samedi 24 avril 2010

Haïti a perdu une bataille, mais Haïti n’a pas perdu la guerre

vendredi 23 avril 2010

Débat Par Leslie Péan

Soumis à AlterPresse le 21 avril 2010

Dans l'article qui suit, l'auteur expose dans un premier temps les leçons à tirer de l'opération menée par le gouvernement Préval-Bellerive pour obtenir les majorités dont il a besoin au Parlement. Il examine ensuite les enjeux mis au grand jour par le vote de la Loi d'urgence.

Le 18 juin 1940, le général Charles de Gaulle prononçait à Londres un discours dont l'esprit résumait la situation de la France dans la guerre qui l'opposait à l'Allemagne nazie. Des semaines plus tard, à la fin du mois de juillet 1940, sera placardée sur les murs de Londres une affiche de la France révolutionnaire portant le message : « La France a perdu une bataille ! mais la France n'a pas perdu la guerre ! » Il existe dans toute lutte des moments difficiles et des coups bas. Les sénateurs qui feignaient d'ignorer que la Chambre Haute, à l'instar de la Chambre Basse, est une caisse de résonnance, un appendice de l'Exécutif présidentiel, et qui pensaient pouvoir amender le projet de loi des locataires du défunt Palais National ont été placés devant la réalité de la dictature du grand capital international et de ses associés haïtiens. Le gouvernement a montré son vrai visage. Il importe de tirer les leçons qui s'imposent. La jeunesse doit comprendre dans les détails ce qui s'est passé afin de se préparer pour les combats de demain.

Les leçons à tirer

La première leçon à tirer, c'est la déliquescence des partis politiques, incapables d'être à l'avant-garde et de donner des directives claires afin d'avancer dans la voie de la libération nationale. On savait que certains sénateurs n'étaient pas fiables et pouvaient, face aux marchandages et à la corruption, vendre leur conscience au plus offrant. Pourtant, aucune propagande n'a été faite pour prévenir la trahison de ces sénateurs. Gouverner, c'est prévoir. L'opposition n'a pas pu empêcher que le gouvernement Préval trouve le quorum au Sénat pour voter la Loi d'urgence constituant la mise à mort annoncée de la souveraineté nationale.

Depuis la fuite des Duvalier en 1986, Haïti est l'objet d'un tremblement de terre social quotidien. Les victimes se comptent tous les jours, tant les conflits sociaux se sont exacerbés. La politique des industries d'assemblage de sous-traitance a produit un prolétariat marginal qui s'est reflété dans les cartes mentales des partis politiques. Le théâtre de misère profonde et massive des bidonvilles a alimenté les théories abusives du gauchisme chrétien voyant dans le lumpen-prolétariat l'avant-garde des combattants pour le changement. Dans la course à la direction de la lutte politique, les partis traditionnels se sont retrouvés en compétition avec un gauchisme chrétien associé à un populisme de mauvais aloi. De Jean Tatoune à Amaral Duclona, les images fabriquées de toutes pièces et divulguées en coulissé sont celles de Ronald Kadav, d'Amiot Métayer, dit Kiben, Djwed Wilmé, Kolibri, Labanyè, etc. Sevrées des leçons d'instruction civique, les jeunes générations sont délaissées, sans repères pour affronter la modernité. Depuis le duvaliérisme, l'autorité du livre et du savoir a disparu devant la violence des armes.

Le discours populiste a pris le devant de la scène, au point de devenir l'élément constitutif et emblématique du paysage politique, sinon de la pratique politique tout court. Le schéma logique s'est inversé. Une certaine confusion s'est propagée et les machines politiques au lieu d'être des lieux d'élaboration de la politique sont devenues des coquilles d'indécision et d'hésitations. Les machines politiques n'ont pu apporter de réponses claires aux questions de société. C'est en allant s'exprimer à la radio que l'entreprise politique justifie son existence. En tant que medium de diffusion, la radio est devenue le message. L'un des effets positifs de cet état de choses a été l'émergence de Jean Dominique de Radio Haïti-Inter, ainsi qu'une plus grande participation du commun des mortels aux affaires de la cité. Le revers de la médaille a été le rabaissement du niveau de la pensée politique pas seulement dans le domaine de l'analyse mais surtout dans celui des dispositifs politiques, économiques et sociaux mis en place pour l'action. Pour trouver de vraies réponses à la question du blocage politique actuel, il faut commencer par faire un constat lucide de cette instrumentalisation à rebours, du règne des radios devenues des appareils politiques, puis celui de la confusion qui s'en est suivie.

La politique stérile des financiers internationaux

La corruption des parlementaires par le pouvoir exécutif ne date pas d'aujourd'hui. L'histoire du Parlement haïtien depuis le gouvernement d'Alexandre Pétion en atteste. Le pouvoir exécutif, quand il ne peut pas corrompre les parlementaires, les fait exécuter physiquement pour imposer sa volonté. On l'a vu en 1875 sous le gouvernement de Michel Domingue et surtout en 1879 sous les gouvernements de Boisrond Canal, de Lamothe-Hérissé et de Richelieu Duperval [1]. On se souviendra que les pouvoirs dictatoriaux à la solde de la politique stérile des financiers internationaux ont alors fait mitrailler les parlementaires libéraux pour maintenir Haïti dans le carcan de la dette. Sous les feux des bandits et des créanciers tenant Haïti en coupe réglée, la corruption des parlementaires par le pouvoir exécutif s'est pratiquée tout au long du XIXe siècle. Elle s'est poursuivie au XXe siècle, surtout dans le cadre des élections présidentielles tenues au second degré. Qu'on se rappelle encore comment la corruption a dominé les élections présidentielles de novembre 1930 et comment le vote des sénateurs a été acheté avec les sommes d'argent données par l'archevêque Mgr Le Gouaze et Edouard Estève, un riche commerçant de la capitale, pour faire élire Sténio Vincent contre Seymour Pradel.

La deuxième leçon est celle de la corruption de l'opposition par le pouvoir exécutif. On en revient à la corruption comme "moyen d'harmoniser les pouvoirs", conception élaborée par le Premier ministre anglais Robert Walpole en 1721. La technique classique de corruption du pouvoir exécutif est de promettre ou/et de donner un emploi dans l'administration publique à des membres de l'opposition afin de leur faire appuyer ce que pourtant leur conscience condamne. Corruption politique qui avait son pendant à l'époque dans l'économie avec la traite des esclaves. Un échange tout comme un autre qui est fait aujourd'hui à travers les prix de transfert que les firmes multinationales, contrôlant 60% du commerce mondial, pratiquent entre leurs succursales, ravissant ainsi aux pays en développement les justes impôts sur les bénéfices qui leur sont dus. Les paradis fiscaux ne servent pas uniquement à blanchir de l'argent sale. Ils constituent dans les pays en développement un mécanisme essentiel aux pratiques d'évasion ou d'évitement fiscal des multinationales.

Le plus grand acte de corruption des aspirations populaires par le pouvoir exécutif

En Haïti, les petits biscuits distribués par le pouvoir exécutif sont les munitions de la machine de guerre du statu quo qui maintient les Haïtiens dans la servitude et l'exploitation. Le plus grand acte de corruption des aspirations populaires par le pouvoir exécutif noiriste a été celui orchestré le 2 juin 1844 par Salomon jeune (futur président en 1879) en faisant nommer le leader paysan Jean-Jacques Acaau, commandant de l'Arrondissement des Cayes. [2] Il fait caser tous les lieutenants d'Acaau dans des postes politiques dans le Sud afin de les neutraliser. Depuis lors, le modèle sera rodé et appliqué dans toutes les conjonctures. Pour neutraliser les revendications paysannes d'accès à la terre et de démocratisation des structures sociales, le statu quo corrompt les dirigeants des mouvements politiques en leur donnant des postes dans l'administration publique.

La liste des victimes de cette politique de corruption est longue. On sait comment en 1946, les défenseurs du statu quo ont mis en œuvre une stratégie à la fois cynique et efficace consistant à donner, d'une main, des bourses d'étude à l'étranger aux jeunes dirigeants du mouvement de 1946, et de l'autre, des postes de ministres à des cadres d'une grande popularité. Daniel Fignolé est un exemple. Comme le font aujourd'hui le Sénat et la Chambre des députés avec le vote de la Loi d'urgence, en 1947, le Parti Communiste d'Haïti (PCH) faisait alors hara-kiri et fermait ses portes pour laisser les mains libres au gouvernement d'Estimé. Dix ans plus tard, en 1957, la corruption du statu quo n'hésitera pas à donner le pouvoir présidentiel à Daniel Fignolé pour mieux le neutraliser et l'éliminer de la scène politique. De nos jours, le gouvernement Préval est devenu expert en création de commissions bidons pour neutraliser nombre de ceux qui se veulent porteurs d'un projet alternatif, démocratique et populaire pour Haïti. Le président Préval est devenu maître dans la politique corruptrice de distribuer des petits biscuits et croit fermement que le moyen essentiel pour couper court à toute parole critique est de donner un poste gouvernemental au citoyen dissident.

Les promesses d'aide n'engagent que ceux qui y croient

La troisième leçon à retenir est le manque de confiance en soi et en ses propres capacités tel qu'exprimé par le président Préval. L'erreur fondamentale de ce dernier est de remettre l'avenir d'Haïti dans les mains de la communauté internationale. La conception dont procède ce choix est fausse. Jusqu'à la fin de 2009, l'assistance internationale n'a jamais dépassé le cap des 500 millions de dollars par année, tandis que les transferts de la diaspora étaient estimés à 2 milliards par an, donc quatre fois plus élevés. De même, ce chiffre est de loin supérieur à celui de l'ensemble des exportations haïtiennes, qui est de l'ordre d'un milliard. Pourquoi le gouvernement haïtien n'a-t-il pas pensé à faire appel à la diaspora et à lui proposer un partenariat similaire à celui que prétend vouloir financer la communauté internationale ? Pourquoi les 300 organisations haïtiennes de villes d'origine (AVO) qui existent au Canada et aux États-Unis d'Amérique n'ont-elles pas été invitées à une conférence de promesses d'aide en Haïti sur les dix prochaines années ? Est-ce parce que le gouvernement haïtien est conscient du déficit de crédibilité dont il souffre au sein de la diaspora qu'il ne cesse de berner de belles paroles en temps normal ou est-ce qu'il préfère donner libre cours au réflexe de mendicité bien connu dans le Tiers-Monde ?

