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lundi 16 septembre 2019

Jovenel Moïse doit choisir entre le peuple ou ses amis contrebandiers.- Texte circulant sur WhatsApp.-

[ Ce texte sur la "contrebande d’État" devrait normalement provoquer une enquête internationale sur #Haiti. Car, si ces allégations sont vérifiées, il s’agit d’un cas de génocide économique contre 11 millions de personnes, de corruption et de blanchiment d’argent. L’extra-territorialité de certaines lois et l’universalité de certaines conventions seraient applicables.  Comme nous l’avons toujours dit, la solution aux problèmes d’Haiti passe par la capacité de l’État à collecter des taxes, appliquer la loi envers et contre tous, à partir du monopole de la force. Au-delà des amitiés, si ces allégations sont confirmées, cette situation est inacceptable! #LeReCit ]


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Jovenel Moïse doit choisir entre le peuple ou ses amis contrebandiers.-

Par : Milien Anglade
Ancien inspecteur de l'AGD

Par refus de me laisser corrompre, j'ai été démis de mes fonctions d'inspecteur général adjoint de l'AGD en 2017. Après 42 ans de carrière dans la fonction publique (AGD), on m'a viré pour avoir refusé de trahir ce serment que j'avais prêté en intégrant l'Administration Générale des Douanes en mai 1975.

Devant cette situation où notre pays est dans l'agonie, je décide d'aider mes concitoyens à comprendre ce qui est arrivé au pays en particulier cette hémorragie dans notre système douanier. Par cette modeste contribution, vous allez comprendre comment le pays est pris en otage par des bourgeois qui sont de mèche avec nos autorités. Vous allez comprendre que le pays n'aurait ni besoin de quemander 150 millions de dollars chez Taïwan, ni se faire humilier par le FMI pour 230 millions de dollars ni même besoin d'envisager d'augmenter le prix de l'essence au détriment des classes les plus démunies.

Si les décisions ayant brisé les reins des douanes du pays ont commencé depuis 1988, cette hémorragie qui est entrain de nous engloutir a débuté en 2011, à l'arrivée de Michel Martelly qui a commis l'erreur de livrer la douane à une frange de la bourgeoisie constituée de rapaces sans foi ni loi. Avec Martelly, un nouveau roi a pris le contrôle de nos ports en la personne du puissant Reynold Deeb. Ce dernier a succédé aux familles Vorbe, Rayes (Carribean Super Market), etc déchues après la présidence de René Préval.

Sous Préval, il y avait toujours eu les désordres des Vorbe, Rayes, Anthony Beneth, et co, cependant le tandem Reynold Deeb, Bigio et co bat tous les records en matière de désordres et de contrebande à partir de 2011. Vorbe, Rayes et co faisaient une contrebande personnelle, et moins organisée, c'est-à-dire, ils se contentaient de faire passer leurs marchandises. Mais ils ne s'arogeaient pas le droit de choisir les directeurs et et d'exiger à ces derniers de leur apporter des rapports.

Reynold Deeb et Bigio agissent d'une toute autre façon : ils font de la douane leur propriété privée, ils font entrer leurs produits en déclarant une infime partie et ils vendent aussi des privilèges ainsi que des franchises. C'est Reynold Deeb qui choisit les directeurs généraux et même certains directeurs techniques depuis 2012. Et il se fait apporter des rapports sur tout ce qui se trame dans la douane à son propre bureau.

Sous le contrôle de Reynold Deeb, chaque annexe de l'ADG est attribué à un cacique. Prenons le cas de nos frontières avec la République Dominicaine. Parmi les 4 points de passage officiels, chacun est commandé par un soldat de Deeb. Malpasse / Jimani est sous la surveillance de Gary Bodeau; Ouanaminthe / Dajabon est sous controle du sénateur Wanick Pierre; Belladère / Comendador est géré par les sénateurs Rony Celestin et Wilot Joseph; et en dernier lieu, Anse-à-Pitres / Pedernales est sous la responsabilité de Steeve Kawly.

