dimanche 13 septembre 2009

Excellente interview de Michel Soukar.


Thèmes de l'Emission de la semaine
Orlando le 11 septembre, 2009

Actualités Politiques : Grandes Lignes

Bonsoir chers auditeurs. Vous écoutez sur les ondes de Radio Classique Inter, l'émission Actualités Politiques, Grandes lignes, animée par Robert Bénodin.

Nous avons avec nous, sur les ondes de Radio Classique inter, L'historien Michel Soukar, opinant sur les propositions d'amendement.

Michel Soukar, nous vous souhaitons la bienvenue sur les ondes de Radio Classique Inter.

Nous allons faire notre intervention pour permettre à tout le monde de comprendre exactement le nouveau système que monsieur le président Préval et ses conseillers veulent établir dans le pays. On se rappelle tous que le président a toujours dit que la Constitution de 1987=2 0doit être amendée. C'est à cette fin qu'il a formé une commission dirigée par Claude Moise, Cary Hector etc. La raison qu'il a présentée est que la Constitution de 1987 a instauré un régime politique déséquilibré. On a d'une part un parlement tout puissant et d'autre part un président élu qui n'a aucun levier politique qui lui permet d'intervenir, soit pour corriger, soit pour réactiver. Pour corriger ce déséquilibre la commission présidentielle a formulé des propositions d'amendement.

Quels sont les problèmes fondamentaux que nous avons avec ces propositions d'amendement ?

Il est clair que la Constitution de 1987 a besoin certainement d'être amendée. Il est vrai que le parlement a beaucoup de pouvoir, et que la présidence en pâtit. Il y a un déséquilibre. Mais la constitution de 1987 a aussi un projet démocratique. Mais la commission au lieu de sortir du déséq uilibre, elle est passée d'un extrême à l'autre. Elle a pratiquement permis au président de faire main-basse sur tout le pays.

On va voir comment ils l'ont fait. Et à partir de ce moment là le projet démocratique de la Constitution de 1987 tombe. Il faut bien lire ce projet d'amendement. Il faut l'approcher comme quelque chose qu'il faut déchiffrer. Après avoir rassemblé les pièces éparses de ce jeu de patience, on se rend compte que le projet de la commission est d'établir un régime présidentiel très fort. Il ne faut pas avoir peur des mots, un régime dictatorial !

On peut le voir à partir de la création d'une nouvelle instance le Conseil constitutionnel. Qui est-ce qui le coiffe ? C'est la plus haute autorité de l'Etat en matière constitutionnelle. C'est ce conseil qui a le doit de dire quand une loi est correcte. C'est lui qui garantit les droits des=2 0citoyens et les libertés publiques. C'est lui qui règle le fonctionnement des institutions avec les activités de droit public. Il est composé de 9 membres :
-3 choisis par la présidence.
-3 choisis par le président et le vice-président de l'Assemblée nationale (mais pas l'Assemblée nationale).
-3 choisi par le conseil supérieur du pouvoir judiciaire.

Que peut-on faire comme remarque à propos de ce conseil ? C'est un conseil créé de toute pièce. C'est ce conseil qui contrôle tous les changements que l'on veut faire dans la constitution. C'est un conseil qui vient pour contrôler la vie de l'Etat. Il a un droit de regard sur toutes les avenues du pouvoir et tous les leviers politiques. La façon dont les membres sont choisis, donne la garantie au chef de l'=C 3tat du contrôle total de ce conseil. Un pouvoir incroyable et inacceptable qu'on lui donne, c'est lui qui décide si les règlements internes du Sénat et de la chambre des députés sont acceptables. Un autre pouvoir qu'on lui attribue, en cas d'absence présidentielle, ce n'est plus traditionnellement le président de la Cour de Cassation qui le remplace, mais bien le président du Conseil constitutionnel qui remplace le président de la République. Dans les conflits électoraux, c'est encore ce même conseil qui constitue une voie de recours après la décision du CEP. En cas de contestation pour toutes les élections, c'est ce conseil qui agit en dernier essor. Ceci aurait dû demeurer une attribution de la Cour de Cassation. Ce conseil assume tout. La Constitution de 1987 avait créé 4 pouvoirs, l'Exécutif, le Législatif, le Judiciaire et l'Electoral.

Maintenant considérons la question de la nationalité. La commission vient avec un amendement qui dit ceci :
Possède la Nationalité Haïtienne de naissance, tout individu né d'un père haïtien ou d'une mère haïtienne qui eux-mêmes n'avaient pas répudié leur nationalité au moment de la naissance de l'enfant.
Lorsque c'est de cette façon que le problème est posé, il n'y a pas de solution pour les naturalisés, les sans-papiers aux Bahamas et en République dominicaine. Or c'est l'une des plus importantes revendications qui existent dans la Diaspora haïtienne. On ne dit pas clairement si l'on reconnaît ou ne reconnaît pas la double nationalité. Certes, on a parlé de propositions faites par d'autres. La commission de Préval n'a pas retenu ces propo sitions de façon formelle.

Parlons des hautes fonctions de l'Etat. En cas de vacance présidentielle, c'est le président du Conseil Constitutionnel qui le remplace et pas le président de la Cour de Cassation. Dans la tabulation des voix, la constitution de 1987 veut que les votes blancs soient comptés, maintenant ce sont seulement les votes valides qui sont comptés. Le mandat du président est de 5 ans. Il peut avoir 2 mandats mais pas 3. Toutes les conditions pour devenir président restent les mêmes.

