POUR UN EMBARGO INTERNATIONAL SUR LES ARMES EN RÉPUBLIQUE DOMINICAINE
Texte de Cyrus Sibert
Le dernier rapport des Nations Unies accusant l'Armée et la Police de République Dominicaine vient démasquer Luis Abinader dans sa mise en scène de protecteur d'Haïti et sa folie de présider l'île entière. Cette distribution massive d'armes et de munitions à des groupes terroristes en Haïti soulève des questions graves sur la circulation des armes létales sur une île où deux États cohabitent pacifiquement.
Si l'embargo sur les armes imposé à Haïti n'a pas empêché les gangs terroristes de s'armer grâce à la complicité de l'État dominicain, ne faut-il pas l'élargir à l'île entière ? N'est-il pas venu le temps d'étendre le contrôle des armes à toute l'île ?
Deux faits sont établis :
1. La planification et la fuite des assassins du Président Jovenel Moïse ont transité par le territoire dominicain ;
2. Selon les rapports 2024-2026 du Groupe d'experts des Nations Unies, les armes, munitions et drones qui alimentent les gangs haïtiens proviennent de la République Dominicaine, y compris par détournement de stocks militaires dominicains marqués ERD — plus de 908 000 articles manquants selon un inventaire officiel.
Alors que l'État dominicain alimentait les gangs en armes et en munitions, la Chine bloquait les résolutions du Conseil de sécurité en faveur d'Haïti. Hasard, coïncidence ou action coordonnée ?
La question mérite d'être posée, car les faits sont têtus.
Durant les cinq dernières années, la Chine a fourni d'importants équipements militaires à l'armée et à la police dominicaines. Qu'est-ce qui peut justifier un tel programme accéléré de réarmement pour un pays situé entre un État désarmé — Haïti — et un territoire américain — Porto Rico ?
Le tout dans un contexte des plus inquiétants : la montée en puissance de groupes ultranationalistes dominicains qui ne cessent d'attiser la haine anti-haïtienne et de préparer l'opinion publique à l'idée même d'une extermination des Haïtiens qui occupent la partie ouest de l'île. À quoi jouent Pékin et Sainto-Domingo ?
Ce qui est clair, c'est que des milliers de civils innocents ont été massacrés en Haïti. Et pendant ce temps, la Chine a utilisé son droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU pour empêcher la communauté internationale de porter assistance à ces civils menacés.
Faut-il y voir une représaille diplomatique parce que l'État haïtien s'entête à reconnaître Taïwan au détriment de la Chine continentale ? Si c'est le cas, c'est le peuple haïtien qui paie le prix fort d'un jeu géopolitique qui le dépasse.
Aujourd'hui, l'État haïtien n'est plus que l'ombre de lui-même. En réalité, il s'agit d'un territoire gouverné par un gouvernement corrompu et contrôlé par des gangs terroristes à la solde d'oligarques mafieux qui capturent les deux États de l'île de Kiskeya. Les preuves de déstabilisation venues de la République Dominicaine sont évidentes. Les Haïtiens sont obligés de fuir, de se réfugier ailleurs, devenant ainsi plus vulnérables, plus exploitables.
Le slogan officiel des dirigeants dominicains "La solution d'Haïti n'est pas en République Dominicaine" relève d'une stratégie de diversion visant à détourner l'attention de la communauté internationale des causes structurelles de la crise. Dans le traitement du dossier migratoire, l'État dominicain occulte systématiquement les dimensions de traite humaine, de narcotrafic et de criminalité transnationale impliquant des réseaux au sein même de l'appareil d'État — politique, militaire et économique — pour réduire la question à un prétendu "risque d'invasion haïtienne".
En effet, le dernier rapport de l'ONU confirme ce que la société haïtienne dénonce depuis des années : les gangs opèrent comme sous-traitants de réseaux de contrebande qui s'enrichissent de l’exploitation et de la traite des deux peuples de l'île, sous couvert d'un discours ultranationaliste.
Ne sommes-nous pas face à un projet classique d'effacement de l'État haïtien dans le cadre d'un projet géopolitique occulte ? Ce faisant, la République Dominicaine déstabilise toute la région caribéenne.
Le rapport de l'ONU sur le ravitaillement des gangs terroristes haïtiens par des éléments de l'armée et de la police dominicaines est clair, précis et détaillé. Face à cela, il est indispensable d'imposer un embargo total sur les armes et les munitions à destination de l'île entière.
Les agissements des dirigeants dominicains méritent une enquête internationale approfondie et indépendante.
Je réitère donc ma demande : la création d'un Tribunal international sur les massacres en Haïti, afin d'enquêter sur les mises à mort de civils innocents et de juger les auteurs, co-auteurs et complices des deux côtés de l'île, où qu'ils se trouvent.
Cyrus Sibert, Journaliste
12 Octobre 2026
Suivez nous sur : #LeReCit @ReseauCitadelle
reseaucitadelle@yahoo.fr
Suivez nous : https://www.youtube.com/reseaucitadelle
https://twitter.com/reseaucitadelle

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire