentent les gangs haïtiens proviennent de la République Dominicaine, y compris par détournement de stocks militaires dominicains marqués ERD — plus de 908 000 articles manquants selon un inventaire officiel.

Alors que l'État dominicain alimentait les gangs en armes et en munitions, la Chine bloquait les résolutions du Conseil de sécurité en faveur d'Haïti. Hasard, coïncidence ou action coordonnée ?

La question mérite d'être posée, car les faits sont têtus.

Durant les cinq dernières années, la Chine a fourni d'importants équipements militaires à l'armée et à la police dominicaines. Qu'est-ce qui peut justifier un tel programme accéléré de réarmement pour un pays situé entre un État désarmé — Haïti — et un territoire américain — Porto Rico ?

Le tout dans un contexte des plus inquiétants : la montée en puissance de groupes ultranationalistes dominicains qui ne cessent d'attiser la haine anti-haïtienne et de préparer l'opinion publique à l'idée même d'une extermination des Haïtiens qui occupent la partie ouest de l'île. À quoi jouent Pékin et Sainto-Domingo ?

Ce qui est clair, c'est que des milliers de civils innocents ont été massacrés en Haïti. Et pendant ce temps, la Chine a utilisé son droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU pour empêcher la communauté internationale de porter assistance à ces civils menacés.

Faut-il y voir une représaille diplomatique parce que l'État haïtien s'entête à reconnaître Taïwan au détriment de la Chine continentale ? Si c'est le cas, c'est le peuple haïtien qui paie le prix fort d'un jeu géopolitique qui le dépasse.

Aujourd'hui, l'État haïtien n'est plus que l'ombre de lui-même. En réalité, il s'agit d'un territoire gouverné par un gouvernement corrompu et contrôlé par des gangs terroristes à la solde d'oligarques mafieux qui capturent les deux États de l'île de Kiskeya. Les preuves de déstabilisation venues de la République Dominicaine sont évidentes. Les Haïtiens sont obligés de fuir, de se réfugier ailleurs, devenant ainsi plus vulnérables, plus exploitables.

Le slogan officiel des dirigeants dominicains "La solution d'Haïti n'est pas en République Dominicaine" relève d'une stratégie de diversion visant à détourner l'attention de la communauté internationale des causes structurelles de la crise. Dans le traitement du dossier migratoire, l'État dominicain occulte systématiquement les dimensions de traite humaine, de narcotrafic et de criminalité transnationale impliquant des réseaux au sein même de l'appareil d'État — politique, militaire et économique — pour réduire la question à un prétendu "risque d'invasion haïtienne".

En effet, le dernier rapport de l'ONU confirme ce que la société haïtienne dénonce depuis des années : les gangs opèrent comme sous-traitants de réseaux de contrebande qui s'enrichissent de l’exploitation et de la traite des deux peuples de l'île, sous couvert d'un discours ultranationaliste.

Ne sommes-nous pas face à un projet classique d'effacement de l'État haïtien dans le cadre d'un projet géopolitique occulte ? Ce faisant, la République Dominicaine déstabilise toute la région caribéenne.

Le rapport de l'ONU sur le ravitaillement des gangs terroristes haïtiens par des éléments de l'armée et de la police dominicaines est clair, précis et détaillé. Face à cela, il est indispensable d'imposer un embargo total sur les armes et les munitions à destination de l'île entière.

Les agissements des dirigeants dominicains méritent une enquête internationale approfondie et indépendante.

Je réitère donc ma demande : la création d'un Tribunal international sur les massacres en Haïti, afin d'enquêter sur les mises à mort de civils innocents et de juger les auteurs, co-auteurs et complices des deux côtés de l'île, où qu'ils se trouvent.

Cyrus Sibert, Journaliste

12 Octobre 2026

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samedi 10 octobre 2026

Arrestation de Tom Osbeck au Cap-Haitien : Les enfants victimes ont besoin de nous! (Texte de Cyrus Sibert)


LES ENFANTS VICTIMES ONT BESOIN DE NOUS.

Joie et tristesse m'habitent à la fois depuis l'annonce de l'arrestation de M. Tom Osbeck, citoyen américain accusé d'abus sexuels sur des mineurs au sein de l'orphelinat qu'il dirigeait à Morne-Rouge, au Cap-Haïtien. Pour l'heure, M. Osbeck bénéficie de la présomption d'innocence, c'est un droit fondamental et inaliénable.

Je ressens de la joie, parce que je vois des victimes briser le silence, s'organiser et se lever contre ce fléau qui ronge l'enfance haïtienne depuis trop longtemps.

De la tristesse, parce que cette arrestation révèle une fois de plus l'ampleur et la profondeur d'un système qui a pu s'installer en toute impunité en Haïti.

Depuis les révélations sur l'affaire Epstein — ce milliardaire américain qui, avec la complicité d'hommes et de femmes puissants, a bâti un véritable réseau transnational d'exploitation sexuelle de mineurs — j'ai pris la pleine mesure du danger que courent les victimes, les journalistes et les défenseurs des droits de l'enfant qui osent affronter ces prédateurs.

C'est pourquoi mon admiration est immense pour tous ceux qui ont eu le courage d'agir. Notre plus grande victoire n'est pas une arrestation. C'est d'avoir montré que le combat est possible. Que d'autres journalistes, d'autres militants, d'autres citoyens peuvent et doivent prendre le relais pour que justice soit faite.

Une cause qui repose sur un seul homme est fragile et éphémère. Mais quand les arrestations et les condamnations se multiplient, cela prouve une chose : si le mal est généralisé, la résistance l'est tout autant. Il ne manquera jamais d'hommes et de femmes pour se révolter contre l'abominable.

Je salue avec respect le courage des victimes présumées et la détermination inébranlable de ceux qui les accompagnent.

Je sais aussi que le plus dur commence. Habituellement, à ce stade, l'accusé et ses réseaux mobilisent toutes leurs ressources pour discréditer les témoignages, intimider les témoins, effacer les preuves et tenter de corrompre les autorités locales. Les victimes risquent alors de se retrouver seules, face à des membres même de leur communauté qui bénéficiaient de la présence de l'accusé en Haïti.

La bataille pour la vérité ne sera pas facile.

Les victimes ont besoin de nous. Elles ont besoin de vous.

Ne les laissons pas seules.


Cyrus Sibert, Journaliste

10 Octobre 2026

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Ohio Missionary Enters Guilty Plea for Child Exploitation Crimes in Haiti

Today, Jeriah Mast, 45, of Millersburg, Ohio, entered a guilty plea today to two counts of engaging in illicit sexual conduct with minors in Haiti. 

According to court documents, Mast traveled from the United States to Haiti on multiple occasions between 2002 and 2019, including with the organization Christian Aid Ministries (CAM), where he sexually abused minors. Law enforcement obtained flight records showing that Mast had taken over 30 flights from the United States to Haiti between November 2002 and August 2018. Sentencing is set for Dec. 15, 2026.

“Jeriah Mast preyed on vulnerable children while working in Haiti as a missionary,” said Assistant Attorney General A. Tysen Duva of the Justice Department’s Criminal Division. “His guilty plea to multiple counts of engaging in illicit sexual conduct with minors reflects both the severity of his crimes and our unwavering commitment to holding U.S. citizens accountable when they exploit children abroad. This type of predatory conduct — committed by someone entrusted with missionary work — represents a profound betrayal of trust, and today’s plea is an important step toward justice for the many victims harmed by Mast’s actions.” 

“This defendant violated the innocence of children and violated the trust of those who supported his supposed missionary work,” said U.S. Attorney David M. Toepfer for the Northern District of Ohio. “It is reprehensible behavior that we will prosecute to the fullest. We thank the investigators from HSI and the Holmes County Sheriff’s Office for their hard work bringing this man to justice.”

“The defendant’s guilty plea underscores HSI’s critical mission to identify and investigate those who exploit children, including individuals entrusted with positions of authority, no matter where the crimes are committed,” said Special Agent in Charge Jared Murphey of Homeland Security Investigations (HSI) Detroit. “Together with our law enforcement partners, HSI Cleveland will continue working to hold child predators accountable in the United States and to seek justice for victims wherever our investigations take us.” 

HSI Cleveland investigated the case with substantial assistance from the Holmes County, Ohio, Sheriff’s Office.

Trial Attorney Jessica L. Urban of the Criminal Division’s Child Exploitation and Obscenity Section (CEOS) and Assistant U.S. Attorneys Margaret Kane and Jennifer King for the Northern District of Ohio are prosecuting the case.

This case was brought as part of Project Safe Childhood, a nationwide initiative to combat the epidemic of child sexual exploitation and abuse launched in May 2006 by the Department of Justice. Led by U.S. Attorneys’ Offices and CEOS, Project Safe Childhood marshals federal, state, and local resources to better locate, apprehend, and prosecute individuals who exploit children via the internet, as well as to identify and rescue victims. For more information about Project Safe Childhood, visit www.justice.gov/psc.

Updated September 8, 2026

American missionary charged with sexual misconduct involving minors in Haiti due back in court Oct. 12

Maylon Foshee, 23, built a large social media following through videos of his missionary work in Haiti and his fluency in Creole. Federal investigators allege he sexually abused minors who were under his care.


by Fahima Degia
Oct. 02, 2026

Overview:
American missionary Maylon Foshee is scheduled to return to federal court Oct. 12 after being charged with engaging in illicit sexual conduct with minors in Haiti. An FBI affidavit alleges Foshee sexually abused minors who lived with him or received educational and financial support from him while he worked with a ministry in Gonaïves.

American missionary Maylon Foshee is scheduled to return to federal court Oct. 12 after being charged with illicit sexual conduct with minors in Haiti, where authorities allege the 23-year-old Louisiana man sexually abused children while working as a missionary in Gonaïves.

Foshee, who built a large social media following through videos showcasing his fluency in Creole and his missionary work in Haiti, faces up to 30 years in federal prison if convicted. The U.S. Attorney’s Office for the Western District of Louisiana announced the charge Sept. 30, eight days after prosecutors secured a federal criminal complaint against him.

The complaint was filed Sep 22. 2026, in the United States District Court for the Western District of Louisiana, charges Foshee under a federal law prohibiting illicit sexual conduct with minors in a foreign country. According to an FBI affidavit filed with the complaint, investigators began looking into allegations against Foshee after receiving a complaint in March 2026. The affidavit says Foshee traveled to Haiti on mission trips between 2023 and 2025 and worked with Agape Ministries in Gonaïves, where he worked closely with children, helped send them to school, and allowed some to stay at his home.

