mercredi 21 octobre 2026

Et si l'attaque contre les soldats salvadoriens en Haïti venait du Salvador ou des ennemis de Donald Trump? (Texte de Cyrus Sibert)


Texte de Cyrus Sibert

Depuis le 18 octobre dernier, Haïti est au centre des débats. L'embuscade perpétrée contre 4 soldats salvadoriens déployés en Haïti au sein de la Force de répression des gangs (FRG) laisse planer toutes les spéculations. La presse salvadorienne et sa diplomatie sont à pied d'œuvre et, en toute légitimité, font monter la pression pour retrouver les soldats portés disparus.

Mais ce qui paraît être une simple attaque orchestrée par les gangs terroristes haïtiens, qui contrôlent 90% de la capitale, pourrait cacher d'autres dimensions. Car entre la réalité et ce qu'on veut projeter, il y a toujours un grand écart.

1. Le choix de la cible : des soldats salvadoriens.
On connaît l'histoire du régime du Président Nayib Bukele et sa politique de répression sans pitié des gangs au Salvador. Cette politique a créé un manque à gagner considérable pour les cartels transnationaux de la drogue, du trafic humain et du crime organisé.

2. Le mode opératoire : des soldats circulant dans un véhicule tout-terrain.
Ils n'étaient visiblement pas en mission de combat, sinon ils auraient été accompagnés d'équipements et de dispositifs appropriés. On peut en déduire qu'ils étaient suivis. Soit leur itinéraire était connu d'avance, soit ils faisaient l'objet d'une opération de surveillance ciblée.

3. Le sort des soldats : si les rumeurs d'exécution se confirment.
On devra en déduire que leur sort était scellé d'avance. Il s'agirait alors de l'exécution d'un contrat. Car on voit mal comment des gangs de quartiers populaires déshérités d'Haïti décideraient d'ôter la vie à quatre soldats qui pourraient leur servir de monnaie d'échange, tout en sachant qu'un tel acte attirerait sur eux des représailles terribles.

Il y a aussi l'actuel pouvoir de transition, qui tire sa légitimité de la situation chaotique pour se maintenir au pouvoir. C'est d'ailleurs ce qui justifie son existence de facto. Contrairement aux dirigeants salvadoriens, les intérêts du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, des membres de son gouvernement et de tous les oligarques corrompus et mafieux qui bénéficient de sa gouvernance criminelle sont liés au maintien du statu quo chaotique en Haïti.

Le Président Nayib Bukele étant un allié idéologique, politique et sécuritaire du Président Donald Trump, humilier et sacrifier des soldats de son pays enverrait un message exponentiel :
a) Politique : attaque contre les soldats d'une figure emblématique de la droite conservatrice en Amérique latine ;
b) Sécuritaire : échec de la campagne anti-cartels et anti-gangs en Amérique ;
c) Diplomatique : échec de la politique du Président Trump en Haïti.

Faut-il rappeler que la FRG est une création de l'Administration Trump, suite à une résolution proposée par les États-Unis et le Panama ? Le Salvador a rejoint la mission à la demande des États-Unis ; la politique d'alignement du Président Bukele sur Donald Trump a été déterminante.

Marco Rubio et Donald Trump peuvent continuer à minimiser la situation en Haïti. Mais si l'on tient compte de l'article du New York Times qui a documenté le kidnapping d'un mercenaire américain d'une société privée voulant travailler contre les gangs en Haïti, on peut dire que nous sommes face à un projet paramilitaire et clandestin visant à effacer l'État haïtien et à détruire Haïti au profit de pays ou d'entités multinationales commerciales, terroristes ou mafieuses.

Le New York Times a en effet rapporté le cas de la société militaire privée américaine Studebaker Defense Group : cette société, qui avait déployé des agents pour entraîner la police haïtienne, a vu son coordinateur logistique haïtien, Miot Patrice Jacquet, et un agent de liaison de la police être enlevés et présumés morts lors d'une opération. L'enquête avait révélé que des armes leur appartenant avaient été volées par des hommes armés de mèche avec des policiers corrompus. [https://www.nytimes.com/2025/08/02/us/americans-kidnapped-haiti-gangs-studebaker.html]

Le chaos haïtien risque d'offrir aux ennemis de partout des possibilités inimaginables. C'est la raison pour laquelle nous dénonçons la stratégie de cohabitation de Erik Prince, VECTUS GLOBAL avec les chefs de gangs en Haïti.

