jeudi 21 juillet 2016

#Haiti : Privert, son passage en force vers l’exil et la table-rase!

Les dernières positions des Etats-Unis face à Haiti débordent le cadre diplomatique. Le traitement infligé à Jocelerme Privert par la communauté internationale indique clairement une hostilité ouverte. Du retrait des observateurs de l’Union Européenne, à la récente demande de remboursement de fonds alloués par les Etats-Unis pour des élections, en passant par les incidents successifs entourant le voyage du Président Provisoire à New York, son absence sur la scène internationale et l’accueil peu agréable de Léopold Berlanger à la résidence de l’Ambassadeur Américain à Port-au-Prince le 4 juillet dernier, il y a assez de faits prouvant une confrontation ouverte et annonçant des jours difficiles en Haiti.
Pour des raisons non-révélées, les Etats-Unis s’opposent catégoriquement au projet Lavalas de reprendre le pouvoir par la force au moyen de méthodes antidémocratiques. Le grand voisin semble disposer de renseignements que les vulgaires parlementaires corrompus, les hauts gradés ignorants de la Police Nationale d’Haiti (PNH), les politiciens traditionnels limités et les cadres hébétés de l’administration publique n’arrivent pas à percer.
La décision du Président Obama d’endosser Madame Hilary Clinton, sous-entend que le Clan Clinton exerce plus d’influence sur la gestion de plusieurs dossiers dont celui d’Haiti. La stratégie politique de Jean Bertrand Aristide de chantage consistant à se venger des Clinton en utilisant des dossiers liés à leur engagement en Haiti ne restera pas sans conséquences. On doit se souvenir de ce texte d’accusation contre la famille Clinton publié par l’organe LAVALAS, le site web TOUT-HAITI et qui a été repris par le journal New-yorkais Wall Street.
Il y a aussi la position du Secrétaire d’Etat Hilary Clinton contre le projet CONTINUITÉ de Préval en 2010 par un coup d’Etat électoral. La crise post-électorale de 2015 atteint une dimension internationale.
Nous pensons que Jocelerme Privert, ses conseillers et ses flatteurs - comme ceux des droits humains, se retrouvent dans l’oeil d’un cyclone qu’ils ne maitrisent pas. Ces incrédules n’arrivent même pas à saisir qu’en début de l’année en cours, l’Ambassadeur Kenneth Merten avait annoncé une série de rencontres au Canada, en Europe et au Brésil, sur le dossier d’Haiti. Des démarches qui rappellent l’Initiative d’Ottawa de Denis Paradis révélée dans l’article du journaliste canadien Michel Vastel qui avait annoncé en 2003, la mise sous tutelle d’Haiti — Avant la création même de la MINUSTAH.
En effet, à la fin de l’année 2003, le Journaliste Français/Québécois Michel Vastel publia dans le Journal Actualité un article prophétique titré “Haïti sous tutelle de l'ONU ?” que nous reproduisons intégralement au bas de ce texte — pour les amnésiques.
En conclusion, nous pensons que la Communauté internationale n’est pas prête à accepter ce retour en force d’Aristide/Lavalas au moyen d’un coup d’Etat au pouvoir. Tous ceux qui sont engagés dans ce projet connaitront un avenir tourmenté et désastreux. Ils connaitront le sort des militaires putschistes du Général Cédras et de leurs supporteurs de la classe politique, de l’administration publique et du secteur privé.
Nous sommes partis pour de bon vers des jours difficiles. Le caractère ouvert de la confrontation entre la communauté internationale menée par les Etats-Unis et l’équipe Privert annonce des jours extrêmement difficiles. Si le Président De Facto s’expose à l’exil, ses collabos risquent des sanctions ciblées, mise ne quarantaine et le parlement corrompu donc croupion à la table-rase…. Le sort des putschistes de 1991 peut nous servir d’aide-mémoire.
Cyrus Sibert, Cap-Haitien, Haiti, 21 juillet 2016
reseaucitadelle@yahoo.fr @reseaucitadelle
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Haïti mise en tutelle par l’ONU ?
Il faut renverser Aristide. Et ce n’est pas l’opposition haïtienne qui le réclame, mais une coalition de pays rassemblée à l’initiative du Canada !
15 mar. 2003 par Michel Vastel
La dernière fin de semaine de janvier, une rencontre secrète s’est tenue à Ottawa et sur les bords du lac Meech, dans le parc de la Gatineau. Le secrétaire d’État du Canada pour l’Amérique latine, l’Afrique et la Francophonie, Denis Paradis, a invité des représentants de l’Organisation des États américains (OEA), de la Commission économique européenne (CEE) et de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie à « brasser des idées » sur le drame haïtien. La France avait délégué son ministre de la Coopération, Pierre-André Wiltzer; le Secrétariat d’État américain avait envoyé deux fonctionnaires de haut rang; et le Salvador, sa ministre des Affaires étrangères, Maria Da Silva.
Le groupe réuni par Denis Paradis (et qui porte pour l’instant le nom de code « Initiative d’Ottawa sur Haïti ») n’est pas prêt à attendre les élections de 2005 pour que le régime change. En fait, la communauté internationale souhaiterait régler cette question avant le 1er janvier 2004 et le bicentenaire de la plus ancienne république des Antilles.
