vendredi 8 octobre 2010

PROJET DE SOCIÉTÉ de Leon Jeune

[ Même quand nous ne croyons pas aux élections du 28 novembre 2010 - par respect pour ceux qui iront voter - nous publions ce programme. A eux d'apprécier.]

PROJET DE SOCIÉTÉ

Après tant d'années d'incertitudes de toutes sortes, le peuple haïtien, dans sa soif ardente d'une paix démocratique stable, se cherche un représentant authentique à qui confier, selon le vœu constitutionnel, les rênes du Pouvoir Exécutif ; un représentant authentique qu'il aura jugé digne de sa confiance, apte à défendre ses intérêts, soucieux du patrimoine culturel et spirituel de la nation et, enfin, déterminé à améliorer le sort de tous les Haïtiens généralement quelconques, sans tenir compte de leur appartenance politique, culturelle, sociale ou autre.

Il est navrant de constater que certains hommes politiques, qui ont été investis de cette confiance à un moment crucial de notre histoire de peuple, aient préféré desservir l'intérêt national en faveur de leurs petits intérêts individuels mesquins. Violant par ainsi les règles du jeu démocratique qui veut que des élections honnêtes et crédibles viennent sanctionner le choix du peuple. Quoiqu'il en soit, les uns comme les autres désirent un changement réel aux conditions de vie de l'Haïtien. C'est là le grand objectif. Pour atteindre cet idéal, il faut détecter les maux qui affectent notre corps social, dont le tissu se détériore de jour en jour, et prendre les mesures qui s'imposent pour endiguer et enrayer le mal.

C'est à cette tâche, particulièrement difficile, que la KLÉ va s'atteler. Des investigations nous ont permis, à la KLÉ, de réaliser que, pour contrer et renverser l'ordre des choses en Haïti, il faut au prime abord considérer notre économie et partant bâtir en fonction des conditions du moment le plan d'une politique de développement qui prend en compte le développement humain tout en ayant à l'esprit que pour créer une société nouvelle, il faut des dirigeants remarquables, douées d'une dureté, d'une vision, d'une détermination et d'une intelligence au-dessus de la moyenne.

Une économie moderne repose essentiellement sur la force de travail du milieu et le développement économique d'un pays quelconque se fait à partir des ressources disponibles dans le dit pays. Dans notre cas, notre ressource nationale la plus abondante reste et demeure notre main-d'œuvre qui doit être maintenue à un niveau compétitif sans pour autant l'exploiter de façon dégradante, en ayant à l'esprit que les services attendus par la population, au seuil de ce 21ème siècle ne sont autres que les travaux d'infrastructure, l'exécution des programmes de santé et d'éducation. Ces activités ne peuvent être laissées aux seuls soins du secteur privé dont la vocation n'est pas de penser à la philosophie d'action du gouvernement dans les domaines précités, par exemple, mais de coopérer, en ajustant leur action aux besoins du peuple et du pays selon le plan intégré du développement de l'économie nationale,

A ce carrefour de notre histoire, pour ramener la paix dans les cœurs et les familles, pour juguler les problèmes socio-économiques qui entravent notre avancement vers le progrès et le bien-être, pour instaurer dans nos mœurs politiques les mesures et les principes démocratiques indispensables, il nous faut avoir une vision claire, honnête, objective et complète de nos besoins, de nos problèmes, de nos droits et de nos devoirs ; il nous faut un leader visionnaire qui comprend les maux dont est affecté notre pays et qui, résolument, avec un réel esprit de sacrifice, veut se mettre au travail ; il nous faut un leader national responsable de l'honneur, de la grandeur et de la souveraineté d'Haïti et respectueux des principes démocratiques, ayant la grandeur d'âme requise pour s'élever au-dessus de la mêlée et sauver ce pays colonisé par ses propres fils

Ce gouvernement se donnera des priorités pratiques:

• pour alléger la pauvreté des grandes masses rurales et urbaines, pour consolider les acquis de la démocratie, pour réduire le coût de la vie,
• pour moderniser les structures de production nationale (agricole, industrielle et agro-industrielle),
• pour procéder à une vraie réforme judiciaire,
• et, enfin, pour assurer la sécurité des biens et des personnes sur l'ensemble du territoire national.

Ce programme se veut ambitieux, mais pragmatique. Nous le mettrons en marche avec nos propres moyens, et poursuivrons avec l'aide de la coopération internationale qui ne ménagera pas ses efforts dès que nos actes auront convaincu de notre bonne volonté, de notre sérieux et de notre détermination à promouvoir une gestion rigoureuse dans la transparence la plus complète.

A. LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ

La lutte contre le paupérisme et la réduction de la misère des grandes masses urbaines et rurales constitueront la priorité des priorités de notre gouvernement. La promotion du développement économique et social constituera l'objectif essentiel de la présidence.


Pour lutter contre la pauvreté, nous comptons sur l'épargne nationale, en tout premier lieu, mais, aussi sur la contribution des Haïtiens vivant à l'extérieur. Eux aussi, ils ont leur rôle à jouer dans la reconstruction, la restructuration et la modernisation de notre pays meurtri ; de même, il sied que la classe possédante comprenne son rôle dans la cité et sa place dans la réalisation de ce programme ; leur plus grande collaboration est réclamée ; si, jusqu'à cette date, ils ont été amenés à se considérer comme de passage en Haïti, nous les invitons à réclamer leur place comme membre à part entière de la société haïtienne. Pour mettre en place cette politique de lutte contre la pauvreté, nous ne nous croyons pas téméraire de compter sur la coopération technique du Programme des Nations-Unies pour le Développement et des Institutions spécialisées de Breton-Wood (Banque Mondiale, Fonds Monétaire International). Nous voulons croire que ces Institutions Internationales pourront partager avec nous l'expérience vécue ailleurs dans d'autres pays en développement afin de bénéficier de leurs expériences et ne pas refaire peut-être les mêmes erreurs que d'autres pays du Tiers-Monde auraient déjà faites dans la mise en place d'un programme cohérent contre la pauvreté.

Elle inclura également les institutions européennes, dans le cadre de notre appartenance à la Convention de Lomé. Elle embrassera aussi la coopération bilatérale avec nos partenaires traditionnels, tels que les Etats-Unis, l'Allemagne, la France, le Canada, le Japon, la Corée du Sud, Taïwan, etc…

Nous profiterons de cette opportunité pour favoriser la coopération Sud/Sud, c'est-à-dire, entre pays en développement. Nos voisins de la régions des Caraïbes, tels que la République Dominicaine, la Jamaïque, la Barbade, Trinidad et Tobago et la Guyane, avec lesquels nous partageons tant de points communs ne seront pas négligés. Nous veillerons, en ce sens, au strict respect des engagements internationaux auxquels notre pays est partie.

B. CONSOLIDATION DES ACQUIS DE LA DÉMOCRATIE.

Le rétablissement du Président Aristide dans ses fonctions, le 15 Octobre 1994, devrait contribuer à la consolidation de notre jeune démocratie encore dans les langes ; malheureusement, nous sommes obligés de constater le contraire.

Nous sommes déterminés à faire tout ce qui est possible, avec l'aide des populations, des syndicats, des organisations patronales et des organisations non-gouvernementales pour consolider les acquis de cette jeune démocratie dans le développement de laquelle nous nous investirons entièrement. Notre action, dans ce domaine, se fera autour des principaux axes suivants :
a) Institutionnalisation de la démocratie ;
b) Protection et respect des droits de l'homme ;
c) Egalité devant la justice ;
d) Transparence dans la gestion des affaires de l'État ;
e) Recrutement dans la fonction publique sur la base de la COMPÉTENCE, de la CONSCIENCE et de la CONNAISSANCE ;
f) Respect de l'opposition et leur reconnaissance officielle dans le cadre d'une Charte de l'opposition ;
g) Organisation d'élections libres préparées en consultation avec les partis politiques légalement reconnus et/ou autres intéressés ;
h) Liberté totale de presse et respect de l'opinion des autres ;
i) Respect du principe de la séparation des trois Pouvoirs.

C. RÉDUCTION DU COUT DE LA VIE

Dès notre installation au Pouvoir, le gouvernement se penchera sur la question du coût de la vie. C'est un fait que, pour un pays qui importe presque tout, et dont la monnaie nationale perd chaque jour une partie de sa valeur, ce ne sera pas une tâche facile, c'est sûr. Il ne faudra pas espérer des résultats immédiats très importants.

Pour seconder les efforts du gouvernement en ce sens, un comité mixte où seront représentées les diverses couches de la société (gouvernement, secteur privé, syndicats, etc…) sera formé en vue d'étudier les mesures appropriées à entrer en vigueur dans le plus court délai possible.

Il est de toute façon indispensable que des mesures spéciales soient considérées pour réduire le prix du riz, de l'huile, du maïs, des haricots, du ciment, de l'eau, du transport public, des soins de santé et du logement. Notre gouvernement recherchera avec tous les acteurs les meilleurs moyens pour éviter toute frustration quelconque de personne. La KLÉ veut que tout le monde profite du changement qui ne devra être réalisé aux détriments de qui que ce soit, mais au profit et à l'avantage de tous (commerçants et consommateurs).


D. MODERNISATION DES STRUCTURES DE PRODUCTION

Si le coût de la vie est tellement élevé chez nous, c'est principalement parce que l'on ne produit pas assez ; par ailleurs, ce que nous produisons est très cher, du fait que le taux de productivité de nos entreprises est très bas. Nos entreprises ne sont pas compétitives ; notre coût de production est trop élevé.

Il nous faudra donc mettre en place une stratégie et formuler une politique visant à la modernisation de nos structures de production, tant dans l'agriculture que dans l'industrie et l'agro-industrie.

