dimanche 4 juillet 2010

CAP-HAITIEN-PEDOPHILIE : RESEAU CITADELLE FAIT LE POINT SUR SON ENGAGMENT.

CAP-HAITIEN-PEDOPHILIE : RESEAU CITADELLE FAIT LE POINT SUR SON ENGAGMENT.


Par Cyrus Sibert, Cap-Haïtien, Haïti.
Radio Souvenir FM, 106.1 :
souvenirfm@yahoo. fr

Le Ré.Cit. (Réseau Citadelle) : www.reseaucitadelle .blogspot. com


Chers amis et observateurs de l'évolution du Dossier Pédophile du Projet Pierre Toussaint au Cap-Haitien. Comme annoncé dans plusieurs publications, RESEAU CITADELLE, représenté par Cyrus Sibert, organise avec le support d'amis, des anciennes victimes de pédophilie et des supporters américains divers, une assistance de base au profit des victimes du Projet Pierre-Toussaint.


Grace à une cotisation réalisée dans la ville de Boston par l'organisation STTOP, nous avons pu recueillir 2,300 dollars U.S. Cet argent est utilisé en vue de fournir un kit alimentaire à 20 victimes, des chaussures, et l'écolage de certaines victimes qui, avec l'aide de parents et d'amis, avaient continué d'aller à l'école.


Nous avons consenti des dépenses imprévues pour des soins de santé, des articles de toilette, le transport et des frais pour la constitution des dossiers sur l'Etat civil des victimes, cela, en prévision de leur déplacement pour le procès qui se tiendra à Connecticut à la fin de l'année 2010.


Dans chaque kit alimentaire, il y avait : deux marmites de riz, une marmite de pois, un gallon d'huile de cuisine, des pates (spaghetti), deux boites de ''pates tomates''.


Nous comptons entreprendre des démarches auprès des organisations comme " Food For The Poor" et le ''Programme Alimentaire Mondial (PAM)'' pour pouvoir, dans l'avenir, trouver des provisions alimentaires gratuitement et élargir le programme envers d'autres enfants de rue. Pour le moment, nous étions contraints de commencer avec 20 jeunes qui se disent victimes d'abus sexuels de Douglas Perlitz.


RESEAU CITADELLE est conscient du fait que ce travail ne rentre pas dans ses attributions professionnelles de la presse, ni de journalisme d'investigation. Toutefois, face à l'abandon total des victimes, leur souffrance et la dégradation continue de leur niveau de vie, nous avons décidé de franchir cette ligne et d'aller jusqu'au bout dans la défense de leur droit de dénoncer les exploitations sexuelles auxquelles ils étaient assujettis. Les messages répétés à l'endroit des autorités haïtiennes et du Conseil d'Administration du Projet Pierre Toussaint étant restés sans réponse, nous sommes obligés d'assurer la survie des victimes et ne pas les laisser découragés au point d'abandonner l'exercice de leur droit. Car, si rien n'est fait, beaucoup d'entre elles seront obligées de se déplacer vers d'autres régions - en Haïti ou en République Dominicaine - à la recherche de moyens de survie.


Les jeunes que nous décidons d'accompagner sont de vrais exemples de dignité et de courage, de vrais « grenadiers ». Jamais, Jamais, ils n'ont accepté de rétracter en échange d'argent ni de bien matériel. Les offres étaient nombreuses. Douglas Perlitz et ses amis inconditionnels ont contacté plus d'un, en ce sens. Les avantages obtenus par ceux qui acceptent de nier la vérité n'ont pas ébranlé leur décision de témoigner devant un tribunal en racontant les abus sexuels qu'ils ont subis.


En conséquence, RESEAU CITADELLE n'abandonnera sous aucun prétexte ces jeunes victimes. Nous avons décidé de faire un pas de plus. Nous avons organisé une aide minimale en faveur des victimes, nous allons systématiser ce support matériel et psychologique.


Aussi, comptons-nous accompagner et assister un Grand Avocat de la Côte Est des Etats-Unis qui fournira le service juridico-légal nécessaire pour le dédommagement des victimes. Il a déjà l'autorisation expresse de ces dernières en vue d'intenter une action au civil. Les enfants de rue victimes auront réparation. Cette action au civil, augmentera la pression sur les membres du clan de Douglas Perlitz. Car, ils ont été trop libres de signer des pétitions, de manœuvrer dans l'ombre pour détruire des preuves, de tenter de retourner des témoins et de continuer à supporter inconditionnellement l'accusé.


Aux dires des militants Américains qui ont accepté de supporter les enfants victimes du Projet Pierre-Toussaint : Faire dédommager les victimes servira de leçon à toutes ONGs, fondations et/ou missions. Après ce procès, les responsables de ces institutions sauront que même quand l'Etat haïtien faillit à sa mission de protéger les enfants, ils doivent eux-mêmes mettre en place des procédures pour contrôler les mœurs de leurs missionnaires et éviter des dérives. Sinon, ils payeront leur irresponsabilité, très cher.


Nous remercions Paul Kendrick d'avoir aidé à mettre sur pied un réseau de lobbyistes et de militants pour défendre les victimes aux Etats-Unis. Nous remercions Ruth Moore de l'organisation STTOP qui a lancé une collecte de fonds qui nous permet de fournir un peu d'aide. Nous remercions également Manel Louis, un travailleur social haïtien, qui a fait un travail académique sur la problématique des enfants de rue au Cap-Haitien, pour ses conseils techniques. Nous remercions également les amis et partenaires qui forment avec nous cette ligne de défense des droits des enfants de rue victimes d'exploitations sexuelles.


A quelques mois du procès, nous avons pu rétablir un certain équilibre en faveur de la justice. Aux Etats-Unis, un tribunal décidera de la question. Les enfants de rue de Cap-Haitien feront entendre leur plainte par devant un jury de Connecticut. Et cela, malgré quatre (4) ans de manœuvres déloyales visant à les contraindre à abandonner. Des manœuvres surtout encouragées par le silence complice du Conseil d'Administration du Projet Pierre Toussaint et de l'Etat haïtien qui, jusqu'ici, n'ont rien fait en terme de prise en charge et de protection des témoins.


