vendredi 21 juillet 2017

LE SENS DE MON COMBAT (Texte de Gérard Junior MATHIEU)

Pour ceux qui me connaissent, Gérard Junior Mathieu, que ce soit à l’université, dans les milieux associatifs de jeunes que j’ai eu à militer. Ils savent que je suis un homme de cause, quelqu’un qui s’implique passionnément quand il croit qu’il faut changer la façon de faire les choses, quand il voit qu’il y a une juste façon de faire les choses et pas autrement au profit de nous les jeunes, au profit de notre avenir de peuple, au profit de notre société et en particulier des plus faibles. Je suis un homme loyal. Et en politique la loyauté est une vertu.

Très tôt, je me suis lancé passionnément et ouvertement dans la bataille pour contribuer à une société meilleure. J’ai été un des jeunes leaders du mouvement étudiant de 2004 qui a facilité l’ascension de M. Gérard Latortue à la Primature, par ricochet, de la mise en selle politique de Youri Latortue, c’est-à-dire mon combat contre la criminalité politique et les dérives autoritaires lavalassiennes ont servi à quelques choses. J’ai encouru avec d’autres jeunes des risques énormes pour que des hommes et des femmes de ce pays dont Youri Latortue puissent devenir ce qu’il est aujourd’hui.

A cet effet, sa démarche de contorsionniste politique révèle au grand jour ses non-dits. Cette tentative de se « victimiser » participe à la mise en place d’une stratégie de marchandage politique. Ce paradigme de politique politicienne n’aide pas à la mise en route d’une politique constructive pour un renouveau national. Ces comportements transpirent de l’impatience et d’un désir de contrôle absolu. Comme quoi, il faut compter avec l’instabilité politique et la désignation d’adversaires et/ou ennemis pour se construire un statut de leader incontournable.

Fidèle à ma nature, je ne puis rester indifférent devant des pratiques cyniques, antisociales qui n’ont fait qu’assombrir et repousser l’horizon de notre combat pour une société de progrès, fondée sur des valeurs de justice, de respect de l’autre, la valorisation de la compétence, la solidarité et la compassion. En tant que chrétien, je ne puis fermer les yeux devant de si flagrantes injustices et je ne me résous pas non plus à en être complice. Car aujourd’hui c’est le professeur Wilson Laleau, entre autres, qui en est la cible. Qui seront les prochaines victimes de ses mangeurs d’hommes et d’assassins de caractère ?

Est-ce-que c’est le sort qui est réservé à tout jeune ou tout citoyen ou citoyenne qui s’implique dans les affaires de l’Etat et se bat avec compétence et intégrité pour que ce pays sorte de ce marasme ?

J’ai eu à vivre et observer tout ce matraquage dont cet homme est l’objet. Je l’ai côtoyé en tant qu’étudiant d’abord et aussi en tant que proche collaborateur au Ministère de l’Economie et des Finances. J’ai vu la passion avec laquelle le professeur se défonce pour donner du meilleur de lui-même.

Un homme qui de bonne foi a servi son pays ne peut pas être livré à des politiciens froids et malhonnêtes qui utilisent des amalgames et de la manipulation de caniveau. Face à toutes ces attaques et quand je lui demande de réagir, m’affirme ne s’intéresser d’abord qu’à la postérité et non à l’opinion. J’ai vécu cette situation avec d’autres anciens étudiants qui régulièrement m’expriment leurs douleurs comme un drame. Je n’oublie pas également des collaborateurs qui ont été témoins de tous les efforts pour assurer ses fonctions avec compétence, intégrité et le souci du bien commun. En tout cas, Notre histoire, celui de Démesvar Délormes, d’Antenor Firmin montre que tous ceux qui osent se battre pour changer les choses dans ce pays ont face à eux les forces de l’ombre.

Par ailleurs, l’article qui a fait voir de toutes les couleurs le sénateur reprend en mots exacts des informations circulant dans la presse traditionnelle et sur les réseaux sociaux depuis belle lurette. Pourquoi, c’est maintenant qu’il monte au créneau pour pointer une espèce de Laboratoire qui travaille contre sa personne, par la même occasion, contre des parlementaires de la 50ème législature. Pour rappel, M. Youri Latortue a intenté un procès en diffamation contre Fritz Mevs et a eu gain de cause. Il a été au tribunal sous la base d’une requête du syndicaliste Josué Mérilien pour corruption. Le quotidien français, Le Figaro en date du 21 décembre 2004 a relaté des informations ô combien douteuses sur le sénateur. Le journal Miami Herald en mars 2005 a paru un article dans les mêmes termes. Donc, entre la mauvaise conscience et la politique cynique la frontière est bien ténue.

Je ne puis accepter que les institutions de mon pays soient utilisées, instrumentalisées de cette façon par des politiciens obnubilés par leurs ambitions politiques pour détruire d’honnêtes citoyens. Si nos institutions ne peuvent garantir le droit et la protection de chaque citoyen, quel avenir est réservé à ceux-là qui veulent servir ce pays avec intégrité ? C’est tout simplement prolonger le règne de l’impunité, de la corruption, c’est protéger les vrais coupables.

J’ai aussi vécu les dénonciations d’un article sur des emprunts à l’ONA pour financer des opérations du Trésor, ce qui n’est en rien irrégulier. Cet article disait de manière malicieuse « on cherche les traces de l’argent ». Cependant les dossiers sont dans les institutions et ont été instruits sur la base de plusieurs rencontres et en toute transparence. Je sais fort bien de quoi je parle pour y avoir travaillé. Aucun souci de la vérité, aucun effort de rétablir la vérité quand les faits sont évidents

Il faut que ce pays se réveille face à ces injustices flagrantes. Sinon, on se fait complice de ces manipulateurs de l’ombre pour alimenter la pratique de bouc émissaires et jeter le voile sur les vrais coupables qui ont pillé ce pays et continuent à le faire.

C’est pourquoi une vraie enquête doit être menée par des experts indépendants afin de faire jaillir la lumière en se posant les bonnes questions. En se basant sur les faits, en retraçant les flux d’enrichissement, en faisant montre d’une connaissance réelle du rôle de chaque institution dans la gestion des ressources de l’Etat.

J’ai décidé de ne pas fuir et de me battre pour transformer ce pays, Je ne peux rester indifférent à ce destin macabre que certains nous tracent. Il faut que des voix se lèvent contre cette parodie, cette caricature. Sinon, tous ceux et toutes celles qui veulent s’engager à servir ce pays avec intégrité n’auront plus le choix entre le banditisme politique et la passivité. Moi, je refuse les deux. Et je me bats pour que les jeunes aient l’opportunité de rebâtir notre société. Une société fondée sur des valeurs de justice, de respect de l’autre, une société qui s’applique à réparer les torts causés durant plus de deux siècles de malentendus historiques. Ces pratiques de combines, de sabotages et d’intimidation doivent cesser.

Jeunes de mon pays, n’ayons pas peur ! C’est votre peur et votre désir d’abandon qui leur permettent de continuer à installer une société factice, où le désordre, la facilité domine derrière les paravents de beaux discours de façades pour cacher leurs pratiques malhonnêtes. A tous ceux qui m’invitent à la prudence, je leur remercie et je leur dis que la criminalité politique n’a jamais été une arme puissante contre la conviction, l’engagement pour le changement et le bien être collectif.

Gérard Junior MATHIEU, GNB
Carrefour, le 21 juillet 2017


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