Dans l'agriculture, le taux de productivité est extrêmement bas quand nous considérons la production mondiale. C'est, par exemple, le cas du riz, produit dans la région de l'Estère et de Dedunes. Il nous faudra aborder ce problème avec beaucoup de sérieux, sans faire intervenir des considérations de personnes et/ou d'intérêts individuels. La modernisation du secteur agricole constituera également pour notre gouvernement une priorité parce que notre pays a été et sera encore pendant longtemps un pays à prédominance agricole. Dans le cadre de cette modernisation, toutes les barrières au développement du secteur agricole devront être abaissées dans le but de mettre en œuvre les réformes indispensables, surtout en ce qui concerne les points suivants :

a) Intrants industriels nécessaires à l'augmentation de la productivité, tels que engrais, insecticides, pesticides, etc…A la vérité, il faudrait tenir compte de la tendance des consommateurs privilégiés à opter pour une alimentation naturelle, sans intrants chimiques ;
b) Formation et assistance technique au paysan ;
c) Érosion et protection des terres ;
d) Système d'irrigation ;
e) Commercialisation, y compris construction et entretien des routes vicinales reliant les centres de production aux centres de distribution ;
f) Construction de marchés ruraux bien organisés dans les principales régions ;
g) Transformation de nos paysans en véritables entrepreneurs agricoles.

Dans l'industrie, un effort spécial doit être réalisé pour favoriser l'éclosion d'une nouvelle classe d'entrepreneurs haïtiens beaucoup plus engagés dans la problématique du développement industriel et artisanal. Nous sommes décidés à assurer la promotion des petites et moyennes entreprises sur toute l'étendue du territoire national. La décentralisation devra s'étendre à tous les niveaux.

Le gouvernement accordera toute son assistance, et encouragera également ses partenaires à agir dans le même sens, à la création d'entreprises privées dans le pays. Bien entendu, le rôle de l'État sera limité. Notre gouvernement s'efforcera principalement à favoriser une atmosphère qui facilitera les investissements, qui encouragera tous ceux qui décident d'investir au lieu de consommer leur épargne. Si l'épargne nationale n'existe pas, mais existe la capacité d'investir (capacité technique, professionnelle, etc…) ; le gouvernement, en coopération avec les institutions bancaires nationales et les bailleurs de fonds internationaux, prendra toutes les mesures à sa portée pour garantir le financement nécessaire au maximum.

Toujours, afin de faciliter et d'encourager la promotion des investissements, notre gouvernement entreprendra des réformes profondes dans les domaines suivants :

a) Système légal et judiciaire ;
b) Système fiscal ;
c) Formation professionnelle générale ;
d) Réforme du code du travail afin d'encourager la flexibilité dans l'offre d'emplois ;
e) Modernisation des systèmes de communication et d'information technologique ;
f) Mise en place d'une politique énergétique qui favorisera les entreprises de production ;
g) Adaptation, acquisition et transfert de technologie ;
h) Modernisation des services de douanes et de dépôt/entrepôt dans les ports et aéroports ;
i) Formation professionnelle spécialisée selon la nature des investissements pour lesquels un financement est obtenu ;
j) Construction de zones franches dans certaines régions du pays, surtout dans le Nord et le Nord'Est ;
k) Révision des lois sur les sociétés anonymes afin de réduire au strict minimum les formalités à remplir pour obtenir l'autorisation de fonctionnement.


E. MODERNISATION DU SYSTÈME JUDICIAIRE

Notre histoire est jalonnée de ces périodes où les défavorisés ont trop souvent été victimes d'injustice. C'est pourquoi, la population réclame à cor et à cri que la justice soit la même pour tous. Toutes les injustices, dont la population a été la victime résignée, remontent chaque jour du fond de la conscience pour lui montrer la vraie face de la société traditionnelle haïtienne. Ces injustices se manifestent tant sur le plan social que sur le plan économique et culturel.

Ici, le gouvernement mettra tout en œuvre pour que tous les citoyens soient traités de la même manière devant la justice. Des groupes de travail seront formés pour étudier et faire des recommandations pratiques sur un certain nombre de problèmes dont la solution peut contribuer à rendre la société haïtienne plus juste envers tous les citoyens. Parmi ces problèmes, on peut mentionner notamment les suivants :

a) Langue de travail dans les tribunaux ;
b) Refonte du code civil, du code de commerce, du code pénal et du code du travail ;
c) Opportunité de faire fonctionner des tribunaux spécialisés (Tribunaux terriens, tribunaux de commerce, etc…)
d) Formation des juges et magistrats par spécialité ;
e) Traitement et condition de travail des juges et autres magistrats ;
f) Système pénitencier ;
g) Réorganisation de la Faculté de Droit et de l'enseignement du droit dans le pays ; critères pour accréditation des Écoles Libres de Droit dans les principales villes du pays ;

Notre gouvernement considérera la réforme et la modernisation de notre système judiciaire comme une condition préalable sine qua non à la consolidation de la démocratie ainsi qu'à la promotion des investissements dans le pays.


F. SÉCURITÉ DES PERSONNES ET DES BIENS:

Aucune démocratie ne peut vraiment survivre et se développer si elle n'a pas la capacité et les moyens d'assurer la sécurité des personnes et des biens de l'ensemble du pays.

La Police Nationale d'Haïti assurera et garantira cette sécurité. Elle sera formée en conséquence. Notre gouvernement n'acceptera aucune forme d'abus de la part de la police contre les citoyens. Et les citoyens devront, de leur côté, assister les policiers de leur mieux au besoin. La devise de la Police Nationale d'Haïti sera d'être au service de tous et de chacun en particulier. Tout violateur de ce principe sera poursuivi, jugé et puni conformément à la loi.

Voilà, dans ses grandes lignes, le projet de société que la KLÉ veillera à instaurer dans le pays. Il reste entendu que le gouvernement s'engagera à assurer le fonctionnement normal des institutions et des services généralement rendus aux citoyens tels que l'éducation, la santé et la protection civile.

Dans le domaine de la santé tout particulièrement, un vaste programme devra être mis en place pour permettre à nos écoliers de bénéficier d'un minimum de soins médicaux. C'est dans ce sens que les dispositions suivantes seront adoptées dès l'installation du gouvernement :

1) Il faut augmenter les efforts de prévention et les actualiser


a) par un programme d'éducation sanitaire mettant l'accent sur l'alimentation, l'eau potable, l'hygiène publique, etc…
b) la vaccination ;
c) la lutte contre la drogue et les maladies sexuellement transmissibles.

2.- Il faut promouvoir la santé

a) par l'éducation de l'enfant à l'école et la diffusion de messages à la radio en direction des analphabètes ;
b) par l'enseignement des normes de santé à l'école ;
c) par le développement d'un système de santé communautaire et ambulatoire ;
d) par la construction de centres de formation pour les femmes-sages, les matrones et les agents de santé ;
e) par la construction d'une nouvelle école en santé publique et en santé communautaire prise en charge par l'Etat et intégrée au sein de l'Université de l'État d'Haïti ;

3) Il faut réduire les inégalités dans les soins de santé

a) par une législation sur le fonctionnement des hôpitaux (publics et privés) ;
b) par l'établissement d'un système d'assurance-santé à la portée de tous ;
c) par le financement d'un programme de santé ;


Enfin, dans le domaine de l'éducation, l'attention du gouvernement se fixera sur les points suivants :
a) La campagne d'alphabétisation commencée sous les gouvernements précédents, se poursuivra en se généralisant ;
b) Le niveau éducatif et civique des écoles nationales sera relevé ;
c) La décentralisation de l'Université d'Etat deviendra une réalité avec des branches dans les grandes villes ;
d) Des écoles techniques et professionnelles et des ferme-écoles seront construites dans plusieurs parties du pays pour encourager la formation d'ouvriers qualifiés et compétents ;
e) Le secteur prive s'occupant d'éducation sera appelé à offrir un travail plus satisfaisant; ce qui contribuera à lutter contre l'ouverture d'écoles non représentatives ;
f) Il sera mis fin a la fuite des rares cadres formés qui nous restent encore, et en particulier dans le domaine éducatif et professionnel ;

Les points développés dans ce document constituent essentiellement les innovations et les changements que nous voudrions apporter dans la conception du Pouvoir et le rôle de l'Etat, durant notre passage à la Présidence de la République.

Trois soucis majeurs guideront notre action durant notre mandat :

En tout premier lieu, le développement économique et social du pays avec son corollaire naturel l'offre d'emplois. Le peuple a faim. Le peuple est dans la misère. Dans beaucoup de régions du pays, il ne dispose même pas du strict minimum sanitaire.

Cette situation ne peut plus durer, il faut la changer et c'est notre souci majeur. Il faut trouver au peuple du travail et des emplois pour l'habituer à subvenir lui-même à ses besoins essentiels de nourriture, de logement, de santé et d'éducation, etc… Notre gouvernement lancera un vaste programme de lutte contre la pauvreté avec le concours de tous les Haïtiens, ceux de l'étranger comme ceux de la mère-patrie, les patrons comme les ouvriers. Ce vaste programme de lutte va se construire sur ces trois termes de référence, à savoir : COMPÉTENCE, CONNAISSANCE, CONSCIENCE.

En second lieu, l'attention a été retenue par la soif de démocratie de toute la population…Nous devons lui donner satisfaction. Nous devons consolider et institutionnaliser notre démocratie naissante, trop fragile encore pour la laisser faire seule ses premiers pas. Nous devons mettre les garde-fous nécessaires pour éviter tout dérapage que ce soit à droite, que ce soit à gauche. Nous voulons d'une démocratie où chaque droit correspond à un devoir, où la notion de droit fait pendant à celle de devoir. Si nous voulons travailler au développement économique du pays, l'instauration de la démocratie est indispensable, car c'est par elle que doit passer le développement économique.

