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mardi 26 février 2008

Un consortium Sino-brésilien en difficulté pour investir dans le Nord d’Haïti.















Cyrus Sibert, AVEC L’OPINION,
Radio Kontak Inter 94.9 FM
Cap-Haïtien, Haïti
48, Rue 23 -24 B
reseaucitadelle@yahoo.fr, reseaucitadelle@gmail.com, www.reseaucitadelle.blogspot.com


Ces derniers jours, Haïti connaît une aggravation de la misère. Une conséquence logique de la cherté de la vie, car avec l’augmentation des prix de produits alimentaires, le peuple haïtien vit au bord de la famine. Le Nord compte déjà ses premiers décès. La localité de Jean-Bernard (non loin de la Grande Rivière du Nord) est citée comme un lieu où des gens meurent, parce qu’ils n’arrivent pas à manger. Les vieillards, les handicapés et les enfants sont les principales victimes. Manger est devenu une question de survie. Les familles sont menacées d'éclatement. Aujourd'hui, selon les constats de certains jeunes gens : une dame te drague juste pour de la nourriture. Avec l'augmentation des prix des produits alimentaires, des femmes et jeunes hommes vulnérables se prostituent pour un plat. C'est triste!

A bien suivre les analyses de personnes qualifiées comme Kesner Pharell et Marc L. Bazin, il n'y aura pas de miracle. Le prix des produits augmente en fonction des facteurs qui ne dépendent pas de l'Etat. Le coût du pétrole et les mesures protectionnistes des pays du Nord créent une hausse des prix au niveau international: il faut produire, dynamiser le secteur agricole, augmenter la productivité, sans déstabiliser l'équilibre macro économique qui pourrait engendrer l'inflation.

C'est dans ce contexte que nous avions rencontré au Cap-Haïtien des représentants d'un consortium sino-brésilien dénommé MONSOON GLOBAL INC. Ils nous parlent de leur misère pour investir en Haïti. Paradoxe ! Vu que parmi les conseils prodigués par des experts haïtiens: il faut développer d'autres secteurs de l'économie afin de diminuer la pression démographique sur les terres agricoles. L'agro-industrie, la sous-traitance et surtout le tourisme sont des secteurs capables de créer des emplois, d'augmenter le pouvoir d'achat de la population, d'appuyer la croissance, d'accumuler des devises qui serviront à importer les produits alimentaires qui nous manquent: une source de recette pour l'Etat.

Quelle est la situation de MONSOON GLABAL INC?

La MONSOON GLOBAL INC, une compagnie privée, en joint-venture avec la MCC 17 et la ZHONGHAI (JINSU) CONSTRUCTION, mène une série de démarches depuis 3 ans pour pouvoir investir plusieurs centaines de millions de dollars dans le Nord d'Haïti. D'après les déclarations de Madame Anne Mary SICARD, la brésilienne qui représentante les investisseurs de la MONSOON GLOBAL INC & SES PARTENAIRES ASIATIQUES, son consortium a soumis des dossiers complets et des catalogues aux Ministères concernés avec (5) cinq années de projection des coûts et des affaires. Tous les formulaires concernant les projets ont été fournis aux ministères concernés.

Toujours selon Anne-Mary SICARD, elle a rencontré le représentant technique de la UTE (Unité Technique d'Exécution), une organisation d'exécution qui travaille en collaboration avec le MTPTC (le Ministère des travaux publics). Des dossiers ont été remis à cette entité de l’administration publique.

Actuellement, les ministères du tourisme et du commerce ont demandé à la compagnie de créer une entité haïtienne. Avec l'aide de deux avocats et notaires qui ont été recommandés par le consulat d'Haïti à Massachusetts, le consortium attend encore la publication de sa branche haïtienne MONSOON GLOBAL /HAITI dans le moniteur. La compagnie étant établie à Boston depuis près de 17 ans.

Des populations du Grand Nord, spécialement celle de Fort-Liberté, de Port-Margot, de Milot, de Môle Saint-Nicolas, de l'Ile de Latortue et de Mancenille, attendent avec la MONSOON GLABAL INC le déblocage des dossiers. Car on ne peut pas lancer les études de faisabilité ni investir sans les papiers de l’administration publique d’Haïti. Toutes les collectivités territoriales ont donné de façon écrite leur support aux projets. Les chômeurs sont inquiets car la MONSOON GLOBAL commence à perdre patience.

Le 18 février 2008, la délégation des représentants des investisseurs a eu une réunion à Port-au-prince, avec les députés et les maires de la côte Nord d'Haïti qui pouvaient être présents, afin d'attirer leur attention sur les temps perdus et la perte de patience qui pourrait en résoudre. La fin de l'année 2008 serait la date fatidique... Le Vice Président de la Chambre des Députés, le Député Doréus Euloune de Môle Saint-Nicolas, avait présidé la rencontre qualifiée de positive par Anne-Mary SYCARD. Les parlementaires et les autorités locales promettent de supporter la réalisation des projets de MONSOON GLOBAL INC. Des projets de développement intégré, car faute d’infrastructures d'accueil, les interventions s'étendront à toute la zone constituant l'environnement immédiat des sites construits.

Concrètement, si les autorités haïtiennes coopèrent en ce sens, le Consortium MONSOON GLOBAL INC et ses partenaires asiatiques sont capables d'exécuter avec leur propre investissement:

1-Une zone touristique à Port-Margot (Chouchou Bay)

2-Une zone franche internationale à la baie de Mancenille

3-Une zone touristique à Milot

4-Une zone touristique dans la Baie de Fort-Liberté

5-Une zone touristique à L'Ile de Latortue

6-Une zone touristique à Môle Saint-Nicolas.