L'amendement de la procédure pour la confirmation du premier ministre est un affront terrible aux prérogatives du parlement. Autre fois c'était les chambres séparément qui confirmaient le premier ministre. Maintenant ce sont les chambres réunies en Assemblé nationale qui vote pour la confirmation. Ceci diminue le pouvoir individuel des chambres dans le processus de confirmation. Il sera très difficile pour qu'un seul parti ait la majorité absolue d ans les 2 chambres. Si l'Exécutif envoie un premier postulant qui ne réussit pas et un deuxième qui a le même sort, le troisième postulant l'Assemblée nationale est obligée de l'accepter sans voter. Et ce premier ministre ne peut pas être interpellé pas avant un an. Ceci permettra à un président de manipuler le parlement en lui envoyant le premier ministre de son choix que comme 3e postulant. Ceci permet aussi à un président de se procurer d'un premier ministre qui lui soit totalement dévoué. Dans le cas de démission du premier ministre, le président peut se choisir un premier ministre parmi les ministres du cabinet. Ceci permet au président de se choisir un premier ministre sans l'aval du parlement. C'est est inacceptable.

Avec les amendements, le Sénat n'approuve plus les directeurs généraux, ni les délégués Départementaux. Ils sont nommés par l'Exécutif sans aucune consultation. Le présidentialisme dans ce cas est renforcé.

Il nous faut comprendre comment l'Exécutif peut circonvenir le Législatif pour échapper à son contrôle. A partir du Conseil constitutionnel il contrôle le parlement. A part ses attributions constitutionnelles la chambre des députés pouvait mettre en accusation le chef de l'état, le premier ministre les ministres etc. par une majorité de 2/3 de ses membres. La chambre des députés est réduite strictement à ces attributions et rien d'autre. Ces amendements réduisent de fait l'autorité du parlement.

Pour un prétexte de coût des élections le mandat de sénateur est modifié. En réalité ce n'est pas la raison. Avec ces amendements le sénateur est élu pour 5 ans et est rééligible. Le Sénat comme la chambre des députés est renouvelé en totalité. Il y aura un temps de l'année où le Sénat n'aura pas de membre. Ce qui permettra au chef de l'état de faire n'importe quoi durant cette période. Il contrôlera tout le pouvoir à ce moment là. Les élections présidentielles et sénatoriales auront lieu en même temps. Un c andidat fort à la présidence aura toutes les chances d'emporter les élections avec un cartel de sénateurs de sont parti. Ceci ne fait que renforcer le pouvoir du président sur le Sénat. Une autre castration du Sénat, quand le mandat des juges en Cassation est terminé, c'était le Sénat qui proposait au chef d'état le nom des juges pour la Cour. Avec ces amendements c'est le chef d'état qui propose des noms de juges pour être approuvés par le Sénat.

Ces amendements donnent le droit au chef d'état de renvoyer les chambres en cas de conflit. Ce renvoi ne peut pas duré plus que 15 jours. On peut se rendre compte de ce que peut faire l'Exécutif durant ces 15 jours. Le président ne peut renvoyer les chambres que deux fois par session. Autrement si le problème continue il envoie le dossier par-devant le conseil constitutionnel qu'il contrôle. Le président n'a pas ce pouvoir sous la Constitution de 1987. Une autre mesure scandaleuse, après deux séances sans quorum, à la troisième séance avec ou sans quorum les parlementaires présents peuvent voter des lois. On peut voir comment l'Exécutif pourra prendre a vantage de cette mesure. Est-ce du présidentialisme ou de la dictature ?

Les juges du tribunal de Cassation sont nommés par le président de la république avec approbation du Sénat. La Constitution de 1987 avait dit comment nommer les juges de première instance et de la cour d'appel à partir du choix de l'Assemblée départementale qui soumet leurs noms. Il en est de même pour le juge de paix au niveau de la commune. Avec ces amendements, c'est le président qui nomme tous des juges. Le président a toutes les possibilités de contrôle sur le pouvoir judiciaire.

Pour le conseil électoral, on lui enlève la responsabilité de la liste électorale. Les neuf membres de CEP sont choisis par le Conseil constitutionnel sur une liste de 18 membres. 6 sont nommés par l'Exécutif. 6 sont nommés par la Cour de cassation qui lui-même est nommée par le chef d'état. 6 sont nommés par l'Assemblée nationale. L=E 2Exécutif a déjà 12 de ceux qui sont cette liste de 18. Alors que sous la Constitution de 1987 chaque Assemblée départementale offre 3 noms, et à partir de cette liste de 30 noms l'Exécutif, le Judiciaire et le Législatif choisissent chacun 3 noms. Avec ces amendements, il est évident que l'Exécutif prend contrôle du Conseil Electoral Permanent.

Pour la décentralisation, les suggestions ne sont pas encore claires à ce point là. Avec ce que nous venons de constater comme concentration des pouvoirs aux mains de l'Exécutif, on peut prévoir que la même tendance va continuer.

La procédure d'amendement donne l'initiative qu'au président de la république. Alors qu'avec la Constitution de 1987, sur la proposition de l'une des deux chambres le Législatif peut déclarer qu'il y a lieu d'amender. Pour que la déclaration puisse se faire il faut qu'elle soit supportée par une majoritC3 de 2/3 dans les 2 chambres. Maintenant, avec ces amendements c'est le président seul qui peut déclarer qu'il y a lieu d'amender. Ceci est très grave. Le président peut aisément amender la constitution pour se donner un nombre indéfini de mandat.

