vendredi 5 mars 2010

Bulletin météo du vendredi 05 mars 2010.


Valable jusqu'au 07 mars 2010

Situation synoptique dans la Caraïbe et sur l'Atlantique
L'axe du front froid se retrouve sur Porto Rico ce matin. Toutefois, quelques activités de pluie isolée légère à modérée sont encore prévues sur certains départements du pays aujourd'hui.

Prévisions pour Haïti
- Temps nuageux avec des périodes couvertes aujourd'hui ;
- Températures agréables au cours de la journée et en soirée ;
- Pluie isolée légère à modérée encore prévue aujourd'hui notamment dans le nord, le nord-est, le centre, le sud, l'ouest et le sud-est.

Prévisions pour Port-au-Prince et environs
· Périodes nuageuses aujourd'hui ;
· Tº. max. : 29ºC ; Tº min: 20ºC ;
· Possibilité de pluie isolée légère à modérée aujourd'hui.

Avis
Le Centre National de Météorologie (CNM) de concert avec le SPGRD et la DPC demande à la population des zones à risques d'éboulements, de glissement de terrain et d'inondations, de rester vigilante.

Lever & coucher du soleil pour Port-au-Prince
Aujourd'hui 05 Mars.
Lever : 06h 05 mn
Coucher : 05h 56 mn

Samedi 06 Mars.
Lever : 06h 04 mn
Coucher : 05h 56 mn

Dimanche 07 Mars.
Lever : 06h 04 mn
Coucher : 05h 56 mn

Jacquet Jackson, Prévisionniste au CNM


Bulletin météo marine du vendredi 05 Mars 2010

Valable jusqu'au 06 mars 2010

Prévisions maritimes:
Zone côtière nord :
Vendredi & samedi
* Vent du secteur nord-ouest à nord : 10-20 nœuds ;
* Hauteur des vagues: 7 à 10 pieds ;
* Mer plus ou moins agitée à agitée ;
* Pluie isolée encore attendue aujourd'hui ;
* Il est demandé aux voiliers de prendre des précautions en mer.

Golfe de la Gonâve :
Vendredi & samedi
* Vent du secteur nord-est: 10-20 nœuds ;
* Hauteur des vagues : 4 à 6 pieds ;
* Mer plus ou moins agitée ;
* Chance de pluie intermittente légère à modérée ;
* Les voiliers doivent prendre des précautions en mer.

Zone côtière sud :
Vendredi & samedi
* Vent du secteur nord-est: 10-20 nœuds ;
* Hauteur des vagues : 4 à 6 pieds ;
* Mer plus ou moins agitée ;
* Possibilité de pluie intermittente légère à modérée ;
* Les voiliers doivent prendre des précautions en mer.

Jacquet Jackson, Prévisionniste au CNM

mercredi 3 mars 2010

Bulletin météo du mercredi 03 mars 2010.


Valable jusqu'au 05 mars 2010

Situation synoptique dans la Caraïbe et sur l'Atlantique
L'axe d'un nouveau front froid est localisé sur Cuba ce matin. Il est prévu pour être dans nos murs ce soir. Quelques activités de pluie isolée sont associées à ce front.

Prévisions pour Haïti
- Passages nuageux ce matin ;
- Nuageux à couvert en fin de journée et en soirée ;
- Températures agréables en soirée ;
- Pluie intermittente attendue notamment dans le nord-ouest, le nord, le nord-est, l'artibonite, le sud, la grande-anse et les nippes.

Prévisions pour Port-au-Prince et environs
• Temps partiellement nuageux ce matin ;
• Périodes nuageuses cet après-midi et ce soir ;
• Tº. max. : 30ºC ; Tº min: 20ºC ;
• Chance de pluie isolée ce soir.

Avis
Le Centre National de Météorologie (CNM) de concert avec le SPGRD et la DPC demande à la population des zones à risques d'éboulements, de glissement de terrain et d'inondations, de rester vigilante et d'appliquer scrupuleusement toutes les consignes pratiques de sécurité lors des averses de pluie.

Lever & coucher du soleil pour Port-au-Prince
Aujourd'hui 03 Mars.         Lever : 06h 07 mn          Coucher : 05h 56 mn
Jeudi 04 Mars.                    Lever : 06h 06 mn         Coucher : 05h 56 mn
Vendredi 05 Mars.             Lever : 06h 05 mn          Coucher : 05h 56 mn

Jacquet Jackson, Prévisionniste au CNM


Bulletin météo marine du mercredi 03 Mars 2010
Valable jusqu'au 04 mars 2010

PRÉVISIONS MARITIMES:
Zone côtière nord :
Mercredi & jeudi
- Vent du secteur sud sud-ouest: 15-20 nœuds, devenant ouest nord-ouest jeudi ;
- Hauteur des vagues: 5 à 8 pieds;
- Mer plus ou moins agitée ;
- Pluie modérée et orages isolés attendus ;
- Les voiliers doivent prendre des précautions en mer aujourd'hui et demain.

