lundi 23 mars 2009

Sénateur Rudolph Henri Boulos, opinant sur la crise politique et économique d’Haïti.

Thèmes de l’Emission de la semaine

Orlando le 20 mars, 2009

Actualités Politiques : Grandes Lignes



Bonsoir chers auditeurs. Vous écoutez sur les ondes de Radio Classique Inter, l’émission Actualités Politiques, Grandes lignes, animée par Robert Bénodin.

Nous avons avec nous, sur les ondes de Radio Classique inter, le sénateur Rudolph Henri Boulos, opinant sur la crise politique et économique d’Haïti.

Rudolph Henri Boulos, nous vous souhaitons la bienvenue sur les ondes de Radio Classique Inter.

RB : La semaine dernière c’était la visite de personnalités internationales. Ban Ki-moon en a profité pour introduire par le biais du rapport de Paul Collier, une nouvelle notion, celle de la prépondérance du volet de sécurité économique sur celui de la sécurité militaire dans le cas d’Haïti.

Cette nouvelle notion ne change-t-elle pas radicalement les règles d’engagement des Nations-Unies sur l’échiquier politique haïtien ?

RHB : Je crois que la semaine dernière tu as publié un article du magazine Foriegn Affairs, des professeurs Ronald Inglehart et Christian Welzel qui s’intitule : « How Development Leads to Democracy. What We Know About Modernization. » Ce serait important de lire cet article parallèlement avec celui de Paul Collier. L’article dit qu’il faut des conditions sociales et culturelles pour implanter la Démocratie. Mais pour se faire, c’est le développement économique qui apporte la modernisation et pousse tout dans la bonne direction vers des institutions démocratiques stables.

Les Nations-Unies voulant construire cette stabilité, mais voulant aller au-delà de la sécurité militaire, sont en train de vouloir développer une classe d’ouvriers et une nouvelle classe moyenne qui seront les éléments stabilisateurs servant de basse au régime démocratique. Certes la sécurité militaire est indispensable. Mais on ne peut pas s’assoire sur des baïonnettes. Pour que la sécurité tienne et ne s’effondre pas, il faut l’économie, le social et les institutions démocratiques. Vu le fait que nos dirigeants n’aient pas eu de vision, ni de programme à proposer durant leur campagne électorale, élus à moins de 50% et malgré toute la latitude que Préval a eue pendant ses trois ans au pouvoir, lui et toute la classe politique ont échoué. Ils n’ont pas su trouver les voies et moyens pour résoudre les problèmes d’Haïti. Sans plan, sans vision, les élites haïtiennes n’ont pas compris l’opportunité de cette présence, pour changer de paradigme. Elles se sont plutôt enrichies. Elles se sont enfermées et limitées dans la jouissance d’un pouvoir épicurien, comme le dit souvent Daly Valet. Les Nations-Unies face à ce trou béant, à ce vide ont dû envoyer un spécialiste. Mais c’est un spécialiste qui te demande de lui passer ta montre pour qu’il te dise quelle heure il est. C’est un spécialiste qui est venu définir une stratégie simple pour éviter le pire. Les dirigeants haïtiens ne sont pas concernés par le danger haïtien.

La souveraineté partagée, qui se profile depuis le lac Meetch, le papier du général chilien, est sur la voie de sa matérialisation. Après qu’un président élu ait demandé l’occupation, en 1994, aujourd’hui en 2009 c’est encore un président élu du même régime qui signe, avec Ban Ki-moon et Bill Clinton comme témoin, l’accord de la souveraineté partagée. Ce président qui bazarde notre souveraineté en détail, c’est René Garcia Préval. Le principe ayant été entériné par lui, il est automatiquement en vigueur.

RB : Quelles sont les raisons fondamentales qui ont porté Ban Ki-moon à endosser la notion de la prépondérance de la sécurité économique sur la sécurité militaire ?

RHB : La sécurité militaire a ses limites dans ses objectifs et dans le temps. Elle ne donne pas à manger, ni de travail, n’offre pas d’abri, et n’envoie pas à l’école. Mais elle continue paradoxalement, avec une paix imposée militairement, à charrier les germes de l’insécurité sociale et économique.

La nécessité d’aller plus loin, d’adopter une politique de rechange qui puisse amener à une sortie stratégique, parce que leur présence n’est pas indéfinie. La Minustah coûte annuellement plus de 600 millions de dollars. C’est un coût énorme pour les donneurs d’aide, particulièrement dans cette conjoncture de crise économique et financière mondiale. Il y a aussi d’autres aléas en cas d’échec, le danger physique pour leurs troupes, et le danger politique pour les dirigeants qui les ont envoyés.

RB : Le rapport de Paul Collier n’étant ni un programme de développement, ni un programme de gouvernement, met cependant en exergue la nécessité immédiate de création d’emploi pour réduire les tensions socioéconomiques.

Pensez-vous que le HOPE II, la reconstruction et le maintien des infrastructures, pourront dans l’immédiat subvenir aux besoins de prévention d’un éclatement social ?

RHB : La création d’emploi dans des sites spéciaux comme dans la zone franche de Ouanaminthe, est une formule qui diminue pour l’Etat, les investissements en infrastructure. Ces zones franches sont installées dans des zones stratégiques, non loin des ports et aéroports existants. Il faut avoir accès aux utilités, électricité, eau et communication. Quel sera le secteur porteur de ce programme ? Est-ce le secteur privé haïtien seulement ? Est-ce le secteur privé haïtien et l’international ? Est-ce l’élite économique locale ? Difficile à dire pour le moment ! Comment va-t-on éduquer les enfants, les jeunes qui viendront y travailler ? Et la classe moyenne appauvrie ? La paysannerie, où se trouve-t-elle dans ce plan ? La Cité Soleil et les autres bidonvilles doivent avoir un espoir, pour qu’elle ne soit plus exploitée par le pouvoir dans la politique du béton, des barricades enflammées, de la violence, de l’intimidation et de l’internalisation de la peur. Pour qu’elle s’émancipe de cette relation de mercenariat avec le pouvoir, aux taux de 20, 50, 100 gourdes par jours.

On ne peut pas remplacer tout ce monde par des étrangers. La Diaspora quel sera son rôle dans tout ça ?

RB : Pour un pays comme Haïti, dont la majorité est paysanne, je trouve que le rapport de Paul Collier n’a pas mis suffisamment d’emphase sur le domaine de l’agriculture.

Pour augmenter la production agricole, augmenter l’emploi dans le secteur rural, récupérer la sécurité alimentaire et réduire l’importation dans ce domaine, que faut-il faire ?

RHB : C’est une faute très grave que de ne pas développer une stratégie à court terme pour l’agriculture à l’intérieur de ce grand plan. La production agricole doit être la base de tout développement en Haïti. C’est là où il y a le plus grand taux de chômage. L’investissement dans l’irrigation est une nécessité pour exploiter toutes les plaines cultivables. Avec des projets avoisinant 10 à 20 millions de dollars chacun, on pourrait exploiter les surfaces cultivables. On devrait continuer à exécuter ces projets à raison de 100 millions par année. Je laisse le soin aux agronomes pour faire l’inventaire des plaines et cours d’eau, et expliquer le rendement que cela pourrait donner.

Il y a des exemples tel que la Plaine de l’Arbre, Plaine des Moustiques, Plantation Dauphin, les 3 rivières du Nord-ouest, et les 4 rivières du Nord-est qui vont se jeter à la mer. On peut voir, dans le Nord-est, l’irrigation des plaines avoisinantes à la Rivière Massacre, avec le support financier et le crédit des grands entrepreneurs de Dajabon, comment des milliers de paysans peuvent produire chaque année et subvenir à leurs besoins.

