dimanche 24 juillet 2016

#Haiti - Lettre de Daniel Supplice à François Guillaume pour parler de sa bibliothèque et de son français!

#Haiti - Lettre de Daniel Supplice à François Guillaume : Ô français! Cette langue qui cache la malveillance des élites haïtiennes.— On n’a jamais vu avant Monsieur Supplice, un Ambassadeur, blâmer son gouvernement dans un dossier qui l’oppose au pays hôte.-
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Depuis le 6 février 2016, la société haïtienne est en lutte avec une phrase française qui sème confusion et division : « Le mandat du Président provisoire est de 120 jours maximum à partir de la date de son installation. Le cas échéant l’Assemblée Nationale prendra les dispositions qui s’imposent ». Une phrase simple dont les intellectuels se servent pour garder le pouvoir illégalement. [ Lisez : http://reseaucitadelle.blogspot.com/2016/06/haiti-accord-7-fevrier-le-francophone.html ]
Ce week-end du 22 juillet, réagissant à une lettre de François Guillaume II, ex-ministre des haïtiens vivants à l’Etranger, le Professeur Daniel Supplice, lui aussi ex-Ministre des Haïtiens vivants à l’Etranger, a publié dans le Journal LeNouvelliste, un texte dont le but est de mettre en évidence sa “Bibliothèque personnelle”, ses “archives personnelles” et surtout son “français”.
Ô français! Cette langue qui symbolise l’exclusion, la ségrégation, la manipulation et la confusion en Haiti.
Pourtant, les deux hommes s’entendent sur le point essentiel du désaccord: “le Premier ministre Lamothe n’avait pas entravé le processus de négociation avec la République dominicaine en rapatriant le dossier de la question d'expulsion des Dominicains d'origine haïtienne.”
Honnêtement, Daniel Supplice assume ses reproches à l’encontre de Laurent Lamothe et du Ministre Francois Guillaume en ces termes :
“ le PM et toi, à l'époque ministre du MAHVE vous auriez dû vous référer aux archives du ministère et aux correspondances du mois de janvier 2012 écrites par moi et adressées à la Primature mentionnant que le gouvernement dominicain en la personne du chancelier Carlos Morales Troncoso avait déjà accepté la Carte d'identification nationale (CIN) pour l'identification des Haïtiens. La question est et reste : pourquoi le gouvernement Lamothe a-t-il proposé de donner trois documents à savoir : la CIN, l'acte de naissance et un passeport pendant que les bureaux centraux n'arrivent pas à fournir ces pièces dans un délai raisonnable ici à Port-au-Prince ?” -Fin de citation-
Le professeur Supplice ne réalise pas que la CIN est le document d’identité le plus difficile à obtenir en Haiti et cela même quand on a de quoi payer. Généralement, l’Etat haitien ne parle de CIN qu’en période électorale. De plus, François Guillaume avait signalé l’absence de suivi du dossier après le départ du gouvernement Lamothe.
Si on n’était pas en Haiti — si on était dans ces pays où la langue est un moyen de communication mais non une fin, les échanges entre les deux hommes auraient pu s’arrêter là. Mais, il faut que l’ex-ministre des haïtiens vivants à l’étrangers on y ajoute des phrases hors contexte et avilissantes pour le poste qu’il occupait — toujours dans ce complexe du “français-être”
A François Guillaume, Daniel Supplice écrit:
“ ..ton trop long séjour aux Etats-Unis t'a fait perdre le sens des mots, phrases et expressions français”
“ Cela fait quarante ans (40) que je travaille sur le problème migratoire haïtien et sur le volet dominicain en particulier. Mes mémoires universitaires, articles, livres, rapports de consultations locales et internationales, conférences attestent de ma maîtrise de ce dossier.”
Ne parlons pas des attaques et allégations qui diminuent celui qui cherche à trainer son successeur à la tête du MHVE dans la boue. Un véritable règlement de compte.
Le Professeur Daniel Supplice peut expliquer ce qu’il veut, mais il est un fait que les auditeurs qui l’écoutaient ce matin au micro de Madame Marie-Lucie Bonhomme Opont partagent les observations de monsieur Francois Guillaume. Il est clair que son intervention visait à blâmer le Premier Ministre Laurent Lamothe et son équipe. Du moins, il l’insinuait.
Aussi, se demande t-on à quoi servent les 40 années de recherche et d’expertise du Professeur Supplice, si l’on considère ses commentaires critiques à l’endroit d’Haiti au moment même que le pays engageait un combat diplomatique avec la République voisine. Ne se rend-il pas compte que ses déclarations dans la presse, même quand elles seraient fondées, ont servi à justifier la politique migratoire — souvent discriminatoire ou raciste — de la République Dominicaine contre les ressortissants haïtiens et surtout contre les dominicains d’origine haïtienne? On n’a jamais vu avant Monsieur Supplice, un Ambassadeur, blâmer son gouvernement dans un dossier qui l’oppose au pays hôte.
“Le linge sale se lave en famille!” dit-on. Plus d’un inscrit l’initiative de Daniel Supplice dans une logique de succès personnel, l’égoïsme. Ses camarades duvalieristes ou Jean-Claudistes se disent habitués à ce genre de manoeuvre de Monsieur Supplice qui n’avait pas attendu le 3e chant du coq pour se distancer de Jean-Claude Duvalier, son bienfaiteur.
On se demande, si le Professeur Supplice dispose dans ses archives personnelles, des copies de contrats entre son ami-protecteur Jean-Claude Duvalier et le Président Dominicain Joachim Balaguer sur les ventes de paysans haïtiens dans les batayes, les fameux braceros.
La langue française ne doit pas servir à paralyser les débats, ni à intimider la diaspora et le peuple. Elle ne doit pas nous empêcher de poser les bonnes questions, d’aller droit au but, comme ceux qui ont séjourné très longtemps aux Etats-Unis, un pays où l’on évalue les gens à partir des résultats.
Cyrus Sibert, Cap-Haitien, Haiti
24 juillet 2016
reseaucitadelle@yahoo.fr @reseaucitadelle
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