samedi 5 août 2017

#Haiti : @ReseauCitadelle a sensibilisé l’opinion publique caraïbéenne sur la situation des haïtiens noirs en République Dominicaine.-

#Haiti : @ReseauCitadelle a sensibilisé l’opinion publique caraïbéenne sur la situation des haïtiens noirs en République Dominicaine.- (Texte de @CyrusSibert) 

Le jeudi soir du 3 août 2017, deux membres de @ReseauCitadelle ont participé à un panel de journalistes caribéens sur Radio grenadabroadcast.com, en vue de sensibiliser l’opinion publique de la région sur la situation des haïtiens noirs en République Dominicaine.

Suivant une approche historique, nous avions expliqué la naissance de la “dominicanité” de John Pablo Duarte qui est en fait une idéologie identitaire, anti-haïtienne, anti-noire, coloriste, cherchant à blanchir la nation dominicaine, une doctrine politique qui tend vers le ségrégationisme et l’apartheid social…. Nous en avons profité pour mettre l’accent sur le fait que la partie Est de l’île a toujours servi de base arrière aux colonialistes, aux esclavagistes, à ceux qui détestent les descendants d’africains, donc aux anti-haïtiens.

Des colons français en fuite après leur défaite face à l’Armée indigène noire lors de la bataille de Vertières le 18 novembre 1803, s’étaient réfugiés à l'Est de l'île pour conspirer contre l’indépendance d’Haïti. Leur harcèlement, leur conspiration et leur refus de respecter la volonté historique des noirs d’Haïti de “vivre libre ou mourir”, a causé cette décision extrême du Général Jean-Jacques Dessalines d’ordonner l’effacement de leur lignée dans la partie occidentale de l’île, pour reprendre une expression de Machiavel, tout en octroyant la nationalité haïtienne à des étrangers blancs qui avaient supporté la révolution anti-esclavagiste. Car, face aux rumeurs de retour de l’esclavage que les anciens colons alimentaient en vue de saper le moral des noirs devenus libres, indépendants et maîtres de leur destin, cet acte radical, les conquêtes de l’Est, l’occupation haïtienne et le support du mouvement indépendantiste dominicain, ont été nécessaires pour faire comprendre aux esclavagistes que la situation en Haïti est irréversible, les forçant à prendre la mer, à s’éloigner du territoire à destination de Porto Rico, de Cuba, de la Louisiane et des petites Antilles françaises.

C’est une erreur de considérer la situation des haïtiens en République Dominicaine comme une simple question migratoire. Il s’agit d’une constance historique. Les faits sont nombreux; et, le dernier en date est cette pratique discriminatoire dans le processus de régularisation des immigrants illégaux. Tandis que les chinois, les philippins et d’autres illégaux à peau claire ont accès facilement à leur dossier et obtiennent leur statut de résident, les haïtiens et tous les autres immigrants à peau noire sont bloqués par un goulot d’étranglement, un subterfuge administratif consistant à chercher leur nom dans un ordinateur déconnecté du réseau administratif d’Etat, pour ensuite les demander d’attendre éternellement tout en mettant en branle des opérations aveugles de déportation.

Aussi, avions-nous profité pour rappeler que :

1- Contrairement aux mensonges des colonialistes et des racistes, ces descendants de Nicolas Ovando ou de Rochambeau qui continuent de présenter l’occupation haïtienne comme un désastre pour le peuple dominicain, en 1821, l’armée haïtienne de Jean-Pierre Boyer fut accueillie par des dominicains à peau foncée qui avaient peur pour leur liberté face à des dominicains à peau claire et esclavagistes. Car, en 1821, indépendance n’était pas synonyme d’abolition de l’esclavage. Pour preuve, malgré l’indépendance aux Etats-Unis, des noirs et des créoles étaient maintenus en esclavage. Il a fallu les 22 années d’occupation haïtienne pour que l’esclavage soit aboli dans la partie Est de l’Ile.

2- En 1861, soit 17 ans après le départ de l’armée haïtienne de la République Dominicaine, 17 ans après l’indépendance de la République Dominicaine, des dominicains à peau claire, des colonialistes, ont permis le retour de l’Espagne dans la partie Est de l’Ile et menacèrent de rétablir l’esclavage ou de déporter les créoles et les noirs dominicains vers Cuba et Porto Rico. Pour libérer la République Dominicaine de l’Espagne, en 1863, des dominicains à peau foncée, des anti-colonialistes et des indépendantistes ont lancé la guerre de “Restauration” contre les forces espagnoles. La République d’Haïti supporta la guérilla indépendantiste de Gregorio Luperon et de Santiago Rodriguez qui lança ses actions militaires à partir du territoire haïtien, dans la ville haïtienne de Ouanaminthe. Comme nous l’avions fait en faveur du Général Simon Bolivar pour la création des Etats indépendants de l’Amérique du Sud, de la Grèce et longtemps avant aux États-Unis, Haiti et des soldats haïtiens apportèrent une contribution considérable à l’indépendance définitive de la République Dominicaine.

3- Haiti a toujours été présente dans l’histoire de la République Dominicaine:
a) Nous avions aboli l’esclavage en République Dominicaine;
b) Nous avions contribué à la destruction des forces colonialistes dans la partie Est de l’Ile;
c) Nous avions supporté les forces indépendantistes au détriment des forces colonialistes pro-espagnoles qui souhaitaient l’annexion du territoire Dominicain par l’Espagne ou par les Etats-Unis;
d) Le drapeau Dominicain fut créé et cousu en Haiti.
e) La République Dominicaine est une nation sœur de la République d'Haïti. Les deux républiques sont fondées par des indigènes qui se sont solidarisés durant 3 siècles d'esclavage, d'oppression colonialiste et raciste.
f) Du Cacique Henry à Jean Jacques Dessalines, ensemble, les peuples de l’Ile Kiskeya ont combattu le colonialisme et l’esclavagisme franco-espagnols. Les peuples indigènes de l’Ile, indiens et nègres (fier de l’être), ont toujours combattu en faveur de la liberté et de l’indépendance. Après la défaite de l’armée de Napoléon, suivie de l’indépendance d’Haïti, d’autres mouvements d’indépendance et de liberté ont vu le jour sur cette terre. Gregorio Luperon, Santiago Rodriguez, Charlemagne Péralte ont continué dans cette culture de lutte pour la liberté et l’indépendance.
g) Les initiatives ségrégationnistes anti-haïtiennes lancées par la minorité dirigeante de la République Dominicaine, schizophrène parce qu’elle refuse d’accepter l’évidence de sa filiation nègre, représentent la résurgence de la réaction néocolonialiste et même néo-esclavagiste contre les indigènes libres de l’Ile.

En conséquences, nos confrères journalistes promettent de porter l’affaire par devant des instances comme le Caribbean Hotel Tourism Association (CHTA), le CARIFORUM et surtout la Commission Européenne des Droits Humains de l’UE-ACP, des instances importantes pour l’image et l’économie de la République Dominicaine, à partir desquelles certaines pressions peuvent-être exercées.

Le mot d’ordre adopté : Ne rater aucune occasion pour soulever cette situation inacceptable des haïtiens en République Dominicaine. Les journalistes courageux de la Caraibe doivent toujours avoir une question sur ce sujet pour les dirigeants dominicains partout où ils les rencontrent, dans tous les forums auxquels ils participent.

Cyrus Sibert, Cap-Haitien, Haiti
5 Aout 2017
WhatsApp: 509-3686-9669
@reseaucitadelle
reseaucitadelle@yahoo.fr

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