Cyrus Sibert, Journaliste

21 Octobre 2026

Lisez :
- Haïti : Quand Erik Prince protège les chefs de gangs, 5 soldats salvadoriens capturés.
https://reseaucitadelle.blogspot.com/2026/10/haiti-quand-erik-prince-protege-les.html

- La stratégie d'Erik Prince en Haïti risque d'être génocidaire.
https://reseaucitadelle.blogspot.com/2026/10/la-strategie-derik-prince-en-haiti.html

- POUR UN EMBARGO INTERNATIONAL SUR LES ARMES EN RÉPUBLIQUE DOMINICAINE
https://reseaucitadelle.blogspot.com/2026/10/pour-un-embargo-international-sur-les.html

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lundi 19 octobre 2026

Haïti : Quand Erik Prince protège les chefs de gangs, 5 soldats salvadoriens capturés. (Texte de Cyrus Sibert)



Conséquence directe de la stratégie erronée d'Erik Prince consistant à épargner la vie des chefs de gangs, 5 militaires salvadoriens ont été capturés dans une embuscade dans la capitale haïtienne, ce 18 octobre 2026. Cette démonstration de force des gangs prouve que leur capacité opérationnelle reste intacte.

En refusant de cibler le noyau central des gangs terroristes, Erik Prince, de Vectus Global, protège de fait leur capacité opérationnelle. Leur accès à la population leur permet de forcer d'autres jeunes à remplacer leurs soldats tombés lors des affrontements avec la police.

La sécurité ne reviendra pas en Haïti sans l'élimination des chefs de gangs. C'est une condition indispensable pour saper le moral de leurs troupes, libérer les bidonvilles de leur emprise et permettre à la population de reprendre confiance et de collaborer avec les forces de l'ordre.

L'idée de protéger les chefs de gangs cadre avec la stratégie politique du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qui cherche à organiser des élections contrôlées par les gangs en vue de conserver le pouvoir.

Erik Prince est tombé dans le piège du gouvernement d'Alix Didier Fils-Aimé qui profite du chaos. Il risque de se retrouver face à la population haïtienne qui ne rêve que de retourner chez elle.

De plus, la capacité de nuisance des gangs risque d'affecter la crédibilité de l'Administration du Président Donald Trump, qui ne cesse de prôner le contrôle des États-Unis dans l'hémisphère américain.

Il est temps de prendre le taureau par les cornes en lançant une véritable campagne de destruction des gangs en Haïti, comme le Président Trump l'avait menée à Mossoul contre l'État Islamique. Il ne faut aucune considération pour les terroristes des Caraïbes. Il est temps de lancer des frappes contre les bases terroristes en Haïti.

Cyrus Sibert, Journaliste

19 Octobre 2026

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mercredi 14 octobre 2026

La stratégie d'Erik Prince en Haïti risque d'être génocidaire. (Texte de Cyrus Sibert)


Dans une interview sur CNN, Erik Prince, fondateur de la compagnie de mercenaires Vectus Global, a donné une réponse qui révèle une menace pour la vie des jeunes des quartiers pauvres : « Insurgencies are not defeated by taking out just leadership. Wars are won by taking significant manpower off the battlefield. We are in the process of doing that » (Les insurrections ne sont pas vaincues en éliminant seulement les dirigeants. Les guerres se gagnent en retirant des effectifs significatifs du champ de bataille. C'est ce que nous sommes en train de faire).

Il répondait à la question de savoir pourquoi aucun chef de gang n'est éliminé dans le reportage de CNN titré : “Inside Erik Prince's anti-gang mercenary operation in Haiti.”

D'un point de vue militaire, Erik Prince a raison. À travers cette déclaration, il nous dit qu'il applique une stratégie d'attrition consistant à épuiser l'ennemi, à éliminer ses capacités matérielles et surtout humaines, à l'affaiblir pour l'empêcher d'occuper des positions jusqu'à le faire déserter le champ de bataille.

Mais la stratégie classique d'attrition, compréhensible et raisonnable dans une guerre qui oppose des armées de nations ennemies, est-elle acceptable dans le contexte haïtien ?

1- L'attrition vise à faire durer la guerre sur un temps suffisamment long pour épuiser l'ennemi. Si le gouvernement de facto cherche à rester au pouvoir le plus longtemps possible, combien de temps le peuple haïtien pourra-t-il encore attendre avant de pouvoir vivre en paix dans son propre pays ?

2- Les conséquences d'une stratégie d'attrition sont d'ordre démographique. Vous devez éliminer le plus de combattants possible jusqu'à créer une pénurie de ressources humaines chez l'ennemi. Mais en Haïti, si vous n'éliminez pas les chefs de gangs, ils garderont leur emprise sur les pauvres des bidonvilles, qu'ils embrigaderont contre leur gré dans des unités pour les envoyer se faire tuer. À terme, cela entraînera une réduction de la population jeune dans le pays.

