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mardi 20 avril 2010
Nouvelles manifestations contre la loi d'urgence et le chef de l'Etat.
Le général Cruz prend les rênes de la Force militaire de la MINUSTAH.
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Haïti : Les risques d'un séisme majeur sont relativement minces.
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Manifestation anti-gouvernementale aux Gonaïves.
Des dizaines de personnes ont manifesté ce lundi dans la cité de l'indépendance. Les manifestants qui voulaient protester contre l'adoption par le parlement, du projet de loi d'urgence, ont érigé des barricades de pneus enflammés un peu partout à travers la ville. Les protestataires ont lancé des slogans hostiles au chef de l'Etat qu'ils accusent de fouler au pied la souveraineté nationale. Notons que ce mouvement de faible ampleur n'a pas paralysé les activités locales ; écoles et commerces continuant à fonctionner normalement dans la métropole du Haut- Artibonite. EJ/Radio Métropole Haïti |
Fin de la présence militaire US, en Haïti.
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Haïti: 102.000 barils ça gaz !
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Forum d'affaires et d'investissement pour la reconstruction d'Haïti.
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Haïti-OXFAM: Achats massif de denrées produites par des cultivateurs locaux.
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Haiti: Sa Contribution à la Lutte de la Liberté dans le Monde.
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Haïti: Sa Contribution à la Lutte pour la Liberté dans le Monde Jean Sénat Fleury, 4/19/10 http://www.jeansenatfleury.com/ "Haïti berceau de la lutte pour la liberté." À l'occasion de la journée internationale de commémoration des victimes de l'esclavage et de la traite transtlantique des esclaves, l'Assemblée générale de l'ONU dans un hommage unanime à la première république noire et aux innombrables victimes de la traite négrière a salué la contribution énorme d'Haïti à la lutte pour la liberté dans le monde. Le fait que la double révolution haïtienne –émancipation et abolition de l'esclavage- selon le professeur Anthony Bogues de la "Brown University" ait posé la question de la liberté, a conféré à ce mouvement une portée mondiale. Aucune autre révolution de cette période, ni l'américaine ni la française n'a posé cette question. Il faut donc cesser de voir Haïti comme une nation marginalisée de l'Occident et commencer à réaliser la contribution "historique" qu'il a apportée à la liberté humaine, élément central de l'édification du monde moderne. La traite des esclaves et l'esclavage reste l'un des chapitres les plus horribles, brutaux et douloureux, non seulement de l'histoire de l'Afrique, mais de l'ensemble de l'humanité. Aussi, le fait qu'Haïti a réalisé la première révolution anti-esclavagiste dans le monde en chassant les Français de St-Domingue, cette révolution a détourné le coup de l'histoire. En effet, la victoire des troupes indigènes sur les troupes françaises à Vertières, a déjoué le plan de Napoléon Bonaparte dans son ambition d'occuper toute l'Amérique. Cette défaite de l'armée française composée d'un corps expéditionaire mené par son beau-frère Charles Leclerc a été un coup fatal à l'empire français qui dispose à l'époque de la plus puissante armée au monde. Ne disposant pas de moyens militaires suffisants en Amérique après la débâcle de ses troupes à Saint-Domingue, Napoléon a dû abandoner ses projets de reconstruction de l'empire français au Nouveau Monde, et le 11 avril 1803, quatre mois après la défaite de Rochambeau à Vertières, le ministre français du trésor, le marquis de Barbé-Marbois, propose à Livingston la vente de la Louisiane. Le 30 avril 1803, le traité est signé à Paris par Robert Livingston, James Monroe, Barbé Marbois et Michaël Ryan Toussaint. La France officiellement cède la possession de la Louisiane aux Américains et enterre du même coup le projet de conquérir l'Amérique. Haïti, dès lors, isolée sur la scène internationale par des puissances impérialistes et esclavagistes et menacée par un retour éventuel des Français, n'a qu'un choix : Aider les autres pays de la région à se défaire des jougs de la colonisation. Le 6 janvier 1806, lorsque Ferrand s'avisa de publier un arrêté qui "autorisait les habitants de l'Est et les troupes sous ses orders à capturer tous les Haïtiens qu'ils pourraient rencontrer pour être vendus comme esclaves dans les îles de l'archipel ; Dessalines prépara à la hâte une expédition. Le 5 février, il rentra dans l'Est, et le 7 mars il met le siège devant la capitale Santo-Domingo. En février 1806, sur l'ordre de Dessalines, Magloire Ambroise a reçu Francisco de Miranda (leader Sud-Américain qui a combattu pour libérer l'Amérique Latine contre le régime espagnol) et donna des munitions à Miranda et des hommes en renforts pour combattre les Espagnols. Le mois suivant, le 12 Mars 1806, le pavillon vénézuélien fut créé dans le port de Jacmel. Aider à libérer des peuples de l'Amérique Latine Pétion et Bolivar se rencontrèrent à Port-au-Prince. Aux Cayes, Bolivar reçoit des armes et des munitions ainsi qu'une importante somme d'argent pour reprendre la lutte en vue de libérer les pays de l'Amérique Latine. En promesse à cette offre, il promet d'abolir l'esclavage partout où il sort victorieux. Il commença par appliquer cette mesure sur lui-même. Il libéra les 1.500 esclaves qui travaillaient sur son vaste domaine de San Matheo, près de Caracas sans condition (Mars 1816). Mais quand il décréta la liberté générale, tous les propriétaires d'esclaves, y compris ses lieutenants, se dressèrent, mécontents, et l'abandonnèrent. Battu le 10 juillet 1816, Bolivar se réfugia à Jacmel. Il y resta 6 mois. De retour dans son pays avec le support moral et financier de Pétion, il remporta des victoires à Junin, à Ayacucho etc. et proclama l'indépendance de Vénézuéla, de la Colombie, de l'Équateur, du Pérou, de la Bolivie. Conclusion La participation de 6 soldats chasseurs volontaires venus de Saint-Domingue parmi lesquels Henry Christophe pour combattre à Savannah dans l'Est de Georgia pendant la guerre d'indépendance américaine (1776-1783) est un autre fait qui illustre que même avant son indépendance, le pays a toujours contribué à la lutte de l'émancipation des peuples dévoués à l'idéal de justice protestant contre l'inégalité et l'oppresion de l'homme par l'homme. Ainsi, si la communauté internationale a décidé de supporter le projet de reconstruction d'Haïti après le tragique tremblement de terre du 12 janvier 2010, ce geste n'est qu'un remboursement fait à la première république noire pour sa contribution à la lutte pour la liberté dans le monde. |
lundi 19 avril 2010
Cap-Haïtien, un Centre de Développement des Affaires - CDA.
