Le Matin- Vendredi 26 mars - Jeudi 2 avril 2010 No 34211 Éditorial Quiproquos !
Le président Obama a, mercredi 24 mars, demandé officiellement au Congrès américain d'approuver une enveloppe d'aide supplémentaire d'urgence à Haïti d'un montant de 2,8 milliards de dollars. Le chiffre ne surprend pas. Les conseillers techniques des Congressmen tablaient, depuis quelques semaines déjà, sur un montant d'aide additionnelle de 3 milliards. À Port-au-Prince, les conversations allaient aussi bon train sur cette pactole - ô combien tentante et alléchante ! - qui nous viendrait de l'Oncle Sam. Au Capitol Hill, la démarche du président Obama fait sourciller certains Républicains et Démocrates conservateurs, lesquels rechignent de plus en plus à approuver des dépenses publiques qui ne pourront qu'aggraver l'effarant déficit budgétaire américain. La requête de l'Exécutif américain a toutes les chances de passer les mailles des filets de contrôle du Congrès. Obama obtiendra gain de cause, même si l'autorisation de dépenser qui lui sera accordée dans le dossier haïtien sera assortie de conditions de décaissement et d'évaluation sévères et renforcées. D'ailleurs, la puissante Commission des Affaires étrangères du Sénat présidée par le sénateur du Massachussetts, John Kerry, travaille actuellement sur une loi qui réglementera, sur une base contraignante, l'assistance américaine à Haïti dans le cadre de la reconstruction. Un « Monsieur Haïti » sera également nommé pour coordonner l'aide et veiller à l'utilisation honnête et transparente des fonds. Corruption oblige.
C'est bien beau, tout cela ! Le hic, c'est que plus d'un tiers des 2,8 milliards sollicités par la Maison Blanche restera à Washington. Autrement dit, près d'un milliard de dollars ira au Pentagone et à l'USAID à titre de remboursement des dépenses hors budget consenties par ces entités fédérales en faveur d'Haïti au lendemain de la catastrophe du 12 janvier. Des montants moindres, mais assez substantiels, iront renflouer les comptes du Département d'État, de ceux de l'État de la Floride, du Département du Trésor, de l'Agriculture, de la Santé, etc. Elles sont légion ces agences gouvernementales américaines qui se verront rembourser à la faveur de l'éventuelle approbation par le Congrès de la demande du président Obama.
Mais que restera-t-il de cette enveloppe à Haïti pour la reconstruction après que les coffres des agences américaines à être intervenues en Haïti eurent été regarnis? Pas beaucoup, si l'on en croit les données officielles auxquelles nous avons pu accéder. Le reliquat qui sera alloué aux plans de relance et aux projets de reconstruction est, en fait, de l'ordre de 895 millions de dollars. Ce budget sera confié aux bons soins du Département d'État et de l'USAID. Les chiffres sont vraiment trompeurs. Des milliards virtuels. Et quelques millions bien réels. Le président René Préval aura définitivement échoué à convaincre Washington de la capacité de cet appareil d'État qu'il dirige à gérer correctement son aide à Haïti. Washington, de son côté, devra mieux travailler à rendre cette aide concrètement plus ambitieuse et ses engagements envers ce pays plus constants; et qu'il sera, à terme, improductif de persister à contourner notre président de la République et son administration, aussi inefficaces qu'ils puissent être.
Il y a lieu de demeurer raisonnablement et patriotiquement optimiste quant au futur de notre chère Haïti. Il faut, cependant, admettre que la reconstruction est déjà mal partie. Et le sommet de New York du 31mars avec. Les prémices sont loin d'être convaincantes. D'autant que la phase de gestion des urgences et de planification du long terme nous laisse avec beaucoup d'insatisfaction. Faux-semblants. Faux-fuyants. Faux pas. Efforts d'inclusion en demi-teinte. Pratiques d'exclusion à l'ancienne mode. Rien de vraiment réconfortant. Surtout quand les chiffres astronomiques de la coopération internationale continuent de relever largement du trompe-l'oeil. Daly Valet |
samedi 27 mars 2010
Quiproquos! Éditorial de Daly Valet.