Le 14 Aout 2010 marquera le 4e anniversaire du premier témoignage recueilli sur la situation. Quatre (4) ans après la publication de notre article « Cap-Haitien, le pédophile et son Centre d'accueil pour les enfants de rue, 19 Aout 2007 », l'hypothèse de départ reste fondée : Douglas Perlitz a utilisé sa position à la tête du « Projet Pierre Toussaint pour les enfants de rue de Cap-Haitien » pour se livrer à l'exploitation sexuelle des enfants. Les témoignages, les opinions et les faits ne prouvent pas le contraire. De plus, les manœuvres de ses amis inconditionnels de Connecticut et/ou d'Haïti qui ont mené, sur ses instructions, une opération en vue de récupérer son ordinateur de service dans sa résidence au Cap-Haitien, avant l'arrivée des enquêteurs fédéraux américains, est une preuve qu'il a beaucoup à cacher. La découverte sur son nouvel ordinateur à Colorado de photos pornographiques montrant des petits garçons noirs en relations sexuelles et les adresses des sites internet comme :


www.boyreview.com, www.dominicanboys.com, www.afriboyz.com, www.blackgayporn.net, www.blackinterracialgay.com, www.islandboys.com, www.blacksonboys.com, www.extreme-gayboys.com, www.cocktailboyz.com, www.boysfirstime.com, www.EXTREME-GAYBOYS.COM, www.photosgayboys.com/teenboys, www.spankteenboys.com, www.forum.afriboyz.com, www.youngtwinkboys.net, www.allboysgay.com, www.adventuresofgayboys.com, www.nudeafricanboys.com, sont autant d'éléments concluants.

« Le reportage conventionnel vise à créer une image objective du monde tel qu'il est. L'enquêteur se sert de faits objectivement vrais – c'est-à-dire, des faits que n'importe quel observateur raisonnable reconnaîtrait comme véridiques - dans le but subjectif de réformer le monde. Ce but noble ne confère pas le droit de mentir pour la bonne cause. Il implique une double responsabilité, celle d'apprendre et de diffuser la vérité de sorte que le monde puisse changer. »1



Si dans le combat pour le changement social, la corruption, la cupidité, le cynisme, l'ingratitude des dirigeants sont autant de faits capables d'anéantir l'engagement citoyen, le « Journalisme d'investigation » nous donne la liberté de changer de petites choses importantes dans la vie. Celui qui arrive à maitriser sa peur, ses désirs et ses besoins, peut en faire un vrai pouvoir autonome, non lié à des institutions étatiques corrompues. RESEAU CITADELLE compte bien en profiter pour contribuer au changement. Le dossier Pédophilie du Projet Pierre Toussaint est très important à nos yeux. De pieds fermes, nous allons continuer le combat, jusqu'à ce que justice soit faite.

______________


1- Manuel du journaliste d'investigation : L'enquête par hypothèse.

PAR MARK LEE HUNTER

AVEC (PAR ORDRE APHABÉTIQUE)

NILS HANSON, RANA SABBAGH,

LUUK SENGERS, DREW SULLIVAN ET PIA THORDSEN

PREFACE DE YOSRI FOUDA

ADAPTATION FRANÇAISE DE M.L. HUNTER ET MYRIAM JAMILEH PÉRIGNON

Un document préparé avec le soutien de l'UNESCO.


RESEAU CITADELLE (Le Ré.Cit), le 04 Juillet 2010, 19 heures 33.

Note Presse-Initiative Citoyenne (3412-7792 / 3682-1420/ 3724-3432)


Cap-Haïtien, le 2 juillet 2010

Note de Presse

L'Initiative Citoyenne (IC), une des organisations signataires de la proposition promouvant la formation d'un CEP crédible et équilibré, prend acte du mépris affiché par le président Préval face à cette initiative de la société civile.

L'IC déplore le maintien par le président Préval des membres de ce CEP décrié et contesté par tous les intéressés et toutes les forces vives du pays.


L'IC dénonce la réédition par le président Préval de l'acte posé en octobre 2000, en l'occurrence la décision arbitraire et unilatérale d'élargir par arrêté présidentiel le mandat du CEP. Un CEP qui n'avait, tout comme aujourd'hui encore, ni mandat ni loi électorale pour réaliser des élections présidentielles.


Cet acte illégal et inconstitutionnel a valu au pays :

· des années de turbulences, crimes, tueries de masse, organisation et expansion des réseaux et actes de kidnapping.

· Décapitalisation et appauvrissement de toutes les couches de la population

· Affaiblissement de la souveraineté nationale et renforcement de la dépendance économique et politique de la nation


L'IC interpelle la communauté internationale en général, l'ONU et l'OEA en particulier, à se démarquer de cette démarche éprouvée mais combien néfaste du président Préval. Les élections ne sauraient constituées une fin en soi. L'empressement avec lequel, dans le passé, la communauté internationale eut à reconnaître et endosser des résultats reconnus frauduleux et même à nous les imposer comme acceptables nous a conduit aujourd'hui à ce désastre institutionnel. D'où, la présence depuis plus de 6 ans de la mission « de stabilisation » Minustah.


L'IC enjoint la communauté internationale en général, l'ONU et l'OEA en particulier à cesser cette pratique. Insister dans cette voie conduira le peuple haïtien à renforcer ses doutes sur les intentions réelles de ladite communauté internationale et soupçonner sa participation dans cette entreprise de déstabilisation de nos institutions dont le but serait d'affaiblir notre nation, de mettre à genoux notre peuple afin de s'en servir par la suite comme cobaye.


L'IC réaffirme sa conviction pour la réalisation d'élections crédibles, transparentes et incontestables, seul moyen d'atteindre une cohésion nationale, élément indispensable au renforcement des institutions et à la promotion de la démocratie.


L'IC appelle le peuple haïtien à se mobiliser en permanence pour barrer la route à ce plan néfaste. Car les crises qui vont surgir de ce plan seront encore plus catastrophiques pour le pays que celles engendrées par les élections de l'année 2000 tenues par ce même président et dans les mêmes conditions illégales et partisanes.


Vaut mieux prévenir que guérir.



Pour l'IC

Saul Gauthier

Coordonnateur

La bancada minoritaria del senado haitiano escribe al senado americano.

La bancada minoritaria del senado haitiano escribe al senado americano

 

Los senadores de la bancada minoritaria escriben a los parlamentarios americanos para impedir que el gobierno  americano desembolse  fondos destinados al financiamiento de elecciones fraudulentas programadas por el Presidente Preval. Los senadores haitianos acusan al presidente Preval de violar la constitución

 

Según los senadores en la carta destinada al senado americano, las elecciones planificadas para noviembre pueden conducir el país a un terremoto político mayor.

 

Los senadores critican el comportamiento del Presidente Preval quien quiere perpetuar al poder su régimen  usando los fondos públicos para financiar sus candidatos en las próximas elecciones. Es importante recordar que el presidente Preval acaba de rechazar una solicitación  de  la comisión de las relaciones exteriores del senado americano para reformar el tribunal electoral  como condición para tener un proceso electoral democrático.