Le gouvernement a raté encore une fois l'occasion de permettre aux Haïtiens de retrouver confiance en eux-mêmes et de forger leur solidarité. Pour reprendre le souffle, les Haïtiens restés au pays pourraient bénéficier d'un chita tande générateur de bouffées d'air pur et susceptible de leur offrir un salut à la hauteur des exigences du moment. Au lieu de renforcer le sentiment d'appartenance des Haïtiens en resserrant les liens entre eux, la Loi d'urgence rabaisse, nie et ignore l'État haïtien.

La manne financière de 10 milliards de dollars incluant 5 milliards et demi de dollars sur trois ans est une promesse, une carotte qui est agitée devant l'âne gouvernemental, pour l'obliger à marcher dans la direction que veut la communauté internationale. Là est tout le problème. Les Haïtiens ne doivent développer aucun complexe d'assistés vis-à-vis des donateurs. La dette de l'Occident vis-à-vis d'Haïti est lourde. Sans arrogance, les Haïtiens se doivent de faire la cartographie de leurs problèmes en indiquant les micropolitiques qui leur conviennent. Les problèmes haïtiens ont des racines profondes qui ne peuvent être surmontés en 18 mois ou en trois ans. L'aide internationale est bienvenue si elle doit aider à atténuer les dures conditions aggravées par le séisme. Mais cette aide ne doit pas renforcer les structures de la propriété ni les clans politiques qui en profitent. Cette aide internationale ne devrait en aucun cas venir renforcer la corruption économique de la clique au pouvoir, ce qui aurait pour conséquence, durant l'année électorale en cours, de lui donner une nouvelle légitimité par le biais des retombées politiques d'une atténuation de la crise actuelle.

Si les transferts de la diaspora ne représentent que 10% à 15% des revenus dont elle dispose, ne serait-il pas mieux de mobiliser cette diaspora afin qu'elle investisse 10% de plus de ses revenus en échange d'un pouvoir réel dans la gestion du pays ? Un tel partenariat ne serait-il pas plus bénéfique pour l'âme haïtienne ? L'expérience de la réalité financière internationale nous porte à douter du décaissement réel des montants de 5 milliards en trois ans pour Haïti. Comme le dit le vieil adage, les promesses d'aide n'engagent que ceux qui y croient. En revanche, la Loi d'urgence constitue un aval permettant au gouvernement de dépenser, sans avoir de comptes à rendre, non seulement les deux milliards de dollars (90 milliards de gourdes) du budget de la République mais également les quelque 40 millions de dollars mensuels alloués jusqu'ici au remboursement des dettes qui ont été annulées à cause du tremblement de terre.

L'âme haïtienne sacrifiée sur l'autel de la communauté internationale

La Loi d'urgence pour 18 mois n'a aucune justification et reflète uniquement l'acharnement et l'obstination du président Préval à perpétuer sa clique au pouvoir. C'est une nouvelle agression visant à saccager les victoires démocratiques gagnées depuis 1986. Nombre de personnalités politiques ont dénoncé cette nouvelle forfaiture du président Préval qui veut ligoter le peuple haïtien et le livrer à l'arbitraire. Quelques exemples. Le sénateur Youri Latortue a relevé nombre d'irrégularités dans le processus de ratification de la Loi d'urgence proposée par le président de la République. Dans une lettre ouverte au président René Préval, le dirigeant du GREH, Himmler Rébu, a décortiqué un abime de perplexité dans le document gouvernemental du 31 Mars 2010. En dénombrant un ensemble de choses grotesques, de contradictions et d'horreurs dans ce document, Himmler Rébu a été renversé parce qu'il ne croyait pas qu'un gouvernement aurait pu tomber si bas. Avec cette preuve d'un indéniable mauvais goût, c'est vraiment un pot de nuit rempli que le gouvernement Préval déverse sur la tête du peuple haïtien. Un autre critique de la conception, de la formulation et du libellé de la Loi d'urgence est le notaire Jean-Henry Céant qui a parlé de galimatias au sujet du texte voté. Pour Maître Céant, le vote des parlementaires est le « vote de la honte ». La Loi sur l'état d'urgence met fin aux libertés fondamentales, concentre tous les pouvoirs dans les mains du président et donne un pouvoir sans bornes au président. Enfin, pour le sénateur Andrice Riché, le gouvernement a refusé de faire appel aux forces vives de la Nation pour trouver un renouveau.

En effet, le gouvernement est resté immobile devant la catastrophe. Le silence de Préval devant le désastre du séisme n'est pas de la sobriété et de la timidité. Ce n'est pas de la modestie devant le dénuement, mais plutôt l'étalage de son incompétence propre. C'est le vide sidéral de son incapacité qui a été mis à nu. Le monde entier a assisté à la puissance de désordre d'un dirigeant qui insiste à mettre sur son orbite malsaine de ravage toute une population désabusée par le malheur. Le mélange de silence et d'impossible que propose le président Préval au peuple haïtien masque le rôle d'un projet qui demande la suspension des libertés en échange de l'argent. Comme l'explique Paul Craig Roberts, ancien assistant secrétaire américain au Trésor sous l'administration du président Reagan, la finance s'impose contre l'éthique, dans le sillage du mouvement de promotion des intérêts mesquins de la Corporate America qui fait que chercheurs, économistes, médecins et pharmaciens vendent leur âme pour un « gain répugnant ». [3]

Mais en plus du fait que la Loi d'urgence verrouille les libertés publiques et privées, les mécanismes financiers qui y sont inscrits n'envisagent pas d'autres options viables pour financer le développement d'Haïti. Nous avons déjà parlé des possibilités de financement du développement qu'offrait la titrisation pour mobiliser l'épargne de la diaspora en créant des instruments financiers donnant un effet levier aux actifs des travailleurs haïtiens à l'étranger. [4] Mais il existe d'autres instruments financiers créés par la France pour mobiliser et orienter l'épargne de la diaspora. Le premier est le compte épargne codéveloppement qui permet à tout immigré en France, de bénéficier d'une déduction fiscale dès lors que les sommes épargnées sont investies dans des projets de développement économique du pays d'origine. Le second est le livret d'épargne codéveloppement, permettant au migrant de constituer une épargne qui donne droit ultérieurement à une prime lorsqu'il contracte un prêt aux fins d'investissement.

Les démocrates se doivent d'être vigilants et refuser toute solution consistant à choisir entre la peste et le choléra. Entre la dictature et l'anarchie. Entre les gangs du narcotrafic semant la mort au Mexique, dont parle le président Clinton, et les diktats de la communauté internationale. Il faut refuser cette mauvaise alternative, ce genre de « choix catastrophique » [5] comme le nomme Álvaro García Linera, le vice-président bolivien. Contrairement à ce que pense le président Clinton, la question n'est pas le chaos ou l'occupation étrangère d'Haïti. Il n'est pas question de tomber dans ce simplisme pour trouver une solution à la crise profonde qui ronge la société haïtienne. L'opinion publique haïtienne a rejeté la Loi d'urgence votée au Parlement. La déception est sur toutes les lèvres. Le citoyen haïtien a été atteint au cœur par le coup de couteau du Parlement. Malgré sa victoire à la Pyrrhus, le gouvernement ne peut susciter aucune admiration, même distanciée. Après avoir dilapidé le présent, le gouvernement Préval détruit l'avenir en se laissant imposer la route du renouveau par la communauté internationale. Haïti a perdu son identité et sa dignité à travers le vote de la Loi d'urgence qui lui fait avaler jusqu'à sa fierté.

Nous sommes partisans de la création de structures de veille indépendantes pour gérer, exécuter, suivre et évaluer les travaux de reconstruction. Mais ces structures de veille ne peuvent en aucune façon être au-dessus de l'État. Les démocrates haïtiens n'ont aucune objection contre l'établissement par la communauté internationale de mécanismes de décaissement conditionnés par des audits indépendants réalisés par des firmes comptables internationales recrutées à partir d'appels d'offres. Mais la gestion de ces entités doit aussi faire l'objet d'audits de la part de l'État haïtien pour déterminer leur performance par rapport aux termes de référence établissant leur fonctionnement.

Pour faire échec au projet apre nou se nou

Préval fait prévaloir les intérêts économiques et politiques des étrangers. Tous ceux qui escomptaient un grand débat national ont été sidérés de voir avec quelle désinvolture le gouvernement Préval a vendu l'âme haïtienne. De plus, il n'a pas voulu descendre seul dans la fange. Il s'est arrangé pour que le Parlement l'accompagne sur les routes du manquement au devoir de résistance et de flamboyance que nos Aïeux de 1804 nous ont légué. Le gouvernement Préval se révèle une machine à humilier Haïti et les Haïtiens. Il le fait en souriant avec des gestes parfaits. Préval s'exécute avec des moments d'harmonie qui s'accommodent de la catastrophe naturelle pour devancer l'opinion et, en bredouillant les mots, participer à la récupération mercantile du désastre du séisme à son profit. Pour régner dans l'apre nou se nou.

