jeudi 24 novembre 2016

Note de Cyrus Sibert sur les difficultés de la presse haïtienne en ce contexte post-électoral :

Je soutiens totalement la décision des journalistes haïtiens de diffuser le contenu des procès-verbaux affichés dans les centres de vote à la fin de la journée électorale du 20 novembre 2016. Comme dans toutes les démocraties, la presse doit oeuvrer en faveur de la transparence. Nous devons aussi évoluer en Haiti. Aucun journaliste traditionnel ne nous fera croire que des médias comme SignalFm, Vision2000, Scoop FM, Caraibes FM et autres ont mal agi en diffusant des procès-verbaux rendus publics (source ouverte) par le CEP conformément au décret électoral en vigueur. Le comble, des intellectuels qui ont étudié aux Etats-Unis, au Canada ou en Europe savent très bien que c’est une pratique normale. La presse couvre toutes les opinions, tous les documents et tous les faits liés à l’événement électoral.
C’est grave que des gens qui ont grassement réussi leur vie dans ce métier puissent justifier les persécutions contre des journalistes dans un pays connu pour des assassinats spectaculaires contre des membres de ce secteur. Blâmer, des travailleurs de presse au moment qu’ils font face à des menaces de mort, c’est encourager les criminels et justifier leur projet macabre.
C’est inacceptable! Et, cela prouve jusqu’où les conflits d’intérêts peuvent entrainer certaines personnalités que l’on croyait sain d’esprit, équilibré avec le sens de la mesure.
De plus, ce ne sont pas ces gens qui ont milité ouvertement contre l’administration Martelly qui feront la leçon aux journalistes haïtiens.
J’en profite pour rappeler au public les pratiques abusives de ces personnages qui s’amusaient à relayer les accusations mensongères de Moise Jean-Charles, alimentant les rumeurs sur la nationalité du Président Martelly.
Chaque week-end, l’auditoire avait droit à des annonces mensongères dites de “bonne source” jusqu’à affirmer que “selon un livre publié en Afrique du Sud, le Président Martelly est un citoyen américain”. Des assertions démenties par l’éditeur mais pour lesquelles aucune excuse publique n’est faite. C’est aussi le cas pour les accusations mensongères impliquant à tort le fils ainé du Chef de l’Etat dans le gang de Clifford Brandt accusé de kidnapping.
Le dénouement final après le 7 février 2016 de la crise politique fomentée sur certains médias et par une minorité au Sénat téléguidée par Jean-Bertrand Aristide a révélé les mauvaises intentions de ces travailleurs de presse qui aujourd’hui cherchent à se faire passer pour des donneurs de leçon.
Nous invitons nos confrères de la presse à tenir bon. Ne vous laissez pas intimider! Le métier de journaliste a évolué. De plus, le fonctionnement de la presse dans une démocratie et dans un Etat moderne dépasse de loin les pratiques anciennes qu’on veut nous imposer comme absolues.
Courage!!!
Cyrus Sibert, Cap-Haitien, Haiti // 24 novembre 2016
reseaucitadelle@yahoo.fr // @reseaucitadelle
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