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Jean Garry Denis
Centro de Estratégia, Inteligência e Relações Internacionais - CEIRI
http://www.ceiri.com.br
http://twitter.com/blogceiri


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Jean Garry Denis
Centro de Estratégia, Inteligência e Relações Internacionais - CEIRI
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samedi 3 juillet 2010

Food, shoes, medicine bought for Haitian sex victims.

Food, shoes, medicine bought for Haitian sex victims

Published: 02:51 p.m., Saturday, July 3, 2010

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  • Photos taken by Cyrus Sibert. A group called STTOP received about $2,500 in donations after our last story. They wired the money to Haiti and Sibert used a contact to buy rice, spaghetti, a gallon of oil, tomato paste and beans for each of the abused victims. The food was bagged and given to each one. He also bought a pair of shoes and got dental care for one and medicine for three others. Photo: Contributed Photo / Connecticut Post Contributed
  • ________________

Food, shoes and in some cases, much-needed medicine have been distributed to a group of abandoned Haitian boys who claim they were sexually abused by the founder of a charitable program organized to provide them with food, shelter and an education.

The items were purchased with an initial $2,300 donation raised by Speak Truth To Power, a small Massachusetts-based group that advocates on behalf of individuals sexually abused by the Catholic clergy.

"It's not a lot of money," said Ruth Moore, a coordinator for the project. "I'm not even sure how far it will go. But it does show these boys that someone does care."

Moore said the group has about $300 that will be sent over and is still accepting donations, some of which has come from Fairfield County.

"After watching the video posted on the Connecticut Post's web site taken in the streets of Cap-Haitien, it is painfully obvious that all of us need to do more to help the Haitian people in as many ways as we can," said Moore.

She said her group is putting together small care packages which will include essentials like toothpaste and soap for the boys.

"I would hope our efforts will be an incentive for a major organization to help these boys who were taken off the streets by the program only to be thrown back onto them when their school closed," Moore said. "We are just a small group made up of advocates and victims of sexual abuse by the Catholic clergy."

The boys are among 18 who allege that Douglas Perlitz, an honored Fairfield University graduate, sexually abused them while they were students in his three-phase Project Pierre Toussaint educational program in Cap-Haitien, Haiti's second largest city. Money for the program was raised by the Haiti Fund, comprised of wealthy Fairfield and Westchester County Catholics and through donations obtained during Masses celebrated at Fairfield University.

Perlitz has pleaded not guilty to 24 international sex charges and is awaiting an October trial in New Haven federal court.

Before that will happen, U.S. District Judge Janet Bond Arterton must rule on a defense motion to dismiss the indictment.

William F. Dow, III and David Grudberg, Perlitz's New Haven-based defense lawyers, have attacked the indictment on jurisdictional grounds claiming the prosecution can't link any of the alleged assaults to conduct that took place in Connecticut.

Meanwhile, Assistant U.S. Attorneys Krishna Patel and Stephen Reynolds counter that there are several Connecticut links. They point to the program being funded primarily with money from Fairfield County Catholics, Perlitz's travel arrangements being made here and he maintained a residence here.

But it's the plight of the boys who will be brought to New Haven to testify at Perlitz's trial that is the concern of victim advocates.

"A lot of groups are paying attention to this story and what is happening with these boys in Haiti," said Paul Kendrick, a founding member of Voice of the Faithful's Maine chapter which advocates for the victims of sexual abuse by Catholic clergy. "These young boys put themselves at risk by coming forward to report the abuse.

"Since then they have seen their school closed and been thrown back onto the streets. Now is not the time to forget them."

Kendrick said he has talked with medical professionals in the U.S. and was advised how important psychological counseling is at this stage.

"A psychotherapist who travels to a place like Haiti and thinks that all he or she is going to need to do is meet with clients in a private office is mistaken," said Kendrick. "First, the children who were abused are going to need structure in their lives. They will need food. They will need a safe place to live. They will need to be enrolled in school."

He said other professionals explained "the same toxic feelings of shame, guilt, self loathing, remorse are evident in all children who have been sexually abused, no matter what culture or country they come from. I guess just meeting some of their basic needs is therapeutic," Kendrick said. "But what do we tell them when the $2,600 is gone?"

Bags containing rice, beans, spaghetti, tomato paste and a gallon of oil, along with shoes, were distributed to most of the boys this week.

Cyrus Sibert, the Haitian journalist who exposed the abuse, convinced a Puerto Rican doctor doing volunteer work in Haiti to provide medical treatment at no cost.

Some of the money was used to purchase an asthma pump for one boy, dental care for another and needed medicine for two others. The bags were assembled and distributed at Sibert's Radio Souvenir, an FM station in Cap-Haitien.

Open letter to the American Malta Association's president : Joseph H. Miller.

 
July 3, 2010

Joseph H. Miller
President
American Malta Association
New Canaan, CT

Dear Joe,

During the past few days I have learned that you, and you alone, are responsible for the delays in bringing assistance to the abuse victims in Haiti.

I hope you will call me on Tuesday to further discuss the progress you so proudly told me about during our phone conversation (207 838 1319).

By the way, in light of all that Hope Carter has done to destroy the Project and abandon the victims, what could you possibly have been thinking when you presented her with a humanitarian award for her service to the people of Haiti?

(By the way, did you work with Hope Carter's husband for 20 years?)

The words we use and the actions we take speak volumes about how we really feel about something.

I already don't trust you, Joe. How can anyone feel confident that you will do what's right and just for the abuse victims based on your past behavior?

Let's get a move on things, Joe.

Paul Kendrick

jeudi 1 juillet 2010

Le système carcéral haïtien 150 jours après le séisme du 12 janvier 2010.


Rapport du Service d'Assistance Juridique du Secrétariat National Justice et Paix

Le système carcéral haïtien 150 jours après le séisme du 12 janvier 2010

Préparé: Par Vincent Joseph Michel

Port-au-Prince, 18 juin 2010

Introduction

Attention à la détention préventive prolongée

La Commission Episcopale Nationale Justice et Paix, institution de l'Eglise catholique œuvrant dans le domaine de la défense de la dignité et des droits humains tient à souligner à l'attention des autorités judiciaires, la réalité de la détention préventive prolongée qui refait surface après les événements du 12 janvier 2010. Il est vrai que ce tremblement de terre a tout remis en question, même les infrastructures judiciaires n'y échappent pas. Il montre en quelques sortes la démission, le manque de gouvernance réel et efficace de l'Etat dans la gestion de l'environnement haïtien. Et, si on a enregistré autant de victimes durant le passage du séisme, ceci est dû à la négligence, l'incivisme, la corruption du système politique et des dirigeants. Ce même constat est valable au niveau judiciaire marqué par l'inapplication des lois pénales, l'irrespect des délais de la garde-à-vue, et le système de faveurs qui approfondissaient le clivage social au niveau des prisons. Tout cela a conduit à la détention préventive prolongée parfois débouchée sur des évasions en cascades comme cela a été le cas après le 12 janvier 2010. Cette situation de détention prolongée tend à réapparaître.