Dans l'arrangement concocté à New York, l'État haïtien ne conserve aucune de ses fonctions, tandis que la communauté internationale accroît son influence. En imposant ses diktats, cette dernière établit une tutelle de fait sur Haïti. Pourtant, le président français Nicholas Sarkozy avait mis en garde les Haïtiens contre ce danger. Mais le gouvernement Préval est prêt à composer avec n'importe quoi pour ne pas changer les choses. Devant l'ultimatum de la communauté internationale d'annuler la rencontre du 31 Mars à New York si la Commission intérimaire n'est pas validée ultérieurement par le Parlement haïtien, le président Préval aurait dû claquer la porte. En nouvel esclave, le président haïtien n'a pas pu ressentir de la colère. Comme l'enseigne Aristote dans la Rhétorique, le président Préval a préféré ne pas répondre, s'humilier et avouer ses torts pour plaire à ses maîtres. Nos aïeux de 1804 qui ont versé leur sang pour être traités différemment par la communauté internationale et pour donner à l'Haïtien une valeur doivent se retourner dans leurs tombes. Le président Préval a profité du diktat de ses tuteurs étrangers pour ajouter ses propres desiderata en ajoutant la Loi d'urgence au projet de loi.

En guise de conclusion

Terminons en revenant à l'aveu de défaite du général de Gaulle le 18 mai 1940. Ce dernier ne s'est pas contenté de faire une constatation et des protestations verbales. Il n'a pas adopté une attitude velléitaire en attendant que les cieux exaucent ses vœux de libération. Pour changer le cours des choses, le général de Gaulle a organisé le mouvement de résistance français. Face à un gouvernement qui prétend répondre aux vœux de la communauté internationale en déclarant l'état d'urgence, qui lui permet de ne respecter aucune règle de droit, de conduite ou de morale, le mouvement démocratique ne peut pas se croiser les bras. La Loi d'urgence consacre le règne de l'irresponsabilité et la mise à l'écart de tous les mécanismes de transparence dans la comptabilité publique. Pour mettre fin aux 18 mois programmés d'anarchie et d'abus, la résistance du peuple haïtien doit s'organiser. La société civile a pour devoir d'ouvrir un débat national sur les enjeux de l'heure afin de dégager les actions à entreprendre pour contrecarrer la dérive qui met l'État haïtien au service exclusif d'une clique de combinards et foule aux pieds les aspirations les plus légitimes du peuple haïtien.

[1] Leslie J.-R. Péan, Haïti – Économie Politique de la Corruption, Tome II, L'État Marron (1870-1915), Éditions Maisonneuve et Larose, 2005, pp. 399-414.

[2] Leslie Péan, Aux Origines de l'État marron en Haïti (1804-1860), Éditions de l'Université d'Haïti, P-a-P, Haïti, 2009.

[3] Paul Craig Roberts, « Truth has Fallen and Taken Liberty with it », CounterPunch, 24 Mars 2010.

[4] Leslie Péan, « Les Transferts Financiers de la Diaspora et le Financement du Développement d'Haïti », AlterPresse, 17 août 2009

[5] Álvaro García Linera, « El Empate Catastrófico y Punto de Bifurcación », Crítica y Emancipación, Clasco Revistas, Buenos Aires, Argentina, junio 2008, p. 26.

Appel aux citoyens du monde : La reconstruction d’Haïti prise en otage.

Appel aux citoyens du monde : La reconstruction d'Haïti prise en otage

La chronique de l'écrivain Lyonel Trouillot


Après la loi votée par le Parlement sur l'état d'urgence, et considérant le mépris avec lequel un exécutif sous pilotage automatique traite les opinions haïtiennes, la bataille sera rude entre ceux qui ont (pris) le pouvoir de décider et ceux qui ont toutes les chances de subir des décisions allant dans tous les sens ou ne faisant pas sens. Les « chefs » - les grands, pas les petits – ont beau parler d'une reconstruction dirigée par les Haïtiens, ce n'est pas ce qui se dessine. On a pu constater – le président Préval a lâché le morceau en révélant aux parlementaires, s'il faut les croire, que « l'international » souhaitait que la loi sur l'Etat d'urgence soit votée sans modifications – que « l'international » institutionnel et le président s'entendent sur au moins deux choses. La première : la Constitution, quand elle contrarie nos intentions, on fait contre. La deuxième : on fait ce qu'on veut et rien que ce qu'on veut.


Aujourd'hui, tout haïtien responsable ne peut être que dans l'opposition. Je ne parle pas d'opposition à Préval. On sera dans la nécessité historique de s'opposer à Préval s'il veut prolonger son mandat. Je parle de l'opposition, au sens où des voix portant de véritables projets haïtiens devront se battre pour se faire entendre, se battre pour avoir une influence, se battre pour que, dans ce qu'on considère déjà comme la chronique d'un gâchis annoncé, il sorte des actions positives pour le pays, pour la transformation du pays en une société plus juste, plus riche en biens et en services, mais en justice sociale aussi.


C'est de cette transformation nécessaire en une société plus juste que l'international et l'exécutif semblent se moquer. Les déclarations aussi malheureuses que précipitées de diplomates étrangers, d'ordinaire mieux inspirés, accueillant avec joie cette loi de la honte, contredisent tous les bavardages sur la souveraineté d'Haïti. Même dans l'hypothèse d'un vouloir agir bien intentionné qui craint les lenteurs, comment se réjouir de l'économie du contrôle strict et de la participation des institutions haïtiennes ? L'Etat haïtien, le Parlement haïtien se privent de tout droit de regard sur la gestion du pays, et privent ainsi la société haïtienne de tout contrôle sur sa destinée immédiate. En considérant le budget haïtien, les promesses d'aide, les dettes annulées, sur dix-huit mois c'est une somme avoisinant les 10 milliards de dollars que « l'international » et des politiques haïtiens en fin de mandat, qu'une majorité de citoyens dénonce à la radio et ridiculise dans ses conversations, vont gérer sur des projets dont ils décideront, et qu'ils appliqueront comme bon leur semblera. Le mandat du président Préval arrive à terme dans quelques mois, cette loi place son successeur dans un carcan. Que va-t-il se passer ? (On ne peut s'empêcher de penser à la vieille pratique coloniale des « engagés » ou dix-huit mois)

Ce qui s'annonce ne promet rien d'une reconstruction conduite par les Haïtiens. C'est pourtant de cela pourtant dont le pays a le plus besoin, une reconstruction allant dans le sens de la transformation des rapports sociaux : vers une école pour tous, des services de base pour tous, du travail, une législation qui protège le travail et les travailleurs, une société en rupture avec ses préjugés, ses divisions.


Dans la rue, chez des honnêtes citoyens, chez des intellectuels et des cadres, un sentiment d'abattement. L'impression d'avoir perdu, que se met en place du n'importe quoi, pouvant laisser beaucoup de place aux calculs privés de quelques politiques haïtiens et d'hommes d'affaires amis à eux. L'impression que quelques cadres de l'international, « experts », coopérants et o-n-gistes vont jouer aux apprentis sorciers pour justifier leurs beaux salaires.


L'impression que les institutions internationales et peut-être certains Etats vont utiliser une « stratégie de choc » pour régler l'heure d'Haïti à leur propre montre, sans forcément de mauvaises intentions, mais à leur montre. Tout cela se met sans doute en place, de manière plus ou moins réfléchie, de manière plus ou moins instinctive.


Dans la rue, de la colère qui monte et qu'on aurait tort de sous-évaluer. Pour une reconstruction haïtienne, il faut commencer par dénoncer le caractère impopulaire de cette loi. Etrange façon pour l'Exécutif et « l'international » de commencer la reconstruction « dirigée par les haïtiens » par une loi dont beaucoup d'haïtiens ne veulent pas.


Lyonel TROUILLOT


Les Etats-Unis choisissent Haïti pour "Nouveaux Horizons" 2010.

Haïti-USA-Armée-Humanitaire

Les Etats-Unis choisissent Haïti pour "Nouveaux Horizons" 2010

De juin à septembre, le commandement sud de l'armée américaine déploiera quelque 500 militaires qui offriront aux haïtiens de l'assistance médicale et effectueront des travaux d'ingénierie


Le commandement sud de l'armée américaine réalisera en Haïti les exercices d'assistance humanitaire annuels baptisés "Nouveaux Horizons" entre le 1er juin et le mois de septembre, un geste destiné à manifester le soutien de Washington au pays sévèrement touché par le séisme du 12 janvier.


Annonçant l'événement à la presse américaine, le numéro deux du commandement sud, le général Ken Keen, fraîchement rentré d'une mission humanitaire de trois mois en Haïti, a précisé vendredi qu'environ 500 militaires ayant à leur tête la garde nationale de la Louisiane prendront part à l'opération.


Des services médicaux et d'ingénierie seront fournis à plusieurs villes, dont Gonaïves (Artibonite, nord), sélectionnées conjointement par le gouvernement haïtien et l'Agence américaine pour le développement international (USAID).


L'assistance médicale sera disponible sur cinq sites déjà identifiés où le personnel médical militaire pourra accueillir pendant dix jours consécutivement jusqu'à 700 patients quotidiennement pour des interventions en médecine générale, soins dentaires et ophtalmologie.

Des médecins vétérinaires seront également disponibles pour soigner les animaux.


Quant aux projets d'ingénierie, le général Ken Keen précise qu'ils concerneront la rénovation d'écoles, la construction de trois nouveaux centres éducatifs, d'infrastructures sportives et l'amélioration du système d'eau potable.


Depuis les années 80, le commandement sud de l'armée américaine réalise régulièrement les exercices "Nouveaux Horizons" en Amérique latine et dans la Caraïbe.


Environ 2.000 des 22.000 GI's déployés en Haïti par l'administration Obama au lendemain du séisme, dans le cadre d'une vaste opération humanitaire, sont encore sur place, plus d'un mois avant le retrait officiel des troupes américaines fixé au 1er juin.


La catastrophe a fait entre 250.000 et 300.000 morts, 300.000 blessés et 1,2 million de sans-abri, a estimé jeudi Edmond Mulet, le chef de la Mission de stabilisation de l'ONU (MINUSTAH). spp/Radio Kiskeya


Visite en Haïti de deux hauts responsables militaires américains.