En conséquence, avec cette stratégie, Erik Prince et le gouvernement d'Alix Didier Fils-Aimé décident d'exterminer la jeunesse défavorisée des quartiers pauvres de la capitale haïtienne.

C'est inacceptable !

Toute stratégie d'attrition sans isolement de l'ennemi entraîne des conséquences démographiques. Car, ayant accès à la population en général, les rebelles terroristes continueront à recruter des innocents sous la menace.

À travers l'histoire, on applique cette méthode contre un groupe humain que l'on souhaite éliminer ou affaiblir pour des raisons stratégiques, idéologiques ou géopolitiques. La Russie de Poutine impose actuellement une stratégie d'attrition à l'Ukraine qui a déjà de graves conséquences sur sa démographie (décès, blessés et exode).

Dans le cas d'Haïti, nous sommes plutôt dans une logique de prise d'otages. La population est prise en otage par des gangs à la solde d'oligarques économico-politiques corrompus, mafieux, liés à la drogue, qui capturent l'État. Il faut plutôt une opération de libération d'otages, et cela passe par l'élimination des chefs de gangs et la neutralisation de tous ceux qui les soutiennent.

Le problème d'Erik Prince en Haïti, c'est qu'avec le temps, au lieu de servir le peuple haïtien, il s'est laissé apprivoiser par les oligarques corrompus à travers le gouvernement. Il est donc normal que ce Premier ministre, au service des patrons des gangs terroristes qui contrôlent la capitale haïtienne, choisisse de protéger leurs chefs au risque d'exterminer les pauvres des quartiers populaires.

Pourtant, depuis le 11 septembre 2001, les États-Unis n'hésitent pas à éliminer d'abord les chefs terroristes à travers le monde. Oussama Ben Laden, Ayman al-Zawahiri, Abou Moussab al-Zarqaoui, Anouar al-Awlaki, Hamza Ben Laden, Abou Bakr al-Baghdadi, Abou Ibrahim al-Hashimi al-Quraishi, Abou al-Hassan al-Hashimi al-Quraishi, Mokhtar Belmokhtar, Abdelhamid Abou Zeid, Ahmed Abdi Godane, Fazul Abdullah Mohammed, et même le général iranien Qassem Soleimani : tous ont été éliminés avant leurs soldats.

Alors, comment Erik Prince, pourtant si imbu des méthodes de lutte antiterroriste, peut-il justifier sa stratégie d'attrition en Haïti ? Ne sait-il pas que ces gangs ont accès à la population en général, et qu'ils sont susceptibles de contraindre de pauvres jeunes démunis à aller se faire tuer en menaçant leurs familles ?

Faut-il rappeler que le fait d'être le seul journaliste haïtien à recommander l'implication de mercenaires américains dans la lutte contre les gangs terroristes depuis 2019 ne nous empêche pas d'avoir une lecture critique des opérations de la compagnie Vectus Global en Haïti ? Notre position a toujours été claire : il fallait faire appel à des mercenaires américains parce qu'ils sont des réservistes expérimentés de l'armée américaine. Leur présence serait un apport technique aux côtés des forces de sécurité haïtiennes dans leur lutte pour rétablir l'ordre et la sécurité dans le pays.

Mais, malheureusement, Erik Prince de Vectus Global est tenté par jouer le rôle de milice du gouvernement corrompu d'Alix Didier Fils-Aimé. Et sur ce point, je conseille à Erik Prince, dont j'ai lu le livre "Civilian Warriors", de consulter le livre "Political Risk" de Condoleezza Rice. Il comprendra l'impératif d'éviter la tourmente en prenant ses distances avec les vieilles pratiques des oligarques corrompus, rétrogrades, monopolistes, la mafia néo-féodale d’Haïti.

Cyrus Sibert, Journaliste

14 Octobre 2026

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lundi 12 octobre 2026

POUR UN EMBARGO INTERNATIONAL SUR LES ARMES EN RÉPUBLIQUE DOMINICAINE

POUR UN EMBARGO INTERNATIONAL SUR LES ARMES EN RÉPUBLIQUE DOMINICAINE

Texte de Cyrus Sibert

Le dernier rapport des Nations Unies accusant l'Armée et la Police de République Dominicaine vient démasquer Luis Abinader dans sa mise en scène de protecteur d'Haïti et sa folie de présider l'île entière. Cette distribution massive d'armes et de munitions à des groupes terroristes en Haïti soulève des questions graves sur la circulation des armes létales sur une île où deux États cohabitent pacifiquement.

