mardi 18 mai 2010

Revue de la presse nationale

Manifestation à Port-au-Prince : un blessé par balle

Plusieurs milliers de personnes ont pris part ce lundi à Port-au-Prince à une nouvelle manifestation anti- gouvernementale, au cours de laquelle, une personne a été blessée par balle.

Les groupes de manifestants qui provenaient d'endroits différents se sont rencontrés dans les parages du Palais National où un important dispositif de sécurité avait été mis en place très tôt dans la matinée en prévision à ce mouvement.

Les protestataires ont forcé des barrages installés par les membres d'une unité spécialisée de la Police Nationale. Ils scandaient des slogans hostiles au Chef de l'État.

Soulignons que tous les participants n'avaient pas les mêmes revendications. Si certains manifestants pro-Lavalas exigeaient le retour de leur leader, Jean Bertrand Aristide, d'autres réclamaient purement et simplement le départ du président Préval, qui selon eux est en train de violer la constitution de 1987.

Notons que cette manifestation a été organisée par plusieurs organisations politiques dont Lavalas et le PNDPH. Elle fait suite aux mobilisations qui ont eu lieu le week-end écoulé, notamment au Cap Haïtien dans le Nord ou à Jacmel dans le sud-est.

EJ/Radio Métropole Haïti

Myrlande Manigat approuve le mouvement anti-Préval

La secrétaire générale du Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes, (RDNP), Myrlande Hyppolite Manigat dit supporter le mouvement orchestré depuis quelques semaines, contre le pouvoir en place. Cependant, la constitutionaliste ne demande pas le départ anticipé du Président Préval.

Intervenant à la rubrique le point sur le 100, la secrétaire générale du RDNP, estime que la mobilisation anti-Préval est justifiée compte tenu des violations de la constitution perpétrées par le régime en place.

« Je ne réclame pas son départ, je dis que son départ serait une bonne chose », précise madame Manigat de la Plateforme des patriotes haïtiens (PLAPH).

Tout en présentant son soutien au mouvement populaire, elle croit que le départ du Chef de l'État, est inéluctable et que ce sera une bonne chose pour le pays.

Selon, madame Manigat, cette mobilisation, qui prend de l'ampleur, doit être prise au sérieux parce qu'elle permet à une frange de la population qui ne s'implique pas habituellement dans la politique de s'exprimer concernant le départ du président.

Depuis plusieurs semaines, les manifestations anti-gouvernementales se multiplient au pays, notamment en province. Les manifestants réclament le départ du Président de la République qui selon eux ne respecte pas la constitution de 1987.

EJ/Radio Métropole
Le chef de l'Etat œuvre afin de lancer le processus électoral

Les autorités gouvernementales et électorales s'activent afin de relancer le processus électoral interrompu par le séisme du 12 janvier.

Le président haïtien René Préval a eu vendredi dernier une séance de travail avec des experts de l'OEA ainsi que des responsables d'institutions impliquées dans le processus électoral.

M. Préval a soutenu que la modification de l'article 232 de la loi électorale représentait une précaution supplémentaire. Il a réaffirmé sa détermination à tout mettre en œuvre pour que tous les élus entrent en fonction avant son départ.

Au cours de la rencontre les experts de l'OEA ont confirmé que techniquement le scrutin pourra se tenir avant fin novembre 2010. Ils ont également réitéré leur détermination à fournir un appui technique à l'organisme électoral.

De son coté, le président du Conseil Electoral Provisoire (CEP), Gaillot Dorsainvil, s'est réjoui de la garantie donnée par les responsables de l'Office Nationale d'Identification (ONI) en ce qui a trait à l'impression des cartes et la liste électorale. M. Dorsainvil annonce qu'une campagne de sensibilisation sera lancée par son institution en vue d'inciter les électeurs à faire état de leurs nouvelles adresses.

Le président et le directeur général du CEP donnent l'assurance que les élections pourront se tenir à temps. La rencontre du 14 mai avec les membres du système électoral a eu lieu 72 heures après une première rencontre d'évaluation.

LLM / Radio Métropole Haïti.

Ma Plume Pleure ( 18 Mai 2010)


Ma Plume Pleure

Ma plume pleure les souffrances

De mon peuple qui se noie dans la misère.

Mon stylo stylise les lentes cadences

D'un mendiant qui s'égare dans la galère.


Ma voix dénonce la vaine guerre et l'injustice

Qui punissent les plus impotents de la vallée.

Un petit groupe se voit maigrement récompenser,

Quelle honte pour un monde infesté de vices.


Mon pinceau démasque l'inégalité et le déséquilibre

Qui bottinent tout un univers soi-disant libre.

