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lundi 31 mai 2010

Calvaire d’une étudiante en quête d’un passeport.

Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés - GARR

69, Rue Christ-roi

Port-au-Prince, Haïti

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Haïti /Système Etat Civil/Témoignages d'une victime

 

Le calvaire d'une étudiante en quête d'un passeport

31 mai 2010

 

Agée d'une vingtaine d'années, Yonie Pierre, une jeune étudiante originaire de Jean-Rabel (Nord-Est) est l'une des nombreuses personnes à payer les frais du dysfonctionnement du système d'Etat civil haïtien. Victime à différents niveaux et en maintes occasions, elle raconte son calvaire.

 

« Mes péripéties ont commencé quand je devais entamer les procédures pour l'obtention d'un passeport car je compte poursuivre mes études à l'étranger ; je me suis rendue au bureau des Archives Nationales à Port-au-Prince pour un extrait des Archives. J'ai été étonnée d'apprendre que l'acte de naissance que j'utilisais pendant des années de scolarité, n'a jamais été enregistré, et par conséquent, je ne pouvais pas avoir un extrait de cet acte ».

 

Et l'étudiante de poursuivre : « Consternés, mes parents ont engagé un avocat pour un jugement et lui ont versé 10 000 gourdes. Peu de jours après, il nous a remis un extrait où le nom de ma mère avait changé. Mes parents ont dû encore débourser 10 000 gourdes pour un jugement rectificatif ».

 

Le calvaire de Yonie Pierre ne s'est pas arrêté là. Il lui restait à franchir la dernière étape, celle du passeport. En décembre 2009, elle a effectué le dépôt de ses pièces au Service de l'Immigration  et de l'Emigration.  Après plusieurs rendez-vous, elle a pu enfin obtenir fin mars 2010 son passeport qui comportait, hélàs, une erreur significative : le lieu de naissance indiqué n'était pas Jean-Rabel mais plutôt la ville de Jérémie dans la Grande-Anse.

 

Dans ses tentatives de faire corriger le passeport, l'étudiante s'est dirigée vers un responsable du Service de l'Immigration et de l'Emigration qui lui a proposé tout bonnement de recommencer la procédure en achetant à nouveau, un timbre de 1600 gourdes et formuler une seconde demande de passeport si elle souhaite obtenir le document dans peu de jours. A ce sujet, l'étudiante confie : « un racketteur m'a laissé entendre qu'il est prêt à faire corriger mon passeport dans 48 heures moyennant le paiement de 7500 gourdes ».

 

Depuis de longues années en Haïti, disposer d'un document d'Etat civil ou d'identification valide prend l'allure d'une course d'obstacles. Des organismes dont le GARR continuent d'alerter les responsables sur les injustices et violations de droits humains générées par l'actuel système d'Etat civil.

 

Il importe de rappeler qu'un grand nombre d'établissements d'enseignement supérieur ont été effondrés après le séisme et de jeunes Haïtiens/Haïtiennes se retrouvent devant l'urgente nécessité d'obtenir à temps un document de voyage permettant leur départ pour des études à l'étranger.

 

Les autorités en place doivent s'atteler à combattre les dysfonctionnements du système d'Etat civil et d'identification car ils fragilisent à la fois les droits à l'identité et à l'éducation des fils et filles du pays.

 

Lisane André
Responsable de la Section

Communication & Plaidoyer

GARR


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