Haïti-Justice : Et si Jean Saint-Fleur n'était pas inspecteur de police? Par : Cyrus Sibert, souvenirfm@yahoo.fr Le lundi 31 mai 2010, sur les ondes de Radio Vision 2000, l'opinion publique avait droit à une bataille médiatique entre le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Maitre Manès Louis et son supérieur hiérarchique Paul Denis, ministre de la justice. Il s'agissait d'analyser la libération de Jean Saint-Fleur, un inspecteur de la Police Nationale d'Haïti, emprisonné pour coups et blessures sur la personne de Eglanès JEAN, un pompiste de la capitale, et le bien-fondé de la révocation du Chef du Parquet pour insubordination. L'Officier de Police en question a été emprisonné durant environ un mois au pénitencier national. Finalement, il a bénéficié d'une décision de justice. Dans le jugement, il a été déclaré non coupable. Non content de la décision du juge, Maitre Manès Louis a interjeté appel. Un comportement, plutôt non-protocolaire, vu que le commissaire du gouvernement, aussi bien que l'officier de police relèvent tous les deux du Ministère de la Justice. En conséquence, l'appel devrait être une initiative du plaignant. Ce dernier a aussi le droit d'exiger des réparations pour les sévices corporels subis. Me Manès Louis a ainsi laissé apparaitre ses sentiments contre l'Officier de police. Il a tenté d'utiliser l'appel pour le punir, malgré un jugement affranchissant l'accusé hors des liens de la détention. Sa décision parait, pour le moins, intéressée. Dans la matinée du 31 mai, sur les ondes de Radio Vision 2000, le Commissaire du gouvernement avait utilisé tous les artifices procéduraux pour expliquer sa décision et justifier son acte de bouder une convocation du Doyen du Tribunal Civil qui comptait statuer sur la requête de l'avocat du détenu protestant contre la détention de son client. La liberté étant le principe, la détention l'exception, on ne saurait emprisonner une personne sans une décision de justice. Tandis que, dans l'après-midi du même jour, le ministre de la justice Paul Denis, à son tour, essayait de démontrer que le commissaire du gouvernement Manès Louis avait tort. En tentant de garder l'officier de police en prison, sous prétexte qu'il avait interjeté appel, tout en refusant de répondre à une convocation du Doyen du tribunal civil pour étudier la requête de la défense, Me Louis fait du dossier une affaire personnelle. Il a fait montre d'une volonté de punir l'Officier de police pour des raisons que nous ignorons. Une situation qui n'est pas nouvelle, car il y a toujours lutte entre la justice et la police. De plus, l'inspecteur Saint-Fleur est connu pour son comportement cavalier. Il avait bastonné un député en exercice. Le comportement de l'homme semble avoir donné ras le bol au Commissaire de Port-au-Prince. Toutefois, même dans notre contexte de confusion sur la démocratie, confusion qui tend à banaliser toute chose, à niveler par le bas et à affaiblir la société, un officier supérieur de la Police n'est pas n'importe qui. Généralement, c'est un personnage important qui, certes n'est pas au dessus des lois, mais quand même, un homme qui mérite un traitement particulier. L'emprisonner, pour un délit mineur, alors que normalement quand il n'y a pas « crime de sang » l'accusé peut toujours rester en liberté en attendant la sentence, est une mesure extrême qui montre que nos gouvernants n'ont pas encore saisi la dimension étatique de leur décision. Ils ont exposé un homme qui tous les jours prend des risques pour notre sécurité aux vendettas des criminels condamnés du Pénitencier National. Les préjugés et l'orgueil du Chef du Parquet ont ainsi primé sur le moral de l'unique force publique, sur la sécurité publique. Cette tendance exhibitionniste qui domine le parquet de Port-au-Prince depuis l'arrivée de Me Claudy Gassant affaiblit la justice haïtienne au point que certains observateurs parlent déjà de ''dictature du parquet'' : c'est une menace pour les libertés civiles. Face à cette situation, le simple citoyen se pose la question suivante : Et si Saint-Fleur n'était pas un inspecteur de police ? S'il était un simple citoyen anonyme comme moi, ignoré des membres du gouvernement, de la presse et de l'opinion publique ? Ce dossier nous rappelle l'effet contre productif des cas comme l'emprisonnement des responsables de services de renseignement en Haïti. Les Directeur de l'UCG (Unité Centrale de Gestion) Bureau étatique responsable du renseignement financier a été emprisonné à partir d'artifices du système juridico-légal, Michael Lucius en poste à la DCPJ (Direction Centrale de la Police Judiciaire), le service de renseignement de la PNH, a été persécuté par la justice. Aussi, devons nous renouveler la nécessité de la réforme de la justice. Dominé par les visions des régimes dictatoriaux qui se sont succédé, le système pénal haïtien porte trop sur l'emprisonnement ou la privation des libertés. Il laisse au Commissaire du gouvernement trop de marge de manœuvre sur la liberté des citoyens, il existe trop de possibilités pour garder illégalement un citoyen en prison. A partir des tractations de Me Manès Louis pour maintenir en détention l'inspecteur Jean Saint-Fleur, on peut facilement comprendre pourquoi les prisons haïtiennes sont ainsi remplies. Nous sommes sûrs que la moitié des détenus sont emprisonnés à partir des caprices du parquet. Si dans le cas du Commissaire Saint-Fleur, il y a tout l'air de règlement de compte pour une raison inconnue du grand public, dans d'autres cas, des magistrats du parquet utilisent ces tactiques pour remplir les prisons et faire fortune en termes de pots de vin pour la libération des détenus. Quand il n'y a rien chez le Magistrat, il y a un détenu à libérer en échange de quelques milliers de ''dollars américains''. Une pratique qui ressemble étrangement au kidnapping. Quel investisseu serait assez fou pour s'aventurer dans un pays, où sa liberté et ses biens ne dépendent que de l'humeur et/ou du bon vouloir d'un homme exhibitionniste et animé d'une intention de nuire qu'on appelle MAITRE ? Pourra-t-on reconstruire ou refonder Haïti sans investisseurs, donc sans emplois ? N'est-il pas urgent de réformer en profondeur le système judiciaire haïtien ? L'inspecteur Jean Saint-Fleur, pourrait-il jouir de sa liberté, s'il n'était pas un Haut-gradé de la Police? Si on interroge les faits, l'histoire de la justice haïtienne et les pratiques procédurales en cours, la réponse ne se fait pas attendre. RÉSEAU CITADELLE (Ré.Cit.), le 08 Juin 2010, 16hres 23. |
mardi 8 juin 2010
Haïti-Justice : Et si Jean Saint-Fleur n’était pas inspecteur de police?
Lavalas attaque frontalement René Préval.
Une tendance radicale d'une aile du parti de Jean-Bertrand Aristide incarnée par Dr Maryse Narcissse et René Civil qui ont joint leurs voix lundi pour le départ anticipé du chef de l'Etat et la remise à l'heure des pendules lundi 7 juin 2010, La représentante officielle de l'ex-Président Jean-Bertrand Aristide, Dr Maryse Narcisse, et le chef d'OP René Civil ont demandé lundi au nom de Fanmi Lavalas la démission immédiate du Président René Préval et l'organisation d'élections anticipées en vue de la normalisation de la situation du pays. |
Lawyer for Douglas Perlitz visits scene of crime - does not care about truth.