A la base de toute démocratie, de tout système démocratique, se rencontre la justice ; la justice qui doit être une pour tous. S nous voulons nous attaquer de façon résolue au développement économique de notre pays commun, nous devons travailler parallèlement à l'instauration d'une vraie démocratie ; et, si nous voulons instaurer la démocratie, il faut veiller à ce que tous ceux qui vivent à l'intérieur de nos frontières puissent bénéficier d'une saine et égale justice. Il faut que nous nous rendions tous compte que nous avons tous besoin l'un de l'autre pour forger une vraie nation oû chacun exerce ses droits et exécute ses devoirs en toute liberté : le patron a besoin de l'ouvrier pour produire afin de satisfaire les consommateurs ; l'ouvrier, de son côté, a également besoin du patron pour avoir du travail et faire face à ses obligations familiales et/ou autres. Nous devons enfin prendre la seule décision qui vaille la peine d'être prise : se serrer ensemble les coudes pour construire ensemble notre pays réduit en lambeaux. Et nous restons persuadés que la communauté internationale sera toujours à nos côtés chaque fois qu'elle aura constaté que nous aurons pris conscience de notre responsabilité de peuple et de dirigeants responsables.

Enfin, nous devons refaire nos structures politiques, économiques, sociales et culturelles. Elles sont toutes archaïques et surannées ; il faut les moderniser.

Sur le plan politique, nous devons apprendre à vivre avec nos adversaires, car, eux aussi restent et demeurent des Haïtiens à part entière, même s'ils défendent une position différente de la nôtre. C'est par leur intermédiaire que nous pourrons relever nos erreurs de gestion.

Sur le plan économique, nous devons revigorer notre secteur privé, lui donner confiance en soi, cette confiance en soi qui charrie le dynamisme qui est essentiel au développement économique de tout pays. Si nous voulons vraiment changer la face économique de notre pays, il nous faut avoir un secteur prive fort, dynamique, déterminé, fonceur et progressiste. Un investisseur, un capitaine d'industrie prend nécessairement des risques.

Sur le plan social, nous devons faire disparaître les inégalités trop criantes. Tout le monde ne peut être appelé à être chef d'entreprise, ou Président de la République ; chacun a un rôle à jouer, chacun à son rôle à jouer pour que notre projet de société devienne une réalité. Nous voulons favoriser une ambiance de fraternisation nationale.

C'est ensemble que nous pourrons arriver à développer notre pays. Nous devons encourager tout ce qui peut nous rapprocher de notre but et chasser tout ce qui est de nature à nous en écarter. Nous devons concrétiser enfin notre devise : « L'union fait la force »

Nous savons qu'il ne sera pas facile de réaliser ce Projet de Société ; mais, nous sommes déterminés à prendre toutes les mesures nécessaires pour en faire une réalité ; et surtout, nous n'oublierons jamais que pour faire une société nouvelle, il faut des dirigeants remarquables, doués d'une dureté sans faille, d'une vision de chef, d'une détermination à toute épreuve et d'une intelligence au-dessus de la moyenne. Nous y parviendrons, si nous le voulons vraiment, car, Dieu sera avec nous.


KONBIT LIBERASYON EKONOMIK

Klé solisyon pou Hayti, Octobre 2009

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"La vraie reconstruction d'Haïti passe par des réformes en profondeur des structures de l'État pour restaurer la confiance, encourager les investisseurs et mettre le peuple au travail. Il faut finir avec cette approche d'un État paternaliste qui tout en refusant de créer le cadre approprié pour le développement des entreprises mendie des millions sur la scène internationale en exhibant la misère du peuple." Cyrus Sibert
Reconstruction d'Haïti : A quand les Réformes structurelles?
Haïti : La continuité du système colonial d'exploitation prend la forme de monopole au 21e Siècle.
WITHOUT REFORM, NO RETURN ON INVESTMENT IN HAITI (U.S. Senate report.)

(De Cyrus a Franciasque et Stanley) Note de PressCharles-Henri Baker 100610

Francisque et Stanley,

Je partage votre préoccupation sur cette déclaration sur l'école de Charlito. C'est une très mauvaise déclaration qui peut faire perdre des votes. Elle est populiste.

En 2006, j'étais très actif dans la campagne électorale avec Charlito. Il avait fait une déclaration sur Radio Métropole qui avait causé des torts sur son électorat à la veille des élections.

Charlito est plutôt sincère dans sa volonté de voir le changement en Haïti. Toutefois, il doit se laisser guider par des conseillers pour éviter de nuire ceux se battent sur le terrain.

Quant à moi, je comprends que le changement demande plus que des interventions de l'État. C'est pourquoi je reste accrocher à l'idée de faire des réformes structurelles en profondeur pour permettre au pays d'attirer des investissements et de représenter un espace favorable à l'intégration de la diaspora et au développement des collectivités. Une mobilisation de la diaspora peut exiger que l'aide internationale soit conditionnée par des réformes structurelles. En 1994 nous avons vu comment une mobilisation de cette diaspora avait permis de forcer la main à la communauté internationale en faveur d'Aristide. C'est une preuve que la diaspora peut avoir une portée diplomatique ... si elle est organisée autour d'une idée forte.

Un homme n'est pas la solution. Il faut quand même reconnaitre qu'un leadership progressiste ferait l'affaire de cette mobilisation pour des réformes structurelles en profondeur.

A ceux qui supportent les élections de voter. Moi, je suis en faveur de changements structurels pour le chambardement du statu quo monopolistique qui ferme le pays et condamne la majorité à l'exclusion.

Cyrus Sibert

From: Francisque Jean-Charles, lenovateur@yahoo.com;
Subject: Note de Press Charles-Henri Baker 100610.

C'est une approche simpliste mais d'un dictateur en gestation. J'aime Charlito mais cette declaration si elle emane vraiment de lui fait peur. Je l'aime pour son franc-parler mais il faut que l'etat construit des ecoles publiques de proximite pour rentrer en competition avec le prive. Nous avons au moins sur papier une economie libre-echangiste, vous n'aurez rien a dire avec les directeurs d'ecole qui sont des entrepreneurs economiques. Est-ce pourquoi je supporte le monstre Preval pour n'avoir pas promulgue cette loi? Il faut arreter de donner nos fonds alloues a l'education aux ecoles privees. J'ai un curriculum national elabore depuis 2004.
Francisque du KNO

--- On Thu, 10/7/10, Stanley Lucas, centurionlucas@gmail.com; wrote:

From: Stanley Lucas <centurionlucas@gmail.com>
Subject: Note de Press Charles-Henri Baker 100610.
Date: Thursday, October 7, 2010, 7:12 PM

Ne faudrait-il pas donner son mot avant le 28 Novembre? Ne faudrait-il pas faire des propositions concretes sur la question?
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Note de Presse du 6 Octobre 2010

En considérant la situation que subit le peuple Haïtien aujourd'hui;

En considérant la jeunesse Haïtienne qui représente l'espoir de la nation et 60% de la population;

En considérant que les enfants d'aujourd'hui sont l'espoir de demain;

Moi, CHARLITO BAKER, Candidat à la Présidence du parti RESPÈ #40, demande à tous les directeurs d'écoles d'OUVRIR LEURS PORTES; pour donner une chance aux enfants inscrits, pour donner une chance aux parents sous les tentes, pour donner une chance à Haïti.

NOU BOUKE !

Nous demandons que la rentrée des classes soit gratuite pour que tous les enfants d'Haïti puissent aller à l'école, parce-que tous les enfants ont droit à l'éducation!

Après les élections du 28 Novembre, le 7 février, j'aurai mon mot à dire avec tous les directeurs d'école.

Charles Henri BAKER, Candidat à la Présidence du parti RESPÈ, #40

Contactez : 3765-4168 ou respe.ayiti@gmail.com
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Gen Plas Pou Tout Moun!

jeudi 7 octobre 2010

PROJET ET PROGRAMME , Par Hermann JEAN

[ Même quand nous ne croyons pas aux élections du 28 novembre 2010 - par respect pour ceux qui iront voter - nous publions ce texte. A eux d'apprécier. ]

 

Projet et Programme


Une vingtaine d'années d'anarcho - populisme a réduit Haïti à sa plus simple expression du point de vue politique, économique et social.

 

Il y a péril en la demeure et il faut aujourd'hui porter le fer contre les blocages, les rigidités, les anomalies qui ont compromis les chances du pays et hypothéqué son avenir.

 

Le temps est venu de proposer à la nation un autre chemin et un autre choix que ceux qui ont prévalu depuis quelques décennies et qui ont amené à la régression économique du pays et à l'appauvrissement de la population.

 

Dans la conjoncture actuelle, tout candidat sérieux qui recherche les suffrages des citoyens doit leur présenter un projet et un programme afin qu'ils puissent se déterminer en connaissance de cause.

 

Mais, des internautes confondent, volontiers, projet et programme.

 

Un projet est sous-tendu par une philosophie. Il trace une perspective, indique le cap à atteindre. Pour tout dire, un projet s'incarne en une vision. Tandis qu'un programme est une boîte à outils, un catalogue de promesses, un éventail de propositions ou de mesures qui peuvent être sans lien les unes avec les autres. Mais le projet peut se nourrir du programme et réciproquement.

 

Bien, soyons sérieux ! Des patriotes demandent aux candidats de chiffrer leur programme, quand ils en ont un. Car, il y en a qui présentent une gamme d'énoncés ressemblant à de la bouillie pour les chats. Tout de même, il faut être aveugle pour ne pas s'apercevoir que le Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP) possède un projet- programme intitulé « Changer la Vie », élaboré depuis 1987 et actualisé à différentes étapes de la conjoncture.

 

Ce n'est pas le moment de se livrer au pédantisme, de montrer qu'on s'est familiarisé avec les vieilles lunes néoclassiques, keynésiennes ou monétaristes. Ce n'est pas le plus difficile à faire d'afficher sa connaissance des modèles physico- financiers ou du théorème H- O – S ( Heckscher – Ohlin – Samuelson). Le RDNP se refuse à faire des quantifications qui risquent d'être démenties par les réalités.

