mardi 13 juillet 2010

Flash! Cap-Haitien : Quatre (4) des étrangers kidnappés sont relâchés contre rançon.

Flash! Cap-Haitien : Quatre (4) des étrangers kidnappés sont relâchés contre rançon.

Par : Cyrus Sibert, souvenirfm@yahoo.fr
Le Ré.Cit.- Réseau Citadelle, Cap-Haïtien, Haïti.

www.reseaucitadelle.blogspot.com

De source confidentielle, nous apprenons que (4) quatre des (6) six personnes enlevées le week-end écoulé ont été libérées contre rançon. 3 dominicaines et 1 colombien sont les victimes qui ont pu retrouver leur liberté. Un (1) autre colombien et 1 haïtien sont restés aux mains de ravisseurs qui reprochent à la compagnie SIGMA de ne pas verser la totalité de la rançon négociée.

Pour le moment, les victimes libérées refusent de rencontrer la police haïtienne. La méfiance s'installe entre les résidents du Nord et les autorités policières.

Jusqu'à présent la PNH dans le Nord ne fait pas preuve de mener une opération en faveur des personnes séquestrées. On se demande, si elle est au courant de la situation. Des confrères de la presse rapportent que les requêtes d'informations auprès de la PNH sont restées sans réponses. 

RÉSEAU CITADELLE (Ré.Cit.), le 13 juillet 2010, 12 hres 56.

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lundi 12 juillet 2010

Coalition Haitienne de Femmes Leaders (COHFEL).

3 -732-2035 3730-3326

Email : cohfel2006@yahoo.fr





NOTE DE PRESSE



La Coalition Haïtienne de Femmes Leaders (COHFEL) s'inquiète de la situation de plus en plus désastreuse à laquelle le pays fait face. Les élections présidentielles et législatives auront lieu le 28 novembre prochain. Les membres du Conseil électoral provisoire sont décriés par la majorité des secteurs de la vie nationale. Des propositions ont été faites à l'exécutif par des organisations de la société civile. Le CEP est maintenu malgré tout.



Le Conseil électoral provisoire est une institution importante dans la vie politique et sociale de la population. La COHFEL déplore les décisions unilatérales du chef de l'Etat et son attitude de dédain envers la classe politique. Elle demande donc le renvoi des membres du CEP et du Directeur Général, leur remplacement par des hommes et des femmes crédibles, ayant la personnalité et le sens du devoir. Elle demande également à la représentante des femmes de donner sa démission. Elle prie la communauté Internationale de prendre en compte les revendications de la majorité des haïtiens avant de financer des élections frauduleuses avec l'actuel Conseil.



Si le Chef de l'Etat persiste, la COHFEL se solidarise avec les organisations de la société civile et des partis politiques dans la mobilisation pour défendre la Constitution de son pays. Elle se réserve le droit de ne pas participer aux observations électorales avec un CEP décrié qui ne saurait organiser des élections crédibles. Le renvoi donc du Conseil actuel est imminent car aucun compatriote ne saurait cautionner cette (SELECTION) qui ne fera qu'apporter une seconde brèche à notre jeune démocratie.




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Evelyne B CHERON Marie Florence Noel


Coordonnatrice Nationale Secrétaire



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Marie France Nelson Margarette GEORGES


Conseillère Coordonatrice Départementale du Nord




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Armide SAINT –FORT Nicole FAYO


Coordonnatrice Départementale Coordonnatrice Départementale du Sud Est

du Centre




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Thérèse PACAUD


Coordonatrice Départementale de la Grand'Anse


Reconstruction d’Haïti : A quand les Réformes structurelles?

"La vraie reconstruction passe par des réformes en profondeur pour restaurer la confiance, encourager les investisseurs et mettre le peuple au travail. Il faut finir avec cette approche d'un Etat paternaliste qui en refusant de créer le cadre approprié pour le développement des entreprises mendie des millions pour pouvoir agir dans des domaines qui ne le regardent pas." Cyrus Sibert

http://reseaucitadelle.blogspot.com/2010/06/reconstruction-dhaiti-quand-les.html

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vendredi 11 juin 2010

Reconstruction d'Haïti : A quand les Réformes structurelles?

Reconstruction d'Haïti : A quand les Réformes structurelles?



Par : Cyrus Sibert, souvenirfm@yahoo.fr
Le Ré.Cit.- Réseau Citadelle, Cap-Haïtien, Haïti.
www.reseaucitadelle.blogspot.com



Ce mercredi 02 juin 2010 est lancée à Punta Cana, en République Dominicaine, une réunion internationale avec comme toile de fond : Sommet Mondial pour l'Avenir d'Haiti. On y parle de reconstruction et de collecte de fonds.



