jeudi 15 avril 2010

Haiti : La politique comme obstacle à la reconstruction

Lundi 12 avril 2010

Par Pierre-Richard Cajuste*

Soumis à AlterPresse le 10 avril 2010

Le thème même de la Conférence des Donateurs qui s'est tenue à New York le 31 mars dernier « Vers un nouveau futur pour Haïti » mérite qu'on s'y arrête un peu afin de déterminer les enjeux et les processus sous-jacents qui spécifient et justifient l'usage du vocable « nouveau » qualifiant le but de cette rencontre. Le thème en soi constitue la reconnaissance claire qu'une nouvelle approche s'avère impérative dans le cadre de cette nouvelle dynamique sociopolitique. En ce sens que le « nouveau futur » implique une nouvelle approche à la transformation structurelle de l'économie en vue d'impulser le développement durable et un avenir digne pour le peuple haïtien. Bref, il est venu le temps de maintenir un processus continu de réflexion, sur notre compréhension quant à la manière d'aborder la question du changement et du développement en Haïti.

Le séisme du 12 janvier 2010, comme désastre naturel et comme conséquence des inconséquences du genre humain dans sa gestion de l'environnement, a mis a nu l'extrême vulnérabilité structurelle du pays. Le tremblement de terre a décimé l'État central dont la légitimité commençait à être sérieusement érodée vu que ses principaux organes se montraient absolument incapables de fournir les services sociaux de base et de protéger et servir les intérêts de la population. Une population dont la moitié, soit plus de 4 millions d'individus, vivait déjà, bien avant le 12 janvier 2010, en dessous du seuil de la pauvreté.

Aux lendemains de cette conférence, l'évidence pointe vers un approfondissement de l'engagement international et vers une volonté de « construire mieux » cette fois-ci puisque l'emphase est mise sur la planification stratégique et la mise en œuvre effective. Les acteurs nationaux et internationaux sont conscients que l'échec de cette mise en œuvre les fera traîner le boulet de galère de ce verdict implacable de l'Histoire. Mais, comme nous le savons tous, c'est le peuple haïtien qui, en premier lieu, connaîtra les morsures de cet échec cuisant.

Serons-nous capable d'y arriver cette fois ? Le séisme servira t il comme moteur pour penser l'État d'une manière tout à fait « nouvelle » et promouvoir le développement durable ?

La situation sociopolitique haïtienne combine une suite de crises politiques qui ont mis bas tour à tour tyrannie et anarchie. Le pays a usé de vingt neuf (29) constitutions, quarante deux (42) Chefs d'Etats, parmi lesquels sept (7) sont restés au pouvoir plus de dix (10) ans, neuf (9) se sont proclamé président à vie et vingt six (26) ont été ou bien assassinés ou contraints à l'exil. La gestion du pays a toujours cédé la place aux manœuvres politiciennes. Depuis plus de deux décennies, nous nous débattons pour le transformer. Cependant, jusqu' à date, il nous semble que très peu de choses aient changé.

En Haïti, l'exercice du pouvoir vraiment corrompt et les beaux discours sur les changements à effectuer se perdent dans des entreprises trompeuses et malhonnêtes pour s'accrocher au pouvoir. Bref, le pays est fatigué d'être abîmé et le peuple de vivre dans des conditions infrahumaines.

De plus, pour plus d'un, Il y a un besoin important de fluidité et de savoir-faire en matière de planification dans l'administration publique haïtienne. Le temps n'est plus à l'hésitation : il faut enfin changer les acteurs sur le théâtre des opérations.

En lieu et place de cette politique stérile qui se profile à l'horizon, les dirigeants devraient canaliser leurs efforts vers la croissance, la création de richesses, l'infrastructure, l'environnement, l'administration, la modernisation et la systématisation des services publics.

Le secteur privé haïtien a fait part de sa vision d'augmenter la croissance et la communauté internationale la mise en œuvre d'une meilleure coordination de l'aide. Il revient maintenant aux gouvernants d'établir des politiques sectoriels et des plans d'action consensuels répondant aux besoins du pays.