 

Dans notre pays sans de véritables institutions politiques et économiques, toute projection ne peut qu'être entachée d'une grande incertitude du fait de la difficulté à appréhender certaines variables telles que : le choix des investisseurs, le comportement des ménages, les turbulences populistes, la kleptomanie des fonctionnaires, les données exogènes (aide étrangère) et d'autres aléas que les modèles ne pourront pas expliquer. On voit comment les montants annoncés pour la reconstruction peinent à venir.

 

C'est pourquoi le RDNP mise sur la qualité des Institutions de l'Etat. L'efficience institutionnelle influe sur le développement économique. Les institutions politiques déficientes engendrent des inefficiences économiques. Les institutions sont les règles du jeu qui façonnent les comportements humains .La qualité institutionnelle doit provoquer un « choc de confiance » dans la population. De ce fait, certains handicaps qui pénalisent l'économie seront surmontés et les prélèvements opérés concourront au développement du pays. Tout cela est développé en long et large dans le programme du RDNP défendu par sa candidate Mirlande MANIGAT.

 

Le pays a besoin d'un puissant et grand changement et le RDNP se tient disponible pour conduire ce changement.

 

Hermann JEAN

Paris 07/10/2010


Programme de Jacques Edouard ALEXIS du MPH pour commentaire et appréciation

[ Même quand nous ne croyons pas aux élections du 28 novembre 2010 - par respect pour ceux qui iront voter - nous publions ce programme. A eux d'apprécier.]
 
Jacques-Édouard Alexis
Mobilisation pour le Progrès d'Haïti» (MPH)

PRESENTATION
L'élaboration de ce Document part d'un constat largement partagé quant à l'impératif d'opérer une reconfiguration de l'architecture de la société haïtienne. Fondamentalement, il est axé sur une perspective rassembleuse, nonobstant son option préférentielle en faveur des oubliés historiques de notre société. Dans cette optique, je voudrais, en toute humilité, exposer quelques unes des convictions majeures entretenues par notre institution.

1. Les disparités criantes entre les principales couches sociales en Haïti représentent des freins à l'avancement du pays commun. En effet, elles constituent un blocage à l'épanouissement d'un véritable entreprenariat national, ainsi qu'un obstacle à la création ingénieuse et une répartition équitable de la richesse collective.

2. Nous attachons une importance de premier ordre au développement des communautés du Pays en Dehors. Sur cette base, nous proposons à la nation, entre autres, de maintenir le cap sur la nécessité de garantir le développement de la production nationale, dont le vecteur principal (mais non exclusif) sera la modernisation du secteur agricole. Il en découle l'impératif d'intensifier les activités visant à la recapitalisation de l'agriculture paysanne et l'augmentation de la production vivrière par des initiatives novatrices permettant, au moins, de réduire la dépendance alimentaire du pays.

3. Dans ce cadre, il importe d'adopter en urgence les mesures adéquates pour assurer la réhabilitation de notre patrimoine naturel. En effet, notre développement sera irrémédiablement hypothéqué si nous ne mettons un terme à l'in­curie collective que constituent nos pratiques face à un environnement devenu une menace à notre survie.

4. En même temps, il convient d'assumer les caractéristiques distinctives de notre peuple, dont les producteurs artistiques et culturels sont dotés d'une créativité fascinante. Il n'est donc guère étonnant qu'ils aient su transformer notre coin de terre en un haut lieu d'effervescence esthétique. Notre culture constitue à la fois un outil pour refaçonner notre image lourdement abimée, un rempart face aux assauts externes de tous ordres, et un vecteur par excellence de notre affirmation. Pour mettre un terme à sa course accélérée vers l'abîme, Haïti se doit de chercher un point d'ancrage dans sa culture, ainsi qu'une piste de décollage dans son fabuleux patrimoine. En reflétant fidèlement notre quotidienneté besogneuse, mais aussi nos joies et nos peines, notre culture demeure le socle sur lequel sont fondées nos grandioses espérances. Il nous tient impérativement d'en assurer la mise en valeur.

5. Nous considérons de la plus haute importance le plein recouvrement de la souveraineté nationale, en même temps que l'établissement de relations plus équilibrées et fécondes avec la communauté internationale. A cette fin, il nous faudra édifier de solides passerelles de confiance réciproque. Nous proposons d'orienter résolument le dialogue avec nos partenaires étrangers vers des actions structurantes, au lieu de nous enliser dans les approches à court terme dictées, mais non justifiées, par l'acuité et la démesure des besoins quotidiens. La Nouvelle gouvernance en Haïti, en engageant l'indispensable réforme de l'État, se devra d'adopter une approche novatrice pour coopérer avec la communauté internationale. Cette coopération devra s'inscrire dans un aligne­ment sur nos orientations et priorités, comme le recommande la Déclaration de Paris. Autrement, l'année prochaine et les années après, les mêmes actions répétitives, sans impact sur le pays, et les mêmes recettes caritatives de l'aide humanitaire viendront hanter nos consciences, avec leur cortège d'illusions, de frustrations et d'indignité.

6. Les compatriotes de la diaspora devront jouer un rôle à part entière dans l'opérationnalisation du Projet Démocratique National. A cet égard, il nous tient à cœur de rappeler l'attachement admirable qu'ils manifestent à l'endroit de leur pays en général, et de leur localité d'origine en particulier. Nous comptons mettre pleinement à profit le riche réservoir de ressources expertes et de capitaux détenus par ces frères et sœurs de l'extérieur qui n'ont jamais cessé de fournir la preuve tangible de leur fidélité à la Mère patrie.

7. Nous exhortons nos compatriotes à se rappeler que, sans entrer dans un quelconque isolement par rapport au reste du monde, la dynamique du véritable développement devra être mise en branle sur une base nationale. Cette démarche sera assurée collectivement en tout premier lieu par les Haïtiens et les Haïtiennes. En effet, nous partageons une vision grandiose de l'affirmation et du développement d'Haïti. Pour cela, il nous convient en urgence de reconstruire notre confiance en nous mêmes. Aucun pays dans l'histoire n'a effectué son développement à partir de la générosité des partenaires externes. Il nous faudra renouer avec les traditions des grands bâtisseurs léguée par des figures de proue nationales ( H. Christophe, D. Estimé par exemple) pour aider à assurer la mise en œuvre du Projet Démocratique Nationale.

8. Nonobstant l'acuité exceptionnelle de la situation haïtienne, il nous importe au plus haut point de rejeter toute vision négative de l'avenir de notre pays. En effet, la détermination indomptable de citoyens et de citoyennes confère la garantie d'une boussole sure pour réussir la mise à flot de la barque nationale. C'est sur cette note d'optimisme que j'exprime à nouveau ma joie d'accompagner sur les fonts baptismaux le Document de Vision Stratégique pour le Développement National proposé par le CENAREF.

Jacques Edouard Alexis Coordonnateur.

INTRODUCTION
Il est largement admis de nos jours que le développement d'une nation ne peut se concevoir sans une vision, une projection de cette nation dans le temps et dans l'espace, partagée par une large majorité de la population ayant des liens d'appartenance obligatoire à un même territoire. Cette vision, selon le CENAREF, doit être inclusive, aussi bien en ce qui concerne ses acteurs que ses bénéficiaires, avec toutefois une démarche claire et résolue visant à l'élimination des disparités criantes subies par les plus vulnérables et les plus démunis de notre société. La réduction/ élimination des iniquités et de la dépendance auxquelles notre société est en butte représente un impératif majeur pour sa modernisation. En même temps, la vision de notre futur en tant que nation tiendra compte de manière impérative des traits culturels et historiques qui nous particularisent et nous différencient des autres peuples.


CE QUE NOUS VOULONS (Projet)

1. Nos finalités et nos buts

Le projet inhérent à la vision stratégique que nous proposons est destiné à divorcer avec les méthodes de gestion en usage dans l'État traditionnel haïtien à travers les gouvernements successifs. En effet, les dirigeants de notre pays, à de rarissimes exceptions près, pratiquent un pilotage à vue des affaires de la nation, sans aucun souci de continuité en ce qui concerne les réalisations. La finalité essentielle du projet prôné par le CENAREF consistera, dans un horizon déterminé, à débarrasser notre pays de ses expressions choquantes d'arriération et d'iniquités. La strate des 20% les plus riches notre population concentre en ses mains plus de 70% de la richesse nationale, alors que celle des 20% les plus pauvres en détient moins de 1%.

Un telle situation traduit la négation de fait des droits fondamentaux de la majorité des citoyens/citoyennes; elle constitue un obstacle de premier ordre au démarrage de notre société. La déconstruction de cette anomalie structurelle représente une condition sine qua non à toute démarche visant à assurer l'insertion d'Haiti dans la modernité. L'amélioration du cadre général de fonctionnement de la société requiert impérativement une amélioration significative de la condition de ses couches les plus vulnérables. La vision du CENAREF est sous tendue par une démarche claire et résolue dans cette direction.

2. Nos grands défis

LE CENAREF prend acte que l'Etat Traditionnel Haïtien est directement responsable des blocages qui ont empêché l'affirmation au sein de notre société des segments les plus démunis qui y représentent pourtant l'immense majorité. Cette polarisation à outrance est porteuse d'une potentialité dévastatrice pour notre pays. Aujourd'hui, dans un contexte où notre souveraineté est mise en question, il s'avère nécessaire d'opérer une introspection collective et de nous ressaisir pour éliminer en priorité les disparités génératrices de tensions fratricides qui, à toutes fins utiles, constituent une marche accélérée vers l'abîme. A cette fin, il est urgent de construire entre les secteurs et organisations politiques sur l'échiquier national un nouveau type de relations. L'expression opérationnelle pourrait en être cet accord de gouvernabilité sur un horizon de vint-cinq ans évoqué par le Chef de l'Etat.