Haïti-USA-Séisme-Visite

Visite en Haïti de deux hauts responsables militaires américains

Le sous-secrétaire d'Etat Andrew Shapiro et le chef du commandement sud, Douglas Fraser, sont venus appuyer la "pacification" du pays et reconfirmer la présence des Etats-Unis dans le procesus de reconstruction


Le sous-secrétaire d'Etat américain aux affaires politiques et militaires, Andrew Shapiro, et le chef du commandement sud de l'armée américaine (Southcom), le général de l'armée de l'air Douglas Fraser, sont arrivés mercredi à Port-au-Prince pour une visite axée sur le renouvellement du soutien de Washington à la pacification du pays.


Selon un communiqué du Département d'Etat, les deux hauts responsables devaient également assurer les autorités haïtiennes de la volonté des Etats-Unis de poursuivre leur coopération dans le cadre du processus de reconstruction post-séisme.


Dans la capitale haïtienne, MM. Shapiro et Fraser ont reçu de l'ambassadeur des Etats-Unis, Kenneth Merten, et de la directrice de l'Agence américaine pour le développement international (USAID), Carleene Dei, un rapport sur la situation du pays, trois mois après la tragédie du 12 janvier.


Ils ont d'autre part eu un entretien avec le général brésilien Luiz Paul Cruz, commandant de la Mission de stabilisation de l'ONU (MINUSTAH).

Des rencontres avec les autorités haïtiennes n'ont pas été signalées dans le communiqué du Département d'Etat.


De 22.000 hommes de troupe déployés dans le pays au plus fort de la gigantesque opération humanitaire post-séisme qu'avait lancée l'administration Obama, la présence militaire américaine est passée aujourd'hui à environ 2.200 soldats.


Le général Ken Keen, chef sortant du commandement de la force américaine en Haïti, a annoncé mardi au Pentagone que la mission humanitaire des GI's prendra fin officiellement le 1er juin. Cependant, au-delà de cette date, un certain engagement militaire sera maintenu, a-t-il dit sans donner plus de précisions.


La secousse sismique de magnitude 7 ayant sévèrement touché Haïti a fait au moins 230.000 morts, 300.000 blessés et 1,2 million de sinistrés, affirment les autorités. spp/Radio Kiskeya


La relocalisation et l'intensification des activités scolaires constituent les priorités des autorités.


Une importante réunion de travail visant à coordonner l'action gouvernementale et celle des ONG a eu lieu hier. Le chef de l'Etat, le représentant du secrétaire général de l'ONU, Edmond Mulet ainsi que les responsables d'agences de l'Onu et d'ONG ont pris part à cette rencontre déroulée au siège de la Présidence.

Les partenaires dans l'effort humanitaire ont analysé les différentes stratégies qui permettraient une bonne articulation entre la relocalisation des sans abris et l'appui aux établissements scolaires. La relocalisation des sinistrés se trouvant dans les écoles constitue une priorité pour les autorités haïtiennes.

Une vingtaine d'écoles ne peuvent accueillir les élèves en raison de la présence de plusieurs milliers de sans abris. Le président Préval se déclare opposé à un recours aux forces de l'ordre enjoignant les autorités et les ONG à utiliser le dialogue afin de convaincre les sinistrés.

Au cours de la rencontre le président Préval a rappelé aux acteurs que l'éducation représente l'une des priorités du gouvernement au cours de la période d'urgence.

Plusieurs responsables d'ONG et d'agences de l'ONU ont promis d'intensifier les efforts afin d'atteindre un objectif de 50 % d'enfants fréquentant les écoles dans les régions touchées par le séisme.

Le responsable du Programme Alimentaire Mondial (PAM) a révélé que 600 000 plats chauds sont actuellement distribués aux élèves.

Dans le même temps, les efforts se poursuivent pour permettre le déplacement des sinistrés vers les nouveaux camps de Corail Cesse Lesse et Tabarre Issa. Le retour dans les résidences est également envisagé par les autorités qui veulent libérer les sites spontanés. Selon les dernières estimations 40 % des maisons évaluées peuvent être occupées par leurs propriétaires.

Les responsables de l'Organisation de l'ONU pour les Affaires Humanitaires (OCHA), du Programme Alimentaire Mondial (PAM), du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (Unicef), de l'Organisation Internationale pour la Migration (OIM), de la Banque Mondiale ainsi que les ministres de l'éducation, des travaux Publics et de l'Intérieur avaient pris part à cette rencontre.

LLM / Radio Metropole Haiti

Haïti : Vers un nouveau mandat pour la MINUSTAH?


Lors d'une conférence de presse tenue jeudi, Edmond Mulet, Représentant spécial et Chef de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), a fait état d'un possible ajustement du mandat de la Mission.

Lors d'une conférence de presse, Edmond Mulet, Représentant spécial et Chef de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), a fait état d'un possible ajustement du mandat de la Mission. Un ajustement qui se baserait sur le rapport du Secrétaire général qui comporte « plusieurs recommandations sur le rôle futur de la Mission sur la base des consultations avec les autorités haïtiennes dans le cadre des objectifs définis dans le Plan d'action pour le Relèvement et le Développement National du Gouvernement ».

Les ajustements proposés au mandat concernent principalement les domaines de la sécurité, de l'appui aux institutions de l'Etat de droit et aux initiatives du gouvernement en faveur de la décentralisation. « Si les recommandations contenues dans le rapport sont approuvées par le Conseil de sécurité, l'effectif policier de la MINUSTAH s'élèvera à un total de 4 391 », dit le représentant spécial, ajoutant que celui de la composante militaire -de 8940 soldats- restera inchangé.

« Les 12 à 18 prochains mois constituent une période critique pour les efforts de relèvement et pour favoriser un environnement propice au développement », souligne Edmond Mulet. Aussi, est-il, selon lui, essentiel que la MINUSTAH et les agences du système de l'ONU poursuivent une approche intégrée articulée autour de cinq objectifs fondamentaux, notamment « la promotion de la stabilité politique, la coordination de l'assistance humanitaire post-désastre, le maintien du climat sécuritaire sûr et stable, l'appui au Gouvernement dans la mise en œuvre de son plan de reconstruction, l'aide à Haïti dans la reconstruction de son capital humain ».

N/ Radio Métropole Haïti

Haïti: Moratoire sur les évacuations forcées.


Le gouvernement haïtien a décidé jeudi un moratoire de trois semaines des évacuations forcées des camps de sinistrés du séisme établis sur des terrains privés, écoles ou autres, en raison des «tensions» que cela engendre, a indiqué un responsable de l'ONU dans le pays.

Depuis près de deux semaines, les autorités ou des propriétaires avaient intimé à des milliers de personnes de quitter les terrains où elles avaient trouvé refuge après le séisme du 12 janvier.

«On en a discuté avec le gouvernement ce matin et un moratoire de trois semaines» a été décidé « car il y a beaucoup de tensions », a déclaré le chef de la Mission de l'ONU en Haïti (MINUSTAH), Edmond Mulet, lors d'une conférence de presse consacrée aux 100 jours après le séisme.

« Il y a les élèves qui veulent rentrer dans leurs écoles pour continuer leurs études, il y a les déplacés qui sont installés dans les écoles. Alors au lieu d'avoir des affrontements, un moratoire a été établi », a-t-il ajouté, précisant que des « groupes de travail » seraient créés pour trouver des solutions.

Le représentant spécial de l'ONU en Haïti a souligné la nécessité d'«aider les personnes qui sont dans les écoles» car « il y a une raison pour laquelle elles ont cherché une solution pour se sauver et sauver leurs familles ».

L'ONU a déjà ouvert deux camps en périphérie de Port-au-Prince afin d'accueillir les 10 000 déplacés en grand danger avec la saison des pluies et celle des cyclones et elle « est en train d'accélérer la préparation d'autres terrains », a poursuivi M. Mulet.

N/ Radio Métropole Haïti

USA-Haïti: Don de 125,000 tonnes de vêtements contrefaits!


Conformément à l'accord donné lundi dernier par le gouvernement américain, un peu plus 125 000 tonnes de vêtements et de chaussures de contrefaçons d'une valeur de 10 millions de dollars iront habiller les plus nécessiteux de l'île dévastée par un séisme en janvier dernier.
 


 Ralph Lauren, Diesel et Ed Hardy, les vêtements contrefaits de ces marques qui avaient été confisqués aux Etats-Unis ne seront finalement pas détruits mais offerts aux Haïtiens. Au préalable, il a fallu obtenir les autorisations des concepteurs «Ce n'était pas facile» a déclaré le chef de la division Michael Vecchione «Mais quand nous avons expliqué notre projet de donation pour Haïti, ils ont tous donné leur accord».


Afin de ne pas inciter à acheter de la contrefaçon, World Vision a fait du bénévolat pour enlever tous les logos ou les identificateurs des marques des vêtements avant que les marchandises quitte le territoire américain.

N/ Radio Métropole Haïti

Haïti-Construction: Des abris pour résister aux cyclones et aux séismes.


Handicap International a mis au point un modèle d'abri temporaire, spécifique à Haïti. Il a été conçu pour être rapide à construire, parasismique, paracyclonique et d'une durée de vie d'au moins trois ans. Il est de surcroit accessible aux personnes à mobilité réduite.


 Fait de panneaux de bois montés sur une charpente bois, il est recouvert d'un toit de tôle. Son plancher est légèrement surélevé pour permettre l'évacuation des eaux de pluies, il dispose d'une rampe d'accès en pente douce et ses murs peuvent être renforcés de ciment pour faire face à des vents violents.



Il est adaptable à la taille des familles (surface standard : 18 m² / 6 mètres par 3). Autre atout : conditionné en kit, il est facilement transportable sur le terrain. Ce modèle a été soumis à l'avis des populations suite à quoi Handicap International s'est assurée que leurs futurs occupants puissent facilement les entretenir et a amélioré les panneaux.


