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jeudi 5 décembre 2019

Pour un manuel d’histoire comparée dans les écoles d’Haiti ! (1ère Partie) #LeReCit

Le Massacre de 3000 à 5000 Français. (22 février 1804 - 22 avril 1804) 

“…history can be a weapon. It had been used against my students, to keep them in their place.” James W. Loewen


Les occidentaux utilisent le massacre des français pour dé-légitimer le Général Jean-Jacques Dessalines et chercher à lui enlever ses glorieuses victoires militaires. Récemment, certains résidents de la ville de New-York se sont sentis scandalisés par la décision du Maire de leur ville de nommer une rue Jean-Jacques Dessalines. Ils ont exprimés leurs désaccords sur les réseaux sociaux en ces termes : “une rue dans notre ville ne peut pas porter le nom d’un Général qui a commis des crimes de guerre en ordonnant le massacre de femmes et d’enfants.”

En 2013, lors d’une discussion avec des amis missionnaires qui nous avaient invité chez eux pour un dînée d’accueil à Orlando, le massacre des français a été utilisé pour tenter de diminuer la Grandeur du Général Noir qui fonda l’État d’#Haiti. A chaque fois que parle d’histoire d’#Haiti, il faut qu’une mauvaise langue soulève le massacre des français comme élément réducteur de l’épopée nationale. 


Nous étions surpris de voir des officiers de l’Armée américaine d’origine haïtienne, supporter les étrangers sur ce point, en s’excusant et en nous invitant à reconnaitre que cette décision difficile pour Dessalines a terni son image, sali sa réputation et ses capacités militaires. Pourtant, nous avions espéré que leur présence sur la table allait renforcer le camp des descendants de Dessalines avec des arguments favorables.

Nous avions tenté vaguement d’argumenter que les armées américaine et européenne ont aussi massacré des indiens. Mais, ce n’est que récemment, en faisant des recherches sur l’histoire de l’Europe, que nous avions pu découvrir que les massacres faisaient partie des stratégies militaires de l’époque, que les armées ont massacré des civiles sans défense avant Dessalines et cela a continué après Dessalines.

1- Au 13e siècle, durant la “Guerre de Cent ans”, les anglais pratiquaient ce qu’ils appelaient des “Chevauchées”. C’est à dire une armée qui efface tout sur son passage dans un territoire ennemi, massacrant tous les humains sans exception —femmes, enfants, vieillards compris, qui pille tout et nourrit ses soldats à partir des récoltes de ses victimes.

“Ces chevauchées avaient pour but principal de se bâtir une gloire facile, de récupérer du butin et de ruiner les riches territoires qui fournissaient au roi de France les moyens financiers et humains qui alimentaient son armée en finances et en soldats. En tarissant ces sources, les chevauchées affaibliraient fortement le roi de France et ses vassaux qui ne pourraient plus disposer de réserves, tout en enrichissant le roi d'Angleterre et ses alliés.” (1)

2- En 1793, les Républicains, c’est-à-dire les révolutionnaires de Robespierre, ordonnèrent le massacre de 200,000 concitoyens français dans une région appelée Vendée. Certains historiens français qualifient cette décision de génocide. D’autres refusent d’utiliser ce terme qui entache la République.

Pourtant, ils aiment rappeler le massacre des français en Haïti pour entacher la Première République Noire indépendante fondée par Dessalines. Ils nous envoient des manuels d’histoire qui insistent sur le “Massacre de Dessalines” tout en minimisant les capacités militaires de l’“Armée indigène” entrainée et équipée lors des revirements de Toussaint par l’Espagne, cette redoutable armée espagnole qui a dominé l’Europe dès le 15e siècle avec ses fameux Tercios, ces divisions de soldats professionnels, disciplinés et redoutables sur le champ de bataille, l’Angleterre, puis formée au tactique de l’armée française par des officiers français royalistes en désertion. Aussi, cette armée disposait-elle du service de vétérans africains de la guerre Congo-Angola, expérimentés aux tactiques de guérilla. Grâce à sa supériorité en effectifs, sa connaissance du terrain, ses techniques de guerre hybride et sa formation en guerre conventionnelle européenne, l’Armée Indigène a vaincu toutes les forces présentes sur l’Ile d’Hispaniola à savoir l’Armée Espagnole, l’Armée Anglaise, avant d’humilier l’Armée Napoléonienne de France à Vertières. (2)


Extrait d’un papier sur le Massacre de Vendée : (3)

En effet “le 1er août 1793, la loi d’anéantissement de la Vendée fut ainsi adoptée par les députés après un discours enflammé de Barère – rapporteur attitré du Comité de salut public – qui exhorta l’Assemblée à « exterminer cette race rebelle, à faire disparaître leur repaires, à incendier leurs forêts, couper leurs récoltes, et à les combattre autant par des ouvriers et des pionniers que par des soldats».”