2.1 Pour un consensus de longue durée

LE CENAREF demeure convaincu que seul l'établissement d'une paix durable fondée sur un consensus sans ambiguïté pourra contribuer à placer le pays à l'abri des turbulences de toutes sortes qui sapent de fond en comble son fonctionnement et menacent aujourd'hui sa survie. La nécessité d'une réconciliation lucide et pragmatique pour la reconstruction du pays commun, ainsi que l'impératif d'une cohabitation fonctionnelle sur l'échiquier socio politique s'appliquent à tous les secteurs de la vie nationale. Notre projet d'édification d'un Nouvel Etat Haïtien requiert un véritable Vertières spirituel. Il est sous tendu par l'émergence impérative d'une nouvelle posture de civisme, de patriotisme et de progressisme, à la fois gage et modalité de mise en œuvre d'un agenda véritablement national. Il est basé sur l'impératif d'une cohabitation susceptible de faire reculer les forteresses de toutes sortes (économiques, religieuses, linguistiques, ethniques etc.) derrière lesquelles ont été le plus souvent érigée les relations socio politiques dans notre pays; il est balisé par la consécration de la validité invariable du suffrage universel et de l'inclusion citoyenne selon le principe cardinal de " un homme un vote"; somme toute, ce projet interpelle l'ensemble de la nation dont il exprime la tendance dominante pour l'avènement en Haïti d'un nouvel ordre marqué profondément par les valeurs cardinales de la démocratie.

2.2 Une nouvelle manière d'être haïtien

Face à un horizon national obstrué de toutes parts, une réinvention de l'haitianité s'impose. Elle renvoie à une redéfinition du fait politique et à une nouvelle approche des relations entre groupes et secteurs politiques différents. Elle commande de briser la dynamique infernale d'opposition entre l'Etat et la Nation, de même que les oppositions souvent insignifiantes, mais rendues artificiellement irréductibles, entre les diverses composantes de la société..

Pour assurer la concrétisation d'un tel projet inhérent à la vision du CENAREF, il convient d'œuvrer à l'édification d'un nouvel Etat. Ce Nouvel Etat Haïtien sera, entre autres, un Etat de services ardemment engagé dans la pratique d'un humanisme intégral; il sera l'antithèse de l'Etat kraze zo ancré dans un obscurantisme anti-citoyen. Il se rappellera de manière invariable que l'organisation de la vie politique repose essentiellement sur l'existence de partis politiques structurés. Il se souciera constamment de stimuler la solidarité entre les citoyens et citoyennes. Il s'affirmera dans l'observance scrupuleuse de la primauté du droit, de l'équité et de la justice, conditions essentielles de la modernisation de la société. Il sera un ardent promoteur de l'entreprenariat dans tous les secteurs de la vie nationale; il constituera le principal garant de la sécurité des vies et des biens, de même que de la sécurité sociale.

Le Nouvel Etat Haïtien devra essentiellement, entre autres, être capable de garantir l'intérêt général et de défendre les intérêts nationaux face aux défis mondiaux, en assurant notamment la protection de la souveraineté nationale. Il devra être en mesure de fournir une contribution à la consolidation de la paix régionale et mondiale. Il sera un Etat juste et respectueux des droits fondamentaux des citoyens et citoyennes. Il s'évertuera à créer les conditions permettant d'éviter que des troupes étrangères ne viennent une fois de plus fouler le sol national, en qualité de forces d'occupation, comme cela s'est produit en trois occasions sur une période d'environ quatre vingt dix années, incluant l'année de la célébration du bicentenaire de notre indépendance.

Le Nouvel Etat Haïtien nécessite la venue dans notre environnement politique d'un leadership frappé du sceau de la rectitude, mû essentiellement par l'esprit de service et imprégné des principes républicains. Nos dirigeant/dirigeantes devront se montrer prêts/prêtes à afficher un esprit de tolérance en renonçant à la défense aveugle des intérêt de faction au profit d'une adhésion invariable aux prescrits normatifs garantis par l'endossement universel et souverain de la communauté des citoyens/citoyennes. L'apparition d'une élite intellectuelle de type nouveau, dépouillée de toute superbe et prompte à offrir une contribution généreuse à la mise au point et à l'activation d'un agenda national d'essence républicains devra répondre au rendez-vous de la mise en chantier de ce projet.

L'érosion des valeurs et de l'autorité générale a accentué la perte de confiance en l'Etat dans tous les sphères de l'organisation et du fonctionnement de la société. Au fait, il ne nous incombe guère de faciliter une quelconque restauration de l'Etat traditionnel non de son autorité. Leur déphasage ainsi que celui des élite qui en ont si couramment abuse commandent une refondation de l'entité nationale étatique dans sa globalité.

2.3 Nos choix et nos priorités

2.3.1 Les variables fondamentales: Démographie et Environnement

Un solide consensus doit être établi sur les questions qui mettent directement en jeu l'avenir de la Nation haïtienne dans son entièreté. Particulièrement, pour opérer le développement national de manière irréversible, il convient, estime le CENAREF, d'assurer le contrôle de deux variables critiques qui autrement constituent une lourde hypothèque pour l'avenir d'Haïti, en l'occurrence la démographie et l'environnement. Ces deux secteurs revêtent un caractère névralgique qui commande une alerte nationale, il importe de définir sans délai une politique susceptible d'enrayer la catastrophe écologique qui guette notre pays. Sans des mesures d'endiguement et de réhabilitation vigoureuses, des accidents environnementaux de grande envergure risquent d'affecter très gravement notre existence de peuple.

En même temps, dans la perspective du développement durable de notre pays, une attention particulière devra être accordée à la dimension démographique. Notre politique à cet égard tâchera d'influencer, selon les besoins et priorités, la densité de la population, de même que la pyramide d'âge, la structure des ménages et leur distribution sur le territoire national. Faute d'une telle approche, l'augmentation débridée de la population risque d'entraîner une inadéquation vertigineuse entre les besoins et les ressources, Dans un tel contexte, les profondes disparités au sein de notre société risquent de provoquer une insuffisance généralisée et une accentuation incontrôlable de la pauvreté. La prise en compte d'un tel scénario dans les plans nationaux contribuera à assurer une préservation de la base productive nationale; elle permettra également de procéder à un aménagement fonctionnel du territoire avec notamment le souci d'enrayer la dissémination de la population dans les milieux ruraux. De telles considérations s'avèrent fondamentales.

2.3.2 Priorités à caractère transversal: réforme de l'Etat

La vision stratégique du développement national proposé par le CENAREF sous tend une démarche de reconfiguration des relations entre les divers secteurs et institutions du pays, peu importe le vocable retenu à cet égard: Nouveau Contrat Social, Pacte de Gouvernabilité, Pacte Social, Réingénierie de l'Etat. Mais, personne ne doit être dupe car, tout compte fait, pour être mené à bien, un tel projet ne pourra être que révolutionnaire dans ses fondements, humaniste dans ses finalités, démocratique dans ses modalités et convivial dans sa mise en œuvre. Il est établi sur une vision radicalement novatrice de notre pays, de son organisation, des relations entre ses principales couches sociales, de son positionnement sur l'échiquier international, entre autres. Il requiert la mise en place des conditions nécessaires à la généralisation de l'accès à la citoyenneté par la scolarisation universelle, une justice unique et accessible à tout le monde, l'élimination de toutes les barrières sociales et culturelles. Il est échafaudé sur un rêve grandiose, générateur d'un cadre d'affirmation et d'émancipation pour notre pays et tous/toutes les citoyens/citoyennes, en lieu et place de l'image d'apocalypse qui, souvent non sans perfidie, est véhiculée à son sujet.

Par ailleurs, la construction du Nouvel Etat Haïtien devra tenir compte du rôle fondamental dévolu aux Collectivités Territoriales par la Constitution de 1987 qui en fait l'axe majeur du nouveau régime politique et de l'action étatique. Le processus de décentralisation deviendra à cet égard un pôle politico administratif de toute première importance.

Aujourd'hui plus que jamais, notre pays éprouve le besoin d'un élan collectif pour entreprendre une croisade unitaire contre les retards sans nombre qu'il affiche par rapport à la communauté des nations. Une telle entreprise nécessite un large consensus et une atmosphère de ferveur patriotique où devront être dépassées les querelles de clocher, quand il s'agit et parce qu'il s'agit de déterminer les choix porteurs qui engageront le destin de la communauté nationale pour les 20 à 25 années. Elle implique également un Etat dont l'autorité sera établi sur un sens achevé de ses responsabilités. Autrement dit, un Etat fort et doté d'une respectabilité découlant en droite ligne de l'accomplissement des missions qui lui sont imparties, Elle requiert un Etat capable d'imposer la vision de la majorité et le caractère impératif des dispositions normatives et légales inhérentes au vécu démocratique. Elle nécessite un Etat capable de jouer le rôle déterminant d'instrument principal du changement, devant en assurer l'impulsion, l'orientation et l'encadrement, en synergie avec l'ensemble des acteurs individuels et collectifs, notamment les partis politiques et les groupes organisés de la société civile. Elle nécessite la mise au rancart des pratiques de banalisation auxquelles l'Etat traditionnel a toujours été soumis. L'histoire de l'humanité a amplement démontré la validité de cette assertion en matière de changement et de modernisation des sociétés.

2.3.3 La valorisation et le développement des ressources humaines

Haiti ne pourra en aucun cas aspirer à son affirmation sans accorder l'attention requise au secteur du développement et de la valorisation des ressources humaines qui intègre les trois dimensions de la formation, de la santé et de l'éducation civique des jeunes. Le chemin éclairant de l'Education est l'unique voie conduisant à l'émancipation aussi bien individuelle que collective..

En fait, l'état de délabrement du système éducatif national et le poids insignifiant du secteur public dans le réseau national des établissements scolaires constituent des expressions sans équivoque de la faillite de l'Etat traditionnel haïtien et des élites qui l'ont dirigé. La rectification en urgence de cette situation, qui représente en même temps une injustice vis-à-vis des secteurs traditionnellement marginalisés et un obstacle absolu au développement du pays, constitue le point de départ obligatoire du démarrage national. Dans cette ligne, il faudra, dans la mise au point du curriculum national de formation, prendre en considération la sensibilisation à la protection de l'environnement, la culture de l'entreprenariat, la culture de la paix et l'égalité des sexes.

