samedi 10 avril 2010

Lettre ouverte aux Sénateurs du Nord contre la loi d'ungence.

Cap-Haïtien, le 9 avril 2010

Lettre ouverte aux Honorables


1- Honorable Kelly C. Bastien, Président de la Chambre du Sénat

2- Honorable Moise jean Charles, 1er Sénateur

3- Honorable Céméphise Gilles, 3ème Sénateur


Nous, personnalités, intellectuels, universitaires, institutions, organisations populaires, organisations de base du département du Nord, que vous avez l'insigne honneur de représenter au parlement, interpellons votre conscience patriotique afin de rejeter catégoriquement le projet de loi d'urgence présenté par le Président René Préval, voté malheureusement au niveau de la Chambre des députés.


Ce projet de loi qui vise à restreindre les libertés fondamentales et qui concentre le pouvoir pendant dix huit mois entre les mains d'une seule personne est une entrave aux principes démocratiques de base, aux normes régissant la marche d'un état de droit et à la théorie de la séparation des trois pouvoirs. L'approbation de ce projet de loi par le parlement constitue un retour à un passé néfaste, obscurantiste qu'on croyait révolu.


Nous rappelons à votre attention, Honorables sénateurs, que les rapports concernant les 187 millions tirés des fonds de fonds de Petro Caribe et des 163 millions débloqués après le séisme destructeur se font toujours attendre.


Nous regrettons que le Président Préval soit passé à coté de sa mission historique dans la conjoncture pour d'une part , apporter une réponse appropriée et dans la dignité, aux souffrances du peuple haïtien en général, en particulier des centaines de milliers de compatriotes entassés depuis le 12 janvier dans des espaces publics et privés, et d'autre part unifier la nation haïtienne autour d'un grand projet de refondation ; au lieu de diviser davantage la société et de chercher à entraîner le pays dans une aventure avec la bénédiction et la complicité du parlement.


Messieurs, Madame les Sénateurs, soyez les défenseurs de la démocratie, de véritables pères conscrits de la nation, les dignes et fiers héritiers des grandes valeurs Christophiennes. La nation vous regarde, vos mandants du département du nord vous observent, le pays vous demandera des comptes. Ne vous associez pas à ce plan macabre, antidémocratique et sans issue, rejetez le projet de loi au moment opportun.


Au nom de la patrie commune en qui nous croyons tous, nous vous prions de recevoir, Honorables Sénateurs, nos patriotiques salutations.


Organisations/personnalité Représentants Signatures

Analyse de Robert Benodin.

Thèmes de l'Emission de la semaine 

Orlando le 9 avril, 2010                                                 

Actualités Politiques : Grandes Lignes

Les résultats de la conférence de bailleurs de fond à l'ONU ont eu un succès impressionnant. On a offert à Haïti une valeur de 9.9 milliards de dollars pour sa reconstruction avec un calendrier de débours sur plus de 3 ans. Le président de la FMI prédit un taux de croissance annuelle de 8% pendant 5 ans. Le secrétaire général de l'ONU veut qu'Haïti franchisse le seuil d'un futur nouveau. Le président de la Banque mondial veut faire le point dans 6 mois pour synchroniser et harmoniser le flux des fonds et la mise en branle des projets. Le gouvernement Préval/Bellerive exige à cor et à cri la gestion de l'aide. Mais les appels d'offre pour l'exécution de ces projets se feront comme d'habitude dans les pays donneurs d'aide. L'efficacité étant la priorité des priorités, la complexité de ces projets exige que la mise en œuvre soit faite par des compagnies équipées et expérimentées dans les différents domaines que requière l'utilisation de technologies de pointe.

 

Pourquoi Préval au beau milieu de cet ahurissement triomphal a pensé à se faire dédouaner en Diaspora, pas à New York, l'épicentre du triomphe événementiel, où réside la plus ancienne et peut être la plus importante communauté haïtienne des Etats-Unis, mais en Floride avec Leslie Jacques et Alex St, Surin ? Leslie Jacques dit qu'il a été sollicité. Quel est donc le but de cette campagne qui à la fois dédouane Préval et attise les aspirations de la Diaspora ?

 

Leslie Jacques était visiblement honoré, ébahi, émerveillé, fasciné et séduit par la présence présidentielle. Tous ceux qui jusqu'à samedi dernier voyaient en Leslie Jacques des talents d'un journaliste percutant, ont été déçus. Gêné lui-même par son comportement, pour se justifier, il a essayé de s'expliquer en évoquant un prétexte peu convainquant d'ailleurs, le respect dû à l'institution présidentielle. On peut questionner un président sans l'insulter, ni l'affronter. On peut poliment insister sur un point, reformuler la question, après une réponse évasive. On peut respectueusement demander des éclaircissements. On peut aller à la recherche de la vérité avec une certaine maîtrise du langage qui peut certainement résorber toute apparence d'antagonisme. Ayant acquis l'habitude de ces genres d'entrevue qu'il pratiquait régulièrement dans un passé pas trop lointain avec le premier ministre Gérard Latourtue, il a été facile pour Leslie Jacques de reprendre ses vielles habitudes. Reprendre du poil de la bête !

 

Ce ne sont pas les questions qui n'étaient pas pertinentes. Mais le fait de permettre à Préval d'usurper sans effort le contrôle de l'entrevue. On aurait pu comprendre si nous nous trouvions dans un contexte de début de règne où le journaliste aurait voulu subtilement gérer une relation à long terme et s'aménager l'accès à la présidence pour le futur. Mais tel n'est pas le cas. On est de fait en plein dans un contexte de fin de règne. Pire Leslie Jacques en est tellement conscient, pourquoi a-t-il posé à Préval la question suivante :

 

Comment l'histoire va-t-il vous juger, quel est le patrimoine que vous êtes en train de léguer ? Certes, dans ce contexte la validité de la question est irréfutable. Cependant, Leslie Jacques a laissé libre cours à Préval, qui a débité tout azimut, sans interruption, une kyrielle de racontars et d'opinions, lui permettant par-dessus de marché de faire à plusieurs reprises de l'extrapolation pour se donner le beau rôle et améliorer avec exagération une image déjà très ternie. Il s'est senti tellement à l'aise dans sa peau, en contrôle total de la situation, qu'il a osé même aller jusqu'à décrire son successeur, en se prenant lui-même comme model. On est tombé des nues ! Bien que ce soit un sérieux coup d'audace de la part de Préval, on n'a pas pu s'empêcher de rire ! Veut-il se succéder ? A-t-il quelqu'un qu'il veut nommer comme successeur ? Jupiter rend fou ce qu'il veut perdre !