Il faut fournir les intrants agricoles à crédit. On n’est pas en train de parler de subvention. Le risque de perte doit être partagé avec les paysans qui n’ont rien. Les intrants doivent être débités en coût réel, pour éviter qu’ils soient vendus en République dominicaine. Il y a des exemples concrets. Que ceux soient les sacs d’engrais du Venezuela, ou les tracteurs de Taiwan, ils sont tous déjà vendus en République dominicaine. Parce qu’ils ont été donnés ou subventionnés.

Il faut fournir les technologies de pointe et la mécanisation. Quand on se rend en République dominicaine, qui cultive ces plantations ? Ceux sont des Haïtiens.

Il faut ouvrir et augmenter la couverture du microcrédit aux petites marchandes. Elles servent déjà de courroie de transmission, entre producteur agricole et le marcher, la revendeuse.

Il faut donner l’éducation aux jeunes, aux enfants. Quand j’ai distribué 300 bourses d’étude en comptabilité et informatique ; ceux qui ont été diplômés à la fin de l’année dernière, je les ai rencontrés récemment à Dajabon. Je leur ai dit que je vous ai donné une bourse, mais je ne sais pas encore comment je vais vous faire trouver du travail. Il m’ont tous répondu : « Sénateur ne vous en faites pas, nous avons trouvé du travail avec nos diplômes. » Cela leur permet de s’affranchir. Quand la personne n’est pas obsédée par le primum vivere, il peut réfléchir. Quand elle commence à réfléchir, elle s’émancipe. Elle s’affranchit. Elle commence à demander des comptes à ses dirigeants. Elle commence à poser, à discuter des problèmes et à concevoir des solutions. Il faut en réalité réduire éventuellement cette majorité d’analphabètes.

Le plan doit prendre en compte tous les secteurs de la population. Paul Collier a dit clairement qu’il n’est pas venu faire le développement. Il a fait une expérience in vitro dans un laboratoire. A nous les Haïtiens et à nos amis étrangers de trouver le voies et moyens d’un plan global.

RB : Vu le fait que le rapport de Paul Collier établissant les prémisses que, les effets nocifs de la crise économique mondiale, la réduction des transfères de la Diaspora, et le fait qu’un gouvernement d’un Etat faible soit incapable de formuler et d’appliquer seul une stratégie économique concrète.

A quel niveau de pénétration voyez-vous l’intervention technique des Nations-Unies dans le cadre de la prépondérance de la sécurité économique ?

RHB : Je crois que j’ai expliqué la pénétration en répondant à la dernière question. Ce plan n’a pas les moyens d’une pénétration en profondeur. Quand Collier parle de l’évolution des « clusters », il veut dire qu’ils vont faire les premiers pas avec l’investissement initial (seeds money), et les secteurs impliqués dans la gestion et l’investissement vont faire le suivi et le développement. C’est dans cette synergie que le projet va évoluer pour devenir quelque chose de tangible.

Les Nations-Unies ne peuvent pas s’engager à faire des interventions en profondeur, en face d’une crise économique mondiale et de la diminution des transfères.

Ceci va créer une demande d’envoi massif de techniciens étrangers. On espère qu’ils viendront de la Diaspora haïtienne pour renforcer la coquille vide dont parle Don Erickson du Interamerican Dialog en parlant du gouvernement haïtien. On doit voir une faiblesse majeure à ce niveau du rapport de Paul Collier. Il n’a pas fait valoir l’importance d’un facteur positif qui serait l’intégration indispensable de la Diaspora au niveau de tous les ministères comme condition sine qua non, pour subvenir à la faiblesse technique.

RB : Quel sera le rôle des ONG dans cette nouvelle stratégie économique onusienne ?

RHB : Je ne vois pas d’implication directe des ONG, mais plutôt des banques multilatérales et bilatérales, dans le financement de ces zones franches. La zone franche de Ouanaminthe a demandé un investissement de près de 20 millions de dollars US. On peut faire appelle à un ONG haïtien pour faciliter la production agricole en ce qui a trait au micro-financement des petites marchandes et des boutiques agricoles. Les ONG vont continuer à jouer leur rôle de pourvoyeurs de services à la population, pour compenser aux incapacités et défaillances de cet Etat en faillite. Contrairement à Collier je ne regrouperai pas tout ce monde des ONG pour les forcer à fonctionner dans une synergie totale, mais de les laisser évoluer pour atteindre le maximum de leur potentiel en se regroupant selon l’évolution des affinités naturelles et de leurs besoins, pour fournir les services que l’Etat ne fourni pas aux citoyens.

RB : Quelles seront les conséquences, si le gouvernement résiste à la pénétration d’une telle intervention ?

RHB : Je ne perçois pas de possibilité de résistance. J’ai peur de quelque chose d’autre. Je crois que tout intervention qui n’aboutirait pas à un changement palpable sur le terrain, de la situation économique et sociale de la majorité de la population, mettrait en danger la présence internationale et le maintien au pouvoir de l’actuel équipe. Je ne vois pas leur intérêt dans une résistance.

Mais Préval étant un marron qui ne veut pas de changement, comme tous nos leaders de ces deux derniers siècles. Tous nos dirigeants veulent garder le pouvoir à vie. Le peuple malgré son courage et sa force n’a pu changer les choses, n’ayant pas pu jusqu'à présent s’émanciper de l’appas du pouvoir de ses gouvernants et du sous-développement économique et social.

Dans cette nouvelle donne, c’est l’international qui est aujourd’hui en face du marron. Car contrairement aux Duvaliers et autres qui ont bénéficié d’opportunités conjoncturelles, aujourd’hui ce n’est pas le cas.

Si l’international choisirait, malgré la présence de ses 9 milles paires de bottes et les milliards de dollars déjà dépensés, de ne pas poursuivre la logique stratégique dans laquelle elle vient de s’inscrire, elle serait complice de ce jeu de marron. Ce serait une catastrophe pour cette nation, avec des effets très négatifs et dangereux pour la région.

RB : Il est bruit que la réunion des bailleurs de fonds a été ajournée.

Cet ajournement est-il dû à une intervention de Préval, ou à celle des bailleurs de fonds ? Est-ce dû au changement des règles d’engagement des Nations-Unies concernant la sécurité économique ?

RHB : S’il y a ajournement, j’en doute, mais ce n’est pas impossible. C’est surtout pour avoir le temps pour faire le lobbying nécessaire pour éviter un échec de cette réunion. Les attentes du gouvernement haïtien et des Nations-Unies sont énormes. Les Nations-Unies veulent avoir les moyens pour mettre en application leur stratégie économique et sociale. Ayant l’accord de Préval, elles veulent être prêtes pour gérer leurs dossiers économiques et sociaux. La balle est dans leur camp, Européens, Latinos et Nord-américains.

Washington et Canada sont en train de réévaluer constamment leur lecture et évaluation de la situation en Haïti, pour en avoir une meilleure compréhension et identifier des solutions appropriées pour garantir le succès de leur intervention. Ils ne veulent plus donner des coups d’épée dans l’eau. Le représentant du Canada à l’intérieur de Haitian Task Force au ministère des affaires étrangères, était à Washington la semaine dernière, pour explorer avec ces homologues américains quelles sont les issues du « quagmire » haïtien.

RB : S’appuyant sur le Document de Stratégie National pour la Croissance et pour la Réduction de la Pauvreté (DSNCRP), l’ex-premier ministre Jacques Edouard Alexis, en 2007, avait, à la réunion des bailleurs de fonds, présenté une requête de 4 milliards de dollars US. Il n’a rien reçu. Cette fois-ci, à la réunion des bailleurs de fonds, en 2009, le premier ministre Pierre-Louis présentera une requête de 3 milliards.

Avec la nouvelle notion de prépondérance de la sécurité économique, et le fait que le pays soit jusqu'à présent classifié parmi les 4 pays le plus corrompus du monde, pensez-vous que le gouvernement Préval/Pierre-Louis cette fois-ci, aura une meilleure chance ?