“Protecting children from sexual abuse wherever it occurs is one of this Administration’s highest priorities, and identifying, investigating, and prosecuting child predators in our Louisiana communities lies at the heart of our Office’s mission to keep our communities safe,” said U.S. Attorney Zachary A. Keller. “Our Office thanks the FBI for its phenomenal investigative work and looks forward to seeing justice done in this significant case.”

The FBI affidavit says agents interviewed at least three minors who disclosed alleged inappropriate sexual conduct involving Foshee. The FBI had “probable cause to believe that Foshee committed violations of 18 U.S.C. § 2423(c),” which prohibits illicit sexual conduct involving minors by U.S. citizens or permanent residents while abroad.

At a Sept. 29, 2026 hearing, Foshee waived his right to a preliminary examination and stipulated that probable cause supported the charges in the criminal complaint, according to court records.

The three minors who reported alleged inappropriate sexual conduct by Foshee lived in Gonaïves and the third lived in Las Terrenas, Dominican Republic. Investigators traveled to Haiti and the Dominican Republic in August to conduct forensic interviews with the three minors.

The affidavit also references voice messages allegedly sent by Foshee after allegations began circulating. According to investigators, Foshee acknowledged that something had happened with one minor and said he had “fixed this whole problem.” He also told someone that he had not planned what occurred and that it “just happened,” according to the affidavit.

The FBI also reviewed Foshee’s travel records, which showed multiple trips between the United States and Haiti from 2023 through February 2026. Investigators said the travel dates placed Foshee in Haiti when two of the minors were 14 years old.

One of the minors, identified as MV1, lived with Foshee, who paid for his schooling. According to the affidavit, MV1 told investigators that Foshee allegedly engaged in sexual conduct with him while he was sleeping at Foshee’s home in Gonaïves.

The affidavit says the alleged conduct happened again about three months later. MV1 also told investigators that he was afraid of Foshee and described incidents in which Foshee allegedly yelled at him and beat him with a belt.

Another alleged victim, identified as MV2, also stayed at Foshee’s home, according to the affidavit. Investigators said MV2 told them he woke up with Foshee on top of him and touching him sexually.

The affidavit says MV2 tried to remove Foshee’s hand and that the alleged incident occurred the night before his 15th birthday. MV2 reportedly told investigators he initially did not disclose what happened because he was afraid Foshee would stop paying for his schooling.

The affidavit also describes allegations from MV3, who was 14 years old at the time of the alleged incidents. Investigators said MV3 lived with Foshee because of difficulties at home.

According to the affidavit, Foshee allegedly invited MV3 to sleep in his bed and later engaged in unwanted sexual contact. The affidavit also says Foshee offered to take MV3 to the United States and obtain a passport if MV3 performed a sexual act.

The FBI affidavit also details an interview with MV3’s older brother, identified as P.D.

P.D. alleges Foshee attempted to have non-consensual sexual intercourse with him. He also provided investigators with images that he said were circulating involving Foshee.

Social media following draws attention to case
Foshee had built a sizable following on TikTok before his arrest, posting videos about his missionary work and interactions with Haitians, often speaking in Haitian Creole. As of Oct. 1, 2026, he had more than 100,000 followers and more than a million likes.

The federal case has since drawn attention on the platform.

In one TikTok video circulating after Foshee’s arrest, a woman appears to show a man on her phone as they stand side by side.

Her face is blurred, and text accompanying the video reads, “Yo arete Maylon Foshee,” Haitian Creole for “They arrested Maylon Foshee.”

The video prompted reactions from users, including one commenter who wrote, “This is inappropriate.”

Similar to Foshee, missionaries such as Michael Geilenfeld were also convicted of abuse. In Haiti, missionaries have long taken advantage of residents.

Executive director of the Institute for Justice and Democracy in Haiti, Brian Concannon, attests to this and says missionaries in Haiti are taking advantage of their prestige and economic power to sexually abuse Haitian children they claim to be helping.

“The corrupt and weak Haitian justice system almost never prosecutes foreigners for sexual abuse, ” said Concannon.

He adds that the U.S. government has arrested and prosecuted many of the perpetrators, “But in every case the arrests have come years after the initial reports of abuse, and in many cases the missionary organizations allowed the perpetrators continued access to vulnerable children, rather than believing the victims.”

Foshee’s federal public defender and the U.S. Attorney’s Office declined to comment.

https://haitiantimes.com/2026/10/02/american-missionary-charged-with-sexual-misconduct-involving-minors-in-haiti-due-back-in-court-oct-12/

lundi 5 octobre 2026

HYSTÉRIE COLLECTIVE? Quand l'ultra-nationalisme pousse la République Dominicaine à douter de sa propre indépendance


[...le paradoxe. Ce mouvement ultra-nationaliste, qui prétend défendre l'âme dominicaine, est en train de la détruire. Il instille la peur et l'insécurité au point de faire douter tout un peuple de sa souveraineté ]

La panique qui s'est emparée de la République Dominicaine après une simple déclaration de Wilson Isidor, attaquant de la sélection haïtienne, en dit long.

Zombifiée par des années de propagande ultra-nationaliste martelant le fantasme d'une invasion haïtienne, une partie de l'opinion dominicaine a réagi comme si les troupes haïtiennes étaient aux portes de Santo Domingo. Et le plus surréaliste, c'est que l'État lui-même est tombé dans le piège : élite politique, classe médiatique, Ministre des Sports, jusqu'au Président Luis Abinader.