Golfe de la Gonâve :
Mercredi & jeudi
- Vent du secteur sud-est à sud: 10-20 nœuds, devenant est sud-est : 10-15 nœuds jeudi ;
- Hauteur des vagues : 4 à 5 pieds ;
- Mer peu agitée.

Zone côtière sud :
Mercredi & jeudi
- Vent du secteur sud-est à sud : 10-20 nœuds, devenant est sud-est : 10-15 nœuds jeudi ;
- Hauteur des vagues : 4 à 5 pieds ;
- Mer peu agitée.

Jacquet Jackson, Prévisionniste au CNM

PAUL GUSTAVE MAGLOIRE : POUR UNE NOUVELLE GOUVERNANCE EN HAITI.


Paul Gustave Magloire 

Ministre de l´Intérieur d´Haïti, de Juin 2005 à Juin 2006 et Président fondateur de la Compagnie Prospectives System International (PROSINT), Paul  Gustave  Magloire a présenté récemment,  en Floride, un plan de Développement durable pour Haïti, au cours d'une rencontre organisée à l'intention des leaders communautaires, chercheurs, journalistes, de membres des milieux d'affaires, etc. Au cours des débats, M. Magloire a précisé, d'entrée de jeu, qu'il priorise de nouvelles approches quant à la décentralisation et la déconcentration de Port-au-Prince, la capitale et le rôle des maires dans la  gouvernance locale, le support continue aux partis politiques, la protection de l'environnement, la  modernisation des services de transports, de l'agriculture et de l'élevage, du commerce, la construction d'une série d'infrastructures modernes ; mettre l'accent sur la santé, l'éducation, la revalorisation de la culture, des sports et de la jeunesse, afin de créer un nouveau cadre de vie. Il a insisté surtout sur la nécessité de renforcer les capacités des institutions et organisations dans les municipalités en vue de satisfaire les besoins essentiels et d'assurer les services de base à travers le pays.
Paul Gustave Magloire a joué un rôle-clé dans l´organisation des élections législatives et présidentielles de 2006 incluant tous les secteurs politiques du pays et a aussi inauguré un programme de déconcentration de la capitale, Port-au-Prince, en renforçant les mairies de différents chefs-lieux du pays et en lançant un vaste programme de construction de complexe administratif départemental et municipal, dont l'exemple probant est le complexe du Cap-Haitien. Il avait aussi, dans ce cadre, instigué la construction de la route de Cap-Ouanaminthe, en collaboration avec le Ministère des Travaux Publics, et initia avec le support de la Banque de la République d'Haïti, un réseau télématique national pour offrir un service Internet par satellite, afin de desservir toutes les municipalités et offrir des services à prix réduit aux jeunes, aux petites entreprises et aux employés du secteur public et privé, pour encourager surtout la formation continue et l'excellence dans la force de travail du pays.

Paul Gustave Magloire qui a été pendant dix-huit ans l'une des personnalités influentes des communautés haïtiennes d'outre-mer aux Etats-Unis d´Amérique et qui a travaillé à l´Agence d´Information des Etats-Unis, (USIA) à Washington, D.C. pendant 7 ans,  où il a été honoré à plusieurs reprises, a représenté l'Etat haïtien en mai 2005, à Oslo, Norvège, lors de la conférence des Nations Unies sur les Missions Intégrées. M. Magloire avait vivement défendu en cette occasion le principe du déroulement d'un dialogue national dans les pays sortants de conflits domestiques ou internationaux.

Par le passé, juste après la chute du régime des Duvalier, M. Magloire a été conseiller spécial de l'industriel Thomas Désulmé et a pris en charge toutes les étapes de la planification de son Parti, le PNT, Parti National du Travail, qu´il a représenté au Groupe des 57 qui a réuni des militants du secteur démocratique naissant, et a eu un rôle prépondérant dans l´adoption de la Constitution de 1987. Il avait, entre autres, préparé pour les membres de l´Assemblé Constituante le texte « Prospectives pour une Renaissance Haïtienne », un vibrant plaidoyer pour la déconcentration et la décentralisation du pays et l´établissement d´une démocratie participative en vue d'une amélioration sensible des conditions de vie de la population.