OPEN LETTER June 8, 2010 William F. Dow III Attorney at Law 350 Orange Street New Haven, Connecticut 06511 This message is being delivered to the Mont Joli Hotel in Cap Haitien, Haiti where Mr. Dow is staying this week. Dear Mr. Dow, I hope you are treating the Cap Haitien community with honor and respect. You are walking on holy ground, Mr. Dow. After all, it is the community's children who were raped and sodomized by your client, Douglas Perlitz. The Cap Haitien community knows full well that you are not there to assist and comfort the boys who were sexually abused by Perlitz at Project Pierre Toussaint. The community knows full well that you are not there seeking justice for the terrible harms and injuries that were inflicted upon the boys as a result of their abuse by Perlitz. The community knows full well that your only goal is to ever so subtly intimidate witnesses and disparage those who are supporting and believing the 24 children who have reported to Haitian and U.S authorities that they were sexually abused by Perlitz. The Cap Haitien community knows full well that you do not care about the truth and in so doing, you are making it very clear to the community that you do not care about them either. Sincerely, Paul Kendrick Freeport, Maine |
Bulletin météo du mardi 08 juin 2010.
Valable jusqu'au 10 juin 2010 Situation synoptique dans la Caraïbe et sur l'Atlantique Un faible creux en surface est localisé au nord d'Haïti ce matin. On retrouve également un amas orageux assez structuré juste au nord de la République Dominicaine qui pourrait affecter la région nord du pays cet après-midi et ce soir. Les activités convectives se répètent mercredi en après-midi et en début de soirée. Prévisions pour Haïti - Temps partiellement nuageux ce matin; - Nuageux à couvert en après-midi et en soirée ; - Températures peu supportables en journée mais plus clémentes en soirée ; - Averses de pluie modérée à forte et orages isolés prévus notamment sur les reliefs des départements du nord-ouest, du nord, du nord-est, de l'artibonite, du centre et de l'ouest. Prévisions pour Port-au-Prince et environs · Partiellement nuageux ce matin; · Périodes nuageuses en pm ; · Tº. max. : 35 ºC ; Tº min: 23ºC ; · Pluie sectorielle et orages isolés prévus ce soir notamment sur les hauteurs. Avis Le CNM de concert avec le SPGRD et la DPC demande particulièrement aux habitants des zones à risques d'inondations, d'éboulements et de glissements de terrain de rester vigilants et d'appliquer scrupuleusement toutes les consignes pratiques de sécurité lors de ces averses orageuses. Lever & coucher du soleil pour Port-au-Prince Aujourd'hui 08 Juin. Lever : 05h 12mn Coucher : 06h 25 mn Mercredi 09 Juin. Lever : 05h 12 mn Coucher : 06h 25 mn Jeudi 10 Juin. Lever : 05h 12 mn Coucher : 06h 26 mn Jacquet Jackson, Prévisionniste au CNM Bulletin météo marine du mardi 08 juin 2010 Valable jusqu'au 09 juin 2010 Prévisions maritimes: Zone côtière nord : Mardi & mercredi * Vent du secteur sud-est : 10-15 nœuds ; * Hauteur des vagues: 3 à 4 pieds ; * Pluie et orages sur le littoral et au large ; * Mer plus ou moins agitée, mais agitée lors des orages ; * Il est demandé aux voiliers de ne pas s'aventurer en haute mer. Golfe de la Gonâve : Mardi & mercredi * Vent du secteur est sud-est : 15-20 nœuds ; * Hauteur des vagues : 4 à 7 pieds ; * Mer plus ou moins agitée. Zone côtière sud: Mardi & mercredi * Vent du secteur est sud-est :15-20 nœuds ; * Hauteur des vagues : 4 à 6 pieds aujourd'hui, mais allant de : 6 à 8 pieds demain ; * Mer plus ou moins agitée. Jacquet Jackson, Prévisionniste au CNM |
Pétition pour un Gouvernement de Sauvetage National.
Soutien à l'appel des patriotes réclamant la formation d'un Gouvernement de Sauvetage National.