RHB : Nous sommes aujourd’hui face à la « Souveraineté Partagée ». Pour les modalités de mise en œuvre de ce plan, il faudra que l’internationale qui a pris en main la question, mettre de coté Préval/Pierre-Louis pour gérer directement ce plan. Elle est obligée de se donner les moyens. Elle ne va pas donner de l’argent au gouvernement. Mais plutôt financer des projets spécifiques, avec des experts internationaux sur le terrain, même auprès de chaque ministère pour s’assurer de l’exécution et éviter la corruption. Trop d’argents ont été invertis et gaspiller en Haïti. On n’a dépensé 5 milliards pour la Minustah. Il y a urgence et une crise internationale. Comme Haïti est un cancer pour la région. Il faudra contenir ce mal, pour éviter qu’il ne se métastase en contaminant les pays avoisinants.

L’industrie de la construction est en pleine récession en République dominicaine. Le Bahamas et la Floride sont très inquiétés par cette crise sociale et économique, où 9 millions d’habitants sont prêt à s’expatrier au risque de leur vie, à la recherche d’un mieux être. Les Parlementaires de la Floride se sont réunis en plusieurs fois avec le nouveau ministre des affaires étrangères, Hillary Clinton, sur ce sujet.

Comprenez bien, quand une mère prend une frêle embarcation avec deux ou trois enfants en bas age, ceci reflète un degré de désespoir répresseur de tout instinct de conservation maternelle, pour s’exposer ainsi que ses propres enfants à un tel risque. Cet acte stoïque, cette scène qui se répète avec une fréquence de plus en plus accrue de jour en jour, est la matérialisation littérale de la suggestion de Préval à ces concitoyens « nagez pour ou sôti ! Moin pas ka fait mirack ! Moin pas ka fait sang soti nan roche ! » Au mois de janvier seulement on a eu 700 boat-peoples capturés et retourné à Port-au-Prince. Parfois on ne parvient pas à ce chiffre pour une année.

Il est possible que l’on ait un apport d’un milliard qui peut inclure aussi toute laide traditionnelle annuelle. Ce ne sera pas une forte augmentation. Peut être au grand maximum 300 millions supplémentaires.

RB : Les élections sénatoriales partielles occupent momentanément l’avant-scène politique. Mis à part l’exclusion du parti lavalas à ces élections, le CEP semble avoir jusqu'à présent des difficultés administratives insurmontables.

Le CEP sera-t-il prêt pour faire des élections non-contestées, libres, honnêtes et démocratiques le 19 avril 2009 ?

RHB : Difficulté ou non, nous allons per fas et nefas vers des élections le 19 avril. « JPP, jan l passé li Passé ! » L’internationale les veut. Le Président Préval les a déjà ordonné. On aura des élections avec une faible participation. Et on aura les résultats officiels de la sélection. Préval a toujours deux fers au feu. Dont 12 sénateurs de son choix. Ou une confusion après les élections pour remplacer la Constitution. Si le deuxième scénario est impossible, il faudra qu’il s’entende avec l’internationale sur un troisième, pour éviter le choc.

Le face à face a commencé. Le Brésil et l’Espagne distribuent directement des tonnes de riz et de semence. La sécurité pour les élections pour éviter une crise électorale, sera le teste acide de l’internationale sur sa volonté réelle de résoudre le problème. Et de ne pas se faire rouler dans de la farine par le marron. A partir de cette échéance électorale du 19 avril 2009, on saura qui est maître du jeu.

RB : Préval est-il forcé de faire ces élections contre sa volonté ? Quel est l’intérêt du milieu international dans ces élections ?

RHB : Il ne faut pas oublier que ces élections sont très très en retard. Ceux sont des élections qui auraient dû avoir lieu avant la fin de l’année 2007. J’ai dénoncé ce retard. J’ai demandé qu’on fasse ces élections. J’avais invité Jacques Bernard au Sénat pour qu’il nous dise si c’était possible d’avoir des élections avant la fin de l’année. Les sénateurs sont allés à Washington, à Ottawa, à Mexico pour faire de la pression pour avoir des élections pour renouveler le tiers d Sénat comme prévu par la Constitution le dernier dimanche du mois de novembre 2007. Toutes ces démarches m’ont valu l’enfer de l’exile.

On aura des résultats en avril et en juillet 2009. On aura d’autres élections en novembre 2009. Et ensuite en novembre 2010, on aura des présidentielles. Aura-t-on une mise au rancart de la Constitution ? Pour l’internationale c’est de présenter des amendements à la dernière session de la 48e législative, de les confirmer par la 49e législature l’année prochaine et qu’ils soient effectif avec le président élu avant le 7 février 2011. Si Préval ne peut pas se faire réélire, il nommera son successeur.

RB : Face à la Constitution de 1987, il y a pour le moment sur l’échiquier politique, 3 positions :

-Appliquer à la lettre la Constitution de 1987, avant de l’amender.

-Amender la Constitution de 1987 selon les prescrits du Titre XIII.

-Remplacer la Constitution de 1987, elle est une source de déstabilisation.

Pouvez-vous nous dire quels sont les différents secteurs qui supportent chacune de ces 3 positions ? Et pourquoi ?

RHB : De 1987 à ce jour, la Constitution n’a jamais été appliquée à la lettre. Et pourtant elle nous a défendu malgré tout contre toutes les tentatives. Elle a été un rempart contre les efforts des dictateurs apprentis sorciers pour confisquer le pouvoir à vie. Si on questionne les valeurs de la constitution, si elles sont bonnes ou mauvaise, il faudrait l’appliquer à la lettre pour en juger.

On avait une opportunité idéale pour l’appliquer en 1990. Les membres du CEP ont été dispersés dans des postes diplomatiques pour éviter de faire les élections indirectes, installer les autorités des collectivités et assemblées territoriales, faire la décentralisation, la déconcentration et avoir un CEP permanent.

Le régime lavalas est le premier et le seul à gouverner sous l’égide de la Constitution de 1987. On a conspiré durant tout le passage de ce régime de 1991, jusqu'à aujourd’hui pour ne pas appliquer à la lettre la Constitution de 1987. On comprend que le 1er premier ministre, le second et le quatrième président du régime lavalas à la fin de sont dernier mandat constitutionnel, soit tenté de vouloir par tout les moyens de remplacer cette Constitution qui met fin définitivement et de manière permanente à ses ambitions présidentielles.

Reprenons les trois options.

-Appliquer à la lettre la Constitution de 1987, avant de l’amender. La majorité de la population si je dois me baser sur la dernière enquête de BRIG de Mr Fortunat. L’opinion générale dans sa grande majorité supporte la mise en application à la lettre de la Constituions de 1987. Et veut jouir des bénéfices qu’elle offre quant à la formation des collectivités territoriales.

-Amender la Constitution de 1987 selon les prescrits du Titre XIII. Encore la majorité de la population de la classe politique et une partie saine de l'internationale supportent cette option. De plus, la classe politique a peur d'une constitution par un homme pour un homme. Elle n'est pas certaine que le remplacement de la constitution garantisse la création d’institutions démocratiques sur des bases solides. C’est le contraire qui a dominé depuis les élections de 90

-Remplacer la Constitution de 1987, elle est une source de déstabilisation. Mr. René Garcia Préval et ses acolytes veulent rétablir la présidence à vie et maintenir le monopole de la corruption.

RB : De 1801 à nos jours, nous sommes à notre 22e Constitution. Hormis celle de 1987, toutes les précédentes Constitutions haïtiennes avaient pour caractéristique commune de refléter la volonté du leader politique qui en était le promoteur, de garantir son maintien à vie au pouvoir, ainsi que son droit de nommer un successeur parmi ses héritiers.