Si l'embargo sur les armes imposé à Haïti n'a pas empêché les gangs terroristes de s'armer grâce à la complicité de l'État dominicain, ne faut-il pas l'élargir à l'île entière ? N'est-il pas venu le temps d'étendre le contrôle des armes à toute l'île ?

Deux faits sont établis :

1. La planification et la fuite des assassins du Président Jovenel Moïse ont transité par le territoire dominicain ;

2. Selon les rapports 2024-2026 du Groupe d'experts des Nations Unies, les armes, munitions et drones qui alimentent les gangs haïtiens proviennent de la République Dominicaine, y compris par détournement de stocks militaires dominicains marqués ERD — plus de 908 000 articles manquants selon un inventaire officiel.

Alors que l'État dominicain alimentait les gangs en armes et en munitions, la Chine bloquait les résolutions du Conseil de sécurité en faveur d'Haïti. Hasard, coïncidence ou action coordonnée ?

La question mérite d'être posée, car les faits sont têtus.

Durant les cinq dernières années, la Chine a fourni d'importants équipements militaires à l'armée et à la police dominicaines. Qu'est-ce qui peut justifier un tel programme accéléré de réarmement pour un pays situé entre un État désarmé — Haïti — et un territoire américain — Porto Rico ?

Le tout dans un contexte des plus inquiétants : la montée en puissance de groupes ultranationalistes dominicains qui ne cessent d'attiser la haine anti-haïtienne et de préparer l'opinion publique à l'idée même d'une extermination des Haïtiens qui occupent la partie ouest de l'île. À quoi jouent Pékin et Sainto-Domingo ?

Ce qui est clair, c'est que des milliers de civils innocents ont été massacrés en Haïti. Et pendant ce temps, la Chine a utilisé son droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU pour empêcher la communauté internationale de porter assistance à ces civils menacés.

Faut-il y voir une représaille diplomatique parce que l'État haïtien s'entête à reconnaître Taïwan au détriment de la Chine continentale ? Si c'est le cas, c'est le peuple haïtien qui paie le prix fort d'un jeu géopolitique qui le dépasse.

Aujourd'hui, l'État haïtien n'est plus que l'ombre de lui-même. En réalité, il s'agit d'un territoire gouverné par un gouvernement corrompu et contrôlé par des gangs terroristes à la solde d'oligarques mafieux qui capturent les deux États de l'île de Kiskeya. Les preuves de déstabilisation venues de la République Dominicaine sont évidentes. Les Haïtiens sont obligés de fuir, de se réfugier ailleurs, devenant ainsi plus vulnérables, plus exploitables.

Le slogan officiel des dirigeants dominicains "La solution d'Haïti n'est pas en République Dominicaine" relève d'une stratégie de diversion visant à détourner l'attention de la communauté internationale des causes structurelles de la crise. Dans le traitement du dossier migratoire, l'État dominicain occulte systématiquement les dimensions de traite humaine, de narcotrafic et de criminalité transnationale impliquant des réseaux au sein même de l'appareil d'État — politique, militaire et économique — pour réduire la question à un prétendu "risque d'invasion haïtienne".

En effet, le dernier rapport de l'ONU confirme ce que la société haïtienne dénonce depuis des années : les gangs opèrent comme sous-traitants de réseaux de contrebande qui s'enrichissent de l’exploitation et de la traite des deux peuples de l'île, sous couvert d'un discours ultranationaliste.

Ne sommes-nous pas face à un projet classique d'effacement de l'État haïtien dans le cadre d'un projet géopolitique occulte ? Ce faisant, la République Dominicaine déstabilise toute la région caribéenne.

Le rapport de l'ONU sur le ravitaillement des gangs terroristes haïtiens par des éléments de l'armée et de la police dominicaines est clair, précis et détaillé. Face à cela, il est indispensable d'imposer un embargo total sur les armes et les munitions à destination de l'île entière.

Les agissements des dirigeants dominicains méritent une enquête internationale approfondie et indépendante.

Je réitère donc ma demande : la création d'un Tribunal international sur les massacres en Haïti, afin d'enquêter sur les mises à mort de civils innocents et de juger les auteurs, co-auteurs et complices des deux côtés de l'île, où qu'ils se trouvent.

Cyrus Sibert, Journaliste

12 Octobre 2026

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samedi 10 octobre 2026

Arrestation de Tom Osbeck au Cap-Haitien : Les enfants victimes ont besoin de nous! (Texte de Cyrus Sibert)


LES ENFANTS VICTIMES ONT BESOIN DE NOUS.