Le combat efficace pour faire reculer continuellement et durablement les frontières de la pauvreté suppose, fondamentalement, l'existence d'un Etat de droit fort et respecté (légitime ?), d'une administration bien outillée et performante et d'une participation effective de l'ensemble des composantes sociales à l'œuvre de construction nationale.

La réforme de l'administration publique haïtienne se fait plus que sentir, c'est un impératif. C'est plutôt par l'administration que le citoyen ordinaire peut évaluer un gouvernement. Nous concentrer sur l'administration nous permettra de rationaliser les services, d'augmenter nos ressources financières.

Combien parmi nos citoyens ne disposent pas d'une carte d'identité, d'un passeport et même d'acte de naissance ?

Combien de nos citoyens n'ont pas d'adresse et ne sont pas répertoriés par l'Etat ? Pourquoi nos institutions publiques ne peuvent pas vendre leurs services ? Comment un Haïtien peut-il disposer de plusieurs cartes d'identité ? Le cas d'Amaral Duclona reflète une nouvelle fois de plus le caractère dysfonctionnel de l'état haïtien. A entendre certains ministres parler, on a l'impression qu'on improvise chaque jour.

Au sud comme au nord, la gouvernance est la condition incontournable pour assurer le fonctionnement de tout système démocratique ainsi que le développement durable et équitable de toute société.

Si on devait qualifier de manière simple ce qu'est la gouvernance, on dirait qu'elle est contenue dans l'idée de « juste Etat », un Etat à la fois garant de la démocratie et des droits des citoyens. L'Etat juste est celui qui assure à la fois ses fonctions régaliennes telles que : assurer l'accès à la justice et à l'administration, promouvoir et protéger les droits de la personne et les libertés fondamentales, mais cela ne suffit pas. L'Etat doit aussi assurer la cohésion sociale d'un peuple, en étant arbitre et acteur qui assure l'accès à la santé, à l'éducation, et qui gère les richesses de manière responsable et impartiale, afin d'assurer leur redistribution équitable.

On ne dira pas non à la politique ; mais nous réclamons d'abord une autre forme de gouvernance pour mieux reconstruire ou finalement construire Haïti. Sinon on sera condamné à voir la réalité de la Reconstruction faire le frais des manœuvres politiciennes des uns et des autres.

* Coordonateur du Conseil d'Analyses et de Recherches sur Haïti (CARH)

Contact: Cajuste2000@ yahoo.com

mercredi 14 avril 2010

Rétablissement du Courant électrique au Cap-Haitien.

Par : Cyrus Sibert, souvenirfm@yahoo.fr
Le Ré.Cit.- Réseau Citadelle, Cap-Haïtien, Haïti.
www.reseaucitadelle.blogspot.com

Les moteurs de la Centrale Jose Marti ont repris, partiellement, la production du courant électrique ce mercredi 14 Avril 2010. Il était environ 5 heures de l'après-midi quand dans certains quartiers de la ville, les habitants pouvaient remarquer que le courant était disponible.

Le Sénateur Kelly C. Bastien avait annoncé une décision en ce sens.

Le retour du courant électrique est une victoire du mouvement citoyen qui a secoué la ville dans la nuit du 13 avril 2010. Un jeune a payé de sa vie, l'entêtement de la République de Port-au-Prince à dicter les décisions les plus simples. Il y avait du mazout dans la ville. Plusieurs centaines de milliers de gallons sont stockés dans des cuves au Cap-Haïtien.

Cette situation est une preuve que la libération du Nord par la décentralisation est une question de lutte pour une autonomie véritable. L'Espagne a fait de ses régions des zones économiquement viables en décentralisant administrativement et économiquement. Les anciens schémas de contrôle par une poignée de dirigeants coupés de la réalité des villes de province et aveuglés par les gains immédiats ne s'accommodent plus aux exigences d'un monde de plus en plus interconnecté.

