mardi 7 juillet 2009

Haïti-Tourisme : Possible de visiter les communes du Nord sans passer par Port-au-Prince.






Par Cyrus SibertRadio Souvenir FM, 106.1 : souvenirfm@yahoo.fr
Le Ré.Cit. (Réseau Citadelle) :
www.reseaucitadelle.blogspot.com
Cap-Haïtien, le 7 Juillet 2009

« Comment la route Cap-Ouanaminthe et la Globalisation font échec à l’esprit de Paroisse du Caciquat de Port-au-Prince. »

Depuis environ cinq (5) ans une nouvelle pratique se développe dans le Nord du pays. Des ressortissants haïtiens originaires des 5 départements du Grand Nord d’Haïti utilisent les services de transport de la République Dominicaine pour rentrer chez eux. Avec les violences à la capitale Port-au-Prince - opération Bagdad et kidnapping – sans compter les difficultés d’accueil à la sortie l’aéroport de Port-au-Prince pour des haïtiens de la diaspora qui n’ont plus aucun lien à Port-au-Prince, la souhait est de pouvoir atteindre son village natal directement et en toute sécurité. Le moyen le plus sur de le faire est de passer par la République Dominicaine, en empruntant un vol reliant l’Amérique du Nord à Puerto Plata la ville touristique du Nord-ouest, de dormir dans un hôtel à Santiago (2eme ville de la république voisine) ou à Dajabon (ville frontalière avec Ouanaminthe Nord-est d’Haiti), de prendre un bus le lendemain pour Cap-Haitien, la 2e ville d’Haiti. Dans la cité christophienne, un parent assure tranquillement la réception à la gare routière.

Ce circuit qui était plus difficile dans le temps est, depuis 2008, devenu une ballade sans stress. Car les dirigeants de la république voisine, ayant constaté le flux de ressortissants haïtiens en provenance de l’Amérique du Nord et de l’Europe, investissent sans retenue pour rendre plus confortable le trajet et créer des opportunités d’affaire. A Dajabon, il y a beaucoup de nids d’investissements pour accueillir les voyageurs en transit. Avec la nouvelle route Cap-Dajabon, construite grâce au financement de l’Union Européenne, la compagnie de transport CARIBETOURS offre un circuit Cap-Santiago aller/retour pour 50 dollars US, tous les jours, 2 fois par jour. Le point d’embarquement et de débarquement est à la rue 29 A, en face de Parc Vincent, la Place de Carénage, zone résidentielle abritant les plus grands hôtels de la ville du Cap-Haitien, le commissariat municipal, la Direction Départementale de la Police et le Quartier-General de la MINUSTAH. Dans un confort standard, le ressortissant haïtien traverse le département du Nord-est jusqu’à Puerto Plata évitant bousculades et toutes les péripéties administratives et douanières le long de la frontière. A Puerto Plata un taxi vous dépose à l’aéroport. Ce service est depuis quelques années opérationnel à l’aéroport de Santiago qui concurrence celui de Puerto Plata : le voyageur haïtien est ainsi libre dans de son choix, car il y trouve plusieurs compagnies pour aller où il voudra dans le monde à des prix abordables.

Au nom du FPN (Front Provincial Nord), nous encourageons les ressortissants du Grand Nord de Christophe qui aimeraient visiter leur ville natale à emprunter ce circuit. C’est un moyen de faire échec aux groupes monopolistes de la République de Port-au-Prince qui s’opposent au développement d’infrastructures donc à une décentralisation effective dans le Nord. Depuis plusieurs décennies, ces groupes d’hommes d’affaire sans créativité, représentant une source d’inertie, empêchent avec la complicité du pouvoir central, à la ville du Cap-Haitien d’avoir un aéroport international capable d’accueillir des avions d’importance. Ils font tout pour bloquer les initiatives en ce sens et trouvent toujours des arguments pour déconseiller les Chefs d’Etat et de Gouvernement de concrétiser ce rêve. Car, ils voient dans l’aéroport de Port-au-Prince une source de rentes à ne pas concurrencer, à protéger, au mépris des millions de résidents du Nord qui aspirent légitimement à un minimum d’autonomie.