La vision du développement partagée par le CEVAREF est fondamentalement basée sur le fait que l'Homme/Femme demeure le "capital le plus précieux". Une véritable mystique du savoir, aussi bien d'essence universelle que de souche nationale, devra être distillée dans tous les compartiments de la société en vue d'assurer la valorisation et l'accessibilité de l'éducation.

Dans le même ordre d'idée et à un autre niveau, la lutte contre l'analphabétisation devra se réaliser selon le format d'une mobilisation des forces vives du pays; elle fournira ainsi l'opportunité d'assurer une cimentation plus robuste au sein d'une société qui a été rudement affectée par les expressions de polarisation durant de nombreuses années. Elle débouchera sur le démantèlement des barrières érigées entre Nèg sòt et Nèg lespri et constituera un incubateur susceptible de féconder le rêve grandiose de la réhabilitation nationale. Cette utopie fécondante est indispensable à l'émergence de la volonté collective de monter à l'assaut des maux et fléaux qui affligent si cruellement le pays commun. A cet égard, contribution de la jeunesse et de l'Université peut s'avérer décisive.

Une telle orientation se justifie amplement en considérant la configuration démographique de notre pays où la classe d'âge des moins de trente ans représente la forte majorité. A cet égard, les dispositions pour l'organisation et la réalisation du service civique revêtiront une importance centrale pour la mise en oeuvre de notre vision. Le système éducatif devra être restructuré pour lui permettre de former les jeunes aux vertus du patriotisme, de l'intégrité et la convivialité. C'est de leur rang que sortiront les nouveaux dirigeants/nouvelles dirigeantes à la rectitude exemplaire qui sont indispensables à l'édification du Nouvel Etat Haïtien. En même temps, le service civique peut/doit constituer le creuset où seront forgés les citoyens et citoyennes, respectueux (ses) de la loi et ardemment engagés (es) dans les tâches de la réhabilitation de l'espace et de l'homme haïtiens. L'acceptation de responsabilités identiques et l'accomplissement de tâches communes par tous les segments de la jeunesse, par delà les clivages d'origine géographique ou socio économique, sont de nature à cimenter les liens fraternels et durables; ils sont susceptibles de contribuer à faire tomber les barrières de toutes sortes érigées entre les diverses strates et couches de la communauté nationale.

D'un autre côté, l'Université devra assurer un réamenagement substantiel de ses structures, ses curricula, ses méthodes d'organisation et de fonctionnement en vue de répondre aux attentes de la population. Elle devra s'engager dans la production de savoirs et savoir-faire adaptés aux besoins du pays. Sa contribution sera décisive pour notre raccordement avec le train de la révolution informatique et la mise sur pied des technopoles que le Nouvel Etat Haïtien devra aménager dans plusieurs régions périphériques.

L'Université se doit de devenir le fer de lance dans le processus de rattrapage par rapport à nos déficiences en matière scientifique, de même que dans la mise au point des raccourcis nécessaires à emprunter pour les réponses à nos problèmes en matière d'éducation et de formation. Elle se souciera de maintenir et d'enrichir la vitalité créatrice de nos producteurs et productrices artistiques et culturels. Au chapitre de la recherche appliquée, elle participera pleinement aux initiatives destinées à assurer le support, l'encadrement et la mise en opération techniques des filières alternatives de la production agro-industrielle, biocarburants (medsiyen beni), bio-pesticides (neem), textile (coton), pour ne citer que quelques exemples.

Par ailleurs, l'importance accordée par le CENAREF à l'amélioration de nos ressources humaines exige que des initiatives soutenues et bien inspirées soient entreprises pour rendre disponibles des services et soins de santé adéquats, sans lesquels la qualification de la force de travail ne sera pas garantie. L'éducation civique ne manquera guère d'insister sur les pratiques d'hygiène à vulgariser.

2.3.4 Infrastructures

Dans le cadre de l'édification du Nouvel Etat Haïtien, il faudra considérer, selon le CENAREF, comme troisième axe de nos choix prioritaires la dotation du pays en infrastructures de toutes sortes: Transport, communications, assainissement, loisirs, sans oublier les infrastructures numériques en autres. Il s'agit d'une condition indispensable pour l'insertion du pays dans la voie de la voie de la modernité et dans celle de la démocratie.

La maîtrise de l'énergie et la mise sur pied des infrastructures de base constituent un passage obligé sur le chemin conduisant au développement national. Dans une large mesure, le respect des droits fondamentaux des citoyens/citoyennes et la fourniture régulière de services par l'Etat sont étroitement conditionnés par la disponibilité de ressources énergétiques et leur accès aisé à la population.

La recherche d l'efficacité énergétique maximale étant une condition première du développement national, la biomasse, le biodiesel et les biocarburants constitueront des avenues de substitution intéressantes au pétrole. Les techniques bon marché sera encouragée. Il en découlera un impact majeur à la fois sur la qualité de vie de la population et les conditions nationales de création de la richesse.

2.3.5 Production nationale et Agriculture

Dans un autre ordre, le Nouvel Etat maintiendra le cap sur la nécessité d'entreprendre la relance de la production nationale dont le principal vecteur sera la modernisation du secteur agricole qui englobe plus de 60% de la population, Notre projet se souciera d'intensifier les activités visant à l'augmentation de la production vivrière pour contribuer à réduire la dépendance alimentaire d'Haïti. Le Nouvel Etat maintiendra sa conviction quant au caractère anormal et potentiellement pernicieux de tout démarche à assurer la satisfaction des besoins alimentaires de notre pays principalement par des circuits externes. Il facilitera la mise à profit optimale de toutes les filières dans lesquelles Haïti possède un avantage comparatif et se souciera d'assurer sinon son autonomie, du moins sa sécurité, sur le plan alimentaire.

Les savoirs traditionnels en usage dans la paysannerie seront judicieusement combinés avec les techniques dites modernes pour une amélioration des systèmes de production agricole et de la vie rurale. Le désenclavement et l'affirmation des régions de montagnes (mornes) où vit un important pourcentage de la population seront au nombre des priorités. L'accès au crédit et à la technologie, par l'adoption de mesures appropriée, devra représenter une composante à part entière de l'accompagnement offert par l'Etat aux diverses catégories de producteurs/trices agricoles. Celles-ci devront être transformés/es en véritables entrepreneurs/euses par la mise en place de l'environnement incitatif approprié. L'action de l'Institut National de la Réforme Agraire (INARA) devra être relancée en vue de l'étendre à la grandeur de pays. L'Etat se souciera d'adopter les dispositions adéquates permettant une utilisation rationnelle des terres en conformité avec un zonage rigoureux. Il en découle l'impératif de la régularisation du cadastre national. En même temps, au lieu de se confiner dans les produits agricoles bruts, destinés à la consommation ou à l'exportation, Haiti s'orientera davantage vers l'agro industrie, garante d'un plus grand coefficient de plus value et génératrice de plus d'emplois.

2.3.6 Tourisme et Culture

Enfin, la vision épousée par le CENAREF sera basée en premier lieu sur l'infinie capacité d'invention et de renouvellement qui fait partie du patrimoine collectif national. Dans un monde fortement marqué par la tendance à l'uniformisation véhiculée par la globalisation, Haïti se devra de vendre les particularités tellement attachantes de sa culture et les attraits irrésistibles de ses paysages. Une gigantesque opération de réhabilitation de notre patrimoine devra être lancée. Elle pourra représenter l'étincelle susceptible d'allumer la flamme patriotique nécessaire à la réalisation d'une entreprise de cette envergure.

Dans cette perspective, les Ministères de la Culture et du Tourisme devront jouer un rôle de premier plan. compte tenu des atouts impressionnants dont elle dispose, la République d'Haïti s'évertuera à assurer son retour sur la scène régionale comme destination touristique de première importance, Ce faisant, elle se gardera de réduire les éléments de son patrimoine culturel à la stricte dimension de marchandise à écouler dans un contenant touristique. Elle se souciera également d'assurer la mise en valeur des ses ressources patrimoniales et naturelles d'abord pour le bénéfice de ses filles et de ses fils, en évitant de se lancer exclusivement ou de façon prédominante dans l'édification d'enclaves touristiques de luxe sans réel impact sur la société. L'important segment de marché que représente la diaspora, de même que l'accent sur le tourisme dit créole ou local seront dûment pris en compte.

2.3.7 Priorités géographiques

Une priorité de choix sera accordée aux localités à très forte potentialité pour des réalisations d'envergure susceptibles de charrier des effets d'entraînement sur le reste de l'économie et la situation générale du pays, Sur cette base, deux principes continueront à guider les initiatives de mise en œuvre du projet: d'une part la mise à profit des caractéristiques spécifiques offertes par des zones particulières qui seront utilisées comme pôles de croissance et, concomitamment, la stimulation et le soutien d'un développement axé sur les communautés locales.

De manière globale, il faudra montrer cependant beaucoup de discernement quant à l'utilisation de zones franches comme stratégie d'aménagement des pôles de croissance qui seront retenus, nonobstant les emplois massifs susceptibles d'être crées via cette approche. Il sera nettement préférable pour le Nouvel Etat Haïtien de s'atteler à doter les pôles de croissance de structures d'accompagnement orientées vers la création ou le développement de technopoles ou d'agropoles. L'édification en Haiti de véritables villages agropolitaires permettra éventuellement d'accorder à la paysannerie la place et l'importance que doit occuper la ruralité dans le procès de réaménagement de notre société.