La volonté de remplacer la Constitution de 1987, ne suit-elle pas la logique qui caractérise les 21 constitutions qui l’ont précédées ?

RHB : Si l’histoire est un perpétuel recommencement, elle nous permet de constater qu’à chaque fin de mandat tous les présidents ont toujours voulu rester au pouvoir. Rares sont ceux qui en sortent à la fin de leur mandat. Préval n’échappe pas à cette règle. Il va faire l’impossible pour garder le pouvoir, peu importe les risques, pour lui ou pour le pays. Pour lui, après le pouvoir c’est le néant. Et ce néant l’effraie. S’il lui est impossible de se succéder, il va coûte que coûte vouloir nommer son successeur. Il nous faut être surtout aux aguets pour ne pas avaler un amendement qui garantirait l’amnistie totale capitale au président sortant. C’est la garantie d’impunité pour celui qui possède et exerce le pouvoir politique au plus haut niveau et qui peut à sa guise en jouir et en abuser. Ce serait un danger énorme pour la nation haïtienne que d’accorder un tel privilège au président sortant !

RB : Le premier ministre Pierre-Louis a été convoqué mardi à la chambre basse, pour répondre de sa gestion des 6 derniers mois. La session s’est terminée malheureusement par un pugilat entre le député Bourjolly et le président de la chambre, le député Levaillant qui lui refusait le micro.

Le gouvernement Préval/Pierre-Louis a de fait dépensé les 197 millions de dollars de petrocaribe. Ces 197 millions de dollars, ont-ils été dépensés pour soulager la misère des plus démunis ?

RHB : Au lendemain de la dévastation des 4 cyclones, le parlement avait été obligé d’accorder au départ, des mesures d'urgence au nouveau premier ministre Pierre-Louis. Les circonstances ont porté le parlement à lui faire confiance.

A l’OEA il y a eu un incident très significatif entre l’ambassadeur ad intérim d’Haïti et l’ambassadeur du Panama. Ce dernier lui demande : « Je vois ce que font les Etats-Unis, la France, le Canada, le Brésil etc. dans votre pays, mais que fait votre gouvernement dans la crise cyclonique ? » Quelle honte !

Il y a deux semaines de cela au Canada, pour préparer la réunion des bailleurs de fonds, la délégation haïtienne faisait de la pression pour trouver 123 millions de dollars de financement. Finalement l’ambassadeur de l’Union Européenne dit à la délégation haïtienne : « Mais dites-moi ce que vous avez fait avec les 197 millions de dollars du Petrocaribe ? »

Aujourd’hui on convoque le premier ministre pour des explications et des clarifications, sur sa gestion. Compte tenu de l’évolution de la situation à la chambre basse, de son nouveau bureau et des relations qui existent entre le CPP et le pouvoir exécutif on a assisté plutôt à une mise en scène, à une démagogie. Personne n’est dupe. On a tous compris. On n’a pas voulu vraiment savoir ce qui a été fait avec ces 197 millions de dollars US de Petrocaribe.

-Achat d’équipements lourds sans appel d’offre pour 100 millions de dollars.

-14 mois de salaire aux fonctionnaires 30 millions de dollars etc.

Chaque mois il y a 40 millions de gourdes d’entrées dans les douanes de Ouanaminthe. Aujourd’hui Ouanaminthe a besoin de 50 millions de gourdes pour asphalter 10 Km de rue à l’intérieur de la ville. La compagnie qui a fait la route Cap Ouanaminthe dit avant de démonter ces équipements pour partir, elle offre d’asphalter 10Km de rue à l’intérieur de la ville pour 50 millions de gourdes. On n’a pas pu trouver ces 50 millions de gourdes du gouvernement. Le ministère de l’intérieur qui a des fortunes en main, ne donne aucun signe de vie. Les ouanaminthais font des efforts considérables de collectes de fonds, qui n’arrivent qu’à 1 million de gourdes. Ils font appel au CATA au PNUD. Ils font appel au sénateur Boulos. Qui malgré qu’il soit en exile est prêt à donner 500 milles gourdes. Ouanaminthe est une ville frontière. C’est l’entrée du grand Nord en venant de la République dominicaine.

Vous vous imaginez ce que doit être l’impression d’un étranger qui sort de Dajabon, où tout est asphalté et propre. Il traverse un petit pont de 20 mètres et puis il se trouve dans un Capharnaüm comme le dit souvent l’ingénieur Frantz Verrella ministre des Travaux Publics.

RB : Mis à part le constat fait par Paul Collier dans son rapport concernant l’incapacité de ce gouvernent de se doter d’une stratégie économique, pensez-vous que nos gouvernants soient à la hauteur de leur tache ?

RHB : René Préval jusqu'à présent n'a pas pu rien faire. Pas parce qu’il n’était pas intéressé à faire quelques chose. Ou qu’il ne pouvait pas. Le fait est qu’il ne voulait pas. Quand je posais les questions, je faisais de l'opposition constructive, je faisais des pressions pour éviter d'arriver là où nous sommes aujourd'hui. Qu’est-ce qui est arrivé ? J’ai dû me mettre à couvert pour éviter qu'il me tue. Un vice-président du Sénat de la République. J’ai été élu par le peuple du Nord-est en trois fois. Et les sénateurs m’ont élu vice-président du Sénat.

Ce n'est pas la capacité qu'il leur manque. Ce sont des destructeurs. On pourrait les excuser pour leur nullité et mais pas pour le nihilisme qu'ils affichent. Ils ne veulent rien faire. Ils ne doivent rien à personne.

Le budget est subventionné à plus de 60 % par l'internationale. Ces fonds sont dilapidés. On ne peut rien espérer de ce monde.

C’est l’internationale qui a 9 milles paires de bottes sur le terrain qui arrive à ce constat : « Que Préval n’est pas porteur de solution. Il est le problème lui-même. »

RB : Après un demi-siècle de populisme des deux extrêmes, le peuple haïtien peut-il continuer à patauger dans ce bourbier d’extrémistes ?

Le populisme étant le cannibalisme de la Démocratie, qui pratique le culte de la personnalité, fait des interventions messianiques, maintient la mobilisation constante, articule constamment les revendications, exploite continuellement le venin des ressentiments, fait sans relâche la propagation de la haine ; Est-ce l’atmosphère qui convient pour le développement?

Il y a-t-il une alternative pour ce peuple à bout de souffle et aux abois ?

RHB : La réponse à ta question se trouve encore dans l’article du magazine Foriegn Affairs, des professeurs Ronald Inglehart et Christian Welzel. Ils disent pour qu’un peuple puisse discerner, pour ne pas voter avec ses impulsions, pour sortir de ses tabous, évoluer, perdre ses réflexes traditionnels, il doit passer par un développement économique et social et par l’éducation.

Le populisme des deux extrêmes a échoué. L’un des axes du populisme des 50 dernières années est la question de couleur. Il a constitué sa force politique dans les circonstances externes qu'on connaît. Le populisme a fait un saut dans la barbarie et l’anarchie. Ce faisant le populisme dans son parcours, a détruit non seulement des hommes politiques valables. Mais plus important encore, a en même temps plongé le peuple, au nom de qui il a confisqué le pouvoir pendant un demi-siècle, dans une pauvreté et une misère atroce, pour faire d’Haïti le pays le plus pauvre de l’hémisphère, le maillon faible de la région, un Etat totalement en faillite et des institutions en pleine déliquescence.

Il nous faut trouver une voie, une alternative, pour sortir de ce cercle vicieux. Ça, ce sera le leadership au niveau des élites et de la jeunesse du pays qui devra frayer ce chemin.

C'est un combat, pour moi, aujourd'hui en exile, pour vous avec vos émissions éducatives et pour les forces vives de la nation de se libérer, de s’émanciper des serres du populisme. Il faut investir chaque jour dans ce combat. Il faut persuader et éduquer la jeunesse pour qu’elle fasse sienne ce combat. Les élites doivent utiliser leurs capacités créatives pour joindre le leadership de ce combat.

L'internationale vient avec sa stratégie de sécurité économique. Il nous faudrait d’un Munoz Marin pour pouvoir mettre les points sur le i.

RB : Il est évident que le mois prochain on aura des élections partielles sénatoriales, qu’à la fin de cette année on aura d’autres élections partielles sénatoriales, des élections pour la 49e législature, et celles de la totalité des autorités locales. Et à la fin de l’année prochaine 2010, on aura les présidentielles. Il y aura une quantité énorme de postes électifs pour lesquels le peuple aura à faire ses choix à court terme. De ces choix, dépend sa destiné et son avenir.

Tenant compte aussi de la compréhension du milieu international des vrais problèmes haïtiens. Parallèle à cette réalité locale, des changement s’opèrent sur la scène mondiale, un changement de pouvoir et de tendance politique aux Etats-Unis avec Obama et en France avec Sarkozy et simultanément une crise financière et économique mondiale. Dans cette problématique, qu’est-ce qui peut arriver en Haïti ?

RHB : La question tourne de fait autour d’une sortie de crise. Il y a parmi les acteurs une jeunesse qui est intéressé à l’avenir de son pays. Il y a une Diaspora qui a la capacité de lobbying et financière de participation et d’apport dans tous les domaines et particulièrement dans les technologies de pointe. Il y a les élites avec son intelligentsia et sa capacité d’initiative. Il y a la classe politique avec ses faiblesses et son expérience. Tous ces acteurs doivent faire un saut qualitatif pour aiguiller le pays dans une nouvelle direction. Nous avons raté cette opportunité de rompre avec le populisme en 2004. Aujourd’hui, l’équation politique à un nouveau paramètre.

Nous nous trouvons dans une situation dégradante certes de souveraineté partagée. Il nous faut exploiter le coté positif de cette situation pour nous propulser vers une horizon nouvelle. L’inquiétude de l’internationale est réelle. La gravité de la crise est réelle tant sur le plan local qu’international. Il nous faut opter pour la modernisation et prendre les voies et moyens qui s’imposent. Sans une volonté nationale, l’intervention internationale n’y arrivera pas.

Certes il y a des forces rétrogrades qui veulent maintenir le statu quo. Parce qu’elles ont intérêt dans l’obscurantisme. Elles veulent maintenir l’attitude d’opposition, à l’instruction, à la raison et au progrès.

L’internationale qui manifeste ouvertement sa volonté d’introduire une nouvelle stratégie de sécurité économique, change de sa position traditionnelle, pour constater et déclarer l’incapacité du gouvernement de se pourvoir d’une stratégie économique.

La souveraineté partagée va prendre des dimensions nouvelles. A nous d’exploiter cette nouvelle donne pour le bonheur d’Haïti et de sa nation !

samedi 21 mars 2009

L'ONU appelle à un consensus entre les haïtiens sur la sécurité et la stabilité politique



Jose Urbina Ortega, chef de la mission que le Conseil de sécurité a menée en Haïti du 11 au 14 mars invite les autorités haïtiennes à créer un consensus national non seulement sur la sécurité et la stabilité politiques, mais aussi sur la création de bases solides pour le développement économique et social.

" Les multiples échéances électorales à venir vont se traduire par une grande agitation, avec huit scrutins en 36 mois ", a observé M. Urbina. Le conseil Electorale Provisoire s'est engagé auprès de la mission du Conseil à garantir des élections libres et justes qui n'écartent pas l'un des plus importants partis politiques.

" Il faut tout faire pour éviter un sentiment d'exclusion de la part d'une partie de la population, a noté la délégation du Conseil lors de ses entretiens avec le CEP.

De plus, M. Urbina croit que " l'amélioration de la sécurité en Haïti tient largement à la professionnalisation de la police haïtienne (PNH), facilitée par le soutien que lui apporte depuis cinq ans la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH). " Ces progrès se reflètent dans la baisse de la criminalité et la confiance croissante que la population manifeste dans sa police.

Les membres de la mission ont été informés des plans intégrés du gouvernement haïtien pour mieux gérer ses frontières et la perméabilité de celles-ci. " Ils ont aussi pu constater le manque de capacité de l'État haïtien pour contrôler ses eaux territoriales et ses frontières maritimes. Les patrouilles de la MINUSTAH, désormais dotée de navires de patrouille, devraient contribuer à améliorer la situation mais ces mesures doivent être complétées par des mesures prises au niveau régional ", a-t-il fait remarquer.

En ce qui concerne le renforcement de l'État de droit et les droits de l'homme, les conversations des membres de la mission du Conseil avec divers responsables ont clairement mis en lumière la priorité accordée par Haïti au renforcement de la PNH, jugé essentiel pour assurer la sécurité.

Durant leur séjour, les membres de la délégation du conseil de sécurité ont pu observer les dégâts causés par les ouragans dévastateurs d'août septembre 2008, notamment aux Gonaïves. Ils ont visité un projet à haute intensité de main d'œuvre destiné à renforcer la protection contre les inondations.
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Haïti-Canada-OEA-Coopération

Le Canada et l’OEA font le point sur la situation en Haïti

Sans dissimuler leurs "préoccupations", le ministre d’Etat canadien aux affaires étrangères, Peter Kent et le numéro deux de l’organisation hémisphérique, Albert Ramdin estiment "indispensable que les haïtiens soient proactifs dans la définition et l’orientation de l’aide internationale"


Le ministre d’Etat canadien aux affaires étrangères, Peter Kent a eu des discussions approfondies sur la situation d’Haïti avec le secrétaire général adjoint de l’Organisation des Etats américains, Albert Ramdin, lors d’une visite de travail jeudi au siège de l’institution à Washington.

Selon un communiqué de l’organisation hémisphérique relayé par EFE, le haut responsable canadien, chargé des dossiers concernant les Amériques, a loué le rôle joué par l’OEA en Haïti, particulièrement dans la mise en place du processus électoral.

Réaffirmant que le pays représentait aujourd’hui encore un sujet de préoccupation pour le Canada et l’OEA, les deux hommes ont aussi discuté de la prochaine conférence des donateurs prévue en avril à Washington et à laquelle seront associés Ottawa et l’OEA.

Peter Kent et Albert Ramdin ont, dans la foulée, jugé "vitale la participation du gouvernement haïtien et de la société civile dans la définition des priorités de la coopération internationale dont le pays bénéficie ». Sans cette participation et l’orientation en conséquence des projets à mettre en œuvre, jamais les objectifs de progrès visés pour Haïti ne seront atteints, ont-ils averti.

Cette rencontre entre le ministre canadien et le numéro deux de l’OEA était consacrée à l’évaluation de la coopération entre Ottawa et l’organisme régional.

Ces dernières années, le Canada et l’OEA sont intervenus fréquemment dans des bouleversements politiques qu’a connus Haïti, pays où la communauté internationale est aujourd’hui encore très impliquée à travers la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH). spp/Radio Kiskeya


jeudi 19 mars 2009

Réflexion sur le déploiement des casques bleus haïtiens.


Par Cyrus Sibert

http://www.reseaucitadelle.blogspot.com/


Cap-haitien, le 09 Mars 2009 (Le Ré.Cit)

L’annonce du déploiement de casques bleus haïtiens devrait être une bonne nouvelle pour tous les haïtiens. Elle est une note de satisfaction pour tous ceux qui avaient bravé les dangers de la lutte contre le régime répressif de Jean-Bertrand Aristide.


En demandant aux autorités haïtiennes de participer en envoyant des policiers pour deux opérations de maintien de la paix en Afrique, l’ONU remet l’unique force de sécurité nationale sur la carte mondiale. Ce qui signifie : le temps d’une police politisée avec un commandement totalement lié au Palais National et aux narcotrafiquants est révolu.