La fin des études de faisabilité déterminera le coût estimatif précis pour chaque projet. Toutefois, le consortium et ses partenaires chinois sont prêts à investir entre 60 à 200 millions de dollars par zone. Les projets sont construits conformément au plan de développement national du Ministère du Tourisme. Le port de croisière et le port maritime qui desserviront les investissements dans le département du Nord-est seront construits dans la baie de Mancenille afin de protéger l'écologie de la zone de Fort-Liberté.

Pour l'aéroport du Cap-Haïtien, la MONSOON GLOBAL INC est prête à investir plusieurs millions pour son développement. Il est impossible d'attirer des investisseurs dans la zone, s'il n'y a pas un aéroport international de Standard FAA (Fédéral Aviation Administration). Les représentants de la MONSOON GLOBAL INC & PARTENAIRES CHINOIS ont rencontré en deux fois le Directeur de l'Aéroport du Cap-Haïtien. Le Vice Président d'une compagnie de l'un des partenaires asiatiques avait pris part à la réunion dont les résultats ont été jugés encourageants. Madame Anne-May SYCARD se dit capable de trouver avec les partenaires chinois, les fonds nécessaires pour la construction de l'Aéroport du Cap-Haïtien, suivant les standards de la FAA. Même quand elle partage le point de vue du Ministre Frantz Vérella qui pense qu'un grand aéroport à Madras (près de Trou du Nord dans le Nord-Est) serait préférable parce que ''l'aéroport du Cap-Haïtien est entouré de bidonvilles et dans un trou de boue'', Anne Mary SYCARD pense que déjà il nous faut un aéroport, pour lancer le tourisme et d'autres activités économiques. Il faut un aéroport de standard FAA dans le Nord. On peut aménager celui qui est là tout en travaillant sur le projet de Madras. MONSOON GLOBAL INC & SES PARTENAIRES n'ont pas de problème. Déjà, l'accord sur les investissements à Labadie nécessite un aéroport, même moyen. C'est une impérative pour le développement de la côte Nord d’ Haïti.

Madame Anne-Mary nous conseille de voir grand : Ne croyez pas que nos intentions sont trop grandes pour un pays comme Haïti. Nous pouvons tenir nos promesses. Nous avons travaillé aux Iles Turck, Bahia (Brésil), Inde, Chine. Nous avons 3 projets au Brésil, 2 zones touristiques en Inde, nous avons construit un high-way et une usine électrique en Chine. La compagnie minière CVRD du Brésil est l'un de nos partenaires. Nous avons construit un port d'une longueur de la distance Port de paix et Ile de La Tortue. Nous avons construit des téléphériques, voies ferrées... Voyez grand ! Ce que nous vous proposons est faisable. Nous avons les technologies asiatique et américaines plus les moyens financiers nécessaires pour réaliser ces petits projets.

Il est possible de consulter le site de MONSOON GLOBAL INC sur le : www.monsooninc.com et/ou de contacter Anne-Mary SYCARD sur le : monsoonintl8@aol.com

Sur le dossier, nous avions interviewé le Ministre Frantz Vérella. Il nous a dit que la seule chose qu'il a de MONSOON GLOBAL INC sont des demandes de terres: la compagnie n'a pas encore démontré son expertise par rapport à ses prétentions.

Pour Anne-Mary SYCARD, le Ministre Vérella a raison. Les dossiers qui ont été déposés durant la transition n'ont pas été trouvés. Ce qui constitue un retard considérable puisqu'elle doit recommencer tout le processus. Mais pour le Ministère du Tourisme et celui du commerce c’est différent. Tout a été déposé : Licence des partenaires, copies de contrats actuels avec des gouvernements asiatiques et africains... Elle souhaite que les retards seront comblés et que finalement le Consortium pourra commencer avec les études de faisabilité.

Au nom de la population du Nord nous suivons ce dossier avec intérêts. Car la misère qui secoue le pays ne pourra pas être atténuée sans des investissements de ce genre. L’annonce de la signature d’un accord entre le gouvernement haïtien et la Royal Caribbean pour le développement du site touristique de Labadie (Cap-Haïtien) est encourageante. Elle fait renaître LESPWA (l’espoir). Paradoxalement, LE NOUVEAU QUISQUEYA, un projet intéressant pour le démarrage du Nord-Ouest est bloqué par ce même gouvernement. Nous souhaitons que derrière les difficultés que rencontre la MONSOON GLOBAL INC & SES PARTENAIRES ASIATIQUES, pour investir sur la côte Nord d’Haïti, il n’y ait aucune mafia, aucune rivalité sino-taiwanaise, aucune lutte cynique d’intérêts, encore moins une conspiration sudiste contre le Nord. Sinon, on devrait s’attendre à une nouvelle prise de la Bastille que constitue la bureaucratie port-au-princienne, par nous, les ‘‘ruraux’’ du Nord.

Cyrus Sibert
Cap-Haïtien, Haïti
26 février 2008.

1 commentaire:

Tony Saint Festin a dit…

La republique de Port-au-Prince attend le pot-de-vin avant de penser a`
un tel projet.Sino-bresilien
doit interpeller Baron Samedi.
Ce dernier est a` Port-au-Prince dans son ministe`re."Mai^tre attendu que".