Joie et tristesse m'habitent à la fois depuis l'annonce de l'arrestation de M. Tom Osbeck, citoyen américain accusé d'abus sexuels sur des mineurs au sein de l'orphelinat qu'il dirigeait à Morne-Rouge, au Cap-Haïtien. Pour l'heure, M. Osbeck bénéficie de la présomption d'innocence, c'est un droit fondamental et inaliénable.

Je ressens de la joie, parce que je vois des victimes briser le silence, s'organiser et se lever contre ce fléau qui ronge l'enfance haïtienne depuis trop longtemps.

De la tristesse, parce que cette arrestation révèle une fois de plus l'ampleur et la profondeur d'un système qui a pu s'installer en toute impunité en Haïti.

Depuis les révélations sur l'affaire Epstein — ce milliardaire américain qui, avec la complicité d'hommes et de femmes puissants, a bâti un véritable réseau transnational d'exploitation sexuelle de mineurs — j'ai pris la pleine mesure du danger que courent les victimes, les journalistes et les défenseurs des droits de l'enfant qui osent affronter ces prédateurs.

C'est pourquoi mon admiration est immense pour tous ceux qui ont eu le courage d'agir. Notre plus grande victoire n'est pas une arrestation. C'est d'avoir montré que le combat est possible. Que d'autres journalistes, d'autres militants, d'autres citoyens peuvent et doivent prendre le relais pour que justice soit faite.

Une cause qui repose sur un seul homme est fragile et éphémère. Mais quand les arrestations et les condamnations se multiplient, cela prouve une chose : si le mal est généralisé, la résistance l'est tout autant. Il ne manquera jamais d'hommes et de femmes pour se révolter contre l'abominable.

Je salue avec respect le courage des victimes présumées et la détermination inébranlable de ceux qui les accompagnent.

Je sais aussi que le plus dur commence. Habituellement, à ce stade, l'accusé et ses réseaux mobilisent toutes leurs ressources pour discréditer les témoignages, intimider les témoins, effacer les preuves et tenter de corrompre les autorités locales. Les victimes risquent alors de se retrouver seules, face à des membres même de leur communauté qui bénéficiaient de la présence de l'accusé en Haïti.

La bataille pour la vérité ne sera pas facile.

Les victimes ont besoin de nous. Elles ont besoin de vous.

Ne les laissons pas seules.


Cyrus Sibert, Journaliste

10 Octobre 2026

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Ohio Missionary Enters Guilty Plea for Child Exploitation Crimes in Haiti

Today, Jeriah Mast, 45, of Millersburg, Ohio, entered a guilty plea today to two counts of engaging in illicit sexual conduct with minors in Haiti. 

According to court documents, Mast traveled from the United States to Haiti on multiple occasions between 2002 and 2019, including with the organization Christian Aid Ministries (CAM), where he sexually abused minors. Law enforcement obtained flight records showing that Mast had taken over 30 flights from the United States to Haiti between November 2002 and August 2018. Sentencing is set for Dec. 15, 2026.

“Jeriah Mast preyed on vulnerable children while working in Haiti as a missionary,” said Assistant Attorney General A. Tysen Duva of the Justice Department’s Criminal Division. “His guilty plea to multiple counts of engaging in illicit sexual conduct with minors reflects both the severity of his crimes and our unwavering commitment to holding U.S. citizens accountable when they exploit children abroad. This type of predatory conduct — committed by someone entrusted with missionary work — represents a profound betrayal of trust, and today’s plea is an important step toward justice for the many victims harmed by Mast’s actions.” 

“This defendant violated the innocence of children and violated the trust of those who supported his supposed missionary work,” said U.S. Attorney David M. Toepfer for the Northern District of Ohio. “It is reprehensible behavior that we will prosecute to the fullest. We thank the investigators from HSI and the Holmes County Sheriff’s Office for their hard work bringing this man to justice.”

“The defendant’s guilty plea underscores HSI’s critical mission to identify and investigate those who exploit children, including individuals entrusted with positions of authority, no matter where the crimes are committed,” said Special Agent in Charge Jared Murphey of Homeland Security Investigations (HSI) Detroit. “Together with our law enforcement partners, HSI Cleveland will continue working to hold child predators accountable in the United States and to seek justice for victims wherever our investigations take us.” 

HSI Cleveland investigated the case with substantial assistance from the Holmes County, Ohio, Sheriff’s Office.

Trial Attorney Jessica L. Urban of the Criminal Division’s Child Exploitation and Obscenity Section (CEOS) and Assistant U.S. Attorneys Margaret Kane and Jennifer King for the Northern District of Ohio are prosecuting the case.