The world as seen from the mountains of Haiti
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vendredi 26 mars 2010
Le Consulat des Etats-Unis en Haïti reprend ses services pour les demandes de visa non-immigrant.
| Le 26 mars 2010 No. 2010/25
Le Consulat des Etats-Unis en Haïti reprend ses services pour les demandes de visa non-immigrant à partir du 5 avril 2010 Le Consulat des Etats-Unis en Haïti souhaite informer le public en général qu'à partir du 5 avril 2010, la section consulaire reprendra ses services pour les demandes de visa non-immigrant y compris les demandes relatives aux visas d'affaires et de tourisme (B1/B2). Les demandeurs de visa devront utiliser le système en ligne disponible à l'adresse http://evisaforms.state.gov/schedulingsystem.asp pour obtenir un rendez-vous avec le consulat. Pour plus d'informations concernant la procédure à suivre, veuillez consulter le site de l'ambassade à l'adresse suivante : http://haiti.usembassy.gov. Des rendez-vous peuvent être pris dès maintenant pour des entrevues qui seront programmées à partir du 5 avril. Tous les demandeurs de visa désireux de renouveler leur visa multiple de cinq ans devront obligatoirement utiliser le système de rendez-vous en ligne. Le consulat tient aussi à porter à l'attention du public que le programme de renouvellement de visa à travers les agences de voyages est désormais suspendu. Les demandeurs de visa qui souhaitent avoir un rendez-vous avant le 5 avril pour affaires, études, programmes d'échanges ou autres catégories de visas exigeant normalement une pétition approuvée par le service d'immigration américain peuvent continuer à écrire à papniv@state.gov pour avoir un rendez-vous anticipé. Toutefois, les demandeurs de visa appartenant à ces catégories et souhaitant voyager après le 5 avril devront obligatoirement utiliser le système de rendez-vous en ligne. Les demandeurs de visa devront remplir et imprimer la version électronique du formulaire de demande de visa (DS-156) qui est disponible sur le site: http://evisaforms.state.gov. Le jour du rendez-vous, ils devront également apporter les documents suivants:
· Un passeport valide (au moins 6 mois de validité après la durée du séjour aux Etats-Unis); · une photo de visa récente (50mmX50mm); · le reçu de paiement de la SOGEBANK; · autres documents pouvant attester des liens en Haïti. Pour plus d'informations concernant les règlements, les qualifications requises, et pour obtenir des copies et instructions sur les formes de demandes de visa et toutes questions y relatives, veuillez consulter les sites internet: www.travel.state.gov et http://haiti.usembassy.gov. (Fin de texte) |
Cap-Haïtien : des logements sociaux, une aubaine pour des déplacés
Plusieurs centaines de familles ont fui Port-au-Prince aux lendemains du séisme du 12 janvier. Cette soudaine migration pose de nombreux problèmes dont celui du logement. Au Cap-Haitien, dans le Nord, l'ONG Food of the Poor a décidé de mettre des logements sociaux à la disposition de quelques familles déplacées de la capitale. Construite en six jours environ, chaque maison se compose d'une chambre à coucher, d'un salon, d'une mini galerie, d'une cuisine et des toilettes. Un ou deux lits sont remis aux locataires des maisons au moment de la remise des clés. L'eau est fournie par un puits munis de deux pompes à bras. Quelque six familles déplacées de Port-au-Prince sont logés dans ces maisonnettes fraîchement construites à Chastenwa, une localité de la commune de Quartier Morin (10 kilomètres de Cap-Haïtien). Elles vivaient dans les quartiers défavorisés de Solino et Delmas 32, situés dans la commune de Delmas. Au prime abord, le projet visait à offrir un logement à des habitants de Shadda I et II, Fort St-Michel et quelques autres quartiers défavorisés situés aux alentours de la métropole du Nord. Cependant, suite au tremblement de terre survenu à Port-au-Prince, « la priorité a été accordée aux personnes déplacées », a affirmé le Directeur de Food For The Poor, le Révérend père Dicken Augustin. A date, 16 maisons ont déjà été construites sur 34 prévues au cours de la première phase du projet. A terme, le village devrait compter 500 maisons. Débuté en janvier 2010, les constructions doivent s'étendre sur 13 hectares de terre mis à la disposition du projet par le délégué départemental du Nord, Georgemain Prophète. Parmi les déplacés de Port-au-Prince, Roudeline, 18 ans, déjà mère de deux enfants âgés de 5 et 3 ans. Elle a perdu son mari et deux de ses frères au cours du séisme, et s'est refugiée dans le Nord. Elle remercie le patron de Food for the Poor qui l'aide à nourrir sa famille au jour le jour. Toutefois, elle insiste sur la nécessité d'avoir un travail. Car depuis qu'elle