Chers compatriotes, Le peuple haïtien a applaudi, en 1986, la chute d'une dictature de trente ans dans une atmosphère enthousiaste. Il a chanté la liberté, il a rêvé le changement. Mais, depuis, la dégradation de la situation s'est poursuivie ; l'affaissement de l'Etat s'est accéléré ; le pays s'est enfoncé dans une régression économique alarmante ; les valeurs patriotiques se sont effritées ; la corruption et la médiocrité des responsables de la gestion du pays ont terni l'image de la nation. En résumé, Haïti a accentué son sous-développement. Il a fallu la gestion désespérante de l'après-séisme du 12 janvier pour que toutes les couches de la population dénoncent avec force les carences de la gestion de l'Etat prédateur. En tant que citoyens d'un pays dans la détresse, nous sommes sensibles à l'élan de solidarité qui s'est rapidement manifesté en faveur de notre pays sinistré. En tant que patriotes, nous ne pouvons nous empêcher de nous rappeler les interventions malheureuses de ceux des Etats qui ont soutenu la fraude lors des élections présidentielles de 2006. Ils ont appuyé les ambitions d'un pays candidat au statut de membre influent sur la scène internationale, faisant ainsi perdre à Haïti une occasion démocratique de redressement. Le récent séisme aurait dû permettre aux détenteurs du pouvoir de se racheter en modifiant la politique de descente aux enfers ; mais, il est plus aisé d'être corrompu et corrupteur que d'être visionnaire. Le moment est venu pour tous les Haïtiens qui ont à cœur de changer le cours des choses de nouer le dialogue pour mettre en commun leurs moyens en vue de prendre des initiatives pour la survie de la nation et pour l'honneur de notre peuple. Les patriotes conscients doivent se surpasser pour mettre de côté leurs vanités, leurs frustrations et leurs petites ambitions. La situation actuelle exige un langage de vérité et de responsabilité. Lassés de tant de mystifications, de tartufferies, de palinodies, de petitesses, nous ne faisons confiance qu'aux valeurs sûres, au sérieux et à la compétence. Aussi, souscrivons-nous à l'appel lancé par des patriotes de l'intérieur appelant à la formation d'un Gouvernement Provisoire de Sauvetage National sous la présidence de Leslie MANIGAT, après la déchéance du fantôme de gouvernement actuel. Si notre pays présente aujourd'hui une image particulièrement négative, c'est qu'il s'est identifié, au fil des dernières décennies, à la médiocrité, à la corruption, à l'insécurité, en un mot, à la politique du pire. Il revient donc aux patriotes conséquents de prendre des initiatives pour réidentifier le pays et lui redonner son âme. Les patriotes sont en deuil, en deuil de leur nation. Il leur incombe de la ressusciter en faisant que pour une fois l'ambition mesquine, le froid calcul, l'esprit de corruption laissent place à des sentiments qui permettent de décliner la passion pour le pays et la foi en son avenir sur un mode élevé. Les premiers signataires : Pierre CAUVIN (Paris), Raymond DELERME (Paris), Jean METELLUS (Paris), Hermann JEAN (Paris/Nice), Bernard EUGENE (Paris), Joseph ST-FLEUR (Lille), Raynold A. JEAN (Dieppe/Envermeu). Suivent : Eddy ALERTE (Paris), André BAZILE fils (Paris), Raoul BENECHE (Paris), France CHAMPAGNE (Paris), Jean Hector CHARLES dit Boule (Paris), Jean-Marie CHAVANNES (Paris), Faniel COULANGES (Paris), Joseph Bélus DIEUDONNE (Paris), Faustin GILLES (Paris), Duhamel JOSEPH (Paris), Arnold LECONTE (Paris), Frantz LOUIS (Paris), Robert PIERRE (Paris). La liste des signataires est ouverte. |
LA SOCIETE CIVILE DANS LA MISE EN OEUVRE DU PSSN (PLAN STRATEGIQUE POUR LE SAUVETAGE NATIONAL). By Rosny Desroches.