L'objectif de ce rapport est de montrer la situation du système carcéral haïtien, cent cinquante (150) jours après le séisme du 12 janvier 2010, avec une attention spéciale à la détention préventive prolongée qui refait surface. Il convient d'analyser cette question département par département et prison par prison pour l'analyser bien et de faire des recommandations aux autorités compétentes.

1. Département du Nord-est

La Prison civile de Fort Liberté

La Commission Justice et Paix de Fort Liberté a visité le 11 mars 2010 la grande prison de cette ville vers 1 :00 PM, accompagné du Directeur national de la Commission. Elle a pu constater la population carcérale est passée à deux cent huit (208) détenus, deux cent deux (202) hommes et six (6) femmes.

Constat : Près de dix huit (18) détenus n'avaient pas encore été appelés devant leur juge naturel, alors que certains d'entre eux ont déjà passé à peu près six (6) à douze (12) mois en détention.

Voici quelques noms des détenus qui se trouvent dans cette situation :

· Joslin Adonis demeurant à Dupiti, il a passé plus de sept mois sans juger.

· Jean Jonas, demeurant à Caracol, détenu plus d'un mois sans voir son juge naturel,

· St Hilaire Mackenson toujours détenus depuis huit (8) mois.

Garde-à-vue de Fort-Liberté

Pour la garde-à-vue, le 25 février 2010, la Commission de Fort Liberté a visité plusieurs commissariats et sous commissariats. Elle a observé le cas de cinq (5) personnes retenues dans le commissariat de Fort liberté. Parmi lesquelles, un mineur de douze (12) ans.

· On cite encore le cas de Francilot Ivner arrêté le 22 février 2010 pour implication dans une affaire de calebasse. Il a passé plus de cinq (5) jours en garde-à-vue sans être jugé.

· Vient ensuite le cas de Jean Jules demeurant à Trou du Nord, détenus pour voies de fait. Il a passé environ six (6) jours dans le sous-commissariat et son dossier n'a jamais été déféré devant le parquet de Fort-Liberté pour être transmis par devant son juge.

2. Département du Centre

La Prison civile de Hinche

Le 12 mars 2010, la prison de Hinche a été visitée par une équipe de la Commission diocésaine Justice et Paix de ce département. Il y avait au moins cent soixante et un (161) personnes dans la prison de Hinche ; soixante quatorze (74) sont en détention préventive prolongée et deux (2) mineurs.

La visite a été portée sur les conditions sanitaires, l'état physique ainsi que l'état juridique des détenus. L'équipe a constaté les conditions d'insalubrité de la prison avec de l'eau stagnante qui s'y trouvait. En même temps, il y a une certaine pénurie de l'eau potable dans cette prison. La douche est en mauvais état et il n'y a pas d'électricité. De nombreux détenus souffrent des maladies de la peau : boutons, grattèles ; d'autres souffrent du mal aux dents. Il n'y avait pas de médicaments disponibles pour les malades. Quatre (4) d'entre eux sont atteint du VIH/SIDA, et deux autres sont placés sous médicaments (ARV).

La Commission recommande

· Qu'il y ait une séparation entre les personnes condamnées et les détenus

· Que la direction améliore les conditions sanitaires en commençant par rendre disponible de l'eau, des soins appropriés en cas de maladie, et que les détenus bénéficient d'un matelas pour se coucher.

3. Département de l'Ouest

A) Les Prisons de la zone métropolitaine

1) La prison de Delmas 33 ou Fort Dimanche

La prison de Delmas 33, communément appelée « Fort Dimanche » a été visitée par un membre de l'assistance juridique du Secrétariat national le 21 Avril 2010. Il a constaté que cette prison est presque déserte sans présence des agents de l'APENA. La prison est en réparation et on commence à faire venir des matériaux pour la reconstruction de celle-ci saccagée par les détenus lors du séisme du 12 janvier 2010. Les détenus mineurs ont été transférés au Pénitencier national. Ils étaient entre quarante (40) et cinquante (50) recensés à la prison civile et hébergés dans la cellule Brick 7 du Pénitencier national actuellement. Le fait de garder les enfants dans la même prison avec des adultes est contraire aux normes internationales sur la gestion des détenus.

2) La Prison civile de Pétion Ville dite « prison des femmes »

La prison de Pétion Ville a été visitée par l'un des membres de l'équipe d'assistance juridique du Secrétariat national de Justice et Paix le mardi 27 avril 2010. Pendant cette visite, il a pu constater que la population carcérale de cette prison s'évalue à deux cent quatre vingt dix huit (298) prévenues alors qu'en réalité, elle est construite pour trente six (36) détenus. Parmi les 298 prévenues, on compte: deux cent cinquante (250) femmes adultes dont vingt deux (22) femmes condamnées, et vingt six (26) fillettes. Deux cent cinquante quatre (254) de ces femmes sont en détention préventive prolongée.

La Commission a constaté que les agents de l'APENA sont généralement très cléments face aux détenues. Certaines femmes souffrent d'une maladie mentale. La Justice doit se pencher sur leur cas, comme réclame les règles minima pour le traitement des détenus, section « aliénés mentaux et anormaux », art 82. Donc, elle demande à la Justice de faire le nécessaire pour les détenues.

Suivant la déclaration d'un agent de l'APENA qui veut rester dans l'anonymat, aucune détenue de la prison ne s'est évadée lors du tremblement de terre. Le bâtiment montre de légères fissures dans certaines cellules. Cependant, la situation des détenus ne s'est pas amélioré cent cinquante (150) jours après le tremblement de terre du 12 janvier. La Justice ne les appelle pas à comparaître ; les femmes sont entassées dans des cellules comme des sardines emboîtées. Un autre agent de l'APENA qui aussi veut garder anonymat, déclare que : « plusieurs personnes sont mortes par manque de soins ».

Nous attirons l'attention sur la présence des mineures parmi les femmes adultes.

Voici quelques cas :

Loresia Doresca a été arrêtée le 28 août 2008 ; elle est avancée en âge soixante dix (70) ans. Selon les informations recueillies, sa fille Rose Mâte Petit (décédée en prison) aurait été impliquée dans une affaire de kidnapping. Loresia a été entendue une seule fois par le juge Yves Altidor, et accusée de complicité d'enlèvement avec Nicole ainsi connue.