Le développement du Grand Nord est économiquement viable et incontournable. La République Dominicaine est un allié sur qui compter pour pressurer les féodaux de la République de Port-au-Prince et libérer le Nord des idées primaires des hommes d’affaire et des bureaucrates de la Capitale qui ne jurent que par l’exclusion des villes de province. De bonne source nous savons qu’il y a un mouvement des investisseurs dominicains vers la frontière haïtianodominicaine. Des centres universitaires seront construits avec des programmes adaptés, à l’intention des étudiants haïtiens. Déjà, des jeunes du Nord-est et du Nord voyagent à Dajabon le week-end pour suivre des cours d’informatique, de langue, de laboratoire, de comptabilité, d’administration, de communication, etc. Les centres de formations construisent des programmes intensifs de vendredi à Dimanche permettant à des jeunes de la ville du Cap-Haitien et d’ailleurs de se déplacer et de suivre leur programme les week-ends. Des parents de plusieurs villes frontalières préfèrent envoyer leurs enfants à l’école en République voisine, à Dajabon chaque matin des écoliers traversent la frontière en cette fin. De plus, avec les difficultés douanières et portuaires que rencontrent les importateurs en Haïti, les dominicains construisent un port international à Monte Christi. A quelques kilomètres de Fort-Liberté. Un aéroport sera construit également dans la zone de Monte Christi à l’intention des haïtiens. Des hommes d’affaires dominicains fournissent des intrants à des agriculteurs de la zone frontalière avec condition d’avoir un droit de préemption sur les produits récoltés. La commune de Ferrier est un exemple de commune où les agriculteurs travaillent grâce aux entrepreneurs dominicains. Des produits comme pintades, ‘‘poules pays’’, sont utilisés comme plats spéciaux dans certains restaurants de l’autre coté de la frontière.


Le marché est comme l’imagination de l’homme. Il se développe sans cesse et contourne les obstacles. Les besoins de l’homme étant la source de sa créativité, le marché existera et se développera sous forme de marché Noir, de contrebande ou de marché libre. Même quand, les groupes monopolistes de Port-au-Prince contrôlent tout et paralysent le commerce et l’industrie dans les villes de province, ils finiront par perdre le contrôle définitif du marché, car ce dernier se retournera vers la république voisine. Beaucoup d’hommes d’affaire capois ont une résidence permanente en République voisine, le permis ne coute que 500 dollars US. Ils disposent de résidences à Dajabon et à Monte Christi. En réinstaurant les monopoles des temps de Jean-Claude Duvalier au profit des Groupes monopolistiques liés à son régime, le Président René Préval s’engage à tuer définitivement l’économie nationale au profit de la République voisine. Entretemps le peuple se défend. Il invite les ressortissants haïtiens de la diaspora à contourner les obstacles de la capitale haïtienne, à revenir au pays natal pour leur vacance, un moyen de contribuer au développement de leur ville natale.


Témoignage d’un membre de la diaspora qui discutait entre amis à la rue 14 I, au resto de ‘‘Magistrat Ito’’ : A entendre les informations sur Haïti, je croyais que j’allais me retrouver dans un pays comme Bagdad, avec des rafales d’armes automatiques et des attentats à la bombe. Même quand les rues sont défoncées, il fait toujours bon chez nous. Mon problème a été Port-au-Prince. Pourquoi, l’Etat refuse-t-il de construire un aéroport au Cap-Haitien capable d’accueillir des avions d’une centaine de places ? Ce serait une balade pour nous autres de la diaspora, les gens du Grand Nord qui traditionnellement, aiment rentrer chez eux afin de visiter les parents, les grands parents, les rivières, les coins et recoins de nos expériences de jeunesses. Comme je l’ai dit Port-au-rince fut mon problème. Je n’ai plus personne pour me récupérer à l’aéroport. C’est pour moi effrayant d’arriver dans un aéroport où personne ne m’attend, des chauffeurs de taxi et des mendiants inconnus qui me bousculent et me réclament de l’argent, ensuite une aventure dans des rues incertaines pour aller à l’aviation civile prendre un petit avion à destination de Cap-Haitien ; un vol de 30 minutes pour 150 dollars US presque le prix du billet Port-au-Prince/Miami dans un petit avion pas trop rassurant, lorsqu’on connait les pratiques de chez nous… c’était trop pour un voyage de vacance. Je ne suis pas Indiana Jones. Aujourd’hui ça va ! Le circuit Cap/Santiago me va. Un voyage sûr, dans un espace confortable pour 50 US sans tracasseries, est mieux. On gagne en confort et on épargne de l’argent. Je ne raterai plus les fêtes « fêtes champêtres » (Fêtes des Saints Patrons de plusieurs communes du Nord d’Haïti).


RESEAU CITADELLE (Le Ré.Cit), le 07 Juillet 2009, 15 heures 50.
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