Le samedi 22 mai 2010 nous avions été invités à un débat sur Haïti. Au menu les sempiternels Plans de reconstruction d'Haiti. Des plans, pour justifier des dépenses qui, logiquement, seront présentées à des bailleurs internationaux. Depuis le 12 janvier 2010, on ne parle que de cela. Une multitude de plans, avec des sommes pharamineuses en termes de dépenses sans savoir d'où viendra l'argent. Nous supposons qu'ils sont nombreux ceux qui se positionnent en vue de faire une fortune « bien méritée ». En conséquence, on aime les plans, une démarche qui est synonyme de dépense, donc d'opportunité d'enrichissement. Dans cet objectif, on se remet au bon vouloir de la communauté internationale ; on a même voté une «loi indécente » pour prouver notre flexibilité : « Faites venir les milliards, le temps presse ».



Surprise, la communauté internationale a d'autres crises à gérer : l'effondrement de l'économie de la Grèce peut-être demain le Portugal et l'Espagne, le volcan dans le Nord de l'Europe, la marée noire dans le golfe du Mexique, les inondations et raz-de-marée en Europe. La communauté internationale peut ainsi justifier les retards dans le traitement du dossier d'Haïti. La petite nation pauvre de l'Amérique devra attendre. Jusqu'ici, seulement deux (2) pays ont respecté leur promesse de don et contribué pour la reconstruction d'Haïti. On se demande s'il ne serait pas mieux de compter sur des actions au niveau national, et plus réaliste de parler de REFORMES POUR LA RECONSTRUCTION D'HAITI ?



Nous disons réformes parce qu'en fait les plans de dépenses ne touchent pas les points essentiels qui constituent une barrière aux investissements directs donc au développement économique d'Haïti. La corruption du système judiciaire et le non-respect du droit de propriété ne donnent aucune garantie à ceux de la diaspora et aux étrangers qui malgré leur amour pour notre pays – Haïti n'arrivent pas à investir ou à s'intégrer dans un processus de création de richesse. La corruption administrative qui paralyse la création, le fonctionnement et le développement des entreprises, les barrières douanières et les contraintes fiscales contre-productives sont des problèmes que nous pouvons résoudre sans conférence internationale des bailleurs ni Représentant Spécial du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies. La concentration des forces de police dans le département de l'Ouest en abandonnant les sections communales n'offre aucune garantie aux investisseurs du secteur agricole. Une mauvaise couverture policière du territoire national et un système carcéral troué, en un mot, une chaine pénale plus favorable aux bandits qu'aux investisseurs et aux travailleurs découragent tout projet d'investissement en Haïti. Le fait par l'Etat d'adopter une politique qui consiste à protéger des monopoles tue la libre concurrence des entreprises et constitue un élément de plus qui dissuade les investisseurs potentiels.



De tous les plans de reconstruction, il n'y a pas beaucoup sur ces éléments fondamentaux. On parle rarement du droit de propriété. Les planificateurs constructivistes passent tout leur temps à parler de milliards de dollars sans mettre l'accent sur les réformes de base qui permettront à Haïti de décoller pour de bon.



C'est dans ce contexte qu'on fait campagne, en vue de sensibiliser les bailleurs de fonds pour qu'ils puissent, encore une fois, allouer leurs millions de dollars à Haïti. Avec la certitude que ces fonds ne seront d'aucune utilité pour la reconstruction, ces derniers trouveront toutes sortes d'excuses pour ne pas respecter leur promesse. Car, l'argent que nous sollicitons n'est pas le fruit du hasard, mais le résultat des réformes qu'ils ont eux-mêmes appliquées dans leur pays, le fruit de dur labeur de leurs contribuables.



Il est temps de penser à attaquer les vrais problèmes qui nous enfoncent dans la misère et l'instabilité.