ROLE DE LA SOCIETE CIVILE DANS LA MISE EN OEUVRE DU PLAN STRATEGIQUE POUR LE SAUVETAGE NATIONAL. COMMUNICATION PRESENTEE PAR ROSNY DESROCHES A NEW-YORK LE 16 MAI 2010. Je remercie les organisateurs de la conférence de ce soir de l'occasion qu'ils m'offrent, de m'entretenir avec les leaders haïtiens de New-York autour du Plan Stratégique de Sauvetage National(PSSN). C'est pour moi un plaisir d'être associé à ce Plan dont les orientations fondamentales correspondent à mes convictions profondes. Il est vrai que des circonstances indépendantes de ma volonté ne m'ont pas permis d'être présent à la Conférence inaugurale de St Domingue au cours de laquelle, l'élaboration de ce plan a été décidée, toutefois, je me réjouis de pouvoir participer à sa promotion, comme je l'ai fait à l'occasion de sa récente présentation à Port-au-Prince. D'entrée de jeu, je voudrais souligner les qualités majeures que je reconnais à ce plan. Son premier mérite, c'est d'être bien équilibré. En effet, il présente un excellent équilibre entre l'économique et le social. Il accorde une place je dirais égale au « Progrès » et à l' « Humanisme ». Du côté du social, il accorde une grande attention aux préoccupations relatives aux Droits de l'homme, à l'équité de genre, à la démocratie, au système de sécurité sociale, á la lutte contre la pauvreté et l'exclusion, à la scolarisation universelle. Dans ce plan, 20% du budget national sont consacrés à l'éducation. Sur le plan économique, la question de la croissance économique est centrale. A côté de l'agriculture, le développement de l'industrie, du tourisme et du secteur de la construction est envisagé avec le plus grand sérieux. Autre point important qu'on trouve rarement ou sinon jamais dans les plans élaborés pour Haïti, c'est la proposition de travailler à l'intégration des différents secteurs de l'économie, afin de développer un véritable appareil de production nationale. Avec aussi beaucoup de courage et de réalisme, le Plan aborde la question de la pression démographique qui peut constituer un frein au développement de l'économie nationale. Le second mérite que je voudrais souligner, c'est le caractère éminemment scientifique du travail. Il est réjouissant de constater que la rationalité commence à trouver sa place dans la politique haïtienne. Le développement du pays est envisagé selon trois hypothèses : l'une pessimiste, l'autre intermédiaire et la troisième optimiste. Pour chaque hypothèse, le taux de croissance et le niveau d'investissement sont calculés. Faut-il rappeler qu'il n'y a de science que du mesurable. L'hypothèse pessimiste d'une croissance de 2 à 3 % suppose un investissement de 36 milliards de dollars américains. L'hypothèse intermédiaire d'une croissance de 3 à 5 % suppose un investissement de 50 milliards. Enfin l'hypothèse de 4 à 7 % demande un investissement de 100 milliards. A propos de science, rappelons que le Plan insiste beaucoup sur le développement de la recherche à l'Université. Parmi les qualités du Plan, il ya lieu de signaler qu'au niveau politique, il prévoit une sérieuse réforme de l'Etat. D'abord la décentralisation y occupe une place importante. Il prévoit la mise sur pieds de comités locaux pour des questions aussi importantes que la sécurité, l'éducation, la santé. L'Administration publique elle aussi sera modernisée pour devenir à la fois plus efficace et plus efficiente, grâce au développement d'une culture de résultats. Les grandes orientations du Plan sont présentées sous la forme de politiques publiques et non de simples programmes. De plus pour chaque politique publique sectorielle présentée, les lois qui devront traduire et accompagner la mise en œuvre de ces politiques sont indiquées. Si bien que tout Gouvernement qui s'aviserait de mettre en œuvre ce plan, aurait déjà une indication claire de l'Agenda législatif à préparer et à soumettre au Parlement. Il est question aussi de diplomatie économique, une diplomatie qui aurait aussi pour fonction de promouvoir les produits du pays et d'aller à la conquête de parts de marché pour l'exportation nationale. Il serait fastidieux de signaler toutes les qualités du PSSN, je voudrais toutefois en signaler une dernière que j'apprécie particulièrement, c'est l'importance accordée au financement du développement. C'est en ce sens que je disais récemment qu'il était révolutionnaire. En effet, trop souvent nos hommes politiques haïtiens, se contentent de faire de belles promesses, de faire du « voye monte » sans se donner la peine de calculer le coût de leur programme et encore moins de se soucier de son financement. Le PSSN nous propose au contraire un véritable montage financier pour le développement économique du pays. Il est prévu la création d'une Banque de Développement, un grand emprunt national, la mobilisation de Fonds éthiques et solidaires, la création d'une « City » à Port-au-Prince et d'un Fonds Souverain. Nous entrons dans une véritable modernisation de l'économie et de la finance de notre pays. Un Plan qui présente tant de qualités, mérite bien d'être mis en œuvre. Alors la question qui se pose et que je traiterai dans cette seconde partie, est la suivante : « Qu'est-ce qu'il faut pour cette mise en œuvre ? » Je signalerai ici quatre conditions : En tout premier lieu, un dialogue et un travail d'harmonisation. Il existe aujourd'hui, deux documents qu'on ne peut ignorer. Il s'agit d'une part, du PARDN, le Plan d'Action pour la reconstruction et le Développement National que le Gouvernement a présenté le 31 Mars dernier au siège des Nations Unies à New-York et de l'autre, de la Vision et de la Feuille de Route du Secteur Privé des Affaires. Le Plan du Gouvernement élaboré par une pléiade d'experts nationaux et internationaux, sur un horizon de 20 ans, et qui présente quatre grands chantiers pour la reconstruction d'Haïti : la refondation territoriale, la refondation sociale, la refondation économique, la refondation institutionnelle, constitue la base sur laquelle la Communauté Internationale s'est engagée pour un montant de 5 milliards de dollars sur 2 ans pour la reconstruction du pays. L'international est aujourd'hui plus que jamais un interlocuteur incontournable. Il importe donc de faire un examen critique du PARDN à la lumière des orientations du PSSN afin d'identifier les points de convergence et de divergence, éventuellement les lacunes respectives, ne serait-ce que pour revoir avec la communauté internationale l'ordre des priorités d'un Plan à mettre véritablement en œuvre. Le Document préparé par le Forum du Secteur Privé et qui a bénéficié des études de deux firmes internationales, OTF, (On The Frontiers) et Dalberg Global Development Advisors et des travaux du Groupe de Travail sur la Compétitivité (GTC) présente non seulement les secteurs susceptibles de dynamiser l'économie haïtienne, du point de vue á la fois de la croissance et de la création d'emplois mais aussi les quatre pôles géographiques de développement ainsi qu'un calendrier de mise e œuvre. Le secteur privé des affaires constitue lui aussi un acteur incontournable et est appelé à jouer un véritable rôle de moteur pour le développement d'Haïti. D'où la nécessité de revisiter le PSSN a la lumière de ces deux importants documents pour des ajustements éventuels. L'Initiative de la Société Civile s'intéresse à une telle démarche et c'est certainement un domaine où la société civile peut apporter une contribution appréciable. La seconde démarche à entreprendre par les concepteurs et les promoteurs du Plan, c'est de travailler à l'appropriation du PSSN par les différents secteurs de la société haïtienne. Je sais qu'il y a déjà un projet dans ce sens et que des déplacements sont prévus dans les 10 départements géographiques. Toutefois, je voudrais insister sur le fait que cette démarche ne doit pas rester à un niveau superficiel. En effet, l'appropriation par la population haïtienne d'un projet de modernisation sociale, économique et politique d'Haïti, suppose une rupture d'avec une vision et un discours qui ont été dominants depuis la fin des années 80. Cette vision était caractérisée par un refus de l intégration économique d'Haïti dans le monde et envisageait un