Tout cela pour quoi ? Pour les mots d'un footballeur nostalgique qui, empêché de jouer dans son propre pays livré aux gangs, a simplement dit qu'il jouait sur son île : Ayiti, Kiskeya, Bohio.
Il faut une profonde crise de confiance en soi pour qu'un pays réagisse ainsi à la nostalgie d'un sportif.

Faisons l'exercice inverse. Si un Dominicain en visite à Port-au-Prince s'écriait "Ici, c'est l'Hispaniola !", personne en Haïti n'aurait bronché. Pourquoi ? Parce qu'on nous apprend dès la maternelle que cette île s'appelait Ayiti, Kiskeya ou Bohio avant que Colomb ne la rebaptise Hispaniola - Petite Espagne. Pour nous, utiliser les noms originels, c'est un acte de respect envers les premiers habitants. Ce n'est pas une menace.

Chez nous, la bachata, le merengue et la salsa tournent en boucle. Le salami et le yuca pollo se vendent à chaque coin de rue. La culture dominicaine fait partie de notre quotidien et cela ne dérange personne. Nous sommes si convaincus que notre indépendance de 1804 est irréversible - malgré l'effondrement, malgré les gangs, malgré tout - que les propos d'un étranger sur notre passé ou notre avenir ne nous ébranlent pas.

C'est cette différence qui est révélatrice. L'hystérie collective qui a suivi les propos d'Isidor, et qui a poussé les autorités dominicaines à prendre des mesures dignes d'un état d'urgence, marque une étape inquiétante : une partie de la nation dominicaine ne croit plus en son indépendance face à Haïti.

Et c'est là tout le paradoxe. Ce mouvement ultra-nationaliste, qui prétend défendre l'âme dominicaine, est en train de la détruire. Il instille la peur et l'insécurité au point de faire douter tout un peuple de sa souveraineté, face à un voisin qui n'a objectivement ni la capacité économique, ni la force militaire, ni le poids démographique, ni même l'ambition idéologique de l'envahir.

Rappelons l'histoire : pendant 22 ans d'annexion de la partie Est, alors que les Haïtiens avaient tout le loisir de s'installer et de peupler les terres laissées vacantes par les Espagnols et les Français, ils sont restés chez eux. Ce n'est pas aujourd'hui, qu'ils rêveraient de la conquérir.

Si nos compatriotes sont de l'autre côté de la frontière, c'est pour une seule et unique raison : survivre. Pour des raisons économiques et sécuritaires. Rien d'autre.

En zombifiant ainsi son peuple, l'ultra-nationalisme dominicain ne protège pas la République Dominicaine. Il l'affaiblit. Et cela fait pitié.

Cyrus Sibert, Journaliste

5 Octobre 2026

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dimanche 27 septembre 2026

Non! La révolution haïtienne n’est pas une malédiction. Haiti n’est pas maudite. (Texte de Cyrus Sibert)

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A Madame Yvonne Melchionne @YMelchionne,

Si la Révolution américaine a réuni protestants et francs-maçons, la Révolution française protestants et illuminés, catholiques et rosicruciens, la Révolution haïtienne a été le fruit de l'unité des vodouisants, des chrétiens et d'autres minorités religieuses de Saint-Domingue.
Toussaint Louverture était catholique. Dans sa Constitution de 1801, il a consacré l'État à l'Église catholique ; et aujourd'hui encore, l'État haïtien est catholique. La majorité des officiers de l'Armée indigène étaient des catholiques mariés selon la tradition romaine. Certes, la masse des esclaves pratiquait le vodou, tout comme les révolutionnaires chrétiens américains et européens qui, publiquement, allaient à l'église tout en étant membres de sociétés secrètes et en s'adonnant à des pratiques de sorcellerie.
Alors, pourquoi cette obsession à parler de pacte avec le diable quand il s'agit d'Haïti, alors que tous les peuples ont leurs formes d'idolâtrie, de sorcellerie, et ont recours à des pratiques païennes lorsqu'ils traversent des moments difficiles ?
Le peuple d'Israël n'avait-il pas réclamé et adoré un veau d'or lorsque Moïse est monté sur le mont Sinaï ? Alors, disons mieux : une partie du peuple d'Israël. Car jamais un peuple n'accepte ou ne rejette un dieu, ou le Dieu, dans son ensemble. Cela se fait toujours en partie. Les esclaves, venus de tribus et de langues africaines différentes, ne pouvaient pas être tous d'une seule religion.
Pourquoi stigmatisez-vous Haïti avec votre histoire de pacte avec le diable ? Dieu n'avait-il pas exigé un seul juste comme condition pour épargner Sodome et Gomorrhe ? Si un seul juste pouvait épargner Sodome et Gomorrhe, le châtiment de Dieu ne peut pas dépendre de l'agissement de la grande majorité. Aucun peuple n'est lié par le pacte de ses ancêtres.
Jésus nous dit : « L'âme qui pèche, c'est celle qui mourra ». Alors, la propagande anti-haïtienne qui veut faire croire que mon peuple est condamné n'a aucun fondement chrétien. « Le salut est personnel », lit-on dans la Bible. Jésus nous a affranchis du mal et, sur la Croix, il a tout accompli.
C'est dangereux d'indexer toute une nation, tout un peuple, sur la base des prétendus agissements de ses ancêtres. Cette approche a engendré la Shoah, le génocide de Juifs innocents accusés de déicide, alors que ce sont des soldats romains, venus du Sud de l'Europe, qui ont jugé le Christ puis l'ont cloué sur la Croix. Cette rhétorique est une menace existentielle pour le peuple haïtien, stigmatisé partout par des évangélistes bornés et sans culture générale.
Et croyez-moi, chère Madame, étant fils de pasteur, je sais faire la différence entre un diplômé d'écoles bibliques qui interprète les textes littéralement et un théologien capable d'exégèse après analyse des textes dans leur langue originale.
J'ai ajouté au bas de ce texte 3 pages du livre What You Do Is Who You Are de Ben Horowitz. Elles vous aideront à comprendre que le succès de l'Armée indigène était une question de discipline, d'entraînement, d'armement et de détermination.
Cyrus Sibert, 
Journaliste, Haïtien
02 Septembre 2026.