L’actuel commandement de la PNH mené par le Commissaire Mario Andrésol mérite des ‘‘félicitations’’. L’ancienne équipe de Léon Charles qui a eu le courage d’affronter les terroristes de l’ ‘‘Opération Bagdad’’ sont aussi des héros.

Une pensée spéciale pour tous les policiers tués dans l’exercice de leur fonction. Une minute de recueillement pour les innocents de la population civile tués par les gangs d’Aristide.

Les efforts de la MINUSTAH aux cotés de la PNH sont aussi à considérer.

Grâce au courage des militants de La Syrie, de Dondon, de Gonaïves, de Cap-Haitien, de Port-au-Prince, de Grand Goâve, de Petit-Goâve, de Trou du Nord, de Ouanaminthe, de Hinche, de Jacmel, de Saint-Michel… , nous avons débarrassé Haïti de cet apprenti dictateur soutenu par des ‘‘congressmen’’ corrompus et des lobbyistes véreux. Nous avions remis notre pays sur les rails du projet démocratique et du changement.


Les militants d’avant 1990 qui espéraient d’une Haïti démocratique peuvent encore rêver.


Les compatriotes de la diaspora, qui se sont laissé tromper par le Petit-prêtre défroqué, ont encore une chance de réussir leur pari.


Gérard Pierre-Charles et tous ceux qui avaient commis l’erreur grave de confier le destin de 50 ans de lutte entre les mains d’un homme reproduisant le spectre du ‘‘Président Papa Bon Cœur ‘’ au détriment de la liberté et des valeurs universelles du respect droits de la personne humaine, peuvent dormir en paix.


Nous savons que notre avancement est piégé et paralysé par des corrompus de l’oligarchie monopoliste de la ‘‘République de Port-au-Prince’’. Toujours proches du Palais National, elle perpétue le système ‘‘bossal’’ et féodal. Mais cela ne doit pas nous empêcher de voir les progrès. De plus, ce combat ne cessera pas faute de combattants.


Le génie Toussaint-Dessalines guidera l’âme nationale de liberté et de justice. Haïti est une terre fertile en combattants courageux capables de faire échec aux despotes.

Jean-Bertrand Aristide a fait du tord à ce pays. Les Clinton sont en train de le reconnaitre. Nous conseillons aux fils et aux filles de la mère patrie de cesser de confondre l’idéal de changement national et les intérêts d’un homme qui se veut Maitre de notre destin.


Faites un effort de dépassement de soi et apportez votre contribution au développement d’Haïti.

RESEAU CITADELLE ( LE Ré.Cit), le 19 Mars, 13 heures 05

Des policiers haïtiens prêts à intégrer la MINURCAT


Mardi, 17 mars 2009 12:18

Des agents de la police nationale se disent prêts à représenter le pays partout ou le devoir les appellent. Ils réagissaient après que le secrétariat des Nations Unies sollicite des autorités haïtiennes la participation de policiers haïtiens â des missions de paix en république Centre Africaine et au Tchad. La nouvelle a été bien accueillie par les policiers haïtiens.
Ces derniers mettent en garde cependant contre tout forme de clientélisme dans le choix des agents susceptible de faire partie des forces onusiennes.
Le chef de la police, Mario Andrésol qui a confirmé une possible intégration des agents de la PNH dans la MINUCAT interprète cette invitation comme une reconnaissance des progrès accomplis par la PNH au cours de ces dernières années. Fier d'avoir pu obtenir tant de résultats probants, M. Andrésol promet de réaliser un processus de sélection impartial.
Même si la date de départ et le nombre de policiers qui seront recrutés sont encore inconnus, le chef de la police fait remarquer que ces policiers devront participer à des séances de formation avant leur affectation. " Il s'agit d'une bonne nouvelle pour nous et pour le pays", a affirmé ces policiers.
Pour le directeur de la PNH " Il nous faut des hommes sains pour intégrer honorablement les casques bleus", tout en précisant que ces policiers ne doivent pas avoir été impliqués dans le trafic de la drogue, les violations des droits humains ou des actes de banditisme. " Nous avions atteint aujourd'hui un niveau de professionnalisation qui est reconnu par l'ONU", a il déclaré. Cette invitation est donc un motif de satisfaction pour Mario Andrésol qui est aux commandes de la PNH depuis 2005.
RD

mardi 17 mars 2009

Aristide Passé Composé


Jean Erich René Ottawa, 17 mars 2009

« L'une des choses importantes que je peux vous dire est que votre avenir peut être meilleur que votre passé », a déclaré Bill Clinton aux diplomates du béton lors de sa mission en Haïti le lundi 9 mars 2009.

La rémission des péchés commence toujours par un aveu sincère et la promesse de ne plus recommencer. Le Peuple Haïtien prend acte de la déclaration de l'ex-chef de la Maison Blanche, William Jefferson Clinton qui, avec la complicité de l’Eglise catholique, avait imposé l’embargo de1994 et facilité le retour d’Aristide pour le malheur d’Haïti. Il n’est pas superflu de mentionner que Bill Clinton a confessé dans son livre de fin de règne que son plus grand regret c’est d’avoir reconduit Aristide au pouvoir. Les pancartes et les banderoles à l’effigie d’Aristide qui pavoisaient le parcours de la mission de l’ONU, pour faire semblant de sa popularité écrasante et réclamer son retour, n’ont fait que raffermir la volonté des émissaires de jeter aux oubliettes l’engeance lavalassienne exécrable et exécrée de tous.

Il est maintenant plus que temps pour les Lavalassiens malades de se réveiller et renoncer à leur projet chimérique de retour. Ce rêve s’est transformé en cauchemar avec l’audition des narcotrafiquants à Miami. Bientôt le général Noriega aura des voisins de cellule dignes de son rang à Fort Lauderdale. Voilà pourquoi, William Jefferson Clinton invite les Haïtiens à se tourner vers l'avenir. Le trafic des stupéfiants, la stagnation économique et le brigandage politique sont les 3 vecteurs de la politique lavalassienne de ces 18 dernières années. En dépit des 4milliards de dollars accordés par l’Administration américaine, des 650millions du Canada, des 32 millions de l’Espagne, des 197 millions débloqués après le cyclone etc. les conditions de vie se sont dégradées en Haïti. Qui pis est, le bilan économique accuse un solde négatif.

Lavalas, Bô Tab, Lespwa, autant de folies idéologiques qui n’ont fait qu’enfoncer le pays davantage dans la division et la misère. Le côté le plus triste c’est qu’ils ont tout privatisé jusqu’aux secteurs les plus nobles des recettes de l’Etat. Par leur silence complice nos Partis Politiques avalisent cette pernicieuse politique dite de privatisation. Il ne suffit pas de critiquer ce comportement dissident de nos dirigeants politique prêts à tous les compromis pour garder le pouvoir. Il faut élaborer une stratégie pour changer le cours de ces événements malheureux et sauver la Barque Nationale en péril. Au nom des intérêts supérieurs de la nation, il nous faut sortir des sentiers battus, rompre avec les promesses fallacieuses de nos leaders politiques allant jusqu’au reniement de leurs propres engagements dans les déclarations de principes, les fusions, les coalitions signées.

Point n’est besoin de jouer à l’autruche en faisant semblant d’ignorer ou de banaliser la Déclaration Conjointe signée par René Préval, Bill Clinton et Ban Ki-moon. C’est la rupture avec un passé politique ! Nous sommes à un tournant historique important. Une nouvelle page d’histoire vient de commencer. Le processus d’accompagnement de la Communauté Internationale dans nos démarches politiques a ses dépendances. L’exercice du pouvoir en Haïti n’est plus le même. Si nos responsables politiques ont pris conscience de la Déclaration Conjointe signée avec l’ONU ils doivent reconnaître qu’ils ne sont plus représentatifs. Ils jouent plutôt un rôle d’auxiliaire de la Communauté Internationale. Comme préposés à l’accomplissement de certaines tâches spécifiques, ils n’attendent que leurs instructions. Il n’est pas question de jouer à la démagogie coutumière gage de notre médiocrité. Les signataires viennent d’immoler les générations présentes et à venir, nos institutions tant privées que publiques.