Nous allons lutter, indépendamment, contre ces réflexes centralisateurs du pouvoir en place, pour la construction et la gestion locale de l'aéroport du Cap-Haïtien, le développement du port de la ville, la construction de la route de Labadee, l'expansion du réseau électrique, la transformation de tout le département du Nord-est en zone franche capable de résorber le chômage dans la région, le développement du tourisme, l'autonomie fiscale…La fausse notion que ces taches sont au-dessous de la capacité des cadres de la zone doit être mise au placard des mythes.

Nous mènerons une bataille de grande envergure. Nous n'allons plus demander aux inconscients de Port-au-Prince de nous accorder la décentralisation. Nous allons prendre notre vie en charge.

RÉSEAUCITADELLE (Ré.Cit.), le 14 Avril 2010, 18 hres 13.

Bulletin météo du mercredi 14 avril 2010


Valable jusqu'au 16 avril 2010
Situation synoptique dans la Caraïbe et sur l'Atlantique
Un creux en surface s'étend de l'atlantique jusqu'au sud de Porto Rico ce matin. Quelques activités de pluie isolée demeurent encore possibles sur Haïti ce soir.

Prévisions pour Haïti
* Temps partiellement ensoleillé ce matin ;
* Passage nuageux en fin de journée et en début de soirée ;
* Températures clémentes en journée et agréables en soirée ;
* Pluie sectorielle modérée encore possible ce soir notamment dans le nord-ouest, le nord, le nord-est, le centre, l'ouest et le sud-est.

Prévisions pour Port-au-Prince et environs
• Temps partiellement ensoleillé ce matin;
• Passages nuageux cet après-midi et en début de soirée;
• Tº. max. : 33ºC ; Tº min: 20ºC ;
• Possibilité de pluie isolée ce soir.

Pluviométrie d'hier soir
CNM (Aéroport) : 5.5 mm ; Mon Repos (carrefour) : 3mm ; Fond-parisien : 2mm

Lever & coucher du soleil pour Port-au-Prince
Aujourd'hui 14 Avril.        Lever : 05h 33 mn        Coucher : 06h 06 mn
Jeudi 15 Avril.                 Lever : 05h 32 mn        Coucher : 06h 06 mn
Vendredi 16 Avril.           Lever : 05h 31 mn        Coucher : 06h 07 mn

Jacquet Jackson, Prévisionniste au CNM


Bulletin météo marine du mercredi 14 avril 2010
Valable jusqu'au 15 avril 2010

PRÉVISIONS MARITIMES:
Zone côtière nord :
Mercredi & jeudi
* Vent du secteur nord nord-est: 15-20 nœuds ;
* Hauteur des vagues: 7 à 10 pieds ;
* Mer agitée notamment au large;
* Il est conseillé aux voiliers de ne pas s'aventurer en haute mer.

Golfe de la Gonâve :
Mercredi & jeudi
* Vent du secteur nord-est à est : 15-20 nœuds ;
* Hauteur des vagues : 5 à 8 pieds ;
* Mer plus ou moins agitée à agitée ;
* Les voiliers doivent prendre des précautions en mer.

Zone côtière sud :
Mercredi & jeudi
*Vent du secteur nord-est à est: 10-15 nœuds ;
*Hauteur des vagues : 3 à 5 pieds ;
* Mer plus ou moins agitée.

Jacquet Jackson, Prévisionniste au CNM

Michelle Obama a Haiti, Visite d'evaluation et de solidarite

14 avril 2010                                                                        No. 2010/06

13 avril 2010

 

Michelle Obama à Haïti : visite d'évaluation des besoins et de solidarité

 

Mmes Jill Biden et Michelle Obama ont visité un lieu de refuge pour enfants avec Mme Elisabeth Préval à Port-au-Prince (Haïti). Mmes Obama et Biden se sont rendues à Haïti afin de réaffirmer au peuple et au gouvernement de ce pays l'engagement à long terme qu'ont pris les États-Unis de les aider à se relever et à reconstruire leur patrie.

 

Washington - Michelle Obama, l'épouse du président Barack Obama, accompagnée de Jill Biden, l'épouse du vice-président Joe Biden, se sont rendues, le 13 avril, à Port-au-Prince, la capitale d'Haïti, afin d'évaluer la situation en matière de relèvement et de reconstruction et de rendre visite à des enfants logés dans des camps provisoires.