| Il existe un Centre de Développement des Affaires - CDA, au Cap-Haïtien. Par : Cyrus Sibert, souvenirfm@yahoo.fr
Le vendredi 16 Avril 2010, par devant une assemblée d'hommes et de femmes d'affaires, le Directeur Général du Ministère du Commerce et de l'Industrie - M. Pierre André DUNBAR, le Directeur du Centre de Facilitation des Investissements (CFI)– l'Ambassadeur Guy LAMOTHE, le responsable du projet USAID/MarChE –M. Pierre BRUNACHE, le Président de la Chambre de Commerce et de l'Industrie et des Professions du Nord (CCIPN) – M. Malherbe DORVIL et le Président de l' Association Touristique d'Haïti (ATH) – M. Jean Bernard SIMONET, ont inauguré le Centre de Développement des Affaires dans le Nord d'Haïti. Pour la circonstance, la Coordonatrice régionale de l'USAID/MarChE - Madame Dieudonne L. ETIENNE a présenté le Centre de Développement des Affaires, son curriculum et sa raison d'être. A partir de sa présentation l'assistance pouvait mieux comprendre que le CDA symbolise une volonté des membres du secteur privé du Nord, de la coopération internationale et de l'État, d'établir une coopération soutenue allant dans le sens du développement du renforcement du secteur des affaires. Si le CDA a pris naissance à partir d'un projet de l'USAID, il est logé au local de la Chambre de commerce du nord à la rue 13 B. Il y dispose d'un espace administration et d'une salle pour la saisie des données. Il a pour mission d'assister techniquement les micro et moyennes entreprises en vue de se renforcer, d'augmenter leur capacité managériale suivant une approche contributive qui est le vecteur d'une économie productive compétitive et durable. Depuis le mois de Juin 2009, le CDA fournit ses services aux entreprises du secteur de l'agriculture, de l'artisanat et du tourisme. Sur demande de l'USAID, le CDA a recensé dans les 19 communes du Nord 250 petites entreprises avec précisions sur leurs besoins en assistance technique. 30 moyennes entreprises dans le secteur touristique ont reçu une formation en management, entreprenariat, montage de plan d'affaires et gestion de stock. 60 autres entreprises des secteurs de l'agriculture et de l'artisanat ont été formées en entreprenariat, marketing et vente, et sur la technique de production. 20 cadres minutieusement choisis, parmi lesquels des enseignants de l'UNDH, ont été certifiés formateurs. Ils ont reçu une formation en engineering et méthodologie d'enseignement. Le CDA en tant que fournisseur de service a exécuté un contrat pour le compte du Ministère de la Culture et de la Communication qui consistait à former des enquêteurs et à traiter des données d'une enquête qui visait à inventorier toutes les entreprises culturelles du nord. Le projet MarCHE/USAID a su acquérir l'expertise du Groupe Croissance de l'Economiste Kesner PHAREL. La contribution du Doyen de l'Université Notre Dame d'Haïti – Dr Cary HECTOR a été importante. Madame ETIENNE a répondu à la question suivante : Pourquoi un CDA ? Mme Dieudonne L. Etienne (Photo by Ronel Obei) Selon elle, le CDA est indispensable pour établir des liens plus étroits entre les petites, moyennes et grandes entreprises. Il aidera à renforcer des chaines de valeurs ; rendre l'économie du Nord plus productive et compétitive ; faciliter la création de plus grand nombre d'emplois pour le département du Nord ; améliorer les indices de développement humain ; aider pour la veille stratégique des entreprises du Nord, pour établir des liens plus étroits entre secteurs publics et privés, pour le renforcement des relations commerciales entre le Grand Nord et d'autres régions comme la province de Santiago en République Dominicaine. Globalement, le CDA doit pouvoir jouer un rôle important dans la relance économique décentralisée que nécessite le pays actuellement. Le Directeur Général du Ministère du Commerce en a profité pour saluer l'initiative qu'il considère comme un élément qui répond aux objectifs de son Ministère. Le Nord doit se développer et constituer un pôle important de développement économique qui servira d'exemple aux autres régions du pays. Il a du même coup annoncé l'inauguration prochaine d'une Direction Départementale du Ministère du Commerce. Une décision longtemps annoncée mais qui tarde à se concrétiser. L'absence d'un bureau de Commerce dans le Nord, depuis près de 15 ans, marque la volonté de la Capitale d'atrophier le commerce, l'industrie et le tourisme dans la région. Pour l'Ambassadeur LAMOTHE du Centre de Facilitation des Investissements – CFI, la création du CDA dans le Nord est l'exemple édifiant d'une volonté citoyenne qui s'inscrit dans l'impérieuse nécessité de mettre en commun des énergies et des capacités, en vue d'affronter certains défis de la conjoncture économique actuelle. Ses objectifs et ses attentes, tels que définis, font de ce Centre un instrument de développement à double dimension : Régionale et Nationale. Régionale, puisqu'il ambitionne d'être un moteur au cœur de l'activité économique du Grand Nord, axé entre autre, sur la mise en valeur des ressources locales, la valorisation des produits du milieu, la création d'emplois, la structuration des services, en vue de répondre à toute politique éventuelle de déconcentration et de décentralisation économique et géographique. Nationale, en raison des retombées positives qui peuvent en résulter au bénéfice du pays tout entier, dans le cadre d'une vision économique étatique moderne, diversifiée et compétitive. Il est peut être superflu de mentionner ici qu'aucune véritable croissance économique ne saurait être effective en vase clos, et que la progression des activités régionales engendre, forcement, des indices bénéfiques au niveau national. L'ambassadeur LAMOTHE estime que son institution CFI de par ses attributions constitutives, et compte tenu de son potentiel d'expérimentation, peut constituer un atout majeur dans l'encadrement d'une telle initiative. En somme cette entité se propose de jouer sa partition, en tant qu'interface gouvernementale pour les 250 entreprises mentionnées par Madame Dieudonne L. ETIENNE. En bref, cette partition s'articulerait autour des points suivants : - Porte parole pour la diffusion des directives gouvernementales en matière d'investissements (cadre juridique et institutionnel). - Courroie de réception, d'analyse et de transmission avec avis de l'organisme des projets d'investissement. - Facilitation auprès des services publics au bénéfice de la classe d'affaires, en ce qui a trait aux procédures en usage (formation de sociétés, procédures d'enregistrements de sociétés, fourniture d'informations économiques et commerciales pré-requis important pour la prise de décision en matière d'investissement, etc.) - Service Conseil pour des questions relatives à l'identification de marchés. - Promoteur obligé de la vulgarisation à l'extérieur du pays, des possibilités d'investissements étrangers en Haïti, et de la production nationale pour l'exportation. -Mise à disposition de service en ligne et en un clic sur www.cfihaiti.net. - Contribuer à la veille stratégique pour les gens d'affaires. Pierre André Dunbar, Guy Lamothe, Dieudonne L. Etienne (Photo Ronel Obei) L'Ambassadeur LAMOTHE a continué pour souligner que même quand son institution n'est pas un organisme de financement, elle peut indiquer aux intéressés, certaines filières de financement susceptibles de combler leurs attentes. Des points accueillis favorablement par l'assemblée. L'assistance, bien que sceptique, a applaudi l'annonce d'ouverture d'un Bureau de Commerce dans le département du Nord. Le Président de l'ATH Nord dans son allocution a exprimé son souhait de voir le CFI installer un bureau dans la Nord. Quant à la question : Que sera le CDA après la fermeture du projet USAID/ MarChE le 30 Avril 2010? Les présidents de la Chambre de Commerce et de l'ATH/Nord promettent d'œuvrer en vue de trouver les financements nécessaires pour la continuité des activités du CDA. Aux dires de M. Malherbe DORVIL, le CDA est une affaire des gens du Nord. C'est à nous de trouver les moyens. Un pari gagné pour Madame Dieudonne L. ETIENNE qui, selon les révélations de Monsieur BRUNACHE – représentant de l'USAID, ne voulait pas baisser les bras, malgré l'annonce de la fermeture du projet en avril 2010. Madame ETIENNE voulait que le CDA soit une réalité haïtienne. Le projet MarChE, comme tous les autres, peut disparaitre, mais le Centre pour stimuler le développement des affaires dans le Nord, doit continuer. Des observateurs comprennent mal cette stratégie des États-Unis qui consiste à fermer des projets de renforcement des secteurs commercial et industriel, à un moment où l'on parle de reconstruction d'Haïti. L'annonce par l'UE (Union Européenne) du programme d'installation de CDE (Centres de Développement des Entreprises) à travers tous les départements d'Haïti est une bonne nouvelle pour les entreprises qui se retrouveront abandonnées après la fermeture du projet MarCHE/ USAID. RÉSEAU CITADELLE (Ré.Cit.), le 19 Avril 2010, 18 hres 21. |
Confusion autour de la tenue d’élections générales en Haïti.
Confusion autour de la tenue d'élections générales en Haïti
Lundi, 19 Avril 2010 Signal FM
L'échiquier politique haïtien sombre dans la plus grande confusion pour ce qui est de la tenue d'élections générales dans le pays d'ici la fin de cette année.
Alors que le président Préval n'a pas encore arrêté pour autoriser l'organisation générale des joutes électorales dans le pays, le président du conseil électoral provisoire, Gaillot Dorsainvil, annonce qu'il pourra organiser des compétitions électorales au terme de 120 jours.
A en croire le numéro 1 du CEP, l'appareil électoral est techniquement prêt pour organiser les élections. Mais, l'arrêté ayant nommé les conseillers électoraux charge ceux-ci d'organiser des élections pour renouveler 1/3 du sénat, la chambre des députés et les élus locaux.
Parallèlement, une mission technique de l'OEA séjournera en Haïti, sous peu, en vue d'étudier la faisabilité des élections générales en Haïti.
L'ambassadeur de France accrédité en Haïti, Didier Le Bret, saluant l'expertise de l'OEA en la matière, laisse entendre que la France attend les résultats de cette mission pour confirmer l'appui de l'Hexagone en ce sens.
Le silence du président Préval, pour l'heure, reste problématique et envenime la confusion alors que le locataire du Palais national a affirmé à maintes reprises sa volonté de quitter le pouvoir le 7 février 2011.
Le chef de l'Etat haïtien n'a pas encore prouvé la démarche visant à démontrer sa volonté politique nécessaire pour passer de la parole aux actes.
Entre-temps, des voix ne cessent de s'élever dans la classe politique haïtienne contre l'organisation des compétions électorales dans le pays. Selon le secrétaire général de la plateforme des partis haïtiens, Himler Rebu, les conditions ne sont pas réunies pour l'organisation d'élections vu les préoccupations de l'ensemble de la population. Cependant, Himler Rebu dit s'attendre à ce que les experts de l'OEA viennent explorer les possibilités d'organiser des élections générales en Haïti.
Réactions défavorables au vote de la loi d’urgence.
Réactions défavorables au vote de la loi d'urgence
Lundi, 19 Avril 2010 Signal FM
Le vote survenu jeudi au Sénat de la République continue de soulever des réactions tous azimuts. Certains estiment qu'il s'agit d'un plan visant à placer Haïti sous la tutelle de la communauté internationale.
Harry Massant félicite les sénateurs qui avaient fait preuve de fermeté, malgré la pression de la communauté internationale.
« Ce texte de loi ne fait que consacrer une dictature légale en Haïti », commente-t-il. Le porte-parole de l'OPL appelle à la mobilisation pour bloquer un plan de l'Exécutif qui vise à placer le pays sous la garde de l'international.
De son coté, le sénateur de l'Ayiti An Aksyon n'a pas hésité à tirer à boulet rouge sur ses collègues Judenel Jean, Rudy Hériveaux et Céméphyse Gilles dont la défection a permis la confirmation du quorum ayant abouti au vote de la Loi d'Urgence au Grand Corps.
Youry Latortue critique vertement le comportement des trois sénateurs du « Groupe des 13 ». Le président de la Commission des Affaires Politique du sénat de la république taxe ses paires d'irresponsables.
Même lecture de la part du sénateur Evalière Beauplan qui évoque un acte de trahison orchestré par Judenel Jean, Céméphyse Gilles et Rudy Hériveaux contre le groupe des 13 et la population Haïtienne. Cependant, le parlementaire du Nord-ouest appelle ses collègues à rejoindre le groupe.
Le Mouvement Démocratique de la Jeunesse Haïtienne, MODEGAH, s'en prend aux sénateurs Judenel Jean et Rudy Hériveaux qui avaient fini par faciliter le quorum lors de la séance consacrée au vote de la loi d'urgence. Fritz Gustave regrette que ces sénateurs n'aient pas respecté leurs positions initiales. Fritz Gustave croit qu'il n'est pas trop tard de barrer la route à cette loi.