Hermilise Guerrier est une malade mentale selon les déclarations. Son cas mériterait d'être pris en main par un médecin spécialiste. Elle a quatre vingt onze (91) ans ; accusée d'assassinat ; arrêtée le 25 septembre 2009 et elle a été auditionnée par le substitut Commissaire du Gouvernement Jean Claude Dabresil.

Hilaire Hélène a été arrêtée le 13 septembre 2006 à Delmas 75. Son no d'écrou 09-06-032, déposée le 18 septembre 2006. Elle est accusée de trafic illicite de stupéfiant et entendue par le Commissaire du Gouvernement Carolle P. Aimable.

Georgèle Jean a été arrêtée le 24 mars 2005 à Frères et écrouée le 21 juillet 2005 sous accusation d'association de malfaiteurs, tentative d'assassinat, frères dossier Hubert Nixon # 874/05, Juge d'instruction : Durin Duret Junior.

Saint Cyr Stana: Arrêtée le 27 juillet 2006 lors d'un arrimage, présentée au parquet le 9 août 2006, accusée d'association de malfaiteurs. Elle a été entendue par le Commissaire du Gouvernement Eddy Cherubin.

Joseph Nadelsia: Date de dépôt le 3 juillet 2006, accusée d'association de malfaiteurs, enlèvement, séquestration et détention d'armes illégales ; elle a été entendue par le Substitut Commissaire du Gouvernement Fred Heck Leny, # écrou: 07-06-001. Elle n'a pas encore jugée.

Bonne Année Julie: Ecrouée le 16 août 2006, accusée d'assassinat et de vol à main armée sur les sœurs du dossier : Johanne Clermont, Johanne Jean : Juge d'instruction Mimose Janvier.

Elista Joseph: Arrêtée en mars 2005 à Sarthe, elle est accusée de meurtre, les frères du dossier : Claude Mathurin et St Fort Wilner, Juge d'instruction : Bernard St Vil.

Lamy Augusta: Arrêtée le 12 mars 2007, accusée de kidnapping, elle est arrêtée seule, elle n'a pas encore été présentée devant aucun juge d'instruction.

Joseph Nathalie: Arrêtée le 31 octobre 2007 à Kenscoff par la DCPJ, accusée d'enlèvement, présentée devant le Parquet le 13 novembre 2007. Elle a été entendue par le Commissaire du Gouvernement Sonel Jean François. Elle a été retenue pour enquête ; jusqu'à date l'enquête se poursuit d'après elle.

Chrismé Marie Carmel: Arrêtée le 1er novembre 2008, présentée au parquet le 8 novembre 2008, accusée de kidnapping. Elle n'est encore pas comparue par devant aucun juge d'instruction.

3) La prison civile de Carrefour, dite « Omega »

La prison a été visitée en date du 14 avril 2010 par un membre de l'assistance juridique de la Commission Justice et Paix. Cette prison compte environ cent trente (130) détenus, dont trente trois (33) condamnés et trois (3) mineurs qui viennent de la prison de Delmas 33. Un responsable de la prison nous a fait comprendre qu'il y a des fissures dans les murs, qui ne mettent pas en danger la vie des détenus. Il y a au moins sept (7) cellules dans la prison, mais la cellule qui se trouve près du réservoir d'eau est en mauvais état, parce que suite au séisme, l'eau du réservoir pénètre dans la cellule. Les agents travaillent dans de mauvaises conditions ; plusieurs sont logés dans les centres d'hébergement chez les Sœurs Salésiennes à Thorland. Un agent a déclaré : « Nous vivons presque la même situation que les détenus, sauf que nous avons un salaire. »

4) Pénitencier national

Le 28 avril 2010, un des juristes du service d'Assistance Juridique du Secrétariat a effectué une visite au Pénitencier national. Il a eu le privilège de pouvoir visiter presque toute la prison en passant dans les différentes cellules: Carré Garde, Brick, Hall, Isolement, Dispensaire, Titanic, Bois Verna, Wock, Admission et l'administration. Il était sur les lieux à 11 heures AM, au moment où les détenus prenaient la douche. Il a pu observer que le compartiment de la prison où se trouvent Carré-Garde, Hall 1 et HAll 2 sont complètement détruites par le séisme tandis que toute l'administration ainsi que le greffe ont été complètement saccagés par le feu.

Lors de la visite, les détenus étaient au nombre de huit cent treize (813) ; ils se trouvaient sur une cour de recréation à Brick I. On a observé que seulement les cellules Brick I et le dispensaire avaient des détenus ; toutes les autres cellules, Titanic, Hall 1 et 2, Bois Verna, Isolement, Carré-Garde et Work étaient vides. Nous avons constaté aussi tous les effets laissés par les évadés se trouvaient toujours sur la cour de Titanic (3, 4, 5, 6). Il y a trois (3) étages dans le bâtiment dit Titanic et chaque étage contient huit (8) cellules. On remarque à Titanic 3 et 4 des traces de feu et des morceaux de briques jetés par terre et les objets laissés par les évadés servent aux agents de réserves d'objets pour aider les autres détenus. Selon la déclaration d'un agent de l'APENA, les détenus se sont servis des bancs d'école pour faire des marches pieds accolés avec les murs du Collège Bird pour s'évader.

Un agent qui surveillait les détenus, a laissé entendre que les conditions de travail des policiers au Pénitencier national sont très pénibles. Ils se sentent maltraités par rapport aux détenus qu'ils surveillent. Il n'y a pas un espace réservé aux agents même pour garder des matériels et équipement destinés pour le service de la sécurité de la prison. La nouvelle entrée utilisée par les agents dans la prison, mérite d'être restaurée parce qu'elle est vétuste et endommagée par le séisme, ce qui met la vie des agents en danger. A notre avis, il n'y a pas de raison valable pour que la plus grande prison du pays ne soit pas restaurée et nettoyée, afin d'y loger décemment les détenus.

N.B : A signaler que certains détenus sont morts récemment en prisons, tels que:

· Jean Hérold, décédé le 21 avril 2010

· Guy Junior, décédé le 22 avril 2010.

· Darline Etienne, décédée le 20 avril 2010

· Fritz Ismé, décédé le 18 mai 2010

B) Les gardes à vue du département de l'Ouest

La Commission Archidiocésaine Justice et Paix de Port-au-Prince a visité plus de seize (16) commissariats et sous commissariat entre le 1er et le 5 mai 2010.