« Je ne veux pas finir comme Roméo Dallaire », a dit le ministre Paradis à ses invités. Les événements de 1994 au Rwanda ont en effet exposé au grand jour les horreurs auxquelles peut conduire l’inaction de la communauté internationale: les Casques bleus de l’ONU, placés sous le commandement du général canadien Dallaire, assistèrent, impuissants, au massacre de 500 000 à un million de personnes.
En Haïti, ce sont 8,2 millions de francophones (plus que la population du Québec) qui vivent dans un état de pauvreté « écoeurante », a constaté Denis Paradis au cours d’un premier voyage, en 2000, à l’époque où il était secrétaire parlementaire du ministre des Affaires étrangères, John Manley. « Si les Canadiens traitaient leurs animaux comme les autorités haïtiennes traitent les citoyens, dit-il, on les mettrait en prison. »
Un taux de chômage officiel de 60% et un produit intérieur brut par habitant de 469 dollars par année, une espérance de vie de moins de 50 ans pour les hommes et de 54 ans pour les femmes: Haïti se classe, selon l’Indice de développement humain des Nations unies, 150e sur les 173 pays recensés. L’anarchie est telle qu’au moins un milliard de dollars en aide internationale sont retenus par les bailleurs de fonds, qui craignent que les sommes ne soient utilisées à d’autres fins.
La misère des Haïtiens, qui échoue à l’occasion sur les côtes de la Floride et des îles françaises de la Guadeloupe et de la Martinique, reste le secret le mieux gardé de la planète. L’île est loin du siège social de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, à Paris. La France est trop préoccupée par ce qui se passe en Côte d’Ivoire. Les pays membres de l’OEA sont divisés sur la façon d’intervenir en Haïti, qui serait aussi une importante plaque tournante du trafic de la drogue. Et les États-Unis, obsédés par leur sécurité intérieure, ne s’intéressent guère à cette république de 27 797 km2 – plus petite que la Belgique -, sans pétrole, sans intérêt stratégique, où l’on parle français de surcroît.
Le Canada s’est toujours senti une responsabilité particulière envers ce petit pays francophone des Antilles, d’autant qu’on estime à 120 000 le nombre d’Haïtiens qui vivent au Québec – le président Aristide a lui-même étudié à la faculté de théologie de l’Université de Montréal. Le gouvernement Mulroney appuyait le retour au pouvoir de Jean-Bertrand Aristide, qui avait été destitué et condamné à l’exil après un coup d’État, en septembre 1991. Mais les élections de novembre 2000 ont créé une impasse entre le Lafanmi Lavalas – le parti du président – et l’Organisation du peuple en lutte, qui contrôle le Parlement. Depuis, c’est un véritable régime de terreur qui s’est installé.
La communauté internationale entend, selon un nouveau principe des Nations unies, se prévaloir de sa « responsabilité de protéger ». Ce principe a été établi en décembre 2001 par la Commission internationale de l’intervention et de la souveraineté des États, créée par le Canada en septembre 2000, à la suite d’un appel du secrétaire général des Nations unies. La responsabilité de protéger est ainsi définie: « Quand une population souffre gravement des conséquences d’une guerre civile, d’une insurrection, de la répression exercée par l’État ou de l’échec de ses politiques, et que l’État en question n’est pas disposé ou apte à mettre un terme à ces souffrances ou à les éviter, la responsabilité internationale de protéger prend le pas sur le principe de non-intervention. »
C’était la première fois que la Communauté économique européenne et l’Agence intergouvernementale de la Francophonie participaient à une réunion avec l’Organisation des États américains. Aucune décision n’était à l’ordre du jour, mais dans les milieux diplomatiques français, on indique qu’on a beaucoup parlé d’une sorte de « mise en tutelle », comme au Kosovo.
Pour Denis Paradis, qui, avec la complicité de Jean Chrétien, en avait fait une croisade personnelle au retour de son voyage, en 2000, c’est l’aboutissement de plus de deux ans de campagne de sensibilisation dans une vingtaine de capitales. Accompagnant le premier ministre en Afrique l’an dernier, il avait d’ailleurs sensibilisé tous les chefs de gouvernement qu’il avait rencontrés. « En Afrique, j’ai vu la pauvreté dans la dignité, raconte Denis Paradis. En Haïti, il n’y a même plus de dignité! »
Le groupe « Initiative d’Ottawa sur Haïti » se réunira de nouveau à la mi-avril, au Salvador. Il se propose d’y rédiger un projet de résolution qui sera déposé aux Nations unies. On y parlera sûrement de respect des droits de la personne et de rétablissement de l’État de droit. Même si les Nations unies ne souhaitent pas que ce genre d’intervention conduise à une occupation militaire, celle-ci pourrait être inévitable jusqu’à ce que des élections aient été organisées. La communauté internationale devra ensuite, comme à la fin des années 1990, surveiller la mise en place d’une police et d’une armée démocratiques.
Les besoins sont énormes: la population, dont 80% vit sous le seuil de pauvreté, n’a généralement pas accès à l’eau ni à l’électricité. Et le temps presse, car on estime que le nombre d’habitants en Haïti pourrait atteindre 20 millions en 2019. Vingt millions de francophones, dans un état de misère abjecte, aux portes des Amériques. « C’est une bombe à retardement, qu’il faut désamorcer tout de suite », plaide Denis Paradis.
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