Une première série de 200 de ces abris va être construite dans les prochaines semaines. L'association va également réhabiliter 200 maisons qui n'ont pas été complètement détruites mais seulement endommagées.

N/ Radio Métropole Haïti

vendredi 23 avril 2010

18 MAI 2010 GRANDE MARCHE PAR DEVANT LES NATIONS UNIES

LE GOUVERNEMENT HAITIEN, LE BUREAU DU SECRETAIRE GENERAL DES NATIONS UNIES, LE BUREAU DE L'ENVOYE SPECIAL DES NATIONS A HAITI, DOIVENT PRENDRE UNE DECISION EN URGENCE PUISQUE LA VIE DES MILLIONS DE FAMILLES SINISTREES DU SEISME DU 12 JANVIER 2010 EST MENACEE. * UNE ISSUE CATASTROPHIQUE EN MATIERE DE SANTE PUBLIQUE ET DE SECURITE. 
 
Par la presente, et en la patrie commune, la United Haitian Association of USA, Inc. (UHA), une organisation a but non lucratif, creee en 1977, incorporee dans l'Etat de New York en 1978, accreditee par le Federal Board of Immigration Appeals, un Advocate dans le systeme Scolaire Americain vous salue, et saisit cette opportunite pour soliciter la participation de votre organisme dans la Croisade de Sauvetage dediee au bien - etre des Familles sinistrees d'Haiti. 

Nous demeurons persuader qu'en tant que patriote consequent, vous etes bien imbus de la triste situation des familles Haitiennes victimes du  seisme du 12 Janvier 2010. Qu'il nous soit permis de vous rappeler qu'apres plus de trois mois du Tremblement de Terre plus d'un million de familles sinistrees sont sans abri, ils vivent a la belle etoile, et, ce, malgre l'arrivee de la saison pluvieuse. Tres bientot, ce sera la saison cyclonique. Les villes de Jacmel, Petit Goave et bien d'autres sont detruites.

Il est triste de constater que le sort des familles vivant sous les tentes et les hangars laissent vraiment a desirer. Les occupants sont victimes de toutes sortes de plaies sociales, insecurite, violence, crimes de toutes sortes, crise alimentaire,etc.  
 
Comment donc ne pas mentionner que des millions et des millions de dollars ont ete collecte a destination du Gouvernement d'Haiti, pour les soins d'urgence, malheureusement, la PREMIERE PHASE DE HAITI POST SEISME 2010 s'est ecoulee dans une atmosphere d'irresponsabilite, en un mot, un desastre total.

Naturellement, il est de notre devoir de presenter nos felicitations a la communaute Haitienne d'outre mer et a la constituante mondiale pour leur marque de support et de solidarite a Haiti durant ce moment d'afflictions.  

Mais, cela n'empeche que depuis plus de trois mois, les sans abris sont toujours livres a eux meme, Ils vivent dans des conditions inhumaines, en violations flagrantes de la Declaration Universelle Des Droits de L'Homme pronee par les Nations Unies. La presence du Gouvernement Haitien et de la Communaute Internationale, ne se font pas sentir dans les tentes et dans les place publiques.. 
 
Face a un tel tableau, aucun Haitien digne de ce nom, ne devrait rester indifferent devant ce grand malheur qui frappe la grande famille Haitienne. Le COMITE DE TRAVAIL DE LA UNITED HAITIAN ASSOCATION OF USA EN HAITI a fait oeuvre qui vaille.

C'est dans cet ordre d'idees que la UHA, en collaboration, avec d'autres entites a entrepris une CAMPAGNE DE MOBILISATION ET DE SENSIBILISATION aupres de la Diaspora, en vue d'aider a trouver, dans le meilleur des delais, une solution viable a la crise. Dans un concept, la UHA a recu l'approbation de Haiti Conscience, L'Unite de la Foi, Radio Pa Nou, Radio Optimum, et de nombreuses personalites (une liste partielle)
 
Le Gouvernement Haitien, le Secretaire General des Nations Unies, l'Envoye Special des Nations Unies, et nous autres de la Diaspora, nous  devons ASSUMER NOTRE RESPONSABILITE HUMANITAIRE..Nous croyons fermement que le Gouvernement Haitien, le Bureau du Secretaire General des Nations Unies, l'Envoye Special des Nations Unies en Haiti doivent prendre une decision en urgence, puisque la vie des millions de familles sinistrees du Seisme du 12 Janvier 2010 est menacee. ,      

Nous vous prions de nous joindre dans cette croisade humanitaire, tout en supportant les demandes suivantes. 
                   
               Deplacement de plus de 1.250 million de familles sinistrees des Places Publiques. 
 
               Exige l'etablissement des conditions de vie humaines dans les tentes
 
               L'etablissement des appareils de Securite en mesure d'assurer la protection des occupants dans les Tentes.
                  
      Participation des Organisations Haitiennes dans les Prises de Decisions relatives a la Reconstruction d'Haiti.
                    
             L'Inclusion des Organisations, des Professionels, et Ouvriers de Talents Haitiens dans la Reconstruction d'Haiti.  

La plus prochaine reunion concernant la matiere se tiendra le lundi 25 Avril 2010 au local de L'Eglise Unite de la Foi, sise au 470 New York Avenue, a Brooklyn New York (coin Empire Boulevard), en preparation d'une GRANDE MARCHE PAR DEVANT LES NATIONS UNIES LE 18 MAI 2010.

Pour informations contactez: Arioste Martin Denis President de la United Haitian Association of USA, INC. 646 377 6612 e-mail uhauhec1@Yahoo.com

Daniel Morel, Haitian Photographer sued by Agence France Presse (AFP) for “antagonistic assertion of rights”

PRESS RELEASE

Contact: Barbara Hoffman

Hilary Gish

The Hoffman Law Firm

(212) 873-6200

Haitian Photographer sued by Agence France Presse (AFP) for "antagonistic assertion of rights"

Award winning Haitian born photojournalist, Daniel Morel, has filed an answer and counterclaim to the French international wire service Agence France Presse's lawsuit filed on March 26, 2010 in Manhattan federal district court. The French international wire service which distributes to approximately 110 countries, which provides text, photographs, videos and graphics to customers on a worldwide basis, asserts that Mr. Morel "has made demands that amount to an antagonistic assertion of rights in his photographs of the catastrophic earthquake in Haiti on January 12, 2010 at 4:54 p.m. taken in the hour immediately following the quake. The Complaint asks the Court to declare AFP had the right to use Mr. Morel's images without authorization or compensation and further claims damages for commercial disparagement based on Morel's attorney Barbara Hoffman's cease and desist letters to AFP subscribers, customers, and clients, including Getty Images, Inc., the Boston Globe, the Denver Post, Time, Inc., Vanity Fair, USA Today, and the Age, Australia requesting that they cease and desist from the display on their websites, and online photo galleries, the images licensed from Agence France Presse or Getty and in the case of the Washington Post, correct the misattribution to a Lisandro Suero.

Mr. Morel's answer and counterclaims admit that his lawyer sent such letters and further argues that AFP states no claim against him. Mr. Morel's counterclaims assert that AFP willfully or in reckless disregard of his copyright and other intellectual property rights infringed thirteen (13) of the images of the earthquake in Haiti by distribution, license and sale of the photographs to its subscribers, clients and customers, with a credit to AFP and Getty Images and that these images were credited incorrectly to one Lisandro Suero, tweeting from the Dominican Republic at the time of the earthquake and with no prior history as a photographer.

Mr. Morel's complaint also asserts claims against Getty Images, and CBS and ABC. Getty Images, an image distribution company is associated with AFP to distribute and license images in the United States. The latter two news companies, it is claimed, have independently infringed Mr. Morel's copyright in seven (7) and nine (9) images respectively, in a variety of ways.

When the earthquake struck, Daniel Morel was with an American journalist, Eric Parker in a school in Grand Rue, Port au Prince. Mr. Morel had been teaching the young students for the past three days on how to make their own Facebook pages and Mr. Morel was taking photographs to put on their Facebook pages, while his friend was buying art from the students.

He states in his complaint that, "I was about ready to leave and the earth started shaking. I got out in the street, it looked like the street was hit by 500 cruise missiles at the same time. My journalist friend was buried. After we dug him out, we hit the street to obtain daylight shots. Everybody was panicked. Sobbing and dazed, people wandered around the street. It was rush hour. Lots of people were dead. Then I photographed until dark. I saw a lot of injured and dead—people crying for help. Buildings collapsed—the Cathedral of St. Trinity, the Cathedral, the Iron Market, the Presidential Palace, the Palace of Justice, my father's bakery. The principal manifestations, institutions, and symbols of my Haitian childhood were destroyed in less than a minute. There were aftershocks every 15 to 20 minutes which lasted from three to five seconds."

Few professional journalists and photographers were in Haiti at the time of the quake and even fewer had access to the internet. Mr. Morel's Haiti earthquake photographs, including the thirteen, were among the first photographs by a professional photojournalist taken before sunset on January 12, 2010 to show the evolving tragedy to the world.

Mr. Morel's complaint further describes the situation on the ground: "At sunset, it was dark, there was no electricity or communication—all phone networks were down. Mr. Morel, nevertheless from the still-standing landmark Oloffson Hotel, with the assistance of Isabel Morse, the daughter of his friend Richard A. Morse, manager of the hotel, was able to use a laptop to connect to the internet and have Ms. Morse open a Twitter account with the username "PhotoMorel" for him at 5:20 p.m."

Mr. Morel intended to retain copyright in and credit to his images, at the same time he informed the world of the disaster and advertised his images for license. Perhaps, it's just the nature of an unfolding disaster that early pictures tend to be more sensational and less about telling a story. Daniel Morel was interested in licensing his images if the price, terms and conditions were right. He was not interested in selling or licensing cheap. It was enough that he and the world were witness to what had happened and what was happening. Later, he would tell the full and complete story of the Haiti Earthquake and the impact on the history of Haiti.