“Elle (cette loi) fut à nouveau vigoureusement défendue par Barère, qui encouragea les députés à adopter les mesures préparées par le Comité de salut public pour « accélérer la destruction de la Vendée » et « effacer le nom de la Vendée du tableau des départements de la République », exigeant que « les brigands depuis dix ans jusqu’à soixante-six » soient « vaincus et exterminés sur leur propres foyers ».”

Dans un rapport adressé à la Convention et au Comité de salut public à la fin de l’année 1793, le général républicain Westermann – surnommé « le boucher de la Vendée » – déclarait ainsi :

« Il n’y a plus de Vendée. Elle est morte sous notre sabre avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et les bois de Savenay. J’ai écrasé les enfants sous les pieds de nos chevaux, massacré les femmes qui, au moins celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé… Nous ne faisons pas de prisonniers, car il faudrait leur donner le pain de la liberté, et la pitié n’est pas révolutionnaire. »

« Dans un premier temps, Carrier va procéder à des noyades en mettant les prisonniers dans des bateaux qu’il va faire couler au milieu de la Loire. De cette manière, il noie deux cargaisons de 90 puis 50 prêtres trop âgés pour être déportés, incarcérés mais non justiciables. Les prisonniers de droit commun de la prison du Bouffay subiront aussi le même sort, ainsi que les Vendéens rescapés de Savenay. On estime qu’il y eut environ 5,000 noyés victimes de Carrier », explique Alain Gérard.

Désireux de stimuler l’ardeur des généraux révolutionnaires chargés de détruire la Vendée, Carrier n’aura de cesse de les encourager à « mettre au nom de la loi le feu partout et de n’épargner personne, ni femmes, ni enfants, de tout fusiller. Rien n’est plus beau que de savoir sacrifier tous sentiments humains à la vengeance nationale ».

Cherchant à justifier les massacres épouvantables dont il se rendait coupable, le représentant en mission eut d’ailleurs cette phrase terrible : « C’est par principe d’humanité que je purge la terre de la liberté de ces monstres. »

— Fin de citations.


Si l’on considère que les événements qui ont conduit à la libération générale des esclaves de Saint-Domingue avaient le support des Jacobins, c’est-à-dire des républicains de la Convention Nationale, représentés à Saint-Domingue par la commission civile de Sonthonax, on peut déduire que Dessalines avait suivi la méthode des révolutionnaires de l’Époque : «…la pitié n’est pas révolutionnaire. »

L’histoire rapporte que le massacre ne fut pas automatique. Plus d’un insistait auprès du Général qu’il fallait massacrer des français de l’intérieur parce qu’à l’Est de l’ile (aujourd’hui, République Dominicaine), il y a des officiers et soldats de l’armée française qui attendaient des renforts pour reconquérir Haiti.

De plus, on lui signala des pratiques de kidnapping de noirs sur le territoire haitien à la frontière avec l’Est en vue de les soumettre à l’esclavage dans la partie Est.

Après la bataille de Vertières, les français rôdaient autour d’Haiti : A l’Est de l’ile, à Cuba, en Louisiane, dans des territoires comme la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane. Les français qui étaient restés en Haiti se moquaient des anciens esclaves avec leur “folie d’indépendance et de liberté”, en leur signifiant que leur victoire ne sera que de courte durée, que le Grand Empereur Napoléon allait revenir en force.

Il y a aussi le support des esclavagistes des Etats-Unis en faveur des planteurs de Saint-Domingue en fuite. George Washington leur avait fait un prêt de plusieurs centaines de milliers pour les aider à rétablir l’esclavage; en 1801, Thomas Jefferson, avait secrètement donné le feu vert à Napoléon pour reconquérir l’ile. (“Lies My Teacher Told me”, James W. Loewen, p.150)

Il est clair que le Général Dessalines se trouva dans une situation plus difficile que les républicains de Paris qui avaient massacré une partie de leurs con-citoyens pour une simple question religieuse et le refus de fournir des soldats pour la guerre contre les monarchies à l’Est.