Haïti a une tradition dans son histoire constitutionnelle. On a vu des constitutions extra-libérales qui ont donné trop de pouvoir au parlement et d'autres qui on donné au président un pouvoir dictatorial. René Préval et ses conseillers Cary Hector et Claude Moise n'ont pas échappé à la règle. Ils sont allés à la recherche du maximum de pouvoir. Ils ont taillé une constitution à la mesure de Préval. Il n'y a pas à l'intérieur du pays et même dans la Diaspora des gens qui comprennent le contenu de ces amendements. René Préval a fait le maximum pour qu'en catimini il fasse passer ces amendements sans qu'on ne s'en rende compte. Lundi matin 14 septembre ce parlement qui est contrôlé par Préval, va faire la déclaration d'amendement. Les députés sont à la fin de leur mandat. Ils ont besoin d'argent pour leur campa gne. Autant de raisons pour les rendre plus vulnérables à la corruption. Préval a promis à plusieurs qu'ils vont être réélus, d'autres sont à court d'argent. Il ne faut pas s'attendre à ce que les parlementaires aient des comportements dignes, défendant le projet démocratique du peuple haïtien. C'est aussi le peuple qui a retourné Préval au pouvoir, après 5 ans du premier mandat de Préval où il vous avait dit « nager pou soti ». Après toutes les erreurs du gouvernement de transition, du mauvais comportement de ceux qui ont participé au renversement d'Aristide. En 2006 ce que vous avez vomi, vous l'avez ramassé à au moins 48%. Vous avez récolté, ce que vous avez semé ! Voilà le résultat !

Pour ceux qui sont restés attachés au projet démocratique, c'est une nouvelle lutte qui s'engage. Ces amendements sont pour assurer un pouvoir total à un groupe d'hommes qui veulent maintenir le pays pour des générations. Il nous faut dans les médias de l'intérieur et de la Diaspora faire face à ce projet d'amendement. Le pro jet démocratique de base lancé en 1986 est très en danger.

RB : Pourquoi la commission constitutionnelle recommande-t-elle de supprimer le droit du journaliste de ne pas révéler ses sources sous un régime démocratique, l'article 28.2 de la Constitution de 1987 ?

MS : Comme le projet des conseillers est de saper tout autre pouvoir qui puisse se trouver sur le chemin du chef de l'état. On connaît tous le principe sacro-saint de la Démocratie de Montesquieu. C'est le pouvoir qui contrôle le pouvoir. Ils veulent que le président ait un pouvoir sans contrôle, Il leur faut saper le 4e pouvoir, qui est la Presse.&nb sp;

RB : La double nationalité et le cumul de nationalité sont 2 notions juridiques voisines mais distinctes.
Pouvez-vous élaborer sur ces 2 notions ?
Que doit faire la Diaspora face à ces 2 notions ?

MS : Je ne suis pas un juriste. Ce que j'ai constaté dans leur projet. Voici des hommes qui pendant les 3 ans d'exile d'Aristide, ont bénéficié de l'appui massif de la Diaspora. Et ce qu ils ont promis à la Diaspora, était de permettre la double nationalité. Depuis 1994 jusqu'à nos jours, il n'y a pas un politicien qui vient dans la Diaspora pour ramasser de l'argent qui ne fait pas miroiter cette promesse de la double nationalité. Laquelle promesse que depuis 15 ans, ils n'ont jamais tenu. Dans ce projet d'amendement, à aucun moment ils n'ont pas statué sur la double nationalité. Ils ont noté cependant ce que disent les autres à ce sujet, mais n'ont rien retenu formellement dans le texte.

RB : Selon ce que vous constatez sur la scène politique, pensez-vous que lundi 14 septembre vous aurez la déclaration d'amendement ?

MS : La validation des pouvoirs qui vient d'être fait au Sénat, me montre que l 'on ne peut pas s'attendre à aucun comportement digne de ces parlementaires. Dans la classe politique, il y a ceux qui sont dans le pouvoir. Par compte il y en a d'autre qui ne sont pas dans le gouvernement et qui ont des connaissances en matière de constitution. Jusqu'à présent ils n'ont pas réagi. Je me demande pourquoi ce silence. Il y a des prises de position personnelles. Le travail de formation et d'information pour faire connaître le projet d'amendement et ses intentions n'est pas fait. Ce projet d'amendement a pour but fondamental de détruire la citoyenneté dans ce pays. On ne peut pas avoir de pays sans citoyen. Tout pouvoir autoritaire met la citoyenneté en question. C'est un projet carrément réactionnaire, qui nous fait reculer de 23 ans. On retourne à la période des Duvalier.

RB : Voyez-vous dans le pays le désir d'un changement de régime ? Je vois une série d'escarmouches, des universitaires articulant des revendications sociales etc. Il y a-t-il vraiment une articulation de la frustration et du mécontentement des masses ?

MS : Je vais vous peindre un tableau des plus simples du monde pour expliquer ce qui se passe. Préval utilisant la carte de la corruption, il a donné à tous ceux qui ont été aux élections un job. Les partis politiques qui n'en ont pas bénéficié ne sont pas beaucoup. Ils ne représentent pas une masse critique, une force de frape. Ce sont des personnages politiques qui bénéficient des sympathies politiques qu'ils ne peuvent pas transformer en forces politiques. Ce qui permet à Préval d'être en paix. Il manipule le parlement, la classe politique et le secteur privé. Il exécute les recommandations financières de l'Internationale. Mais il fait sont petit bonhomme de chemin pour mettre en place toute sa machine, pour que son groupe garde le pouvoir. Mais la vie est ainsi. Il faut qu'il accouche inévitablement des contradictions. Il y a des contradictions qui ont éclaté dans le mouvement des étudiants avec des ouvriers. La devinette de cette contestation, avec des allures de revendications sociales, a l'apparence d'une certaine gauche. C'est cett e contestation qui se manifeste chaque jour. C'est elle qui agite les revendications, tel que la cherté de la vie, la maigreur des salaires etc. Ce qui va arriver très vite, à cause de la fin du mandat de Préval, la succession de Préval. C'est ça qui se joue là maintenant. Il y a une contradiction qui va éclater au sein du groupe qui est au pouvoir. Dans ce cadre on entend plusieurs rumeurs quant à la succession. Il y en a qui disent qu'il a plusieurs options. La contradiction, il y a des gens du groupe qui sont déjà candidat. Ces candidats attendent que Préval leur face signe. Ceci peut amener à une situation d'éclatement du groupe au pouvoir. Car ces candidats vont investir fortement pour atteindre leurs objectifs. Voilà comment la situation politique se présente. Pour le présent quart d'heure, c'est ce que je peux donner comme réponse.