Apparently on or about 5:28 p.m., Lisandro Suero of the Dominican Republic, pirated Daniel Morel's thirteen images and put them on his Twitter page.

Daniel Morel's claim then goes on to state that at approximately 9:45 p.m. EST, AFP uploads the earthquake images from Lisandro Suero's account, without Mr. Morel's knowledge, or permission. He alleges, on information and belief, that AFP conducted no investigation into the identity, profession, authorship or location of Lisandro Suero. The images were distributed to subscribers clients and customers worldwide.

Mr. Morel alleges that at 2:06 a.m. on January 13, 2010, Ben Fathers (34Benjie) of AFP tweeted to Mr. Morel as follows: "Hi Daniel, great pictures from suc h a difficult environment. I work for AFP, please e-mail ben.fathers@afp.com."

One image seen below, appears on January 13, 2010 the front page of major newspapers worldwide, credited to "AFP/Getty Lisandro Suero."

On January 21, 2010 blogger, Michael David Murphy in an article entitled, "Does Haiti's Earthquake call for a new Photojournalism" (www.foto8.com) states, "if there's an iconic photograph from the disaster, it might belong to Daniel Morel, a Haitian photographer who lived through the earthquake." Subsequently, Mr. Morel was credited on some blogs and elsewhere for the image, and AFP claims to have issued a credit change, of name but not affiliation (i.e. AFP), and a "kill" for "copyright reasons."

Mr. Morel's answer and counterclaims for copyright infringement, removal of copyright management information, and false or misleading statements of attribution or http://forum.nikonpassion.com affiliation against AFP and Getty request several million dollars in damages for willful infringement. Mr. Morel's complaint alleges that Getty licensed the Earthquake images to charities, magazines, media outlets, TV and websites, all for a fee and without Mr. Morel's authorization. The 63 page counterclaim with exhibits includes examples of the photographs on websites and elsewhere that continue, such as in web photo galleries, in the New York Times, National Geographic, Time Magazine, and the Jehovah's Witness Watch Tower, licensed on information and belief from Getty.

As one blogger noted, conflict photographers on the first flights may be more experienced in reacting to events rather than telling a story. Twitter offers a real opportunity for independent distribution of images by photojournalists like Daniel Morel without the need to freelance for wire services, enter into license agreements, or even worse, contribute "work for hire" to news services. However, not if images are free for the taking for all media and commercial uses.

If the argument of AFP/Getty were to prevail and such activity were to become the norm it would ruin the livelihoods of photojournalists who live on licensing streams and harm the interests of those content owners who rely on fair compensation for their work in order to support their creative endeavors. Licensing is an important source of revenue for content creators, especially true for photographers and photojournalists in these difficult times where cheap stock images provided by amateurs, or "citizen journalists," compete with quality images taken by photojournalists like Mr. Morel.

Assignments are limited and even the Magnum Photo agency, according to reports, has created a fund for its photographers to document Haiti, apparently not obtaining funds elsewhere.

The rule of law that AFP/Getty apparently argues here essentially would permit someone to take and commercialize a content owner's property without authorization, attribution or reasonable compensation, undermining the long-established practice of using such revenue streams to support the ongoing creation of new content by these photojournalists.

In an article entitled "Fair Game: Intellectual Property in the Digital Age," (www.bigthink.com/ideas) blogger Francis Reynolds reflecting on the fact that the technological means to plunder grow more prevalent everyday, causing some to question copyright, comments "while society may seem to be moving in that direction, no matter how much this "plundering" may seem to chip away at our intellectual hierarchies, the politics of allusion and borrowing continues to be shaped by the existing power dynamics of ownership. That's why advocates of a world of free and therefore free-flowing content sometimes risk shortchanging those who have historically been wronged by cultural and intellectual appropriation or outright theft."

REPLIQUE DE DALY VALET. Vive le journalisme engagé!


RÉSEAU CITADELLE SALUE LE COURAGE DU JOURNALISTE DALY VALET. AVEC LA DESTRUCTION DE TOUTES LES INSTITUTIONS DU PAYS, LE JOURNALISTE HAÏTIEN NE DOIT PLUS ÊTRE UN RACONTEUR DE FAITS. NOUS DEVONS ASSURER UN LEADERSHIP D'OPINION CAPABLE D'ORIENTER LE PEUPLE VERS DES ACTIONS CONCRÈTES POUR LA RENAISSANCE NATIONALE.


LE COMPORTEMENT MÉPRISABLE DES QUADRUPÈDES DU PARLEMENT HAÏTIEN ET D'AUTRES VENDUS DE LA CLASSE POLITIQUE ET DE LA SOCIÉTÉ CIVILE DOIT ÊTRE DÉNONCÉ. LA GÉNÉRATION MONTANTE NE DOIT PAS PRENDRE CES FUMIERS POUR DES MODÈLES A SUIVRE.


CYRUS SIBERT, RÉSEAU CITADELLE.

www.reseaucitadelle.blogspot.com

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RÉPLIQUE DE DALY VALET.


Cher Junior Sampeur,


T'inquiete pas pour Daly. Ils n'atteindront jamais l'albatros.Je reagis jamais aux nombreux commentaires que suscitent souvent mes ecrits. Mais je me permets cette fois de te dire quelques mots brievement. Laisssons le debat suivre son cours. Vive le debat democratique ! Dans le respect mutuel. A chacun ses idees, sa vision du monde comme l'a si bien relevé Audan Catel. J'ai laissé Washington pour justement venir secouer les choses chez nous en Haiti. A ma facon.


Ce faisant, j'aime bien remuer de la poussiere sur le visage de nos idéologues de la crasse. Ils se sont signalés dans la discussion, qui au nom du noirisme, du populaire ou de la majorite nationale; qui au nom d'un gauchisme misérabiliste et sous la carapace factice d'une rhétorique "anti-bourgeois" primaire. Ils se recrutent, helas, parmi nos freres et soeurs haitiens les plus instruits. Comme si le "populaire" devait forcément rimer avec le laid et l'odieux. Frederic Marcelin avait bien longtemps déja dénoncé cette mentalité de pourceau dans notre societé. On vit et meurt dans la boue. On gouverne dans la boue. On s'enrichit dans la boue. Une mentalité historiquement entretenue par les enragés d'un populisme de la saleté. Ses adeptes sont partout. Au pouvoir, dans la societe civile, au seins des partis politiques, dans nos universités et sur nos forums comme l'a si bien révélé ce débat autour de mon édito.


Je suis fils du peuple. J'ai trahi ? C'est quoi, cette affaire? Come on, people ! Lisez-moi davantage et mieux. Et surtout, ecoutez mes emissions de radio, Ce que j'ai noté de troublant dans la controverse autour de mon texte c'est que beaucoup de "grosses gorges" et de "plumes chaudes et impatientes" du net ne savent ni lire un texte ni en ecrire un de cohérent et de sensé. Pourtant, ils jugent, jaugent et évaluent. Et ils se sont créés en plus des ouailles pour les encenser. Ils s'autocongratulent dans la betise. Quand meme ! Quant à ceux qui evoquent de grands concepts et font etalage de leur savoir lacunaire, ils savent pour beaucoup que je suis mieux sinon autant armés intellectuellement qu'eux pour en discuter. Mais ce n'est ni le moment ni le lieu pour de telles expositions. Je choisis plutot ces jours-ci de parler de choses plus terre à terre qui concernent le quotidien de notre pays et de son peuple. Meme mon ecriture est devenue plus accessible.


Pour l'histoire. Ma mère ne sait ni lire ni écrire. Pourtant, elle m'a envoyé dans les plus grandes ecoles de la ville de Jeremie, du primaire au secondaire. Tous ses enfants d'ailleurs. De l'Ecole Frere Paulin au College Saint Louis. Des ecoles que frequentaient les bourgeois de la ville. J'ai fait la Fac de Droit à Port-au-Prince et fréquenté les plus grandes universités nord-américaines. De Montréal à Washington. Je n'ai de complexe envers qui que ce soit. Seule l'imbecilité, d'où qu'elle vienne, me laisse mal à l'aise. Dans la petite maison d'une piece de ma maman à Jeremie, tout etait beau et propre. J'ai herité d'elle ce gout du luxe et du raffiné meme dans la modestie. Il y avait mes freres et ma soeur, des cousins et des cousines. Tous dans une piece. Pourtant, je ne cohabitais pas avec du fatras. La ville de Jeremie elle-meme etait toujours bien entretenue, belle et propre à l'époque. Chez les Freres de l'instruction Chetienne, on nous a inculqué le sens de la discipline et de la propreté en salle de classe et sur la cour de recréation. Ce n'est qu'à Port-au-Prince que j'ai commencé à cotoyer la grande saleté. Cela m'a toujours dérangé. J'ai pas grandi dans une poubelle, donc j'entends pas mourir dans une ville-poubelle. Comme j'ai choisi de finir mes jours en Haiti, je lutterai pour que les Haitiens de l'interieur et de la diaspora puissent y vivre et y retourner pour y mourir comme moi dans la propreté. N 'en deplaise aux idéologues impénitents de la crasse.