2.3.8 Priorités selon l'horizon potentiel

Sur ces bases, la vision stratégique par le CENAREF devrait permettre à court terme, soit sur une période d'environ quatre ans, de mettre en place les conditions susceptibles de redonner confiance aux différents acteurs/actrices et de compléter la réingénierie de la machine d'Etat. Dans cet intervalle de temps, les citoyens et citoyennes devraient disposer de passerelles nouvelles servant à consolider leurs relations avec l'Etat grâce à l'amélioration du fonctionnement des institutions, l'achèvement du processus de révision constitutionnelle, l'élimination de l'arbitraire, l'éradication de la corruption, l'amélioration de la gouvernance économique et financière, en matière de fiscalité particulièrement, la reprise en main graduelle de l'appareil de gestion national, l'achèvement du processus de mise en places institutions de sécurité notamment, l'achèvement du processus de mise en places de institutions de l'Etat, y compris le Conseil Electoral Permanent et la Commission de Conciliation, l'augmentation des effectifs de la Police National Haïtienne jusqu'à 15 000 membres, le départ progressif des troupes de la MINUSTAH, ou la transformation de fond en comble de son caractère militaire pour insérer une plus grande composante de développement. Les dirigeants/ dirigeantes établiront des contacts étroits avec la population qui devra être systématiquement informée des réalisations en cours. La participation des collectivités territoriales dans la sélection des juges aura été minutieusement scrutée et aura provoqué une amélioration considérable du secteur de la justice. Le recrutement des nouvelles promotions de la P.N.H aura été basé sur des critères extrêmement rigoureux et l'institution aura enregistré une nette amélioration du point de vue de la déontologie. Les dispositions de mise auront été adoptées pour assurer la mise en oeuvre des recommandations de la Commission nationale de la Réforme Administrative. l'entité étatique nationale aura été en mesure de faire outillée pour assure la crédibilité et l'effectivité de son autorité. Elle aura été en mesure de faire appliquer et respecter les mesures, normes, dispositions, et règlements édictés, en matière de protection de l'environnement et de cadastre, à titre d'exemple. Les premières activités du programme de service civique obligatoire auront donné des résultats encourageants au double chapitre de l'alphabétisation et du reboisement.

D'un autre côté, un coup de barre vigoureux aura été donné pour entreprendre la familiarisation accélérée des cadres de la Fonction publique avec les procédures utilisées par les bureaucraties internationales en matière de coopération technique et financière. en particulier, les unités de programmation de tous les ministères sectoriels auront été mises ou remises sur pied pour être à la hauteur des impératifs du développement national. Sous les effets combinés des interventions au chapitre de l'éducation, de l'aménagement du territoire, des réalisations infrastructurelles, de l'encadrement d'une production agricole plus diversifiée, une amélioration significative de l'économie et de la condition des secteurs les plus vulnérables aura été opérée; les visites des compatriotes de l'extérieur auront donné un coup de fouet au tourisme local; des investissements non négligeables auront été effectués dans les secteurs de la construction résidentielles et l'hôtellerie (auberges et maisons de retraite) par les compatriotes de la diaspora notamment: la puissance installée en matière d'électricité aura atteint 500 mégawatts; les premières expériences de production de bio carburant auront facilité la remise en valeur de vastes étendues de terres réputées arides ou semi arides, dans le Nord Ouest et la Savane Désolée en particulier. Les premières initiatives en matière de contrôle des naissances auront placé le taux de croissance démographique nettement en deçà du taux de croissance économique

Sur un horizon de dix ans, un tel projet aura permis d'atteindre une stabilisation économique et financière bien établie, entre autres, grâce à une croissance annuelle d'environ 8% obtenu durant six années consécutives, et une attraction de capitaux étrangers et de la diaspora de l'ordre de deux milliards de dollars par année. L'extension du réseau routier national, la production d'énergie, la réforme agraire et une recapitalisation significative du secteur agricole, une amélioration du système de communications téléphoniques et d'adduction d'eau potable, l'universalisation de la scolarisation au niveau de l'école fondamentale, l'alphabétisation des adultes, un méga projet dans chacun des pôles de croissance retenus, la tenue réussie et sans fraude des élections présidentielles, législatives et dans les collectivités territoriales auront constitué des avancées impressionnantes dans la voie de la stabilisation de l'environnement socio politique et économique national. Le secteur de l'hospitalité aura connu une impulsion vigoureuse grâce, entre autres, à l'amélioration de la dotation infrastructurelle des communes localisées dans les zones périphériques et à l'exploitation optimale de leurs potentialités naturelles et culturelles; les fêtes champêtres et des festivals de toutes sortes (musique, danse, gastronomie), de la montagne à la mer seront devenus des rendez-vous annuels immanquables sur le circuit du tourisme local, national et international. Par le réaménagement de sa politique étrangère. la République d'Haïti aura été en mesure d'établir, renouveler, diversifier et rentabiliser son partenariat avec des pays et des peuples sur la base d'affinités à consolider ou, le cas échéant, à forger. Dans cette ligne, aura été prise en compte la pertinence des pratiques de coopération de certains pays du premier monde, notamment ceux de l'Europe du Nord, mais également d'importants pays émergents du Sud. Haïti se sera appuyée sur le pays détenant l'expertise requise pour définir une approche ambitieuse susceptible d'améliorer substantiellement le coût de sa consommation en produits énergétiques. Des terminaux pétroliers et gaziers auront été construits dans les zones retenues comme pôles de croissance grâce à une coopération impliquant nos partenaires de la Grande Caraïbe.

Sur un horizon de vingt cinq ans, Haïti sera devenue une destination majeure sur le circuit touristique par la mise en valeur de son combien riche patrimoine historique, artistique et culturel. Les carnavals, entre autres, de Jacmel et de Port-au-Prince auront atteint une dimension internationale et l'industrie des Congrès y est établie. Le pays aura déjà été doté de soixante mille chambres d'hôtels de toutes catégories, sans compter les nombreuses maisonnettes aménagées ou réaménagées pour accueillir, entre autres, les pratiquants du tourisme créole. Par une telle effervescence, Haiti aura reconquis sa place comme une des premières destinations régionales, Des initiatives de plus en plus osées auront été adoptées en matière de production d'énergie alternative. Une technopole aura été établie dans au moins cinq régions du pays, préférablement en périphérie. Au moins un centre universitaire d'envergure aura été créé dans chacun des dix départements géographiques, ce en dehors de Port-au-Prince.

La politique économique du Nouvel Etat aura été orientée dans le sens d'un appui budgétaire soutenu aux activités et programmes correspondant aux priorités définis, La balance commerciale avec la République Dominicaine aura été, via les industries de transformation de produits agricoles notamment, Une stabilisation des flux migratoires en direction des pays du premier monde aura été produites et un mouvement de retour significatif de compratriotes émigrés aura définitivement pris pied, Un audacieux programme aura été lancé pour compléter la réhabilitation du Cap Haïtien en 2020 à l'occasion de la commémoration du deux centenaire de la mort d'Henri Christophe.

La Nation entière aura été mise debout pour dessiner et réaliser de judicieux et gigantesques projets environnementaux à effet multiplicateur (désensablement de la Baie de Port-au-Prince, mise en valeur de la biodiversité du Morme l'Hôpital et de l'Habitation Leclerc, à titre d'exemple), et d'infrastructures porteuses (harnachement des Trois Rivières à des fins d'irrigation et de production d'électricité, en guise d'illustration).

COMMENT NOUS POUVONS Y PARVENIR (Trajectoire)

Le développement recherché pour le pays sera résolument endogène et autocentré. Il procèdera d'une dynamique interne.

4.1 Stratégies à appliquer

Le projet esquissé dans la vision stratégique du CENAREF doit devenir la raison d'être de la grande majorité des membres de la communauté, sur la base d'un socle consensuel minimal articulé autour des options stratégiques que nous proposons comme suit, sans ordre d'importance :

En tout premier lieu, le développement recherché pour le pays sera résolument endogène et autocentré. Il procèdera d'une dynamique interne, pas seulement en ce qui concerne les acteurs/actrices et les bénéficiaires de ce développement, de même que les producteurs/ productrices, mais aussi en ce qui concerne les ressources à mobiliser. De manière réaliste et concrète, cela signifiera la recherche d'une diminution progressive de la dépendance du pays pour la satisfaction des besoins les plus élémentaires de la population.

Il ne s'agira pas de se fermer aux autres. En effet, développement endogène et autocentré ne signifie pas autarcie. Par-dessus tout, développement endogène et autocentré implique pour les fils et filles d'Haïti de prendre en main résolument leurs propres destinées.

En outre, la vision proposée exige de mettre en application le « tèt ansanm », ou la conjugaison des énergies et des efforts de l'ensemble de la nation. Le choix de cette stratégie est illustré à merveille par notre devise nationale « l'union fait la force ».

D'un autre côté, le développement devra être équilibré ; il se réalisera non seulement avec l'ensemble des couches de la société mais aussi à leur bénéfice. Un développement équilibré signifie aussi un développement qui saura ne pas tourner le dos à notre culture, socle de notre engagement collectif. Il signifie également un développement où les régions périphériques trouvent leur juste part par rapport aux centres urbains, et en particulier par rapport à la capitale. Il signifie par ailleurs un développement équitable pour tous et toutes, mais ayant un parti pris clair pour les plus vulnérables et les plus défavorisés/défavorisées de notre société; il signifie enfin un développement où le sort des générations futures n'est pas hypothéqué.

De la sorte, cette vision commande, du point de vue stratégique, l'établissement d'un partenariat vigoureux entre le secteur public et le secteur privé. En effet, sur la base d'accords ponctuels, l'État et des opérateurs/opératrices du secteur privé pourront être partenaires dans la mise en oeuvre de projets à caractère lucratif.

Enfin, la vision du CENAREF s'accommodera fort bien avec la coopération internationale; toutefois, il faudra oeuvrer pour que la majeure partie de l'aide internationale au pays passe par le Trésor public haïtien et non par des organisations non gouvernementales (ONG), nationales ou internationales, sur lesquelles le Gouvernement n'a pratiquement pas de prise.

4.2 Ressources à mobiliser

Un projet de cette envergure ambitieuse requiert un réaménagement complet de la structure du dispositif national de fiscalité.