Voici les listes des commissariats et sous commissariats visités

1. Sous commissariat de Portail Léogâne

2. Sous commissariat de Marché Salomon

3. Commissariat d'Omega / Carrefour

4. Sous commissariat de St Charles (Fissuré)

5. Sous commissariat de Gressier (Détruit)

6. Sous commissariat de Léogâne

7. Commissariat de Léogâne Dufort (fissuré)

8. Sous commissariat de Carrefour Dufort (Fissuré)

9. Sous commissariat de Bon Repos

10. Commissariat de la Crois des Bouquets (Fissuré)

11. Commissariat de Cité Soleil (Fissuré)

12. Commissariat De Grand Goâve

13. Sous commissariat Vialet (Fissuré)

14. Commissariat de l'Arcahaie

15. Sous commissariat de Cabaret

16. Commissariat de Delmas 33 (détruit)

Les constats au niveau des garde-à-vues

L'équipe de visite des prisons et des garde-à-vues de l'Archidiocèse de Port-au-Prince a pu constater que les personnes arrêtées ne sont pas déférées à temps devant leur juge naturel. Et le plus grand défi constaté : le non respect des délais de la garde-à-vue. Prenons comme exemple le cas de Randriche Renette qui a été arrêtée depuis un mois par le sous commissariat du Marché Salomon. Selon ses déclarations, elle a été arrêtée à cause d'une dispute avec un certain Moise Junior. Au moment de la visite, son dossier n'avait pas encore été déféré devant aucun juge.

Dans le sous-commissariat de Gressier, les policiers fonctionnent sous des tentes ; ce même constat est valable pour Léogâne. Les policiers à Gressier nous ont déclaré que les membres de cette communauté considèrent la Police comme des ennemis ; ils ne comprennent pas si « la PNH est là pour les protéger et servir ». Les prévenus de Léogâne sont gardés en garde-à-vue à Carrefour Dufort. Les infrastructures minimales y manquent, les prévenus sont obligés de faire tous leurs besoins dans la petite espace qui leur est réservée.

Les divers lieux de détention sont en mauvais état. Parfois, la fameuse question de ''Bokit dit King'' où les prévenus avaient fait leurs besoins se trouvaient toujours sur les lieux et dégageaient des odeurs nauséabondes.

Beaucoup des sous-commissariats visités dans l'aire métropolitaine sont fissurés, ou bien complètement détruits. Les sous-commissariats fissurés sont : sous-commissariat de St Charles Carrefour, sous-commissariat de Carrefour Dufort, sous-commissariat de Vialet. Les commissariats fissurés sont : Le commissariat de Delmas, le commissariat de Léogâne, le commissariat de la Croix des Bouquets, le commissariat de Cité Soleil. Le sous commissariat de Gressier est détruit. En général, les commissariats et sous-commissariat ne sont pas électrifiés. Le soir, les agents se servent de bougies.

4. Département du Sud-est

Le comité de la visite prison diocésaine a effectué deux visites pour cette période dans la prison de Jacmel. L'une le 26 janvier et l'autre le 31 mars 2010.

La Prison civile de Jacmel

Lors de la première visite le 26 janvier 2010, la population carcérale comptait deux cent quatre vingt onze (291) détenus et le 31 mars 2010, elle avait déjà passé à deux cent quatre vingt quinze (295). L'équipe note que cent quatre vingt un (181) personnes de ce nombre étaient en détention préventive prolongée.

Selon certaines informations reçues des agents de l'APENA, au moment du séisme environ cent (100) détenus se sont évadés. Ils ont démonté les portes des cellules, cassé les cadenas, rentré dans le bureau du Directeur, saccagé et pillé tout ce qu'ils trouvaient sur leur passage. Pendant trois jours, les agents avaient perdu le contrôle de la prison parce que l'événement les dépassait. Parmi les cent (100) détenus évadés, un nombre de quarante (40) ont été repris. En ce qui concerne la nourriture des détenus, pendant les quatre (4) semaines qui suivaient le séisme, c'est le Programme Alimentaire Mondial (PAM) qui était responsable de la nourriture dans la prison. Ce n'est qu'après ce temps, la Direction a repris la distribution de nourriture dans cette prison. L'endommagement du bâtiment du tribunal civil de Jacmel a occasionné une lenteur dans le déroulement de la Justice correctionnelle.

Depuis le séisme, les conditions de travail des agents de l'APENA sont très difficiles. Pour dormir, les agents sont obligés de s'allonger sur des morceaux de planche et de portes sur la cour à coté du greffe, tombés lors du séisme.

5. Département du Sud

Le comité de visites des prisons des Cayes a effectué trois (3) visites d'observation aux prisons des Cayes, de Damassin et d'Aquin, en date du 6, 8 et 9 avril 2010. En plus, il a effectué une visite de la garde-à-vue dans la commune de Camp Perrin.

La Prison civile des Cayes

Dans la prison des Cayes, le comité a observé en date du 6 avril 2010 une situation très précaire avec trois cent quatre vingt sept (387) détenus en total. Les détenus sont entassés dans les cellules. Ils ne peuvent pas respirer convenablement, voir dormir et manger correctement. Plusieurs sont tombés malades et leurs dossiers juridiques n'avancent pas. La situation s'est aggravée avec l'arrivé de quatre vingt huit (88) prévenus de la prison de Damassin

Concernant le massacre qui a été perpétré dans la prison des Cayes en date du 19 janvier 2010, selon le rapport d'une enquête conduite par une équipe de la Commission Justice et Paix des Cayes, plus de treize (13) personnes auraient perdu leurs vies et quarante (40) autres seraient blessées. La Commission a reçu cette confirmation des ex-détenus. Selon ces informations, les détenus se sont laissé prendre dans un piège tendu par des agents de l'APENA de cette prison, qui avaient laissé ouverts les cadenas des portes des cellules ; chaque détenu qui s'est évadé, les agents auraient tiré dessus. Ce fait du massacre a été repris par Le Nouvelliste du 24 et 25 mai 2010, qui cite un article du New York Times.

La Prison civile de Damassin

L'équipe dépêchée sur place a constaté que le centre de détention est fermé. Et selon la déclaration d'un responsable de la prison: « on est bien obligé de fermer la prison parce que les détenus bénéficiant l'appui des bandits venant de Port-au-Prince, ont saccagé, pillé la prison et ensuite pris la fuite. Ils ont mis le feu dans les matelas et les lits ». Avant l'évasion, ils étaient quatre vingt huit (88) personnes dans ce centre : soixante deux (62) condamnés, vingt trois (23) en détentions et trois (3) mineurs. Par la suite, la police est arrivée à récupérer vingt quatre (24) évadés dont un est mort. On a transféré les autres à la prison des Cayes. La prison de Damassin est fermée pour réparation et restructuration.

