La séance de négociation sur l’Ukraine à Miami a en fait été un nouveau Yalta. Je l’ai remarqué en analysant la montée des déclarations menaçantes du président Donald Trump contre le président du Venezuela Nicolas Maduro; et l’arrestation de ce dernier par les forces spéciales américaines une semaine plus tard, confirme ma thèse. Faut-il rappeler que la conférence de Yalta, qui s'est tenue du 4 au 11 février 1945 en Crimée, a réuni les « Trois Grands » (Staline, Roosevelt et Churchill) pour organiser la fin de la Seconde Guerre mondiale et l'ordre mondial d'après-guerre.
En effet, la question sur l’inefficacité des aides de la Russie et de la Chine en matière de défense du Venezuela lors de l’intervention des commandos américains trouve ici sa réponse. Lors de la première guerre du Golfe, les français avaient pour mission de désactiver les équipements que leur pays avait vendus à Saddam Hussein.
Une délégation chinoise a joué le rôle d’appât. Quelques heures avant son arrestation, le président Nicolas Maduro avait rencontré une délégation chinoise. Ce qui a facilité sa localisation par le renseignement américain.
Le président Donald Trump donne la garantie que tout le monde pourra profiter du pétrole et des ressources du Vénézuela.
Les États-Unis ont laissé en place la structure politique chaviste, en écartant publiquement le leader de l’opposition vénézuélienne. Madame Maria Corina Machado (prix Nobel de la Paix).
La faiblesse de l’opposition vénézuélienne est criante. On a observé aucune manifestation importante à l’intérieur du pays. Donc, la question est devenue une affaire personnelle. Nous sommes jusqu'ici dans une affaire de responsabilité pénale de Nicolas Maduro devant la justice des Etats-Unis. De plus, le Ministre de la Guerre, Pete Hegseth vient d’affirmer que son opération au Venezuela est exactement le contraire de ce qu’on a vu en Irak. Donc, il est clair qu’il n’y aura pas de Nation Building au Venezuela, pas de changement de régime.
On peut conclure que contrairement aux rhétoriques anti-Chavistes, le mouvement de Maduro est populaire au sein de la société vénézuélienne. Les évaluations de la CIA semblent être contre une déstabilisation qui engendrerait le chaos et des mouvements de résistance au cœur de l’Amérique Latine. Maduro a commis l’erreur de ne pas suivre la stratégie du Président du Panama José Raul Mulino à savoir : prendre au sérieux les préoccupations des Etats-Unis et re-négocier.
Le ton que prend le discours du secrétaire d'État Marco Rubio et d’autres officiels américains contre Cuba laisse comprendre que les soldats cubains qui assuraient la sécurité du leader vénézuélien lui étaient restés fidèles. Ont-ils été les seuls à affronter les commandos Delta? Une chose est claire : Ils étaient les seuls à ne pas être au courant des clauses de ce nouveau Yalta. Sur les médias américains, Monsieur Rubio a précisé que les États-Unis n’ont pas besoin du pétrole du Venezuela, car ils en ont beaucoup. Cependant, leur préoccupation est l’instrumentalisation des ressources de ce pays par des puissances concurrentes comme la Chine, la Russie et d’autres entités comme l’Iran, le Hezbollah, la Corée du Nord...
Je pense qu’il existe un accord entre les États-Unis, la Russie et la Chine pour un monde tripolaire, avec un leadership américain respectant les zones d’influence des autres, qui, en retour se courbent devant devant la doctrine Monroe avec la garantie qu’ils pourront profiter des resources de l’hémisphère occidental (du Groenland au Chili) à partir des circuits commerciaux.
De nouveaux bouleversements affecteront d’autres zones d’influence géopolitiques.
Cyrus Sibert, Journaliste
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