M. Magloire est aussi connu comme l'un des entrepreneurs les plus actifs des années 80, ayant été Membre du conseil d´administration de la Société Haïtienne de Filature (SAFICO) , PDG de la Société Agricole et de Production Agro-industrielle, qui a participé à de grands efforts de reforestation en Haïti, co-fondateur de l´Association Nationale des Artistes Haïtiens, et activiste politique dénonçant  les injustices sociales en général. Paul G. Magloire, né le 2 décembre 1953 a été lauréat de sa promotion à l´Ecole Normale Supérieure d´Haïti où il a fait des études en Sciences Sociales et en Philosophie.

CHANGER L'AVENIR

Selon Paul  Gustave  Magloire, il faut désormais « changer l'avenir », continuer à combattre les injustices sociales, tout en  réservant une grande place aux relations internationales, bien choisir ses alliés, réarticuler une nouvelle planification du développement, protéger l'environnement,  prendre en compte immédiatement les risques et désastres à tous les niveaux et donner une attention aigue et continue à la problématique des droits humains. Paul  Gustave  Magloire souhaite  que les pratiques d'écrasement et d'abandon de la nation ne soient plus les règles de gouvernance. Il a suggéré des alternatives pour dynamiser davantage les relations entre le pouvoir et les jeunes en encourageant leur sens du service et facilitant leur participation effective  vers une diplomatie pour le développement et la protection de la nation. Paul Gustave  Magloire ne rate aucune occasion pour parler et s'occuper des affaires haïtiennes qu'il priorise constamment, quand il est invité à des forums spécialisés en Europe et en Amérique.

Ces jours-ci Paul Gustave Magloire résume sa pensée politique en cinq points : le premier concerne  le contexte général de la crise haïtienne (économique, sociale, éducative, alimentaire et la sécurité nationale), le second porte sur le profil des grandes réformes à réaliser afin de rééquilibrer son pays ; le troisième est le diagnostic des urgences et le quatrième, un plan d'investissement sur le court, moyen et le long terme, ainsi que les stratégies de financement et d'accompagnement à mettre en place; en cinquième et dernier lieu, les relations avec l'extérieur et avec l'autre partie chère d'Haïti, la diaspora.

En présentant détail par détail ce qu'il compte accomplir, il a voulu, dit-il  « offrir des perspectives de développement en adéquation avec les potentialités du pays Haïti, à travers des plans de développement communal flexible qui tient compte du contexte pluriel tant sur le plan social, économique, politique, culturel, national et mondial, et des engagements dans le cadre  des objectifs du millénaire pour le développement (OMD). » 

En fait, il insiste sur l'urgence :
·    de moderniser les  villes haïtiennes par la décentralisation
·    d'améliorer la qualité de vie des plus pauvres
·    d'assurer un développement accéléré mais harmonieux
·    d'adapter le développement aux interdépendances mondiales
·    d'affirmer le rôle de  chaque région du pays en tant que pôles attractifs dans le domaine des services de base, de l'écologie, du tourisme, de l'agriculture, de la santé, et de l'éducation avec un minimum obligatoire pour tous.

M. Magloire insiste sur les questions d'exode rural, d'émigration de masse à stopper par des offres d'emplois massives dans les municipalités dans divers domaines, y compris l'informatique : «Traduire  objectivement cette vision, exploiter valablement la vocation productrice du pays,  est la raison d'être de ce plan de gouvernance que je suggère aux leaders de mon pays. Il incombe à tous les Haïtiens d'outre-mer et ceux de l'intérieur  de participer à cette nouvelle vision solidaire du futur de notre pays!  Il nous faut dresser ensemble un état des lieux des relations entre les Haïtiens de toutes les origines et de toutes les frontières en vue d'un meilleur accompagnement du développement du pays natal."

LES EFFORTS DE CO-DEVELOPPEMENT

Au niveau de la décentralisation, Magloire précise que des efforts de Co-développement avec de nombreuses régions du monde ont été entrepris avec plus d'une soixantaine de jumelages de villes haïtiennes, toutefois, déclare-t-il "nous avons découvert quand nous étions Ministre de l'Intérieur que le cadre réglementaire et politique faisait défaut, car sur la totalité des jumelages recensés, environ 15% seulement avaient été établis dans le cadre d'une convention signée et dans la majorité des cas les domaines de coopération n'étaient pas suffisamment spécifiés. De plus, il manquait aux collectivités une orientation technique clairement définie de la coopération décentralisée et du Co-développement. Si les élus locaux s'intéressaient à ces stratégies, ils ne savaient pas précisément ce qu'ils voulaient faire avec les partenaires pour leurs communes et les territoires. Nous avons initié les correctifs nécessaires et il faudra, pour le moindre,  continuer dans cet effort!".