s'est installée au village, elle fait l'objet de toute sorte d'humiliations en raison de sa précarité financière. Ces logements sont également bénéfiques pour d'autres locataires en provenance de quartiers populeux du Cap-Haitien. Parmi eux, Nelly Etienne, la quarantaine. Elle, son mari et leurs 6 enfants habitaient une maison louée à Quartier Morin. « Ajouté au fait que cette maison était incapable de défier la pluie, le prix du loyer a quintuplé en deux ans. N'était-ce ce projet, ma famille et moi serions en train de dormir dans la rue aujourd'hui », a-t-elle déclaré. Bernier Joseph, lui, habitait à Fort Saint-Michel. Ancien portefaix de profession, sa bâtisse était construite dans une zone marécageuse, ce qui lui faisait craindre une inondation à chaque averse. Il se réjouit que ses démarches auprès du CASEC de la zone aient abouti. Malgré l'isolement et la misère qui règnent autour du village, il le préfère à son ancienne maison. Aux yeux de certains nouveaux résidents, cette initiative, quoique « louable », mériterait quelques corrections. Entre autres défaillances évoquées, l'absence d'électricité, de services de santé et d'espace de loisir. De plus, la proximité des toilettes et de la cuisine constitue une sérieuse préoccupation du point de vue sanitaire. Rédaction : Nelcius Florestal & Louicius Micius Eugène Edition : Hugo Merveille |
Président René Préval prépare un génocide en Haïti
Lettre ouverte au Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur Ban Ki-moon et aux anciens Présidents des Etats-Unis d'Amérique, Messieurs Bill Clinton et George W. Bush (26/03/10) Figure 1: Paul Gustave Magloire
« Président René Préval prépare un génocide en Haïti »
Excellences, Messieurs les Présidents et Secrétaire Général : Nous voulons vous remercier d'avoir honoré notre pays de votre présence à la suite du terrible séisme qui a dévasté la capitale haïtienne et plusieurs villes avoisinantes. D'après les estimations, ce séisme aurait causé la mort d'environ 270,000 personnes, entrainé 450,000 blessés et créé 1,350 million de nouveaux sans logis, dans un pays où déjà 72% de la population vivait dans une misère atroce. Ainsi, le 12 janvier 2010 restera dans notre mémoire collective comme le jour le plus douloureux de notre histoire. Ce désastre n'est pas dû seulement au fait du déchaînement des forces de la nature, mais en grande partie à la négligence de ceux qui nous gouvernent. Et grâce aux actions de ce gouvernement et de ses associés nous avançons maintenant vers un désastre plus grand encore que celui que nous venons de vivre. Ensuite, d'après les géologues, la terre qui continue de trembler indique que nous courons encore le risque d'être frappé d'un autre séisme de grande envergure. Ainsi, nous sollicitons que vous restiez le plus longtemps possible sur le dossier, afin de maintenir les projecteurs de la presse internationale fixés sur nos déboires. En effet, lors de vos visites au pays, vous avez pu constater l'état catastrophique de la situation : plus d'un million de gens vivent depuis plus de deux mois dans des abris rudimentaires, battus par des pluies diluviennes et séchés par un soleil ardent, dans un environnement sanitaire déplorable. Et cette situation va durer longtemps encore, malgré les risques de maladies infectieuses et de cyclones qui pourraient décimer cette population en créant l'une des plus grandes tragédies de ce siècle, aux portes des Amériques. Mais, si cette tragédie frappe notre pays, elle sera l'œuvre de la mauvaise foi de ceux qui nous gouvernement et spécialement du Président René Préval. Et compte tenu qu'elle a le potentiel de causer la mort de dizaines de milliers de personnes, ce sera un cas de génocide. En effet, dans les jours qui ont suivi le séisme, la population de Port-au-Prince avait commencé à se déplacer spontanément de la capitale vers les villes de province à la recherche d'un environnement plus accueillant. À ce moment, le gouvernement avait pour devoir de supporter ce mouvement et chercher à mobiliser les moyens capables d'aider les villes de provinces à accueillir les nouveaux venus. Du fait que nous avons été toujours en faveur de la déconcentration de la capitale et de la décentralisation du pays, nous avons fait des suggestions publiques sur la façon dont le gouvernement aurait pu encourager la population à continuer à se déplacer vers les provinces et sur la façon dont les autorités du gouvernement auraient pu venir au secours des autorités municipales dont les villes recevaient un grand nombre de réfugiés venus de la capitale et de ses environs. La réponse de Monsieur Préval, qui a toujours été opposé à la décentralisation pour des raisons idéologiques ou plutôt d'opportunisme politique, avait