Olicier Pierriche considère comme une gifle infligée au peuple haïtien le vote de la loi sur la prolongation de la période d'urgence.
« En posant cet acte, les sénateurs et les députés font fi des aspirations de la population », craint le responsable du Parti pour la Reconstruction d'Haïti.
Le vote favorable à la loi sur la prolongation de la période d'urgence ne surprend pas Himmler Rébu. Le leader du Grand Rassemblement pour l'Evolution d'Haïti qui parle de trahison dit comprendre mal que la Communauté internationale ait besoin d'une loi pour entreprendre la reconstruction du pays.
Haiti: La Nécessité d'Amender la Constitution de 1987
| Jean Sénat Fleury 4/18/10 www.jeansenatfleury.com La Constitution du 29 mars 1987 très formaliste donne lieu une série d'interprétations tout en laissant place à bien des vides. Cette analyse peut s'avérer pertinente, cependant si je la fait, ce n'est pas pour froisser les egos des honorables constituants qui ont travaillé sur le texte – dans les conditions émotives, difficiles et apparemment pressantes, vécues en 1987 après la chute de vingt-neuf années de régime À Vie des Duvalier – ; ni pour déshonorer le vote des millions d'Haïtiens –dont le mien- qui ont dit oui à cette Constitution. C'est seulement pour transformer des points de vue et explorer les mécanismes qui l'ont créée en vue d'un renforcement institutionnel en Haïti. Et même si l'on estime que mon analyse est hasardeuse, ma longue carrière judiciaire me permet de jeter un regard juste sur certaines limites et faiblesses dans notre charte constitutionnelle avec l'idée que la Constitution d'un pays –acte juridique suprême- n'est pas intouchable. D'autant plus, le principe de l'amendement est prévu dans les articles 282 et suivants au titre XIII de la Constitution de 1987. Déséquilibre Institutionnel –Voie de Résolution Pour peu que l'on s'interroge un instant, on s'aperçoit qu'un équilibre institutionnel fait défaut en Haïti qui traverse depuis 1986 à nos jours d'une ère d'instabilité politique chronique. Il suffit de considérer le déséquilibre des pouvoirs Législatif et Exécutif et on réalise qu'un renforcement du pouvoir exécutif est nécessaire en Haïti. A côté des pouvoirs traditionnels du président de la République reconnus dans la Constitution de 1987 (promulgation des lois, nomination des directeurs généraux de l'administration publique et des ambassadeurs, droit de grâce pour les prisonniers condamnés…); des droits nouveaux et exceptionnels doivent lui être reconnus. Je propose : 1- Comme par exemple, le droit de recourir au referendum pour soumettre à l'approbation populaire certaines dispositions législatives doit lui être reconnu. 2- De plus, s'il est judicieux d'interdire au président le droit de briguer un troisième mandat, pourquoi lui empêcher de participer aux élections pour un second terme tout de suite après la fin du premier mandat. Pourquoi attendre un intervalle de cinq avant sa réélection. 3- Enfin, lorsque les institutions de la République, l'Indépendance de la Nation, l'intégrité du territoire ou l'exécution des engagements internationaux sont menacés d'une façon grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics est interrompu; le président doit jouir d'une disposition constitutionnelle qui le fait devenir automatiquement détenteur des pouvoirs exécutif et législatif et seul responsable politique de la nation. Ainsi seulement, en qualité de chef de l'Etat, il peut veiller au respect et à l'exécution de la Constitution et à la stabilité des institutions pour assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'Etat. Mais si je pousse un peu plus loin l'analyse: Haïti doit-elle continuer avec le régime parlementaire ou adopter le régime présidentiel selon le modèle américain? Toutes nos crises gouvernementales depuis 1991 ne sont-elles pas les conséquences du système politique haïtien trop compliqué pour un pays qui fait l'apprentissage de la démocratie après des décennies de dictature? Crise électorale La Constitution du 29 mars 1987 n'offre aucune solution constitutionnelle pour une sortie de crise en cas d'un conflit postélectoral ou après élection. Loin de fournir des mécanismes, la Constitution de 1987 par ses limites semble plutôt fermer la voie à toute solution constitutionnelle et juridique à un conflit électoral. On a toujours eu en place un conseil électoral provisoire avec un plein droit de décider comme tribunal suprême. On a en mémoire la crise provoquée par l'arrêt de la Cour de Cassation en faveur du candidat à la présidence, Dumarsais Mécène Siméus, et ensuite cet arrêté du gouvernement Boniface/Latortue mettant à la retraite les cinq juges de la Cour de Cassation qui ont tranché dans le dossier. Cette mise à la retraite des cinq magistrats de la Cour de Cassation avait déclenché l'épineux conflit entre l'exécutif et la judiciaire. Magistrats, avocats, arpenteurs, notaires, membres de la société civile, conseil des sages…; ils ont tous été mobilisés pour réclamer le retrait des deux arrêtés présidentiels mettant à la retraite, de manière inconstitutionnelle, cinq haut magistrats de la Cour de Cassation et nommant cinq autres pour les remplacer en les faisant prêter serment au palais national. Conséquences de cette mesure: Les activités judiciaires ont été bloquées pendant près de deux mois à travers le pays. Double Nationalité La Constitution de 1987 doit être amendée en vue de reconnaître aux Haïtiens de l'extérieur les mêmes droits, privilèges et obligations que ceux de l'intérieur; donc de reconnaître la double nationalité. La nationalité haïtienne doit être reconnue à tous les Haïtiens, qu'ils soient ou non naturalisés étrangers. Il importe donc que des mesures soient prises par l'exécutif en vue d'amender la Constitution de1987 à cet effet. Il s'agit de rendre justice à cette majorité d'Haïtiens qui, par leur engagement, leur militantisme, leur détermination, leur action et leur apport financier ont contribué au développement social et économique du pays. Considérant que l'expérience, le savoir-faire et l'expertise de tous les fils et de toutes les filles d'Haïti doivent être mis à contribution dans la reconstruction et le développement du pays. Considérant qu'il est dans l'intérêt du pays que la nationalité haïtienne soit reconnue à tous les Haïtiens : L'article 11 de la Constitution de 1987 devra être ainsi amendé : Article 11 : Est Haïtien, tout individu né d'un père ou d'une mère haïtienne, qui n'a pas renoncé à sa nationalité haïtienne. La double nationalité est reconnue à tous les Haïtiens qui ont