 

Dans un bref communiqué, la Maison-Blanche a indiqué que Mmes Obama et Biden ont effectué dans un hélicoptère de l'armée américaine une tournée aérienne de la capitale, où un million au moins de sans-abri sont logés dans des tentes et sous des bâches depuis le tremblement de terre du 12 janvier. Leur visite avait été gardée secrète jusqu'à leur arrivée en milieu de matinée.

 

« C'est impressionnant. La dévastation est certainement immense », a déclaré Mme Obama après le survol de Port-au-Prince.

 

« Michelle Obama et Jill Biden se rendent à Haïti afin de réaffirmer au peuple et au gouvernement de ce pays l'engagement à long terme qu'ont pris les États-Unis de les aider à se relever et à reconstruire, particulièrement au moment où débute la saison des pluies et des cyclones, et pour remercier les femmes et les hommes de toute spécialisation envoyés par le gouvernement américain de leurs efforts extraordinaires en Haïti au cours des trois derniers mois, ainsi que pour saluer les Nations unies et toutes les agences internationales de secours d'urgence qui ont entrepris des travaux de vaste échelle pour aider Haïti », indique le communiqué.

 

Leur escale surprise dans cet État insulaire des Antilles s'inscrit en prélude à une visite prévue au Mexique du 13 au 15 avril. Elle suit de trois mois, pratiquement jour pour jour, le séisme de magnitude 7 qui a frappé la capitale haïtienne et 4 villes voisines plus au sud, faisant quelque 230.000 morts, selon les estimations, et plus de 1 million de déplacés.

 

À leur descente de l'hélicoptère, Mmes Obama et Biden - cette dernière enseigne dans un collège universitaire du nord de la Virginie - ont été accueillies par le président haïtien René Préval et par son épouse, Mme Elisabeth Debrosse Delatour Préval.

 

Les salutations terminées, Mmes Obama et Biden se sont rendues en autocar, selon les informations de la presse, à un site qui se trouve derrière le Musée d'art haïtien, où Mme Préval a organisé un lieu de refuge pour enfants avec l'aide de l'artiste et peintre haïtien de renommée internationale Philippe Dodard. Baptisé « Plas Timoun », ou Place des enfants, ce lieu avait été choisi par Mme Préval pour permettre à des artistes haïtiens, dont M. Dodard, de réaliser avec les enfants des projets artistiques dans le cadre d'un programme de traitement thérapeutique postsismique. Selon des responsables haïtiens, quelque 900 enfants participent à ce programme, qui par ailleurs en nourrit 2.000 régulièrement chaque jour.

 

Mmes Obama et Biden ont été accueillies par des dizaines d'enfants qui leur ont chanté des chansons et joué une petite pièce. Elles se sont entretenues avec les enfants avec l'aide de Mme Préval qui faisait office d'interprète.

 

Le programme Plas Timoun a été mis sur pied par Mme Préval et M. Dodard avec le concours d'une équipe de psychologues, de pédagogues et de politiciens. Les enfants de 6 à 10 ans vivant sous des tentes reçoivent une aide psychologique sous la forme de thérapie artistique et musicale et de jeux. Ils reçoivent également à manger et à boire. Les activités se déroulent dans des autocars offerts par la République dominicaine. Le ministère haïtien de l'éducation travaille à élargir ce programme à d'autres communautés scolaires.

 

Le séisme a détruit ou endommagé environ 90 % des écoles de Port-au-Prince et 40 % de celles des localités voisines. Avant cette catastrophe, moins de la moitié des enfants haïtiens en âge de scolarisation fréquentaient l'école et seulement 20 % des enfants d'âge primaire étaient inscrits dans des écoles publiques.