Paul  Gustave  Magloire a profité de l'occasion pour élaborer une série de propositions afin de parvenir à établir un cadre juridique approprié pour la gestion des relations de coopération décentralisée et trouver une stratégie nationale d'orientation du Co-développement. Il suggère également la "mise en place d'un réseau d'information et d'appui aux collectivités en matière de coopération décentralisée tout en insistant sur la priorité d'un recensement des expériences de coopération en terme de leçons apprises en vue du partage et de l'amélioration conjointe afin  d'assurer un renforcement de la capacité productive en Haïti".

Quant aux affaires politiques, il veut adopter une position avant-gardiste : « Ecoutez, nous devrions à la fin assumer la responsabilité de protéger la population  dans le cadre du respect de notre souveraineté nationale et dans une perspective de sécurité humaine globale, basée sur la justice sociale et les droits humains dans leur totalité. Pour appuyer correctement les organisations du mouvement social haïtien et les institutions publiques, nous devrons accentuer le dialogue et la concertation sur les priorités et les stratégies de développement et de coopération, tant en Haïti qu'a l'étranger. Il faudra que nous nous impliquons tous, sur une période longue, dans de vastes programmes de reconstruction, de réhabilitation et de développement, mettant l'accent sur l'appui aux mesures qui font avancer le relèvement des conditions de dignité des majorités pauvres, urbaines et rurales. Et ceci, très certainement, en continuant de renforcer le système de justice contre l'impunité. »

Selon  Paul  Gustave  Magloire cela nécessitera un leadership utile en s'engageant dans la durée dans l'appui à la refondation de l'éducation pour tous et convaincre tous les Haïtiens d'y participer : « A titre de contribution civile à la lutte contre la pauvreté et pour la paix, nous encourageons nos compatriotes à poser des gestes audacieux et novateurs. Nos appuis à la relance de l'économie, centrés sur les besoins des Haïtiens, accentueront la spéciale attention que nous accordons déjà au secteur de l'économie sociale et solidaire.

Tirant les leçons apprises des actions passées, nous voulons voir les Haïtiens s'impliquer de manière plus significative et tenace en matière de développement local et d'environnement. » martèle-t-il « Nous devons aussi encourager les Haïtiens d'outre-mer à se maintenir dans le sillage des motions d'appui au peuple haïtien, poursuivre et accentuer les actes de solidarité en demeurant les interprètes et défenseurs d'Haïti devant l'opinion publique internationale. Nous sommes déterminés à reconstruire notre souveraineté et à effectuer les énormes efforts nécessaires pour laisser le statut, par ailleurs contesté, de  pays faillis et redevenir un pays à part entière et digne»

Enfin Paul  Gustave  Magloire  souhaite obtenir des appuis politiques internationaux dans son projet de lutte contre la pauvreté, contre l'impunité, et la restauration d'un environnement ingambe et sécuritaire : « Nous plaidons pour des appuis qui contribuent de manière significative à assurer l'éducation pour tous, qui renforcent les organisations du mouvement social et contribuent à reconstruire et réformer les institutions publiques sur une base démocratique et équitable. Ceci veut dire, pour moi, agir également en faveur de nouvelles politiques macroéconomiques qui tiennent aussi compte des besoins essentiels des gens et plaider face aux nations, notamment les plus puissantes, en faveur de pratiques économiques plus justes qui ne piétinent pas la dignité de notre peuple ! Car vivre dans l'injustice est de vivre dans l'indignité et cela crée de l'instabilité ».

Au moment de clôturer cette entrevue donnée avec beaucoup de conviction et de confiance dans l'avenir, M. Magloire déclara: « I do believe in Haiti, but I believe more in the future of my country and in my people. The day will come, believe me; we will turn from poverty to prosperity! This is my quest. We will build new citadels » (Je crois en Haïti,  mais je crois davantage dans le futur de mon pays et de mon peuple. Le jour viendra et vous pouvez me croire, nous ferons la courbe passant de la pauvreté à la prospérité ! C'est le chemin que je poursuis. Nous allons construire d'autres citadelles)
 
Paul Gustave Magloire

Construisons Ensemble un État Démocratique, Moderne et Prospère

Le séisme aurait fait plus d’un "demi-million" de morts, selon Mgr Louis Kébreau

Haïti-Séisme-Eglise

Le séisme aurait fait plus d'un "demi-million" de morts, selon Mgr Louis Kébreau

Le président de la conférence épiscopale, qui prône une reconstruction dans la "dignité", s'inscrit en faux contre les interprétations religieuses abusives et erronées de l'événement du 12 janvier


Le président de la conférence épiscopale d'Haïti et Archevêque métropolitain du Cap-Haïtien (nord), Mgr Louis Kébreau, a estimé lundi en République Dominicaine que plus de 500.000 personnes avaient péri dans le violent tremblement de terre ayant dévasté son pays qui, selon lui, doit envisager une "reconstruction digne et humaine".