This case was brought as part of Project Safe Childhood, a nationwide initiative to combat the epidemic of child sexual exploitation and abuse launched in May 2006 by the Department of Justice. Led by U.S. Attorneys’ Offices and CEOS, Project Safe Childhood marshals federal, state, and local resources to better locate, apprehend, and prosecute individuals who exploit children via the internet, as well as to identify and rescue victims. For more information about Project Safe Childhood, visit www.justice.gov/psc.

Updated September 8, 2026

American missionary charged with sexual misconduct involving minors in Haiti due back in court Oct. 12

Maylon Foshee, 23, built a large social media following through videos of his missionary work in Haiti and his fluency in Creole. Federal investigators allege he sexually abused minors who were under his care.


by Fahima Degia
Oct. 02, 2026

Overview:
American missionary Maylon Foshee is scheduled to return to federal court Oct. 12 after being charged with engaging in illicit sexual conduct with minors in Haiti. An FBI affidavit alleges Foshee sexually abused minors who lived with him or received educational and financial support from him while he worked with a ministry in Gonaïves.

American missionary Maylon Foshee is scheduled to return to federal court Oct. 12 after being charged with illicit sexual conduct with minors in Haiti, where authorities allege the 23-year-old Louisiana man sexually abused children while working as a missionary in Gonaïves.

Foshee, who built a large social media following through videos showcasing his fluency in Creole and his missionary work in Haiti, faces up to 30 years in federal prison if convicted. The U.S. Attorney’s Office for the Western District of Louisiana announced the charge Sept. 30, eight days after prosecutors secured a federal criminal complaint against him.

The complaint was filed Sep 22. 2026, in the United States District Court for the Western District of Louisiana, charges Foshee under a federal law prohibiting illicit sexual conduct with minors in a foreign country. According to an FBI affidavit filed with the complaint, investigators began looking into allegations against Foshee after receiving a complaint in March 2026. The affidavit says Foshee traveled to Haiti on mission trips between 2023 and 2025 and worked with Agape Ministries in Gonaïves, where he worked closely with children, helped send them to school, and allowed some to stay at his home.

“Protecting children from sexual abuse wherever it occurs is one of this Administration’s highest priorities, and identifying, investigating, and prosecuting child predators in our Louisiana communities lies at the heart of our Office’s mission to keep our communities safe,” said U.S. Attorney Zachary A. Keller. “Our Office thanks the FBI for its phenomenal investigative work and looks forward to seeing justice done in this significant case.”

The FBI affidavit says agents interviewed at least three minors who disclosed alleged inappropriate sexual conduct involving Foshee. The FBI had “probable cause to believe that Foshee committed violations of 18 U.S.C. § 2423(c),” which prohibits illicit sexual conduct involving minors by U.S. citizens or permanent residents while abroad.

At a Sept. 29, 2026 hearing, Foshee waived his right to a preliminary examination and stipulated that probable cause supported the charges in the criminal complaint, according to court records.

The three minors who reported alleged inappropriate sexual conduct by Foshee lived in Gonaïves and the third lived in Las Terrenas, Dominican Republic. Investigators traveled to Haiti and the Dominican Republic in August to conduct forensic interviews with the three minors.

The affidavit also references voice messages allegedly sent by Foshee after allegations began circulating. According to investigators, Foshee acknowledged that something had happened with one minor and said he had “fixed this whole problem.” He also told someone that he had not planned what occurred and that it “just happened,” according to the affidavit.

The FBI also reviewed Foshee’s travel records, which showed multiple trips between the United States and Haiti from 2023 through February 2026. Investigators said the travel dates placed Foshee in Haiti when two of the minors were 14 years old.

One of the minors, identified as MV1, lived with Foshee, who paid for his schooling. According to the affidavit, MV1 told investigators that Foshee allegedly engaged in sexual conduct with him while he was sleeping at Foshee’s home in Gonaïves.

The affidavit says the alleged conduct happened again about three months later. MV1 also told investigators that he was afraid of Foshee and described incidents in which Foshee allegedly yelled at him and beat him with a belt.

Another alleged victim, identified as MV2, also stayed at Foshee’s home, according to the affidavit. Investigators said MV2 told them he woke up with Foshee on top of him and touching him sexually.

The affidavit says MV2 tried to remove Foshee’s hand and that the alleged incident occurred the night before his 15th birthday. MV2 reportedly told investigators he initially did not disclose what happened because he was afraid Foshee would stop paying for his schooling.

The affidavit also describes allegations from MV3, who was 14 years old at the time of the alleged incidents. Investigators said MV3 lived with Foshee because of difficulties at home.