 

La reconstruction en cours

Lors de la conférence des donateurs organisée en mars par les Nations unies, la communauté internationale s'est engagée à verser 9,9 milliards de dollars au titre de l'aide humanitaire, afin de soutenir le relèvement et la reconstruction d'Haïti, dont plus de 5,3 milliards de dollars pour leurs 2 premières années de reconstruction. Le secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon, avait annoncé ces contributions le 31 mars, à la fin de cette conférence. Auparavant, M. Ban avait déclaré aux donateurs qu'il envisageait pour le peuple haïtien « un renouveau national complet » et que les travaux de reconstruction devaient aller de pair avec les secours d'urgence. Il avait vivement encouragé les donateurs à continuer d'apporter leur soutien financier à l'aide humanitaire à Haïti.

 

Selon les spécialistes du développement international, la reconstruction d'Haïti pourrait demander plus de dix ans. L'une des conditions primordiales de ce redressement est la reconstruction de Port-au-Prince, le centre politique et économique de l'État.

 

(Les articles du site «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'État. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)

 

(Fin de texte)

 


La tutelle... sans le nom (La Presse)


Posté: 2010 Avr 14 - 10:33

(Port-au-Prince) On le savait, on l'a bien constaté dans les jours suivant le tremblement de terre et c'est encore plus vrai aujourd'hui, trois mois plus tard: c'est Washington qui dirige et dirigera Haïti.

On entend beaucoup de mensonges et de demi-vérités à propos d'Haïti dans les cercles de la communauté internationale, mais la plus grande supercherie est de continuer de parler de la souveraineté d'Haïti et de son gouvernement.

La présence américaine est moins spectaculaire trois mois après le séisme, la plupart des Marines ont quitté Port-au-Prince, mais en coulisse, le département d'État (dirigé par Hillary Clinton, femme de l'émissaire de l'ONU pour Haïti, Bill) s'active pour avoir les coudées franches.

Un plan de reconstruction de plus de 10 milliards de dollars sur 15 ans, cela représente de belles occasions d'affaires pour les entreprises américaines. En plus, les Américains veulent construire une success-story en Haïti.

Mais il faut d'abord un cadre légal et politique.

Le cadre légal, il a passé la dernière étape, hier au Sénat, avec l'adoption d'un projet de loi prolongeant de 18 mois l'état d'urgence. Cette loi donne au gouvernement haïtien (avec les membres de la communauté internationale nommés au sein d'une commission intérimaire) des pouvoirs extraordinaires, comme passer des contrats sans appel d'offres, fermer des camps et expulser ses habitants, réquisitionner des immeubles ou des terrains.

L'adoption de ce projet de loi a été fortement encouragée par Washington. Il donne les moyens d'aller vite, sans avoir trop de comptes à rendre.

Déjà, l'expulsion de sinistrés bat son plein depuis trois jours à Port-au-Prince, faisant monter de plusieurs crans la tension en ville.

L'administration américaine insiste par ailleurs pour que le gouvernement haïtien adopte une loi interdisant aux fournisseurs d'augmenter leurs prix de façon déraisonnable.

L'administration américaine planche par ailleurs sur un plan énergétique majeur, incluant la construction de lignes de transmission, la rénovation de barrages et la distribution de propane (pour remplacer le charbon).

L'énergie, c'est le pouvoir, de nos jours. Le président du Venezuela, Hugo Chavez, s'est fait bien des amis en Amérique du Sud en distribuant son pétrole en vertu de généreuses ententes, notamment ici. Justement, une grève au Venezuela a provoqué ces derniers jours une pénurie d'essence à Port-au-Prince.

L'administration américaine, à couteaux tirés avec Hugo Chavez, ne tolérera pas une telle situation.

«Gardez les yeux ouverts», suggérait en entrevue le premier ministre Jean-Max Bellerive aux Canadiens qui craignent la corruption et le fiasco financier de l'aide internationale en Haïti.

En effet, nous aurions tout intérêt à garder les yeux grands ouverts. Doublement intérêt, même.

D'abord pour nous assurer que nos millions (centaines de millions) serviront les Haïtiens, et non pas le régime et ses amis.