Mes rayons laser brûlent l'iris des aveugles

Qui voient très clair le mini-tableau de mon peuple.


Je suis le gendre du poète lâchement exécuté

Et le petit-fils du plus pauvre empereur assassiné.

J'abhorre la vanité et la mièvrerie de l'homme

Qui se croit supérieur à l'hérisson et à la pomme.


Ma plume pleure pour mon peuple

Qui boit l'absinthe comme un aveugle.

Ma voix emportée par le vent de la liberté

Est pareille aux soupirs perçants des enfants affamés.


Copyright© Mai, 2010, Hebert Logerie, Tous Droits Réservés

FLASH-FLASH-FLASH MASSIVE DEMONSTRATION AGAINST PREVAL ; haitian-truth.org

http://www.haitian-truth.org/flash-flash-flash-2/

FLASH-FLASH-FLASH

May 18, 2010

By

Monday, May 17, 10:45


MASSIVE DEMONSTRATION AGAINST PREVAL


Large demonstration called for 11:00 today was already filling the streets by 10:00 and looks to exceed the estimated 12,000 that protested last week.


Each week will see more people gathering.. until Preval finally accepts reality and departs.

He is still in negotiating for a suitable escape.


Cuba has shown reluctance at accepting him, as has Brazil because of the potential repercussions resulting from his massive theft of state funds and involvement with the cocaine trade. Venezuela has given tentative approval.

lundi 17 mai 2010

Mobilisation anti-gouvernementale ce lundi et demain mardi.

Mobilisation anti-gouvernementale ce lundi et demain mardi

Lundi, 17 Mai 2010 Signal FM

Des manifestations anti-gouvernemental es confirmées pour ce lundi et demain mardi à travers le pays à l'appel de l'opposition politique.

Entre autres objectifs visés, les organisateurs veulent le départ du Président de la République, René Préval dont le mandat arrive à terme en 2011.

Les manifestants entendent marcher à travers le pays les 17 et 18 mai prochains pour dénoncer les dérives du Gouvernement. Un mot d'ordre émanant de plusieurs plateformes de l'opposition politique a été lancé en ce sens.

Le représentant de la Plateforme RASANBLE, Dr Turneb Delpé, croit que les manœuvres de l'Exécutif visent l'instauration d'un pouvoir dictatorial dans le pays.

« Ces démarches, indique-t-il, rappelle la période de Papa Doc ».

M. Delpé conditionne la participation de l'opposition aux prochaines joutes électorales au renvoi de l'actuel CEP, l'organisme chargé d'organiser des élections.

Des plateformes politiques qui expriment leurs inquiétudes face à la réalisation des élections libres, honnêtes et démocratiques en Haïti, préconisent la formation d'un gouvernement de salut public, condition sine qua non, selon elles, pour sortir le pays de l'impasse actuelle.

Le Secrétaire Général de l'une des branches du PDCH ne partage pas l'idée de renvoi du président René Préval.

Exanel Alexis estime que l'actuelle mobilisation antigouvernementale ne peut sortir le pays de l'ornière. Monsieur Alexis préconise de préférence un compromis politique et économique.

Six sénateurs exigent la démission du président du Sénat de la République, Kelly C. Bastien

Lundi, 17 Mai 2010 Signal FM

Le Sénat haïtien, réduit à 20 membres, est sur le point d'être déchiré et frappé de dysfonctionnement. Six sénateurs exigent la démission du président du Sénat de la République, Kelly C. Bastien dans une correspondance adressée aux autres membres du Grand Corps.

« Cette lettre intervient suite au vote qui a eu lieu la semaine dernière sur la prolongation du mandat du Président Préval, lorsqu'un un groupe de sénateurs, indignés, avaient vainement plaidé pour l'application de la loi interne du Sénat et de la constitution », a expliqué l'un des signataires de la lettre, Jean William Jeanty.

Dans cette correspondance aux autres membres du Grand Corps, Youri Latortue, Evalière Beauplan, Jean William Jeanty, Willy Jean-Baptiste, Edmonde Supplice Beauzile et Maxime Roumer accusent le président de violation des règlements intérieurs du Sénat et l'excès de pouvoir dans le processus du vote de la loi sur l'amendement de l'article 232 de la loi électorale de 2008.

« En invitant la majorité gouvernementale à voter le projet d'amendement en violation flagrante des articles 83, 107, et 108 relatifs au règlement, le sénateur Kelly Bastien s'est désavoué comme président de l'Assemblée », lit-on dans cette lettre dans laquelle les protestataires dénoncent également l'illégalité du vote.