RB : Je vous remercie pour votre participation à notre émission.

MS : C'est à moi de remercier et bonne nuit.

vendredi 11 septembre 2009

Comment forcer la MINUSTAH à quitter Haiti?

Par Cyrus Sibert
Radio Souvenir FM, 106.1 : souvenirfm@yahoo.fr
Le Ré.Cit. : www.reseaucitadelle.blogspot.com

Le jeudi 19 juin 2008, suite à la vague de kidnapping qu'a connue la ville du Cap-Haitien, une délégation de haut niveau était en visite dans la ville du Cap-Haitien*. Durant le débat sur la situation et les mesures à adopter tenu au local de Délégation du Nord, nous avions posé les ''vraies'' questions. Nous avions rappelé aux élus dans la salle - Sénateurs, Députés et Maires - qu'ils n'étaient plus en campagne ; Nous n'étions pas venu assister à la rencontre pour écouter de nouvelles promesses, encore moins, nous n'allons pas accepter qu'ils se mettent à critiquer - comme les dirigés - l'état de la situation. Réseau Citadelle avait rejeté d'entrée de jeu la solution démagogique qui consistait à prôner ''la peine de mort''. Les élus doivent présenter le bilan en rapport à leur plan de sécurité. Cette approche nous a valu l'invitation d'un responsable de la MINUSTAH pour une discussion privée et plus élaborée sur la situation haïtienne. Une rencontre privée que nous devions garder confidentielle car il n'était pas le porte parole de la MINUSTAH, son intervention était satirique, sans précaution oratoire.

Une semaine après la visite de la délégation de Haut-niveau composée du DGPNH Comm. Mario Andrésol, du Sénateur Kelly Bastien Président de l'Assemblée Nationale, du Secrétaire D'Etat à la Sécurité Publique Luc Eucher Joseph, du Ministre de la Justice Me René Magloire, des Députés Hugues Célestin et Eddy Jean-Pierre dit Briguel, de l'Inspecteur Général de la PNH Comm. Fritz Jean ..., nous avions reçu un appel nous invitant à la dite rencontre.

Arrivés au Bureau Régional de la MINUSTAH, nous avons rencontré notre interlocuteur. Il a commencé l'interview en ces termes :

Interlocuteur: Bonjour Cyrus. Content de vous rencontrer.

Reseau Citadelle: Sentiments partagés monsieur.

Interlocuteur : Je vous félicite pour votre intervention la semaine dernière. Je pense que vous avez eu le courage de poser la bonne question. Ce n'est pas facile de trouver des journalistes courageux pour dire aux gouvernants : nous n'allons pas tomber dans votre discours démagogique. Il faut toucher le problème sérieusement et proposer des solutions. Si tous les journalistes font comme vous, les gouvernants seront obligés de trouver les ''vraies'' réponses. Ils sauront que leur discours démagogique ou populiste ne passera pas. Ils seront censurés par les médias. Car en fait le problème du kidnapping dans le Nord passe par des solutions techniques. Les politiques doivent avoir une vision de la sécurité, un plan de sécurité. Vous avez bien fait de démasquer leur manipulation qui consistait à prôner le rétablissement de la peine de mort pour résoudre le problème. Le pire est qu'il y avait des applaudissements. Dans une assemblée qui est sensée constituée de l'Elite dirigeante avec des Sénateurs, des députes et des membres de la société civile du Nord, le débat n'était pas de niveau. C'est le cas à chaque réunion regroupant les dirigeants haïtiens, des leaders politiques et des membres de la société civile. On est souvent déçu du sérieux de la rencontre.

Réseau Citadelle : Mais vous avez pu constater qu'en fin de meeting, des voix s'élevaient contre la MINUSTAH. On exigeait le départ de la mission de l'ONU. Qu'en pensez-vous ?

Interlocuteur : C'est là tout le problème. Nous rendons service à la population haïtienne. Nous supportons les élus dans leur travail. Pour la réunion, ils sont venus avec nous à bord d'un hélicoptère des Nations Unies. Nous supportons les projets d'Haïti devant les bailleurs de fonds, nous défendons les frontières, nous renforçons la PNH, nous constituons une force de stabilisation qui favorise le jeu politique avec des cadres civiles et militaires. Alors, quand on n'a rien à dire, on jette la responsabilité sur la MINUSTAH. C'est de la pure démagogie !

Cyrus, nous savons que la mission de l'ONU en Haïti, ne peut être à durée illimitée. Une mission a un début et une fin. Il y a beaucoup de demandes de la présence de l'ONU à travers le monde. Des pays plus importants économiquement, stratégiquement, géographiquement comme le Darfour et la Somalie ont besoin de mission de l'ONU. Les contributions de l'organisation en ressources humaines, matérielles et financières ne sont pas illimitées. Nous espérons quitter Haïti. Ce sera une réalité l'un de ces jours. Mais, en tant que journaliste, observateur de la situation sociopolitique du pays, qu'est ce qui ce fait pour favoriser ce départ ? Rien ! On n'a pas besoin de réclamer notre départ. Répondez plutôt à cette question : qu'est ce qui se fait pour rendre notre présence inutile ?

A chaque fois que je prends part à des rencontres comme celle qu'on a eue la semaine dernière, je deviens plus pessimiste. En rentrant à mon bureau, je me suis dit : Mon Dieu nous n'allons pas réussir cette mission.
L'obsession de tout missionnaire est de réussir sa mission. En Haïti, vous n'avez pas l'impression qu'une société civile est en train de redéfinir des paradigmes, des valeurs, des principes et se préparer à prendre les choses en main. Votre société civile dépend de l'Etat. Finalement, elle devient complice de cet Etat corrompu, irresponsable et en faillite. En conséquence, ça n'avance pas. La communauté internationale et le peuple haïtien se retrouvent prises aux pièges d'un cercle fermé : Etat –société civile- Etat, tous les deux corrompus, irresponsables, démagogues et incapables d'assurer la relève.