 

Quant à la Diaspora, envers qui Préval et son entourage ont toujours eu un comportement très xénophobe. Il s'est laissé aller dans des promesses et des spéculations à n'en plus finir. Il était évident, pas pour les naïfs, que Préval voulait faire saliver la Diaspora, avec ses promesses et ses élucubrations fantasmagoriques. Il a promis, pas la double nationalité, mais la multiple nationalité à la Diaspora. Il a même promis à la Diaspora la représentation parlementaire, comme pour les Français et les Italiens, la législature d'outre-mer.

 

Qu'est-ce qui en fait caractérise le pouvoir Préval ? C'est d'abord la prépondérance du pouvoir personnel. Préval ne conçoit pas la notion d'un exécutif bicéphale. Il veut, il l'a déclaré publique en présence du premier ministre, être capable de révoquer son premier ministre, sans interpellation parlementaire. Ce n'est un secret pour personne que la 48e législature soit la plus corrompue des annales de la République. Ce n'est un secret pour personne non-plus que malgré le degré de corruption entretenu par Préval au sein de ce parlement, il a jugé nécessaire d'y introduire des criminels notoires, tel que John Joël Joseph (J3) et Moise Jean Charles, pour suppléer au pouvoir de corruption, l'intimidation.

 

Depuis avril 1997 jusqu'à nos jours, sans exception aucune, la confiscation frauduleuse des élections a toujours été son violon d'Ingres pour se garantir le contrôle du pouvoir. Pensez-vous que Préval introduirait volontairement au parlement des législateurs d'outre-mer indépendants venant de la Diaspora sur lesquels il n'aurait aucun contrôle, aucune influence ?

 

Préval dit, qu'il veut faire aujourd'hui la décentralisation. Est-ce que vous vous rappelez qu'après la prestation de serment des délégués de ville et des ASEC, suite à la réunion de Kalico le 28 juillet 2007, pour empêcher les élections indirectes, qui devraient finalement déboucher sur la décentralisation, l'établissement d'un CEP permanent, le choix des juges par les autorités territoriales, la nomination des délégués interdépartementaux ayant droit de siéger avec voix délibérative au conseil des ministres. Il est passé immédiatement à l'attaque au lendemain de l'installation des délégués de ville et des ASEC, pour détruire le CEP qui a organisé les élections qui l'ont ramené au pouvoir. Et il l'a remplacé par un CEP de son cru.

 

Vous vous rappelez les commentaires faits par Préval à propos des délégués interdépartementaux : « moin pa vlé moun sa yo vin la ! » C'est absolument évident que la présence de ces délégués interdépartementaux défendant individuellement au sein du conseil des ministres les intérêts de chaque département, serait entrée automatiquement en conflit avec l'omnipotence présidentielle. Alors que les ministres soient tous indistinctement assujettis à la domination de Préval, menacés par le danger de la révocation, s'ils vendent la mèche. Les délégués interdépartementaux sont absolument indépendants de Préval, nommés par les autorités territoriales. Ils défendent des intérêts qui sont propres à leurs départements et peuvent dénoncer publiquement des décisions qu'ils jugent être préjudiciables à leurs intérêts.

 

Vous Vous rappelez les pressions faites par Edmond Mulet (première version) pour l'adoption de la loi sur la magistrature. En septembre 2007, bien qu'on ait voté au parlement et que l'Exécutif ait promulgué sur le Moniteur, 3 lois sur la magistrature qui devrait établir l'indépendance administrative et financière, pour permettre au pouvoir judiciaire d'agir sans l'influence de l'Exécutif. Préval jusqu'à présent ne les a jamais mises en vigueur. Le commissaire du gouvernement reste et demeure un personnage politique, jusqu'à présent. Vous comprenez, que pour garantir l'impunité à ses exécuteurs de basses œuvres, Préval est obligé de maintenir un corps judiciaire qui lui soit totalement soumis. Le pouvoir judiciaire doit fonctionner sous le contrôle exclusif de Préval, pour qu'il ait et exerce un pouvoir absolu.

 

Aujourd'hui la 48e législature et un tiers du Sénat déjà en caducité depuis le 11 janvier 2010, divisé sur la constitutionnalité de la prolongation de la période d'urgence post-séisme, elle vient de voter la prolongation, par 43 voix pour, 6 voix contre et 3 abstentions. Le parlement tel qu'il est organisé et qu'il fonctionne après avoir proclamé la liste d'amendement à sa dernière session ordinaire le 14 septembre 2009, n'a plus l'authenticité juridique pour légiférer. En outre, l'état d'urgence n'existe pas dans notre constitution. L'état de siège existe, pas l'état d'urgence. La constitution de 1987 dans les articles 278 à 278.4, définit les cas et les conditions pour l'instauration de l'état de siège qui est un acte d'un degré supérieur à l'état d'urgence. Même dans ce cas, la Constitution précise en son article 278.2 que « l'Assemblée Nationale arrête avec le Pouvoir Exécutif, les garanties constitutionnelles qui peuvent être suspendues dans des parties du territoire mises en état de siège ». La constitution de 1987 limite les conditions de suspension des libertés et des droits et de l'octroi des pleins pouvoirs à l'Exécutif. Or l'état d'urgence quand il existe, ne donne-t-il pas les pleins pouvoirs absolus à l'Exécutif ? En d'autres termes, l'état d'urgence proclamé, ne rend-il pas caduc automatiquement tout parlement, même si ce parlement était fonctionnel ? Ce parlement ne l'est pas aujourd'hui. Pourquoi donc la communauté internationale va-t-elle s'amalgamer dans cet imbroglio, se cherchant une confirmation parlementaire adoptée par une législature caduque ? Qui a intérêt dans ce jeu de dupe ?

 

Dans sa poursuite du pouvoir absolu, Préval propose au parlement de prolonger pour 18 mois la loi d'urgence post-séisme. Or dans 10 mois, le 7 février 2011, est-ce que Préval ne sera pas à la fin de son dernier mandat constitutionnel ? Le danger est, qu'ayant obtenu les pleins pouvoirs absolus, par le biais de l'état d'urgence, Préval ne pourra-t-il pas sans coup férir mettre la constitution en veilleuse ? Ce sera pour le malheur du pays. Allez-vous en résigné avaler cette couleuvre ? Is Préval the only man in town?


jeudi 8 avril 2010

Bulletin météo du jeudi 08 avril 2010.


Situation synoptique dans la Caraïbe et  sur l'Atlantique
La zone de haute pression (beau temps) de l'atlantique continue d'influencer la météo de la caraïbe ce matin. Cette situation limite les activités de pluie sur Haïti aujourd'hui.

Prévisions pour Haïti
- Temps partiellement ensoleillé et venteux ce matin ;
- Quelques passages nuageux en fin de journée ;
- Températures agréables en soirée ;
- Faible chance de pluie sur nos départements ce soir.

Prévisions  pour Port-au-Prince et environs
·  Beau temps ce matin ;
·  Quelques nuages cet après-midi ;
·  Tº. max. : 33ºC ; Tº min: 21ºC ;
·  Faible chance de pluie ce soir.