En ce sens, les partis de l'opposition à Ottawa feraient oeuvre utile en réclamant du gouvernement Harper la création d'une commission non partisane chargée, pour les prochaines années, de suivre l'argent à la trace. Et de faire rapport périodiquement des progrès (ou des dérapages) en Haïti. Rien n'empêche de créer une telle commission, avec ou sans le gouvernement, d'ailleurs.

La vigilance est d'autant plus de mise qu'Haïti entre dans une période électorale instable. À cause du tremblement de terre, les élections législatives de février ont été remises. Elles pourraient être tenues en même temps que la présidentielle, prévue en novembre (mais qui pourrait être repoussée de quelques semaines).

De plus, le Parlement sera dissous en mai, ce qui fait que le président Préval, loi d'urgence en poche, pourra gouverner par décret.

La moindre des choses, puisque nous donnerons des centaines de millions à Haïti, c'est de nous assurer que nous ne cautionnons pas un gouvernement antidémocratique, même si celui-ci opère avec la bénédiction de Washington et la complicité tacite de la communauté internationale.

Ce gouvernement, tout le monde le sait, n'est pas au-dessus de tout soupçon. L'an dernier, lors des élections sénatoriales, l'opposition a dénoncé des fraudes dans une quarantaine de bureaux de vote. L'affaire a finalement été étouffée par la Commission électorale provisoire, la même qui est toujours en place aujourd'hui et qui doit décider de la date des prochaines élections.

Le président Préval ne peut se représenter, mais avec les milliards de l'aide internationale et une opposition complètement désorganisée, comment garantir qu'il ne retournera pas la situation au profit de son successeur?

Notre deuxième intérêt, c'est de veiller à ce que nous ne ramassions pas que les miettes laissées par les États-Unis dans un pays où nous devrions avoir une longueur d'avance naturelle.

Pour le moment, on ne sent pas un grand empressement de la part d'Ottawa.

La ministre responsable de l'ACDI, Bev Oda, était à Port-au-Prince la semaine dernière, mais elle a surtout annoncé un projet d'hôpital qui était prévu avant le tremblement de terre.

Le projet de siège temporaire du gouvernement (12 millions de dollars) annoncé en grande pompe lors de la visite de Stephen Harper, en février, s'est quelque peu dégonflé depuis.

Le Canada devait payer pour des installations temporaires à Croix-des-Bouquets (environ 25 km à l'est de Port-au-Prince), mais les ministres haïtiens, apparemment, ne voulaient pas aller si loin de la capitale.

Plan B, donc: le Canada construira plutôt des sièges temporaires pour les ministères de l'Agriculture et de la Santé.

Des cabanes pour deux ministères, c'est bien modeste à côté des projets pharaoniques développés à Washington.

Vincent Marissal
La Presse

Courtoisie : La Presse

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Cap-Haitien-Plan de contingence 2010: Des prévisions apocalyptiques

À l'invitation de la direction départementale Nord de la Protection civile, des acteurs locaux et internationaux se sont réunis au Cap-Haïtien,le 8 et 9 avril dernier, en vue d'élaborer le plan de contingence 2010. qui doit permettre de définir l'ensemble des dispositions à prendre en prévision d'une catastrophe afin d'en atténuer les effets.

Une trentaine de personnes ont participé aux travaux, dont des personnalités représentant des organismes internationaux comme la MINUSTAH, l'OXFAM et la World Vision, d'institutions publiques telles les ministères de l'Education nationale, de la Planification et celui des mines, la Police nationale d'Haïti (PNH) auxquels se sont joint des autorités locales.

Ce nouveau plan de contingence pour le département du Nord doit remplacer celui de 2009, car, ce dernier n'avait pas pris en considération les risques sismiques et leurs conséquences. A titre d'exemple, les bâtiments identifiés ne respectent pas les normes parasismiques ou ne présentent pas de garanties contre des catastrophes comme les tsunamis.

Pour établir leurs prévisions, les participants tablent sur une population forte de 500.000 personne habitant la ville du Cap-Haitien et ses banlieues. Et selon les projections, les pertes en vies humaines, dans l'éventualité d'un séisme majeur, s'élèveraient à 80%. Une situation qui serait imputable à l'exigüité des rues et des bâtiments de la ville ainsi qu'à l'anarchie constatée au niveau des bidonvilles.