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dimanche 19 juillet 2026

Remarques sur l’intervention de Richard Coles, Projet Haiti 2055.- (Texte de Cyrus Sibert)

Richard Coles, Entrepreuneur haitien 

J’ai suivi avec intérêt l’interview de l’homme d’affaires Richard Coles sur la chaîne Haïti Inter. Je prends acte que le secteur privé haïtien, que j’ai tant critiqué pour son comportement sectaire, exclusiviste, monopoliste et sa culture de mépris social, puisse décider enfin d’adopter une attitude positive avec un projet de renaissance dénommé “Haïti 2055”, visant à moderniser notre pays, à changer de paradigme et à construire avec la majorité nationale un espace de prospérité et de « bien-être généralisé ».

C’est une réaction normal, car la violence, la destruction et le chaos auxquels il fait face dans la capitale haïtienne ne pouvaient que provoquer un changement de comportement de sa part. L’histoire démontre que la menace collective provoque souvent des prises de conscience. Si aujourd’hui les Chinois travaillent sans relâche à préserver la stabilité sociopolitique et le progrès économique, c’est parce qu’ils sont conscients des conséquences de leurs luttes intestines à travers l’histoire, qui ont engendré invasions et occupations étrangères, massacres, pillages, famines et humiliations de toutes sortes. Donc, gardons l’initiative du secteur privé haïtien de construire un projet “Haiti 2055” dans son contexte historique. Car c’est normal que l’enfant prodigue, qui se voit humilié à l’étranger malgré les richesses amassées dans des conditions mitigées, jette un regard sur sa terre natale avec des idées de reconquête du paradis perdu.

Ceci étant dit, adoptons une attitude positive et regardons ensemble cette démarche pour la construction du Projet 2055.

Tout d’abord, il faut rappeler que rien ne changera en Haïti aussi longtemps qu’on ne décidera de s’attaquer aux deux causes fondamentales du chaos actuel : 1- L’exclusion, 2- la culture de mépris social. Je l’ai dit dans plusieurs vidéos sur ma chaine Youtube @ajandalakay :

1- Causes économiques du chaos actuel en Haiti — https://youtu.be/R-h0qWgaKeE 

2- Cyrus Sibert : Economie de monopoles : Fondement économique de l’échec de la démocratique en Haiti — https://youtu.be/asZCQfPF4hg 

3- Cyrus Sibert : L’oligarchie haïtienne et sa sous culture arriérée de société esclavagiste — https://youtu.be/T9s0RvzVCpU

4- Extrait : Haiti, secteur privé ou agent de la mafia internationale —https://youtu.be/1Hez_dMhOs8 

Donc, ce ne sont pas les idées magiques d’un intellectuel français controversé qui changeront Haïti. Il faut des actions concrètes visant à attaquer les fondements structurels de l’exclusion économique (actions anti-monopolistes) et à intégrer la diaspora et les paysans.

Revenons sur Jacques Attali. C’est un intellectuel français qui pratique de l’ingénierie sociale. Ce type de philosophes oublient souvent qu’ils ne sont pas Dieu au point de dicter la marche à suivre à une société humaine pour passer d’un point X à un niveau Y. Mais dans la réalité, même de bonne foi, ces gens ne maîtrisent pas tous les facteurs. Ils ne sont pas Dieu. Qui pouvait prévoir le tremblement de terre de 2010?

M. Richard Coles, lors de l’émission de Haïti Inter, vous avez évoqué les problèmes de la France en matière de réfrigération des maisons en cet été 2026. Mais le problème de la canicule en France et les difficultés énergétiques sont le résultat de l’ingénierie sociale des écologistes, ce type d’intellectuels qui ont poussé les gouvernements français à négliger le nucléaire. L’Allemagne a suivi les conseils de ces ingénieurs sociaux et aujourd’hui son industrie n’est plus compétitive.