Lever & coucher du soleil pour Port-au-Prince
Aujourd'hui 08 Avril.   
 Lever : 05h 38 mn
 Coucher : 06h 05 mn

Vendredi 09 Avril.
 Lever : 05h 37 mn
 Coucher : 06h 05 mn

Samedi 10 Avril.   
 Lever : 05h 36 mn
 Coucher : 06h 05 mn

Jacquet Jackson, Prévisionniste au CNM

 
Bulletin météo marine du jeudi 08 avril 2010

Valable jusqu'au 09 avril 2010

Prévisions maritimes:
Zone côtière nord : 
Jeudi & vendredi
*      Vent du secteur est sud-est: 15-20 nœuds, devenant sud-est à sud : 10-15 nouds vendredi ;     
*      Hauteur des vagues: 4 à 7 pieds ;
*      Mer plus ou moins agitée.

Golfe de la Gonâve :
Jeudi & vendredi
*      Vent du secteur nord-est à est : 15-20 nœuds ;  
*      Hauteur des vagues : 6 à 8 pieds ;
*      Mer plus  ou moins agitée.

Zone côtière sud :
Jeudi & vendredi
*      Vent du secteur nord-est à est: 15-20 nœuds ;   
*      Hauteur des vagues : 6 à 8 pieds
*      Mer plus ou moins agitée.

Jacquet Jackson, Prévisionniste au CNM 

mercredi 7 avril 2010

Media mosaique: Les jeunes d'Haïti, écartés des négos de la «reconstruction»?

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Une organisation de jeunes se plaint du fait que la force vive que constitue la jeunesse aurait été mise à l'écart dans les consultations enclenchées avec la communauté internationale en vue de la reconstruction d'Haïti. Au regard de l'immense ouvrage qui attend les différents protagonistes, Corejene, par la voix de son président, Herns Mésamours, préfère parler de «refondation».

Tout est à repenser dans un pays, dit-il, où «cinq (5) familles de la capitale contrôlent plus de 60% des ressources nationales». Vu le climat dans lequel se déroulent les pourparlers, Herns Mésamours prédit que, sans une vision radicale de choses, «la reconstruction du pays ne sera rien d'autre que la reconstitution des richesses de quelques privilégiés du statu quo exclusiviste, monopolistique et néo féodal, qui existent en Haïti depuis son indépendance». Ci-dessous la version intégrale de sa mise au point reçue à la rédaction de l'Agence de presse «Média Mosaïque».

RECONSTRUCTION D'HAITI

Position des jeunes du Nord et du Nord-est d'Haïti

Le mardi 12 janvier 2010 à 4hres 53 de l'après midi, mon pays Haïti a connu une catastrophe sans précédent. La terre a tremblé à la capitale. Sous des secousses de magnitude 7.2 sur l'échelle de Richter, les dégâts sont énormes. Si pour la présidence haïtienne 300,000 personnes y ont laissé leur vie, pour l'Eglise Catholique d'Haïti le chiffre se situerait autour de 500,000. Dépassé par l'ampleur des dégâts, l'Etat haïtien n'a pas pu réagir à temps pour sauver les centaines de milliers de personnes emprisonnées sous les décombres. Selon les estimations, les dégâts sont ainsi chiffrés à 1,5 million de sinistrés, 200,000 maisons détruites ou endommagées et 150,000 blessés. Les dégâts matériels sont estimés par la Banque Interaméricaine de Développement à 12 milliards de dollars, 80 % de l'économie nationale serait sous les décombres.

Selon l'Institut haïtien de statistique et d'informatique (IHSI) sur une population de 8 763 588, 58.3 % ont 15 à 64 ans, 36.5% ont moins de 15 ans, 11% ont moins de 5 ans. C'est évident que la majorité des victimes est constituée de jeunes et d'enfants. Les conséquences sociales et économiques de cette catastrophe sur cette catégorie vulnérable de la population est considérable.

Sans prendre en considération cet état de fait, l'avenir d'Haïti serait plus sombre que l'on pourrait imaginer.

C'est en ce sens que COREJENE, au nom des jeunes haïtiens et haïtiennes, remercie la communauté internationale et défend l'idée de réformes structurelles durables et adaptées aux réalités haïtiennes sans lesquelles la reconstruction du pays ne sera rien d'autre que la reconstitution des richesses de quelques privilégiés du statu quo exclusiviste, monopolistique et néo féodal, qui existent en Haïti depuis son indépendance.

Avec la situation catastrophique qui prévaut dans mon pays, les programmes et projets de reconstruction pullulent. Chaque secteur, chaque ONG, a son plan en poche. On ne sait par quelle magie ceux et celles qui depuis des décennies de l'intérieur comme de l'extérieur ont contribué à ruiner l'économie haïtienne, deviennent aujourd'hui des bâtisseurs. A la faveur des promesses de dons venus de partout, résultat d'une solidarité internationale sans précédent en faveur d'Haïti, en veux-tu-en-voilà, les plans de reconstruction sont nombreux. On attend le déblocage des fonds, pour « reconstruire Haïti ». On se dispute le droit de gérer l'aide et de redécouper les nouvelles zones de rapines économiques de toutes sortes.

Nous profitons de la présente pour dire attention!

Si en urgence nous devons : Améliorer la santé, l'éducation et le bien-être des enfants et des jeunes victimes lors du séisme; Favoriser la réussite éducative des jeunes, car ils sont l'avenir du pays; Si de façon ponctuelle nous avons l'obligation de : Favoriser l'insertion professionnelle des jeunes, Améliorer le soutien offert aux jeunes en termes de cantines scolaires et autres; S'il est indispensable d' accroitre la présence des jeunes dans la société, d'élaborer un régime de prêts et de bourses d'étude pour les jeunes étudiants, d'augmenter les fonds alloués au financement de l'Université d'État d'Haïti via des budgets décentralisés, d'Assurer la participation des jeunes et de la représentation de leurs intérêts à travers les sphères décisionnels; la vraie reconstruction d'Haïti passe par des réformes institutionnelles en profondeur : il s'agit également de la refondation du pays.

Car, depuis plusieurs décennies, Haïti est sous perfusion de l'aide internationale. Comme conséquence: le fossé entre les riches et les pauvres n'arrête pas de s'agrandir. Au lieu de développer le pays, l'aide est souvent détournée au profit de quelques privilégiés qui contrôlent les artères du pouvoir politique et de l'administration publique. Les riches deviennent plus riches, les pauvres n'ont plus qu'à crever dans les bidonvilles crasseux sans aucune infrastructure. A chaque régime politique, de nouveaux scandales de détournement de fonds publics et de l'aide internationale. Le cas le plus récent est la gestion inexplicable de 197 millions de dollars qui devaient servir pour voler au secours de sinistrés de l'Ouragan Katerina aux Gonaïves, à environ 190 kilomètres au nord de la capitale. Il y a aussi les fameux plans en faveur des éleveurs de cochons indigènes.