Ce réseau de contrebande dirigé par Reynold Deeb est responsable d'une perte, d'un manque à gagner de 400 millions de dollars à l'État haïtien annuellement. Uniquement sur les frontières. Ils ne facturent pas leurs produits et ils volent les maigres recettes récoltées. Et une partie des recettes volées va directement chez Martelly, d'ailleurs dans la douane de l'aéroport Toussaint Louverture et celle du Cap-Haïtien Sophia Martelly place des émissaires avec la mission de lui apporter de l'argent chaque weekend.

En ce qui concerne les ports, notamment celui de Port-au-Prince, ils sont sous surveillance stricte de Reynold Deeb. Il a accès à tous les dossiers, il a droit même à une copie des enregistrements des caméras de surveillance et de la liste des visiteurs.

Selon des estimations de la Banque mondiale, citées par l'économiste Fritz Alphonse Jean, la contrebande et autres désordres dans les douanes des ports de Port-au-Prince, de St-Marc, de Miragôane et du Cap-Haïtien représentent un manque à gagner de plus de 500 millions de dollars annuellement.

C'est-à-dire par an, l'État haïtien perd près d'un milliard de dollars dans la contrebande et autres désordres dans nos douanes et ports. 400 millions sur les frontières avec la République Dominicaine et plus de 500 millions dans nos ports.

Le pays est séparé entre des mercenaires politiques et économiques. Chaque port a un baron. Même la douane la douane de l'aéroport de Toussaint Louverture est concernée, elle est contrôlée par Michel Martelly, Reynold Deeb, Ronald Décembre et Gary Bodeau.

Ronald Décembre est une pièce importante dans cette cellule de contrebande et corruption pilotée par Deeb. Décembre est le comptable du réseau, c'est lui qui fait les calculs et décide combien on envoie dans les caisses de l'État.

Le président Jovenel Moïse se montre anti-peuple en choisissant de couper la subvention du gaz au lieu d'aller chercher ces millions gaspillés dans la contrebande organisée par ses amis et alliés Reynold Deeb, Michel Martelly, Gary Bodeau, Rony Celestin et co.

Il faut souligner que le président Jovenel Moïse a une redevance et dépendance à Reynold Deeb qui avait mobilisé ses frères du secteur privé pour financer la campagne du candidat de PHTK à coup de millions et de conteneurs de produits divers.

Il prévilégie son amitié aux bourgeois et se moque de ses administrés.

Couper ou continuer la subvention des produits prétroliers n'est pas un dilemme. Le président ne fait que choisir son camp, il choisit de rendre la vie de son peuple plus dure au lieu de nuire aux business de ses patrons du secteur privé.

S'il veut aider le peuple, il n'a qu'à mettre de l'ordre dans nos douanes et ports. S'il veut aider le peuple, il n'a qu'à dire à Deeb, Bodeau, Celestin, etc qu'il est temps de laisser l'État faire son travail. S'il veut aider le pays, il n'a qu'à dire à Martelly de cesser de réclamer de l'argent à Reynold Deeb mensuellement car cet argent que Deeb donne à Martelly vient de nos douanes et de la contrebande.

La solution que cherche le président est dans la gestion de nos douanes. Il trouvera assez d'argent pour subventionner l'essence et même lancer d'autres projets.

C'est à lui d'agir ou au peuple de le faire à sa place. L'un ou l'autre. Jovenel Moïse doit choisir entre finir son mandat ou avoir le courage de dire la vérité à Deeb et Martelly.

Martelly et Deeb détournent tellement d'argent, creusent tellement les caisses de l'AGD et de l'AAN que certains vont jusqu'à penser que c'est un complot contre Jovenel car au final c'est Jovenel qui aura à rendre compte. S'il ne les dénonce pas c'est qu'il est complice. Et le peuple doit agir avec la dernière rigueur.

Milien Anglade
Ancien inspecteur de l’AGD

Lisez notre analyse : 

Haiti, Que faire? Comment sortir du gouffre? #LeReCit

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