Particulièrement, il convient d'adopter les dispositions permettant d'opérer un élargissement de l'assiette fiscale. L'assainissement du fisc constitue l'une des priorités. Des sources de revenus nouvelles devront être identifiées en ce sens, un système de péage sur certains des axes routiers nationaux, par exemple. L'amélioration de la capacité du fisc à assurer la collecte des redevances des citoyens et citoyennes constitue une activité indispensable pour permettre à l'Etat de fournir les services de base auxquels aspire légitimement la population.

Les dispositions nécessaires seront adoptées pour mobiliser la nation dans une véritable croisade contre la corruption, les prévarications, la contrebande, l'évasion fiscale et toutes les activités d'enrichissement illicite. La communauté nationale sera sensibilisée à l'importance de premier ordre de ce combat, car la corruption constitue le principal obstacle sur le chemin de la construction démocratique. Par ailleurs, la réglementation des jeux de hasard et une taxation appropriée des biens fonciers, des propriétés ainsi que des produits de luxe importés permettront de renflouer considérablement le Trésor public.

L'Etat devra également afficher un intérêt caractérisé pour la participation des citoyens/citoyennes, sur un mode équitable, aux programmes de financement qu'il est appelé de manière impérative à mettre au point, un lancement de bons du trésor, par exemple. La réforme du système de fiscalité nationale, selon des scénarios réalistes, permettra à moyen terme de financer à hauteur de 40 % le budget d'investissements publics, à côté du financement total des dépenses de fonctionnement. Sur un horizon de vingt ans, l'État devra être en mesure de financer l'intégralité de ses dépenses, toutes catégories confondues.

4.3 Approches méthodologiques de mise en œuvre

Une action sans vision a peu de chances de réussir et une vision sans action reste lettre morte. La mobilisation devra être générale, tandis que seront aménagés les structures, les lieux et les moments d'une participation efficace et efficiente de toutes les forces vives de la nation. À l'école et dans la rue pour les enfants, les jeunes à l'université et à l'atelier, les citoyennes et les citoyens au bureau comme dans les champs, à l'église, au péristyle et dans tous les lieux de rassemblement, du lever du soleil au coucher du soleil.

La route sera longue qui mènera au développement humain, durable, inclusif et équitable en Haïti. Il faudra que périodiquement soit évalué le chemin parcouru grâce à des repères stratégiques de performance. Une série d'opérations devront être effectuées en vue d'assurer l'appropriation de cette vision stratégique par la Nation. À cet effet, des consultations seront menées de manière systématique auprès des diverses entités représentatives de la société civile : partis politiques, syndicats, chambres de commerce et autres représentants du milieu des affaires, organisations paysannes, universités, associations de jeunes, etc., consultations pouvant déboucher sur des États Généraux.

Sur la base des consensus dégagés, un premier plan national de développement sera élaboré, suivi d'autres plans. Dans cette phase, les secteurs retenus comme prioritaires auront un rôle stratégique majeur, ayant à préparer les programmes et projets correspondant aux grandes lignes esquissées dans la vision. Il va sans dire que ces opérations seront effectuées dans une interaction dynamique avec la Présidence, le Bureau du Premier Ministre, le Conseil des Ministres, le Conseil du Gouvernement, les autres entités de l'État et la Société civile. Et enfin commencera la véritable opération, celle de la mise en oeuvre de cette ambition commune traduite dans les plans, programmes et projets qui auront été dressés.

EN GUISE DE CONCLUSION
Il nous incombe d'assumer collectivement et fraternellement le raccordement de notre futur de peuple avec la dimension grandiose et transcendante de notre histoire. Pour notre décollage, il s'agit d'un impératif absolu. Il nous coûtera d'y parvenir en termes d'efforts, d'abnégations et de sacrifices. Mais nous nous y attellerons résolument, car c'est à ce prix et à ce prix seulement que nous édifierons une Haïti belle, prospère, digne, juste et humaine.

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"La vraie reconstruction d'Haïti passe par des réformes en profondeur des structures de l'État pour restaurer la confiance, encourager les investisseurs et mettre le peuple au travail. Il faut finir avec cette approche d'un État paternaliste qui tout en refusant de créer le cadre approprié pour le développement des entreprises mendie des millions sur la scène internationale en exhibant la misère du peuple." Cyrus Sibert
Reconstruction d'Haïti : A quand les Réformes structurelles?
Haïti : La continuité du système colonial d'exploitation  prend la forme de monopole au 21e Siècle.
WITHOUT REFORM, NO RETURN ON INVESTMENT IN HAITI (U.S. Senate report.)

Entre Jacques Édouard Alexis et Jude Célestin Que choisir ?

Entre Jacques Édouard Alexis et Jude  Célestin Que choisir ?


Wyclef , le candidat  trouble fête évincé de la course à la présidence et l'opposition politique traditionnelle  absente du processus  ne signifient pas pour autant la fin de la politique ni pour le peuple ni pour le pouvoir. Aussi longtemps qu'il existera même un lambeau de nation  à  organiser ,  une masse  à  faire croire en son salut et des intérêts économiques à  sauvegarder, la politique gardera  ses droits et des leaders émergeront pour prétendre à  leur gestion. La politique as usual continue. Jacques Édouard  Alexis et Jude Célestin  seront les deux candidats qui bénéficieront  de la confiance  de la communauté internationale et de la fraction infirme de la population qui  ira voter ce 28 novembre. D'aucuns poseront la question à  savoir est-que au niveau des spéculations le premier tour est déjà  joué qui mettrait  face à  face au deuxième tour  Alexis et Célestin ?

 

La réponse á  cette  très pertinente question ne se fait pas attendre. Tant mieux pour les incrédules , pardon  pour les intelligents comme  Baker, Manigat ou même  Céant  qui  á  la faveur de quelques promesses mirobolantes auraient lâché l'ombre pour la proie en donnant un peu de crédibilité au processus. Les autres membres de la grande famille  INITE s'abstiendront de toute participation réelle aux élections  pour ne pas émietter l'électorat  déjà  faible et réduire les chances de leurs deux favoris. Ailleurs l'administration prévale a donné déjà la preuve de son expérience qu'elle ne perd jamais  sur le terrain électoral, même si ces élections   entachées de fraudes massives ont eu des résultats discutables.. Aujourd'hui la situation est nettement différente. Si hier il y avait des fraudes massives  dans le processus électoral, aujourd'hui c'est la raison d'état qui le caractérise. Les lisières sont franchies dès le départ. La communauté  internationale par l'entremise des Nations Unies et de l'OEA parle d'une  voix unitaire  très claire et a choisi le camp de la continuité.  Du coté du CEP, le choix des candidats aura été fait á  l'encontre de la loi électorale et de la constitution . Ce choix  démontre  que le CEP est un organisme  d'état qui entend faire  des élections une question d'état obéissant à  une raison d'état.


La raison d'état est qu'avec la  CIRH qui charrie tous les espoirs d'investissements  pour les cinq ans  à venir et qui a à son actif l'autorité des Nations Unies appuyée  par la force  militaire de  la MINUSTHA pour imposer toutes les formes de gestion au pays , la communauté  internationale  entend préserver  l'ordre établi. Elle a besoin d'un apparatchik  taillé sur mesure . L'équipe de L'INITE et d'Alexis se présente comme la seule  qui soit capable de lui offrir cette opportunité. Il se trouve qu'en face de cette  communauté internationale qui approuve toute la politique du président Préval il n'y a aucune force politique intérieure capable de mettre en danger son plan et de contrarier le processus électoral. La communauté internationale se sent à  l'aise pour manœuvrer  et  n'a aucun intérêt à  faire un jeu politique dubitatif  qui viendrait saper les bases sures  de sa gouvernance  du moins pour les cinq années à venir. Il en sera ainsi jusqu'à ce que l'opposition politique comprenne  que pour remplacer l'équipe de Préval et  avoir la bénédiction  de l'internationale  elle doit faire front uni , ne pas se présenter en équipes dispersées et ne pas intégrer aucun gouvernement pluriel.


Sur la base de ce calcul deux candidats seraient aptes á garantir les intérêts de la communauté internationale , ceux de l'équipe au pouvoir et ceux de la bourgeoisie haïtienne. Ces candidats  doivent sortir des rangs de  la même famille  qui connait déjà les vices et les risques  du métier. Il s'agirait des candidats Alexis et Célestin qui  ont en commun  la même  base  électoraliste de terrain  pour les départager. La bataille entre ces deux candidats pour la  conquête  de la fraction  de l'électorat  qui ira voter s'annonce âpre et rude. Jacques Édouard Alexis ne fera pas de cadeau à  Jude  Célestin pendant que le sénateur Lambert et son collègue du nord mèneront  la vie dure à JEA.  Ce sera une élection «  Fê koupe  Fê « sans pitié entre deux ténors prévaliens avec des alliances très stratégiques

Cette base électoraliste serait formée des  alliés du bloc CPP, des maires , des casecs, des délégués, des vices délègues, des ministres de l'Intérieur, de la Justice, de l'Agriculture  et de l'organisation interne du CEP ayant tissé des relations privilégiées  avec ces deux candidats. Cette  base  décidera indépendamment  de la volonté de Mr Préval qui des deux candidats sera élu  à la magistrature suprême du pays  le  28 novembre 2010. Sur l'aile  gauche de  Jacques Édouard Alexis il faut compter avec  l'alliance éventuelle des  blocs  régionaux formés de ses anciens ennemis  de l'OPL, de l'AA, du PONT, de la fusion qui ne pouvant pas empêcher les élections iraient gonfler le camp d' Alexis.

 

 Pour que  rien  n'échappe au contrôle de l'un ou l'autre de ces deux candidats il faut que l'internationale  et le pouvoir  s'arrangent que le pourcentage  des votants à  ces élections  ne dépassent  les 15 à 20% de  la population en âge de voter. Ce qui laisse prévoir que même avec un  coup d'état à  l'intérieur du coup d'état électoral, le choix restera  entre  Alexis et  Célestin.