L'Etat haïtien a ainsi détruit l'économie rurale en promettant aux paysans que son plan allait prendre en charge les paysans victimes. Environ 30 ans après, les conséquences économiques de ce fameux plan se font sentir dans le milieu rural. Les paysans sont obligés de fuir vers la capitale.

Pour nous autres, jeunes haïtiens et haïtiennes, la solution au problème d'Haïti doit passer par des réformes institutionnelles en profondeur, ce qui favoriserait une large participation de la population. En conséquence, ces réformes permettraient de combattre les monopoles exclusivistes, d'encourager des investissements directs, la création d'emplois, et faciliter l'intégration des jeunes.

L'augmentation de l'aide a toujours signifié l'augmentation de la corruption, l'augmentation des luttes politiques pour le contrôle de l'aide. Sans des réformes structurelles en profondeur, rien ne changera en Haïti. Pour donner à ce devoir de réforme une base concrète, les jeunes haïtiens et haïtiennes proposent l'établissement d'un Marché commun avec la République Dominicaine avec laquelle nous partageons 300 kilomètres de frontière terrestre. Un objectif qui permettrait à la communauté internationale de suivre l'effort de modernisation d'Haïti, en fonction d'un agenda qui fixerait les mesures à adopter pour rapprocher l'économie haïtienne de celle de la République dominicaine.

Le système d'exclusion qui régnait en Haïti depuis l'esclavage persiste et résiste. Depuis l'occupation américaine de 1915, il est caractérisé par la centralisation et la concentration qui ne sont en fait qu'un système sociopolitique et économique de prédation qui draine toutes les ressources du pays vers un petit groupe de privilégiés.

Environ cinq (5) familles de la capitale contrôlent plus de 60% des ressources du pays. Aujourd'hui le projet démocratique est devenu une ploutocratie. La construction théorique qui constitue le fondement du processus démocratique en Haïti a effondré. Plus qu'on réalise des élections, plus les scrutins sont frauduleux. Les représentants sont ainsi plus médiocres et plus corrompus.

C'est triste et décevante pour nous autres jeunes qui cherchent des modèles de constater que ce sont, dans une certaine mesure, des trafiquants de drogue, des kidnappeurs, des squatteurs et dilapidateurs de fonds publics qui soient les seuls aptes à briguer des postes pour lesquels ils ne sont pas qualifiés.

Au lieu de signifier la participation populaire, élection est devenue une farce pour la légitimation de la mauvaise gouvernance. Certains acteurs de la communauté internationale l'utilisent pour masquer la réalité et justifier leur présence en Haïti : De la poudre aux yeux de l'opinion publique. Pourtant, la diminution croissante de la participation des votants lors des joutes est une preuve du mal qui paralyse les avancées démocratiques en Haïti.

Pour les jeunes d'Haïti, le changement n'est pas volontariste. Les privilégiés resteront accrochés à leurs monopoles. La Communauté internationale doit nous aider à contraindre l'Etat haïtien à faire des réformes en profondeur dans des secteurs comme la douane, la télécommunication, le système judiciaire, le système fiscal, le système financier, le cadastre, le système éducatif qui nous a laissés ignorants et ignorantes des phénomènes sismiques, l'université… La constitution haïtienne doit être réformée. Le secteur privé haïtien doit s'adapter à la compétition qui à ce carrefour est le seul moyen de créer des opportunités. L'aide internationale doit aller dans ce sens.

Même quand de façon ponctuelle les jeunes d'Haïti souffrent de la destruction de leurs établissements scolaires - de leurs centres universitaires, même quand nous pleurons encore la mort des milliers de jeunes tués dans leur salle de classe, même quand nous savons que le nombre des enfants orphelins livrés à eux-mêmes dans les rues est en nette augmentation, que les cas de trafic d'enfants et de la traite humaine en général seraient en nette augmentation dans les mois à venir ;

Même quand de façon ponctuelle nous espérons des actions en faveur des jeunes en termes de bourses d'étude, d'encadrement des écoliers, de prise en charge des orphelins, nous donnons priorité aux réformes structurelles qui une fois pour toute changeraient le destin d'Haïti.

Aidez nous à achever la révolution libertaire de nos ancêtres, cette révolution qui a donné naissance à Haïti, l'unique Etat créé à partir d'un mouvement d'esclaves, la seule révolution d'esclaves de toute l'histoire de l'humanité. Nous, Haïtiens et Haïtiennes, continuons de croire en ce génie qui a guidé nos ancêtres. Ces ''nègres'' et ''régresses'' qui ne représentaient, aux yeux des esclavagistes que des bêtes de sommes destinées à la plantation, ont su choisir la liberté. Même dans l'adversité, nous gardons notre moral. Étant habitués à forger notre indépendance, nous gardons confiance qu'Haïti brisera ce système d'exclusion qui empêche l'unité et ce système qui casse l'élan national depuis 200 ans.

Nous sommes d'autant plus rassurés par la manifestation de solidarité des peuples des cinq (5) continents de ce monde et des quatre points de la terre.

Ce 12 janvier 2010, de façon spontanée, des citoyens et citoyennes de la République Dominicaine, ont attendu des heures pour offrir leur sang au secours des blessés haïtiens. Le peuple de la République voisine avec laquelle nous avions des contentieux historiques nous a aidés avec dignité, c'est une preuve que le monde peut changer dans le sens du bien. La culture de la vie finira par régner sur celle de la mort : de la guerre, des massacres et celle des armes de destruction massive.

Les jeunes d'Haïti sont optimistes. Ils comptent sur votre support pour une approche responsable dans la recherche d'un plan de reconstruction durable pour Haïti.

Merci!

Une autre Haïti est possible, ensemble construisons-la !

Herns Mesamours
President

corejene@yahoo.fr
Cell: 3770-4070
Cell: (229) 364-8330

mardi 6 avril 2010

Haïti : un Etat fantôme.

Par : Cyrus Sibert, souvenirfm@yahoo.fr
Le Ré.Cit.- Réseau Citadelle, Cap-Haïtien, Haïti.
www.reseaucitadelle.blogspot.com

Le 31 mars 2010, par une conférence internationale pour la reconstruction d'Haïti l'ancien Président américain Bill Clinton est légitimé comme gouverneur plénipotentiaire d'Haïti. Il présidera le déboursement de 5 milliards de dollars. Avec le premier Ministre haïtien, « il sera à la tête de commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti ». « Pendant 18 mois, cette nouvelle entité va gérer les 5.1 milliards de dollars obtenus à la conférence sur le futur d'Haïti pour la réalisation de toutes les opérations ayant rapport avec la reconstruction du pays. » Selon les remarques de l'envoyée spéciale de Radio Métropole, Bill Clinton a animé d'une « main de Maitre la session dite ''des remarques relatives aux activités de proximité'' lors de la conférence du 31 mars à l'ONU ». Il a déclaré au reporter que chaque semaine ils (Le gouvernement haïtien et lui) auront à annoncer au moins deux bonnes nouvelles pour montrer au peuple haïtien que la Commission travaille : « J'ai parlé au président Préval et au premier ministre Bellerive et je leur ai formulé mon souhait qu'à partir de maintenant, nous devrons annoncer chaque semaine une ou deux bonnes nouvelles. Même si ce ne sont pas de grandes annonces, il faut montrer chaque semaine aux Haïtiens que nous travaillons pour eux», a-t-il insisté. L'Ancien Président Clinton n'est pas allé par quatre chemins pour déclarer, selon le reporter de Radio Métropole, qu'il fera d'Haïti « le premier pays Wireless du monde ». A ce stade, Clinton n'utilise plus les précautions oratoires, comme veut bien l'usage diplomatique. Il adopte les fameux « Je veux » des BOSS :

Et déjà, Bill Clinton a annoncé qu'il veut faire d'Haïti le premier pays au monde «Wireless», (à connexion sans fil). « En changeant quelques lois en Haïti, on peut le faire. Nous savons qu'Haïti est un pays moderne où les gens utilisent de plus en plus de cellulaires. Je veux que tout le monde ait un cellulaire et ceci dans les régions les plus reculées du pays. Ensuite, je veux que l'accès aux ordinateurs soit répandu. Ainsi, on pourra être dans une montagne reculée et avoir accès à l'éducation en ligne, ouvrir son commerce en ligne et avoir autant d'informations que si l'on était au coin d'une rue de Manhattan. C'est ce que je veux faire », a déclaré Bill Clinton. (Reportage Radio Métropole)

http://newyork31mars.metropolehaiti.com

http://reseaucitadelle.blogspot.com/2010/03/exclusif-bill-clinton-annonce-quil-veut.html

L'objectif est enfin atteint. Haïti est à genoux. Elle est rétrogradée au rang de pays en devenir. L'exemple le plus parfait est l'autorité Palestinienne, un territoire dans lequel on organise des élections pour élire des dirigeants limités dans leur action sur la scène internationale. Pour atténuer l'effet du coup porté au moral de la nation, les grands médias proches de « l'Establishment International » annoncent la découverte de l'Acte de l'Indépendance d'Haïti. On dirait une mise en scène. Une information que beaucoup savaient déjà depuis des années est diffusée comme un scoop, une victoire : On a retrouvé l'acte de l'indépendance d'Haïti! Il est dans les archives de l'Etat Anglais! Ou plutôt, cherche-t-on à nous rappeler que notre indépendance est symboliquement et réellement aux mains des étrangers?

Cette situation nous fait penser à une déclaration de l'Economiste Fritz Jean, ancien Gouverneur de la Banque Centrale d'Haïti. Sur les ondes d'une station de Radio Kontak Inter, ce dernier a déclaré : « Ceux qui critiquent l'Etat haïtien sont en fait les destructeurs de cet Etat. Depuis plusieurs décennies, ils ont miné le fonctionnement de l'Etat d'Haïti. En accordant des fonds aux ONG qui arrivent à payer les meilleurs cadres au détriment de la fonction publique, en encourageant l'exorde des cadres intermédiaires vers des pays du Nord, ils condamnent l'Etat haïtien à disparaitre. On ne renforce pas un Etat sans cadres. On ne lutte pas contre la corruption sans cadres capables de renforcer les systèmes de contrôle interne. » ---Fin de citation. Et nous, nous ajoutons, suite à l'extermination, au début des années 80, des cochons indigènes dit cochons créoles qui représentaient la base de l'économie rurale, en début des années 90, ils ont imposé un embargo économique et pétrolier en réponse à un coup d'Etat fomenté par leurs services secrets ; ils ont profité de cette situation de crise pour rétablir un Président dénaturé au pouvoir, déstabiliser la sécurité intérieure du pays en détruisant l'Armée d'Haïti pour la remplacer par des gangs. Aujourd'hui, ils empêchent aux forces régulières de l'Etat d'acheter des armes tandis que les bandits trouvent l'armement et les munitions nécessaires pour semer le trouble ; ils nous envoient des criminels des gangs les plus redoutés d'Amérique du Nord ; ils utilisent le trafic de la drogue pour détruire notre société ; pour preuve, les trafiquants sont élus sans difficulté à la tête de l'Etat et au parlement avec la tolérance complice de l'internationale; des journalistes et autres membres de la société civile qui osent dénoncer les trafiquants sont ridiculisés, car les personnes dénoncées sont bien accueillies dans les Ambassades et dans les pays qui mettent notre Haïti sur la liste noire des pays contrôlés par des trafiquants de stupéfiants; ces pays financent sans difficulté les élections frauduleuses contrôlées par les trafiquants, les assassins et les kidnappeurs ; leurs diplomates accueillent favorablement les résultats et félicitent les bandits pour leur succès électoral. Ils placent continuellement Haïti sur la liste des pays à éviter même quand l'insécurité en Haïti n'est pas généralisée – c'est évident qu'en Haïti l'insécurité est circonscrite dans des zones bien déterminées ; Ils sont derrières tout mouvement subversif ; Etant des pays amis, ils se déclarent, publiquement, en faveur d'accord politique pour la paix en Haïti, pourtant, ils conseillent les nationaux à refuser tout accord politique. Un comportement qui jette le pays dans une série de crises politiques. Des troubles qui justifient des sanctions ; des sanctions qui justifient que l'aide internationale passe par des ONGs. L'Etat d'un pays qui n'exporte presque rien, a sous le bras un budget de plus en plus dépendant du support budgétaire de la communauté international. Tout dépend de l'aide internationale, de l'organisation des élections jusqu'à la délivrance de la Carte d'Identité Nationale. Il devient complètement dépendant et s'enlise dans la mendicité internationale; il est réduit à sa plus simple expression. Entre-temps, les ONG prennent de l'extension. La classe moyenne – société civile et leaders politiques reçoivent des fonds en qualité de Consultants. Chaque homme d'affaires, chaque intellectuel, chaque leader politique influent, finit par créer son ONG pour arrondir les angles de son budget personnel. L'Etat haïtien est ainsi abandonné aux mains de leaders politiques les plus corrompus qui dilapident le peu de fonds du trésor public. Le secteur dit '' privé'' ne peut exister que sous forme de groupes monopolistiques dépendants de l'Etat et du pouvoir politique. Conséquences, un Etat prédateur, illégitime, dirigé par des criminels corrompus et décrié en permanence par les haïtiens de l'intérieur comme de la diaspora est facile à réduire à sa plus simple expression.