According to the affidavit, Foshee allegedly invited MV3 to sleep in his bed and later engaged in unwanted sexual contact. The affidavit also says Foshee offered to take MV3 to the United States and obtain a passport if MV3 performed a sexual act.

The FBI affidavit also details an interview with MV3’s older brother, identified as P.D.

P.D. alleges Foshee attempted to have non-consensual sexual intercourse with him. He also provided investigators with images that he said were circulating involving Foshee.

Social media following draws attention to case
Foshee had built a sizable following on TikTok before his arrest, posting videos about his missionary work and interactions with Haitians, often speaking in Haitian Creole. As of Oct. 1, 2026, he had more than 100,000 followers and more than a million likes.

The federal case has since drawn attention on the platform.

In one TikTok video circulating after Foshee’s arrest, a woman appears to show a man on her phone as they stand side by side.

Her face is blurred, and text accompanying the video reads, “Yo arete Maylon Foshee,” Haitian Creole for “They arrested Maylon Foshee.”

The video prompted reactions from users, including one commenter who wrote, “This is inappropriate.”

Similar to Foshee, missionaries such as Michael Geilenfeld were also convicted of abuse. In Haiti, missionaries have long taken advantage of residents.

Executive director of the Institute for Justice and Democracy in Haiti, Brian Concannon, attests to this and says missionaries in Haiti are taking advantage of their prestige and economic power to sexually abuse Haitian children they claim to be helping.

“The corrupt and weak Haitian justice system almost never prosecutes foreigners for sexual abuse, ” said Concannon.

He adds that the U.S. government has arrested and prosecuted many of the perpetrators, “But in every case the arrests have come years after the initial reports of abuse, and in many cases the missionary organizations allowed the perpetrators continued access to vulnerable children, rather than believing the victims.”

Foshee’s federal public defender and the U.S. Attorney’s Office declined to comment.

https://haitiantimes.com/2026/10/02/american-missionary-charged-with-sexual-misconduct-involving-minors-in-haiti-due-back-in-court-oct-12/

lundi 5 octobre 2026

HYSTÉRIE COLLECTIVE? Quand l'ultra-nationalisme pousse la République Dominicaine à douter de sa propre indépendance


[...le paradoxe. Ce mouvement ultra-nationaliste, qui prétend défendre l'âme dominicaine, est en train de la détruire. Il instille la peur et l'insécurité au point de faire douter tout un peuple de sa souveraineté ]

La panique qui s'est emparée de la République Dominicaine après une simple déclaration de Wilson Isidor, attaquant de la sélection haïtienne, en dit long.

Zombifiée par des années de propagande ultra-nationaliste martelant le fantasme d'une invasion haïtienne, une partie de l'opinion dominicaine a réagi comme si les troupes haïtiennes étaient aux portes de Santo Domingo. Et le plus surréaliste, c'est que l'État lui-même est tombé dans le piège : élite politique, classe médiatique, Ministre des Sports, jusqu'au Président Luis Abinader.

Tout cela pour quoi ? Pour les mots d'un footballeur nostalgique qui, empêché de jouer dans son propre pays livré aux gangs, a simplement dit qu'il jouait sur son île : Ayiti, Kiskeya, Bohio.
Il faut une profonde crise de confiance en soi pour qu'un pays réagisse ainsi à la nostalgie d'un sportif.

Faisons l'exercice inverse. Si un Dominicain en visite à Port-au-Prince s'écriait "Ici, c'est l'Hispaniola !", personne en Haïti n'aurait bronché. Pourquoi ? Parce qu'on nous apprend dès la maternelle que cette île s'appelait Ayiti, Kiskeya ou Bohio avant que Colomb ne la rebaptise Hispaniola - Petite Espagne. Pour nous, utiliser les noms originels, c'est un acte de respect envers les premiers habitants. Ce n'est pas une menace.

Chez nous, la bachata, le merengue et la salsa tournent en boucle. Le salami et le yuca pollo se vendent à chaque coin de rue. La culture dominicaine fait partie de notre quotidien et cela ne dérange personne. Nous sommes si convaincus que notre indépendance de 1804 est irréversible - malgré l'effondrement, malgré les gangs, malgré tout - que les propos d'un étranger sur notre passé ou notre avenir ne nous ébranlent pas.

C'est cette différence qui est révélatrice. L'hystérie collective qui a suivi les propos d'Isidor, et qui a poussé les autorités dominicaines à prendre des mesures dignes d'un état d'urgence, marque une étape inquiétante : une partie de la nation dominicaine ne croit plus en son indépendance face à Haïti.