La Prison civile d'Aquin

Le 9 avril 2010, la prison d'Aquin a été visitée par une équipe de Justice et Paix. Elle a visité les trois (3) cellules du Commissariat d'Aquin où se trouvaient les détenus. Le jour de la visite, l'effectif était de soixante (60) prévenus : cinquante cinq (55) hommes et cinq (5) femmes. Parmi les soixante (60) prévenus, quinze (15) sont condamnés et quarante cinq (45) font de la prison préventive. Beaucoup de prisonniers d'Aquin avaient été transférés à la prison civile des Cayes. Cette situation crée de sérieuses difficultés pour les justiciables de cette zone lorsque le juge veut entendre un détenu. Cela est encore plus pénible pour les visites familiales.

6. Département de la Grande Anse

La Prison civile de Jérémie

Une équipe de la Commission diocésaine a visité la prison de Jérémie en date du 25 février et le 18 mars 2010. Elle a constaté le surpeuplement carcéral, des personnes condamnées sans dispositifs de jugement, une carence de lits pour les détenus et des matelas en mauvais état. Les détenus signalent le manque de nourriture ; ils ont dénoncé la mauvaise cuisson des aliments ; ils manquent de l'eau buvable, plusieurs d'entre eux sont tombés malades avec la diarrhée, la grattelle, l'écoulement ou blennorragie.

Plus de cent quatre vingt neuf (189) personnes sont en condition de détention préventive prolongée ; un mineur se trouvant parmi eux. On a compté deux cent soixante quatre (264) détenus pour seulement sept (7) cellules, soit une moyenne de trente sept (37) détenus par cellule.

L'équipe a constaté que certains détenus condamnés à l'emprisonnement et à l'amande étaient arrivés à terme du délai de l'emprisonnement, et ils ont compensé un nombre de temps pour l'amande, mais on les garde toujours en prison.

7. Département des Nippes

La prison civile de Miragoâne

L'équipe de la commission diocésaine n'a pas fait de visite de prison pour cette période, mais elle a assisté trois cas de personnes détenues :

· Un cas d'assassinat qui s'est soldé par l'émission de soixante sept (67) mandats d'arrestation, dont seulement huit (8) personnes ont été arrêtées. La cause en était un conflit terrien à la Petite Rivière des Nippes, depuis 1989, entre le propriétaire Nacius Augustin et les héritiers Leblanc. Jusqu' à maintenant aucune solution n'est portée au dossier d'Augustin Nacius.

· Les deux autres cas pour usage de faux.

La détention prolongée continue

Le plus grand constat fait par la Commission Episcopale Nationale Justice et Paix est la montée rapide de la population carcérale après l'événement du 12 janvier 2010 au niveau des prisons des départements, malgré l'évasion de plus de quatre mille (4000) détenus. Avec cette montée revient en force la question de la détention préventive prolongée, que le système judiciaire, affaibli par les événements du 12 janvier, ne semble pas en mesure de maîtriser: Le palais de Justice à Port-au-Prince et d'autres bâtiments sont tombés, des archives détruites, il y a des pertes en ressources humaines et matérielles. Déjà avant le séisme, cette situation de détention prolongée était considérée comme une violation grave des droits des détenus, auquel l'Etat n'a pas su ou pas voulu répondre.

En certains endroits, les agents de l'APENA vivent sous des tentes parfois dans les mêmes campements ou hébergements avec les évadés de prisons, des délinquants recherchés par la Justice.

Au Pénitencier national, les détenus sont logés dans deux espaces (Brick et dispensaire) alors que toutes les autres cellules ne sont pas encore nettoyées et équipées pour les loger. Les détenus mineurs de Delmas 33 sont gardés en Brick 7 au Pénitencier national.

A Pétion Ville, beaucoup de détenues femmes sont tombées malades. Certaines d'entre elles sont mortes en détention. Par exemple : Darline Etienne, décédée le 20 avril 2010 à Pétion Ville. Malgré la clémence des agents de l'APENA envers les femmes détenues, cela n'empêche pas que deux cent cinquante quatre (254) femmes font de la prison préventive prolongée. Le cas le plus frappant est celui de Lorésia Doresca, une vieille dame de soixante dix (70) ans, arrêtés aux Cayes à cause de sa fille Rose-Mate Petit qui était impliquée dans un dossier de kidnapping et qui est décédée en prison ; on l'accuse de complicité parce qu'elle venait prendre refuge chez elle.

A Jérémie des personnes qui ont fini de purger leurs peines soit d'emprisonnement, soit d'amande, sont retenus encore en prison. Et ceci allonge la liste du surpeuplement carcéral au niveau de cette prison.

Dans plusieurs prisons les équipes de Justice et Paix ont observé la présence de mineurs (mineures à Pétionville) dans un lieu de détention destiné à des adultes. Ceci est une situation inacceptable et constitue une violation des droits des enfants. Cette situation demande d'être corrigée.

Le manque de structure pénitentiaire engendre la délocalisation des détenus, augmentation du dilemme dans la famille des détenus pour la visite, vient ensuite le problème dans la procédure judiciaire (pas de protection judiciaire pour les détenus). Ce qui favorise la violation du droit à la garantie judiciaire. La question de la détention préventive prolongée que le Ministre de la Justice, lors de son investiture, avait promis d'éradiquer dans les cent (100) premiers jours de son mandat, semble retourner pour la plus belle. Le phénomène d'évasion des détenus dans les prisons particulièrement celle du Pénitencier national, montre l'affaiblissement du système judiciaire, qui n'a jamais réussi à adresser la question de façon juste et avec détermination. En effet, trop d'intérêts semblent jouer pour conserver le statu quo.

Recommandations

Aujourd'hui, après le séisme du 12 janvier 2010, un nombre de questions qui se posent fait oublier d'autres questions et défis. Ainsi, on parle de la reconstruction du pays, la relocalisation des personnes qui ont perdu leur maison par le séisme, et même simplement de l'arrestation des personnes évadées. Beaucoup de gens semblent oublier ce grand mal qui rongeait le système judiciaire haïtien et qui s'appelle « la détention préventive prolongée, ainsi que les conditions inhumaines des détenus ». Des conditions qu'on ne souhaiterait à personne. Dans la reconstruction du pays il faut donc que :

· La réforme du système judiciaire trouve sa place ;

· La réforme du système carcéral soit prise au sérieux.