déclaré, publiquement, que la majorité des gens qui étaient dans les rues, venaient des quartiers résidentiels et que ces gens préféraient rester à la capitale pour être plus proches de leur maison. Très certainement, il y avait très peu de vérité dans cette déclaration. Car, la grande majorité de cette population vient des zones défavorisées de la capitale et est formée, en grande partie, de familles qui ont émigré vers la capitale à la recherche de travail et d'une amélioration de leurs conditions de vie. Très certainement aussi, un gouvernement responsable et avec un peu d'humanité dans le cœur pour son peuple, aurait profité de cette situation comme une opportunité pour offrir à ces centaines de milliers de femmes, d'hommes et d'enfants, un nouveau départ dans un environnement plus décent et plus sécurisé dans les villes de province. Mais, la seule opportunité que Monsieur Préval et ses acolytes avaient vu dans tout cela, c'était celle de faire de l'argent et beaucoup d'argent. En effet, Monsieur Préval disait à qui voulait l'entendre qu'il avait besoin de 200,000 tentes pour les sans-abri, car ses acolytes sont les principaux fournisseurs de l'État. En fait, les premières tentes qui sont arrivées au pays se vendaient à prix fort sur le marché. Ensuite, il y a eu une rumeur qui fit croire que chaque propriétaire de tente pouvait obtenir plus tard une des maisons que le gouvernement allait construire avec les 3 milliards d'aide qu'il allait obtenir de la communauté internationale. Pas besoin de dire que les tentes ont été vendues alors à prix d'or, que le peuple se fit berner une fois encore et que Monsieur René Préval et ses acolytes se sont enrichis davantage. Aujourd'hui, comme le rapportent les organisations des droits humains, dans ces cités de tentes dont Monsieur Préval a encouragé la création par centaines dans la capitale, les femmes, mêmes des enfants, sont violées en toute impunité dès que tombe la nuit, et cette population vit dans le mépris total de ceux qui nous gouvernent. Et si Monsieur René Préval reste au pouvoir et rien ne change avant l'arrivée de la saison cyclonique, il y a grand risque que nous ayons encore des milliers d'autres morts. Le sentiment de frustration grandira également. Ce sera une situation qui avancera vers un cas de génocide que la communauté internationale est encore en mesure d'éviter. L'histoire d'Haïti, est marquée par des petits efforts pour le développement de cette nation qui après deux siècles d'indépendance et de déclin après déclin est maintenant le plus pauvre de la région des Amériques. En réalité, si après ce terrible tremblement de terre, de tous les coins du monde, on est en train de construire des plans, en veux-tu en voilà, nous sommes encore loin d'une solution qui pourrait améliorer les conditions de vie de notre population. Car, des plans, il y en a toujours eu, mais ce qui a toujours manqué à notre pays, c'est l'honnêteté, la volonté et le sens d'équité chez ceux qui gouvernent. Aujourd'hui, la situation est pire qu'elle n'a jamais été, car nous avons une mafia qui domine le pouvoir grâce à leur homme de paille, Président René Préval. L'atmosphère de corruption qui gangrène le fonctionnement du pays empêchera les projets de se réaliser, car les fonds seront, en grande partie, détournés de leur objectif. Mon pays est en train de vivre le temps de tous les dangers. Et le plus grand de ces dangers est le fait qu'il soit dirigé par un gouvernement corrompu jusqu'à la moelle et qui ne cherche que ses intérêts et ceux de ses acolytes, mais pas ceux du peuple haïtien pour qui il n'a aucune considération. Monsieur Préval est un personnage qui n'hésite pas à engager des bandits très connus comme proches collaborateurs. Il organise des élections truquées et n'a aucun respect pour les normes démocratiques. Donc, en retour, il ne jouit pas de la confiance de la population ni de l'autorité morale qui est si nécessaire dans cette période difficile que traverse notre nation. Ainsi, pour l'amour de Dieu, n'abandonnez pas le peuple haïtien à la merci d'une poignée de profiteurs. Car, l'action de Monsieur René Préval et de ses acolytes amènera, indubitablement, Haïti à un génocide, si on ne l'arrête pas avant qu'il ne soit trop tard. Messieurs les Présidents et Monsieur le Sécrétaire Général, nous sommes très honorés de vous saluer au nom de nos frères et sœurs d'Haïti.
Paul Gustave Magloire Ancien Ministre de l'Intérieur et des Collectivités Paul Gustave Magloire et la Déconcentration de Port-au-Prince PAUL G. MAGLOIRE POUR LA DECENTRALISATION D'HAITI
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Viols en Haïti: Sous estimations et contradictions.
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