Ce que nous vivons en Haïti est le fruit de l’ingénierie sociale des années 80, quand ce genre d’intellectuels, comme Jacques Attali, conseiller du président français Mitterrand, recommandaient la globalisation, la mondialisation et un gouvernement mondial. Ce sont des gens qui, en 1980, exigeaient du président Jean-Claude Duvalier l’extermination des cochons créoles qui, selon leur calcul caché, devait permettre la « dissolution des communautés agraires » (comme disent les marxistes), favoriser le « développement en largeur du capitalisme » et permettre à l’impérialisme de « mettre fin au sommeil historique ». En 1994, ils ont enfoncé le clou en imposant au président Jean-Bertrand Aristide de signer l’Accord de Paris qui consistait à libérer les échanges, à ne plus protéger l’agriculture et la production nationale. Ce qui a eu des conséquences irréversibles comme l’éclatement du tissu familial à cause de l’appauvrissement des ménages, l’exode rural, la bidonvillisation, la délinquance juvénile, le clientélisme politique et son corollaire « abolocho », civils armés, gangs terroristes et le kidnapping. Dans leur euphorie de globalisation heureuse, ils ont aussi recommandé la démobilisation des Forces Armée d’Haiti avec l’espoir que des armées étrangères seront toujours disponibles pour défendre notre pays. Aujourd’hui, nous sommes face à la réalité : la communauté internationale est indifférente face aux massacres répétés en Haiti. 

Avec le président René Préval, l’ingénierie sociale a bouclé la boucle par la « privatisation entre petits copains » ; le secteur privé que vous représentez en a grandement profité, aiguisant encore plus la polarisation de l’économie et l’appauvrissement de la classe moyenne dans une ambiance généralisée d’instrumentalisation de la violence comme moyen de contrôle social, d’exclusion de la diaspora et des couches populaires. L’assassinat du président Jovenel Moïse est la manifestation suprême du retour en force de la violence comme moyen de contrôle socio-économico-politique, comme du temps de la colonie esclavagiste et de la dictature des Duvalier.

Donc, le changement en Haïti passe par des réformes institutionnelles en vue de colmater et de corriger les dégâts causés par les conseils de ces ingénieurs sociaux. C’est ce que font de nombreux pays face au constat des dégâts engendrés par le globalisme marchand. Le président Donald Trump ne remet-il pas en place des tarifs douaniers ?

On ne changera pas Haïti avec plus d’idées farfelues, mais avec des actions concrètes.

Par exemple, au lieu de continuer à vous entasser dans une zone métropolitaine carcérale, avec des maisons luxueuses entourées de bidonvilles, pourquoi ne pas vous répartir à travers le pays, dans les villes de province abandonnées, en vue de développer des pôles de production spécifiques, de créer des emplois qui engendreraient un déplacement inverse de la population ? Qu’est-ce qui empêche un homme d’affaires haïtien de s’installer dans le Nord-Ouest, de travailler avec les ressortissants de ce département dans la diaspora en vue de construire des logements décents, des hôtels, des maisons de retraites, des usines agro-industrielles, de développer la pêche industrielle, etc. ? Pourquoi pas de projets d’investissements sur l’Ile de la Gônave? C’est ce qu’a fait la bourgeoisie dominicaine. Elle a décidé de sortir de Santo-Domingo et investir dans d’autres villes comme Santiago, Punta Cana....

Imaginez un moment que les 10 familles les plus puissantes d’Haïti aient décidé de se répartir dans les 10 départements du pays, d’utiliser leur influence pour forcer l’État et la coopération internationale à construire des routes, des héliports et aéroports, des ports, des barrages, des centrales électriques, des hôpitaux avec des services de premiers soins modernes, et d’investir dans des centres de production qui créeront des emplois au niveau local. Cette initiative provoquerait une compétition entre les régions, la mise en valeur des côtes paradisiaques et l’intégration de la majorité nationale. Le développement d’un pays passe par la conquête du marché intérieur. ( La conquête du marché intérieur est un moteur fondamental du développement économique. Elle permet aux pays de bâtir un tissu industriel robuste, de créer des emplois locaux et de réduire la vulnérabilité aux chocs extérieurs avant de s'ouvrir pleinement à la concurrence mondiale.) Dalila Chenaf-Nicet

Ce n’est pas à moi de vous apprendre que le marché est naturellement là où il existe un problème, et que les solutions aux problèmes d’Haiti sont des produits potentiels sur lesquels tout secteur privé sérieux devrait se concentrer pour créer des entreprises, faire de affaires et s'enrichir. Les compagnies DIGICEL et NATCOM ont donné l’exemple. On y reviendra!

Je n’invente rien. Les missionnaires américains et des ONG sont établis dans les localités les plus reculées d’Haïti où ils apportent en plus de l’évangélisation, éducation, aide humanitaire et un peu de modernité. Si des étrangers le font, pourquoi le secteur privé reste-t-il enfermé dans la capitale pourrie, surpeuplée, remplie d’immondices et de gangs terroristes qu’est la « République de Port-au-Prince » ? De plus, le parc industriel de Caracol, son impact positif sur les villes avoisinantes du Nord et du Nord-Est, est un modèle à suivre. Le surplus d’électricité produite pour ses usines est revendu à un prix abordable aux résidents des villes environnantes faisant d’elles un rare endroit en Haiti où le courant existe 24 sur 24.

Certes, un intellectuel comme Jacques Attali peut être utile en termes de lobbying. C’est un homme influent qui a passé sa vie à conseiller des chefs d’État français et d’autres pays. Mais il n’y a qu’à regarder la France aujourd’hui, dépassée économiquement par l’Indonésie en parité de pouvoir d’achat, pour se faire une idée de l’efficacité de ses conseils. Je doute que M. Attali aime plus les Haïtiens que ses compatriotes martiniquais ou guadeloupéens dont le niveau de vie ne cesse de se dégrader, avec la pollution des terres par des pesticides et l’augmentation des prix des produits alimentaires à cause du monopole des békés, ces descendants de colons esclavagistes qui contrôlent encore leur vie, faute de les avoir chasser par une révolution radicale de type dessalinienne.