On ne sait pas par quelle coïncidence les haïtiens qui étaient au timon des affaires lors de l'application de ces grandes décisions antinationales sont toujours au pouvoir en Haïti :

- Jacques-Edouard Alexis (l'extermination de cochons indigènes),

- René Préval (Premier Ministre du Président Aristide qui solidairement avait réclamé l'embargo contre Haïti, l'invasion du territoire national par l'armée américaine en 1994, la destruction du système de sécurité nationale par le renvoi de l'Armée et son remplacement par des gangs criminels liés à la drogue),

- Elizabeth Delatour (Epouse-active du Ministre Leslie Delatour, l'homme connu pour ses réformes précipitées et limitées aux intérêts des groupes monopolistiques ayant entraînées la destruction de plusieurs filières de production de l'économie haïtienne),

- sans compter les éternels laquais du Palais national, les rampeurs de toujours.

Dans son livre The Bilderberg Group, le journaliste enquêteur Daniel Estulin fait la lumière sur une série de plans d'anéantissement et de mise sous contrôle d'Etats ou de régions du monde par un groupe d'influence qui se positionne en gouvernement secret. Ce gouvernement se réunit chaque année entre Avril et Mai. Il serait contrôlé par des personnalités comme David Rockefeller et réunirait des personnalités diverses des affaires, de la politique, du renseignement, de l'armement, de l'université, des relations internationales et de la presse. Un homme comme Bill Clinton serait membre de ce gouvernement secret qui se réunit loin des cameras et des journalistes. Un groupe qui joue un rôle important dans les grands événements de ce monde depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. La situation au KOSOVO a été planifiée et exécutée par ce groupe. L'auteur conclut son premier chapitre en ces termes:

Faced with chaos, we are reacting as Nixon did when he was first isolated, confused and later destroyed by the global planners. Demoralized and confused, lacking self-esteem, unsure of the future, people are far more ready to welcome the sudden appearance of a "Messiah", a New Order that promises to eliminate drugs, pornography, child prostitution, rampant crime, wars, famine and suffering, and guarantee a well-ordered society in which people live in harmony.

But this newly hatched "harmony" will encroach on our freedoms, humans' rights, thoughts and our existence. "Harmony" will mean a welfare society; we will become just a number in the vast bureaucratic system of the New World Order. Non-conformist, such as myself, will be interned in Guantanamo-like concentration camps. All this will happen unless we the people of (what is left of) the free world, stand up to defend our national ideals, rather than leave it the hand of the governments, the EU commissioners, the UN representatives and the royalty who have betrayed us.

These nice proper members of European royal families, the sweet-talking elderly ladies and the debonair gentlemen are, in reality, utterly ruthless. They will use the suffering of every nation and exploit its wealth to protect their privileged way of life. The aristocracy's fortunes are "inextricably woven and intertwined with the drug trade, the gold, diamond and arms trades, banking, commerce and industry, oil, the news media and entertainment industry''. p. 62-63.

Un survol de « The Failure of Intelligence, The Decline and Fall of CIA », le livre de Melvin Goodman, un chercheur de Center for International Policy, un ancien analyste d'environ 40 ans d'expérience à la CIA et à l'INR (State Department), démontrera qu'il n'est pas difficile pour ces renégats de trouver les éléments nécessaires pour politiser les agences de renseignements afin qu'elles puissent inventer des ''faits'' et produire les rapports d'intelligence nécessaire à la justification des plans adoptés auprès des Congressmen et de l'opinion publique internationale. Le travail de George Tenet pour justifier l'invasion de l'Irak est l'exemple le plus récent. Il suffit pour les grands de définir leur objectif et le ''rapport d'intelligence-justificatif'' sera fourni sur commande.

L'annonce par Bill Clinton du développement en Haïti d'un espace Wireless nous laisse perplexe. Lorsqu'on sait que ce n'est pas la priorité des haïtiens - même quand une telle technologie servirait le pays - on se demande si notre pays n'a pas été entrainé dans son état actuel de faillite pour mieux servir les intérêts économiques et stratégiques d'un clan international représenté par Bill Clinton. Les Clinton sont connus pour leurs investissements dans la télécommunication.

Nous avons publié plusieurs textes invitant les dirigeants haïtiens à agir de façon responsable pour éviter la destruction de l'Etat d'Haïti. Dans « Faut-il un administrateur international pour Haïti ? » et dans « Haïti : qu'avons-nous fait de notre souveraineté ? » nous avions présenté les enjeux qui font de notre territoire un espace convoité et nous avions invité nos gouvernants à agir en hommes et femmes d'Etat. Malheureusement, notre intelligentsia est trop piètre pour éviter l'achèvement de ce plan de mise sous-tutelle. Elle n'a pas pu décrypter le message caché derrière l'insistance du président Français Nicolas Sarkozy pour le respect de la souveraineté d'Haïti, lors de sa visite en mars 2010 à Port-au-Prince. S'agissait-il d'une mise en garde sincère ou d'une menace pour un meilleur partage des avantages en Haïti? Des réunions se sont tenues en ce sens à Ottawa et un peu partout dans le monde. Un texte-rumeur a circulé sur le web faisant état d'une loi qui aurait été proposée par les Clinton en vue de faire d'Haïti un territoire américain. Sur le terrain, le comportement corrompu des dirigeants du gouvernement et de la fonction publique fait de cette idée une porte de sortie. Dans une analyse parue le 19 mars 2010, titrée « Le Canada devrait-il gouverner Haïti ? », l'économiste canadien François Pouliot exprime l'opinion de Thomas Moore, un ancien conseiller économique du président Ronald Reagan et propose « qu'un référendum soit organisé en Haïti et que l'on demande à sa population si elle accepterait que le Canada soit porté au pouvoir et nommé pour prendre charge de son administration dans les 20 prochaines années. »

http://argent.canoe.ca/lca/affaires/canada/archives/2010/03/20100322-085012.html

Cette proposition a été lancée en connaissance de cause, vu qu'un référendum donnerait gagnant l'idée qu'Haïti soit sous la tutelle des Etats-Unis ou du Canada. Ce sont là des signes de l'application active du plan d'anéantissement de l'indépendance d'Haïti. Ils sont sur le terrain. Ils ont des données. À partir des ONGs, ils sont dans tous les coins et recoins du territoire national. Ils maitrisent le pays mieux que le gouvernement irresponsable et appliquent leur agenda.

Comme la déclaration du Général Alexander Haig « I am in control here, in the White House », suite à la tentative d'assassinat du Président Ronald Reagan, avait mis à nu ses ambitions politiques au mépris de l'Etat de santé du Commandant en chef, l'annonce unilatérale du projet de faire d'Haïti le premier pays Wireless du monde montre clairement que nous nous sommes fait avoir : Clinton est dans un pays conquis. Ce qui reste de l'Etat d'Haïti n'est que fantôme.