Ce moulinet de l’ONU n’est pas un jouet. Quels sont les objectifs qu’il nous permet d’atteindre ? Les zones franches recommandées par l’économiste Paul Collier signifient-elles la fin de la misère en Haïti ou le commencement d’une autre forme de misère jusque là inconnue chez nous?

Jusqu’à hier charbonnier était maître chez lui. Les cris et les vagissements des Antilles françaises encore sous la botte des colons préfigurent ce qui nous attend. Quel bidouillage diplomatico-économique ! Au lieu de faire une simple énumération des projets devant générer des emplois et le développement économique d’Haïti, Paul Collier pourtant si fameux, devrait avancer des chiffres. Sur quel paradigme scientifique repose le choix de l’implantation des zones franches comme levier de croissance pour Haïti ? Où sont les variables instrumentales ? Son étude est inachevée sans l’énumération des contraintes liées aux zones franches prétendument si efficaces pour le développement économique d’Haïti ? En pays pauvre on offre sans se gêner la lune comme fromage. Le Plan Collier ne vise pas l’urgence ni le long terme mais le moyen terme.

Il y a 18 ans depuis qu’Aristide occupe la scène politique haïtienne. Sa gouvernance fut interrompue bien sûr par deux coups d’Etat mais relayée aussi deux fois par alternance de son frère siamois. Prêtre,christo-marxiste, socialiste, capitaliste, Zulu, sa position idéologique est ambiguë. Il cautionne le chambardement social. Une nouvelle ère politique s’ouvre maintenant pour Haïti. Les conséquences de la politique récente lavalassienne engendrent le projet historique présent d’aménagement d’une nouvelle Haïti en partenariat avec la Communauté Internationale. Nos hommes politiques cumulent les bévues qui accablent notre histoire.

Actuellement au Canada Lavalas est perçu comme une mauvaise étiquette. Malgré son antériorité marquante le règne Lavalas est achevé. On cite encore son leader charismatique à cause de ses influences néfastes sur le présent. La Mission très osée de Bill Clinton et de Ban Ki-moon en Haïti, n’a soulevé aucun remous au sein de la classe politique, marginalisée à cause de l’obsolescence et de l’insignifiance de nos leaders introvertis et trop cupides. La Commission du Sénat américain chargée de conduire les enquêtes sur la chute spectaculaire d’Aristide et son exil en Afrique du Sud en 2004 est dissoute. « Tournons nos regards vers l’avenir » conseille avec sagesse Bill Clinton. Désormais le verbe Lavalas se conjugue proprement au Passé Composé.

Haiti : La contre-danse de ''Fanmi Lavalas''

lundi 2 mars 2009

Par Jean-Claude Bajeux

Soumis à Reseau Citadelle le 2 mars 09

A qui veut l’entendre, nous ne cesserons de répéter que les chances de sortie de crise, pour nous autres Haïtiens, ne cessent de s’amenuiser. On ne cesse d’analyser les aspects, les soubassements, les manifestations de cette crise nationale. Les blogs répondent à d’autres blogs, dans un ramassage confus d’obsessions, de perversité, d’ arguties à bon marché, de réponses vocalisantes à double ou triple clavier, chacun cherchant à se placer sur des lignes idéologiques parasitaires et archaïques, mais confortables, alors que le moment est à la résolution pragmatique des problèmes, à l’audace de projets futuristes de reconstruction, à une vision nouvelle visant le futur. Un monde se meurt devant nous sous une avalanche de barbarie, d’incompétence et d’improvisations et nous refusons de passer la main, dans des débats de mots, de virgules et de points-virgules, alors qu’il s’agit de mettre à l’heure notre horloge et surtout de prouver non pas que nous sommes malins, mais que nous sommes de bonne foi, que nous voulons un état de droit, que nous voulons une démocratie, que nous voulons le développement du pays .


Les contorsions d’un groupe d’aspirants-candidats à un siège sénatorial avaient un tel aspect caricatural, « hors-raison », qu’elles pouvaient décourager n’importe qui nourrit encore le rêve d’une entrée en démocratie de notre société menacée par le spectre de l’autodestruction. Vingt-trois ans après le départ des Duvalier, nous piétinons toujours sur le chemin de la « transition démocratique » et beaucoup regardent en arrière sans crainte d’être transformés en statues de sel. Nos hésitations à embrasser à bras le corps la réalité de la débâcle collective ne tiennent aucun compte des signaux d’alarme. Constantinople est menacée et les théologiens discutent du sexe des anges.


Au rendez-vous d’une élection retardée depuis deux ans, nous avons assisté à la contre-danse d’un groupe brusquement désireux de monter sur la charrette des candidats au sénat, tandis qu’un Conseil Electoral provisoire, le quinzième, consulte fiévreusement les articles d’une loi qu’ils ont pris deux ans à produire. Le grand problème est que ces candidats là, sont les fils du pouvoir, ses enfants gâtés. Ces élus d’hier ont été charriés par l’avalanche du 18 décembre 1990, il y a presque vingt ans, et semblent n’avoir rien appris. Enfants gâtés, grands mangeurs devant l’Eternel, ils l’ont été et leurs exigences, comme leurs appétits, ont l’impétuosité d’une chance qui passe et ne reviendra point. Ils sont les restants d’une fragmentation qui a, pendant ce laps de temps, réduit les membres de la famille (« la fanmi lavalas ») à un cercle tumultueux d’ayant droits. Non, ils refusent l’autocritique, les raisons pour lesquelles ils ont échoué. Ils refusent d’abandonner un langage de violence et de mensonges, de se soumettre aux lois qui régissent le commun des mortels, aux procédures qui régissent l’existence et l’activité des institutions démocratiques.


Deux groupes de candidats se disputent le droit de s’inscrire sous le label d’un groupement et leur fièvre semble alimentée par la recherche d’un lieu et d’une position qui leur assurent immunité et impunité. Et dans les cris violents qui passent par les micros, on ne distingue aucune référence ni à la loi sur les partis politiques qui définit les modalités d’inscription des candidats, ni aux différentes lois électorales qui constituent le corpus abondant d’un code électoral. Malentendu fondamental, dialogue de sourds, causés par l’absence à une référence acceptée de tous, cette référence étant le système démocratique lui-même. Et après avoir avoué qu’ils ne disposaient pas des documents nécessaires à leur inscription, la conclusion était effarante : « le CEP devrait s’asseoir avec nous pour trouver un accommodement ».


On a dit que le succès de la Constitution serait basé sur la formule « Macoutes pa la dan l » et que c’était là, une marque originelle infâme d’exclusion. Ceux qui proclament une telle assertion, affectent de ne pas voir qu’il s’agit, de fait, d’une lapalissade. Comment un système démocratique pourrait-il fonctionner sans bannir de façon absolue ce que représente le macoutisme, la négation de la loi, la négation de la dignité des personnes, la mise au rancart des lois qui régissent un pays civilisé ? Non, il n’y a pas de place dans une démocratie pour le macoutisme, pour la violence sanguinaire, pour le « dappignan » sous quelque prétexte que ce soit, sur les biens de l’État au profit d’un petit groupe. A ne pas comprendre cela, on ne comprendra pas pourquoi le président Aristide est en exil à Prétoria. Lui, le sait et il sait que nous savons. En République Dominicaine, l’entrée du territoire est interdite à toute personne du nom de Trujillo. Tous ceux qui ont participé à l’acte de justice (ajusticiamiento) de la mort du dictateur sont célébrés comme des héros et chacun a son nom attribué à une rue de Santo-Domingo.