acquis une nationalité étrangère et qui veulent reprendre leur nationalité haïtienne en remplissant les conditions et obligations imposées par la loi. Aujourd'hui, la double nationalité est reconnue dans plusieurs pays qui ont eu une large émigration. L'Irlande, l'Italie, le Mexique, le Brésil, l'Argentine, la Colombie, le Pérou, le Panama, la Jamaïque, la République Dominicaine, le Venezuela, la Bolivie, l'Angola, le Bénin, la Burundi, le Cap Vert, Burkina Faso, Rwanda, le Gabon, le Maroc etc. reconnaissent la double nationalité et économiquement, socialement, et culturellement bénéficient grandement de cette reconnaissance. La Grèce, la France, la Grande Bretagne, l'Australie, la Suisse, la Turquie, la Tunisie, l'Egypte, adoptent également la loi sur la double nationalité. En 2002, l'article 39 de la Constitution de 1967 bolivienne a été modifié afin de permettre aux Boliviens de l'étranger d'acquérir la nationalité de leur pays de résidence. « La nacionalidad boliviana no se pierde por adquirir nacionalidad extranjera. Quien adquiera nacionalidad boliviana no será obligado a renunciar a su nacionalidad de origen." Résolution des Conflits Amender la Constitution avec les solutions du déséquilibre institutionnel et intégrer la notion de la double nationalité ; cette décision doit être trouvée dans la recherche d'un consensus populaire, une maturité de la classe politique haïtienne et une conscience nationale qui doit accepter l'idée que les intérêts personnels n'ont point de place dans le la reconstruction et le future de notre pays et que dans une démocratie tout se règle par le dialogue, le compromis, l'arbitrage et dans le respect du jeu démocratique. La politique à adopter est la suivante : « Puisse Haïti tirer profit de cette décision d'intégrer la diaspora dans la vie politique, économique et sociale pour une reconstruction d'Haïti par et pour tous les Haïtiens sans distinction de classe, de couleur, d'appartenance politique et religieuse.» Oui. Reconnaissons donc la double nationalité. Pour épargner ces problèmes futurs, un organe à compétence juridictionnelle, le conseil constitutionnel doit être spécialement créé dans l'amendement de la Constitution. Ce conseil doit être chargé d'examiner si les actes du Parlement (c'est-à-dire les lois) sont conformes aux prescrits du texte constitutionnel. Ce conseil constitutionnel sera juge de la sincérité des élections présidentielles et législatives. Il jouira du pouvoir d'examen des litiges nés d'une consultation électorale. Ce conseil constitutionnel veillera sur l'Etat de droit en qualité d'organe régulateur de l'activité des pouvoirs publics Liste de certains binationaux célèbres: * Albert Einstein, scientifique, binational helvéto-américain. * Ingrid Betancourt, femme politique franco-colombienne (a obtenu la nationalité seychelloise). * Willy Brandt, ancien chancelier fédéral allemand, binational germano-suédois. * Beatrix, reine des Pays-Bas, binationale néerlando-britannique. * Stéphane Dion, ex-chef du parti libéral du canada, binational canado-français. * Le Corbusier, architecte, binational franco-suisse. * Arnold Schwarzenegger, acteur et homme politique, binational austro-américain. * Che Guevara, homme politique, binational, argentino-cubain. * Alberto Fujimori, binational japono-péruvien, ancien président du Pérou. * Alain Delon, acteur franco-suisse. * Hendrick Verwoerd, ancien premier ministre d'Afrique du Sud, binational néerlando-sud africain. Conclusion En ces heures difficiles, Haïti a besoin de tous ses enfants pour participer à sa reconstruction. Michaëlle Jean, Wyclef Jean, Garcelle Beauvais, Dumarsais Mecène Siméus, Lil Wayne, Luck Mervil, Pras Michel, Anthony Gavanagh, Patrick Gaspard, Ace Wood, Key James, Marie-Anna Murat, Teri Moïse etc. ; ils ont tous leur place dans ce défi national. Haïti a donné trop de valeurs à l'humanité, elle a trop de ressources intellectuelles à travers le monde, et une culture trop riche pour avoir la réputation de pays le plus pauvre de la planète. Mon message : Haïtiens de partout, naturalisés ou pas, mettons en action notre fierté nationale et réunissons-nous encore une fois pour rebâtir ensemble les piliers de notre nation à partir d'une révolution de paix, de partage, de justice et d'égalité pour tous. Notre future est celle de nos enfants Haïtiens. |
Bulletin météo du lundi 19 avril 2010.
Situation synoptique dans la Caraïbe et sur l'Atlantique
Abondance d'humidité demeure en basse couche au niveau des grandes Antilles. Cette situation combinée avec un centre de basse pression en surface au nord de Cuba devrait continuer à encourager une bonne couverture nuageuse par moment et de la pluie isolée sur certaines régions d'Haïti encore ce soir.
Prévisions pour Haïti
- Nuageux au cours de la journée avec des éclaircies par moment ;
- Périodes couvertes notamment pour les pointes de la grand' anse et du nord-ouest, l'ouest et le sud-est;
- Températures clémentes en journée et agréables en soirée ;
Pluie isolée et orages légers possibles pour les 10 départements géographiques d'Haïti.
Prévisions pour Port-au-Prince et environs
· Temps nuageux sur le bassin de Port-au-Prince ce matin.
· Périodes nuageuses en soirée;
· Tº. max. : 32ºC ; Tº min: 22ºC ;
· Chance de pluie isolée légère ce soir.
Lever & coucher du soleil pour Port-au-Prince
Aujourd'hui 19 Avril.
Lever : 05h 29 mn
Coucher : 06h 07 mn
Mardi 20 Avril.
Lever : 05h 29 mn
Coucher : 06h 08 mn
Mercredi 21 Avril.
Lever : 05h 28 mn
Coucher : 06h 09 mn
Esterlin Marcelin, Prévisionniste au CNM
Bulletin météo marine du lundi 19 avril 2010
Valable jusqu'au 20 avril 2010
Prévisions maritimes:
Zone côtière nord :
Lundi & mardi
* Vent du secteur est sud-est : 10-15 nœuds
* Hauteur des vagues: 3 à 5 pieds
* Mer peu agitée ;
Golfe de la Gonâve :
Lundi & mardi
* Vent du secteur est sud-est : 10-15 nœuds ;
* Hauteur des vagues : 3 à 5 pieds ;
* Mer peu agitée ;
Zone côtière sud :
Lundi & mardi
* Vent du secteur est sud-est : 10-15 nœuds ;
* Hauteur des vagues : 3 à 5 pieds ;
* Mer peu agitée ;
* De pluie reste possible par moment sur le littoral des côtes sud
Esterlin Marcelin, Prévisionniste au CNM
dimanche 18 avril 2010
Reportage sur la présentation du PSSN au Brooking Institute. (By Robert Benodin)
Thèmes de l'Emission de la semaineOrlando le 16 avril, 2010Actualités Politiques : Grandes LignesLa présentation du PSSN au Brooking Institute a été un succès. Tous les sièges réservés à la salle de conférence ont été remplis. La participation au débat a été intense et intéressante. Les arguments ont été pertinents.