Le week-end dernier, nous avons parlé à un ami. Un agriculteur qui a fait fortune dans la production des vivres et légumes dans la commune de Pilate. Aujourd'hui, il vit au Cap-Haitien. Il a partagé avec nous ses tristesses de voir qu'il n'arrive pas à investir dans ses terres. L'insécurité et le non respect de la propriété l'ont obligé à abandonner l'agriculture. Inutile d'investir, car vous n'avez aucune garantie sur la récolte. Impossible de faire l'élevage, vu que les voleurs emporteront le cheptel sans difficulté. Dans le temps, l'agriculture lui rapportait environ 50,000 dollars US l'an. Il payait les études de ses enfants en Amérique du Nord à partir du revenu de ses terres. Aujourd'hui, il est obligé de garder une épicerie au Cap-Haitien dans l'espoir que cela changera. Par amour pour son pays, il refuse de l'abandonner comme le veulent ses enfants. Il souhaite pouvoir recommencer.



Car, nous dit-il, dans un champ de plusieurs centaines d'hectares de terre, il suffit de planter du « Gombo ou calalou », une sorte de légume, à partir de 3 mois, vous pourrez récolter gros. Durant la saison de récolte, chaque trois (3) jours la plante offre des produits pour la vente et cela, durant plusieurs années. On peut mettre dans le même espace des tomates, et d'autres plantes maraichères : son jardin était une véritable source de produits et de revenus. Il pouvait embaucher des dizaines de travailleurs agricoles qui eux aussi trouvaient de quoi manger et avaient un salaire.



Cet investisseur du secteur agricole veut du concret. Il n'attend pas les milliards des bailleurs de fonds. Pour lui reconstruction est synonyme de décisions des gouvernants pour garantir ses droits et faciliter ses investissements.



La vraie reconstruction passe par des réformes en profondeur pour restaurer la confiance, encourager les investisseurs et mettre le peuple au travail. Il faut finir avec cette approche d'un Etat paternaliste qui en refusant de créer le cadre approprié pour le développement des entreprises mendie des millions pour pouvoir agir dans des domaines qui ne le regardent pas.



« Réformer pour la reconstruction d'Haïti » est la seule décision réaliste. La société civile et la communauté internationale doivent faire pression en ce sens. C'est triste que la MINSUTAH, organe de la politique internationale face à Haïti, n'ait exercé aucune pression durant les cinq (5) dernières années pour des réformes structurelles en Haïti. Les diplomates se sont contentés à cautionner le statu quo dans l'espoir qu'ils pourront continuer à faire fortune au soleil de la Caraïbe. Ils n'ont même pas eu la décence de protester quand les dirigeants nageaient à contre courant des normes qui guident la croissance économique et les règles du droit. L'élan de solidarité en faveur d'Haïti après le 12 janvier 2010, démontre que s'il y avait un cadre institutionnel viable, des investissements viendraient de partout. Car, ils étaient nombreux ceux qui ont manifesté sans équivoque un attachement et une sympathie au sort désespéré des Haïtiens. Pourtant les réformes que nos dirigeants fuient ou rejettent dans le but de protéger les privilèges monopolistiques constituent le seul moyen qui nous permettra de développer les potentialités naturelles d'Haïti.



Cessons d'embarrasser les investisseurs, réformons l'Etat, attaquons les vrais problèmes : réformes dans les domaines suivants : la justice, la sécurité, le respect du droit de propriété, l'accès au crédit, les barrières au niveau de la douane et le dysfonctionnement de l'administration publique, la complicité de l'Etat dans la concurrence. Tel est le sens moral ou la priorité pour la reconstruction d'Haïti.



RÉSEAU CITADELLE (Ré.Cit.), texte produit le 25 mai 2010, modifié et Republié le 02 juin 2010, 17 hres 11.

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Haïti six mois plus tard: une journaliste lance un S.O.S.

Publié le 12 juillet 2010 à 05h00 | Mis à jour à 05h00

Haïti six mois plus tard: une journaliste lance un S.O.S.

Daphnée Dion-Viens
Le Soleil

(Québec) Journaliste haïtienne engagée, Nancy Roc a travaillé comme correspondante à Port-au-Prince pour différents médias comme CNN, la BBC, CBC et TV5. Menacée de mort en 2005, elle a dû s'exiler et vit maintenant à Montréal où elle continue d'animer l'émission Métropolis, diffusée sur les ondes de Radio-Métropole à Port-au-Prince. Six mois après le tremblement de terre, Mme Roc lance un cri d'alarme.

Q Quels sont les principaux défis auxquels est confronté Haïti présentement?