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1- Haïti qu'avons-nous fait de notre souveraineté ?

http://reseaucitadelle.blogspot.com/2010/04/haiti-quavons-nous-fait-de-notre_8914.html

2- Faut-il un administrateur international pour Haïti ?

http://reseaucitadelle.blogspot.com/2010/04/faut-il-un-administrateur-international_01.html

RESEAU CITADELLE (Ré.Cit.), le 06 Avril 2010, 15 hres 11.

Le Matin-Editorial: Paradoxes! par Daly Valet

Le Matin- Vendredi 2 - Jeudi 8 avril 2010 No 34212

Éditorial

Paradoxes !

Il y a d'un côté le représentant en exercice du Secrétaire Général de l'Onu en Haïti, le Guatémaltèque Edmond Mullet, qui ne rate, depuis un certain temps, aucune occasion pour pointer du doigt la communauté internationale dans l'effondrement de l'État haïtien. Ou du moins dans la faillite d'Haïti tout court. Il y a de l'autre un Bill Clinton, le « Monsieur Haïti » attitré de cette communauté dite internationale dans le cadre de la reconstruction, lequel ne cesse de larmoyer sur le sort d'Haïti. Il a récemment présenté des excuses pour le rôle pernicieux qu'ont joué, dans l'agonie de la production agricole haïtienne, les politiques de libéralisation du marché haïtien promues et imposées par les administrations successives américaines, dont la sienne, depuis la chute du régime des Duvalier en 1986. Il y a, par ailleurs, ce document interne de la Maison Blanche d'Obama, qui fait état de « l'échec de l'aide directe américaine à Haïti depuis 1990 », soit près de 4 milliards de dollars. Les auteurs de ce document d'évaluation confidentiel affirment que cette aide n'a pas produit des résultats probants et qu'ils ont peiné à repérer ses « impacts durables » sur le terrain. Tache et plaie sur la conscience, comme le New York Times a récemment décrit Haïti dans un éditorial, notre pays donne aussi lieu à des examens de conscience du côté de ses tuteurs internationaux officiels et autoproclamés. C'est comme si tout d'un coup ces acteurs étaient devenus des êtres inspirés. Enfin, des nouveaux Paul sur la route de Damas ! Tardive conversion.

Ces remises en question de pratiques de coopération mal pensées et déstabilisantes, tendent toutes, s'entend-on dire, vers une redéfinition des modes opératoires traditionnels et vers un recadrage des paradigmes actuels dans l'accompagnement ou dans ce qu'il faut désormais considérer comme la prise en charge directe d'Haïti par l'international. Sincères ou pas, ces aveux valent leur pesant d'or. Ils permettent de finalement lever le voile sur la spectaculaire débâcle en Haïti à la fois des Nations Unies et des Etats-Unis durant les vingt dernières années au plan politique.

Leur obsession monomaniaque pour des « élections à n'importe quel prix » avec n'importe quel président pseudo-démocrate a fini par décrédibiliser le principe même d'élections et rendu à la fois encore plus chaotique et erratique la transition démocratique haïtienne.

Leur assistance a été, cependant, fort utile dans les secteurs de la santé et de l'éducation. Là encore, il y aurait beaucoup à redire au regard de ces organisations non gouvernementales qui disposaient de budgets plus substantiels que les institutions de l'État relevant de leurs secteurs d'intervention. Il s'agissait de contourner l'État. Ces ONG recevaient leur appui financier de l'international et constituaient des « petits États forts » à côté d'un État central affaibli.

Conséquemment, le peuple haïtien se retrouve aujourd'hui sans un appareil gouvernemental digne de ce nom à même de l'accompagner efficacement dans sa quête de mieux-être et d'une Nouvelle Haïti. Evidemment, les Haïtiens ont été eux-mêmes les artisans de leurs propres turpitudes. Leurs dirigeants ont de gré abdiqué leurs droits de gouverner dignement avec une certaine autonomie. Et aujourd'hui, ils consentent à se laisser dépouiller de leurs prérogatives régaliennes dans la reconstruction du pays. En prélude et en marge de la Conférence de New York du 31 mars, il a été quand même curieux d'entendre ceux-là qui ont présidé depuis des décennies à l'affaiblissement d'Haïti, au démantèlement de ses structures étatiques, de ses capacités de produire, et à la mise à genoux de son peuple, la qualifier paradoxalement de « République des ONG ». Autrement dit, le pays au monde avec le plus d'engeances du genre par tête d'habitant, soit près de dix mille y opérant actuellement librement dans des domaines divers.

Comment devrait-il en être autrement quand, sous couvert d'humanitarisme, les lois de la République ont été de fait mises en veilleuse pour permettre aux agents de pointe de l'assistanat et à la tutelle étrangère de s'installer dans la durée sur les ruines programmées de ce qu'il nous restait d'État souverain ?

Des pratiques renouvelées devront s'instituer pour favoriser l'émergence d'un État national fort, humaniste et responsable, et où, face à l'international, nos politiques ne seront plus réduits à inaugurer les chrysanthèmes dans la conduite des affaires domestiques d'Haïti.


Daly Valet

Un passager français prend la défense d'un Haïtien en passe d'être déporté.

Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés

GARR

69, Rue Christ-roi

Port-au-Prince, Haïti

Téléphone (509) 22-45-6525

e-mail: garrhaiti@yahoo.com , site : www.garr-haiti.org

Témoignage sur la déportation ratée d'un Haïtien en France

Un passager français à bord d'un avion prend la défense d'un Haïtien en passe d'être déporté, pieds et mains liés, vers Haiti

06 avril 2010

Frank ALEXANDRE, citoyen français, raconte l'intervention qu'il a faite, le 17 mars 2010 à l'aéroport d'Orly à bord d'un avion de la compagnie CORSAIR pour s'opposer à la déportation d'un Haïtien.

A peine avait-il embarqué, que des cris lui parvenaient de la partie arrière de l'appareil où des policiers en civil et en uniforme s'agitaient autour d'un homme menotté, les mains derrière le dos et les pieds liés, confie Alexandre. L'un des policiers avait sa jambe gauche sur le clandestin nommé Charly alors qu'avec ses mains, il lui tenait le visage, explique le passager français. Un autre policier aidait son collègue à immobiliser Charly.

Le ressortissant haïtien ne cessait de hurler qu'il ne voulait pas retourner à Haïti, qu'il avait tout perdu, sa maison, ses proches et qu'il préférait aller en prison ici parce que là-bas il n'y avait que la mort, rapporte Franck Alexandre. « Je me suis immédiatement insurgé devant cette situation, poursuit le citoyen français, sachant ce que ce peuple vient d'endurer et qu'il y a une trêve entre la France et Haïti, trêve qui permet à tout ressortissant Haïtien de pouvoir demander l'asile sur le territoire Français ». M. Alexandre s'est adressé aux policiers en ces termes : Etait-il normal de maintenir cet homme de cette façon aussi inhumaine, humiliante et inacceptable.