Et c'est là tout le paradoxe. Ce mouvement ultra-nationaliste, qui prétend défendre l'âme dominicaine, est en train de la détruire. Il instille la peur et l'insécurité au point de faire douter tout un peuple de sa souveraineté, face à un voisin qui n'a objectivement ni la capacité économique, ni la force militaire, ni le poids démographique, ni même l'ambition idéologique de l'envahir.

Rappelons l'histoire : pendant 22 ans d'annexion de la partie Est, alors que les Haïtiens avaient tout le loisir de s'installer et de peupler les terres laissées vacantes par les Espagnols et les Français, ils sont restés chez eux. Ce n'est pas aujourd'hui, qu'ils rêveraient de la conquérir.

Si nos compatriotes sont de l'autre côté de la frontière, c'est pour une seule et unique raison : survivre. Pour des raisons économiques et sécuritaires. Rien d'autre.

En zombifiant ainsi son peuple, l'ultra-nationalisme dominicain ne protège pas la République Dominicaine. Il l'affaiblit. Et cela fait pitié.

Cyrus Sibert, Journaliste

5 Octobre 2026

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dimanche 27 septembre 2026

Non! La révolution haïtienne n’est pas une malédiction. Haiti n’est pas maudite. (Texte de Cyrus Sibert)

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A Madame Yvonne Melchionne @YMelchionne,

Si la Révolution américaine a réuni protestants et francs-maçons, la Révolution française protestants et illuminés, catholiques et rosicruciens, la Révolution haïtienne a été le fruit de l'unité des vodouisants, des chrétiens et d'autres minorités religieuses de Saint-Domingue.
Toussaint Louverture était catholique. Dans sa Constitution de 1801, il a consacré l'État à l'Église catholique ; et aujourd'hui encore, l'État haïtien est catholique. La majorité des officiers de l'Armée indigène étaient des catholiques mariés selon la tradition romaine. Certes, la masse des esclaves pratiquait le vodou, tout comme les révolutionnaires chrétiens américains et européens qui, publiquement, allaient à l'église tout en étant membres de sociétés secrètes et en s'adonnant à des pratiques de sorcellerie.
Alors, pourquoi cette obsession à parler de pacte avec le diable quand il s'agit d'Haïti, alors que tous les peuples ont leurs formes d'idolâtrie, de sorcellerie, et ont recours à des pratiques païennes lorsqu'ils traversent des moments difficiles ?
Le peuple d'Israël n'avait-il pas réclamé et adoré un veau d'or lorsque Moïse est monté sur le mont Sinaï ? Alors, disons mieux : une partie du peuple d'Israël. Car jamais un peuple n'accepte ou ne rejette un dieu, ou le Dieu, dans son ensemble. Cela se fait toujours en partie. Les esclaves, venus de tribus et de langues africaines différentes, ne pouvaient pas être tous d'une seule religion.
Pourquoi stigmatisez-vous Haïti avec votre histoire de pacte avec le diable ? Dieu n'avait-il pas exigé un seul juste comme condition pour épargner Sodome et Gomorrhe ? Si un seul juste pouvait épargner Sodome et Gomorrhe, le châtiment de Dieu ne peut pas dépendre de l'agissement de la grande majorité. Aucun peuple n'est lié par le pacte de ses ancêtres.
Jésus nous dit : « L'âme qui pèche, c'est celle qui mourra ». Alors, la propagande anti-haïtienne qui veut faire croire que mon peuple est condamné n'a aucun fondement chrétien. « Le salut est personnel », lit-on dans la Bible. Jésus nous a affranchis du mal et, sur la Croix, il a tout accompli.
C'est dangereux d'indexer toute une nation, tout un peuple, sur la base des prétendus agissements de ses ancêtres. Cette approche a engendré la Shoah, le génocide de Juifs innocents accusés de déicide, alors que ce sont des soldats romains, venus du Sud de l'Europe, qui ont jugé le Christ puis l'ont cloué sur la Croix. Cette rhétorique est une menace existentielle pour le peuple haïtien, stigmatisé partout par des évangélistes bornés et sans culture générale.
Et croyez-moi, chère Madame, étant fils de pasteur, je sais faire la différence entre un diplômé d'écoles bibliques qui interprète les textes littéralement et un théologien capable d'exégèse après analyse des textes dans leur langue originale.
J'ai ajouté au bas de ce texte 3 pages du livre What You Do Is Who You Are de Ben Horowitz. Elles vous aideront à comprendre que le succès de l'Armée indigène était une question de discipline, d'entraînement, d'armement et de détermination.
Cyrus Sibert, 
Journaliste, Haïtien
02 Septembre 2026.

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