R Il n'y a pas de place pour reconstruire. Haïti n'a ni l'argent ni l'équipement pour nettoyer les rues des milliers de tonnes de gravats qui s'y trouvent toujours. Le président haïtien a dit qu'avec 1000 camions qui travaillent huit heures par jour, ça prendrait quatre ans pour déblayer la capitale. Or, aujourd'hui, on constate que non seulement il n'y a pas assez de camions, mais la population est très dense, donc c'est difficile de faire ce travail. La Croix-Rouge a estimé que le volume de débris est 25 fois supérieur au 11 septembre 2001 alors qu'il n'y a pas de machinerie lourde à Port-au-Prince. Il faut lancer un appel aux amis d'Haïti pour aider au déblaiement parce que sinon, ça va prendre énormément de temps. Tous les pays veulent reconstruire Haïti, mais il faut déblayer d'abord.

Q Est-ce que le mécontentement de la population est grandissant?

R Absolument. La grogne a commencé il y a environ deux mois. Il y a eu une trêve pendant la Coupe du monde de soccer - le football en Haïti, c'est sacré - parce que le gouvernement a installé des écrans géants dans les camps pour regarder les matchs, alors le peuple était content. Mais là, on va passer aux choses sérieuses. Les gens sont très inquiets, avec l'approche des ouragans et il y a les élections qui s'en viennent fin novembre. Maintenant, c'est non seulement l'opposition politique mais aussi la société civile qui va reprendre la mobilisation contre le gouvernement. Et lorsque la société civile se met en branle, c'est une autre affaire.

Q Qu'est-ce qu'on reproche au gouvernement du président René Préval?

R La situation se corse du point de vue politique. Le pays a besoin d'un président qui respecte les citoyens et qui les écoute. Or, M. Préval a récemment renforcé son pouvoir et n'écoute pas les appels à la concertation. L'opposition et les partis politiques réclamaient par exemple la démission des membres du Conseil électoral provisoire (CEP) qui sont corrompus et totalement soumis au chef de l'État. Mais pendant la Coupe du monde, René Préval en a plutôt profité pour confirmer les membres du CEP. Il a dit que rien ne lui fera changer d'avis. C'est ce qui a allumé la mèche. La société civile, dans une déclaration conjointe publiée ce jeudi, reproche au président d'aller jusqu'à sacrifier les institutions nationales aux intérêts politiques et économiques d'un petit groupe et de faire preuve d'indifférence envers la population.

Q Au lendemain du séisme, plusieurs observateurs ont souligné l'importance de reconstruire Haïti sur de nouvelles bases. Est-on en train de manquer le virage?

R Absolument. Nous pensions tous que le séisme aurait permis de créer un sursaut de la conscience nationale, mais ce n'est pas ce que nous avons constaté. Nous revenons aux jérémiades politiques et le chef de l'État veut tout pour lui tout seul. Haïti ne peut pas faire face seul aux conséquences de ce séisme alors ce n'est pas M. Préval seul qui peut y faire face. Pourquoi ne pas aussi tendre la main à l'opposition et aux organisations de la société civile? Malheureusement, M. Préval démontre encore qu'il n'a pas changé. Vu l'importance de la crise humanitaire en Haïti, je pense que les Haïtiens ne l'accepteront pas.

Q Quel est le degré de responsabilité de la communauté internationale dans la grogne actuelle?

R Les gens ne comprennent pas pourquoi toute cette mobilisation, tous ces efforts internationaux en faveur d'Haïti n'aboutissent pas sur le terrain. Comme l'a déclaré récemment le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, le peuple haïtien ne peut pas se nourrir de promesses. Pour l'instant, tout reste au stade de promesses. On attend toujours. On dit que la communauté internationale attend le résultat des élections pour débloquer les fonds. Mais le prochain gouvernement sera en place en janvier, on ne peut pas se permettre d'attendre. La frustration est en train de bouillir, les gens ne voient pas d'amélioration de leurs conditions et on ne sait pas à quoi ça peut mener. On risque de se diriger vers une crise politique qui pourrait se greffer à une crise humanitaire. On est vraiment sur une chaudière, comme on dit chez nous. Si on attend le résultat des élections pour agir, ça va péter.

Séisme en Haïti: entre frustrations et espoirs, les sinistrés livrés à eux-mêmes

HAITI - 
Article publié le : dimanche 11 juillet 2010 - Dernière modification le : lundi 12 juillet 2010

Séisme en Haïti: entre frustrations et espoirs, les sinistrés livrés à eux-mêmes

Il reste un million et demi de sans-abri depuis le séisme survenu à Port-au-Prince le 12 janvier 2010.
Il reste un million et demi de sans-abri depuis le séisme survenu à Port-au-Prince le 12 janvier 2010.
Reuters/St Felix Eves
Par Amélie Baron

Six mois ont passé depuis le séisme du 12 janvier 2010. Le bilan humain (plus de 250 000 morts et 300 000 blessés) est le plus lourd de toutes les catastrophes naturelles de l'histoire. Et le quotidien des habitants de la capitale haïtienne est encore rythmé par l'urgence humanitaire.