Les présentateurs sont : -Sénateur Rudolph H. Boulos, Département du Nord-Est, membre du comité de rédaction du plan -Robert Bénodin, Radio Classique Inter à Orlando, membre du comité de rédaction, -Ex-sénateur Turneb Delpé, président du progressif parti national démocratique, membre du comité de rédaction -Elda Pinchinat, présidente de Haitian-American Association du New Jersey, observateur des élections en 2006 et 2009 -Ernest H. Preeg, ambassadeur des U.S.A. en Haïti 1981-83, ancien économiste en chef, Agence pour le développement international, président du Haitian Democracy Project
Les participants sont : State Department US Agency for International Development (USAID) Center for Strategic and International Studies (CSIS) Inter-American Dialogue Manchester Trade National Endowment for Democracy National Democratic Institute Organization of American States (OAS) Program for Appropriate Technology in Health African Methodist Episcopal Church Service and Development Agency
On est allé au-delà du temps prévu pour la conférence, de 10 heures à midi, dû à l'intensité des échanges. L'ambassadeur Ernest H. Preeg a présenté une analyse assez profonde du PSSN et du plan de l'ONU. Des échanges ont eu lieu entre l'ambassadeur, les présentateurs, les représentants du gouvernement américain, les membres des think-tanks et des agences. Mettant en exergue les ambiguïtés que comporte la formation de la Commission Intérimaire de Reconstruction, les relations d'autorité entre les gérants de la commission. Au-delà des problèmes de hiérarchie, il y a ceux inhérents à la nature même des fonds devant financer la reconstruction. L'expérience a montré, que seulement 20% des promesses de dons faites sont tenues. Qu'avec le temps l'enthousiasme et les émotions se résorbent et disparaissent. L'énormité du projet de reconstruction et sa durée, nous amènera inéluctablement à faire face à ces aspects de la réalité.
Au cours de la discussion, des préoccupations ont été exprimée sur les montants alloués au soutien budgétaire du gouvernement par le plan de l'ONU. Il a été suggéré qu'un soutien important pour le gouvernement haïtien serait nécessaire, mais qu'une répartition appropriée des ressources serait critique. Haïti étant en tête de liste des index de la corruption publiés par Transparency International. L'autorité qu'exercera le gouvernement sur les ONG devrait faire l'objet de préoccupation. Cette autorité peut potentiellement augmenter la vulnérabilité des ONG en les exposant aux pressions du chantage. Il est nécessaire pour les ONG de se trouver un moyen de résister à de telles pressions.
Un représentant de think tank a posé une question sur la relation entre les deux plans, le PSSN et celui de l'ONU. Le PSSN ne devrait-il pas se fusionner en un mouvement politique ?
Robert Benodin a répondu à la première, question que celui de l'ONU n'est concerné que par la reconstruction physique, tandis que le PSSN préconise la reconstruction de l'Etat.
Quant à la situation politique, l'ambassadeur Preeg a déclaré qu'une priorité pour la démocratisation, serait les élections à venir. Qu'on devrait former un nouveau conseil électoral indépendant, avec un représentant par secteur de la société. Alors que l'actuel CEP est formé uniquement de partisans du président Préval. Il faut qu'il y ait une interaction entre les Haïtiens et la communauté internationale pour former ce nouveau CEP.
Un participant américain a fait des remarques dans trois domaines.
Premièrement, il y avait des points communs entre les deux plans. Particulièrement dans les domaines suivants, la décentralisation, l'environnement et l'énergie. On devrait, toutefois, être plus concerné par la question des mécanismes d'instauration d'un dialogue national. L'Agence pour le développement international avait soutenu des forums sur la décentralisation. L'exécutif haïtien les a bloqués, mais depuis le tremblement de terre les attitudes ont changé.
Deuxièmement, il y a une demande du PSSN pour une nouvelle armée, et une nouvelle marine. Quelle est la nature des menaces sécuritaires ? Est-ce que le problème sécuritaire n'est pas au niveau du respect de l'ordre et de la loi ?
En troisième lieu, l'objectif serait-il la reconstruction ou la construction d'une nouvelle Haïti ? Au lendemain du tremblement de terre, il y avait eu une absence totale d'une réponse cohérente de gouvernement. Cela a soulevé la question à savoir comment canaliser le soutien international.
L'ambassadeur Preeg a répondu que le point 3, serait à la fois de construire et de reconstruire.
Sur le point 2, les rédacteurs du PSSN ont répondu que la police haïtienne maintenant est insuffisante et est de fait une police urbaine et pas une police rurale. Qu'elle n'a aucune capacité pour répondre adéquatement à la récurrence des désastres naturels, telles que les inondations de la saison cyclonique.
Le sénateur Boulos a évoqué ses conversations avec les paysans dans le département qu'il représente le Nord-est. Il leur avait demandé pourquoi ils n'investissent plus dans l'élevage du bétail, comme ils le faisaient avant. Ils ont répondu que le bétail est volé continuellement. Qu'ils ne peuvent rien contre les voleurs. Qu'il n'y a pas de police rurale. Les voleurs agissent dans l'impunité totale.
Le sénateur Boulos d'ajouter que tandis que la communauté internationale exprime son scepticisme au sujet de la nécessité de l'établissement d'une armée haïtienne, il y a actuellement sur le territoire d'Haïti une armée multinationale de douze mille soldats qui coûte une fortune. Quel vide remplit-elle ?
Robert Bénodin a répondu aux questions sur la décentralisation et de la police. En 2007, le gouvernement Préval n'a pas voulu qu'il y ait d'élections indirectes pour ne pas élire les autorités des collectivités territoriales, pour prévenir la création d'un CEP permanent, pour empêcher la désignation des juges pour les différents strates du corps judiciaire, pour éviter la nomination des délégués départementaux qui auraient droit de siéger avec voix délibérative au conseil des ministres etc. Tout ceci est mandaté par la constitution. La centralisation de la totalité des pouvoirs entre les mains du président à Port-au-Prince est intentionnelle. Quand à la police elle est strictement urbaine. Le paysan et ses biens ne sont pas protégés, la production agricole n'étant pas encadrée, le corollaire est qu'on perd l'autonomie alimentaire pour importer de la Dominicanie.