Je suis en train d'ouvrir une firme à Petion-Ville. Elle est financee par moi-meme, San yon goud pensonn, comme aurait dit Serge Beaulieu. C'est un choix. Ce sera mon bébé ! Il y aura une grande salle de conférence, une bibliotheque universitiare specialisée et multidiscipliniare ( Droit, Sciences Economiques, Relations Internationales, Communication et Marketing). La bibliothèque donnera accès électroniquement aux bases de données des grandes universitées nord-américaines et européennes. J'en suis au stade de l'ameublement. Quand j'ai été dans des magasins de la place pour acheter du mobilier, j'ai ete surpris de m'entendre dire par certains vendeurs, je cite:" les Haitiens sont des malpropres et des destructeurs dans l'ame. A votre place, Monsieur, je n'acheterais pas des trucs aussi beaux et chers". Fin de citation. Voila ce que nous avions fait de notre peuple. Il se trouve qu'il y a des gens chez nous à croire dur comme fer que les Haitiens sont allergiques au beau et qu'ils mourront dans le fatras comme ils y sont nés. Je suis contre cette facon de voir nos comptariotes. Quand on me fait des commentaires du genre, je reagis toujours pour dire: " Si Daly Valet fait quelque chose, il doit etre Beau et Grand ! Mes oeuvres devront etre le reflet de ma personnalité. Si les gens détruisent ce que je leur offre de beau, j'en acheterai d'autres." Ceux qui ont travaillé ou sous mon autorité avec moi et me connaissent vraiment peuvent en temoigner. Quand je denonce l'etat d'abandon de nos villes, je pointe surtout du doigt la mediocrité de ceux qui nous gouvernent et leur facon de voir et de faire dans le "petit" et l'a-peu-pres. Pas leurs victimes. C'est un etat de fait que je denonce depuis belle lurette, bien avant le seisme du 12 Janvier. J'ai ete faire en decembre de l'annee derniere un seminaire au Cap-Haitien au College Notre-Dame. J'ai sensibilise les gens la-bas, et a la radio, sur la degradation de la ville. J'alerte souvent le pays sur le bord-de-mer du Cap en pleine deperdition ecologiqque. Ceux qui ont eu l'outrecuidance d'insinuer que je veux sauver Petion-Ville parce que j'y habite, j'en fais peu de cas. Ce sont des agents du creux qui font constamment du bruit sur des sujets qu'ils ne maitrisent pas. Comme il leur faut coute que coute prouver qu'ils existent dans le vide, ils cranent, piaffent et se melent de tout.


Quand je vivais en Haiti dans les années 90, je passais mes week-ends à Jacmel. J'avais loué la-bas une jolie petite maison. Juste pour fuir la laideur de la capitale. J'y revenais seulement les lundis pour le boulot. J'avoue que j'aime Petion-Ville. Son cachet me rappelle Jeremie, ma ville natale. De meme que j'aimais Montreal et Washington. Ce sont de petites villes à l'architecture très coquette. Je ferai tout pour sauver les belles petites villes d'Haiti de leurs fossoyeurs. Je cherche Jérémie partout où je passe. Je l'ai retrouvée un peu en Jacmel et Pétion-Ville.


Nous autres Jérémiens, nous ne sommes pas trop bons en politique. Car nous disons toujours ce que nous pensons. Je ne dirai jamais aux elements du "peuple", le peuple des populistes de l'arriération, ce qu'ils veulent entendre. Comme quoi ils auraient le droit inalienable de faire ce qu'ils veulent comme ils veulent, partout et en tout temps. Je ne dirai jamais aux industriels d'Haiti qu'ils ont le droit de sucer le sang des ouvriers. J'ai ete en face de beaucoup de patrons d'usine dans le combat pour le salaire minimum à 200 gourdes. J'ai mené tambour battant à la radio, sur le net, dans les journaux un combat pour ce revenu journalier minimal. Ceci sur le terrain en Haiti. Avec tous les risques. Actuellement, je suis en train de defendre mon pays du bec et des ongles contre cette mise sous tutelle de la honte orchestrée par M. Preval et l'international. Je suis en train de combattre egalement la loi d'urgence des hommes de Inite.


Tout ceci pour te dire, cher ami, que je n'ai de lecon de "peuple" à recevoir d'aucun "populo" verbeux et anarchiste du net. Je n'ai pas peur non plus de leur coalition.


Vive Jacmel ! Vive Petion-Ville !


Sa k pa kontan, anbake !


P.S . Fritz Calixte, Josue Dahomey, j'aime bien votre papier réplique à mon édito. Ce fut super, en dépit du ton voyou du propos. La prochaine fois tache d'etre plus serein dans l'argumentation et nous aurons un débat plus civil et plus utile sur les afffaires de la cité. On en grand besoin.


Kenbe la !


dalyvalet

ÉTATS-UNIS : Mumia Abu-Jamal : la moitié d’une vie passée dans le couloir de la mort/Mumia Abu-Jamal : half his life spent on death row/Mumia Abu-Jamal : la mitad de una vida en el corredor de la muerte

Français/English/Español
Reporters sans frontières
23 avril 2010

États-Unis


Mumia Abu-Jamal : la moitié d'une vie passée dans le couloir de la mort


Nous Reporters sans frontières, organisation internationale de défense de la liberté de la presse, nous faisons écho de la pétition internationale de soutien au journaliste Mumia Abu-Jamal, qui a déjà passé la moitié de sa vie dans le couloir de la mort. http://fr.rsf.org/spip.php?page=petition&id_article=37069 


Lien vers la pétition, disponible en six langues : http://mumialegal.org/node/72 


Né le 24 avril 1954, journaliste alternatif et ancien militant des Black Panthers, connu comme "la voix des sans-voix", Mumia Abu-Jamal a été arrêté et emprisonné le 9 décembre 1981 pour l'assassinat d'un policier qu'il a toujours nié. Sa condamnation à mort, en 1982, à l'issue d'un procès entaché de racisme et d'irrégularités de procédure, laisse de sérieux doutes quant à sa culpabilité réelle. Pourtant, la Cour suprême a rejeté par deux fois, en octobre 2008 et avril 2009, les deux requêtes de son avocat demandant la tenue d'un nouveau procès : la première au titre des pressions exercées sur les témoins pour obtenir la condamnation à mort du journaliste, la seconde en raison de la sélection discriminatoire et raciste du jury à l'ouverture du procès de 1982. 


Le 27 mars 2008, la cour d'appel fédérale du troisième circuit de Pennsylvanie s'était prononcée en faveur de la sélection d'un nouveau jury chargé de statuer sur la peine infligée à Mumia Abu-Jamal. Malheureusement, le gouvernement de l'État de Pennsylvanie s'est pourvu devant la Cour suprême, laquelle a ordonné à la cour d'appel de Pennsylvanie, le 19 janvier 2010, de revenir sur sa précédente décision. Il s'agit d'un grave revers judiciaire, qui pourrait accélérer l'exécution de Mumia Abu-Jamal.


Nous, Reporters sans frontières, estimons que :

-Mumia Abu-Jamal n'a pas bénéficié d'un procès équitable et doit à ce titre être rejugé avec toutes les garanties d'impartialité.

-La condamnation à mort de Mumia Abu-Jamal ajoute au scandale d'un procès inique, le doute devant profiter à l'accusé comme dans n'importe quel État de droit.

-La qualité de journaliste militant de Mumia Abu-Jamal a pesé sur sa condamnation à mort, en 1982, envers et contre les principes de liberté de conscience et de liberté d'expression consacrés par la Constitution des États-Unis d'Amérique.

-La loi adoptée par l'État de Pennsylvanie en 1996 - également appelée "Loi Mumia" -, prohibant toute image et tout enregistrement sonore ou filmé d'un prisonnier condamné à mort, viole le principe de libre circulation de l'information entériné par la Constitution et la législation fédérale.  

-La peine de mort est incompatible avec l'État de droit et doit être abolie aux États-Unis comme partout ailleurs où elle est encore appliquée ou maintenue dans son principe.


Pour toute information et offre de soutien à Mumia Abu-Jamal, contacter :

Law Offices of Robert R. Bryan 2088 Union Street, Suite 4, San Francisco, CA 94123-4117 http://www.MumiaLegalDefense.org

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United States


Mumia Abu-Jamal : half his life spent on death row


We, Reporters Without Borders, an international press freedom organization, strongly support the international petition submitted by defenders of journalist Mumia Abu-Jamal, who has already spent half of his life on death row. http://en.rsf.org/spip.php?page=petition&id_article=37070


Website link to the petition (available in six languages): http://mumialegal.org/node/72


Mumia Abu-Jamal was born on April 24, 1954. An alternative journalist and former Black Panther activist known as "the voice of the voiceless," Mumia Abu-Jamal was arrested and imprisoned on December 9, 1981 for killing a police officer—a crime which he always denied having committed. His death sentence, handed down in 1982, came at the end of a trial so tainted with racism and procedural irregularities as to raise serious doubts as to his actual guilt. The U.S. Supreme Court twice rejected his lawyer's appeal for a new trial, first in October 2008, and again in April 2009. The first appeal was made on the grounds of pressures exerted on witnesses in order to obtain the journalist's death sentence, and the second on the grounds of discriminatory and racist methods used in the jury selection process at the beginning of the 1982 trial. 


On March 27, 2008, the U.S. Court of Appeals for the Third Circuit, in Pennsylvania decided in favor of a new jury trial to decide the sentence to be imposed upon Mumia Abu-Jamal. Unfortunately, the Commonwealth of Pennsylvania filed an appeal with the U.S. Supreme Court, which, on January 19, 2010, ordered the Court of Appeals to rescind its previous ruling. This is a serious legal setback that could expedite Mumia Abu-Jamal's execution.


We, Reporters Without Borders, are of the opinion that:

- Mumia-Abu-Jamal has not been given a fair trial and should therefore be retried with every guarantee of impartiality

- Mumia Abu-Jamal's death sentence only further exacerbates public indignation against an unfair trial, inasmuch as the element of doubt should benefit any accused person under any Rule of Law.

- The fact that Mumia Abu-Jamal is a militant journalist was a factor that weighed in favor of his death sentence in 1982, a decision that flies in the face of every principle of freedom of conscience and freedom of expression upheld by the United States Constitution.

- The law adopted by the State of Pennsylvania in 1996—also called the "Mumia Law"—prohibiting any photographs, sound recordings or films to be made of a prisoner sentenced to death violates the principle of the free circulation of information ratified by the U.S. Constitution and federal law.  

- The death penalty is incompatible with the Rule of Law and should be abolished in the United States and in every other country in which it is still applied or maintained in principle.