De notre correspondante permanente en Haïti,

Retendre les bâches plastiques tombées au cours de la nuit, consolider l'abri avec quelques planches de bois et une tôle. Quotidiennement, ces mêmes scènes se répètent dans chaque camp de sinistrés de Port-au-Prince. Six mois après le séisme dévastateur, les places publiques de la capitale haïtienne accueillent toujours ceux qui ont tout perdu le 12 janvier. Et malgré toute l'aide humanitaire arrivée en Haïti, les conditions de vie y sont toujours aussi précaires.

Un million et demi de sans-abri. Les chiffres et statistiques des organisations internationales peinent à retranscrire la dure réalité du pays. Depuis six mois, Luckson Pierre se lève, se lave, se nourrit et se rendort sur la place Boyer de Pétion ville, dans les hauteurs de Port-au-Prince. Ce jeune étudiant de 21 ans s'est construit son abri de fortune avec une bâche plastique qu'il a pu obtenir d'une ONG, avec des planches de bois récupérées dans les décombres de bâtiments effondrés. Un calendrier comme unique décoration dans sa petite construction, Luckson a du mal à se faire à sa nouvelle vie : « Avec la saison des pluies, les nuits sont de plus en plus pénibles. J'ai bien posé des cartons au sol pour éviter de tremper mon matelas mais ça ne suffit pas : la bâche plastique est très abîmée et commence à se déchirer. »

Désespoir des jeunes

Les jours passent et ses espoirs de dormir dans un logement décent s'amenuisent. Plus qu'une maison, trouver un travail est devenu sa priorité. Fin mars, le Programme alimentaire a mis fin aux distributions massives de nourriture pour concentrer ses efforts sur les populations fragiles, les femmes enceintes, les enfants de moins de 5 ans et les personnes blessées. Une sélection nécessaire pour ne pas pénaliser l'agriculture nationale mais qui exclut tous les jeunes hommes sans famille à charge comme Luckson.

Sur ce qui fut le prestigieux terrain de golf de la capitale haïtienne vivent désormais 60 000 personnes. Parmi eux, Maricia, 23 ans, tente chaque jour d'intégrer un programme « argent contre travail » géré par les ONG. « J'aimerai avoir un boulot, un vrai pour satisfaire mes besoins premiers : avoir des vêtements, répondre aux besoins de mon ventre, c'est tout. Ici ça fait belle lurette qu'on ne nous a plus donné de nourriture sur le terrain », dit-elle. Mais les offres sont insuffisantes pour répondre aux nombreuses demandes. Aussi, Maricia essaie-t-elle de gagner quelques gourdes en vendant des boissons glacées à ses nouveaux voisins.

Ces petits commerces informels permettent aux sinistrés de survivre sur leur lieu de vie. Dans les camps de Port-au-Prince, les coiffeurs, cireurs de chaussures, vendeurs de cartes téléphones sillonnent les allées de tentes.

La débrouille est devenue la norme de vie. Sinistré installé sur le terrain de golf du Pétion ville club, Jean Roquet Clervaux fait partie d'une association qui travaille au niveau sanitaire. Six mois à vivre sous la tente, il a du mal à contenir sa colère : « Nous sommes devenus des nomades livrés à nous-mêmes. On pensait qu'on allait rapidement construire des maisons, mais non. Du coup, nous sommes bien obligés de rester sur le golf. » Comme beaucoup, il a cru aux promesses des pays amis d'Haïti, aux sommes annoncées en grandes pompes après le sommet de New York le 31 mars. Mais l'argent n'a pas été débloqué : sur les 2,6 milliards de dollars promis et nécessaires pour l'année 2010, la Banque mondiale n'a pour l'heure reçu que 260 millions.

Des promesses non tenues

Reportage sur les inquiétudes des blessés du séisme
 
(01:15)
 
12/07/2010
par Amélie Baron
 
Très dur avec la communauté humanitaire, Jean Roquet Clervaux ne peut contenir un sourire las quand on l'interroge sur l'action du gouvernement : « Je n'attends rien de l'Etat haïtien, je me suis habitué à ne rien attendre d'eux. En revanche, les ONG, elles ont failli à leur mission : regardez toutes ces grossesses précoces, la délinquance juvénile qui augmente dans le camp. Ils n'ont pas aidé la jeunesse. Comment peut-on accepter ça ? ».