Nous voulons bien quitter Haïti ! Mais le Conseil de Sécurité n'est pas irresponsable. Il ne pourra pas retirer ses forces et abandonner Haïti – membre fondateur de l'ONU - au chaos renforçant le caractère déstabilisateur de cet Etat pour la région. Ceux qui veulent vraiment le départ de la MINUSTAH doivent travailler en ce sens. Cela ne doit pas être un slogan au service des dirigeants incapables de rendre des comptes, ni de faux leaders à la recherche d'une réputation ''nationaliste''.

Toute la solution passe par la société civile. Il n'y a rien de sérieux pour le moment. Il y avait dans mon pays des troupes étrangères après la 2e Guerre Mondiale. Je sais de quoi je parle.

Réseau Citadelle : L'Armée haïtienne pouvait faire le travail mieux que vous.

Interlocuteur : Franchement Cyrus, je lis vos textes sur le web. Je sais que vous êtes un défenseur des militaires haïtiens. Mais franchement évaluons la situation : les composantes de l'armée sont trop politisées. Les soldats sont très âgés. Une remobilisation entrainerait des cas de vengeances – des cas de violation des droits humains. Ils ne seront plus motivés par la défense du territoire. Ils chercheront plutôt à rattraper le temps perdu. Une situation qui compliquerait la situation fragile que nous essayons de stabiliser. Une force militaire doit être guidée par une vision nationale. Vous n'avez pas cette vision. Il faudrait une doctrine militaire capable de définir clairement : une armée pour quoi faire et comment l'utiliser. Toutes ces questions sont la tache de la société civile dans le sens le plus large du terme. Nous reconnaissons que la démobilisation de toute l'institution militaire en 1994 a été une erreur. Il faut travailler sur le dossier en termes d'engagement de l'Etat envers ses anciens fonctionnaires. Mais, il faut voir l'avenir. C'est sûr qu'un jour nous aurions à travailler là-dessus. Mais les haïtiens doivent avoir une proposition, une idée claire de ce qu'ils veulent. C'est le travail d'une société civile forte. Toutes les grandes démocraties sont construites sur cette base solide. En attendant renforçons la police, construisons une culture de ''force publique apolitique sous les ordres des autorités civiles''.

Les gens qui exigent de façon irresponsable le départ de la MINUSTAH sont amnésiques. Haïti était au bord d'une guerre civile généralisée. Le pays était occupé par des bandes armées - gangs et des groupes de militaires démobilisés disparates - qui faisaient la loi dans leur région. La PNH n'avait pas assez d'effectifs, les policiers étaient démotivés, les commissariats étaient occupés par des soldats de Guy Philippe ou par des partisans armés d'Aristide. Les trafiquants de drogue en ont profité pour renforcer leurs activités criminelles en utilisant des contacts au niveau des différentes bandes armées. On avait livré le commerce, les banques et les bureaux publics aux pillages. Le siège du pouvoir -le Palais National - n'était pas sécurisé. Alors, nous ne prenons pas au sérieux ces gens qui ne savent rien de la situation. S'ils étaient conscients de la réalité du pays, ils auraient pu comprendre les efforts consentis par les casques bleus et la contribution de la communauté internationale. Ces gens voient leurs intérêts dans le chaos. La MINUSTAH a perdu des hommes, des étrangers se sont fait tuer pour aider les haïtiens à rétablir le minimum qu'ils ont aujourd'hui. Alors que veulent-ils ? La CARICOM et l'OEA n'ayant pas les moyens de mener une mission de ce genre, il ne restait qu'à accepter que le voisin se protéger par une invasion. Le soldat dominicain tué par les rebelles en 2004 pourrait justifier une opération de la République voisine sur le sol haïtien. C'est la situation classique. En Somalie, des soldats éthiopiens ont fait le travail. Ces gens feraient mieux de remercier l'ONU et de profiter de notre présence pour mettre de l'ordre et éviter une répétition de la violence en Haïti. Car, en dix ans, l'ONU est intervenue deux fois en Haïti. L'organisation n'est pas toujours au rendez-vous. Les Rwandais n'avaient pas cette chance.

Nous avons finalement traité d'autres sujets d'actualité comme l'Attaque contre la coopérative de Saint-Raphaël, le Mouvement des militaires démobilisés et les Gangs proches d'Aristide, des questions sur lesquelles notre interlocuteur était ferme : nous avons les forces nécessaires pour repousser toutes agressions armées. Nous sommes ouverts au dialogue, mais cela ne veut pas dire que nous allons accepter la violence. Nous sommes sous le chapitre 7 des Nations Unies, dont Haïti est un membre, qui autorise l'utilisation de la force dans cette mission. Nous pouvons être patients dans un premier temps, mais comme vous l'avez vu avec Dread Wilmer, quand il faut y mettre un terme, nous sommes prêts à frapper.
Aussi, avions-nous débattu le comportement de la PNH lors des émeutes de la faim en Avril 2008. Il a exprimé les préoccupations face à de tel comportement de la PNH qu'on qualifierait de politique. La MINUSTAH a observé une neutralisation de la Police Nationale face aux émeutiers. « La MINUSTAH voit là un danger. Il faut enquêter là-dessus et porter des corrections. Car, le rôle d'une force de police est de réagir quand il y a désordre. Le fait de rester passive est un signe de complicité. » Une façon de nous signifier que les vieux démons sont toujours là. Le travail réalisé en Haïti n'est pas irréversible. La seule garantie, est l'implication d'une société civile solide.