« Le président du Sénat doit être au-dessus de la mêlée », a expliqué le sénateur Jean William Jeanty, faisant remarquer que le quorum n'est pas aussi facile comme autrefois au Sénat. « Personne ne détient pas la majorités au Sénat. A présent, on doit tenir compte de la minorité pour y obtenir le quorum. Il importe de trouver un consensus pour faire fonctionner le Grand corps ».

Ranmase: "Le mariage de Préval l'a perverti et a fait de lui un apprenti dictateur", Acluche Louis- Jeune / radio television caraibe

Ranmase: "Le mariage de Préval l'a perverti et a fait de lui un apprenti dictateur", Acluche Louis- Jeune



Posté: 2010 Mai 17 - 00:55

Le député de Dame-Marie (Gde Anse) de l'OPL dont le mandat parlementaire se termine ce lundi 10 Mai en même temps que la 48e législature (la totalité de la chambre des députés et 1/3 du sénat) n'a pas mis de l'eau dans sa bouche pour critiquer le président René Préval qualifié de tous les maux.

"Elisabeth Delatour, l'actuelle épouse du président Préval est une femme qui aime l'argent et le pouvoir; elle a changé le chef de l'Etat qui est aujourd'hui devenu un homme nouveau avec un appétit démesuré pour le pouvoir; c'est presque normal qu'il cherche à se maintenir au palais national au-delà du terme de son mandat", a déclaré le parlementaire qui participait à l'émission Ranmase de samedi dernier sur Caraibes FM. Acluche Louis Jeune dont le franc-parler est connu a aussi indiqué qu'il n'entend pas prendre part à la séance en Assemblée Nationale prévue ce lundi pour clôturer la législature : "Ma présence doit être aux cotés du peuple qui va manifester dans les rues ce lundi pour demander le renvoi de Rene Preval du pouvoir", a encore fait savoir le député Louis Jeune. L'ancien sénateur Turneb Delpé n'était lui-même pas en reste dans le flot de critiques qui se sont abattues sur le président Préval:" On savait déjà que René Préval était un anarchiste mais, par contre, on ne savait pas si en plus, il était un vendeur de pays", a dit Turneb Delpé qui a promis de prendre part à toutes les manifestations qui vont viser son renvoi du pouvoir", a dit le dirigeant du PNDPH. Les propos de Mme Edmonde Supplice Beauzile, premier sénateur du Centre sont allés dans le même sens de la condamnation des actes du chef de l'Etat, notamment ce projet de loi prorogeant son mandat présidentiel: "Il est clair, a dit Mme Beauzile, que M. René Préval cherche à établir une dictature dans le pays, les jeunes et toutes les forces vives du pays doivent se mobiliser pour empêcher le plan totalitaire de M. Préval", a dit la sénatrice qui n'avait pas voulu non plus faire de cadeau à ses collègues parlementaires qui ont servi de caisse de résonance au pouvoir de M. Préval pendant toute la durée de leur mandat.

Himmler Rebu du GREH a de son coté demandé pardon au peuple pour avoir, à un certain moment, dit que le chef d'état doit coûte que coûte rester au pouvoir jusqu'au 7 Février 2011. "Je reconnais que le président Préval m'a convoqué dans la rue pour manifester contre sa personne", a encore déclaré l'ancien officier des forces armées d'Haïti estimant aussi que le chef de l'exécutif travaille pour s'assurer une place au pénitencier national. Guy Philippe, l'ancien commissaire de police et ex candidat a la présidence était intervenu depuis son Pestel natal pour encourager le peuple a manifester en foule a partir de ce lundi pour demander le départ de René Préval du pouvoir. "Je sais qu'après m'avoir entendu aujourd'hui, ils vont envoyer des soldats étrangers dans la Gde Anse pour m'arrêter, je vais les attendre; je dispense des cours dans deux écoles de ma ville et je communique aussi mon numéro de téléphone pour les faciliter la tâche", a dit Guy Philippe qui décidément ne changera pas.

Grégoire Eugène Jr du PSCH qui a promis de manifester devant le siège de l'ONU à New-York le 18 mai prochain en compagnie des autres compatriotes de la diaspora, l'activiste Paul Raymond, le leader de JPP, René Civil, le chef de file du groupe 77, André Michel, Me René Julien de l'ADEBAH sont intervenus par téléphone pour supporter les mouvements visant le renvoi du chef de l'état du pouvoir. Le sénateur Youri Latortue avait aussi appelé en début d'émission pour attirer l'attention de l'opinion sur le danger de la tenue d'une séance en "catimini" au sénat avec les parlementaires proches du pouvoir dans le courant du week-end et en absence des sénateurs de l'opposition pour s'assurer du vote de la loi prolongeant le mandat présidentiel. Finalement, la séance aura lieu ce lundi 10, peu avant la séance en Assemblée Nationale.