Pour les participants, un tsunami accompagnant un éventuel séisme pourra engendrer une inondation prolongée. Car la ville du Cap-Haitien est déjà exposée à l'inondation suite à toute augmentation du niveau de la mer ou à une pluie diluvienne. Toujours selon les participants, les répliques qui suivront ne peuvent qu'être mortelles, parce que toutes les structures de réponse de l'Etat se situent dans des zones totalement vulnérables. «On ne pourra pas compter sur les maigres moyens du ministère des travaux publics pour commencer à déblayer les rues et apporter les secours aux survivants ou aux personnes se trouvant sous les décombres. Car les équipements du ministère sont gardés à l'extérieur de la ville», a fait remarquer un participant.

Une situation liée au fait que tout est concentré à la capitale. «A cause de la centralisation, toutes les ressources nécessaires au développement des départements, villes, communes et sections communales du pays, sont limitées. Ceci voue à l'échec toutes les actions liées au développement» , a fait remarquer un jeune cadre du ministère des Finances.

Et le délégué départemental, Georgemain Prophète, de souligner que la volonté de Port-au-Prince de tout contrôler ne permet pas aux autorités locales d'apporter les solutions nécessaires aux difficultés rencontrées au niveau de la région. «Malgré le déficit en ressources humaines et matérielles dont souffre la région, nous savons tout ce qu'il faut faire pour éviter le pire. Mais Port-au-Prince garde tout et ne lâche rien, prétextant que nous n'avons pas besoin d'argent pour résoudre les problèmes», déplore-t-il.

Le plan de Contingence 2010 préconise des mesures urgentes pour réduire les pertes en vies humaines. Au nombre des mesures, l'acquisition de matériel de déblayage rapide constitue une urgence pour la ville. Il exige également la disponibilité d'informations scientifiques, la sensibilisation continue du public, la tenue des séances de formation dans les écoles et dans les lieux de culte, l'organisation d'exercices de simulation (sortie de secours) ainsi que la médiatisation des campagnes de sensibilisation et des exercices, entre autres. Certaines mesures pourront s'avérer drastiques, prévient la coordinatrice du Ministère à la condition féminine, Marie Gislhaine Mompremier. «Mieux vaut amputer certains bâtiments de plusieurs étages que d'amputer la majorité de la population suite à un tremblement de terre», dit-elle.

Cependant, l'élaboration du plan ne semble pas rassurer tous les acteurs. Plusieurs observateurs, dont des participants, craignent en effet que malgré son existence, dans l'éventualité d'une catastrophe, «les autorités se mettent à improviser sur tous les points». Ils reprochent à ces dernières leur lenteur à apporter une réponse efficace aux victimes du 12 janvier venues de Port-au-Prince se réfugier dans le département.

Pour certaines personnes, l'échec éventuel du plan pourrait découler d'un manque d'implication des autorités locales et des responsables des institutions publiques. Elles en ont pour preuve l'absence à cette séance des autorités municipales, des représentants des TPTC et de nombreuses autres institutions publiques. Des acteurs qui, en temps de crise, sont pourtant primordiaux au niveau de la chaine décisionnelle.

Louicius M. Eugène, Radio MINUSTAH.

Au moins un mort par balle au Cap-Haitien.

Au  moins un mort par balle au Cap-Haitien.

Nous apprenons qu'un jeune pécheur résidant à Rival (Carénage), a trouvé la mort, hier soir dans le Quartier de Cité Lescot, à l'entrée Sud de la ville du Cap-Haitien.  Jocelyn ainsi connu aurait été atteint d'une balle tirée lors des violences qu'a connues la ville du Cap-Haitien dans la soirée du 13 Avril 2010. La victime est un pêcheur. Il tentait de regagner sa résidence au bord de mer quand il a été tué dans la zone de tension, à Cité Lescot. Selon les témoignages, son corps a été retrouvé avec des indices faisant  croire qu'il a été tué par balle.

Cyrus Sibert

14 Avril 2010