A RESEAU CITADELLE, nous avons décidé de publier cette partie de l'interview pour éclairer ceux qui dans leur élan patriotique et/ou nationaliste exigent le départ de la MINUSTAH. Au moins, à partir de ce texte, ils sauront par où commencer.

RESEAU CITADELLE (Le Ré.Cit), le 11 septembre 2009, 19 heures 30.

Bulletin jeudi 10 septembre 09


Valable jusqu'au 12 sept. 2009

Situation synoptique dans la Caraïbe et sur l'Atlantique:

· L'axe de l'onde tropicale est localisé au sud de notre île ce matin. Très peu de convections sont associées à cette onde.
· L'ouragan « Fred » se situe ce matin à plus de 1100 km à l'ouest des îles du cap vert. Les prévisions de trajectoire le font remonter au nord. Donc, Fred ne concernera pas la caraïbe.

Prévisions pour Haïti:
- Temps clément ce matin;
- Passages nuageux en fin de journée et en début de soirée ;
- Températures plus ou moins agréables en soirée ;
- Chance de pluie légère à modérée et d'orages isolés ce soir notamment dans le centre, l'ouest, l'artibonite, le sud-est et le sud.

Prévisions pour Port-au-Prince et environs:
· Beau temps ce matin;
· Quelques passages nuageux en fin de journée;
· Tº. max. : 35ºC ; Tº min: 24ºC ;
· Pluie isolée légère à modérée ce soir.


Lever & coucher du soleil pour Port-au-Prince:

Aujourd'hui 10 sept

Lever : 05h 36 mn
Coucher : 17h 56 mn
Vendredi 11 sept
Lever : 05h 36 mn
Coucher : 17h 55 mn
Samedi 12 sept
Lever : 05h 37 mn
Coucher : 17h 54 mn

Jacquet Jackson, prévisionniste au CNM


Bulletin météo marine du jeudi 10 sept. 2009
Valable jusqu'au 11 sept 2009


Prévisions maritimes:
Zone côtière nord :
Jeudi & vendredi
* Vent du secteur est sud-est: 10-15 nœuds ;
* Hauteur des vagues : 3 à 5 pieds ;
* Mer peu agitée.

Golfe de la Gonâve :
Jeudi & vendredi
* Vent du secteur est: 10-15 nœuds ;
* Hauteur des vagues : 3 à 5 pieds ;
* Mer peu agitée.

Zone côtière sud :
Jeudi & vendredi
* Vent du secteur est: 10-20 nœuds ;
* Hauteur des vagues : 5 à 7 pieds aujourd'hui, mais diminuant de : 3 à 5 pieds demain ;
* Mer plus ou moins agitée.

Jacquet Jackson, Prévisionniste au CNM

Déclaration de l'Ambassadeur des Etats-Unis en Haïti, Kenneth H. Merten, à l'occasion de l'anniversaire de l'attaque terroriste du 11 septembre 2001

Le 11 septembre 2009 No. 2009/04



Déclaration de l'Ambassadeur des Etats-Unis en Haïti, Kenneth H. Merten,


à l'occasion de l'anniversaire de l'attaque terroriste du 11 septembre 2001



Port-au-Prince, Haïti



Aujourd'hui, 11 septembre, ramène l'anniversaire de l'attaque terroriste contre le World Trade Center à New-York. Nous nous souvenons avec peine des trois mille personnes environ – des Américains et des étrangers -- qui ont péri ce jour-là. Nous continuons à travailler en vue d'aider à rendre ce monde plus sur et plus juste à vivre. Je voudrais remercier nos amis du monde entier, et particulièrement ceux d'Haïti, pour leurs messages de sympathies en souvenir de nos victimes.



Suite à l'appel lancé par le Président Barack Obama aux Américains à travers le monde de marquer l'anniversaire du 11 septembre en participant à des services communautaires en mémoire des victimes, la communauté de l'Ambassade des Etats-Unis à Port-au-Prince a conduit une opération de don de sang le jeudi 10 septembre en collaboration avec la Croix-Rouge Haïtienne. Le sang donné par les employés de l'Ambassade sera offert à la Croix-Rouge Haïtienne en honneur des victimes de l'attaque terroriste du 11 septembre.


(Fin du texte)



Micette Dubique


Information Assistant


US Embassy


Port-au-Prince, Haiti


Tel: (509) 2229-8351

Cell: (509) 3463-3668


jeudi 10 septembre 2009

The Haitian-Dominican Diaspora - building the new Haiti

Published on Saturday, September 5, 2009

By Jean H Charles

The Haitian-New York Diaspora as well as the Florida and the Canadian Diaspora are well accounted for in their contribution in helping Haiti to sustain itself while the country is still in coma. Yet the 1.2 million Haitians in the Dominican Republic are soon becoming one of the largest mass of middle class stock on the island of Hispaniola ci devant Ayiti. The 50,000 Haitians in the Bateys are the subject of a just advocacy by human rights workers and decent people who believe a country that used the slogan y palente que va! … We are pushing forward! Cannot afford to dehumanize any segment of its population, alien or not!

Jean H Charles MSW, JD is Executive Director of AINDOH Inc a non profit organization dedicated to building a kinder and gentle Caribbean zone for all. He can be reached at: jeanhcharles@aol.
Indeed, one million plus Haitians are leading a life in Dominican Republic they are thirsty for in their own country! The figures are there to prove it. Some fifty thousand Haitian students enrolled in all the colleges and the school of higher institutions in Dominican Republic constantly upgrading themselves and the fellow Dominican students in the level of academic achievement in their chosen field of study. Half a million Haitian professionals, doctors, engineers, construction workers, hotel attendants are enjoying the bliss of a peaceful and enjoyable middle class status. Another half a million are soon joining the rank of well to do families happy to work, raise their children and enjoy the good life of a country that values modernity and constant growth.