Lula: le bon, la brute et le terrible (MàJ)


Lula: le bon, la brute et le terrible (MàJ)

Le président brésilien a un bilan économique remarquable, mais il soutient les dictateurs et ne s'offusque pas vraiment de la corruption.
Dimanche 16 Mai 2010

 

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva ont insisté dimanche 16 mai sur le renforcement de leurs relations bilatérales, selon un compte-rendu officiel iranien de leur première rencontre. Il ne mentionne pas la question du programme nucléaire de la République islamique. Seule allusion voilée à ce dossier censé être au centre de la visite de Lula à Téhéran, M. Ahmadinejad a «remercié le président brésilien pour son soutien aux droits de la nation iranienne et ses positions pour réformer l'ordre mondial».
 
Le magazine Time vient d'élever le président brésilien, Luis Ignacio Lula da Silva, au rang des personnalités les plus influentes du monde. Il ne fait pas de doute que l'action de ce chef d'Etat a influé sur la vie de millions de personnes et, dans le cas de ses compatriotes, de façon très positive. Mais Lula ne mérite pas seulement nos applaudissements et notre admiration. Certains aspects de son comportement sont honteux. Zoom sur cet homme politique aux trois visages.
 
Le bon
Entre 2004 et 2008, 10 millions de Brésiliens sont passés dans la classe moyenne. La pauvreté au Brésil a chuté: elle frappait 46% de la population en 1990; en 2008, seulement 16% des Brésiliens étaient considérés comme pauvres. Les inégalités en matière de répartition des richesses se sont réduites. L'hyperinflation est désormais un cauchemar que tout le monde a oublié. La dette extérieure du Brésil se situe à 4% de son PIB (Produit intérieur brut), un taux ô combien enviable. En seulement vingt ans, les exportations ont été multipliées par cinq. Et si cela vous semble insuffisant, figurez-vous qu'au cours des dix prochaines années, le Brésil pourrait devenir une grande puissance pétrolière.
 
Grâce à son succès et à sa taille, ce pays est aujourd'hui un acteur de premier plan dans les négociations internationales sur le climat, l'énergie, le commerce, les finances, le développement, la prolifération nucléaire et les autres défis auxquels le monde est confronté. Lula a définitivement décrédibilisé la demi-plaisanterie selon laquelle le Brésil est le pays du futur et continuera de l'être éternellement. Non, le Brésil est un pays qui réussit. Un pays qui a réalisé une large part de son potentiel. A ce titre, Lula mérite bien sûr qu'on lui accorde une certaine reconnaissance.
 
La brute
Lula n'est pas un homme très généreux. Il devrait partager le mérite du succès de son pays avec son prédécesseur, Fernando Henrique Cardoso. L'actuel président brésilien a en effet hérité d'une économie réformée, de politiques sociales d'avant-garde et d'une base solide sur laquelle il a pu renforcer la libéralisation et la dérégulation économique qui expliquent la réussite du Brésil. Finalement, Lula a pour seul mérite d'avoir maintenu, étendu et défendu ces politiques qui sont pourtant en contradiction avec une idéologie qu'il s'est donné des années durant.
 
En effet, Lula a été le fer de lance de l'opposition aux réformes qui lui valent aujourd'hui les félicitations du monde entier. Dans les sommets «révolutionnaires» aux côtés des Chavez, Castro, Ortega et autres dirigeants de gauche du paysage politique international, Lula chante lui aussi les louanges du socialisme. Dans ses décisions de politique intérieure, en revanche, le socialisme brille par son absence. Lula est un des présidents les plus favorables à l'économie de marché, au secteur privé et aux investisseurs étrangers que le Brésil ait jamais eu. Il aime à dire que ses politiques libérales servent en fait à jeter les bases du socialisme. C'est un prétexte, et il le sait bien.
 
Malheureusement, Lula n'a pas pu (ou voulu) endiguer la corruption dans ses cercles les plus proches - une corruption décidément endémique à tous les gouvernements d'Amérique latine. Que ce soit le cours normal des choses dans cette région ne justifie en rien l'inaction. Or la lutte anti-corruption n'a jamais figuré parmi les priorités de Lula.
 
Le terrible
Les politiques du président Lula ont très largement bénéficié aux Brésiliens. Et très largement nui à des millions de personnes dans les pays voisins. Les despotes qui ont la chance d'être amis avec le chef d'Etat brésilien et qui mènent leur pays à la ruine pendant le Brésil prospère savent qu'ils peuvent compter sur son énorme soutien et son silence complice. Le soutien public inconditionnel de Lula leur confère une très précieuse légitimité vis-à-vis de la communauté internationale, pour pouvoir agir en toute impunité dans leur pays respectif.
 