Dans des déclarations faites lors d'une rencontre avec des étudiants haïtiens de l'Université catholique Madre y Maestra (PUCMM) à Santiago (155 km au nord de Santo Domingo) et relayées par EFE, le prélat a souligné que plus d'un mois après la tragédie, des cadavres continuent d'être remarqués sous les décombres.


Par ailleurs, Mgr Kébreau a catégoriquement rejeté la thèse selon laquelle le séisme du 12 janvier serait un "châtiment que Dieu aurait infligé à Haïti".


Une idée que des chrétiens n'ont cessé ces derniers jours de propager dans un contexte de passions exacerbées, d'intolérance et de fanatisme religieux.

Pour l'Archevêque, au contraire, ce cataclysme servira à changer la mentalité du peuple et devrait "nous porter, nous haïtiens, à réfléchir sur le sens de la vie".


S'exprimant en présence du recteur de l'université dominicaine, Mgr Agripino Nùñez Collado, il a aussi rappelé que de nombreux représentants de l'église catholique haïtienne ont disparu dans le séisme, parmi eux, l'Archevêque de Port-au-Prince, Mgr Joseph Serge Miot.


Un prêtre et 16 séminaristes sont également décédés dans l'effondrement de deux séminaires.


Déplorant l'état de "désolation" du pays et l'image de Port-au-Prince, une "ville confrontée à des pénuries", le président de la conférence épsicopale a rappelé que la capitale faisait face, avant le 12 janvier, à une grande explosion démographique et était peuplée de constructions anarchiques.


Mgr Louis Kébreau a enfin tenu à remercier la République Dominicaine pour le soutien moral et l'aide matérielle apportés à Haïti immédiatement après le tremblement de terre de magnitude 7 à l'origine de plus de 200.000 morts.


spp/Radio Kiskeya


La Dominicaine d'origine haïtienne Sonia Pierre récompensée par les USA pour son courage et son leadership.

Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés                                                      

                                        GARR

69, Rue Christ-roi

 Port-au-Prince, Haïti

Téléphone (509) 3900-5703                                                                e-mail: garrhaiti@yahoo. com , site : www.garr-haiti. org 

 

La Dominicaine d'origine haïtienne Sonia Pierre récompensée par les USA pour son courage et son leadership

03 mars 2010


Le gouvernement américain a décerné le 01 mars 2010 le Prix du Courage Féminin à Sonia Pierre, fondatrice du Mouvement des Femmes Dominico-Haïtiennes (MUDHA), une organisation de défense des droits des descendants–es d'Haïtiens en République Dominicaine.


Sonia Pierre fait partie des dix femmes récompensées à travers le monde pour leur « courage et leur leadership exceptionnel » a indiqué la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton, dans un communiqué tout en soulignant que les dix personnalités distinguées a travers ce Prix, sont des femmes qui ont apporté « une grande contribution au mouvement féministe ».


Mme Pierre qui recevra cette distinction le 10 mars prochain au Département d'Etat américain, est une militante de longue date dans la défense des droits de la communauté d'ascendance haïtienne en République Dominicaine : elle fut arrêtée à l'âge de 13 ans pour avoir pris ouvertement la défense d'un groupe de coupeurs de canne dans un batey.


Sous la direction de Sonia Pierre, l'organisation MUDHA s'est engagée dans un plaidoyer en faveur du respect du droit à la nationalité de milliers de descendants d'Haïtiens/Haï tiennes nés en République Dominicaine. Cet engagement lui a valu les critiques incessantes du gouvernement et des secteurs conservateurs dominicains, mais aussi des menaces de mort ou de retrait de sa nationalité. 


Selon MUDHA, près de 200 000 fils et filles de sans-papiers haïtiens nés en République Dominicaine ne disposent pas de documents d'identité. Ces personnes vivent constamment sous la menace de déportation vers Haïti.


Le Prix du Courage Féminin attribué cette année à Sonia Pierre, a été institué par le Département d'Etat américain en 2007 pour rendre hommage aux femmes qui ont fait preuve d'un courage exceptionnel pour défendre les droits et la promotion sociale des femmes.


Rappelons que la militante dominicaine a déjà  reçu plusieurs distinctions dont celle d'Amnistie Internationale et du Centre américain pour les Droits Humains Robert F. Kennedy         .

 

Lisane André

Responsable de la Section

Communication &Plaidoyer

GARR


mardi 2 mars 2010

La presse haïtienne entre survie et agonie.


(Panos Caraïbes).- Après un premier mois éprouvant, certains médias de Port-au-Prince et des villes de province, sévèrement touchés par le séisme du 12 janvier, tentent de se relever des décombres. Avec leurs studios de fortune logés sous des tentes, parfois en pleine rue, ou dans des véhicules immobilisés, ces médias veulent coûte que coûte rester en vie pour informer leurs compatriotes, en majorité sans-abri et traumatisés. Reportage dans un secteur habité par la rage d'informer.

Michelène Hilaire, 45 ans et la plus vieille correspondante haïtienne encore en activité, ne se croyait pas si bien inspirée en baptisant « Men Kontre (Les mains se rencontrent, en créole) », sa radio à Petit-Goâve. Depuis les secousses telluriques de magnitude 7,3 sur l'échelle de Ritcher qui ont ravagé sa ville, elle peine à faire fonctionner sa petite station dont les locaux sont endommagés. Bousculée par la suppression de la publicité, conséquence immédiate du séisme, l'avenir parait encore obscur pour cette femme de médias qui traîne derrière elle vingt ans de carrière. Chose certaine, le matériel des 17 radios de la ville côtière n'est pas enseveli sous les décombres. Celui de « Men Kontre », en ondes depuis une décennie, est installé dans une jeep des années 80 désaffectée. Sous les arbres qui débordent sur le capot de cette vielle bagnole, des journalistes de 17 stations de radios de la ville dédiée à l'ex-empereur Faustin Soulouque se rencontrent régulièrement pour la préparation et la diffusion collective d'une édition de nouvelles et d'une émission d'intérêt public. « Nous contribuons entre nous pour l'achat du carburant et les journalistes font du bénévolat pour la cueillette des informations, la rédaction et la présentation des deux émissions », soupire Guyteau Mathieu, secrétaire général du Réseau des médias de Petit-Goâve. Président directeur général de Préférence FM, Mathieu tient à ces programmes post-catastrophes autant qu'au fonctionnement de sa station. « Dans l'unité, nous sauverons Petit-Goâve », clame-t-il.

Plus que jamais la presse qui a une forte influence sur les 9 millions d'Haïtiens, en majorité analphabètes, a un nouveau rôle à jouer dans la reconstruction de cet Etat de la Caraïbe à qui la nature envoie, parfois, le souffle de sa colère. A l'approche de la prochaine saison pluvieuse et même cyclonique, les prévisions communiquées par les médias, par exemple, peuvent faire la différence entre la vie et la mort. Mais déjà des avis de tempêtes s'abattent sur les médias haïtiens qui redoutent comme la peste l'arrêt des contrats publicitaires des grandes entreprises de Port-au-Prince affectées par le tremblement de terre qui a fait 300 000 morts dont une trentaine dans la presse. Autrefois quotidien, Le Nouvelliste, journal plus que centenaire, s'est rabattu sur Internet pendant un mois avant de sortir un hors-série, puis un hebdomadaire sous les presses d'Imprimeur II. « Où sont nos abonnés ? Où distribuer le journal ? Il va falloir retourner à la vente au numéro », s'interroge perplexe Max Chauvet, copropriétaire et directeur de l'entreprise familiale fondée en 1898. En attendant une relocalisation de ses abonnés, moins ceux qui sont décédés ou se sont exilés, le journal retourne à la vente au numéro.

Quelque deux mois de travail seraient nécessaires pour consolider l'immeuble de Le Nouvelliste au centre-ville. Autant de mois aussi, selon des techniciens vénézuéliens, pour tenter de débloquer la « vieille rotative » du journal qui imprimait, avant le séisme, 15 000 exemplaires cinq jours par semaine. Ajouter à tout cela, les recettes publicitaires qui représentaient 75% dans le budget du journal sont taries pour plusieurs mois, se désole M. Chauvet, contraint de se séparer de la moitié de ses vingt-quatre rédacteurs. Comme les animaux malades de la peste, Le Matin, l'autre quotidien haïtien et plusieurs autres médias de Port-au-Prince recourent à la même formule, au grand dam de l'Association des journalistes haïtiens.

Lutte pour survivre

Patron de radio Caraïbes, Patrick Moussignac, voit lui aussi l'arrivée de l'arrêt imminent de certains contrats publicitaires, mais ne veut se séparer d'aucun de ses employés. « Sauf ceux qui veulent partir pour d'autres cieux », a indiqué le Pdg de la plus vieille radio haïtienne. Sous une tente bleue, installée sur une partie de la minuscule rue Chavannes où la station a vécu ses soixante ans, celui qui est considéré comme le Berlusconi haïtien (1) n'arrête pas de tourner les spots de ses traditionnels clients. Rien que dans l'espoir que les contrats ne seront pas cassés. Bien que les bâtiments de plusieurs clients sont effrités à l'image d'Energie FM, la radio de son frère, Maxime Moussignac, à la rue Magloire Ambroise. Les yeux rivés sous les gravats laissés par le tremblement de terre à l'auditorium de sa station, M. Moussignac étudie déjà les stratégies pour la réparation de son impressionnant immeuble que ses journalistes appellent affectueusement La maison de la radio.