Ce passé que vous nous conseillez de modérer a donné à la terre d’Haïti cette spécificité : Il a sanctuarisé la liberté des noirs et la majorité nationale reste maîtresse de la situation, même quand elle prend trop de temps avant de réagir. Aucun lobby quasi-mafieux ne pourra écarter la majorité nationale, descendante des “esclaves bossales”, de la scène politique.

M. Coles, j’apprécie quand quelqu’un qui pouvait se faire passer pour un étranger assume sa nationalité haïtienne. Je suis vraiment touché par l’amour et la passion de votre fille pour Haïti. Aussi, suis-je fasciné de voir l’engagement des enfants de missionnaires qui ont grandi dans notre pays, en faveur d’Haïti; j’aime leur entendre s’exprimer en créole. Dans la diaspora, nous observons une montée vertigineuse du patriotisme des enfants d’immigrants haïtiens qui souvent ne parlent même pas notre créole. C’est un atout de soft power géopolitique que nous devons mettre à profit dans un projet de renaissance d’Haïti. Beaucoup d’haïtiens s’expriment en portugais, en espagnol; l’anglais ne cesse de se renforcer au sein de notre nation.

De plus, sur Haïti Inter, vous confirmez le témoignage d’un membre du secteur privé haïtien, cohéritier de l’une des 6 familles les plus influentes, qui m’expliquait un changement générationnel au sein de la bourgeoisie haïtienne ; que son père n’arrêtait pas de le mettre en garde de participer à la vie nationale ; il lui répétait qu’il devait se contenter de s’enrichir, de profiter en silence; mais, après ses études aux États-Unis et ses nombreux voyages à travers le monde, il a pu réaliser qu’Haïti constitue la base de la dimension de sa famille, de ses privilèges et de sa puissance, qu’en dehors du pays il est un anonyme parmi d’autres ; qui pis est, depuis le 11 septembre 2001, son apparence physique de métisse syro-libanais tend plus à lui causer des problèmes ; en ce sens, il est déterminé à s’intégrer le plus que possible.

Comment?

Mais en fait, la « bourgeoisie » haïtienne n’a jamais été exclue. Elle a plutôt toujours raté les occasions de prouver sa sincérité et de créer de la confiance. À chaque ouverture de l’histoire, au lieu de jouer son rôle de classe dirigeante, elle préfère des approches court-termistes, exclusivistes (monopole), de mépris social, et même racistes. Le président Jean-Claude Duvalier n’a-t-il pas ouvert les portes de son Palais à la bourgeoisie haïtienne, jusqu’à épouser Mme Michèle Bennett Pasquet? N’a-t-il pas fait de Henri P. Bayard son ami personnel et puissant ministre des Mines ? Le père de Réginald Boulos n’a-t-il pas été l’ami personnel de François Duvalier ?

Durant toute l’histoire d’Haïti, la bourgeoisie a toujours été au pouvoir. De Paul Magloire à nos jours, en passant par René Préval, Michel Martelly et aujourd’hui avec Alix Didier Fils-Aimé, elle se contente de jouir, de s’enrichir et de financer des mouvements subversifs qui lui permettront de reproduire le système de pouvoir corrompu, d’exclusion, destructeur et anti-national.

Ceux qui se disent honnêtes sont passifs, ils laissent faire. Ils se contentent de se donner bonne conscience en clamant leur honnêteté, tout en participant au mal à travers des réseaux privés et même mafieux.

Avançons ! Je crois en la rédemption. Les gens peuvent changer, surtout après ce que nous sommes en train de vivre dans ce pays. On n’a jamais été aussi bas. J’espère que ceux qui s’amusaient à jouer avec le feu de la déstabilisation permanente comme instrument d’enrichissement et de pouvoir, finiront par comprendre qu’ils peuvent en perdre le contrôle. Car il existe dans ce monde globalisé des flux mafieux extrêmement sophistiqués et puissants qui profitent des crises ou du chaos pour s’implanter et s’accrocher durablement. Et, une fois sur place, ceux qui sont capables de payer sont pour eux des proies privilégiées. Donc, je suis convaincu que la réalité actuelle entraînera une prise de conscience. Mais cela doit se faire sans démagogie, avec de bons diagnostics et en utilisant les méthodes appropriées.

Le projet « HAÏTI 2055 » est trop volontariste. Il dépend trop de la bonne volonté d’un secteur, des belles paroles ou des engagements en l’air d’un candidat à la présidence contre qui il n’existe aucun levier quand il sera installé au Palais national. Même quand la volonté compte pour obtenir le changement, c’est utopiste et même naïf de construire un agenda national sur la bonne foi d’un secteur privé aux habitudes sectaires, monopolistes ou d’un leader politique issu d’une classe politique affamée, parasitaire et corrompue. Je pense que la solution passe par des réformes structurelles.