L'ambassadeur Preeg a déclaré sur le point 1, les forums de décentralisation favorisés par USAID et maintenant, depuis le tremblement de terre, sont apparemment favorisés par l'exécutif haïtien. L'énormité des sommes promis devrait maintenant mettre plus d'emphase sur la question de réforme. Peut-être que la USAID pourrait prendre en considération le PSSN, pour l'intégrer à celui de l'ONU et avoir un dialogue avec le leadership civique haïtien ici.
Sur le deuxième point de l'agenda, le 31 mars, les Nations Unies ont pris un engagement pour verser 5,3 milliards de dollars au cours des dix-huit prochains mois, pour s'engager sur le chemin de la récupération d'Haïti des dommages causés par le tremblement de terre du 12 janvier. Ce montant a été promis pour 2010 et 2011.
Deux instances parallèles ont été créées pour administrer ces fonds :
1. La Commission Intérimaire de Reconstruction (CIR) qui, après dix-huit mois serait remplacé par une Autorité de Développement d'Haïti (ADH), dont le rôle est d'établir des priorités pour l'utilisation de l'aide internationale, coordonner, accélérer et mettre en œuvre les projet de reconstruction. Dans un souci de transparence, la CIR devrait avoir une unité de surveillance garantissant la transparence pour rendre compte à la population d'Haïti et au public international.
2. La Banque mondiale serait l'agent financier, pour les fonds fiduciaires versés par les donateurs. Les participants ont convenu de se concentrer sur les secteurs prioritaires en étroite coordination avec le gouvernement d'Haïti et d'autres donateurs.
Le mandat de la commission intérimaire était de mettre à exécution le plan de reconstruction, portant le cachet du gouvernement, mais manifestement géré par des experts étrangers. Le plan de cinquante-trois- page a été publié le 31 mars. La commission recommandera des projets compatibles avec le plan, mais prendra aussi en considération des suggestions externes. Elle sera coprésidée par le premier ministre et l'ancien président Bill Clinton, comme représentant spécial de Nations Unies, assisté par un directeur exécutif. Une Commission d'environ vingt membres composée de 10 membres haïtiens et de 10 donateurs étrangers, avec le droit de veto réservé au président d'Haïti. Ces fonds administrés par la Banque mondiale qui assurera la coordination entre les besoins de disponibilité s pour assembler des projets trop grands pour un seul donneur. Tous les fonds des organismes bilatéraux et multilatéraux ou d'ONG, ne passeront pas forcément par le biais de ces fonds fiduciaires. Un travail considérable de conciliation des différents mandats de la CIR et l'établissement d'atmosphère de confiance des donateurs n'est pas encore fait.
L'ambassadeur Preeg dit, que le plan de l'ONU ainsi que le PSSN propose également une banque pour financer le développement d'Haïti. Cette banque est pareille au concept des fonds fiduciaires des donateurs du plan de l'ONU. Il y a aussi des parallèles dans les questions de coordination qui se posent pour les deux plans.
Examinant le plan de l'ONU, l'ambassadeur Preeg a trouvé un manque de clarté dans les droits de vote au sein de la CIR. Ce n'est pas clairement énoncé dans le texte si le gouvernement haïtien a trois ou six membres votants. Par conséquent, ce n'est ne pas clair non-plus si les haïtiens peuvent avoir une position majoritaire par rapport aux bailleurs de fonds étrangers. La hiérarchie entre les étrangers a également soulevé des questions. Le vote des États-Unis semble être égal à celui du Venezuela. D'habitude, la gestion de ces fonds opère par consensus. La question quant à la façon dont les choses seront décidées par cette commission, se pose sérieusement.
Le statut du directeur exécutif de la CIR n'est pas clair, dit l'ambassadeur Preeg. Qui sera ce directeur ? Cette personne sera-t-elle haïtienne ? Sera-t-elle indépendante du gouvernement haïtien ? La question de l'indépendance d'un directeur capable, son professionnalisme et son impartialité, est d'une importance majeure.
Abordant brièvement le problème des fonds fiduciaires des donateurs, l'ambassadeur Preeg a fait observer que le contrôle et les procédures de gestion de ces fonds ne sont pas encore clairs. Parlant du mécanisme du plan lui-même, il a déclaré que l'accent mis sur le support budgétaire devrait être un souci continu d'évaluation
Une avocate haïtienne s'est plaint que le peuple haïtien n'a eu aucune participation aux décisions établissant les mécanismes de cette Commission. Elle a jugé que c'est un des moments des plus antidémocratiques dans l'histoire d'Haïti.
Un participant américain, a noté que la structure a rendu possible un "système de cluster" par lequel plusieurs nations ensemble ont pris l'engagement de venir en aide à des secteurs de besoin. Mais en établissant une chaîne d'autorité avec certaines ambiguïtés. Il a ajouté que le totale des engagements a atteint 10 milliards de dollars. Mais dans la pratique seulement 20% des engagements pris seront décaissés. Qu'il serait nécessaire de suivre de prés les promesses de dons. Tous ces dons devront être approuvés par les législatures des pays qui ont pris les engagements, y compris les Etats-Unis. Ce participant, considère que le PSSN soit un plan excellent.
Comme pour le plan de l'ONU, le participant a dit que l'intention déclarée du gouvernement américain est que le gouvernement d'Haïti gérerait les opérations. Le gouvernement américain a en effet dit que, sans aucun doute, qu'il concéderait le leadership au gouvernement haïtien.
Un autre participant américain a noté qu'on peut consulter le site de l'Office of Management and budget et voir les propositions d'allocation de fonds du gouvernement américain au Congrès. Les États-Unis reconnaissent Préval et Bellerive comme les autorités haïtiennes et peuvent travailler ensemble avec eux. Il a ajouté que la conférence a soulevé certains indicateurs pertinents sur les incohérences de l'approche. On pourrait faire un papier pour résumer ces points. Il croit que la prise en charge du budget soit un fait accompli. La question est quelles sont les conditions. Le gouvernement des États-Unis avait fixé antérieurement des conditions de prise en charge du budget, comme l'indépendance de la commission électorale, la désignation d'un juge comme président de la Cour de Cassation, la désignation du Conseil de la magistrature. La question est de savoir si ces conditions sont définitivement établies et respectées.
L'ambassadeur Preeg a déclaré conformément au plan des Nations-Unies 1,2 milliards de dollars irait comme soutien budgétaire durant ces dix-huit mois pour un coût total de 3,9 milliards de dollars (p. 45). Ceci constituant une portion importante de l'aide, on doit l'analyser en détail pour vérifier les fluctuations du budget salarial du gouvernement haïtien.