Un peu chanceux, le réseau de 30 radios communautaires affiliées à la Société d'animation et de communication (Saks) n'a pas été aussi affecté que les médias commerciaux et évangéliques de Port-au-Prince. « La radio Zetwal Peyizan à Fondwa – une localité de Léogâne – ainsi que les locaux de Saks ont été détruits et l'émetteur de la radio Saka à Grand-Goâve est cassé sous la pression du tremblement de terre », a expliqué Sony Estéus. L'autre conséquence de la catastrophe perçue par les Haïtiens comme un monstre, c'est la cessation des bulletins de nouvelles quotidiennes et les magazines hebdomadaires produits par Saks pour alimenter ses radios affiliées. Et pour cause. Le studio de production de l'organisation a été détruit dans le quartier du Canapé-Vert. « Grâce à ces programmes, les communautés rurales restaient informées de l'actualité nationale et internationale », a expliqué Estéus. Heureusement, a-t-il ajouté, nos partenaires traditionnels veulent aider à la reconstruction de la Saks.

En cette période de profonde léthargie, les radios communautaires ne sont pas les seules qui prendront encore du temps pour renouer avec la production. Les télévisions haïtiennes sont contraintes de relayer des chaînes d'informations françaises et américaines ou diffuser des films et des matchs de football et basket-ball si elles veulent rester en ondes. Une bonne dose de thérapie pour ce peuple des sans-abri, mais pas assez pour aider à la reconstruction pharaonique qui prendra du temps et demandera beaucoup d'argent, d'énergie et un leadership dont le déficit, depuis la chute de la dynastie des Duvalier, a plongé cette île des Caraïbes dans l'horreur, la pauvreté et le désespoir. « Et pour jouer efficacement son rôle, la presse, elle aussi foudroyée par le séisme du 12 janvier, a besoin de se reconstruire », juge le directeur d'information d'une radio ayant requis l'anonymat.

Claude Gilles

(Panos Caraïbes)

-Patrick Moussignac est copriétaire ou copropriétaire de plusieurs radios et de télévisions et proche du Racing Club Haïtien. Il n'est pas engagé, du moins encore, dans la politique active comme Silvio Berlusconi du Milan AC et premier ministre controversé de l'Italie.

lundi 1 mars 2010

Haïti-Séisme : La Presse haïtienne peut faire mieux. (Par Cyrus Sibert)

Par : Cyrus Sibert, souvenirfm@yahoo.fr

Le Ré.Cit.- Réseau Citadelle, Cap-Haïtien, Haïti.

www.reseaucitadelle.blogspot.com

Dans ce contexte de crise post-séisme, la presse haïtienne a une obligation spéciale : Celle de défendre les sinistrés. Du Cap-Haïtien étant, nous recevons des témoignages qui révoltent la conscience humaine sur le vécu des sinistrés à Port-au-Prince. La situation est pire qu'on l'aurait imaginée. Nos frères et sœurs de la capitale souffrent énormément.

A entendre les éditions de nouvelles et d'analyse sur des médias de la capitale captés au Cap-Haitien, on pourrait imaginer que le pays est en train de renaitre. La majorité des grands médias de la capitale retourne à leur fonction habituelle à savoir « être la caisse de résonnance des autorités et politiciens ». Les parlementaires et les gouvernants occupent les temps d'antenne. On parle d'avenir, comme si on avait tourné la page.

En réalité, selon les témoignages, rien n'a changé. Avec leur morale de prédateurs, les dirigeants de l'Etat et de la bourgeoisie sont plus occupés à reconstituer leur fortune.

- L'aide alimentaire est détournée. Les tentes sont vendues à prix fort. Les kits alimentaires sont distribués par favoritisme au détriment des plus faibles,

- Des containers d'aide en riz arrivée sur le Port Mevs de Varreux sont traités comme biens personnels et n'arrivent pas aux sinistrés,

- Des policiers dorment dans la rue avec leur famille, les commissariats établis sous les tentes fonctionnent très mal, tandis que 6,000 évadés de prison circulent dans les rues. Contrairement à la propagande des Hauts gradés de la PNH, la sécurité et le moral des policiers sont au plus bas,

- Des banques de la capitale refusent de verser le salaire du mois de janvier à des employés sinistrés, sous prétexte d'abandon de poste. Des entreprises privées et la fonction publique refusent de prendre en compte la situation de force majeure ayant obligé des employés de se réfugier en province,

- 8 cadres d'une banque de la capitale n'ont pas été secourus sous les décombres, parce qu'ils se trouvaient près du coffre-fort. Ils avaient contacté des responsables de l'institution par téléphone. Choqué, l'un des responsables leur avait dit clairement, de façon confidentielle, qu'ils ne devraient pas espérer grandes choses. Les dirigeants ont décidé de ne pas intervenir en leur faveur, de peur que le coffre-fort soit attaqué par des pillards. L'un d'eux a appelé un parent au Cap-Haitien pour lui demander de l'aider dans la prière. Elle était membre de l'Eglise du Christ.