Il serait naïf d'espérer que Lula soit le gardien de la démocratie et des droits de l'homme dans la région. En revanche, il est de l'ordre du concevable que Lula mette fin à ce silence complaisant et ces accolades fraternelles qu'il donne à des gens méprisables - qui bafouent systématiquement les droits fondamentaux - dans les sommets internationaux. Ne serait-il pas souhaitable que les militants de la démocratie aujourd'hui sous les verrous dans des pays latino-américains sachent que Lula est leur allié et non l'allié de ceux qui les ont faits prisonniers? La liste des contradictions, paradoxes et principes moraux ambivalents de Lula est hélas bien longue!
 
Et il ne se passe pas une semaine sans que cette liste ne s'étoffe. Dernier exemple en date: Lula a exigé qu'on annule l'invitation du nouveau président du Honduras, Porfirio Lobo, au sommet UE-Amérique latine et Caraïbes, qui se tiendra à Madrid ce mois-ci. Selon Rio, Lobo (qui, précisons-le, a remporté les élections sans avoir eu recours aux fraudes habituelles dans la région, dont sont d'ailleurs soupçonnés Chavez et Ortega), manque de crédibilité démocratique pour participer à cette réunion. Cette justification nous vient d'un président (Lula) qui expliquait au monde entier que Mahmoud Ahmadinejad a remporté les élections iranienne dans les règles et que les milliers de manifestants iraniens qui sont descendus dans les rues se sont comportés comme des supporters d'une équipe de foot qui deviennent violents après une défaite. Au même moment, le dirigeant iranien ordonnait que certains des manifestants soient condamnés à la peine de mort.
 
Alors Lula entrera dans l'histoire. En tant qu'excellent dirigeant, qui a fait du bien à son peuple. Mais aussi en tant que mauvais voisin, qui a porté atteinte à la démocratie et à la liberté.
 
Moíses Naím
 
 
Image de Une: Luis Ignacio Lula da Silva, Président du Brésil, Ricardo Moraes / Reuters
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M. René Préval, un Président qui a très peur (05-17-10)


Figure 1: Au centre, Paul Gustave Magloire, Ministre de l'Intérieur, durant les élections de 2006

Ce mercredi 12 mai 2010, marque le quatrième mois depuis ce terrible tremblement de terre qui a secoué et dévasté la capitale haïtienne, Port-au-Prince, et plusieurs villes d'Haiti. Mais, jusqu'à présent encore, la situation précaire des centaines de milliers de sans-abri de la capitale reste alarmante. En effet, dans la soirée du 12 janvier du séisme, malgré la douleur qui nous pressurait devant l'ampleur de ce désastre créé par le cataclysme, nous nous sommes résolus à écrire quelques lignes pour nous incliner devant les malheureux disparus, saluer ce nombre considérable de victimes et aussi implorer le peuple haïtien accablé à ne pas céder au désespoir. Ainsi, si nous pensions, qu'il était nécessaire de redonner du courage à notre peuple, en leur disant qu'Haïti n'allait pas mourir, malgré que le séisme ait laissé derrière lui, ruines et désolation, nous comptions déjà, que chacun de nous devait apporter du sien pour faire renaitre des décombres, un nouveau pays. En effet, la grande majorité des édifices publics de la capitale se sont effondrés sous les fortes secousses du tremblement de terre et plus de 270,000 personnes sont morts, et les blessés, et ceux qui ont été estropiés par l'effondrement des maisons et des édifices, se comptent par centaines de milliers. Tant d'enfants sont morts ce jour-là, qu'il devait y avoir suffisamment de sang d'innocents à couler pour nous laver de quelque soit la malédiction qui frappait le pays, si en fait malédiction il y en a jamais eu une sur le pays, sinon que les effets de nos turpitudes. Donc, c'est en ce sens que nous disions qu'il faut nous mettre ensemble pour aider les sans-abri et c'est pour cette raison que nous avons écrit et publié notre article à ce sujet « Apportons du secours à ceux qui dorment à la belle étoile », le 12 février dernier.

Nous sommes de ceux qui ont cru que ce désastre allait offrir une occasion pour la reconstruction d'une nouvelle capitale moderne, sans les bidonvilles ; alors comme beaucoup d'autres, nous rêvons aussi à la renaissance d'une nation plus juste, plus humaine. Mais, comme tant d'autres aussi, nous n'avons pas pris trop de temps pour nous détromper. Car, le président du pays, Monsieur Préval, est un petit monsieur bien singulier, mais aussi sans vision et sans grande aspiration non plus. En effet, il n'a pas hésité à prendre des décisions absurdes pour une poignée de sales dollars qui ont mis des centaines de milliers de nos concitoyens en danger. Maintenant, si nous prions pour que la saison cyclonique soit clémente, Monsieur Préval lui a très peur. Car, si les sans-abri qu'il a encouragés à rester dans la capitale, sous les tentes, seraient frappés par la violence d'un cyclone, il sait que ce sera le temps de la colère et des règlements de comptes.