Les raisons sont simples :

· Il s'agit du respect de la dignité et des droits des personnes, même s'il y a des suspicions ou accusations contre elles.

· Il s'agit de l'intérêt de la société que les prisons soient des centres de réinsertion et de socialisation pour les condamnés, parce qu'un jour ils reviendront comme personnes libres parmi leurs concitoyens et citoyennes.

Voici nos recommandations :

1. Nous recommandons au Ministère de la justice

· De permettre que les ordonnances ou décisions judiciaires soient exécutées dans des délais légaux.

· De libérer les voies de recours en habeas corpus dans le souci de combattre le phénomène de la détention préventive prolongée.

· D'inviter les juges de paix à faire les informations préliminaires à temps lorsque les infractions ne relèvent pas de leurs compétences.

· D'augmenter le nombre des juges d'Instruction pour faciliter un meilleur traitement des dossiers dans les délais impartis par la loi.

· De prendre les mesures pour restaurer et décongestionner les centres de détentions afin d'éviter le surpeuplement carcéral.

· D'envisager la relocalisation du pénitencier national.

· Obliger les commissaires de Gouvernement à visiter une fois par mois les centres de détentions qui dépendent de leurs juridictions, comme exigé par la loi (art 447 CIC).

· D'appliquer et faire appliquer les mesures légales qui font injonction aux magistrats de visiter les prisons.

· D'extirper la corruption qui ronge le système judiciaire.

2. Nous recommandons aux Doyens et aux Juges

· Aux Doyens et aux Juges, de fixer un horaire de travail et une méthode appropriée pouvant permettre à examiner plus de dossiers possibles.

· De redistribuer les dossiers à temps afin que la détention d'une personne se dépasse en aucun cas le temps prévu par la loi.

3. A la Direction générale des prisons

· De professionnaliser les agents de l'APENA afin d'éviter l'usage d'armes à feu.

· Permettre une meilleure gestion des espaces pénitentiaires en érigeant plus de centres de détentions.

· D'assurer de meilleures conditions de vie en détention: comme des soins de santé adéquats, eau, nourriture convenable des lits pour dormir etc.

· D'augmenter le nombre d'agents au niveau des centres de détention, surtout au Pénitencier national.

· De renforcer la sécurité autour des prisons.

· De donner plus de moyens aux agents Pénitentiaire pour alléger leur tâche, ceux qui travaillent le soir pour qu'ils ne recourent pas à des moyens forts (l'usage des armes) au moment des problèmes.

· De séparer les personnes condamnées des personnes en détention, séparer les mineurs (garçons ou filles) des personnes adultes.

· D'aménager les centres de santé afin que chaque détenu puisse trouver des soins convenables. en cas de maladie.

· D'assurer un traitement plus digne aux dépouilles mortelles des détenus décédés en milieu carcéral.

4. A la Direction Générale de la Police Nationale d'Haïti (DGPNH)

· D'intervenir et passer les instructions au niveau des commissariats ou sous-commissariats (milieu des gardes à vue) pour les électrifier, d'alimenter en eau potable, afin de mieux accueillir et loger les membres de la PNH et les personnes arrêtés.

· D'inviter et obliger les policiers à respecter le délai de la garde-à-vue. Les former dans ce sens.

· De former les policiers afin de bien préparer les rapports et éviter tous ennuis aux personnes arrêtées dans la poursuite de l'enquête.

Conclusion

La Commission Justice et Paix attire l'attention des autorités judiciaires sur la montée de la population carcérale et le manque d'infrastructure judiciaire qui existe surtout à Port-au-Prince. Une situation qui pourrait aggraver le flux de la détention préventive prolongée, source d'insécurité judiciaire et d'impunité.

Elle conseille à l'Etat de repenser le système carcéral pour le bien être de la communauté haïtienne. Les conditions de détention ne préparent pas les détenus et encore moins les personnes condamnées à leur réintégration dans la société. Ceci démontre l'échec du système pénitencier, et de l'Etat qui en est le responsable. La reconstruction du système carcéral devrait être au menu du Plan de la reconstruction nationale d'Haïti. Le système carcéral est le reflet de la société dans lequel nous évoluons ; le système carcéral doit également garantir la sanction du crime et la réintégration des délinquants dans la société.

Port-au-Prince, 18 juin 2010
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Communiqué Du RNDDH Contre l'Insécurité en Haiti, une situation révoltante .

RESEAU NATIONAL DE DÉFENSE DES DROITS HUMAINS (RNDDH)

REZO NASYONAL POU DEFANN DWA MOUN

NATIONAL HUMAN RIGHTS DEFENSE NETWORK

nchr


COMMUNIQUE DE PRESSE

CONTACTER: Marie Yolène GILLES

PHONE: (509) 2940-1222 / 2650-8103 / 3463-4192/2519- 0256

(509) 3728-8466 / 3556-4296

FAX: (509) 2244-4146

Le RNDDH attire l'attention des autorités concernées sur l'amplification des actes de violence dans le pays

Le RNDDH note que malgré les différentes mesures annoncées par la Police Nationale d'Haïti (PNH) et le renforcement des forces onusiennes dans le pays, la population haïtienne ne cesse de subir des actes de violence les uns plus révoltants que les autres : assassinats, viols, vols à mains armées, vols de véhicules, enlèvements et séquestration sont aujourd'hui encore monnaie courante.

Au cours du mois de juin 2010, au moins vingt-sept (27) cas d'assassinats ont été enregistrés dont celui de Madame Michelle César Jumelle et de son mari, Yves Clément Jumelle, froidement abattus le 26 juin 2010 aux portes de leur résidence. De plus, le 27 juin 2010, l'ancien député de la 49ème Législature pour la circonscription de Limonade - Quartier Morin, Hugues Célestin, est enlevé par des hommes lourdement armés puis séquestré dans le Nord du pays avant d'être libéré contre rançon le lendemain, soit le 28 juin 2010.

Le RNDDH rappelle que le député Célestin, candidat à sa succession, est connu pour ses engagements en faveur d'une meilleure distribution des richesses du pays et son opposition vis-à-vis des choix politiques troublants du pouvoir en place.

Il est inconcevable que les autorités en place restent aussi indifférentes vis-à-vis de ces crimes spectaculaires qui instaurent la peur dans l'esprit des citoyens.

En conséquence, le RNDDH enjoint le pouvoir en place à tout mettre en œuvre en vue de permettre aux citoyens de vaquer librement à leurs activités, en poursuivant les auteurs et complices des actes de violence susmentionnés car, tout citoyen a droit à la sécurité et à la vie au regard de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, en son article 3 qui stipule : « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne ».

Port-au-Prince, le 29 juin 2010