[ « Les Vendéens ont, tout comme les autres Français, accueilli favorablement la Révolution de la Liberté et […] c’est contre le durcissement du régime, les persécutions – notamment religieuses – et contre la dérive terroriste qu’ils se sont révoltés quatre ans plus tard», soulignait Alain Gérard – historien, chercheur à l’université Paris IV-Sorbonne et ancien directeur du Centre vendéen de recherches historiques (CVRH) – à l’occasion d’une interview accordée à Epoch Times.

Profondément attachés à leur clergé et à la liberté de croyance, la plupart des Vendéens se montrèrent particulièrement hostiles à la nouvelle Église constitutionnelle promue par le régime révolutionnaire.

Adoptée le 12 juillet 1790 par l’Assemblée nationale constituante, la Constitution civile du clergé réorganisa en effet entièrement l’Église de France et fit exploser l’organisation traditionnelle du clergé séculier.

Les prêtres catholiques durent désormais prêter serment et jurer « de maintenir de tout [leur] pouvoir la Constitution décrétée par l’Assemblée nationale et acceptée par le Roi » sous peine d’être destitués, considérés « réfractaires » et pourchassés en tant que hors-la-loi.

Mais selon Alain Gérard, l’événement déclencheur qui poussa les Vendéens à se soulever réside probablement dans la décision de la Convention de lever une armée via la conscription nationale.

Quelques mois après avoir déclaré la guerre à l’Europe le 20 avril 1792, la Convention décida en effet la levée en masse de 300 000 hommes tirés au sort parmi les célibataires et les veufs âgés de 18 à 25 ans.

Une décision qui provoqua le soulèvement de la population vendéenne pendant la première quinzaine du mois de mars 1793.]

Peut-on lire sur le site (3) op.cit.



Sur le continent américain, la Guerre de 1812 contre les indiens apporta son lot de massacres. Il y a eu d’abord la Guerre de Ohio (1790 - 1795) et plus tard la terrible Guerre de 1812 à 1815.

Entre 1816 et 1818, puis de 1835 à 1842, des colons propriétaires d’esclaves exigèrent que le président Andrew Jackson attaque les indiens de Seminole parce qu’ils refusèrent de livrer les noirs qui s’étaient réfugiés sur leur territoire. Il n’y a pas eu moins de massacres. On rapporte que certains chefs de Bandes noirs de Saint-Domingue avaient renforcé les rangs des indigènes qui ont préféré affronter les colons américains au lieu d’expulser les noirs qui étaient devenus membres de leur communauté tri-raciale, vu qu’il y a avait aussi des blancs qui ont préféré vivre avec des indiens plus libres et plus tolérants au lieu de subir les pratiques dictatoriales, liberticides et répressives des communautés blanches, héritées de l’Europe. (4)

Durant tout le 19e siècle, les armées occidentales ont continué à pratiquer des massacres en Afrique, en Asie, en Algérie (razzia), en Chine, l’armée américaine a massacré des philippins à “Balangiga” en 1901, à “Bud Dajo” en 1903; cela a continué durant les deux guerres mondiales. (5)

De leur côté, les asiatiques ont pratiqué des massacres en Extrême-Orient. Les japonais durant la 2e Guerre mondiale ont pratiqué l’extermination systématique en Chine, en Corée, aux Philippines lors de la Bataille de Bataan et ailleurs. Et plus tard, durant la guerre du Vietnam, la Guerre de Corée, etc, etc, les massacres ont continué.

Les généraux avant et après Jean-Jacques Dessalines ont utilisé les massacres comme moyen offensif; alors que l’acte de Dessalines ne fut que défensif.

- Le massacre de la Saint-Barthélemy qui correspond au massacre d'une partie des protestants de France par les catholiques de France pendant les guerres de religion, le 24 août 1572. (6)

- La massacre des vaudois du Piedmont en 1545 par François 1er. (7)

- Charlemagne Roi des francs, vénéré comme le Père de l’Europe, décapita 10,000 saxes en une journée changeant la couleur de la rivière Aller, au lieu-dit Verden en octobre 782, parce qu’ils étaient païens. (8)

- Ce même Charlemagne massacra des habitants chrétiens de Pampelune, une ville espagnole.

- Lors des croisades, en juillet 1099, les soldats du Pape Urbain II ont massacré la population de Jérusalem, sans exception aucune. Une ville dans laquelle chrétiens, juifs et musulmans vivaient ensemble.

- Le massacre des indiens, opéré par le Général Nicolas Ovando sur l’Ile d’Hispagnola, ci-avant HAITI et aujourd’hui République d’Haiti et République Dominicaine.