Nous devons voir cela surtout dans le sens de cette déclaration de l'acteur-humaniste, Sean Penn, qui s'active de tout son cœur pour secourir les sans-abri. Il a dit : « Si des gens meurent par milliers dans cette phase du désastre par la mauvaise décision de ceux qui étaient là pour les aider, leur sang retombera sur leur tête. » Sean Penn est le fondateur de l'association humanitaire Jenkins-Penn Haitian Relief Organization aux USA et nous le félicitons pour son dévouement pour les sans-abri.

Mais, qui ne se rappelle pas que Monsieur Préval avait déclaré publiquement qu'il y avait deux écoles dans son équipe. L'une était pour maintenir les sans-abri dans la capitale, l'autre voulait les déplacer vers les villes de province. Monsieur Préval avait conclu que lui, personnellement, « il veut que les sans-abri restent à Port-au-Prince. Car, il avait compris que la majorité de ceux qui sont sur le Champ-de-Mars viennent de la zone de Turgeau » Donc, c'est bien lui qui est responsable de cette décision qui explique que des milliers de vie soient en danger aujourd'hui. Souhaitons que la nature nous épargne d'un autre tremblement de terre ou d'une rude saison cyclonique, car Monsieur Préval sera responsable pour un acte de génocide contre le peuple haïtien.

Et, personne n'ignore, à la vérité, qu'il avait choisi de garder les sans-abri à la capitale comme un outil politique et pour offrir un marché lucratif à ses acolytes. La vie humaine n'a aucune valeur pour ce Président, c'est pourquoi même un fonctionnaire modèle comme Robert Marcello a disparu sans laisser de trace, pour avoir commis l'erreur d'interroger les contrats très lucratifs que le gouvernement passait sans aucun contrôle. Les sous, ou disons, le dollar, voila ce qui pour Monsieur Préval a de la valeur, pas la vie des citoyens haïtiens. Il est déjà clair que Monsieur Préval passera à la postérité comme l'un des chefs d'État les plus méchants dans la petite histoire du pays. Il deviendra un masque de carnaval, comme Charlosca, pour faire peur aux enfants.

Maintenant, il y a vraiment un manque de pudeur pour M. Préval de parler, comme si de rien n'était, de la possibilité d'un nouvel séisme d'intensité supérieur et des risques que courent les centaines de milliers de sans-abri, ensuite de ne rien faire, après avoir personnellement adopté, sous de fallacieux prétextes, les mesures qui peuvent causer une nouvelle vague de morts dans le pays. En vieux rusé, il en parle uniquement par lâcheté et par peur pour sa petite personne. Car un membre de la communauté internationale lui aurait déjà dit, qu'il pourrait vraiment être jugé par un cours international, si ses décisions débouchent sur un génocide contre le peuple haïtien…

Monsieur Préval est déjà prisonnier du pouvoir

L'historien Claude Moise nous avait dit, dans une entrevue accordée à la radio la Voix de L'Amérique, en 1994, qu'il existe une constante dans l'histoire de notre pays et cela explique pourquoi tant de nos chefs d'État deviennent prisonnier du pouvoir. D'après lui, une fois arrivé au pouvoir, un président haïtien doit confronter une opposition qui n'a pas les moyens de survivre, la durée d'un mandat, en dehors du pouvoir. L'opposition adopte, alors, une attitude très agressive vis-à-vis du pouvoir en place, visant même à le renverser. D'où, une série de coups d'états jalonnent l'histoire de notre république.

Donc, le pouvoir en place, pour se maintenir, puise dans les caisses du trésor public, les moyens pour acheter les opposants qui sont achetables et pour s'acharner contre ceux qui sont récalcitrants. Cette situation tend à évoluer toujours jusqu'à déboucher sur la violence et la brutalité, en entrainant des morts d'hommes. Sitôt rentré dans ce stade, le président et certains de ses partisans savent qu'ils auront à aller en justice à la fin du régime. Donc, ils veulent s'arranger pour rester au pouvoir à vie, mais toujours avec très peu de chance de succès. Ainsi, cette folie de chercher à perdurer au pouvoir a pesé sur le pays comme une malédiction. Nous connaissons notre l'histoire.