Les frustrations sont les mêmes dans chacun des quelque 1 342 camps de sinistrés recensés par l'ONU dans le pays. Malgré ce sentiment d'abandon, nulle révolte massive n'a encore vu le jour. La ferveur religieuse prend le dessus sur la colère : « nous avons survécu alors il faut faire des efforts pour continuer à vivre, explique Jean. On attend Dieu, seul Dieu peut nous sortir de cette situation… mais quand même, après six mois, nous ne pouvons rester dans cette situation, sous nos maisons en plastique ».

tags: Haïti - Tremblement de terre en Haïti

Haiti's New Normal: You Get Up, You Sit Back Down.

Haiti's New Normal: You Get Up, You Sit Back Down

Updated: 20 hours 48 minutes ago
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Emily Troutman Contributor

PORT-AU-PRINCE, Haiti (July 12) -- Along the fault line that caused this disaster in Haiti, there are now more than 1,300 camps. They are filled with 700,000 tarps and 100,000 tents. They are tied up alongside 8,000 cubic yards of rubble and 190,000 destroyed houses. There are 1.5 million people, including half a million children, in the streets.

But ask folks what they've been doing lately and there is only one answer: "Nou leve chak jou, epi nou chita." We get up every day, and we sit back down.

Life is like that, they say, six months after the Jan. 12 earthquake. What can we do?

Days start early. By 5:30 a.m., the sun has risen. By 6 a.m. tents and shacks are unbearably hot. There may be breakfast. Or there may not be.

People who are lucky enough to have a job or go to school head out into the streets to wait for tap-taps, the colorful and dilapidated shared taxis. The traffic begins to honk and crawl, heaving smog like a dragon, to settle against the sea.

By 6:30 a.m., the city is fully awake. Compas music plays from every radio. Women line up their mangoes. Everyone gets ready to sell something -- then everyone waits.

In Haiti, there is often the promise of commerce and no real commerce. The promise of money and no real money. But for most, there is neither. In the camps, people seek out a little bit of shade and go back to sleep.

Most of all, in Haiti, there has been the promise of change, and no change.

It could be 6:30 in the morning or 4 in the afternoon or 8 o'clock at night. It could be June or January or December. It could be 2010 or 2009 or 2012. What earthquake? It changed everything and nothing at all.

"What do I do when I'm not sitting? Please. I wait for my death," Lori says, with a snarl.

"I do a little laundry," Jeanette says. "I wait."

"I take my bread and put it here. And when no one buys it, I give it to the kids," Wislene says. "And I pray."

Just after the earthquake, when buildings and crushed cars still covered the roads, life was made simple -- if you were alive, you were lucky.

People spent the first weeks huddled together with their families, feeling the texture of the warm air like never before. The sun was bright and everyone thought, "I am alive and the sun is bright."

Each day was filled with ordinary tasks that suddenly became difficult and important. Water. Food. Family. There was intention. Everyone had hope and urgency and gratitude and purpose, not just for themselves, but also, for their country.

Then gas arrived and cars started moving. That familiar smog settled in. The radios laughed. Six months passed. Life moved on, as it must, and along the way, it's shown everyone -- in equal measure -- how a near-death experience can eventually feel distant.

Unfortunately, for Haiti and for Haitians, this might be what healing looks like. To be panicked, to be in constant mourning, to be confrontational ... these are also not solutions.

"What about your son?" I ask. "What does he do all day?"

"Him? He plays with the Chinese guys," says one father, speaking about the Filipino U.N. soldiers who sometimes guard the camp.

"And when you're not sitting? What do you do?"

"I don't know. I sometimes try to go find this boss I know and ask him if he can give me anything. He's a mechanic. But you know, you can't go to the same guy two days in a row."

The world has spent hundreds of millions in Haiti since the earthquake. It is sometimes said that change is a process, not an event. But sometimes it's hard to believe that change should be so expensive and so slow.

In the streets, there are obvious changes. Many of the buildings that were once a jagged cacophony of destruction were leveled or whittled away by men with sledgehammers until big blocks became smaller blocks and now, everywhere, rubble.

It sits in the streets, dragged out one bucketful at a time onto every corner and into every dead end. The rubble is a reminder of what lies within -- that memory, of something that once seemed bigger, now whittled away.

BULLETIN DE L'ISPAN No 14

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