développement endogène, un développement en autarcie. Le slogan de cette vision est « Grès kochon kap kuit kochon ». C'est un refus systématique de la globalisation. Il est vrai que la globalisation peut présenter certains dangers pour de petits pays faibles comme Haïti. Mais elle peut aussi présenter des avantages et des opportunités pour nous, á condition que nous sachions en profiter et que nous fassions l'effort nécessaire pour saisir ces opportunités et les tourner à notre profit. Cela demande du travail, de l'organisation et un esprit d'entreprise. Cette vision et ce discours dominant voyait Haïti comme une société essentiellement agraire où le maitre mot est la souveraineté alimentaire, avec une tendance à tuer dans l'œuf toute tentative d'industrialisation et où aucun effort n'est fait pour profiter sérieusement de la manne touristique qui se déverse sur la Caraïbe. La mise en œuvre d'un plan de modernisation suppose une insertion de l'économie haïtienne dans l'économie mondiale, une ouverture sur le progrès scientifique et technique, le développement d'une certaine compétitivité dans des secteurs porteurs, une étroite collaboration entre les entrepreneurs de tous les niveaux et les dirigeants politiques. On ne peut plus considérer l'investisseur, l'entrepreneur comme l'ennemi de la nation, ni le profit comme un sacrilège. En effet, il n'y a pas de recherche, d'innovation, d'investissement, sans profit, sans épargne et sans accumulation. Il n'y a pas de progrès sans profit, a condition bien sur que ce profit soit réalisé dans le respect des droits humains et des lois du pays et que sa réalisation s'accompagne d'une certaine responsabilité sociale de la part de l'entrepreneur. La société civile peut contribuer largement à développer et à propager une nouvelle vision plus moderne, plus ouverte sur le monde et en même temps soucieuse de l'intérêt général et du bien-être collectif. La troisième condition pour la mise en œuvre du PSSN, c'est qu'il se transforme en un projet politique. Il faut d'abord affirmer qu'une partie importante de la société civile haïtienne aspire fortement à une modernisation de la vie sociale, politique et économique du pays et souhaite sortir du populisme qui a dominé la vie politique haïtienne depuis une vingtaine d'années. Bien sûr, on peut comprendre que le populisme est une réaction face à la pauvreté et aux inégalités qui caractérisent notre pays. Mais la réponse du populisme qui consiste à instaurer un régime à la fois de laisser-aller, de laisser faire, voire d'anarchie, et de violence soi disant réparatrice, n'est pas la solution. La réponse adéquate réside plutôt dans la création d'emplois, de richesses, d'opportunités pour tous, dans l'instauration d'une fiscalité juste et rigoureuse qui permette à l'Etat de fournir des services de base, particulièrement l'éducation et la santé à l'ensemble de la population. La réponse adéquate c'est aussi l'instauration d'un Etat de Droit démocratique, où la vie publique est régie par la constitution et les lois, où il n'existe pas de discrimination devant la loi et où chaque citoyen a le droit de participer aux choix décisifs devant engager la nation. La société civile aspire á l'avènement de cette nouvelle Haïti. Pour réaliser cette aspiration, elle a besoin d'une représentation politique, d'un bras politique capable de mettre en œuvre un tel projet. Le PSSN contient les éléments essentiels non seulement pour sauver Haïti, mais pour la régénérer, la reconstruire. Il s'agit maintenant de créer autour d'un tel Plan, une grande force politique moderne, avec une base populaire forte et des compétences avérées. Les Haïtiens vivant à l'étranger ont une contribution majeure à apporter dans la constitution de cette grande force politique, en termes de compétences, de ressources humaines et matérielles et de savoir-faire politique. Avec les compétitions électorales qui s'en viennent, une nouvelle opportunité s'offre au peuple haïtien, de mettre en place cette grande force politique et de construire cette nouvelle Haïti. Il faut saisir cette opportunité. Merci. |