In that context, the Ligue of Haitian pastors, some 350-strong members, under the leadership of pastor Pierre Espadi, with the support of Haitian Democracy project led by James Morell, has organized a three day- conference on the subject entitled: Agenda for recovery of the Republic of Haiti. The coordinators of the colloquium Senator Tuneb Delpe and Senator (hors les murs) Rudolph Boulos have done a splendid job. If it was glittery with serious presentations at the Florida Conference recently, with Bill Clinton and Michelle Duvivier the main stars, it was only serious presentations at the Santo Domingo gathering.

The luminaries were intellectuals, professionals, captains of industry, religious leaders and students who presented papers and discussed in their respective fields the ways and means to revive, nay to rebuild the nation state of Haiti. I had the privilege along with Daly Valet and Lyonel Trouillot to put the Haitian malaise in perspective. Haiti stopped its nation-building process in 1820. It has adopted a culture of a predatory state against its own nation and its own people. The international community in spite of, or rather because of its support to that culture has served as an incubator and a life line to that status quo. The 2010 presidential election must be a turning point to create a modern Haiti hospitable to all its children. The Haiti of today is allergic to virtue and ethical principles; the buccaneer mentality is the order of the day. Eat the seed, forget the future! The will to create a nation is at its low point.

Dr George Michel one of the founders of the 1987 Haitian constitution, a fierce advocate of its integrity along with Dr Gessy Coicou, the conscience of the National Police force laid down the specific strategies to bring about the national recuperation. For Dr Coicou, the issue of security in Haiti must also include a component in food stock, transportation, public health, legal and social justice. The recruitment and the formation for the police force must be regional instead of national. The war against illegal firearms shall have a national media blitz where the databank of arms in circulation must be known by the authorities. In fact, those in authority and in politics who have distributed the illegal arms are still kicking they must be called upon to facilitate the recuperation. The trade of illegal arms for marijuana through the south of Haiti towards Jamaica and vice versa must receive the highest attention of the Haitian government.

Ray Killick and Jean Erich Rene, the gurus of high caliber analysis on the Haitian net, exposed the dilemma of Haiti, rich in natural resources such as lignite to replace the biological coal made from burned trees. The country is destroying its environment at the speed of the naked eye as a cancer is eating its own flesh.

Mr Killick used the Michael Porter formula to demonstrate how Haiti can aspire to the rank of a modern and growth oriented nation. The state must support the national and local institutions, access to capital must be easy and non discriminatory, quality control and competition shall be the golden rule of business. It takes 203 days to initiate a business in Haiti, while it takes 17 days in the Dominican Republic. The work place and the quality of work must be a state concern. The issue of the debate of 200 gourdes or 5 dollars per day recently in Haiti is an indicative of a sick country that has no concern for and no vision on behalf of its citizens.

The role of the private sector was further exposed by Dr Reginald Boulos and Dr Frantz Large, the latter is also a true conscience of the Haitian medical profession. They suggest that mass education through all types of media must start now not tomorrow. The cooperation between the Diaspora and the nationals shall become a leitmotiv not a bureaucratic machine without means and without vision. The elite of Haiti must engage in social enterprises that bring solace and relief to the masses left to fend for themselves.

Leslie Pean, who can fill easily the shoes of Dr Jean Price Mars through his epic story of Haiti as a maroon state, exposed the tradition of demagogies and make believe policies that go against the planetary mission that Haiti set itself into in 1804. I joined him in exposing the fact that Haiti did not spend in the last two hundred years $20,000 for building the infrastructure and the umbrella for good living in any of its 565 rural counties. Haiti has been practicing the promotion of mediocracy. To use biblical language, Haiti is sinning against the spirit. What is false and illogical becomes what is true and common. Since 1995, there has been a 51 percent reduction in public expenditures.

Daniel St Lot, the mother goose of all those women entrepreneurs who used their skills in embroidery and art work to produce pieces of high value, has exposed the fate of the million of Haitian women who fight every day to be the main breadwinner of the family. Chavannes Jean Baptiste added to the discussion the stark reality of the Haitian peasants who toil the soil, without credit, without tool, and without seed to remain the main provider of food security for the nation. They are living under the regime of a de facto apartheid system where the rule of social, political and economic exclusion is their lot each and every day.

And there was more, Mr Camille Leblanc debated the issue of an accumulation of nationalities versus the concept of double nationality. The Haitian Constitution admits tacitly the accumulation of nationality while it rejects the use of a double nationality. Once a Haitian sets foot in Haiti, he cannot at the same time demand the benefits of his foreign nationalities while expecting the privilege of being Haitian. The doctrine of don't ask don't tell rules. The United States, as well as most major industrial countries, accepts the concept of an accumulation of nationalities while being repugnant to the use of a foreign status while in their country. Haiti should step up to that practice.

The stars presenters, because of their age and their eloquence, Dr Louis Noisin and Dr Marc Bazin, brought the audience to their feet and through tears in evoking the splendor of the past and the possibility of a Haiti that can become again the pearl of the islands.

Several Dominican colleagues took part also in the colloquium. Representative Pellegrin Castillo did not mince words to recognize the fact that the bateys situation tarnishes the good name of the Dominican Republic but he puts the blame frankly on the side of the Haitian government that constantly refuses to provide a modicum of hospitality to the Haitians in their own territory. It even refuses to provide or facilitate the issuance of Haitian identifications in foreign territory, in particular in the Dominican Republic.

Osires De Leon, an expert in environmental matters, put it simply: the Dominican Republic cannot and will not reach its full growth potential unless and until Haiti is tagged along. The Dominican Republic has a national and elementary obligation to help Haiti to become and vibrant nation. There is only one island with two wings. The bird will not fly with one wing the one from Haiti being damaged, sick and inoperative.

The seeds of a new Haiti were planted in the hearts and the spirits of each one in Santo Domingo; it called for a Haiti that becomes a nation, one which is hospitable to all, one that extirpates the culture of exclusion to inject a culture of a moving solidarity among and towards each other. A Haiti that engages itself in the building of an infrastructure to facilitate growth and development and finally a Haiti proud and prosperous that re-engage itself in the culture of solidarity and service towards the Latin America and towards the rest of the Caribbean as it did in the 1800.

This Haiti is possible and will be. I have engaged myself to be one of its architects.

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De Cyrus Sibert à Edwin Paraison: Enough avec cette histoire de camps

Edwin,

Avec ce message de Ray, il a moyen de trouver une entente. Je suis d'accord avec vous qu'un Député Raciste ne devait pas pouvoir utiliser la tribune de la conférence inter-haïtiens pour refaire son image et nous donner des leçons allant jusqu'a lancer la mise sous tutelle d'Haïti comme ballon d'essai.

Je ne suis pas d'accord non plus avec cette personne qui estime que le fait de tenir une conférence en République Dominicaine donne droit à tous dominicains anti-haïtiens d'y participer.

Toutefois, c'était bien de voir des haïtiens de la diaspora et d'Haïti poser les problèmes du pays. Le fait qu'ils puissent venir si près de la terre natale donne l'espoir qu'un jour ils retourneront chez eux.

Je suis contre toute exploitation de cet évènement par la presse dominicaine, par les diplomates et par les politiciens dominicains anti-haïtiens.

Il n'y a aucun problème si la rencontre s'est tenue dans un pays étranger comme la République voisine.

A votre place, je laisserai tomber l'exigence d'''excuses publiques'' pour ne pas forcer mon interlocuteur à défendre son image même quand il reconnait mes arguments. Parfois le fait de marquer un coup est plus constructif que frapper l'adversaire. La dissuasion est souvent plus utile que les blessures infligées. Vous avez montré l'erreur. Vos réactions serviront de leçons à tout le monde. Les diplomates dominicains qui nous suivent, comprendrons que nous sommes encore vigilants dans la défense des droits de nos compatriote.

Cyrus Sibert
Cap-Haitien, Haiti

AYITI VET (Un site sur l'environnement en Haiti)


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Sa Ayitivèt Ye

"Ayitivèt" se yon nouvo program ki fè apèl atout moun patikilyèman Ayisyen bòn volonte ki pata renmen wè Ayiti detwi e ki gen renmen nan kè yo pou Ayiti. Objektif pwogram lan se rive plante you minimòm 2 milyon pyebwa nan peyi a soti koulye a rive nan lane 2020. Gen kote nan peyi a ki jiska prezan e malgre tou rete byen  vèt. Men gen kote tou, si pa gen anyen ki fèt, avni yo pa asire. Gen moun nan peyi a ki malgre tou kontinye ap fè tout sa yo kapab pou Ayiti ka rete vèt. Men gen moun tou ki pa bay sa regle anyen pou yo  e anplis de sa y ap detwi sa lòt moun fè.

"Ayitivèt" ap fè apèl atout Ayisyen endistenkteman: Ayisyen natifnatal, Ayisyen ki fèt nan lòt peyi; Ayisyen wonivo, Ayisyen banivo; Ayisyen nan mòn, Ayisyen lavil; Ayisyen pale fransè bouch pwenti, Ayisyen bouch sirèt; fi tankou gason; timoun tankou granmoun. An nou fè yon bagay k ap dire; an nou sispann detwi. Padi pwojè sa a gen twòp lanbisyon. Pagen anyen ki enposib, si ou vle ou kapab.

Ki Rezon Pou Nou Plante Pyebwa

 Pou chak eve nman nan lavi w plante yon pyebwa: wapèn akouche premye pitit fi w oubyen premye pitit gason w, plante yon pyebwa pou li. Ou te fè yon aksidan tout moun konnen ou t ap mouri men ou sove, plante yon pye bwa pou sa; wapèn rankontre ak yon boubout, plante yon pye bwa; ou gen yon pitit ki t ap bay traka ki deside konvèti plante yon pye bwa; wapèn rekonèt manman w oubyen papa w, plante yon pye bwa pou sa; ou jwenn viza ou t ap tann nan, plante yon pye bwa; ou rekonsilye avèk madanm ou oubyen mari w, plante yon pyebwa; yon moun fè w yon malonèt plante yon pyebwa pou li, ou rive retounen annayiti apre dizan, kenzan plante yon pyebwa; ou pase nan bakaloreya, plante yon pyebwa.

Si chak moun plante yon pyebwa chak fwa yon bagay kèlkonk rive nan lavi li, 2 milyon pyebwa nan dizan sa p ap anyen. Chak pye bwa ou plante konsidere l kòm yon mann nan fanmiy ou: pran swen l, renmenl, pwoteje l, veye anwo veye anba pou moun pa vyole l, pou moun pa kidnape l, pou bèt pa manje l.

Ki Pyebwa Nou Ka Plante Ki Kote

Plante pyeba kote w jwenn: tou pre lakay, nan lakou, nan jaden, nan mòn, bò chemen, bò rivyè, bò ravin  nan lakou lekòl elatrye. Plante nenpòt pye bwa: mang (tout kalite mang), zoranj, sitwon, zaboka, koray, flanbwayan, bayawonn, kenèp, zanmann, labapen, gwayav, labveritab, kalbas, kokoye, sapoti, korosol, kayimit  kanpèch, bwadòm, kajou, sapen, bwadchèn, figye, sabliye, palmis, latanye, fikis, pyebwa ki fè flè, pyebwa ki fè pikan, pyebwa ki santibon elatrye.

Eske Mwen Oblije Patisipe

Pèsonn pa ka fòse yon moun patisipe. Ou patisipe sèlman si ou vle ak si ou santi li nesesè. Si ou santi anviwonman peyi a an danje, pa pèdi tan, kòmanse aji koulye a menm.

 

 

Vi n Manm
Copyright

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