Un participant représentant d'un think tank a noté qu'une coalition non gouvernementale lors de la réunion de l'ONU a proposé que les ONG aident à déterminer comment les fonds sont utilisés et assurer que ces fonds soient distribués aux secteurs qui en ont le droit. Voilà l'occasion de faire de la coordination. Le PSSN ni le plan de l'ONU n'ont pas de mécanisme à offrir.
Le directeur d'une agence d'aide religieuse a fait la remarquer qu'en Haïti, les ONG se substituent à un gouvernement dysfonctionnel. Une avocate haïtienne pense qu'il faudrait d'un organisme indépendant de la société civile pour superviser les ONG, mais pas la Banque mondiale.
Deux aspects ont été au centre des débats, la première partie du PSSN, sa proposition de réforme structurelle de l'Etat et le plan onusien. Pour le plan onusien on a mis l'emphase sur les failles contenues dans sa structure d'autorité au sommet et au sein de la Commission Intérimaire de Reconstruction et son corollaire un dysfonctionnement prédictible.
On pouvait lire entre les lignes les inquiétudes du gouvernement américain concernant la gestion de l'aide au sein de l'ONU. Ce qui sous-tend cette inquiétude c'est la pertinence de l'influence Sud-américaine au sein de la Minustah. On sent que l'Américain aurait mieux voulu d'une gestion de l'aide au sein de l'OEA où ils peuvent avoir les coudées franches.
Bien que Préval ait pu obtenir, du parlement le plus corrompu des annales de la République, la loi sur l'état d'urgence. La question est de savoir si d'une part c'est une victoire pour Préval. D'autre part ayant les pleins pouvoirs, ce fait par lui-même n'aura-t-il pas la capacité d'amplifier l'énormité et la gravité des ses erreurs ? Préval s'aventurerait- il à mettre la constitution en veilleuse et le parlement en caducité comme il l'avait fait en 1999. Le contexte politique n'est pas le même. Certes, les altermondialistes sud-américains aimeraient que Préval fasse un coup de force contre la Constitution de 1987 comme ses compadres Chavez, Morales et Ortega l'ont fait. N'ayant pas ce qui constitue le pré-requis minimal d'un Etat-nation, le monopole de la force de coercitions et le monopole fiscal, Préval peut-il à son gré entreprendre une action politique, qui soit en conflit ou en contradiction avec les intérêts des pays tuteurs ? Peut-il à 10 mois de la fin de son mandat constitutionnel, dans un état de faiblesse manifeste, faire ce tour de force, prendre le risque de provoquer un chambardement et en prendre avantage, alors qu'il n'a ni le contrôle, ni le monopole de la force de coercition ? Mane, thecel, pharès ! |
Le Matin-Editorial: Ras-le-bol ! par Daly Valet
Éditorial
Ras-le-bol !
Le séisme du 12 janvier a assené le dernier coup de pioche fatal à ce qu'il restait de Port-au-Prince. Notre capitale était devenue une sorte de poubelle à ciel ouvert. En fait, ce tremblement de terre n'a fait qu'apporter une signature naturelle à un acte de décès dressé par les habitants de la ville eux-mêmes et ses gestionnaires successifs depuis 1986. Cette descente ininterrompue aux enfers est à inscrire dans l'ordre des dommages directs et collatéraux de l'incurie et de la mal gouvernance. Les élites militaires putschistes, la gent lavalassienne et cette ribambelle d'objets politiques volants non identifiés de l'ère post-duvaliérienne n'ont fait que se servir grassement, mais non servir gracieusement.
De l'État central aux municipalités, la République dans son entièreté, une et indivisible, périclitait. Jusqu'à l'actuelle dislocation. Désastres transversaux. Marasmes multisectoriels.
Absence de vision ? Incompétence ? Quelle qu'en serait la cause, le bilan de ceux-là qui se disputaient et se tuaient pour le contrôle des vestiges de l'État bancal et atrophié duvaliérien est là. Repoussant. Et catastrophique. Nous en avons eu pour notre compte ! Et avons surtout beaucoup perdu. La crise de gouvernance et l'inconséquence des élites dirigeantes ont induit d'autres phénomènes - gabegies, surpopulation, insalubrité et déficit de planning urbain - lesquels relèvent de facteurs médiats générateurs de distorsions, de tensions et de déséquilibres au même titre que d'autres causes plus profondes et matricielles. Le pays et sa capitale implosaient parce que médiocrement administrés.
Et Port-au-Prince a vécu. Mais faut-il nécessairement que nous perdions Pétion-Ville dans la foulée ? La ville étouffe. Ses résidents sont comme devenus assiégés. Elle a accueilli les sinistrés de Port-au-Prince. Ses grands négociants. Ses sauterelles du commerce informel. Ses plaies. Ses tares. Et des criminels de tous ordres. Nous assistons au démantèlement de cette ville. Des petits marchés comme des champignons sauvages. Des campements de fortune mal entretenus. Atmosphère ambiante pestilentielle. Toilettes mobiles non curées. Des piles de résidus ici et là. Baignades en plein air d'enfants et de femmes nus comme à l'âge de la pierre taillée. Du monde. Eh oui du monde ! De la foule. Une vaste ruche d'abeilles folles. Circulation automobile et piétonne paralysée. Ni jour ni nuit. Uniformité, verticalité et linéarité de l'expérience humaine dans cette galère en déconfiture et cette cité des tentes qu'est devenue l'une des plus belles villes d'Haïti, voire des Caraïbes. Pourquoi doit-on consentir à ce que nos villes s'écroulent en cascade sous le poids de l'anarchie et qu'elles disparaissent comme Port-au-Prince, selon l'effet domino, en tant que centres urbains plus ou moins modernes?
Tout n'est pas à mettre sur le compte du séisme dans le cas de Pétion-Ville. La municipalité devrait avoir des comptes à rendre. Aussi bien de sa gestion que de ses plans d'aménagement et de réaménagement de l'espace pétion-villois. Le pouvoir central doit s'en mêler. Il faut relocaliser les sinistrés dans des centres d'hébergement moins précaires, mieux structurés et surtout pensés pour des êtres humains. Pétion-Ville est en train d'agonir de ses mille et une misères. Elle ne peut tolérer en plus du laxisme dans l'administration de ses édiles. Encore moins, un État central démissionnaire. Il y a ras le bol !
L'avenir d'Haïti sera violent si la communauté internationale se désintéresse du pays.
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