Dans tout autre pays que le nôtre, le récit de ce qui s’est passé de 1986 à nos jours aurait suscité déjà maintes publications dévoilant le rôle de chacun dans les événements et leur responsabilité. Cela aurait peut-être empêché certaines puissances étrangères de réclamer l’inclusion des candidats de « L’avalas » (sic) dans les élections alors que nous savons que le grand mouvement de 1990, qui incluait la majorité des partis du mouvement démocratique, s’est fragmenté en de multiples noyaux qui se retrouvent dans tous les groupes actuels.


Pour ce qui regarde « Lafanmi », c’est-à-dire le groupe rassemblé autour d’Aristide de 2000 à 2004, leur organisation avec un « représentant national » inamovible a encore beaucoup à faire avant de se présenter comme un parti politique démocratique, régi par des règlements propres aux partis politiques, sans parler de l’examen critique de leurs actes répétés de délinquance.
Après ces premières escarmouches, qu’est-ce qui nous attend plus loin, aux trois rendez-vous du calendrier 2009 : d’abord les élections du 19 avril, ensuite, l’adoption de juillet à septembre, de la liste des amendements à la Constitution et, enfin, en novembre, les élections, incontournables, de la chambre des députés et du dernier tiers de sénateurs ? Les risques de capoter dans la ravine sont grands et il faudra négocier au plus près l’étroitesse de la route et les pentes dangereuses. Peut-être, alors, pourrons-nous dans un an, déboucher sur une vision nouvelle de gouvernement, sur un plan de développement à long terme affirmant notre capacité et notre volonté de sortir de la misère et de la honte.

26 février 2009

lundi 16 mars 2009

15 Mars 2009 : Un camion citerne stationné en pleine rue, durant 48 heures, devant le Quartier Général de la MINUSTAH dans le Nord d'Haïti.




Un camion citerne stationné en pleine rue, durant 48 heures, devant le Quartier Général de la MINUSTAH dans le Nord. Des images qui pourraient faire frémir et mettre en doute la vision sécuritaire des membres de la mission de l’ONU en Haïti, lorsqu’on se souvient de l’expérience des soldats américains au Liban en 1983. Alors, qu’on continue de placer Haïti sur la liste des pays dangereux à ne pas visiter, des experts de la MINUSTAH ne se sentent pas menacer par cette situation.

samedi 14 mars 2009

Flash ! Flash ! Kidnapping et groupes armées au Cap-Haïtien.

Par Cyrus Sibert

Cap-Haïtien, le 13 Mars 2009 ; (Ré.Cit.).-

En moins d’une semaine plusieurs cas de kidnapping ont été signalés dans la ville du Cap-Haitien.

Dubelay, professeur de français au collège Notre Dame du Cap-Haitien est l’une des victimes. Mardi dernier au soir, le professeur a été kidnappé du coté de Charrier, Vertières sur la nationale # 1.

Mercredi, une source proche de Conseil national de Désarment Démantèlement et Réinsertion (CNDDR) nous avait signalé le kidnapping d’un écolier la semaine dernière. Le kidnappeur de l’écolier est actuellement en détention. Une opération conjointe guidée par les membres du CNDDR du coté de Bel-Air a conduit à son arrestation. Il est gardé au commissariat de la ville.

Des résidents de la localité de Fort-bourgeois, une localité située à quelques mètres du site touristique Labadie, nous signalent la formation de plusieurs cellules armées. Ces cellules seraient liées à Moise Jean-Charles, Conseiller du Président René Préval et candidat au Sénat sous la bannière du parti LESPWA. Elles fonctionnent sous les noms suivants : Armée T65, Armée Immortelle, Armée Bombardier.

A l’émission de propagande du candidat de LESPWA ces groupes sont salués continuellement. Sans ambages, l’animateur encourage et félicite, sur les ondes, les hommes de la « Base T65 ».

La PNH aurait procédé à l’arrestation de 7 membres de l’Armée T65 impliqués dans un duel durant l’époque carnavalesque.

Cette semaine la Police et le CNDDR étaient très actifs à Fort-Bourgeois.

Une source proche de la PNH accuse la justice de libérer plusieurs bandits arrêtés en flagrant délit en 2008. Même quand le Doyen Me Alix Fucien et le Chef du parquet Me Clersias Célencieux sont reconnus, jusqu’à date, comme des Magistrats incorruptibles, d’autres membres du parquet sont indexés.

RESEAU CITADELLE (Ré.Cit.), le 13 mars 2009, 15 heures 55.

vendredi 13 mars 2009

Michèle Pierre Louis réclame plus de sérénité pour son gouvernement



La Première Ministre Michèle Pierre Louis dénonce le comportement de certains parlementaires qui annoncent à tort et a travers des actions pour renvoyer le gouvernement.

Elle indique que cette attitude risque de compromettre la situation en accentuant les hésitations de la communauté internationale. " Pendant que des ministres essaient de trouver des fonds, nous sommes constamment interpellés par le parlement", se plaint Mme Pierre Louis rappelant que le vide après le départ d'Alexis avait duré plus de 6 mois.

Faisant remarquer que les parlementaires peuvent exercer normalement leur fonction de contrôle, Mme Pierre Louis déplore les multiples convocations des membres de l'équipe gouvernementale.

Elle révèle que les ministres des finances et de la planification se sont entretenus avec les membres de la commission finance au cours de cette semaine ce qui prouve que le gouvernement est disposé à rendre des comptes. Soulignant que le gouvernement a hérité d'une lourde responsabilité, la Première Ministre croit que les multiples convocations sont de nature à nuire à l'efficacité de l'exécutif.

Les remarques de Mme Pierre Louis trouvent un écho favorable auprès de certains élus dont Guy Gérard Georges qui juge inopportune la procédure d'interpellation du ministre des finances.

Le député Steven Benoît, bénéficiant de l'appui de 4 de ses collègues, a annoncé l'interpellation dans les prochains jours du ministre Daniel Dorsainvil.

Guy Gérard Georges estime que le moment est mal choisi parce que M. Dorsainvil est impliqué dans la préparation de la prochaine conférence des bailleurs de fonds. De plus le député de Chantal Torbeck déplore que son collègue n'ait pas jugé bon de solliciter l'avis de la Concertation des Parlementaires Progressistes (CPP) sur la question.

Aide américaine à Haïti pour l’année 2009 : Développement et lutte contre le narcotrafic

Haïti-USA-Aide

L’administration Obama accorde 251 millions de dollars au pays au titre de l’aide bilatérale et des fonds additionnels dans le cadre de l’Initiative Mérida

Le Président américain Barack Obama a promulgué jeudi à Washington une loi budgétaire de l’exercice fiscal 2009 d’un montant de 410 milliards de dollars qui attribue à Haïti une assistance financière au développement et une enveloppe destinée à appuyer la lutte contre le narcotrafic, informe la presse américaine.

Dans la section réservée à l’aide aux pays de l’hémisphère occidental, 251 millions de dollars sont octroyés à Haïti.

D’autre part, dans le cadre du plan régional de la lutte contre le trafic de drogue et le crime organisé dénommé Initiative Mérida, 105 millions de dollars iront à Haïti, la République Dominicaine et les pays d’Amérique centrale. Pour sa part, le Mexique, voisin immédiat des Etats-Unis, recevra 300 des 405 millions de dollars consacrés à ce programme.

Adoptée tour à tour par la Chambre des représentants et le Sénat à majorité démocrate, la loi contient les allocations budgétaires prévues pour douze agences américaines opérant dans différents domaines à travers le monde.

Washington représente l’un des principaux partenaires bilatéraux d’Haïti. spp/Radio Kiskeya