Franck Alexandre a cherché et obtenu l'appui d'autres passagers à bord de l'avion pour défendre la cause du citoyen haïtien, sujet à déportation. Entre temps, il a pu joindre au téléphone le service de reportage de France 2 télévision pour l'informer de cette déportation en cours. Peu de temps après le commandant de bord alerté sur cet appel a garé l'avion en bout de piste et les policiers sont descendus de l'appareil en compagnie de Charly qui a pu ainsi éviter la déportation vers Haiti.

L'intégralité de la correspondance du passager français Franck Alexandre vous est proposée

Lisane André

Responsable de la Section

Communication & Plaidoyer

GARR

Monsieur le Président,


Suite à notre entretien téléphonique du 18 mars 2010, concernant mon intervention auprès des forces de l'ordre à bord d'un vol CORSAIR afin d'éviter l'expulsion d'un ressortissant Haïtien, je vous adresse un e-mail pour vous relater en détail ce dont j'ai été témoin.

10h30, Orly sud le 17 mars 2010, vol CORSAIR SS 0866 départ 11h10 à destination de Pointe à Pitre via Fort de France.

Il est 10h35 quand je me trouve à bord de l'appareil accompagné de ma concubine. Après quelques minutes, le temps de s'installer, notre attention est retenue par des cris et un brouhaha qui proviennent du fond de l'avion d'où plusieurs policiers en civil et en uniforme s'agitent autour d'un homme de couleur noire.

Je me rapproche auprès d'un steward pour lui demander ce qui ce passe et celui-ci me répond que c'est une personne qui serait rentrée clandestinement sur le territoire français et qu'il était donc renvoyé dans son pays d'origine.

J'insiste pour connaitre le pays de cet homme, et quelle n'est pas ma stupéfaction lorsque j'apprends que ce "clandestin" est Haïtien.

Je me suis immédiatement insurgé devant cette situation, sachant ce que ce peuple vient d'endurer et qu'il y a une trêve entre la France et Haïti, trêve qui permet à tout ressortissant haïtien de pouvoir demander l'asile sur le territoire français.

Je prends donc la décision de me rendre à l'arrière de l'appareil afin de me renseigner auprès des 2 policiers en civil, qui sont restés avec ce Mr Haïtien, menotté les mains dans le dos, les pieds liés comme si cette personne était un dangereux criminel, au point tel que l'un des policiers avait sa jambe gauche posée sur celles du "clandestin" alors qu'avec ses mains il lui tenait le visage afin qu'il ne puisse pas se débattre, pendant que l'autre policier aidait son collègue à maintenir cet homme qui ne cessait de hurler qu'il ne voulait pas retourner à Haïti, qu'il avait tout perdu, sa maison, ses proches et qu'il préférait aller en prison ici parce que là-bas il n'y avait que la mort.

Je me suis donc présenté et après avoir posé des questions sur le statut de cet homme, et était-il normal de le maintenir de cette façon aussi inhumaine, humiliante qu'inacceptable ? Ces 2 policiers m'ont expliqué qu'en fait ce Mr était en possession d'un passeport valide avec un visa qui malheureusement avait expiré et qu'il avait un peu tardé à faire régulariser sa situation. Ils l'escortaient jusqu'en Guadeloupe pour soit disant refaire la démarche afin d'obtenir peut-être la régularisation, parce qu'il était rentré sur le territoire Français par la Guadeloupe.

Entre temps un médecin en pédiatrie, exerçant à l'hôpital St Vincent de Paul à Paris, s'est joint à moi pour faire pression auprès des policiers pour que dans un premier temps ils relâchent leur étreinte sur Charly puisqu'aux dires de ces 2 hommes ce "clandestin" se prénomme ainsi, et pour que dans un second temps, le Docteur puisse prendre son pouls, tant Charly était dans un état de panique, de peur, de surtension, d'angoisse et de nervosité extrême. Le médecin a même proposé de lui donner un calmant, chose que les policiers ont catégoriquement refusée.

Devant cette situation, j'ai demandé au steward que le commandant de bord vienne sur les lieux. Celui-ci s'est présenté et nous a ordonné d'aller nous assoir et à demander à Charly de cesser de faire tout ce raffut, car de toute façon il avait pris la décision de décoller et sur ces paroles s'en est retourné.

Je lui ai dit que de toute façon il n'était pas question que cet avion décolle avec à son bord une personne qui était maintenue dans ces conditions et que je refusais donc de m'asseoir, j'ai demandé aux personnes qui m'approuvaient de bien vouloir se lever. Plusieurs voyageurs se sont alors joints à moi, dont un couple qui m'a laissé ses coordonnées pour témoigner si besoin était et qui doit me faire parvenir quelques photos prises à bord dès la fin de leur séjour sur la Martinique.

Pendant ce temps, le commandant de bord a fait avancer son avion en direction de la piste d'envol. Ne voyant pas d'autre solution, j'ai décidé d'appeler France 2 TV, service reportage, pour les informer de la situation et en espérant que cela allait peut-être faire revenir le commandant de bord sur sa décision.

Après avoir expliqué ce qui se passait à bord de ce vol au Directeur du service reportage, Mr Olivier CAROW, que j'informais par téléphone de l'évolution des événements, j'ai à nouveau demandé au steward de prévenir le commandant de bord de ma décision concernant France 2, et c'est donc après plusieurs minutes que celui-ci a fait une annonce comme quoi il était forcé et contraint de s'arrêter sur un parking en bout de piste pour débarquer un "individu en situation irrégulière".

C'est ensuite un véhicule de la PAF qui est venu se positionner à l'arrière du boing 747 pour que les policiers descendent de l'avion accompagné de Charly.

Nous avons décollé à 12h35.

J'ai eu Mr CAROW depuis au téléphone, il m'a confirmé que Charly était retourné en centre de rétention pour 3 ou 4 jours, mais que du fait que j'avais fait intervenir la presse télévisée, qu'il était fort possible que les autorités réfléchissent à deux fois sur l'expulsion de Charly, et qu'il allait mener une enquête de son côté quant à savoir si les conditions de la trêve sont bien respectées et qu'il était près au cas où à faire un reportage sur le sujet.

Dans l'espoir que mon intervention puisse permettre à toutes et tous ces "CHARLY" de vivre dignement et de refermer leur blessures, et si demain je dois à nouveau recommencer ce que j'ai fait, alors c'est avec la plus grande fierté que je recommencerai...

Je me tiens à votre entière disposition pour toutes informations complémentaires et vous prie de croire, Monsieur le Président, en mes plus profondes et respectueuses salutations.

Que mon témoignage serve une juste cause.


Frank ALEXANDRE

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