La presse haïtienne doit reconnaitre qu'elle a une part de responsabilité dans le détournement des 197 millions de dollars destinés aux sinistrés des Gonaïves. Nous n'avons pas suivi de près l'exécution des dépenses. Les journalistes influents n'ont pas pris le temps de questionner les responsables. Nous nous sommes contentés de rapporter des informations taillées sur mesures. Au lieu de donner la parole au peuple, nous avons servi de porte-voix pour les démagogues, les corrompus et les véreux. Ils se sont servis de nous pour faire de la propagande et détourner l'attention de l'opinion publique des dossiers importants et vitaux pour la survie de la population. En permettant à une catégorie de personnes, souvent démagogues et corrompues, d'avoir le monopole des interventions sur les médias, nous sommes, à un niveau, responsables de la situation actuelle du pays. Il faut le reconnaitre et changer de stratégie. Il faut diversifier les interventions et faire preuve d'engouement pour de nouvelles idées. On ne change pas un pays avec des idées rétrogrades.

De plus, les intervenants de ''tout le temps'' ne font pas preuve de modernité dans la gestion de leur vie, de leur entreprise et leur passage à la tête de l'état ou de l'administration publique n'a rien apporté en terme d'honnêteté, d'innovation et de progrès. La presse ne doit plus se laisser instrumentaliser par des hommes et femmes cherchant à redorer leur image.

Nous avons affaire à des prédateurs, des hommes et femmes de la bourgeoisie et de l'Etat qui ne sont, en fait, que des pirates insensibles à la vie. Ils veulent l'argent à tout prix et immédiatement. Leur point fort est le statu quo néo-féodal. La presse ne doit pas être un espace pour les pédants à la recherche de visibilité, d'accointances, de frottements ou de gloire. Le parlement haïtien étant composé de collabos corrompus sans pudeur plus soucieux de leurs privilèges que de leur travail, la société civile jouant le rôle de marche pied des gouvernants, le peuple haïtien est livré à lui-même. En conséquence, la Presse haïtienne est l'unique espace de contrôle fiable : Un « Watch Dog » capable de défendre les plus faibles.

Aujourd'hui, les sujets qui doivent nous attirer sont :

- La vie dans les camps improvisés, - la sécurité des victimes, - la distribution des tentes, - les quartiers touchés par l'aide, - les sinistrés abandonnés, - la vie des policiers, - l'Etat des commissariats, - le mode de distribution des kits alimentaires, - les problèmes rencontrés par les familles, - les réformes pour permettre à tous de reconstruire leur vie dans la dignité, - la collecte la provenance des fonds et leur gestion, - l'état de l'administration publique : archives, personnel et bâtiments, - le suivi des blessés, des paralysés et des orphelins…, - le traitement des cadavres et le processus d'identification des personnes disparues, - les difficultés de succession qui naissent avec l'ensevelissement des morts dans les fosses communes sans identification donc sans acte de décès, les problèmes d'identification des survivants sans pièce d'identité, - les mesures de l'Etat pour protéger les avoir des victimes…

Chaque jour, on devrait avoir un journal spécial sur la vie des sinistrés.

Ce n'est pas normal que la presse internationale nous devance dans tous les dossiers. Les liens du Ministre Patrick Delatour, l'un des responsables de la reconstruction, avec des entreprises de construction est un sujet facile qui pourrait être le fruit du travail d'un journaliste haïtien. Ce n'est pas normal que ce dossier ait été traité en primeur par le journal USA Today.

Nous devons comprendre que notre travail doit apporter la force nécessaire pour contribuer à faire bouger l'histoire dans le sens du bien-être de la communauté. Notre influence et notre respect dépendent plus d'un travail bien fait que d'une compromission.

P.S. - Je n'ai pas la prétention de donner des ordres à des confrères mieux formés et plus expérimentés que moi. J'ai, comme d'habitude exprimé mes opinions. La probité intellectuelle exige qu'on questionne son travail et ses résultats. Le souci de bien faire impose une telle démarche.

RESEAU CITADELLE (Ré.Cit.), le 1er mars 2010, 12 hres 13.