Dans le cas de Monsieur Préval, tant de questions se posent à ce stade. Est-il possible pour un président qui avait tant de chance de réussir, finalement, passe dans l'histoire comme un autre chef de terreur, à l'égal d'un Charles Oscar, ou même d'un Baron Samedi, un roi de cimetière ? Car Monsieur Préval pourrait être responsable, en effet, pour une nouvelle vague de morts dans le pays, soit par épidémie, soit par la force des mauvais temps, à cause de sa décision de cantonner les sans-abri à Port-au-Prince...

Monsieur Préval a tellement peur de cette issue qu'il cherche à tout faire pour conserver les rênes de la république, même en violant le principe sacré de la parole donnée. Avant de lui envoyer la proclamation des élections qui fixait l'échéance de son mandat au 7 février 2011, le gouvernement de transition avait consulté Monsieur Préval. Il avait, en effet, donné sa parole qu'il allait honorer la date du 7 février prévue dans la Constitution pour la passation du pouvoir. C'était, d'après lui, une façon symbolique de mettre fin à la longue transition vers une société démocratique qui avait commencé depuis le 7 février 1986. Alors, le gouvernement de transition a envoyé le dépliant au Moniteur afin que la décision puisse rentrer dans les annales de la République. Ainsi, sa réponse, à l'époque, nous avait même donné le sentiment de vivre avec fierté la fin de la République des petits voyous. Nous nous disions, voilà enfin un Président qui avait dans le cœur le bien de notre pays. Alors, nous croyons aussi qu'il avait vraiment mérité tout les efforts et tous les sacrifices qui avaient été consentis pour amener à son terme le processus électoral de 2006. En patriote, nous avions eu le cœur content et nous étions fiers d'avoir pris part à tout cela.

La façon dont Monsieur Préval est arrivé au pouvoir pouvait exorciser, d'après nous, la malédiction traditionnelle de la politique haïtienne. Car, il avait accepté d'inclure une grande partie de l'opposition dans son cabinet. Nous pensions que la bonne formule avait été trouvée. Mais, Monsieur Préval a choisi de par lui-même de retourner à la tradition, de réveiller les vieux démons qui lui feront quitter le pouvoir par la petite porte. Au moment, où une rupture avec le passé serait nécessaire, pour la naissance du pays nouveau, Monsieur René Préval pense à la perpétuité de ce genre de comportement ignoble qui a fait de notre pays la cendrillon de notre hémisphère.

Personnellement, nous avons accepté de servir le gouvernement de transition en tenant compte que notre relation privilégiée avec tous les secteurs du pays devait faciliter le maintient d'un climat de dialogue et éviter un glissement vers la guerre civile. Nous avions déjà joué le rôle de facilitateur, à Washington, durant la crise créée par le coup d'état militaire de 1991. Cette fois-ci, nous nous étions donnés aussi comme mission de faciliter la mise en place des institutions démocratiques prescrites par la Constitution de 1987, surtout celles en rapport avec la déconcentration de Port-au-Prince et la décentralisation du pays. Nous voulions, au dessus de tout, travailler pour le déroulement d'élections inclusives, honnêtes et libres. Donc, une position de Conseiller Spécial devait nous permettre de remplir ce rôle. A ce titre, nous avons participé à des négociations dans le pays et à l'étranger, dans le but d'atteindre cet objectif. C'est en ce sens que nous avons contribué à la création d'un CEP indépendant et au financement des partis politiques, sans exceptions, contrairement à la tradition.

Durant cette période électorale, le pays a frôlé la catastrophe à plusieurs reprises. Mais il y'avait des citoyens comme des étrangers qui avaient une attitude ferme, résolue et sans parti-pris. Et c'est cela qui nous avait permis d'éviter, à chaque fois, des pertes énormes en vie humaine et de trouver un compromis. Nous avions rencontré les plus grands défis le jour même des élections. Cependant, le peuple haïtien avait montré son courage, son sens de dignité et sa volonté de réaliser son rêve de choisir lui-même ses dirigeants. Notre devoir, sans hésitation, avait été de l'accompagner. Monsieur Préval est arrivé au pouvoir comme le résultat de ce rêve. Mais, regarder donc ce qu'il en fait !

Ou allons-nous ?

Le gouvernement de Préval et consort offre qu'une seule certitude, c'est de savoir que même si ce régime passait 100 années au pouvoir, les résultats seront toujours nuls à tous les niveaux, tant sur le plan économique que sur le plan de la gouvernance. Car, il y a déjà quelques temps depuis que la corruption est devenue l'élément principal de la gestion politique de ce gouvernement. Dans un pays normal, un chef d'État qui a eu une performance si médiocre, aurait souhaité voir finir la fin de son mandat pour se retirer la queue sous les jambes, et, comme l'habitude en est une, aller noyer son amertume dans le bon rhum du pays.

