jeudi 16 février 2017

Mes commentaires sur le différend qui oppose Jean Mona Métellus et Brégard Anderson de Radio Caraibes FM.- (Texte de Cyrus Sibert)

1- Pour “avoir entendu” Jean-Mona Métellus citer des noms d’employés de Radio Caraïbes les indexant d'être "fanatiques TET-KALE", je n’arrive pas à saisir l’objet ni le principe qui justifie sa réaction suite au passage de l’ex-Président Martelly au studio de Radio Caraïbe. Car, il est clair que ce jour-là, Jean Mona voulait intimider les membres du personnel de Radio Caraïbe qui ne partagent pas sa position politique. Il n'existe plus, depuis longtemps, aucun fair-play entre les cadres de Radio Caraibes; Et, Jean Mona Métellus est le premier à se livrer à ces anti-jeux. Indexer des collaborateurs sur les ondes parce qu’ils ont une opinion favorable à TET-KALE, alors que dans les rues de la capitale des manifestants Lavalas attaquaient les partisans de Martelly, c’était une manoeuvre calculée anti-démocratique d’intimidation et de menace… C’est vraiment “pas sérieux” quand aujourd’hui Jean Mona Métellus fait tout un tollé se présentant comme victime de trahison.
2- Tout le monde connait ma position face à l’initiative du Président Martelly de continuer sa campagne de vengeance contre Madame Liliane Pierre-Paul et Monsieur Jean-Mona Métellus. Même quand je comprends la frustration de ce père de famille qui a souffert, durant cinq (5) années, de la délinquance médiatique de certains journalistes qui ont accusé à tort son fils de kidnapping et tous les péchés, je pense que l’ex-Président a plus à perde qu’à gagner dans cette croisade. Car, si avant 2010 on pouvait comprendre Martelly-SweetMicky, aujourd’hui, l’ex-président a une obligation de respecter l’Etat Haitien qu’il a représenté et qui continue de mettre à sa disposition sécurité et protocole en sa qualité d'ancien Chef d'Etat. Il n'y a pas de prérogatives sans obligations. On ne peut pas injurier Liliane Pierre-Paul la veille et demain faire partir d’une délégation officielle en visite au Nicaragua.
De plus, c’est embarrasser le nouveau Chef d’Etat qui se positionne en rassembleur quand on s’obstine à polariser la société avec un conflit personnel ou de familles.
3- Un citoyen tente vainement de présenter Jean-Mona Métellus et Liliane Pierre-Paul comme des modèles de la presse libre et indépendante. Je pense que cela n’est vraiment pas sérieux. Car, après la présidence provisoire de Jocelerme Privert, tout est clair, il n’y a plus de rideau : “le Roi est nu”.
C’est inutile de continuer à mentir au public. Les confrontations politiques des 60 dernières années ont provoqué une polarisation de la presse haïtienne. Il y a eu des journalistes anti-Duvalieristes et pro-Duvalieristes…on a vu quelques journalistes non-Duvalieristes, mais obligés de se censurer pour ne pas se retrouver en contravention avec l’idée dominante. Après 1986, le pays a connu des journalistes pro-Lavalas, des Journalistes non-Lavalas (mais contrôlés par des idées reçues ou dominantes par crainte) et face aux dérives post-Retour-1994, des Journalistes anti-Lavalas.
La quasi-totalité des journalistes anti-Duvalieristes sont devenus pro-Lavalas. Même quand souvent, ils ont été victimes de menaces de la part de Lavalas, ils continuent de mener une relation schizophrénique "Je t'aime, moi non plus" avec Lavalas. Le fait que ces journalistes n'ont pas su dénoncer les lynchages des Duvalieristes et les exactions d'Aristide pousse plus d'un à questionner le caractère démocratique de leur combat contre Duvalier.
Liliane Pierre-Paul et Jean Mona Métellus sont des journalistes pro-Lavalas parce qu’ils sont de gauche. Vu qu’il n’y a pas une gauche forte en Haiti, Lavalas leur sert de prothèse idéologique et organisationnelle pour intervenir dans l’espace politique. De plus, l’implication directe ou indirecte de ces deux journalistes dans la présidence provisoire de Jocelerme Privert et leur comportement quasi-fanatique pro-Privert et anti-TETKALE prouvent qu’il n’y a rien d’indépendance dans leur façon d’exercer la profession.
Alors, ils doivent avoir le courage de se positionner ouvertement, comme Cyrus Sibert de @RéseauCitadelle l'a fait : Un journaliste démocrate donc anti-Lavalas parce que convaincu de l’échec de ce mouvement qui en 1990 avait promis de ne pas réussir sans le peuple. Lavalas dans ses pratiques, ses méthodes, sa théorie de pouvoir de parti unique et de fraude électorale et sa philosophie politique étatiste, a échoué en Haiti. Il ne peut y avoir de démocratie véritable, ni d'Etat de droit avec Lavalas. Tous ceux qui l’ont supporté directement ou indirectement doivent se ressaisir.
En ce sens, l'on peut accepter le qualificatif "journalistes engagés" pour caractériser Jean Mona et Liliane Pierre-Paul. Sur ce point, madame Marie Lucie Bonhomme Opont qui de loin est plus professionnelle, a eu la décence de se présenter comme telle quand elle devait reprendre son service à Radio Vision 2000 en janvier 2016. On ne peut qu'admirer les gens honnêtes et courageux qui ne se cachent pas derrière dans ambiguïtés ni la démagogie.
Cyrus Sibert, Cap-Haitien, Haiti // 12 février 2017
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