Vous feriez mieux d’utiliser vos ressources et moyens de lobbying pour exiger :

  • 1- une législation anti-monopole et de libre concurrence en Haïti; (Cela existe dans la majorité des pays de la Caricom)
  • 2- une réforme de la justice. Il faut mettre fin à la balkanisation du pouvoir judiciaire. (Que viennent faire des organisations de droits humains, des barreaux, des syndicats, au sein de l’administration de la justice ? Conflit d’intérêts !)
  • 3- sacraliser le droit de propriété et un système de cadastre;
  • 4- le droit à l’information à l’instar du Right to Information Act qui existe dans la majorité des États de la CARICOM;
  • 5- la criminalisation du harcèlement sexuel, des injures racistes et de toutes les décisions à caractère haineux;
  • 6- le renforcement des forces de sécurité nationale FADH, PNH;

Le plus important pour changer Haïti, cela doit se faire par un changement d’attitude. La bourgeoisie haïtienne s’est isolée, elle a refusé tout contact avec la majorité nationale qui se sent exclue de l’économie, de la finance et des opportunités. Il faut suivre l’exemple de l’industrie de la musique compas. Le chanteur Michel Martelly, malgré son origine « ti rouge », son cercle d’amis à peau claire dits « mulâtres » de Pétion-Ville, a pu se forger une popularité à travers le pays jusqu’à accéder au pouvoir comme président d’Haïti. Le succès des groupes Ti-Vice, Ti Joe Zenny, en sont d’autres preuves. Le peuple haïtien, dans sa grande majorité, apprécie ceux qui le respectent, qui respectent sa famille, sa communauté, ses valeurs et sa culture. Il accueille toujours ceux qui viennent à lui. Les missionnaires étrangers peuvent en témoigner. Malgré les troubles politiques, ils se sentent en sécurité en Haïti.

Le peuple haïtien est tellement grand qu’il a la capacité de transcender la couleur de la peau. Les dieux du vodou, dans leur grande majorité, sont représentés par des images de personnalités de race blanche. Cela ne dérange pas les masses populaires. Dessalines voulait marier sa fille à Alexandre Pétion pour sceller l’unité nationale, ce n’est pas lui qui a trahi l’Accord de l’Arcahaie avec les mulâtres. Le problème a toujours été le refus de la minorité dominante d’intégrer "ceux dont les pères sont en Afrique”. En ce sens, la majorité exclue ne saurait être coupable avec elle, du résultat chaotique de ses prétentions racistes, excluvistes ou de mépris social.

Donc, point n’est besoin d’inventer une nouvelle ingénierie sociale avec un intellectuel étranger qui ne connaît même pas la réalité d’Haïti. Il suffit d’aller vers le peuple. Profitez du chaos actuel qui rend Port-au-Prince invivable pour investir dans les villes de province. Cessez de vous entasser dans les villes carcérales bidonvillisées, sortez de votre zone de confort, allez vers le peuple, construisez avec lui de nouveaux pôles de production qui lui permettront de s’intégrer et de participer à la vie socio-économique. Suivez l’exemple des compagnies de téléphonie mobile qui, malgré leurs imperfections et les critiques, ont permis de commencer à résoudre le problème de la communication en Haïti ; Digicel et Natcom, deux compagnies qui, au-delà des profits qu’elles accumulent, permettent à la jeunesse haïtienne d’être présente sur les réseaux sociaux, de s’intégrer, de transférer de l’argent, et surtout, au petit peuple de participer en vendant des cartes de recharge, des téléphones mobiles, en les réparant, offrant de petits services qui contribuent à nourrir et à prendre soin d’un nombre incalculable d’enfants, de femmes, de vieillards, de démunis, des concitoyens à travers le pays, dans les recoins où l’État n’existe pas.


Alors que le secteur privé haitien, trop borné et trop arriéré, s’acharnait à défendre ses monopoles d’importation de produits finis, des investisseurs étrangers ont étudié les potentialités et investir dans la téléphonie mobile en Haiti.


Quant au problème de la corruption au niveau de l'État, croyez-moi, il existe en Haiti plus de gens honnêtes que de corrompus. Il suffit au secteur privé des affaires d’avoir la volonté de supporter les honnêtes gens.

Cyrus Sibert, Journaliste, #ajandalakay

Le changement passe par des réformes anti-monopoles en Haiti. L’économie monopoliste est féodale et constitue de la principale cause des péripéties de la démocratie; un système politique qui exige la participation citoyenne, l’intégration de tous ( de l’intérieur comme ceux de la diaspora) et non l'exclusion.— #LeReCit =================
Dans le livre les "Nouveaux Pouvoir” (Power-shift), Alvin Toffler explique la coexistence entre système politique et système économique. La démocratie exige une système économique de marché libre capable de faciliter l’intégration et la participation économique. En ce sens, il est impossible de réussir un processus démocratique avec un système économique neo-féodal monopoliste. La stabilité politique en Haiti passe par des réformes anti-monopolistes. Le systeme économique qui correspondant à la démocratie est la lire concurrence dans un intérieur marché libre. —— Analyse de Cyrus Sibert, Journaliste. ==== Suivez nos réflexions "AGENDA NATIONAL" en vous inscrivant sur notre chaine www.youtube.com/@reseaucitadelle (Subscribe)

Lisez : 

Haïti : La continuité du système d'exploitation coloniale prend la forme (mardi 10 août 2010) https://reseaucitadelle.blogspot.com/2010/08/haiti-la-continuite-du-systeme.html

Haiti, Que faire? Comment sortir du gouffre? #LeReCit https://reseaucitadelle.blogspot.com/2019/06/haiti-que-faire-comment-sortir-du.html

Un conseil à la diaspora : Mieux que l'électoralisme, des réformes structurelles en Haïti. https://reseaucitadelle.blogspot.com/2010/08/un-conseil-la-diaspora-des-reformes_2391.html

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