- Et, sur cette ile d’Haïti, notre ile, il y a eu les massacres de l’Armée américaine lors des occupations, le massacre de 20,000 haïtiens en République Dominicaine du 2 au 8 octobre 1937, sur ordre du président Rafael Leondias Trujillo Molina; et, on continue de massacrer des personnes sans défense,….etc, etc, la liste est longue.

Alors, pourquoi l’esprit des occidentaux est-il resté figé sur Jean-Jacques Dessalines ? Pourquoi cette obsession, cet acharnement contre le fondateur de la Première République Noire, l’Unique révolution d’esclaves de toute l’histoire de l’humanité, si ce n’est que racisme, eurocentrisme, et white supremacy ?



Les racistes blancs et/ou les “white-suprémacistes" veulent nous faire croire que nous sommes mauvais. Tout ce que nous faisons est à leurs yeux MAUVAIS.

- Bois Caïman! : c’est mauvais.

- La bataille de Vertières! : C’est un hasard. Les soldats français qui ont conquis des terres en Amérique, en Asie et ailleurs, parce qu’habitués à se battre dans les zones tropicales, étaient malades.

- Même quand nos ancêtres reproduisent fidèlement leurs pratiques de guerre : c’est mauvais.

Seule une bonne compréhension de notre histoire, comparée à celles des autres peuples contemporains, peut aider les jeunes à garder la tête haute et à avoir les arguments efficaces pour contrecarrer leur propagande raciste.

Leur acharnement contre le Général Jean-Jacques Dessalines est aussi la preuve que tout n’est pas fini. Ils en veulent encore à nous, à notre épopée nationale et font tout pour effacer notre histoire glorieuse. Ne baissons pas notre garde et surtout ne les laissons pas tirer avantage de nos luttes intestines. 

Car, dans un pays où les étudiants sont constamment dans les rues au lieu d’être en salles de classe;

où les médias passent leur temps à dire du mal, négligeant de valoriser la nation quand c’est nécessaire;

où les intellectuels se transforment en reporters de tableau sombre sur Haiti;

où les politiques choisissent les dates historiques et les jours de fête nationale pour manifester, semer le trouble et mener leur lutte pour le pouvoir;

où les gouvernants sont plus motivés par l’accumulation de richesse personnelle que par l’avenir du peuple;

il est plus que facile d’utiliser l’histoire comme ARME pour détruire l’âme et l’épopée nationales, faire croire à l’haitien qu’il n’est rien, ses ancêtres n’ont rien accompli de grand, donc il est incapable de changer sa situation et ne peut espérer grand-chose de l’avenir…., vaut mieux quitter Haiti ou la céder à la République Dominicaine.


Tout massacre est inacceptable. Ce texte ne vise pas à justifier le massacre des français ni aucun autre massacre. Car, personne ne souhaite se retrouver dans un espace où des dirigeants décident de la mettre à mort à cause de la couleur de sa peau, de son origine, de son ethnie, de ses biens et même pour son opinion, son idéologie, ses défaillances et/ou handicapes. Cependant, nous disons fermement que c'est injuste d’applaudir l’accomplissement de Généraux, de Rois, de Princes qui ont exterminé des populations sans défense et de condamner le Général Jean-Jacques Dessalines d’avoir fait comme eux.

A suivre !


N.B. Pour une meilleure idée de la “méthode systématique de massacre” employée par les européens contre les indigènes ou les non-blancs, lisez :

List of Indian massacres
https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Indian_massacres


Cyrus Sibert, Cap-Haitien, Haiti
5 Décembre 2019
#LeReCit @ReseauCitadelle
WhatsApp : +509-3686-9669
reseaucitadelle@yahoo.fr
https://reseaucitadelle.blogspot.com

Références :

1- https://fr.wikipedia.org/wiki/Chevauchée

2- "What you do is who you are”, Ben Horowitz, 2019. p.28-42
(Sur la formation de l’Armée indigène et la transformation par Toussaint Louverture de la culture d’esclavage en une culture révolutionnaire.)

3- https://fr.theepochtimes.com/guerres-de-vendee-le-genocide-franco-francais-que-la-republique-voudrait-oublier-404559.html

4- LIES my teacher TOLD ME, (Everything your American History Textbook Got Wrong), James W. LOEWEN, Ed. The New Press, 1995, 2007, 2018. 

5- HOW to HIDE an EMPIRE, (A History of the Greater United States), Daniel IMMERWAHR, Ed. FSG, 2019

6- https://fr.vikidia.org/wiki/Massacre_de_la_Saint-Barthélemy

7- http://www.jprissoan-histoirepolitique.com/articles/10-religions-s-reforme/1-heresie/francois1eretlegenocidedesvaudois1545

8- https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Verden 

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