Le peuple japonais a une longue tradition qui lui fait honneur. Quand un leader échoue bêtement dans la mission qui lui a été confiée, il demande pardon publiquement et se retire de la scène pour aller lavé sa honte dans l'oubli. Mais, malgré les déboires de notre pays et du peuple haïtien, Monsieur Préval, au fond, ne s'intéresse toujours qu'à lui-même, « son palais » ou à ce qui en reste, et surtout à ses acolytes à qui il dit devoir son retour au pouvoir. Pour le peuple, il se moque et s'en moque en disant n'importe quoi, même le contraire de ce qu'il disait la veille encore. Comme quoi aujourd'hui, la politique dans le pays n'exige plus même un minimum de pudeur.

Haïti est devenu un pays où un trop grand nombre parmi nous a perdu tout sens de valeur. On ne fait plus de distinction entre le laid et le beau, entre le vrai et le faux et entre le bon et le mauvais. Tout se fait et n'importe quoi serait acceptable. Mais, Haïti ne peut pas continuer à dégringoler vers la deshumanisation la plus complète, malgré que ce soit le chef de l'État qui avait créé le parti politique Espoir qui patronne cette descente aux enfers du pays.

Que pouvons-nous faire ?

L'une des grandes peurs de la communauté internationale est de voir Haïti revenir à une situation d'instabilité. Il est presque clair que Monsieur René Préval est considéré, en ce sens, comme un moindre mal. Car, l'opposition n'a pas encore énoncé d'une seule et vive voix la formule qu'elle compte adopter pour remplacer ce régime en faillite à tous les niveaux et montrer sa capacité à gérer le pays après le départ de Monsieur Préval. Il est risqué de compter sur aucun support si la formule est de revenir à la case de départ. En effet, nous ne pouvons pas faire table rase des structures existantes et envisager de repartir à zéro. Nous devons continuer d'avancer, malgré les fourberies de Monsieur Préval. Il a vraiment très peur, et pour cause, que des élections libres, honnêtes et démocratiques se tiennent. Avec une popularité presque nulle, lui et ses acolytes envisagent que des élections frauduleuses pour barrer la route à un gouvernement légitime. Et l'histoire, même la plus récente, nous enseigne que Mr. Préval est le grand maître des élections frauduleuses. Ainsi, c'est une bonne formule d'accepter que Monsieur Préval arrive au terme de son mandat prévu pour le 7 février 2011. Mais, il n'est pas du tout souhaitable que les élections se fassent durant son régime. C'est la raison pour laquelle nous devons supporter le principe déjà stipulé que les élections se fassent 3 mois après son départ, sous la présidence d'un juge de la Cours de Cassation, comme prévues par la Constitution. Alors là, nul ne pourra se plaindre que l'opposition sorte des normes constitutionnelles et les défenseurs de Monsieur Préval, comme soit disant le garant de la stabilité dans le pays, n'auront rien à se mettre sous la dent. Mais, si entretemps il démissionne, il pourrait mériter encore des bonnes grâces de la République. Il ne doit pas trop attendre pour faire ce choix.

Mais, à un autre niveau, l'opposition ne peut plus se contenter uniquement à lancer des manifestations contre Monsieur Préval. Très certainement, il faut continuer à dénoncer ses actes de malfaisance. Cependant, nous devons nous attaquer aussi aux problèmes urgents que confronte le pays. Par exemple, nous pouvons entamer le déplacement des milliers de sans-abri de la capitale vers les villes de province, en travaillant avec les maires de certaines villes. Car, ces maires apprécieront de recevoir l'encadrement et le support nécessaire pour accueillir les victimes des désastres qui font actuellement une navette entre les villes de province et la capitale, à la recherche de soutient pour survivre. Nous devons être prêts à travailler ensemble pour faire le levé de fonds pour financer cette entreprise et à mettre en place les structures adéquates avant que nous soyons frappés par un autre désastre.

Nous sommes presque certains que M. Préval et ses acolytes passent beaucoup plus de temps à réfléchir comment faire leur beurre sur le dos des sans-abri que de réfléchir sur les mesures appropriées pour leur porter du secoures.

L'opposition, de son coté, doit montrer qu'elle a la possibilité de prendre le destiné du pays en main et que nous ne soyons pas toujours dans une situation pour que ce soit le Président Fernandez qui nous dise que : « Haïti est un pays viable qui a besoin d'institutions fortes, d'un leadership crédible, d'un plan et d'une vision pour l'avenir en termes de développement économique et social…»

En fait, il a raison. Nous devons agir tous ensemble avant qu'il soit trop tard.

Paul Gustave Magloire

Ancien Ministre de l'Intérieur et des Collectivités Territoriales d'Haïti

Président de Morn Haïti, Inc.

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