For all other information and to offer support for Mumia Abu-Jamal, please contact:

The Law Offices of Robert R. Bryan 2088 Union Street, Suite 4, San Francisco, CA 94123-4117 http://www.MumiaLegalDefense.org

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Estados Unidos


Mumia Abu-Jamal : la mitad de una vida en el corredor de la muerte


Nosotros, Reporteros sin Fronteras, organización internacional de defensa de la libertad de prensa,  nos hacemos eco de la petición internacional de apoyo al periodista Mumia Abu-Jamal, que ya ha pasado la mitad de su vida en el corredor de la muerte. http://es.rsf.org/spip.php?page=petition&id_article=37071


Enlace hacia la petición, disponible en seis idiomas : http://mumialegal.org/node/72


Nacido el 24 de abril de 1954, periodista alternativo y ex militante de los Black Panthers, conocido como « la voz de los sin voz », Mumia Abu-Jamal fue arrestado y encarcelado el 9 de diciembre de 1981 por el asesinato de un policía, crimen que siempre ha negado. Su pena de muerte, en 1982, tras un juicio lleno de racismo e irregularidades de procedimiento da mucho de qué pensar en cuanto a su culpabilidad real. No obstante, la Corte Suprema denegó dos veces, en octubre de 2008 y abril de 2009, los dos requerimientos de su abogado, quien pedía que se abriese un nuevo juicio : en el primero alegaba las presiones ejercidas sobre los testigos para obtener la pena de muerte del periodista, en el segundo la selección discriminatoria y racista del jurado cuando se abrió el juicio en 1982. 


El 27 de marzo de 2008, el Tercer Circuito de Cortes de Apelaciones de Pensilvania se pronunció a favor de la selección de un nuevo jurado encargado de decidir sobre la condena infligida a Mumia Abu-Jamal. Por desgracia, el gobierno del Estado de Pensilvania apeló ante la Corte Suprema, la cual ordenó a la Corte de Apelaciones de Pensilvania, el 19 de enero de 2010, que cambiese su decisión anterior. Se trata de un grave revés judicial que podría acelerar la ejecución de Mumia Abu-Jamal.


Nosotros, Reporteros sin Fronteras, consideramos que :

- Mumia Abu-Jamal no se benefició de un juicio justo y por esta razón se le debe volver a juzgar con todas las garantías de imparcialidad.

- La pena de muerte de Mumia Abu-Jamal añade al escándalo de un juicio inicuo, la duda de la que debe beneficiarse el acusado al igual que en cualquier Estado de derecho.

- La condición de periodista militante de Mumia Abu-Jamal tuvo importancia a la hora de condenarle a muerte, en 1982, en contra de los principios de libertad de conciencia y de libertad de expresión reconocidos por la Constitución de los Estados Unidos de América.

- La ley adoptada por el Estado de Pensilvania en 1996 – también llamada « Ley Mumia » -, que prohibe cualquier tipo de imagen y cualquier grabación sonora y filmada de un preso condenado a muerte, viola el principio de libre circulación de la información ratificado por la Constitución y la legislación federal.

- La pena de muerte es incompatible con el Estado de derecho y debe ser abolida en Estados Unidos al igual que en cualquier otro lugar donde todavía se aplique o mantenga en su pincipio.


Para cualquier información y apoyo a Mumia Abu-Jamal, contactar con :

Law Offices of Robert R. Bryan 2088 Union Street, Suite 4, San Francisco, CA 94123-4117 http://www.MumiaLegalDefense.org


Benoit Hervieu
Despacho Américas / Americas Desk
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Reporteros sin Fronteras promueve y defiende la libertad de informar y de ser informado en cualquier lugar del mundo. La organización, ubicada en París, cuenta con nueve oficinas a nivel internacional (Berlín, Bruselas, Ginebra, Madrid, Montreal, Nueva York, Estocolmo, Viena y Washington DC) y más de 140 corresponsales en los cinco continentes.

Le Matin Haïti politique: Albert Ramdin de l’OEA aurait-il menti ?


La plupart des partis, groupements et regroupements politiques de l'opposition ont formellement démenti les déclarations d'Albert Ramdin faisant croire qu'ils ont trouvé un accord avec l'OEA pour la réalisation des élections législatives et présidentielle dans le pays avant la fin de l'année.

Le secrétaire général adjoint de l'Organisation des États américains (OEA), Albert Ramdin, a informé que les principaux acteurs impliqués dans le processus électoral ont donné leur accord quant à la tenue d'élections avant la fin de l'année en cours. Avec plus de 20 ans d'expérience et environ 230 millions de dollars américains d'investissement dans les affaires électorales du pays, l'OEA possède, selon plus d'un, de sérieux arguments pour convaincre les récalcitrants. De plus, historiquement, l'organisation a toujours occupé une place prépondérante dans les élections en Haïti.

Si nous devons nous fier à cette déclaration, le diplomate aurait réussi en très peu de temps à faire avec l'opposition politique ce que René Préval n'a pas pu réaliser durant tout un mandat ou presque : un accord... Très hostiles, les principaux leaders politiques de l'opposition n'ont jamais cessé de contester le processus électoral et de dénoncer le Conseil électoral provisoire (CEP), qu'ils accusent de travailler à la solde du pouvoir en place. Ainsi, dans un document récemment publié, des responsables politiques ont déclaré que l'État d'urgence était incompatible avec toute activité électorale, puisque créant, soutiennent-ils, un terrain propice à des élections frauduleuses.

Controverse…

La déclaration du secrétaire général adjoint de l'OEA intervient à un moment où toutes les forces politiques du pays essayent de se mobiliser pour faire contrepoids au pouvoir en place. Malgré la présentation d'un nouveau calendrier électoral et la garantie des conseillers électoraux que le scrutin pourrait être organisé dans un délai variant entre 120 et 180 jours, la classe politique reste toujours inflexible. Les analystes politiques se disent pour la plupart abasourdis par cette déclaration du numéro deux de l'OEA.

Comme pour porter un démenti formel aux allégations du responsable de l'OEA, à l'initiative des fleurons de l'opposition, plus d'une vingtaine de partisans et de sympathisants ont manifesté le mardi 13 avril écoulé devant les locaux de la Direction des écoles et de la formation permanente de la police nationale d'Haïti (Académie de police). Ils ont dénoncé la loi sur l'État d'urgence ainsi que l'appareil électoral. « Un peuple aussi profondément divisé et sinistré ne peut aller aux élections », ont ils lancé.

De plus, dans un document rendu public en date du 12 avril 2010, le Conseil national des partis politiques (Conaced) se démarque de la déclaration du diplomate. Ce regroupement politique dit rejeter toute idée d'organisation d'élections sans une concertation et une évaluation haïtienne des institutions et acteurs engagés dans le processus. Ajoutant qu'ils croient, toutefois, que les élections constituent la seule voie normale de modification et/ou de changement des dirigeants politiques dans les sociétés démocratiques, Osner Févry déclare qu'il est coutumier à M. Ramdin de tenir des propos mensongers.

Menteur, ou pas ?

Himmler Rébu n'y va pas par quatre chemins. « Ramdin est un menteur », a déclaré le porte-parole de la Plateforme des patriotes haïtiens (Plaph), en réaction à la déclaration du diplomate de l'organisation hémisphérique. Le secrétaire général adjoint de l'Organisation des États américains (OEA) se serait réuni pendant une demi-heure, a informé Rébu, avec seulement cinq partis politiques. « Le seul à avoir pris la parole lors de cette rencontre fut Fanmi Lavalas qui faisait valoir son droit de réintégrer le processus électoral », a précisé l'ex-colonel.

Himmler Rébu a confirmé la participation de sa formation politique à cette rencontre tenue au restaurant La Réserve, à Pétion-Ville, le samedi 10 avril dernier. Affirmant que la Plaph n'avait rien à voir ni de près ni de loin avec la déclaration de M. Ramdin, il invite l'opposition à se concerter pour adresser une réponse à la « manœuvre de Ramdin ».

Youri Latortue, sénateur de la République, ne dissone pas avec Himmler Rébu. Le leader d'Ayiti an aksyon (AAA) traite également de menteur Albert Ramdin. « Il ne peut pas dire qu'il a rencontré tous les partis politiques », fait remarquer le parlementaire, ajoutant que son parti n'a pas été convié à cette rencontre. « Notre position est claire, dit Latortue, il ne peut y avoir d'élections dans le pays aujourd'hui. Il nous faut nous occuper d'abord de la population qui gît dans la misère dans les rues, sous les tentes ».

D'autres partis politiques, comme Ansanm nou fò, ont été moins virulents dans leurs critiques de la déclaration de Ramdin. Rudy Hériveau ne cache pas l'intention de son parti de participer aux prochaines élections. Cependant, précise-t-il, Ansanm nou fò n'a pas pris part à la rencontre dont parle le diplomate. « Notre position a toujours été très claire, souligne-t-il. Même avant la venue de cette mission de l'OEA, nous avons dit que nous étions pour les élections mais il faut d'abord un consensus pour redéfinir les règles du jeu. »

Steven Benoît, candidat au Sénat sous la bannière de l'Altènativ, et Charles Henri Baker du parti Respè croient, pour leur part, qu'il est impératif, pour préserver la démocratie, que « ce soit des élus qui remplacent des élus. Ce serait dommage, ajoutent-ils, de retomber dans la logique d'un pouvoir transitionnel », précisant qu'ils n'ont pas été informés de cette réunion avec Albert Ramdin .

D'un autre côté, Steven Benoit plaide pour la réalisation d'élections dans le plus bref délai. Toutefois, estime-t-il, il faudrait réajuster la machine électorale puisque le CEP est caduc et n'inspire pas confiance. De plus, ajoute Benoit, ces élections sont d'une importance capitale pour la reconstruction du pays. « S'il le faut, elles auront lieu avec un autre président de la République », conclut-il.

http://lematinhaiti.com/Article.asp?ID=22223

Par Lionel Edouard
lundi 19 avril 2010